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Decembre 2008
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Conseil Général
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2008, Vœu déposé par Mme Aline ARROUZE et les élus du groupe communiste relatif au manque de moyens de la psychiatrie parisienne.

Débat/ Conseil général/ Décembre 2008


 

M. Christian SAUTTER, président. - Nous passons maintenant, toujours en 6e Commission, au v?u référencé n° 10 G dans le fascicule relatif aux moyens de la psychiatrie parisienne, déposé par le groupe communiste.

C?est Mme Aline ARROUZE qui va le présenter.

M. LE GUEN répondra et Mme DOUVIN fera une explication de vote.

La parole est à Mme ARROUZE.

Mme Aline ARROUZE. - Merci, Monsieur le Président.

Mes chers collègues, depuis de nombreuses années, la situation du secteur de la psychiatrie ne cesse de se dégrader.

Les réductions budgétaires, les fermetures de lits, les manques de structures ambulatoires et de personnels remettent en cause toutes les avancées qu'a connues ce secteur depuis un demi-siècle.

Dernièrement encore, les prises de position du Président SARKOZY ont montré la régression terrible que l'on tente de nous imposer sous couvert de dangerosité.

Les usagers et leur entourage subissent des délais de plus en plus longs pour obtenir un rendez-vous. Ils subissent des soutiens de plus en plus distendus et des carences en matière d?hospitalisation.

Un nombre sans cesse croissant de malades connaît l'exclusion sociale, dont beaucoup ont parlé ce soir, et se retrouvent à la rue.

Hier, les représentants de presque tous les syndicats de psychiatres, psychologues, psychanalystes et infirmiers ont réagi à la politique répressive du Gouvernement en matière de psychiatrie en lançant un appel commun dit "des 39".

Avec eux, nous exigeons une pratique de la psychiatrie au service des personnes en souffrance et respectueuse du sens de leur existence. C'est pourquoi le groupe communiste émet le voeu que le Président du Conseil de Paris s'adresse à la Ministre de la Santé sur la nécessité d'augmenter significativement les moyens des secteurs psychiatriques afin de leur permettre d'assurer un suivi thérapeutique de qualité prenant en compte la psycho dynamique de chaque patient, tant en ambulatoire qu'en hospitalisation, lorsque celle-ci s'avère nécessaire.

Je vous remercie.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame ARROUZE.

Je donne la parole à M. LE GUEN.

M. Jean-Marie LE GUEN, au nom de la 6e Commission. - Merci, Monsieur le Président.

Evidemment, je m?associe à la réflexion et à la contribution de Mme ARROUZE, qui est très intéressante : elle l'a replacée dans son contexte de stigmatisation et de caricature qui a été malheureusement mise en ?uvre par le Président de la République notamment, lorsqu'il a abordé la question des problèmes de la psychiatrie de façon très malencontreuse.

J'appuie évidemment le v?u et la réflexion menés par nos collègues du groupe communiste. Je voudrais simplement dire que je pense pour ma part que la question des moyens n'est pas la seule question et qu'il faut aussi que les acteurs du monde de la psychiatrie s'interrogent eux-mêmes sur l'efficacité de leurs pratiques et l'adaptation par rapport aux besoins tels que la société les exprime.

Merci.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci beaucoup, Monsieur LE GUEN.

La parole est à Mme DOUVIN pour une explication de vote.

Mme Laurence DOUVIN. - Merci, Monsieur le Président.

Je voulais dire que le groupe communiste propose un v?u apparemment destiné à déplorer le manque de moyens en matière de psychiatrie, mais ce n?est qu?une apparence. Ce n?est pas du tout ce dont il s?agit dans ce v?u, puisqu'en fait, ce v?u s?oppose d'une part à la politique de recherche d'équilibre budgétaire au sein des hôpitaux, qui est une politique dont nous avons besoin, et, plus grave, ce v?u dénonce ce qui serait, selon ses auteurs, des "prises de position sécuritaires du Président de la République à l'égard de malades potentiellement dangereux".

Mes chers collègues, je voudrais dire que venant du groupe communiste et ayant quand même gardé le souvenir de ce qui avait pu se passer dans un passé relativement récent dans les goulags?

(Protestations sur les bancs du groupe communiste).

? je trouve que ces propos sont particulièrement choquants et mal venus.

C'est la raison pour laquelle nous nous prononcerons contre ce v?u.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs de l?opposition).

M. Christian SAUTTER, président. - M. LE GUEN reprend son sang froid. Je lui donne la parole.

M. Jean-Marie LE GUEN, rapporteur. - Les enseignements de l'histoire que rappelait Mme DOUVIN sont des enseignements qui devraient être aujourd'hui largement connus et qu'à ce moment-là, on ne devrait pas prôner une politique psychiatrique qui consiste à faire de l'enfermement.

(Applaudissements sur les bancs de la majorité).

M. Christian SAUTTER, président. - Merci de mettre un peu de vie dans nos débats?

Monsieur VUILLERMOZ, vous souhaitez intervenir au nom de l'Exécutif ?

M. Jean VUILLERMOZ. - Non, pas au nom de l'Exécutif, mais au nom de mon groupe pour donner une explication de vote.

M. Christian SAUTTER, président. - Je vous donne la parole.

M. Jean VUILLERMOZ. - Je suis président du Conseil d?administration de l'hôpital Maison Blanche. Je dois vous dire que ce que j'entends ce soir est quand même un petit peu révoltant et je vais vous dire pourquoi.

Premièrement, il est évident que le problème des moyens est quand même un problème qui est posé. Je suis désolé, mais il y a cinq hôpitaux psychiatriques à Paris et à l'heure actuelle, on demande aux hôpitaux psychiatriques de fermer des lits et on leur demande depuis un certain temps. On est dans une situation où aujourd'hui, la psychiatrie, aussi bien parisienne qu'au niveau national, est dans une situation catastrophique. C'est la première des choses.

La deuxième, il est évident que l'enfermement n'est pas ce que nous souhaitons. Je vous signale quand même que l'hôpital Maison Blanche a, depuis maintenant quatre ou cinq ans, une politique qui consiste à ramener les lits sur Paris et à permettre aux malades de pouvoir se retrouver dans le quartier où ils vivent et non plus dans une situation à Neuilly-sur-Marne où ils n'avaient pas leur vécu quotidien. C'est la deuxième chose.

La troisième, c'est qu'évidemment, ce qui compte le plus dans la psychiatrie, c'est le rapport entre soignant et soigné. Or, aujourd'hui, quand on veut avoir ce rapport soignant/soigné amélioré, il faut du personnel. Or, pour l'instant, le personnel est en diminution et nous n'avons plus les moyens dans les hôpitaux psychiatriques d'avoir le personnel en nombre suffisant. Donc nous sommes dans une situation où il est de plus en plus difficile de soigner.

Enfin, dernière chose, je me permets de vous dire, Madame DOUVIN, que l'intervention du Président de la République à Anthony a été vraiment très mal vécue par l'ensemble du monde de la psychiatrie.

Je crois qu'à l'heure actuelle, il y a un mouvement de révolte très profond dans la psychiatrie qui n'est pas près de s'éteindre et je crois que vous en entendrez parler dans les prochains jours.

(Applaudissements sur les bancs de la majorité).

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Monsieur VUILLERMOZ.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe communiste, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2008, V. 13 G).