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Decembre 2008
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Conseil Général
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2008, DASES 382 G - Signature d'une convention avec l'association "Charonne" (11e) pour l'attribution d'une subvention relative à l'évaluation du matériel de réduction des risques pour usagers de crack. - Montant : 26.000 euros.

Débat/ Conseil général/ Décembre 2008


 

M. Christian SAUTTER, président. - Nous passons au projet de délibération DASES 382 G relatif à la signature d'une convention avec l'association "Charonne" dans le 11e arrondissement, en vue de l'attribution d'une subvention relative à l'évaluation du matériel de réduction des risques pour usagers de crack.

Mme WIEVIORKA souhaite interroger M. LE GUEN.

Je lui donne la parole.

Mme Sylvie WIEVIORKA. - Je conçois qu'à cette heure-ci, l'heure ne soit pas aux grandes envolées mais je souhaiterais, puisque ce projet de délibération concerne la lutte contre la toxicomanie, rendre rapide hommage au Professeur Claude Olivenstein qui est mort hier à Paris.

Il a été le premier médecin à s'intéresser et à soigner les toxicomanes ; on l'appelait le médecin ou le psy des toxicos. Chacun connaît son ?uvre. Il a contribué à la création de l'hôpital Marmottan à Paris et c'est réellement un grand Parisien au service des Parisiens les plus en difficulté, et dont la notoriété a évidemment dépassé la Ville de Paris et même notre pays, qui est mort hier.

Je souhaitais donc très rapidement lui rendre hommage à l'occasion de ce projet de délibération.

(Applaudissements sur tous les bancs de l'Assemblée).

Sur ce sujet de la lutte contre la toxicomanie, j'ai entendu dans le débat sur la sécurité que la toxicomanie était un sujet qui préoccupait de nombreux conseillers. La collectivité parisienne ne peut rester indifférente aux problèmes graves de santé publique posés par les conduites addictives, qu'il s'agisse des substances illicites, de l'alcool, du tabac et de ce que l'on appelle aujourd'hui les addictions sans drogue, tels que le jeu pathologique, la dépendance à Internet ou aux jeux vidéo. Toutes ces addictions peuvent avoir des répercussions graves sur l'équilibre psychologique et social des personnes.

Le soin dans ces domaines est une mission de l'Etat. Le Département se préoccupe pour l'essentiel de prévention. Pour Paris, à travers la mission de prévention des toxicomanies, installée par le Maire de Paris il y a quelques années, à laquelle il convient également de rendre hommage, de nombreuses actions sont soutenues, telles que la sensibilité en milieu festif et autres contre les consommations excessives d'alcool chez les jeunes à travers un dispositif qui s'appelle "Fête éclair", telle que l'action de la coordination toxicomanie 18e qui fera l'objet d'une délibération ultérieure, référencée DASES 385 G, qui lui accordera 157.000 euros. Cette coordination mène une médiation de rue visant à faciliter l'accès des usagers de drogues aux structures sociales et sanitaires de l'arrondissement. Elle met en place un travail de partenariat avec les différentes institutions concernées : santé, police, justice, prévention, politique de la ville.

Il y a également un appel à projet pour expérimenter des actions de prévention, tel que l'abus d'écran pour les jeunes, le renforcement des interventions auprès de publics précaires sur les usages de psychoactifs et la délibération, à laquelle M. Christian SAUTTER faisait allusion à l'instant, qui fait l'objet du présent vote, qui est le soutien à l'association "Charonne", une association qui apporte son soutien à des personnes ayant des difficultés psychologiques, sociales et médicales, liées aux conduites toxicomaniaques.

Cette association gère une structure située au 3, quai d'Austerlitz, dans le 13e, un centre de soins spécialisé pour les toxicomanes, des appartements thérapeutiques, un centre de stabilisation et deux boutiques d'accueil que l'on appelle CARUD, situées l'une rue Beaurepaire, qui a jadis défrayé la chronique et l'autre dans le 18e, qui rend des services que les élus de ces arrondissements connaissent bien.

La subvention qu'il vous est demandé de voter concerne un cofinancement à hauteur, comme l?a dit M. SAUTTER, de 26.000 euros, cofinancement avec la Direction générale de la Santé, l?I.N.P.E.S. et la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les toxicomanies. Il s?agit d?un projet de recherche et d?évaluation des pipes à crack et des messages de prévention que l?on délivre aux usagers de crack du Nord-Est parisien.

