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Decembre 2007
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2007, Discussion budgétaire commune Ville et Département. Exposé de M. le Maire de Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2007


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons à l?examen du budget de la Ville et du Département.

Avant d?ouvrir le débat, dans quelques instants, je voudrais vous présenter ce budget.

Comme vous le savez, mes chers collègues, ce budget est le dernier de la mandature mais, comme les précédents, il s?inscrit dans une vision résolument ambitieuse de Paris et de son avenir.

Les actes qu?il propose sont garants d?un fonctionnement soutenu du service public et d?un rythme constant dans nos projets d?investissement.

Surtout, ce budget met l?accent sur la solidarité, les nouveaux équipements, l?exigence environnementale et le mouvement au sein de la société parisienne.

En effet, le calendrier électoral ne justifiait à nos yeux aucune pause. Dans trois mois, les Parisiens s?exprimeront et l?équipe désignée agira en conséquence.

Mais nous sommes encore et toujours en action, en projection, comme l?illustre le document qui vous est soumis.

Notre budget s?inscrit dans un contexte national difficile. D?évidence, le besoin de justice sociale est plus intense que jamais, à l?heure des franchises médicales et de la redevance télévisuelle pour les personnes âgées, mais ce malaise atteint également les classes moyennes comme l?illustre un rapport récent du C.R.E.D.O.C.

Au cours de cette séance nous examinerons d?ailleurs le dispositif proposé par l?Exécutif pour renforcer le pouvoir d?achat de tous les agents de la Ville.

Sur ce sujet, l?Etat a élaboré un décret dans la précipitation. Appliqué à notre collectivité, celui-ci ne concernerait que 7.000 agents, en exclurait donc 40.000 et toucherait seulement 11 % de catégorie C. Or c?est bien ces personnels qui ont le plus besoin d?être soutenus dans la progression de leur pouvoir d?achat.

Je n?accepte donc pas une telle discrimination et nous proposerons une autre solution applicable aux 48.000 agents parisiens pour un montant global de 11 millions d?euros.

Bien entendu, cette dépense supplémentaire fera l?objet d?une lettre rectificative au projet de budget dont nous débattons aujourd?hui. Elle garantit en tout cas une solution plus efficace et plus juste socialement.

Car élaborer un budget, mes chers collègues, ce n?est pas agglutiner les chiffres, mais entendre la diversité des aspirations citoyennes et tenter d?y répondre très concrètement.

Pour 2008, notre démarche s?articule donc autour de trois grandes priorités.

D?abord et toujours la solidarité pour laquelle les crédits auront augmentés de 73 % depuis le début de la mandature et qui représente plus du quart des dépenses de notre collectivité.

Prenons l?exemple du logement. On estime à 3 millions le nombre de personnes mal logées en France, c?est donc une crise nationale, mais Paris subit une pression particulièrement forte.

Depuis 2001 nous avons donc mis en ?uvre une politique dont l?ampleur est sans précédent : 30.000 logements sociaux financés dont pratiquement un tiers destiné aux classes moyennes. S?y ajoute ce combat que nous avons lancé contre l?insalubrité. Plus de 1.000 immeubles insalubres concernés, là où nos prédécesseurs n?avaient même pas traité le dixième de ce vaste chantier.

Mais le défi du logement impose sans cesse davantage d?efforts, d?actes et de moyens.

Ainsi pour 2008, le compte foncier sera doté d?une enveloppe totale de plus de 200 millions d?euros qui nous permettra de saisir encore de nouvelles opportunités et j?entends que nous ayons une gestion extrêmement active de ce compte foncier dont les crédits doivent être dépensés totalement.

Notamment, si l?Etat consent à nous céder les propriétés foncières qu?il possède à Paris et qui pourraient offrir des perspectives considérables à notre cité.

Par exemple les terrains de la caserne située boulevard Ney, ceux de la caserne Reuilly où je pense que peuvent se faire à la fois des logements pour les militaires - le Gouverneur militaire de Paris insiste auprès de moi sur ces besoins - et des logements pour les autres parisiens. Ou encore les terrains de la caserne Saint-Didier dans le 16e arrondissement.

Quoi qu?il en soit, le rythme que nous avons suivi dans ce domaine nous a permis d?appliquer strictement les objectifs de la loi S.R.U. et j?entends même les atteindre, si les parisiens en décidaient ainsi, bien avant l?échéance légale de 2020.

A l?inverse, j?observe que l?U.M.P., en proposant 4.000 logements par an dont un tiers seulement de logements sociaux, tourne délibérément le dos à cette loi.

C?est d?ailleurs typique de cette espèce de schizophrénie qui inspire de grandes envolées au Conseil de Paris, mais suscite ailleurs des choix ou des votes que je considère pour ma part comme contraires aux intérêts de notre cité.

Car qui tolère encore et toujours que certaines communes d?Ile-de-France stagnent à moins de 3 % de logements sociaux ?

Qui accepte que notre Ville concentre à elle seule 62 % de l?hébergement d?urgence de toute l?Ile-de-France ?

Et qui rejette les propositions innovantes, efficaces, d?Annick LEPETIT et de Patrick BLOCHE pour lutter contre les phénomènes spéculatifs des ventes à la découpe ?

Pour notre part, je vous rappelle que la Ville de Paris a acheté 8.000 appartements qui étaient promis à la vente à la découpe.

Alors, loin de telles incohérences, nous avons privilégié des arbitrages clairs. Ainsi, notre participation au budget du Centre d?action sociale de la Ville de Paris, en atteignant 289,4 millions d?euros en 2008, représente une augmentation de plus de 40 % depuis 2000.

295 millions d?euros seront consacrés à l?Aide sociale à l?enfance et à l?autre bout de la chaîne générationnelle notre plan d?action se poursuivra avec pour objectif la création de 2.200 places nouvelles d?ici 2011.

De même, les crédits consacrés au R.M.I. ont augmentés de 60 % depuis le début de cette mandature.

Ainsi, 46 % des R.M.istes parisiens ont signé un contrat d?insertion en 2006, contre 12 % seulement en 2000.

Et pour 2008 nous visons un taux de 50 %.

Je mentionnerai également notre action en faveur des familles parisiennes. Avant 2001, les aides étaient distribuées sans condition de ressources et touchaient un public plus restreint.

Il fallait repenser cette logique conservatrice en veillant à l?adapter au besoin réel.

Par exemple, dès 2002, nous avons créé l?Allocation Logement pour les Familles monoparentales dont le plafond a d?ailleurs été relevé en 2007.

De même, l?aide Paris Logement Famille est désormais accessible dès le deuxième enfant. Et pour 2008 l?ensemble de ces allocations atteindra 161 millions d?euros.

Par rapport à 2001, ce sont 15.000 familles parisiennes supplémentaires qui en bénéficient aujourd?hui.

J?ajoute bien entendu que 5.816 places en crèche auront été créées durant cette mandature dont plus de 1.500 à horaires adaptés pour les parents qui travaillent tôt le matin ou tard le soir.

Au total, le budget 2008 consacre 55 millions d?euros à l?accueil de la petite enfance, ce qui illustre bien l?attention particulière que nous portons à cet enjeu.

A cette exigence sociale s?ajoute une autre priorité : le défi environnemental.

Depuis 6 ans il s?agit là d?un axe majeur de notre action.

Ainsi le plan local d?urbanisme et le plan de déplacement offrent des cadres opérationnels.

Quant au budget 2008, il permettra notamment de mettre en oeuvre les premières mesures de notre Plan Climat auquel nous consacrerons 215 millions d?euros dès cet exercice.

Je pense en particulier à l?émergence de véritables écoquartiers où l?excellence environnementale se traduira par le recours systématique aux énergies renouvelables.

Par exemple, la consommation d?énergie de la Z.A.C. ?Claude Bernard? sera réduite de 20 à 50 %.

De même, pour l?aménagement de la halle Pajol, 58,7 millions d?euros d?investissement sont programmés dès 2008 afin d?équiper progressivement sa toiture de 3.300 mètres carrés de panneaux photovoltaïques.

Mais l?enjeu environnemental, ce n?est pas seulement le bâti, c?est aussi la circulation.

Depuis 2001, nous avons inlassablement cherché à diversifier l?offre de déplacement, ceci avec des résultats : baisse de 20 % du trafic automobile, diminution de 32 % de la pollution de proximité et de 9 % des émissions de gaz à effets de serre.

C?est évidemment insuffisant, mais c?est un progrès indéniable, il faut l?amplifier. Pour cela, la palette des choix proposés à tous les usagers doit s?étoffer encore et toujours.

Ainsi, en 2008, la contribution de Paris au budget du S.T.I.F. atteindra plus de 326 millions d?euros, soit une augmentation de 26,7 % en deux ans.

Un tel effort permettra notamment de poursuivre le renforcement de l?offre d?autobus et de métro, mais aussi de mettre en service au premier semestre 2008 la navette fluviale entre la gare d?Austerlitz et Maison-Alfort.

Déjà, des améliorations récentes ont pu être apportées : ouverture de la station Olympiades sur la ligne 14 ; extension des horaires du métro jusqu?à 2 heures du matin, les vendredis, samedis et veilles de fêtes ; renforcement des fréquences sur plusieurs lignes et doublement de la fréquentation du Noctilien.

