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Octobre 1996
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Conseil Municipal
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61 - QOC 96-407 Question de MM. Michel VION, Henri MALBERG, Jean WLOS et des membres du groupe communiste à M. le Maire de Paris sur le changement de nom de la rue du Général-Richepance (1er - 8e).

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 1996



M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - La question suivante de MM. VION, MALBERG et WLOS à M. le Maire de Paris concerne le changement de nom de la rue du Général-Richepance.
En voici le texte :
"Envoyé en 1802 en mission par Napoléon aux Antilles pour restaurer l'esclavage aboli par la Convention du 4 février 1794, le général Richepance écrasa dans le sang la révolte du peuple guadeloupéen et les combats firent 10.000 victimes.
Honorer Richepance constitue une offense à l'histoire des Antilles et au droit de résistance à l'oppression.
Or, une rue de Paris continue d'honorer la mémoire de ce général.
Aussi, MM. Michel VION, Henri MALBERG, Jean WLOS et les membres du groupe communiste demandent-ils à M. le Maire de Paris les mesures qu'il compte prendre pour débaptiser cette rue et lui donner un nom évoquant la mémoire des héros antillais de cette époque."
Je vous communique les éléments de réponse au lieu et place de Mme Anne-Marie COUDERC, adjoint.
Cette question a déjà été évoquée à plusieurs reprises à la Commission d'examen des projets de dénomination des voies, places et espaces verts.
Le général Richepance a bien été envoyé à la Guadeloupe au début de 1802, pour réprimer le soulèvement d'insurgés qui venaient d'expulser le contre-amiral La Crosse, Gouverneur de l'île.
Mais le général Richepance n'a jamais eu pour mission de rétablir l'esclavage dans l'île. C'est en fait le contre-amiral La Crosse, revenu en Guadeloupe, qui a organisé son rétablissement fin 1802, date à laquelle le général Richepance a été emporté par la fièvre jaune. Il s'était d'ailleurs toujours opposé à ce rétablissement de son vivant.
A cet égard, une proclamation de Louis Delgrès, Colonel de l'armée française, qui était métis et avait pris la tête de l'insurrection guadeloupéenne, est révélatrice : "A ce style, nous avons reconnu l'influence du contre-amiral La Crosse, qui nous a juré une haine éternelle. Oui, nous aimons à croire que le général Richepance, lui aussi, a été trompé par cet homme perfide qui sait employer également le poignard et la calomnie".
Il faut ajouter que le général Richepance était un républicain convaincu et qu'il fut pour cette raison écarté de la métropole. Toutefois, l'ouverture de la rue Richepance et sa dénomination ont été décidées par Napoléon Premier en 1807, qui a voulu ainsi honorer la mémoire d'un fidèle serviteur de la révolution française et du consulat. C'est à ce titre aussi que le nom de Richepance est gravé sur la façade Est de l'Arc-de-Triomphe de l'Etoile.
Il n'en reste pas moins que cette période a marqué douloureusement l'histoire de la Guadeloupe. La Commission a pris connaissance à ce sujet des travaux du comité Delgrès, présidé par M. Dominique ANNICCHIARICO, délégué général chargé de l'Outre-Mer, qui a oeuvré pour rétablir la chronologie des faits, par des recherches sur les documents d'archives.
Sur la suggestion du comité Delgrès, la Commission a donc proposé, dans sa dernière séance du 1er juillet 1996, de maintenir le nom de la rue Richepance mais aussi de rendre hommage au héros guadeloupéen Louis Delgrès.
Elle a proposé que le nom de Louis Delgrès soit donné à la voie dite DY/20, allant de la rue des Panoyaux à la rue des Cendriers (20e). Le projet de délibération relatif à cette dénomination est d'ailleurs présenté au cours de cette séance du 14 octobre. Il répond ainsi le mieux possible au voeu formulé notamment par les auteurs de la question.