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Mars 1997
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Conseil Municipal
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13 - 1996, AU 30 - Revalorisation des grands boulevards (1er, 2e, 3e, 8e, 9e et 10e arrondissements). - Définition des objectifs poursuivis. - Fixation des modalités de la concertation. (Suite de la discussion).

Débat/ Conseil municipal/ Mars 1997



M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous reprenons donc l'examen du dossier AU 30 relatif à la revalorisation des grands boulevards. Je donne la parole à M. LHOSTIS.
M. Alain LHOSTIS. - Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, Mesdames, Messieurs, le projet de délibération que vous nous présentez s'intitule " revalorisation des grands boulevards ". Tout Parisien est sensible à tout ce qui touche à un des principaux axes qui font la renommée nationale et internationale de Paris, mais chaque quartier parisien a une histoire, il serait contraire à l'intérêt de la Capitale, de ses habitants, de vouloir modéliser, normaliser, " Decauïser " nos artères. De ce point de vue, votre référence au réaménagement des Champs-Elysées nous interroge à double titre. La plus belle avenue du monde ne traverse pas les mêmes quartiers que les grands boulevards et sa réorganisation ne s'est accompagnée d'aucune réflexion, donc d'intervention sur l'urbanisme et les populations environnantes. Cela n'était sans doute pas nécessaire. Sur les Champs, on vient de partout pour voir, déambuler, aller au cinéma ou prendre un pot, point final. Les grands boulevards traversent eux de fortes zones d'emploi et s'achèvent dans des quartiers populaires. Bien évidemment, la vie culturelle au travers des cinémas et de plusieurs théâtres de renom doit être prise en compte dans une réflexion sur une renaissance des grands boulevards, ainsi que les commerces liés aux loisirs.
Mais il y a de grands absents dans votre exposé des motifs, surtout si l'on se réfère au périmètre d'étude suggéré par la carte en annexe du projet :
- la densité de l'emploi tertiaire dans certaines zones ;
- le classement en zone de Développement social urbain d'une grande partie des quartiers du 10e, riverain des grands boulevards ;
- la place des transports en commun et des vélos sur des voies très chargées en automobiles.
(M. le Maire de Paris reprend place au fauteuil de la présidence).
Sur chacun de ces trois plans, il y aurait une critique à faire sur la politique que vous avez menée dans ces secteurs les vingt dernières années.
Par exemple, le départ de la Société Générale, boulevard des Capucines, pour laisser la place à une formidable opération spéculative. 6.000 emplois ont ainsi quitté Paris. Certes, l'Olympia a été sauvé, mais grâce à la mobilisation des artistes. Il ne faut pas oublier que deux établissements bancaires confrontés à de graves difficultés, le Crédit Foncier et le Crédit Lyonnais, ont leur siège social dans le périmètre des grands boulevards, et là aussi des milliers d'emplois y sont menacés. Quant aux quartiers des portes Saint-Martin et Saint-Denis, leur classement en D.S.U. et les premières analyses des experts qui en découlent mettent en évidence l'état d'abandon dans lequel la Ville les a maintenus depuis plus de vingt ans.
Alors, il faudrait une autre ambition que celle d'un lifting urbain. Le karcher sur quelques façades, le remodelage des trottoirs, une remise en ordre du mobilier urbain - Decaux est toujours disponible sans doute ! - montreront vite leurs limites. Il ne suffit pas de faire référence à une mythique atmosphère festive, culturelle et résidentielle du passé. Les Parisiens, qui aiment leur ville et son histoire, ne veulent pas voir transformer les grands boulevards en un immense musée Grévin. C'est le présent et l'avenir de leur quartier, marqué par une riche histoire, sur lesquels ils veulent se prononcer.
De ce point de vue, le remodelage de la voirie au bénéfice des transports les moins polluants - les transports en commun et la bicyclette - doit être intégré à la réflexion sur les grands boulevards. Ceux-ci se sont transformés en autoroute urbaine et il n'est pas possible de laisser les choses en l'état.
Vous écrivez, Monsieur le Maire, que la qualité du projet dépend étroitement de la qualité du dialogue avec toutes les parties intéressées et vous les énumérez en détail : élus des arrondissements concernés, R.A.T.P., Préfecture de police, responsables de salles de spectacles, commerçants, et vous citez également les habitants. Mais le large dialogue à peine évoqué se réduit à une instance de coordination et à une antenne dans laquelle les habitants pourront se rendre pour donner leur point de vue... Pourquoi ne pas imaginer une véritable concertation avec les conseils d'arrondissement et les C.I.C.A. qui seraient saisis des réflexions et de leur évolution à chaque étape, permettant les prises en compte réelles par l'élaboration en commun ? Pourquoi ne pas envisager des réunions ouvertes aux habitants, aux commerçants, au cours desquelles élus et experts exposeraient réflexions et projets, répondraient aux questions, enregistreraient les idées ? Cela aurait plus de force que la rencontre dans une boutique avec, je cite, " le fonctionnaire municipal qualifié " évoqué dans le projet de délibération, mais simple boîte aux lettres puisque non décideur !
A ce stade, vous nous demandez non pas d'approuver l'ouverture d'une réflexion sur les grands boulevards et les quartiers riverains, mais vous nous demandez d'approuver les objectifs poursuivis pour ce que vous appelez " la revalorisation des grands boulevards ". Les élus communistes, pour les raisons que je viens brièvement d'exposer, ne peuvent vous donner acte de ces objectifs. Le débat ne fait que commencer. Nous nous y inscrivons, nous ferons des propositions, nous examinerons les décisions que vous nous soumettrez et nous nous prononcerons définitivement à ce moment-là.