Pourtant, la situation reste clairement insatisfaisante sur la ligne 13. Pour la désengorger, nous soutenons concrètement la prolongation de la ligne 14, ce qui nécessitera de chacun des efforts financiers, même si, je le rappelle à tous, Paris finance déjà 30 % de la totalité du budget des déplacements en Ile-de-France.

Par ailleurs, 60 millions d?euros sont inscrits pour la prolongation du tramway des Maréchaux, au moins jusqu?à la porte de la Chapelle. Depuis son lancement, celui-ci a déjà transporté 25 millions de voyageurs. L?extension du tramway répond donc à un objectif incontestable et j?entends qu?il soit prolongé jusqu?à la Porte d?Asnières.

Mais cela ne doit pas nous dispenser de demander à l?Etat un engagement clair. Et, là aussi, je m?interroge, à l?heure du Grenelle de l?Environnement, comment expliquer une telle indifférence du Gouvernement face à ce projet puisque, je vous le rappelle, l?Etat ne finance pas un euro de la prolongation du tramway, y compris dans le 12e arrondissement ?

Comment justifier d?ailleurs que l?Ile-de-France soit exclue des conclusions de ce Grenelle ? Et, pourtant, y a-t-il dans notre pays une région où les besoins en nouveaux projets sont plus évidents : extension du tramway, métro ferrique, modernisation du R.E.R., du métro et des lignes S.N.C.F. de banlieue ? Et j?ajoute la couverture du périphérique.

N?est-ce pas un dossier très important ?

Or, je le rappelle, l?Etat s?était engagé à mobiliser 42 millions d?euros pour la couverture de la Porte de Vanves. Puis, finalement, il s?est ravisé. Nous l?avons fait avec la Région Ile-de-France, sans l?Etat, et l?Etat a proposé de reporter sa contribution sur le projet porte des Ternes/porte de Champerret.

Résultat, le chantier est retardé et, aujourd?hui, nous ignorons tout des intentions réelles du Gouvernement sur ce sujet. Comment comprendre une telle attitude ? Comment expliquer ces revirements successifs sur un projet si utile à la vie quotidienne des habitants du 17e arrondissement ?

Voilà un enjeu qui devrait conduire tous les élus et en particulier les plus concernés à interpeller l?Etat, à le rappeler à ses devoirs !

Enfin, je mentionnerai le défi de la propreté auquel nous consacrons 254 millions d?euros en 2008. En tête des insatisfactions exprimées par les Parisiens en 1999, lors des Etats généraux de la qualité de vie, ce sujet fait moins l?objet des critiques, comme l?illustrent les études les plus récentes.

Cela tient notamment au doublement de son budget d?investissement, ainsi qu?à l?augmentation de près de 12 % des personnels mobilisées (+500 personnes).

Je veux d?ailleurs saluer le travail des personnels de la propreté car ils accomplissent une tâche difficile dont certains discours électoralistes caricaturent malheureusement, à la fois l?utilité et la performance.

Pour autant, nous devons sans cesse viser des résultats supérieurs.

Ainsi, en 2008, je vous propose que notre collectivité acquière 19 bennes de collecte et 14 laveuses qui, d?ailleurs, fonctionneront au gaz naturel de ville.

En outre, nous lancerons une double étude - c?est dans le budget que je vous présente -, sur l?implantation de colonnes à verre enterrées et sur la collecte pneumatique des déchets. Ce sont deux pistes innovantes sur lesquelles nous travaillons depuis longtemps et j?ai constaté qu?elles inspiraient des conversions récentes dans certains programmes. Je me réjouis de cette inspiration, c?est notre contribution au programme de l?opposition. Cela s?appelle la démocratie.

La troisième priorité de ce budget concerne la dynamique économique de Paris. Je veux d?ailleurs rappeler que si Paris a bien perdu 123.000 emplois, c?était dans la décennie 1990.

Depuis 2005, nous regagnons 10.000 emplois chaque année et 11.000 emplois ont été regagnés en 2006. Au premier semestre 2007, c?est +10.000.

Voilà la réalité des chiffres et c?est ainsi que, depuis quatre ans, le chômage a diminué à Paris de 28 %, quand il diminue en France de 18 %.

J?ajoute qu?il me semble tout à fait réaliste d?escompter faire passer durablement le taux de chômage parisien en dessous de la moyenne nationale. C?est l?objectif que nous nous fixons et, en 2008, nous poursuivons donc dans cette voie, en continuant à favoriser l?émergence de nouvelles entreprises, après avoir déjà multiplier par huit les surfaces consacrées aux pépinières, incubateurs et hôtels industriels.

Concrètement, le budget qui vous est soumis aujourd?hui prévoit la création des hôtels d?activités Brulon-Citeaux, Losserand, ainsi que le développement du pôle d?entreprise situé rue de l?Est, spécialisé dans le secteur du numérique.

Je mentionnerai également l?enjeu de l?éducation dont le budget s?élèvera l?an prochain à 121 millions d?euros, soit une hausse de 11,6 % par rapport à l?année 2000.

Concrètement, 77 millions d?euros d?investissement sont inscrits pour 2008. Quant aux dépenses d?équipements dédiés aux écoles parisiennes, elles atteindront 8,7 millions d?euros, soit un triplement en sept ans.

Avant de conclure, mes chers collègues, comment ne pas évoquer également tous ces nouveaux lieux, ces nouveaux repères, qui enrichissent la vie culturelle de Paris ?

Par exemple, le 104 rue d?Aubervilliers, espace pluridisciplinaire dédié à la création internationale, mais aussi les Trois Baudets qui accueillera le public avant la fin de cette mandature ou encore la Gaieté lyrique qui, survivant à son naufrage culturel et financier de 1991, sera désormais consacrée aux musiques actuelles et aux arts numériques.

(Protestations sur les bancs des groupes U.M.P. et du Nouveau Centre et Indépendants).

Voilà, mes chers collègues, quelques éléments qui reflètent des actes concrets, rendus possibles par une gestion exigeante. Grâce à elle, grâce à la maîtrise des dépenses de fonctionnement, nous pouvons nous prévaloir d?une stabilité des taux de la fiscalité, ce qui est unique en France pour les villes de plus de 100.000 habitants depuis 2001 et d?un effort d?investissement sans précédent qui atteint plus de 6,6 milliards d?euros depuis 2001.

Notre démarche est aussi un endettement maîtrisé avec un ratio de 32 % de nos recettes de fonctionnement à comparer aux 82 % de moyenne pour les communes de plus de 100.000 habitants. Si vous voulez que je prenne quelques exemples, je pense en particulier à une grande ville de France où c?est 191 %, mais j?ai décidé d?être aimable.

C?est également un service public plus performant. Renforcé par la création, et je le revendique, de 8.227 postes depuis 2001 affectés à la propreté, à l?encadrement humain des crèches, aux activités périscolaires et surtout, mes chers collègues, à tous les nouveaux équipements créés pendant cette mandature. Il fallait bien pourvoir les postes pour les faire fonctionner.

Tous ces chiffres, mes chers collègues, c?est l?expression d?une ville complexe où cohabitent la souffrance sociale et le mouvement, l?immense héritage du passé et la projection dans le futur. C?est la prise en compte d?une diversité sociologique, générationnelle et culturelle, qui fait la richesse de Paris.

Autant de situations multiples que nous devons comprendre, traiter, pour mieux les associer à un projet stimulant. C?est ce que nous avons tenté de faire depuis plus de six ans. Et il semble que les Parisiens l?admettent.

Pour s?être concentrés sur cette mission, je veux remercier chaleureusement toute l?équipe municipale. Précisément, ce budget crée les conditions d?une dynamique intacte en 2008. Son élaboration doit beaucoup à Christian SAUTTER que je veux saluer très amicalement pour l?ensemble du travail réalisé au cours de cette mandature.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

Mais je veux associer à ces remerciements absolument tous les membres de l?Exécutif, au premier rang desquels la première adjointe Anne HIDALGO, dont l?action est très précieuse.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

Mais, je suis heureux de saluer aussi aujourd?hui le travail remarquable du Secrétariat Général, de la Direction des Finances, de sa directrice et de toutes les autres directions de la Ville.

A la faveur de cette dernière séance budgétaire de la mandature, je veux également remercier tous les groupes de cette assemblée pour la contribution qu?ils apportent au débat. C?est la démocratie. C?est l?histoire de notre Ville qui s?écrit au fil des décisions et dont les Parisiens sont appelés à déterminer librement la prochaine étape.

Ces Parisiens savent les atouts de notre cité : cette jeunesse qui étudie, qui invente, ce monde associatif foisonnant, cette envie de créer et de dépasser les conservatismes. Personne ne se sent concerné par les conservatismes ! Ce dynamisme culturel et sportif qui mérite un vrai soutien plutôt qu?un repli égoïste. Sans arrogance, sans aveuglement, Paris revendique un rôle pionnier dans l?expression d?une certaine culture citadine où se mêlent social et économique, environnemental, artistique et démocratique.