Jusqu?alors, aucun de ces outils n'a été validé pour réduire les risques liés au crack, et les crédits de l?assurance maladie qui permettent d'acheter ce matériel ne peuvent exister que si ces outils sont évidemment validés.

C'est conforme à notre politique d'être présent dans ce tour de table avant de diffuser du matériel pour réduire les risques vis-à-vis du sida et des hépatites. Encore faut-il, c'est le minimum, s?assurer de leur efficacité, et c'est bien l'objet de la présente recherche.

Si nous ne pouvons nous substituer à l'Etat, qui doit prendre en charge l'ensemble des soins aux personnes souffrant de pathologies addictives ainsi que la répression des trafics, nous pouvons prendre une part active dans la prévention comme dans la réduction des risques.

C'est ce que nous faisons à travers les associations que j'ai trop rapidement évoquées ce soir.

Merci.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame WIEVIORKA.

Je donne la parole à M. Jean-Marie LE GUEN pour une réponse concise.

M. Jean-Marie LE GUEN, au nom de la 6e Commission. - Je tâcherai de suivre vos indications.

Un mot sérieux pour m'associer et je pense associer l'ensemble de la Municipalité à la mémoire et au souvenir du Professeur Olivenstein. Il est celui qui, sans doute, a pensé, posé et proposé les politiques de lutte contre les addictions et singulièrement les toxicomanies dont nous parlons ce soir.

C'est un hasard du calendrier mais il nous permet en tout cas, du fond du c?ur, de nous associer à ce qui a été son oeuvre et de saluer sa mémoire.

Très rapidement, pour aller dans le sens de ce que vous souhaitez, bien évidemment, Mme WIEVIORKA l'a parfaitement rappelé, le problème de la lutte contre la toxicomanie est de la responsabilité de l'Etat et la collectivité parisienne n'intervient que de façon secondaire. Elle le fait devant une situation qui est tout à fait préoccupante puisqu'à la fois les usages de drogues licites ou illicites ne diminuent pas, mais on voit même une certaine forme d?extension et de complexification de la situation.

Nous avons parlé de crack tout à l?heure mais on ne peut pas non plus oublier le fait que de plus en plus de jeunes utilisent aujourd?hui l'alcool de façon toxicomaniaque et notamment avec toute la problématique du "binge drinking".

Avant de répondre directement, je veux souligner le formidable travail réalisé dans une opération récente tout à fait exemplaire, au mois de novembre dernier sur le squat de la Commanderie dans le 19e arrondissement, et féliciter l'ensemble des équipes, pas simplement les équipes de la D.A.S.E.S., mais aussi celles de la D.P.P., de la voirie, et de la D.D.A.S.S. de l'Etat, qui était présente dans cette affaire et qui ont mené un travail compliqué couronné de succès.

Pour en revenir au projet de délibération évoqué, je veux confirmer le soutien à l'association "Charonne", qui est un élément tout à fait essentiel de notre dispositif car elle gère deux CARUD, notamment dans le 18e arrondissement.

Je soulignerai également que nous investissons beaucoup dans le programme "fêtez clairs", qui permet de lutter contre le "binge drinking" dont je parlais tout à l'heure et dont j'espère que vous n'avez pas été frappé à l'occasion de ce dîner de noël.

(Rires).

Nous menons également un travail important de coordination puisque nous voyons bien que les frontières communales ne sont pas pertinentes en matière de lutte contre les toxicomanies. Nous avons donc engagé un travail important avec le Département de la Seine-Saint-Denis.

Ce qui m'amène à conclure en disant que dans le sens que vous le souhaitez, nous aurons à c?ur d'élaborer de nouvelles stratégies de politique de soins, en prenant en compte y compris lorsque cela est possible, les avancées scientifiques et évidemment, ceci passe par la volonté de poser publiquement le débat de la lutte contre les toxicomanies, tant il vrai qu?après des années et des années de palabres, notre pays n'a toujours pas accepté et adopté une politique efficace en la matière, en tout cas à la hauteur des enjeux de santé publique que cela représente.

Merci, Monsieur le Président.

(Applaudissements sur les bancs de la majorité).

M. Christian SAUTTER, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 382 G.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2008, DASES 382 G).