A ce stade, nous nous abstiendrons en souhaitant que l'intervention des Parisiens nous amène à chanter à nouveau : " J'aime flâner sur les grands boulevard " !
(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, du Mouvement des citoyens et socialiste).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je donne la parole à M. MARCUS.
M. Claude-Gérard MARCUS, adjoint. - Monsieur le Maire, le groupe " Rassemblement pour Paris " approuve pleinement les analyses, l'orientation et les objectifs qui sont définis et la méthode qui est adoptée dans le projet qui nous est soumis.
Tout à l'heure, notre collègue Gabriel KASPEREIT disait qu'il ne fallait pas simplement regarder le passé, mais se tourner vers l'avenir. J'en suis tout à fait d'accord. Il n'empêche que les cinéphiles ont encore en mémoire " Les Enfants du paradis " et " Le Boulevard du crime ", que les amateurs de peinture ont devant leurs yeux un certain nombre de tableaux qui représentaient les grands boulevards au XIXe siècle, à une époque où ils étaient très vivants, et que les amateurs de photos anciennes n'oublient pas les nombreuses évocations de cette période.
Cette période a disparu, mais les grands boulevards et leur animation ont survécu. Entre les deux guerres, ils ont su prendre le tournant du cinéma. Ils sont devenus un des grands pôles du cinéma, tout en restant un des grands centres du théâtre.
Puis, au lendemain de la guerre, où les grands boulevards avaient encore une certaine activité, la décadence a commencé peu à peu. Cette décadence se nourrissait de cette espèce de mouvement naturel, constaté dans les différentes grandes capitales, de fuite vers l'Ouest et, dans le cas parisien, de fuite vers les Champs-Elysées. Peu à peu, les différents cinémas, à l'exception du Rex et du Max-Linder et d'un petit groupe de salles autour de la place de l'Opéra, ont fermé. Les brasseries et les cafés où il y avait de la musique ont disparu, souvent à cause de l'incompréhension de la S.A.C.E.M.
Et les années ont passé, le cadre s'est dégradé. On a constaté une sorte de parallélisme entre la décadence des grands boulevards et la mise en sens unique descendant de la République vers l'Opéra.
Voilà la situation.
Tout n'est pas perdu. Je vous disais qu'il reste encore d'importantes implantations culturelles. Dans le 10e arrondissement, il y a le théâtre de la porte Saint-Martin, le théâtre de la Renaissance, le théâtre du Gymnase et, dans les rues proches, le théâtre Antoine, le théâtre de l'Eldorado, récemment rénové, ainsi que le Splendid. En allant vers le 9e, il y a les Nouveautés et en face, dans le 2e, les Variétés. C'est dire que c'est un ensemble théâtral unique à Paris, qui a su résister et qui est une base de réanimation.
Les cinémas, eux, ont beaucoup moins résisté, à part le Rex, le Max-Linder, et ceux que j'évoquais à l'Opéra.
Les hôtels sont nombreux, les restaurants aussi, mais dans un environnement de trottoirs encombrés, avec un éclairage plus ou moins déficient.
Cela ne veut pas dire que rien n'a été fait. Lorsqu'on voit la partie des grands boulevards entre la République et la porte Saint-Martin, on se rend compte que des efforts d'aménagement ont été faits, notamment devant ce qui fut jadis l'Ambigu et où se trouve le monument dédié à Johann Strauss. Les abords des portes Saint-Martin et Saint-Denis ont été réaménagés par la Ville. L'Etat va restaurer ces portes. Il a promis de le faire avant la fin de 1998.
Il y a donc des éléments de départ. Le 9e a encore une intense activité commerciale et touristique.
A partir de ces éléments, qu'on ne peut pas séparer de l'environnement, c'est-à-dire des rues avoisinantes, des passages - je pense, dans le 10e, au passage du Prado, et aussi à tous ces nombreux passages du 9e et du 2e arrondissements qui, eux, ont gardé une certaine vitalité -, qu'il faudra orienter les travaux ; vous avez défini des objectifs qui sont positifs mais un peu vagues. Il faudra donc les préciser au fur et à mesure que sera menée la concertation à laquelle vous nous appelez.
Cela étant, permettez-moi de faire quelques réflexions complémentaires.
D'abord, j'ai parlé tout à l'heure de la circulation, d'autres en ont parlé.
Peut-être pourrait-on réexaminer le problème de la circulation à deux sens ou d'autres solutions alternatives possibles ?
C'est un élément structurant qu'on ne peut pas négliger.
Il faut requalifier l'éclairage entre la République et la Madeleine et le renforcer en faisant en sorte que les zones d'ombre soient les plus rares possibles. Lié à ce problème d'éclairage parallèle, il y a celui de la sécurité, qui est une sorte de préalable.
Quoi que l'on y fasse, si une partie de ces grands boulevards apparaît au public, parisien ou étranger, comme une zone de non droit, ou une zone d'insécurité, tout ce que nous aurons fait aura été inutile.
Ce n'est pas chez moi de l'obsession sécuritaire mais simplement la volonté de faire réussir le projet que vous nous proposez.
Sur le plan culturel, le théâtre est bien présent. Il faudrait faire revenir le cinéma : la Ville de Paris pourrait peut-être réunir un certain nombre d'organisations ou d'entreprises cinématographiques et discuter d'une réimplantation de salles entre la République et Richelieu-Drouot, qui seraient un élément d'animation notamment en fin de semaine.
