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Decembre 2008
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Conseil Général
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2008, DASES 458 G - Signature d'une convention pluriannuelle avec l'association "Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme" (LICRA) (1er) pour l'attribution d'une subvention pour ses actions d'information, de prévention et de lutte contre le racisme. Montant : 46.000 euros.

Débat/ Conseil général/ Décembre 2008


 

M. Christian SAUTTER, président. - Nous arrivons à l'examen du projet de délibération DASES 458 G relatif à la signature d'une convention pluriannuelle avec l'association "Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme" dans le 1er arrondissement.

C?est M. ALAYRAC qui interroge Mme TROSTIANSKY.

M. Gilles ALAYRAC. - Merci, Monsieur le Président.

On ne peut qu'approuver le fait que notre collectivité travaille avec des organisations solides et éprouvées qui combattent le racisme et l'antisémitisme, comme le fait la LICRA depuis 1927.

La LICRA se voit proposer de renouveler une convention triennale avec la Ville de Paris pour mener des actions d'information, de prévention et de lutte contre le racisme, comme elle le fait d'ailleurs avec notre soutien depuis maintenant huit ans.

Paris ne peut pas rester à l?écart de ces combats. Nous ne pouvons pas, nous, élus rester indifférents à ce à quoi nous assistons dans notre propre ville : la montée en puissance simultanée des discriminations de toutes sortes fondées sur la race et d'un antisémitisme primaire devenu banalisé, parfois violent et qui tend à se radicaliser. C'est le terrain des discriminations sur lequel bien des actions restent à mener.

La LICRA accompagne les victimes mais reconnaissons-le, les magistrats peinent encore à condamner les prévenus de ces actes, faute de preuves.

Quel est le constat que l'on peut faire ? Il est affligeant en matière d'embauche, de relation au travail, d'accès au logement, de loisirs.

Je me souviens des campagnes d'information de la LICRA avec des slogans, forts d'ailleurs, du genre : "Selon certains recruteurs, il y a une faute dans le CV de Djamila : elle s'appelle Djamila !"

Mais ceci n'est pas anecdotique, mes chers collègues. Savez-vous ce à quoi nous assistons aujourd'hui ? A l'existence de ce que la police et la justice appellent des "systèmes de discrimination". Ce sont des ententes pour interdire l'accès à des emplois ou à des logements à certaines personnes en raison de la couleur de leur peau. Ainsi, des agences immobilières s'entendent avec les propriétaires qui le leur demandent pour ne pas leur présenter de tels locataires.

On a découvert aussi que des agences d'intérim indiquaient la mention sous la forme codée : "Recherchons hôtesse Bac+5". Savez-vous ce que signifie cette mention ? Eh bien, que l'hôtesse doit être de couleur blanche.

Le terrain des discriminations essaye d'échapper à la loi par ses combines, ses codes, ses réseaux, ses complicités. Il faut donc le pénétrer, le déchiffrer et surtout s'adapter à ses évolutions délictueuses.

La LICRA participe à ce travail. Nous avons besoin d'elle dans notre espace républicain pour continuer à porter les valeurs de laïcité auxquelles je la sais particulièrement attachée pour dénoncer les communautarismes, les idéologies racistes et antisémites.

Dans le 19e arrondissement en particulier, dans les quartiers touchés cette année par la violence, son savoir-faire est le bienvenu pour réinculquer l'idée du savoir-vivre ensemble.

Merci.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Monsieur ALAYRAC.

C'est Mme TROSTIANSKY qui vous répond.

Mme Olga TROSTIANSKY, vice-présidente, au nom de la 6e Commission. - Monsieur le Président, je partage l'analyse de M. ALAYRAC sur la LICRA et sur la nécessité de son action.

Je souhaitais simplement ajouter que nous passons également à ce Conseil des subventions à d?autres associations qui s'impliquent aussi dans le respect des droits humains, en permettant aux Parisiens d'accéder à leurs droits.

Sur le terrain social, économique, familial, du droit au séjour, les conséquences de la discrimination se traduisent bien souvent par de la précarité, de l'insécurité et au final de la pauvreté.

Voilà, je voulais en quelques mots remercier M. ALAYRAC pour son intervention et proposer que l'on vote ce projet de délibération.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame TROSTIANSKY.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 458 G.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2008, DASES 458 G).