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Mai 2004
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Conseil Municipal
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Déliberation

Vœu relatif au projet de construction d'un réacteur nucléaire de type EPR.

Déliberation/ Conseil municipal/ Mai 2004 [2004 V. 98]



Délibération affichée à l'Hôtel-de-Ville
et transmise au représentant de l'Etat le 1er juin 2004.
Reçue par le représentant de l'Etat le 1er juin 2004.

Le Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil municipal,
A l'occasion de l'ouverture du débat d'orientation énergétique de la France le 15 avril dernier à l'Assemblée Nationale, le Ministre de l'économie et des finances Nicolas Sarkozy a confirmé la construction d'un réacteur nucléaire de type EPR (european pressurised water reactor).
Etant donné les conséquences que pourrait avoir ce choix, aussi bien sur les plans énergétique, financier, environnemental, social, pour les citoyens de notre pays et de notre ville, nous sommes opposés à ce projet, qui entre en contradiction avec les orientations choisies par notre municipalité en matière d'énergie.
La construction de ce réacteur de 3e génération est justifiée par le gouvernement pour répondre à une augmentation des besoins énergétiques fondée sur une prévision de croissance de 25 % de la production de richesses d'ici dix ans. D'autre part, les arguments avancés en faveur de ce mode de production d'énergie sont une amélioration de la sécurité du système, un coût moindre et un moyen de lutter contre le réchauffement climatique.
Sur le premier point, nous rappelons que l'ensemble des réflexions sur le développement soutenable aboutissent à la nécessité d'une analyse en termes de ressources et non seulement en termes de besoins. "Si l'humanité entière se comportait comme les pays du Nord, il faudrait deux planètes supplémentaires pour faire face aux besoins" déclarait le Président Chirac au sommet mondial de Johannesbourg. Dans cette perspective, la maîtrise de la consommation d'énergie et la lutte contre le gaspillage énergétique sont un axe essentiel d'une politique énergétique soutenable.
Forte de cette priorité, la municipalité parisienne s'est engagée depuis mars 2001 dans une politique volontariste de réduction de sa consommation en énergie. La démarche de maîtrise de la demande en électricité lui permettra de réduire de 20 % sa consommation sur de nombreux sites, ce qui montre qu'un fort potentiel d'économie existe au niveau d'une Ville comme Paris. Des démarches sont également engagées pour une maîtrise de l'énergie au niveau de l'habitat parisien.
Par ailleurs, les arguments en faveur de ce mode de production électrique sont contestables. Hormis la question de l'obsolescence de cette technologie mise en avant par beaucoup, la sécurité n'est pas améliorée de manière notable et le problème des déchets radioactifs continue de se poser (le problème est aggravé par le recours accru au combustible Mox).
Au moment où nous célébrons le 18ème anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, ce risque nucléaire pèserait sur les parisiens déjà directement menacés par la centrale de Nogent-sur-Seine- notamment si le site de Penly, proche de notre région et sous les vents dominants, devait être retenu. Le coût (3 milliards d'euros pour la construction du prototype) est énorme si l'on pense aux quelques milliers d'euros alloués aux énergies renouvelables, qui en France restent marginales, contrairement à bon nombre de pays européens dont l'Allemagne, la Belgique ou la Grande-Bretagne qui ont choisi la sortie du nucléaire au profit des énergies renouvelables. Associées à l'énorme gisement que constitue la maîtrise de consommation d'énergie, ce sont elles qui peuvent ralentir efficacement le réchauffement climatique.
Aussi, sur proposition des éluEs du groupe Les Verts, le Conseil de Paris

Emet le v?u :

Que le Maire de Paris transmette au gouvernement l'opposition de l'assemblée au projet de construction de réacteurs nucléaires de type EPR.