Oui, démocratique ! Car rien ne peut se concevoir sans les citoyens eux-mêmes. L?époque où ils étaient exclus des grandes décisions de notre cité est révolue.

(Protestations sur les bancs des groupes U.M.P. et du Nouveau Centre et Indépendants).

L?avenir à Paris se conçoit avec ambition, avec enthousiasme et d?abord collectivement. C?est cet état d?esprit collectif qui anime la majorité du Conseil de Paris et que nous voulons partager avec toutes les forces de Paris.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

Chers amis, au moins sur la beauté de Paris, nous sommes unanimes comme sur le Plan Climat.

Conformément à la Conférence d?organisation, je vous rappelle que notre débat est organisé. Surtout évoquez, plaidez et argumentez sur vos voeux et amendements car il n?y aura pas de nouveaux débats sur ce point. Nous allons d?abord entendre un orateur par groupe, puis Christian SAUTTER fera une première réponse et puis nous déroulerons l?ensemble du débat.

Le tourniquet prévoit que la parole est d?abord à M. Denis BAUPIN pour dix minutes.

M. Denis BAUPIN, adjoint. - Monsieur le Maire, ce débat sur le budget 2008 aujourd?hui est un exercice assez particulier. La mandature s?achève dans quelques semaines et ce budget ne sera pas appliqué dans son intégralité par la municipalité actuelle. Cet ultime rendez-vous budgétaire est donc forcément différent des précédents.

Certes, il est encore une fois l?occasion de mesurer le chemin parcouru durant ces sept années d?innovation, de modernisation, d?impulsion de nouvelles politiques locales plus justes, plus solidaires, plus écologiques.

Comme je le disais lors de notre débat d?orientation budgétaire, les Verts sont fiers du bilan de l?action menée au cours de cette mandature. Nos résultats sont ceux du travail d?une majorité pluraliste, riche de sa diversité qui aura su être utile à Paris et aux Parisiens.

Nous abordons ce débat budgétaire dans le même état d?esprit que ceux des années précédentes : un état d?esprit exigeant, à la hauteur des défis qu?affronte notre Capitale et de nos convictions, et un état d?esprit constructif afin que ce débat permette encore d?enrichir le projet qui nous est présenté.

Dans quelques semaines, les Parisiens seront appelés à s?exprimer sur l?avenir de leur Ville, à définir leurs priorités pour les années à venir, à donner l?impulsion et la légitimité démocratique qui fonderont l?action des élus pour une nouvelle mandature.

Plus qu?un budget 2008 en forme de solde de la mandature qui s?achève, le débat qui compte aujourd?hui est celui des choix à faire pour l?avenir. Nous devons dire aux Parisiens comment nous comptons travailler à améliorer encore leur qualité de vie, comment nous comptons répondre à leurs préoccupations, et cela dans un contexte général marqué par des tentions importantes et des exigences plus fortes que jamais, tant en matière environnementale que sociale.

Depuis notre débat d?orientation budgétaire, une problématique s?est imposée dans le débat public et pèse indirectement sur l?élaboration du budget. Il s?agit de la question dite du pouvoir d?achat. Tout d?abord, permettez-moi d?interroger cette expression qui semble pourtant faire consensus dans la classe politique, un peu comme le mot croissance, sorte de sésame de la bonne santé économique d?un pays et de ses habitants.

Ces expressions consacrées du vocabulaire économique dessinent une vision du monde fondée sur toujours plus de compétition. Cette compétition entre les pays, cette compétition permanente, qui conduit d?ailleurs certains hauts responsables politiques à se transformer en supers VRP, revendeurs spécialisés dans le commerce d?armes et de centrales nucléaires aux principaux dictateurs de la planète !

(Applaudissements sur les bancs des groupes ?Les Verts?, socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen).

La notion de pouvoir d?achat, ramenant tout citoyen au rang de simple consommateur nous paraît tout autant porteuse d?ambiguïtés. De qui et de quoi parlons-nous ? Parce que M. SARKOZY découvre qu?il y a un problème de pouvoir d?achat dans ce pays, après avoir accordé 15 milliards de cadeaux fiscaux cet été, nous sommes amenés à prendre position sur la réforme engagée par le Gouvernement qui, tellement avide de faire la peau aux 35 heures, a décidé de monétiser les jours de R.T.T.

Dès le début, nous avons manifesté notre hostilité à cette mesure injuste qui s?inscrit dans un vaste plan de démantèlement du droit social. Car cette mesure, combinée au déplafonnement des heures supplémentaires, ne fait que creuser les inégalités. Elle dessine une société avec d?un côté, ceux qui travaillent 40 à 45 heures par semaine, voire plus, et de l?autre des millions de travailleurs pauvres qui n?ont d?autre choix que d?accepter les 15 à 20 heures de travail hebdomadaire qu?on leur octroie.

Dans notre collectivité, les réalités peuvent être douloureuses également. Rappelons que le salaire moyen des fonctionnaires de la Ville de Paris est de 1.200 euros et que depuis des années le point d?indice stagne. C?est la raison pour laquelle nous avons soutenu l?instauration d?une prime forfaitaire de 500 euros. Nous nous félicitons de l?avancée obtenue même si nous regrettons que le montant finalement retenu soit inférieur. Nous espérons qu?il sera revu à la hausse l?année prochaine et qu?en tout état de cause, l?attribution de cette prime ne se fasse pas détriment de la création de nouveaux postes indispensables au fonctionnement des nouveaux équipements et à un service public de qualité.

Je le disais, pour nous en tant qu?écologistes, il y a une autre façon d?aborder la question dite du pouvoir d?achat, en distinguant les dépenses choisies des dépenses contraintes et en privilégiant la conversion écologique de l?économie car dans ce domaine, urgence sociale et urgence environnementale se conjuguent étroitement.

Dans les dépenses des ménages, la part des dépenses contraintes, des dépenses qui ne sont pas choisies a considérablement augmenté ces 10 dernières années. Le logement pèse pour 25 % dans le budget des ménages alors qu?il ne pesait que pour 15 % il y a 15 ans. Ainsi, la dépense moyenne pour le logement est de 8.000 euros par an et sur ces 8.000 euros, 15 %, soit 1.200 euros en moyenne, sont consacrés aux dépenses d?énergie.

Si les prix du logement et de l?énergie continuent à augmenter sur leur tendance actuelle, les augmentations de pouvoir d?achat obtenues par les salariés auront été vaines.

Plutôt que de monétiser les R.T.T. et de proposer de travailler plus le soir, la nuit ou le dimanche, il vaut mieux s?attaquer aux augmentation de ces dépenses contraintes que sont le coût du logement et les dépenses énergétiques.

C?est pourquoi nous proposons sans relâche d?investir massivement dans la production et la préservation du logement social. C?est la question centrale qui doit mobiliser toutes nos énergies. Nous insistons particulièrement sur le parc social de fait, évalué à 103.702 logements, soit 21 % des résidences principales parisiennes, ce qui représente environ 14 % de la population parisienne. Or, ce parc de logements disparaît peu à peu, soit dans le cadre de vente dans le diffus, soit dans le cadre de vente à la découpe. Nous n?avons eu de cesse d?alerter sur cette question essentielle pour l?avenir de la mixité sociale à Paris.

Lors de la séance budgétaire de décembre 2006, suite au dépôt d?un amendement des ?Verts?, le Conseil de Paris a adopté un voeu de l?exécutif actant l?acquisition systématique de tout immeuble mis en vente qui appartienne au noyau dur de ce parc de logement, mais ce v?u n?a pas été complètement respecté. Aussi nous déposons un nouvel amendement demandant l?application du voeu adopté en décembre 2006.

Si nous n?investissions pas maintenant, au moment où les droits de mutation sur la spéculation immobilière sont les plus élevés, nous porterions une lourde responsabilité.

L?actualité la plus récente vient aussi nous rappeler que l?urgence absolue reste celle de nos concitoyens les plus fragiles.

Nous ne rappellerons jamais assez que plus de 250.000 Parisiens vivent sous le seuil de pauvreté et sont réduits à une existence au jour le jour.

Nous continuons d?appeler de nos voeux une remise à plat des aides sociales, et attendant, nous proposons comme chaque année la création d?une prime de fin d?année pour les Parisiens en situation de grande précarité, ainsi que l?extension des dispositifs de gratuité des transports à toutes les personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté.

La question de l?hébergement d?urgence est également une priorité. L?agression inadmissible des forces de l?ordre samedi contre les militants des Enfants de Don Quichotte comme les imprécations de Mme BOUTTIN n?y changeront rien. La réalité est là, plus révoltante que jamais : des milliers de personnes dorment encore dehors dans notre Ville.

Notre contrat de mandature prévoyait la création de 500 places d?hébergement d?urgence par an. 508 places pérennes ont, certes, été créées en 7 ans mais cela n?a pas permis de rattraper le retard considérable que nous avait légué la droite.

La question de l?hébergement d?urgence, et j?insiste de l?hébergement d?urgence dans les conditions dignes d?être humain et plus encore du logement durable et digne pour des milliers de sans-abri sera pour nous une priorité absolue de la prochaine mandature !