Il faudrait aussi, et je vous l'ai dit, ne pas négliger les rues avoisinantes. Parler des grands boulevards sans parler des faubourgs Saint-Denis, Saint-Martin, Poissonnière et Montmartre me paraît être une erreur. Il faudra donc harmoniser l'action menée sur les grands boulevards, et dans certains secteurs voisins.
Enfin, en dehors du cinéma, il faudrait voir avec la S.A.C.E.M. et la S.A.C.E.D., (la Société des Auteurs), s'il ne serait pas possible de faciliter aux cafés-restaurants, qui voudraient le faire, la possibilité de retrouver ce qu'ils avaient avant, à une certaine époque, c'est-à-dire un orchestre ou des musiciens qui participaient à la création d'une certaine atmosphère.
Ce n'est pas une solution géniale mais ce n'est qu'un élément.
Comme cela n'a pas été évoqué dans votre projet, je me permets d'ajouter cela : sécurité d'abord ; circulation ; prise en compte des passages et des rues avoisinantes ; renforcement de l'éclairage, soutien aux activités culturelles et touristiques.
Voilà un vaste programme pour la concertation qui s'annonce !
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur MARCUS.
La parole est à Mme TAFFIN.
Mme Benoîte TAFFIN, maire du 2e arrondissement. - Monsieur le Maire, je me sens particulièrement concernée par ce projet de revalorisation des grands boulevards.
Il suffit de regarder un plan pour constater que la plus grande longueur de trottoir concernée par ce projet se trouve dans le 2e arrondissement.
D'ailleurs on retrouve d'est en ouest, dans cet arrondissement, pourtant le plus petit de Paris, toute la diversité mise en avant par le projet des grands boulevards.
L'environnement de la rue Saint-Denis est bien sûr fort différent de celui de l'Opéra. Il y a des principes qui peuvent s'appliquer partout. Comme les autres intervenants, je me réjouis de ce projet. C'est une bonne idée. La dégradation aussi bien matérielle qu'en terme d'atmosphère, des grands boulevards, était trop évidente pour que l'on ne souhaite pas y apporter des remèdes.
J'approuve les objectifs de mise en valeur du paysage architectural, les objectifs de désencombrement des trottoirs.
J'avais d'ailleurs, pour ma part, très modestement pris l'initiative depuis plusieurs années de donner des avis défavorables aux terrasses ouvertes quand elles s'ajoutaient à des terrasses fermées et également des avis défavorables aux demandes d'exploitation de baraques foraines, quand elles étaient peu judicieusement implantées ou quand elles étaient mal tenues.
Enfin comment ne pourrait-on pas être d'accord avec la confortation du dynamisme commercial et économique ou avec les ambiances festives et culturelles ?
J'ai bien compris que la large concertation prévue permettrait d'affiner et de compléter des objectifs qui ne sont pour l'instant que des points de départ.
Néanmoins j'aimerais insister sur un point, même si celui-ci a déjà été évoqué par certains de mes collègues, mais il me semble absolument essentiel au cadre même de notre réflexion. Il ne me semble pas possible de parler de la revalorisation si l'ensemble de l'espace public n'est pas pris en compte : les façades, les toits, et bien entendu les chaussées.
De notre part, il ne me semble pas possible d'envisager des modifications matérielles sans parler de la gestion de cet espace public. Autrement dit, sur les grands boulevards, en termes de circulation mais également de stationnement , bien souvent d'ailleurs à l'origine des problèmes de circulation, il faudra peut-être des aménagements, sans aucun doute une réglementation adéquate mais également la ferme volonté de la faire respecter. Les débordements non maîtrisés sur le Sentier ne manquent pas de m'inquiéter. Cet approche a d'ailleurs été au coeur de la mise en oeuvre d'autres projets ; d'autres projets phares dont certains ont déjà été évoqués : les Champs-Elysées, Montorgueil, Saint-Denis, la place Vendôme, et bien d'autres exemples pourraient être cités.
Une gestion volontariste de l'espace public incluant une réduction de la place de l'automobile, répond à une demande prioritaire et constante des Parisiens.
J'ajouterai un autre point qui lui aussi est primordial aux yeux des riverains, qu'ils soient habitants ou commerçants : il a également été mentionné par M. MARCUS, il concerne la sécurité. L'insécurité réelle, ou ressentie comme telle, qui règne sur les grands boulevards a été immédiatement évoquée par mes interlocuteurs, à peine aviez-vous annoncé le projet, Monsieur le Maire.
Est-ce que cela n'irait pas beaucoup mieux si on n'avait pas, devant les yeux, le marché de la drogue de Strasbourg-Saint-Denis ? Ne pourrait-on pas, disaient d'autres, faire quelque chose contre la mendicité insistante qui indispose les passants entre Madeleine et l'Opéra ?
Et ils ajoutent généralement : " sinon tout ce que l'on fera, ne servira à rien ".
Voilà, Monsieur le Maire, ce que je souhaitais vous dire dès aujourd'hui. La prise en compte de la totalité de l'espace public des grands boulevards et y compris la chaussée et la sécurité ne doivent pas être des ajouts dus à la concertation mais à des éléments constitutifs, j'oserai presque dire " des préalables " à notre réflexion.
Sans cela, ce bon projet qui vise à améliorer la qualité de la vie sur nos boulevards, risquerait d'être sinon voué à l'échec, au moins de voir ces résultats hélas minimisés.
Merci, Monsieur le Maire.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame.
La parole est à M. BLET.
M. Jean-François BLET. - Revaloriser l'espace public de la capitale, ses boulevards, ses avenues, ses rues, ses passages et ses places... Excellente idée !
