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Octobre 2003
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Déliberation

Voeu relatif à l'organisation d'une exposition photo à la mémoire de la photo journaliste Zahra Kazemi.

Déliberation/ Conseil municipal/ Octobre 2003 [2003 V. 167]



Délibération affichée à l'Hôtel-de-Ville
et transmise au représentant de l'Etat le 28 octobre 2003.
Reçue par le représentant de l'Etat le 28 octobre 2003.

Le Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil municipal
11 juin 2003, Téhéran - Manifestation étudiante contre le projet de privatisation des universités.
23 juin 2003, Téhéran - Une femme est interpellée devant la prison d'Evin alors qu'elle photographie les familles protestant contre l'emprisonnement de leurs proches. Elle est photo journaliste, elle possède pourtant toutes les autorisations nécessaires. Elle s'appelle Zahra (Ziba) Kazemi. Interrogée pendant 77 heures, soupçonnée d'espionnage, torturée et battue à mort, transférée à l'hôpital le 27 juin, elle sera "officiellement" déclarée décédée le 10 juillet 2003 après plusieurs jours d'incertitude, d'informations et de désinformations.
Iranienne, Zahra Kazemi quitte son pays en 1974, s'installe à Paris où elle fait des études de sociologie, obtient des diplômes en cinéma et Arts et Lettres. Elle écrit une vingtaine de scénarios et participe à la réalisation d'autant de films. En 1990, elle possède une librairie en banlieue parisienne. Elle émigre au Québec en 1993 où elle étudie la photographie à Montréal. Depuis, elle travaillait pour l'Agence Camera Press de Londres et collaborait à de nombreux magazines québécois.
Femme reporter, elle avait choisi, malgré le danger, de s'intéresser au conflit irakien sur lequel elle envisageait de publier un ouvrage photo mais aussi à l'état de la femme iranienne, à son statut ainsi qu'à la vie quotidienne des femmes arabes et musulmanes du Moyen-Orient. Elle avait choisi de voyager sans tchador, vêtue en sportive occidentale au péril de sa vie.
Femme libre, elle souhaitait montrer au monde les facettes de la misère des conflits pour les populations et les femmes en particulier dans les régions du monde où le fanatisme et l'intégrisme sont les plus forts.
Elle en est morte, à 54 ans, dans le pays qui détient le record de 19 journalistes détenus et son nom porte à 22 le nombre de journalistes tués cette année dans l'exercice de leur fonction.
A travers Zahra Kazemi, "c'est la liberté d'expression et de travail des journalistes partout dans le monde" qui est remise en cause, comme le souligne la déclaration du porte-parole du Quai d'Orsay le 16 juillet 2003. Le Ministre des Affaires Etrangères français et son homologue canadien ont déclaré début septembre que "cela concerne toute la communauté internationale. Protéger les journalistes est une nécessité".
Pour toutes ces raisons
Le Conseil de Paris, sur proposition de Mme Marie-Pierre MARTINET, M. Sylvain GAREL et les élu-e-s du groupe Les Verts,

Emet le voeu :

Que soit organisée, à l'occasion de la Journée Internationale des Femmes 2004, une exposition des photographies de Zahra Kazemi en soutien à la libre expression des femmes de par le monde, pour toutes celles qui se sont battues et celles qui se battent en ce sens.
Que soit retenu son nom pour les futures dénominations de lieux liés au journalisme ou à la photographie comme par exemple la future Maison des Journalistes dans le 15e arrondissement.