La victoire obtenue par le D.A.L., rue de la Banque, a démontré que la lutte paie. Nous les avons soutenus, comme nous soutiendrons encore et toujours, ceux qui agissent collectivement et démocratiquement au nom de tous les mal-logés.

J?indiquais, il y a un instant, que pour nous urgence écologique et urgence sociale se conjuguent étroitement. Le plan Climat doit être le moteur de cette conversion écologique de notre Capitale. C?est l?engagement que nous avons pris unanimement, il y a quelques semaines. Ses objectifs sont ambitieux mais c?est sa traduction concrète en actes et en engagement budgétaire qui permet d?en mesurer la portée réelle.

Nous nous étions engagés ensemble à ce que le budget 2008 soit le premier budget plan Climat. Or, au terme de la lecture du bleu budgétaire plan Climat, il nous est difficile de cacher une certaine déception.

Dans le projet qui nous est proposé, les moyens ne sont pas encore au rendez-vous. Certes, une très grande part des 215 millions d?euros annoncés concerne la politique de déplacement et de fait, notre politique de rééquilibrage et déplacement au profit des transports collectifs et des circulations douces constitue indéniablement une contribution majeure à la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre. Et j?ai bien noté tout à l?heure que certains dans cette Assemblée aimeraient beaucoup revenir en arrière alors qu?ils font semblant de soutenir un Grenelle de l?environnement.

Je ne peux d?ailleurs rater l?occasion de redire que pour être à la hauteur de nos ambitions en matière de lutte contre le dérèglement climatiques, il est encore temps d?acter l?extension du tramway jusqu?à la Porte d?Asnières.

L?enquête publique n?aura pas lieu avant même que la décision de l?Etat soit prise.

M. Yves GALLAND. - Pourquoi paierait-on la part de l?Etat ?

M. Denis BAUPIN, adjoint. - L?enquête publique aura lieu au printemps prochain.

M. Yves GALLAND. - Je ne vais pas leur faire de cadeau, moi.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur GALLAND, vous avez raison? Intéressant. On est tous pour aller jusqu?à la Porte d?Asnières.

M. Yves CONTASSOT, adjoint. - Sauf l?Etat.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Voilà, tous sauf l?Etat. Et moi, ce que je souhaite, c?est que l?on y arrive évidemment, mais je ne vois pas pourquoi je ferai cadeau à l?Etat d?une contribution qui me paraît absolument indispensable. Mais on est donc d?accord avec Denis BAUPIN.

M. Denis BAUPIN, adjoint. - Et donc c?est la raison pour laquelle nous demandons, Monsieur le Maire, que le dossier de l?enquête publique qui aura lieu au printemps prochain soit modifié en ce sens. En tout cas, c?est en ce sens que nous, nous continuerons de peser.

Mais notre principale inquiétude réside dans le programme de réhabilitation thermique des logements sociaux. Nous le considérons non seulement comme une nécessité écologique mais aussi, comme je l?évoquais il y a un instant, cet investissement est de nature à alléger les charges et les ménages et ainsi participe d?une amélioration structurelle de leur pouvoir d?achat. Sans oublier que le domaine de l?éco construction et de l?éco réhabilitation constitue un gisement considérable d?emplois et d?innovations techniques. C?est dans ce domaine, bien plus que dans celui de la construction verticale, que se situe la véritable modernité architecturale et urbaine.

Si nous voulons que ce budget 2008 soit réellement le véritable premier budget plan Climat, nous ne pouvons nous contenter de financements conditionnés à des cofinancements étatiques ou régionaux. Il est de notre responsabilité d?investir et pour donner crédibilité à notre action, de l?inscrire dans une programmation pluriannuelle.

Si j?ai dépassé mes 10 minutes, je n?évoquerai donc pas, Monsieur le Maire, la question de la vidéosurveillance sur laquelle je voulais dire un mot et je conclurai en disant simplement...

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vos collègues le feront après.

M. Denis BAUPIN, adjoint. - ? que comme vous pouvez le constater, Monsieur le Maire, nous sommes donc attachés à faire des propositions constructives pour ce budget 2008. Même si nous sommes en année électorale, nous ne voulons pas que cette année soit perdue pour les Parisiens. C?est notre façon à nous de prendre un temps d?avance.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. Jean VUILLERMOZ.

M. Jean VUILLERMOZ. - Nous entamons aujourd?hui le dernier débat budgétaire de la mandature. Ce 8e budget doté d?un peu plus de 7 milliards d?euros ne déroge pas aux priorités qui ont été celles de la majorité municipale depuis 2001.

Ces priorités, vous les avez rappelées, Monsieur le Maire, sont toutes tournées vers des exigences très fortes : renouer avec une Ville vivante, avec une Ville du partage et de la solidarité, une Ville tournée vers le développement durable.

Il fallait sortir Paris de sa léthargie, la remettre en mouvement pour être demain en situation d?affronter et surtout de résister au modèle urbain mondialisé où tout se dissocie sous le poids de la prédominance du marché.

Depuis 2001 et avec des efforts plus soutenus d?année en année, nous avons opéré un véritable changement en respectant nos engagements vis-à-vis des Parisiens. Et permettez-moi, Monsieur le Maire, de considérer que les contributions du groupe communiste mais aussi de ses adjoints ont été de nature à nourrir et à donner du souffle à nos engagements communs.

Nos propositions pour s?attaquer résolument à la crise du logement, celles pour sortir Paris de son isolement hautain et construire un destin commun avec les villes du coeur de notre agglomération, celles visant un aménagement urbain où jamais nous n?avons opposé bien-être, qualité de vie environnementale, droit à la mobilité et vitalité sociale et économique, ces propositions parmi bien d?autres ont nourri nos débats et permis avec celles des autres groupes de la majorité municipale d?avancer dans la réponse aux besoins des Parisiennes et des Parisiens.

C?est à la lumière de ces engagements que nous apprécions les propositions qui nous sont faites aujourd?hui pour le Budget 2008. Et si dans quelques instants, je reviendrai sur les points saillants sur lesquels mon groupe souhaite des améliorations, je voudrais dès à présent affirmer que le Budget 2008 de notre Collectivité constitue une véritable bouffée d?oxygène.

Bouffée d?oxygène dans un contexte où surgissent avec force les inquiétudes de nos concitoyens, sur leurs conditions de vie, leur pouvoir d?achat, leur emploi, leur avenir et celui de leur enfant. Autant de sujets qui tourmentent le quotidien des Parisiens. Comment pourrait-il en être autrement dans le contexte dans lequel nous sommes ?

Contexte où les politiques gouvernementales mises en ?uvre et orchestrées par le chef de l?Etat s?attaquent résolument à l?intérêt général, à l?égalité républicaine pour servir les intérêts particuliers d?une classe privilégiée.

Intérêts particuliers qui assèchent la vitalité de notre nation pour laisser libre cours à un capitalisme financier totalement débridé où les valeurs humaines n?ont pas le droit de cité.

Le chef de l?Etat gouverne la France comme une entreprise du CAC40. Les actionnaires aux appétits féroces ne sont autres que les populations les plus aisées auxquelles sont accordés des cadeaux fiscaux de plus en plus colossaux. Les actionnaires de la France, ce sont aussi ces représentants du patronat qui ne cessent d?appauvrir le salariat et qui obtiennent aujourd?hui la complicité d?un gouvernement pour casser les 35 heures et le Code du Travail.

Dans ce contexte, la cohésion sociale, la lutte contre la pauvreté, contre les inégalités, contre la vie précaire, contre le mal-logement sont autant de freins à la prospérité d?une minorité. L?Etat abandonne ses missions et étouffe de plus en plus les collectivités territoriales sur le poids des transferts de compétence.

Face à cette déferlante, notre Municipalité, comme depuis le début de la mandature, agit à contre-courant et les efforts significatifs engagés au service des Parisiens se sont amplifiés.

Les crédits consacrés aux actions de solidarité ont progressé de 73 % depuis 2001 et 2008 n?accusera pas de ralentissement en la matière, avec 1,9 milliard d?euros pour faire vivre et développer la diversité parisienne, véritable atout et richesse de notre Capitale.

Le logement, préoccupation majeure des Parisiens, et parmi eux les 109.000 demandeurs, demeure une priorité avec les 437 millions d?euros consacrés à cette action fondamentale.

Et il faut le dire, Monsieur le Maire, nous ne changeons pas de cap sur un sujet aussi sensible, pendant que le Gouvernement, lui, entérine la vente des logements sociaux, organise la ghettoïsation du parc social en créant des dispositifs pour sortir du parc social celles et ceux qui refuseront d?acheter leur logement. Le Gouvernement laisse faire la dérive spéculative immobilière dans le secteur privé, soutient les villes qui ne respectent pas la loi S.R.U.

A ces choix gouvernementaux, notre collectivité oppose une vision solidaire et active, et choisit de financer 6.000 logements sociaux supplémentaires en 2008, maintient une politique active d?acquisitions foncières, agit pour remettre sur le marché des logements vacants, renforce les aides pour le logement des plus démunis et poursuit ses actions pour éradiquer l?insalubrité et améliorer l?habitat privé dégradé. Les quartiers populaires sont au c?ur d?un renouvellement urbain en marche depuis 2001. Ces quartiers, relégués pendant de trop longues années, ont connu une attention inédite et, encore en 2008, ce sont 232 millions d?euros qui permettront au G.P.R.U. de poursuivre sa mise en ?uvre au service des 350.000 Parisiens qui y vivent.