La dimension complémentaire du bâti dans l'espace urbain, ce vide qui accompagne le plein, dont l'importance est essentielle pour la perception et le fonctionnement d'une ville, a été fort négligée dans notre Capitale ces dernières décennies.
C'était pourtant une des vitrines de Paris au début du siècle, jusqu'à ce que l'automobile s'impose peu à peu, et balaie toute la vie sociale qui s'y déroulait.
Il suffit, en effet, ainsi que nous y conviait notre collègue de se reporter aux oeuvres de Gallieu-Lalave, Cortès, Généritte, Pizzarro et tant d'autres pour s'en convaincre.
Aujourd'hui, vous nous proposez la reconquête et la mise en valeur de ces espaces. Nous ne saurions nous y opposer.
L'idée paraît évidemment séduisante. Mais le choix est-il vraiment judicieux ? Quelles sont les priorités ?
En matière de voirie et d'espaces publics, la priorité n'est pas aux grands boulevards mais résolument aux boulevards dits des Fermiers généraux, et au boulevard des Maréchaux, notamment dans le nord-est parisien.
Pour les Fermiers généraux, il s'agit des boulevards de la Chapelle, de la Villette, de Belleville, de Ménilmontant et de Charonne...
Pour les Maréchaux, il s'agit des boulevards Mac-Donald, Serrurier, Mortier, Davout, Soult...
Ces boulevards circulaires historiques et indissociables de l'image de Paris sont en effet devenus des " no man's land " aux trottoirs défoncés, des potzdamer Platz berlinois de la Guerre froide.
Heureusement, les Fermiers généraux accueillent certains jours des marchés très fréquentés qui les animent, mais l'environnement reste dégradé.
Les Fermiers généraux constituent une interface incontournable entre les arrondissements intermédiaires 9e, 10e, 11e, et les arrondissements périphériques 18e, 19e et 20e. Leur rôle est fondamental.
Ils doivent être revalorisés en urgence !
A l'instar de Barcelone, les Fermiers généraux pourraient devenir les " Ramblas " de l'Est parisien.
Des aménagements très simples pourraient rapidement être mis en oeuvre à l'image du boulevard de Rochechouart près du métro Anvers.
Qu'est-il advenu du Plan programme de l'Est parisien adopté en 1983 et toujours en vigueur, qui donnait la priorité à la revalorisation des quartiers du Nord-Est ? Ce programme a servi de prétexte pendant plus de dix ans pour détruire ces quartiers, qu'il serve dorénavant à revaloriser ces quartiers !
A côté des Maréchaux et des Fermiers généraux, les grands boulevards font déjà figure de véritables Champs-Elysées.
Même si quelques aménagements seraient souhaitables, le traitement des grands boulevards n'est pas une priorité !
Monsieur le Maire, engagez-vous aujourd'hui à mettre en oeuvre en urgence des études et des travaux de revalorisation des boulevards des Fermiers généraux et des Maréchaux ! Engagez-vous aussi à y installer enfin le réseau de tramways tant attendu !
N'entreprenez des travaux sur les grands boulevards que lorsque toutes ces priorités seront réalisées !
N'oubliez pas ensuite que la revalorisation des grands boulevards doit commencer à la Bastille. Il serait en effet dommageable d'exclure le boulevard Beaumarchais qui mène directement à l'avenue Daumesnil que vous avez déjà réaménagée et mise en valeur par la réhabilitation du viaduc et la réalisation d'une promenade plantée.
En outre, le boulevard Beaumarchais doit cesser d'être un axe rouge. Pour le réaliser, vous avez transféré le stationnement sur le trottoir par des contre-allées en délimitant les espaces piétons et voitures par des alignements de bittes, de poteaux et de bornes, ce qui a considérablement réduit l'espace piéton et enlaidi le boulevard.
L'austère revue " Le Débat ", s'appuyant sur les travaux d'un jeune urbaniste de l'A.P.U.R., Olivier NICOULAUD, a stigmatisé cet archétype du pire. Je cite : " La véritable bittomanie qui s'est emparée des services de la Ville de Paris "... " Les trottoirs sont devenus des ponts de bateaux, des quais où les matelots ivres - les ingénieurs de la voirie ? - auraient déversé au petit bonheur des tombereaux de bittes en tout genre. Il y a les " chic " - en pierre, cylindriques, sommées d'un petit gland métallique, style monuments historiques -, les cheap en béton brut ; il y a les simples et les doubles, les massives et les sveltes, les lumineuses - aux carrefours -, les chafouines - peintes en noir et invisibles de nuit - et jusqu'aux érectiles - au niveau des portes cochères -. La ville est devenue méchante, hargneuse, dangereuse pour le piéton doté de ses deux jambes. "
Otez, Monsieur le Maire, ces bittes que nous ne saurions voir !
Supprimez aussi les lincolns, facteurs d'enlaidissement !
Rendez aux piétons leurs trottoirs, chassez-en les carcasses automobiles qui les colonisent.
Requalifiez cet espace public en un lieu de convivialité.
Cassez ces axes rouges asphyxiés par les automobiles, qu'ils deviennent enfin l'espace de respiration des faubourgs parisiens.
N'omettez pas d'accorder un traitement spécial à l'autoroute Magenta, articulation majeure dont la fonction est précisément de relier les grands boulevards aux Fermiers généraux.
Préservez-les tous du traitement austère et par trop minéralogique des Champs Elysées, et pour que la convivialité s'y enracine, brisez ces axes de pollution, en y limitant la voiture.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur DOMINATI, vous avez la parole.
