Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Decembre 2008
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Général
> Type de document (Débat / Délibération)  
Déliberation

G - Vœu relatif à l’hébergement d’urgence.

Déliberation/ Conseil général/ Décembre 2008 [2008 V. 12]


 

Délibération affichée à l?Hôtel-de-Ville

et transmise au représentant de l?Etat le 19 janvier 2009.

Reçue par le représentant de l?Etat le 19 janvier 2009.

 

Le Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général,

Les décès de Sans Domicile Fixe nous rappellent comme chaque année l?impérieux devoir de la collectivité publique de mettre en ?uvre tous les moyens nécessaires afin que nul n?ait à dormir dans la rue, et encore moins à y mourir.

Rappelons-le, la prise en charge des sans-abri relève de la compétence de l?Etat. Cependant, la Ville de Paris s?est pleinement engagée dans ce domaine afin notamment d?aller à la rencontre de cette population et de développer des conditions d?hébergement dignes qui s?inscrivent dans un parcours de relogement et d?insertion. Car là est bien l?enjeu du débat.

L?urgence sociale impose que l?Etat prenne ses responsabilités, et cesse d?empiler les mesures d?urgence pour mettre l?accent sur la prévention et le logement, comme cela a été fait dans d?autres pays, Pays Bas, Grande-Bretagne, Danemark, par exemple, qui ont réduit à presque rien le nombre de sans-abri dans leurs rues. Nous attendons de voir de quoi seront faites réellement les annonces figurant dans le plan de lutte contre la pauvreté et dans le volet logement social du plan de relance lancés par Nicolas Sarkozy. Car s?il ne s?agit que d?une réorganisation des crédits déjà affectés, ces mesures ne seront une fois encore pas à la hauteur du problème.

En Ile-de-France, le problème des sans-abri est d?autant plus aigu que toutes les collectivités ne prennent pas leur part en matière de logement social et d?hébergement d?urgence. Alors même que Paris manque d?opportunités foncières pour construire massivement, la Capitale concentre 50 % des nouveaux logements très sociaux d?Ile-de-France, et la moitié des places d?hébergement, avec un taux d?occupation de plus de 95 %, tandis que d?autres départements franciliens tels que les Yvelines ou les Hauts-de-Seine comptent presque cinq fois moins de places au regard de leur population totale. C?est pourquoi il est impératif que l?Etat veille notamment à la pleine application de la loi SRU, et à la juste répartition des structures d?hébergement.

Paris va être à l?initiative de la création de 2000 nouvelles places de maisons relais et d?hébergement durant la mandature, dont 500 sont déjà localisées, soit un budget d?investissement deux fois et demi supérieur à celui de la mandature précédente. L?Etat doit s?engager à nos côtés, car l?inquiétude en la matière est grande : le Gouvernement a annoncé un désengagement partiel, voire total sur le dispositif de maraude et de mise à l?abri des mineurs étrangers isolés, et le financement en fonctionnement du nouveau centre boulevard de Strasbourg (10e) est à l?heure actuelle incertain.

Les moyens financiers doivent être mis en ?uvre non seulement pour augmenter le nombre de places, mais aussi pour garantir la qualité de l?accueil et faire des structures d?hébergement des tremplins vers le logement et l?insertion sociale.

C?est pourquoi, sur proposition de M. Jean-Pierre CAFFET et des élus du groupe socialiste, radical de gauche et apparentés,

Emet le voeu :

- Que l?Etat, dont c?est la compétence, engage une programmation régionale de nouveaux centres d?hébergement répartis de manière équilibrée sur l?Ile-de-France et qu?il dégage rapidement les financements nécessaires à ces programmes,

- Que les nouvelles places créées à Paris le soient dans des structures professionnelles, de taille humaine, adaptées aux besoins spécifiques des personnes à la rue, notamment les jeunes en errance, les sans abri souffrant de troubles psychiatriques et les familles roms.