L?amélioration du cadre de vie pour toutes et tous, c?est aussi compléter des défis environnementaux et climatiques que notre Ville-Capitale doit relever.

Nous avons en 2008 les tout premiers signes de la mise en ?uvre du Plan climat adopté en octobre dernier. 215 millions d?euros y seront consacrés dont 139 millions d?euros d?investissement. Espaces publics, projets d?aménagement, logements, transports, activités économiques sont visés par ces premiers engagements concrets.

Monsieur le Maire, nous sommes partie prenante des actions préconisées dans ce budget 2008 qui concrétise dans la vie quotidienne des Parisiens des valeurs fortes au service du vivre-ensemble. Nous les partageons, car elles sont à même de renforcer le dynamisme parisien.

Nous avons, depuis 2001, choisi de conforter les diversités populaires, sociales, culturelles et économiques, car elles constituent autant de singularités très positives qui distinguent Paris des autres métropoles et sont autant d?atouts pour résister efficacement au concert des métropoles qui se déshumanisent, se dissocient, en laissant le marché seul maître d??uvre de leur aménagement.

Les défis sont nombreux, nous le savons, et les ruptures opérées depuis 2001 sont autant d?atouts pour affronter les défis de demain. Des défis pour lesquels il s?agira, c?est notre conviction, de changer d?échelle dans bien des domaines, si nous voulons être un interlocuteur redoutable et perturbateur face aux spéculateurs de tous crins et résister efficacement à un gouvernement sourd à l?intérêt général.

Nous avons d?ores et déjà livré au débat nos propositions pour demain sur la base du contexte et des défis que je viens d?évoquer.

C?est aussi dans cet esprit que nous avons tenu à amender le projet de budget 2008. Mes collègues y reviendront, mais je voudrais, pour ma part, revenir sur l?un d?entre eux, car des différences d?approche existent entre nous ; c?est d?ailleurs la force de notre majorité.

Monsieur le Maire, il ne s?agit pas ici de figer ces différences mais peut-être de bien les cerner pour avancer ensemble au service des Parisiens.

Très brièvement donc, évoquons la question du logement social.

La dynamique et les axes sont là, avec 30.000 logements sociaux financés, soit trois fois plus que la précédente mandature. Cette priorité en faveur du logement social est une des clefs de voûte essentielle au maintien et au développement de la diversité sociale parisienne. Cet effort est bien là, et nous nous en félicitons, mais nous pouvons dire aujourd?hui, avec le recul nécessaire et en ayant en main l?état des financements, leur localisation et surtout les leviers sur lesquels nous nous sommes appuyés, que des faiblesses demeurent et qu?elles doivent nous interpeller.

L?Ouest et le Centre demeurent fortement déficitaires, avec moins de 10 % de logements sociaux dans 13 arrondissements parisiens concernés, quelquefois même moins de 2 % dans certains d?entre eux. Et je sais, Monsieur le Maire, que ces arrondissements sont dirigés par des maires d?arrondissement de droite et donc qu?ils ne nous facilitent pas la tâche. Mais je l?ai déjà dit à plusieurs reprises, pour ce qui nous concerne, une mixité sociale réussie est une mixité sociale qui concerne l?ensemble du territoire parisien. Ce n?est pas le cas aujourd?hui et nous nous en inquiétons pour l?avenir.

Nous considérons qu?il faut amorcer un cap nouveau en matière d?acquisition et notamment à l?Ouest. Aujourd?hui, nous constatons, avec l?appui du travail cartographique de l?A.P.U.R., que les efforts d?acquisition n?ont pas prioritairement concerné les zones déficitaires.

Deux arguments nous sont avancés : les prix sont trop chers et les opportunités de vente d?immeubles entiers sont plus rares. C?est vrai, mais nous savons tous qu?en étant plus présents, en accélérant les acquisitions, nous perturbons la spéculation immobilière.

C?est bien parce que nous nous sommes donné les moyens d?acquérir des hôtels meublés, du logement social de fait du domaine privé et des immeubles pour réaliser des logements sociaux, que nous avons réussi à faire baisser le coût d?acquisition par logement. En 2006, celui-ci était d?environ 129.000 euros, pour représenter aujourd?hui à peu près 119.000 euros.

Si l?on refuse aujourd?hui d?acquérir au-dessus d?un plafond de 4.500 euros le mètre carré, je pense que rien ne bougera à l?Ouest et nous contribuerons malgré nous à renforcer les ghettos dorés de certains arrondissements. Notre Groupe ne peut se résoudre à cette perspective.

Au début de la mandature, on nous a longtemps affirmé que nous ne manquions pas de crédits mais plutôt d?opportunités foncières. La fin de la mandature nous démontre que le compte foncier et les crédits consacrés aux acquisitions pour le logement social ont créé une véritable dynamique, grâce notamment à des crédits en hausse que mon Groupe et d?autres ont su faire entendre. Il faut absolument engager la même dynamique pour l?Ouest et le Centre et ne pas se résoudre à cette situation intolérable de non mixité sociale dans ces territoires.

Je vais conclure simplement en félicitant l?engagement de la Municipalité. Malgré les difficultés de vie et de pouvoir d?achat auxquelles les salariés sont confrontés, et alors que le Gouvernement persiste depuis 7 ans à leur refuser de réelles évolutions en matière de pouvoir d?achat, je me félicite que la Ville ait su passer outre aux recommandations du Gouvernement et accorder une augmentation, une prime de 200 euros par mois qui, forcément, va aider l?ensemble des salariés de cette ville.

Voilà, Monsieur le Maire, ce sont, à ce stade, les éléments que je souhaitais vous livrer, sachant, bien entendu, que mes collègues s?attarderont sur les points saillants que j?ai évoqués. J?espère que les propositions que mon Groupe exposera seront de nature à être entendues et soutenues par l?ensemble de la majorité municipale.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

La parole est à Mme de PANAFIEU.

Mme Françoise de PANAFIEU, maire du 17e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, le budget que vous nous présentez aujourd?hui est au moins cohérent sur un point : nous ne sommes pas surpris.

Et c?est en fait un budget de transition, sans souffle, que vous défendez d?ailleurs assez mollement, j?ai remarqué !

Et c?est si vrai que vous faites dire à votre adjoint chargé des finances que ce budget sera complété et amplifié en 2008 !

Mais un premier constat s?impose : vous refusez obstinément de pratiquer la transparence dans la gestion générale de la collectivité parisienne et, à la lecture de ce rapport, les Parisiens ne trouveront rien, je dis bien ?rien?, qui leur permette de connaître enfin la vérité sur la gestion de leur Ville.

C?est si vrai, d?ailleurs, que vous avez toujours rejeté les propositions de notre groupe, qu?il s?agisse du lancement d?un audit indépendant et approfondi des finances parisiennes ou bien de la création d?une commission d?évaluation des politiques publiques. Et ce ne sont pas les exercices des agences de notation, dont le seul objet, je vous le précise, est d?apprécier la capacité à rembourser les emprunts, qui peuvent valoir brevet de bonne gestion.

Je passe sur votre prose surprenante !

Je n?ai pas pu résister à l?idée de vous citer : ?qui prétend mettre en ?uvre une démarche partenariale et participative pour améliorer la lisibilité du budget grâce à des indicateurs aussi clairs que assurer le fonctionnement des services en charge des fonctions supports ou la mise en ?uvre de la critérisation, ou encore l?intérêt pour les dispositifs d?aide aux projets autonomes.?

Selon la formule bien connue, ce qui se conçoit bien s?énonce clairement.

Et derrière l?écran de fumée de ce jargon prétentieux et totalement incompréhensible, se cache toujours un refus obstiné d?une analyse libre et indépendante des conséquences de votre politique.

Vous arrivez au bout de votre mandat et on pourrait espérer qu?au moins une fois en sept ans vous répondiez clairement à la question essentielle : pourquoi les Parisiens, depuis l?audit que vous avez fait voter aussitôt élu, en mars 2001, car vous êtes quelqu?un de soupçonneux, et qui a conclu, malheureusement pour vous, à, je cite ?un état exceptionnel des finances de la Ville laissé par votre prédécesseur?, pourquoi ces Parisiens ne disposent pas d?un atout d?information et d?évaluation incontestable de l?ensemble de la politique municipale ?

Alors l?information et l?évaluation ne sont-ils pas pourtant deux concepts de gestion incontournables, surtout quand on se targue, ainsi que vous le faites dans cette communication, de faire apparaître ce budget comme, je vous cite encore : ?un acte de responsabilité?. Mais, probablement, nous l?avons bien compris, établir la vérité du travail accompli vous dérange, car vous persévérez dans une pratique idéologique de gestion des priorités des parisiens. Dans cet esprit, qu?en est-il de la réalité du logement social à Paris ? Du nombre croissant de demandeurs de logements sociaux ? De la construction de ces logements et de leurs attributions ? De l?équilibre à retrouver notamment vis-à-vis des classes intermédiaires ?