M. Jacques DOMINATI, premier adjoint. - Monsieur le Maire, après ces interventions, quelques mots simplement pour d'abord vous demander de considérer que les grands boulevards, c'est de la Bastille jusqu'à la Madeleine et non seulement de la République à la Madeleine comme c'est indiqué dans le mémoire.
Je voudrais aussi rappeler qu'en 1990, j'avais obtenu 24 millions de francs qui ont été affectés précisément à la réhabilitation du boulevard de Saint-Martin. Il y a une association qui est très dynamique de riverains et de commerçants, je souhaiterais qu'elle soit associée, et que cette partie qui a été un peu négligée soit associée dans l'ensemble de la réalisation des grands boulevards.
Les différents orateurs ont démontré que c'est un bon projet. Je pense qu'effectivement c'est un projet qui, abordé comme vous l'avez abordé, dans la concertation, en y associant les différents conseils d'arrondissement, mais aussi - pourquoi pas - les C.I.C.A., devrait aboutir à un projet consensuel.
C'est un bon projet, mais ce sera aussi un long projet.
C'est un projet qui sera nécessairement coûteux.
Le premier problème intéresse le Préfet de police. Puisque le Préfet de police siège dans notre Assemblée - nous sommes d'ailleurs la seule Assemblée communale où le Préfet de Police siège - je dois dire qu'il faut saisir cette occasion pour que précisément, si nous voulons que l'activité en quelque sorte reprenne dans tous les domaines, la sécurité soit assurée.
Mme TAFFIN, a bien insisté dessus, M. MARCUS aussi, c'est primordial.
Le deuxième point qui semble aussi important pour beaucoup d'intervenants, c'est la circulation. On peut parler des grands boulevards uniquement en regrettant le passé, la disparition de " l'Ambigu ", la disparition du " Paladium ". il est évident qu'il y a un problème de circulation qui est posé, et pourquoi pas, à cette occasion, envisager précisément - des suggestions ont été faites - le tramway.
Je crois que là-dessus nous pourrions avoir une étude assez précise pour voir dans quelle mesure nous pourrions installer un tramway sur les grands boulevards qui remplacerait l'ancien Madeleine-Bastille.
Et enfin, autre point important, il ne siège pas sur nos bancs, mais le Directeur de la R.A.T.P. pourrait nous dire dans quelle mesure il pourrait rouvrir, et c'est important pour les riverains et les commerçants, la station Saint-Martin.
Je voulais intervenir sur ces trois points précisément.
Je vous remercie, Monsieur le Maire. Donc je voudrais que vous interveniez auprès de la R.A.T.P. pour une étude sur une liaison moins polluante par un tramway Madeleine-Bastille, ce qui serait d'ailleurs un retour aux sources, et que vous interveniez aussi pour la réouverture rapide de la station Saint-Martin en associant, dans la réhabilitation des grands boulevards, cette partie entre la République et la Bastille qui n'a pas été comprise dans votre communication et dans votre projet.
Je vous remercie.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur DOMINATI.
Monsieur AIDENBAUM, vous n'êtes pas inscrit.
M. Pierre AIDENBAUM, maire du 3e arrondissement. - Je ne suis pas inscrit, mais je veux dire un mot.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Il faut appliquer le règlement...
M. Pierre AIDENBAUM, maire du 3 arrondissement. - Je me réjouis...
M. LE MAIRE DE PARIS. - Là, vous prenez la parole pour une demi-heure !
M. Pierre AIDENBAUM, maire du 3e arrondissement. - Je savais qu'en commençant comme cela...
M. LE MAIRE DE PARIS. - C'est terminé. Vous vous réjouissez, c'est fini !
M. Pierre AIDENBAUM, maire du 3e arrondissement. - Je voudrais vous dire pourquoi je me réjouis !
M. LE MAIRE DE PARIS. - Objectivement, on pourrait vous donner la parole, mais on ne s'en sort pas ! Je vois bien que ce n'est pas pour ennuyer l'Assemblée, j'ai bien compris, mais justement, essayons de respecter le règlement, autrement les horaires ne seront pas respectés. Même si c'est dans l'intérêt de l'Assemblée, je crois qu'il faut respecter le règlement. Il faut d'ailleurs que chacun fasse à l'avenir un effort plus grand de concision dans ses interventions. C'est l'intérêt même de notre Assemblée. Je suis désolé.
Mme COUDERC a la parole.
Mme Anne-Marie COUDERC, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Monsieur le Maire, avant de répondre aux différents intervenants, je voudrais souligner, comme vous l'avez indiqué à plusieurs occasions, que nous concrétisons dans cette opération comme dans d'autres, ce que vous aviez annoncé au cours de votre communication sur l'urbanisme de l'an dernier. La revalorisation des grands boulevards figurait parmi vos propositions et elles constituent, sans aucun doute, une action importante de votre mandature.
Nous n'oublions certes pas, Monsieur BLET, les Fermiers généraux, mais ce n'est pas l'objet de la présente délibération.
Je voudrais tout d'abord remercier M. KASPEREIT qui, ce matin, nous a rappelé avec quelque passion, et quelque émotion même, la vie des grands boulevards.
Notre souci est de redonner à cet ensemble la qualité qu'il a connue, tout en s'intégrant dans notre futur XXIe siècle.
Je dois dire tout de suite que je ne pourrai pas répondre précisément à un certain nombre de questions ou propositions qui appellent chacune d'entre elles un examen attentif. J'en ai pris note, bien évidemment, et nous en débattrons au sein du Comité.
C'est le cas par exemple des observations qui ont pu être faites en Conseil d'arrondissement, notamment du 3e, observations qui viennent d'être rappelées par Jacques DOMINATI à l'instant sur la réouverture de la station de métro Saint-Martin.
En revanche, ce que je peux indiquer tout de suite, c'est que nous examinerons avec la R.A.T.P. l'intérêt et la faisabilité de cette proposition.
De la même manière, et cela a été évoqué par plusieurs des intervenants, nous évoquerons bien entendu les questions de stationnement, les questions de déplacements. Mais je voudrais simplement attirer l'attention de notre Assemblée à cet égard sur le fait que les dispositions que nous prendrons devront bien entendu l'être de manière coordonnée, avec les projets étudiés et mis en place dans le cadre des Commissions présidées notamment par mon collègue Bernard PLASAIT. Mais j'ai pris bonne note de l'intérêt manifesté par plusieurs intervenants, rappelé également par M. DOMINATI à l'instant, sur les aspects de circulation.
J'ajouterai aussi, aujourd'hui, qu'il faudra bien peser entre les différents choix possibles. Si nous prenons le stationnement, comme l'avait évoqué Mme TAFFIN en particulier, il est évident que c'est un élément très important pour la vie des grands boulevards, et nous devons également penser aux riverains. C'est un exemple, et toute action dans ce domaine doit être sérieusement pesée.
Je soulignerai donc simplement qu'aucun thème de réflexion ne sera écarté, même s'il est clair que les réponses que nous pourrons apporter seront échelonnées dans le temps, parce que si je pense que tout le monde reconnaît effectivement que c'est un bon projet, ce sera un projet de longue haleine. Il faudra décider et agir vite lorsque les dispositions pourront être mises en place rapidement. Dans d'autres cas, les réflexions prendront en revanche plus de temps. Nous devrons en tenir compte pour ne pas ralentir l'avancement des opérations.
Mme TAFFIN et M. MARCUS ont évoqué les questions d'éclairage et de sécurité, M. DOMINATI également et d'autres intervenants aussi.
Ces thèmes seront bien entendu abordés dans le cadre du Comité.
La sécurité est un sujet qui nous concerne tous, même si son importance et les difficultés rencontrées varient d'un secteur à l'autre des boulevards. C'est pourquoi j'aimerais informer l'Assemblée que nous avons souhaité que M. le Préfet de police, que nous savons déjà être présent sur le terrain, soit associé de façon permanente au Comité des grands boulevards, non seulement sur les questions de déplacements, mais aussi de sécurité. En cela, je pense que je réponds à une des préoccupations de M. DOMINATI.
MM. AUTEXIER et BLET, ainsi que M. DOMINATI à l'instant, ont souhaité que cette étude se prolonge jusqu'à la Bastille. Je dirai que sur ce plan, l'intention est évidemment intéressante, mais elle est de toute évidence assez difficile à gérer.
J'aimerais rappeler que nous allons déjà examiner plus de quatre kilomètres de boulevards ; et je le dis avec d'autant plus de conviction que nous avions véritablement, et je vous demande de me croire, au départ envisagé cette hypothèse ; mais les caractéristiques de cette partie des boulevards et la dimension que prenait le problème à traiter nous en ont très vite dissuadés pour le projet présent.
J'aimerais également rappeler que pour les Parisiens, ce qu'on appelle les grands boulevards - sans du tout, une fois de plus, ignorer l'intérêt qu'il pourrait y avoir de prolonger jusqu'à la Bastille - mais traditionnellement, les grands boulevards, c'est surtout l'espace qui s'étend à l'est du secteur des théâtres situé à la jonction des boulevards Saint-Denis et Saint-Martin jusqu'à l'Opéra en direction de l'ouest.
Je voudrais également faire observer que nous avons tenu cependant à compléter cet ensemble avec les parties qui s'étendent de part et d'autre de ces limites jusqu'aux deux grandes places de la Madeleine, d'une part, et de la République, d'autre part, de manière à disposer d'une unité de réflexion, et cela ne répond, j'en suis tout à fait consciente, qu'en partie au souci exprimé par un certain nombre d'intervenants. Mais aller au-delà nous apparaît une fois encore assez difficile à gérer si nous voulons pouvoir avancer ce projet dans les meilleures conditions. Mais je note la préoccupation qui a été ainsi exprimée par plusieurs élus de notre Assemblée.
Cela rappelé, comme j'avais eu l'occasion de le dire en réponse à une question orale du 20 janvier dernier posée par M. SARRE, nous examinerons avec attention les impacts éventuels de nos propositions sur le pourtour de ce périmètre de manière à les ajuster, si nécessaire.
Un autre type d'extension a été évoqué par M. LHOSTIS qui souhaite que nous travaillions plus en profondeur sur les quartiers liés aux grands boulevards, sur les îlots riverains et sur les activités qui génèrent l'emploi.
A l'occasion de cette réflexion, nous allons en effet découvrir probablement des questions supplémentaires, de nombreuses questions, et certaines porteront sur les sujets que M. LHOSTIS évoquait. Mais elles ne trouveront certainement pas toutes des réponses dans le cadre des aménagements des grands boulevards ; elles pourront en revanche être précisées dans le cadre du secteur D.S.U. de la porte Saint-Denis et de la porte Saint-Martin par exemple, ou dans celui de l'O.P.A.H. Montmatre-Rochechouart dont le Conseil va délibérer cet après-midi. Cela n'exclut bien entendu pas que nous puissions traiter tel ou tel aspect, traiter tel ou tel immeuble dégradé, dont l'image peut nuire à la vie des habitants.