Depuis 2001, ces classes intermédiaires sont chassées de Paris et on aimerait vous entendre aussi d?avantage sur les 109.000 demandeurs de logements sociaux - je vous rappelle qu?ils étaient 90.000 en 2001, ce qui fait plus 20 % en 7 ans -, et cette politique d?achat d?immeubles majoritairement occupés dans des arrondissements où le mètre carré est le plus cher. Il ne s?agit plus de confondre comme vous le faites depuis 2001, chiffres à l?appui, le financement des logements sociaux grâce à l?Etat d?une part, et la construction livraison d?appartements destinés aux Parisiens d?autre part.

On voit bien, l?art de la défausse connaît ses limites lorsque vous êtes confronté à la réalité des dossiers, qu?il s?agisse du logement, de l?emploi, de la circulation, du stationnement mais également de la pollution, de la petite enfance et de la propreté.

Vous refusez de constater à quel point vous n?assumez pas votre politique.

C?est si vrai que vous êtes obsédé, Monsieur le Maire, par le passé.

Depuis sept ans, vous assénez aux élus de cette assemblée, quelle que soit la nature des communications, quelle que soit la nature des projets de délibération, le même discours à la fois revanchard et sectaire.

C?est le syndrome du passage de l?ombre à la lumière qui ne vous quitte pas. C?est bien connu, avant 2001, les enfants ne disposaient pas d?écoles, les bébés restaient à la rue et non dans des crèches, j?en passe et des meilleures.

Monsieur le Maire, vous ne pouvez expliquer tous les manquements de votre politique par le passé, que vous le vouliez ou non. Voilà sept ans que vous êtes là.

(Protestations sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

Je préfère à la suspicion permanente la confiance et je préfère à la contrainte la liberté.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et du Nouveau Centre et Indépendants).

Monsieur le Maire, si vous le voulez bien, allons au fond des problèmes. Depuis un septennat, par exemple sur le dossier de l?insalubrité, vous avez totalement failli à votre engagement électoral. Je vous cite : vous vous engagiez à éradiquer totalement l?insalubrité à Paris sur une seule mandature.

Et pourtant vous bénéficiez d?une année supplémentaire, ce n?est pas six ans mais sept ans que vous aurez été en place, et je n?aurais pas la cruauté de rappeler les sévères critiques de la Chambre régionale des comptes sur la gestion de la S.I.E.M.P. à laquelle vous aviez confié cette mission. Vous aviez promis de le faire en six ans, vous n?avez même pas été capable de le faire en sept ans et vous voudriez encore que sur ce sujet douloureux les Parisiens vous croient.

Quelle hypocrisie, quel aveu de faiblesse sur un sujet aussi sensible qui aurait dû mobiliser les moyens budgétaire à la hauteur d?un tel fléau ! Au lieu de cela, vous affectez seulement 39,6 millions d?euros en 2008 et nous sommes toujours très loin des 150 millions d?euros par an proposés par notre groupe U.M.P. dès septembre 2005.

On se souvient des tragiques incendies qui ont causé plus de 50 morts, Monsieur le Maire ; il y a encore quelques jours, un autre incendie survenait à l?Hôtel de Reims, rue d?Aubervilliers dans le 19e arrondissement, sans heureusement et c?est un miracle, causer de victimes. Mais vous ne pouvez plus dire que c?est de la faute des autres, d?autant que vous allez encore empocher à la fin du mois 900 millions d?euros de droits de mutation.

On ne le dira jamais assez, vous êtes le premier bénéficiaire de la spéculation immobilière et vous n?êtes capable, sur ces 900 millions d?euros, de mobiliser qu?à peine 40 millions d?euros pour le logement insalubre.

C?est une honte.

Je m?engage si je suis Maire de Paris à mobiliser et à consacrer la moitié de la somme qui sera versée à la Ville de Paris au titre des droits de mutation chaque année, à l?éradication du logement insalubre.

C?est la moindre des choses.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et du Nouveau Centre et Indépendants).

Face à l?effondrement de la construction de logements neufs à Paris depuis 2001, vous avancez un chiffre bien prétentieux : 6.000 logements financés en 2008, mais pour combien de réalisations concrètes ? Car c?est la seule chose qui compte. Comment résolvez-vous le problème des 109.000 demandeurs de logements sociaux ? A cet égard votre silence est éloquent.

Cela participe toujours du dogmatisme caractéristique de votre pratique de la mixité sociale. Je vous le redis car après tout, cela pourrait vous amener à plus de réalisme et surtout de respect pour ceux qui ont tant de mal à se loger.

La réalité, c?est qu?en achetant des logements occupés qui abritaient des Parisiens des classes moyennes, vous chassez de Paris une population pour la remplacer par une autre. Vous avez accru le parc H.L.M., mais vous n?avez pas créé de logement supplémentaire.

C?est si évident que la liste de demandeurs de logement n?a cessé de croître depuis le début de votre septennat. Je propose une toute autre politique autour d?une authentique harmonie sociale avec la création d?au moins 4.000 logements neufs haute qualité environnementale chaque année, destinés, pour un quart, au logement social ; à l?accession à la propriété pour un autre quart ; au logement intermédiaire pour un troisième quart mais également 1.000 logements par an réservés en collocation aux étudiants, aux artisans et aux apprentis.

C?est la moindre des choses que de savoir prendre en compte toutes les catégories de la population.

M. Alain LHOSTIS, adjoint. - Et aux infirmières dans le 16e.

Mme Françoise de PANAFIEU, maire du 17e arrondissement. - C?est cela la mixité sociale. Prenons l?exemple du logement étudiant, révélateur de l?échec patent de votre politique du logement. Vous aviez pris l?engagement écrit d?en construire

3.000 et aujourd?hui vous êtes à peine à 1.800.

Comment expliquez-vous un tel décalage entre votre promesse écrite, et ce qui a été fait ?

Vivre ensemble dites-vous, mais avec quel sens de la solidarité et du lien entre les générations ? Que pensent les familles, du moins celles qui peuvent encore rester à Paris, de la mise sous condition de ressources et de la diminution des prestations qui les concernent ?

Il faut au contraire faire preuve d?innovation et de capacité d?adaptation en instaurant un authentique droit opposable à la garde de la Petite enfance.

Je vous réserve une petite surprise, vous verrez, vous allez le récupérer votre temps. Vous ne perdez rien pour attendre.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Comme tout le monde, vous avez un temps de parole.

Mme Françoise de PANAFIEU, maire du 17e arrondissement. - Si la Ville de Paris n?est pas en mesure d?assumer sa responsabilité et de proposer à chaque enfant de moins de trois ans un mode d?accueil adapté, je m?engage au versement d?une allocation de 300 euros mensuels pour aider les parents. Dans le même temps, j?assurerai un développement ciblé des jardins d?enfant toujours occultés dans votre communication et j?assurerai une formation permanente pour les assistantes maternelles et parentales à domicile.

Quant à votre politique dite de déplacement, elle inspire la même consternation.

Depuis un septennat vous infligez aux Parisiens une politique anti-économique coûteuse polluante et qui en plus est dangereuse. La succession d?accidents mortels sur la voirie parisienne devrait vous inciter à la réflexion et des aménagements d?urgence, comme par exemple le boulevard Saint-Marcel, le boulevard de Montparnasse ou le boulevard de Magenta?

Et tout cela avait un but : faire diminuer la pollution.

Je regarde AIRPARIF. Que nous dit AIRPARIF ? Il nous indique que le nombre de jours classés médiocres a augmenté à Paris depuis 2001, sans parler même du concert de klaxons qui accentue encore le stress des Parisiens.

Il y a un an, Michel DEGUY, écrivain, universitaire, directeur de la revue ?Poésie?, que l?on ne peut soupçonner de travailler étroitement avec l?U.M.P. signait une tribune dans ?Libération?, intitulée ?La destruction de Paris?, dans laquelle il vous interpellait sur votre politique de circulation qu?il qualifiait, je le cite, ?de couvre-vie sur la ville?.

Je vous incite à la relire, cette tribune, au lieu de bétonner la Ville de Paris qui n?aura jamais été aussi bétonnée que sous cette majorité verte, rose, rouge?

(Protestations sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

Je vous incite à avoir une nouvelle offre de transport, réellement adaptée aux besoins des Parisiens. Plus que jamais, il faut une politique audacieuse en la matière, avec une relance de l?offre de déplacement, de stationnement en souterrain largement résidentiel et puis pour les deux-roues motorisées également, à qui il faut permettre enfin de circuler dans les couloirs d?autobus et la mise en place du stationnement gratuit pour les véhicules propres, sans oublier bien sûr l?éradication de certains murets aussi dangereux qu?inesthétiques dans certaines de nos rues.

Alors, Monsieur le Maire, je pourrais ainsi continuer indéfiniment. Mais ce qui m?a le plus frappé?

(Protestations sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

Vous avez aussi parlé de la propreté. Il paraît que les Parisiens sont enchantés de la propreté de leur ville.

Mais, Monsieur le Maire, sortez d?ici ! Allez les écouter ! Et vous verrez que cette ville qui était l?exemple en Europe de ce qu?était une ville propre est devenue une plaie à vivre pour tout le monde.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et du Nouveau Centre et Indépendants).

Et ce n?est pas la faute du personnel. Le personnel ne demande qu?à travailler, mais, à force d?avoir à sa tête une équipe pleine de suspicion à son égard, il est aux abris et il n?est plus dans la Ville de Paris car il en a assez d?être soupçonné de tout. faites-lui confiance à ce personnel ; donnez-lui enfin les outils pour travailler et vous verrez qu?il est tout à fait capable de refaire de Paris la ville exemplaire en matière de propreté à travers l?Europe entière.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et du Nouveau Centre et Indépendants).

Je ne veux même pas évoquer votre magazine municipal d?information ?A Paris?, avec ce titre hallucinant ce mois-ci, ?Commerce gagnant??

M. LE MAIRE DE PARIS. - Madame, vous n?êtes pas au-dessus des lois, soyez gentille de conclure.

Mme Françoise de PANAFIEU, maire du 17e arrondissement. - Commerce gagnant, quel décalage ! Quel décalage ! Et quelle provocation à l?égard de nos commerçants qui ne savent plus comment s?en tirer avec la politique de circulation et la politique de livraison que vous leur imposez ! On ne peut pas les traiter comme cela !

Alors, Monsieur le Maire, il y a une chose qui est incroyable, depuis sept ans, c?est cette capacité que vous avez à toujours dire : ?J?assume, j?assume, j?assume?. Et puis, immédiatement, dans la phrase, suit ?Mais, ce n?est pas ma faute, c?est la faute de l?Etat ; c?est la faute de la Région ; c?est la faute des autres ; vous voyez bien que je n?y peux rien ; c?est la faute des autres?.

Les autres qui se défaussent sur le tramway ; les autres qui se défaussent sur la politique du logement ; les autres qui se défaussent en permanence.

Mais, Monsieur le Maire, vous n?êtes pas un maire moderne. Une bonne fois pour toutes, il faut également compter sur le partenariat public/privé. Jamais vous ne l?avez mis en mesure?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vélib?, c?est quoi ? Et Vélib?, c?est quoi ?

C?est du partenariat public/privé !

Mme Françoise de PANAFIEU, maire du 17e arrondissement. - Vélib?, c?est quoi ? C?est l?incapacité à tenir compte des communes riveraines.

(Protestations sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

Vous avez contracté avec M. DECAUX et, lorsqu?on écoute M. DECAUX, que dit-il ?

(Protestations sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

? il dit, si M. DELANOË avait voulu, dès le début, que j?associe les communes riveraines, je l?aurais fait, mais il ne me l?a jamais demandé. Cette erreur que vous avez commise, encore une fois, en ne considérant pas les communes riveraines, les Parisiens la paieront cher puisque vous allez leur proposer d?installer Vélib? à leurs frais dans les communes riveraines.

Monsieur le Maire, une bonne fois pour toutes, quand vous parlez de la couverture du périphérique, comme vous l?avez fait, faites-le en partenariat avec les entreprises !

Au lieu de toujours compter sur les autres et au lieu de vous défausser, allez voir les entreprises et dites-leur, par exemple?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je crois qu?il y a un rappel au Règlement de M. BARIANI, excusez-moi?

Monsieur BARIANI, vous avez la parole.

Mme Françoise de PANAFIEU, maire du 17e arrondissement. - Voyons donc !

M. Didier BARIANI. - Je n?ai pas à porter de jugement sur quoi que ce soit, mais Mme de SARNEZ fera 22 minutes.

M. LE MAIRE DE PARIS. - On ne s?en sort plus, là ! Vous êtes à 16, concluez.

Mme Françoise de PANAFIEU, maire du 17e arrondissement. - La vision que j?ai?

(Protestations sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

? elle est tout autre, c?est celle d?un maire à plein temps, qui se consacre totalement à son mandat et non à la conquête d?un appareil politique.

Le temps du maire, solitaire, dogmatique et autocrate est révolu.

La seule ambition qui compte, c?est l?ambition pour Paris, pour faire progresser, pour faire gagner une ville superbe, pour faire progresser ceux qui veulent y vivre et se battre pour elle. Paris et les Parisiens méritent justement cette ambition.

Monsieur le Maire, j?avais dit que j?allais vous réserver une petite surprise.

Je voudrais me retourner vers les orateurs de notre groupe. Après ce que vous avez entendu, ce n?est un mystère pour personne que, si nous remportons cette élection municipale, le budget qui nous a été proposé ne sera pas exécuté.

Alors, mes amis, je voudrais vous demander si vous maintenez ou non vos interventions ou si vous souhaitez, après l?intervention que j?ai faite, qu?on s?en tienne là puisque ce budget ne sera pas exécuté.

(Protestations sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

Monsieur le Maire, visiblement, mes amis estiment qu?il n?est pas nécessaire d?intervenir puisque, de toutes les manières, vous n?avez jamais tenu compte des remarques que nous avons faites, ainsi que des amendements, et que, de toutes les manières, ce budget qui, encore une fois, est marqué du sceau du dogmatisme et non du pragmatisme ne sera pas exécuté.

Monsieur le Maire, si vous le voulez bien, je m?arrêterai là. Mes amis n?interviendront pas et, bien évidemment, nous ne voterons pas ce budget, mais nous dirons pourquoi, le moment venu, dans une explication de vote.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et du Nouveau Centre et Indépendants).

M. LE MAIRE DE PARIS. - C?est la fin de la mandature, ce n?est pas grave.

Mais, la surprise n?était pas pour moi !

(Rires).

Donc, chacun a le sens de l?équipe qu?il veut !

Moi, cela va très bien et vous ?

La parole est à M. le Président Georges SARRE.

M. Georges SARRE, président du groupe du Mouvement républicain et citoyen, maire du 11e arrondissement. - Monsieur le Maire, chers collègues.

Pour la 8e fois de ce mandat, nous examinons un projet de budget primitif.

Ce signe que le temps passe pour chacun d?entre nous ne doit pas faire oublier que les défis auxquels nous sommes confrontés évoluent.

Le service des Parisiens demande volonté et persévérance et, de persévérance, nous en aurons besoin tant l?horizon s?est obscurci, ces derniers mois.

Jamais, depuis 2001, la situation internationale n?a été aussi proche du basculement. Notre ville n?échappera pas à la crise des ?subprimes?. Soyez-en certains, cette crise financière n?en est qu?à ses débuts. Elle menace gravement les Parisiennes et les Parisiens et fragilise notre économie régionale.

D?importants secteurs en souffrent déjà, les institutions financières évidemment, qui représentent 250.000 emplois à Paris et en Ile-de-France, mais aussi les industries d?exportation car la crise des ?subprimes? a précipité le renchérissement de l?euro.

L?automobile, l?aérospatiale et l?électronique sont concernées en premier lieu, qui emploient plus de 180.000 Franciliens. Il y a enfin l?ensemble de nos P.M.E. qui font désormais face à la contraction du crédit.

Certains croient que cette crise apaisera en revanche l?immobilier. Je ne le pense pas. L?immobilier parisien est certes dirigé par la spéculation, mais celle-ci se nourrit d?une pénurie qui n?est pas près de disparaître. En 2008 comme en 2007, les Parisiens, les petits commerces, les petites entreprises, continueront donc à porter le lourd fardeau de l?immobilier. Cette situation inquiétante justifie un budget mesuré qui dispose de marges importantes.

Si l?investissement s?élève à près d?un 1,5 milliard d?euros, le budget demeure juste et équilibré. L?évolution des dépenses de fonctionnement est limitée au nécessaire. Le potentiel fiscal de Paris demeure entier, du fait de la stabilité des taux depuis 2001, le recours à l?emprunt modéré, à près de 800 millions d?euros.

Ce budget primitif prolonge ainsi l?effort massif engagé en faveur de l?investissement. Je me félicite que cet effort ait sorti Paris de l?enlisement tout en préservant d?importantes marges, qui pourront être mobilisées si la situation économique dégénère en 2008.

La liberté d?agir ne se glane pas, elle se gagne et c?est ce à quoi travaille notre Municipalité depuis sept ans. Ainsi, en 2008 encore, nous devrons continuer à édifier l?avenir. Une hausse de crédit n?a de sens que si elle est préparée et correspond à de bons projets. C?est pourquoi nous souhaitons que la Ville se prépare dès maintenant à renforcer en 2009 le déjà important effort réalisé pour le logement social, 6.000 financements supplémentaires en 2008, de sorte que nous atteignions 20 % de logements sociaux avant la fin du prochain mandat.

Nous ne devons pas non plus laisser à l?écart près d?un Parisien sur deux qui est locataire du parc privé. Nous tenons à ce que les crédits portés au compte foncier pour 2008 soient mieux consommés qu?en 2007. Surtout une relance massive de la construction de logements à l?échelle de l?agglomération doit être progressivement organisée grâce au Grand Paris. Elle seule abaissera durablement le coût de tous les logements.