Mais, en revanche, Monsieur LHOSTIS, je ne voudrais pas vous laisser dire que nous voulons faire ce que vous appelez un " lifting " pour un " vaste musée Grévin ". Ce que nous voulons, ce n'est pas cela, vous le savez, ce que nous voulons, c'est la vie au contraire et non pas un musée sur ces grands boulevards, la vraie vie avec de l'animation, avec un contexte dont nous puissions à la fois être fiers en tant que Parisiens et qui permette à chacun d'entre nous de profiter de cet espace privilégié que peuvent être les grands boulevards.
Je crois en réalité que, pour que nous puissions progresser, nous devons véritablement nous concentrer sur le coeur de notre travail qui est, si je peux employer ce terme, de relancer les grands boulevards, c'est-à-dire de faire en sorte que ce lieu devienne un pôle accueillant, vivant, ouverts aux activités et aux loisirs des Parisiens.
En définitive, Monsieur le Maire, je vous propose donc, malgré l'intérêt que peuvent présenter les propositions de nos collègues, que nous en restions sur ce point aux termes qui figurent dans la délibération.
En ce qui concerne les observations relatives à la concertation exprimées par différents intervenants et notamment par MM. LHOSTIS et HUBERT, je crois, là aussi, Monsieur le Maire, que nous pouvons rassurer nos collègues puisque la méthode que nous mettons en place est tout à fait au coeur du projet et qu'elle est, à bien des égards, originale.
Le choix des propositions que nous allons examiner est, comme vous le savez, très ouvert. C'est d'ailleurs naturel pour un projet aussi complexe et aussi sensible. Notre souci est bien de faire en sorte que toutes les opinions s'expriment, que les dialogues indispensables aient lieu, le temps nécessaire pour que vous puissiez, Monsieur le Maire, prendre les meilleures décisions pour Paris, ses activités, ses commerces et ses habitants.
Compte tenu de tous ces éléments, je pense que nous ne pouvons pas, aujourd'hui, donner une suite favorable aux différents amendements proposés, qui ont été diffusés dans notre Assemblée et j'aimerais en faire la liste, si vous le permettez, à l'occasion de cette intervention.
Tout d'abord l'amendement n° 1 sur l'espace public préjuge des questions évoquées, des études qui seront conduites et de leurs conclusions après discussion au sein du comité.
Je me suis expliquée rapidement sur la méthode, mais je ne vois pas pourquoi nous devrions arbitrer aujourd'hui.
L'amendement n° 2, qui porte sur l'extension de l'étude jusqu'à la Bastille, conduirait, comme je l'ai dit, à trop disperser notre effort et nous manquerions ainsi d'efficacité.
L'amendement n° 3 s'écarte, à mon avis, d'un souci que nous avons eu de cadrer la concertation avec la nature du projet. Je crois en effet, en m'appuyant sur l'expérience, qu'en matière de concertation il faut éviter, bien entendu, tout dogmatisme et il nous faut adapter nos dispositions au problème qui nous est concrètement posé. La Commission " Vélo ", par exemple, porte sur l'ensemble de Paris et regroupe donc les associations parisiennes. Le Comité des grands boulevards, que nous allons constituer, est relatif à une opération qui concerne plusieurs arrondissements. C'est pourquoi je prévois d'y faire participer les associations concernées, ce qui est aussi tout à fait logique.
Là encore, nous devons éviter trop de complexité si nous voulons progresser efficacement.
Sur la deuxième partie de ce troisième amendement, je dirai que les maires d'arrondissement, pour leur part, pourront bien entendu réunir les C.I.C.A., le moment venu, à leur initiative, cela va sans dire et c'est au contraire profitable pour tous les habitants et toutes les associations.
L'amendement n° 4, lui, porte sur la création d'une antenne par arrondissement et ceci ne me paraît pas souhaitable si l'on veut garder son unité et sa cohérence au projet, et pour la clarté.
Dans le faubourg Saint-Antoine, par exemple, qui concerne deux arrondissements, nous avons mis en place une seule maison située au coeur du périmètre d'études et je crois qu'elle donne toute satisfaction. Bien entendu, l'antenne créée sur les grands boulevards recevra aussi tous ceux qui le souhaitent.
Quant à l'amendement n° 5, il ne me paraît pas justifié. En effet, comme l'a évoqué M. AUTEXIER, que je voudrais rassurer d'emblée sur ce point, nous avons tout à fait à l'esprit le fait que les grands boulevards traversent des quartiers de nature et de caractère différents en terme d'architecture, d'activité économique, de culture et de loisirs et c'est bien dans le souci d'en faire un espace accueillant pour tous que nous entendons travailler en tenant compte des différentes particularités qui en font, pour une large part, l'attrait.
Nous veillerons donc à définir le meilleur équilibre entre ces deux échelles de perception des grands boulevards, à la fois celle d'un grand espace urbain parisien, mais aussi celle d'un lieu très ouvert à la vie locale. Cet aspect est d'ailleurs tout à fait souligné dans le projet de délibération qui vous a été soumis.
En définitive je pense, Monsieur le Maire, que les différentes interventions qui ont été faites montrent que le projet actuel est, si l'on peut me permettre cette expression, bien calé : une démarche unitaire mais soucieuse de la diversité des quartiers ; un périmètre d'études, même si certaines demandes ont été émises, suffisamment large pour bien prendre en compte ce site historique, mais aussi suffisamment mesuré pour pouvoir le gérer efficacement et c'est en cela que j'appelle l'attention et la compréhension de mes collègues sur le choix de ce périmètre d'études.
C'est pourquoi je vous propose, mes chers collègues, de bien vouloir voter ce projet en l'état. Nous voulons qu'il soit de grande qualité. Il évoluera au fur et à mesure que la concertation, que les travaux de réflexion nécessaires avanceront.
Je crois qu'une fois de plus, vous l'avez reconnu, même si à ce jour il présente des insuffisances, même si nous verrons à l'avenir ce qu'il y aura lieu d'inclure dans le périmètre, je pense véritablement que ce projet tel qu'il vous est présenté aujourd'hui doit mériter votre approbation et, je l'espère, votre approbation unanime.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous allons passer au vote.
Les amendements ont été distribués.
Je mets aux voix, à main levée, la proposition d'amendement n° 1 déposée par le groupe socialiste et apparentés.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
La proposition d'amendement est repoussée à la majorité, M. REVEAU, les groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés " ayant voté contre.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons à la deuxième proposition d'amendement.
Monsieur DOMINATI, vous avez la parole.
M. Jacques DOMINATI, premier adjoint. - A propos de la Bastille, je comprends très bien que c'est un projet qui est lourd, un projet qui est long, mais je ne vois pas comment on peut parler de réhabiliter les grands boulevards et ne pas associer une partie qui a déjà été réhabilitée par le précédent Maire, qui est la Bastille, avec tout le boulevard Saint-Martin.
Il faudrait, au moins, associer à la réflexion les riverains et les commerçants de cette partie.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Mon cher collègue, je crois qu'il y a une petite confusion.
M. Jacques DOMINATI, premier adjoint. - On ne peut pas voter contre cet amendement.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Tout le monde a raison dans cette affaire. Visuellement, c'est un prolongement des boulevards, mais ce ne sont pas les grands boulevards au sens où on l'entend traditionnellement, avec les mêmes activités, les mêmes problèmes.
Je crois que pour la vie commerçante, commerciale, économique, culturelle - cinémas, restaurants, théâtres -, c'est une portion supplémentaire qui n'est pas intégrée dans l'imagerie populaire comme celle des grands boulevards.
Si vous interrogez les Parisiens, les grands boulevards ne vont pas jusqu'à la Bastille. Mais cela ne veut pas dire que la partie que nous n'intégrons pas ne soit pas intéressante sur le plan de l'aménagement.
Mais ce n'est plus les grands boulevards. Il y a une contradiction sans en avoir une.
Ce que je propose, c'est que dans cette première partie d'étude nous en restions là, mais que nous demandions aux services, parallèlement, qu'il y ait une étude technique, complémentaire de celle des grands boulevards au sens historique et traditionnel du terme.
A mon avis, il n'y a pas de contradiction. Ce sont deux choses différentes mais plutôt complémentaires.
Madame COUDERC, qu'en pensez-vous ?
Mme Anne-Marie COUDERC, adjoint, rapporteur. - Monsieur le Maire, c'est ce que j'évoquais tout à l'heure : la partie entre Madeleine et la République est déjà excessivement importante, mais je pense qu'au-delà de ce périmètre, que nous avons arrêté dans la délibération, nous ne pouvons pas exclure la possibilité, pour répondre à la préoccupation qui a été émise, de faire par ailleurs des études techniques comme nous allons le faire par exemple sur le secteur Haussmann.
M. LE MAIRE DE PARIS. - J'allais faire cette comparaison qui est un élément complémentaire qu'il faut étudier parallèlement. C'est la bonne comparaison en effet.
Si vous en étiez tous d'accord, on intégrerait cette partie à l'étude comme on le fait pour Haussmann.
Tout le monde a satisfaction ?
Je mets aux voix, à main levée, la proposition d'amendement n° 2 déposée par le groupe socialiste et apparentés.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
La proposition d'amendement est repoussée à la majorité, le groupe communiste et Mme SCHNEITER s'étant abstenus, les groupes " Rassemblement pour Paris ", " Paris-Libertés ", MM. REVEAU, DUMAIT, MESMIN et Mme TAFFIN ayant voté contre.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Quel est votre avis sur le troisième amendement, Madame COUDERC.
Mme Anne-Marie COUDERC, adjoint, rapporteur. - Rejet.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition d'amendement n° 3 déposée par le groupe socialiste et apparentés.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
La proposition d'amendement est repoussée à la majorité, MM. REVEAU, DUMAIT, MESMIN, Mme TAFFIN, les groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés " ayant voté contre.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons au quatrième amendement. Madame COUDERC, qu'en pensez-vous ?
Mme Anne-Marie COUDERC, adjoint, rapporteur. - Rejet.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition d'amendement n° 4 déposée par le groupe socialiste et apparentés.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
La proposition d'amendement est repoussée à la majorité, MM. REVEAU, DUMAIT, MESMIN, Mme TAFFIN, les groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés " ayant voté contre.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Madame COUDERC, quel est votre sentiment sur l'amendement n° 5.
Mme Anne-Marie COUDERC, adjoint, rapporteur. - Rejet.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition d'amendement n° 5 déposée par le groupe socialiste et apparentés.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
La proposition d'amendement est repoussée à la majorité, le groupe du Mouvement des citoyens et Mme SCHNEITER s'étant abstenus, MM. REVEAU, DUMAIT, MESMIN, Mme TAFFIN, les groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés " ayant voté contre.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je mets enfin aux voix, à main levée, le projet de délibération DAU 30.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, le groupe communiste s'étant abstenu. (1996, DAU 30).