Nous devons en outre préparer dès 2008 un plus grand investissement dans notre tissu économique, proposer des pôles de compétitivité municipaux - par exemple, pour le secteur de l?imprimerie-édition, première industrie parisienne - et nous apprêter également à accentuer notre effort en direction du petit commerce menacé par une nouvelle vague de libéralisation.

Préparer l?avenir ne signifie pas pour autant négliger le quotidien des Parisiens. Seuls les corps tristes se négligent. Le souci du quotidien est propre à rendre les hommes heureux et nous souhaitons que les Parisiens le soient. Je salue ainsi les projets inscrits dans le projet de budget pour la jeunesse parisienne. De nouvelles crèches sont programmées ainsi qu?un second conservatoire pour le 17e arrondissement ; ce sont de bons projets. Pour les prochaines années, nos services doivent se préparer à accélérer encore la construction de crèches et augmenter le nombre de conservatoires. Ils doivent également étudier toutes les possibilités de créer de nouveaux équipements sportifs en plein air pour nos jeunes qui manquent de terrains de jeux de balle.

Je salue également le renfort en moyens consacrés à la propreté des rues, avec le recrutement de vingt éboueurs supplémentaires. Mais, dans ce domaine et dans d?autres, 2008 devra aussi présider à l?élaboration d?un plan pluriannuel projetant les besoins en effectifs du service public et plaçant certains personnels sous l?autorité des maires d?arrondissement. Sans cela, nous ne pourrons reconnecter durablement le service public aux besoins des Parisiens.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, nous disposons au total d?un bon projet de budget pour 2008, qui nous invite à préparer la suite et à étudier de nouveaux projets, notamment ceux que je viens de citer, ceux également que nous avons présentés dans notre projet, en tant qu?élus Parisiens, pour Paris 2008-2014.

Voilà les éclairages, les demandes et les compléments que je souhaitais apporter sur ce projet de budget 2008.

Chers collègues, je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Mais vous êtes exemplaire ! Peut-être que vous avez donné un peu de votre temps à l?U.M.P., mais je plaisante ! Vous étiez nettement en dessous de dix minutes. Merci, vos collègues interviendront tout à l?heure.

La parole est à M. POZZO-DI-BORGO.

M. Yves POZZO-DI-BORGO. - Nous sommes représentants d?un parti politique de la majorité présidentielle de Nicolas SARKOZY, nous le soutenons. Je rappelle pour les Parisiens que nous avons montré que nous étions un grand parti.

Je prends acte de la position de ma collègue, Françoise de PANAFIEU, tête de liste de l?U.M.P. Sur le fond, je pense qu?elle a raison, c?est une position que j?aurais tendance à soutenir, mais je pense que, compte tenu du fait que c?est un Conseil de Paris, il faut respecter les électeurs. Je considère que même si le débat est formel, et elle a raison, il faut tout de même avoir face à tous nos électeurs une certaine dignité.

C?est la raison pour laquelle j?interviendrai normalement comme c?était prévu.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vous en prie !

Je suis d?accord avec vous sur la dignité.

M. Yves POZZO-DI-BORGO. - Monsieur le Maire, vous commencez votre rapport de présentation en rappelant le montant global de ce 8e budget de la mandature, pas moins de 7 milliards d?euros ; c?est une somme colossale.

C?est une somme colossale. Vous dites vouloir en faire un acte de responsabilité ; c?est là, si j?ose dire, la moindre des choses. En effet, vous disposez d?un levier financier extrêmement puissant, sans aucun équivalent parmi les collectivités territoriales françaises. Mais les ambitions retenues à Paris sont-elles à la hauteur d?une telle manne ?

En cette fin prochaine de mandature, ce 8e budget est également celui du bilan à l?aune d?une double question : toutes les sommes investies depuis 2001 ont-elles permis de faire face aux réels besoins des Parisiennes et des Parisiens ? - Faites le calcul, multipliez 7 milliards par 7, disons 6 milliards, ce sont de grosses sommes -; toutes les sommes investies depuis 2001 ont-elles permis d?anticiper les besoins futurs des Parisiennes et des Parisiens ?

Deux réflexes, celui de l?évaluation et celui de la prospection, laissent apparaître un bilan très mitigé. Votre distribution d?argent tous azimuts n?est pas pour moi la définition d?une politique au service de l?intérêt général. Mais cette méthode budgétaire de saupoudrage annonce en fait la couleur.  Il s?agit, et je rejoins là ma collègue Françoise de PANAFIEU, d?un budget électoral afin d?aborder les prochaines échéances dans les meilleures conditions possibles.

Vous vous êtes, Monsieur le Maire, rendu maître du calendrier mais vous méconnaissez souvent le principe de réalité. La culture de l?évaluation nous y ramène. Si les documents budgétaire de notre collectivité sont devenus plus lisibles que ceux de l?Etat, ils devraient également permettre enfin la mesure de l?efficience ; c?est tout l?intérêt de la LOLF dont j?attends avec impatience l?application à l?ensemble des directions de la Ville.

Selon moi, la qualité de la gestion municipale est perfectible. En matière d?endettement, si le taux reste inférieur à Paris par rapport aux autres grandes villes et c?est normal car nous sommes une ville riche, son rythme de croissance est inquiétant d?autant que dans le même temps vous êtes assis sur un véritable trésor de guerre. Je veux parler des droits de mutation dont a parlé ma collègue Françoise de PANAFIEU, dont l?estimation est cette année, comme les années précédentes, prudente compte tenu de la volatilité potentielle du marché de l?immobilier. Reste que les droits de mutation représentent pratiquement un 1/7 de votre budget.

En ce qui concerne les 8.227 nouveaux emplois, ils correspondent - votre adjoint me l?a dit et vous le dîtes vous-même - à l?application des 35 heures, ce que je conçois, à l?ouverture de nouveaux équipements, à l?amélioration de l?accueil du public. Pour ma part, je continue à plaider en faveur d?une meilleure gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, et je souhaiterais qu?il y ait une évaluation de l?ensemble de ces emplois.

Une évaluation systématique devrait permettre une meilleure affectation des deniers publics. Car le groupe Nouveau Centre et Indépendants conteste moins vos grandes priorités que le rapport et le dosage entre chacune d?entre elles. Selon nous, les deux volets d?une collectivité responsable sont précisément le social et l?économique. A ce titre, il est significatif de constater que la Ville de Paris, qui a su investir 1,2 milliard d?euros dans les travaux de voirie depuis 2001, se soit limitée, sur la même période, à 30 millions d?euros au titre du développement économique pourtant seul créateur d?emplois durables.

Vous dites que les crédits consacrés à la solidarité (1,9 milliard d?euros en 2008) ont augmenté de 73 % depuis le début de la mandature et représentent plus d?un quart des dépenses de la collectivité parisienne. De rattrapage des besoins en besoins nouveaux, ces crédits sont bien évidemment nécessaires afin de créer des places de crèches, des établissements pour personnes âgées ou pour personnes handicapées, des centres d?hébergement d?urgence. Mais ces dépenses légitimes ne viennent pas à bout des besoins. Les situations de précarité perdurent, comme en témoigne le sort des sans abris ou celui des travailleurs pauvres. Il faut donc repenser les valeurs, inventer de nouveaux liens sociaux, revoir les rapports du monde du travail. Mon collègue l?a fait et M. Philippe LAFAY interviendra à ce sujet.

Mais le social et l?économique sont intimement liés. Le groupe N.C.I. souhaite réserver une place très supérieure aux moyens du développement économique. Ma collègue Geneviève BERTRAND reviendra sur ce point.

Sans une nouvelle affectation budgétaire, la ségrégation de Paris s?accentuera, entre d?un côté, les quartiers en difficulté et de l?autre, les beaux quartiers. Injecter toujours plus de moyens ne résout rien. Malgré une politique de la ville volontariste, de trop nombreux quartiers continuent de décrocher avec l?addition des maux devenus malheureusement traditionnels (chômage, précarité, délinquance, échec scolaire?).

Le récent Contrat Urbain de Cohésion Sociale prend davantage en compte la dimension économique, même si on peut regretter la faiblesse des financements dédiés à l?emploi, 12,1 millions d?euros (Ville hors Etat) à rapporter aux 19,2 millions d?euros consacrés au développement du lien social, l?accès au droit et à la citoyenneté.

Pour finir sur la politique de la ville, l?importance des sommes consacrées à l?ingénierie (11,5 millions dont 9,5 millions d?euros rien que pour la Ville) me laisse perplexe.

Plus généralement, au moment de construire les projets nouveaux et d?affirmer un modèle urbain original, il serait funeste de se tromper d?échelle. Vous vous flattez d?avoir ouvert une nouvelle ère dans les relations entretenues par la Capitale avec les collectivités de l?agglomération et de revenir encore une fois sur la mise en place de la Conférence métropolitaine de l?agglomération parisienne mais, Monsieur le Maire, vous vous contentez d?une modification à la marge sans rechercher une véritable alternative.

Les effets cumulés des transformations économiques mondiales, de la mobilité accrue des personnes et des emplois comme de l?étalement urbain ont dessiné une métropole décalée par rapport au...

M. LE MAIRE DE PARIS. - Pardonnez-moi une seconde?

M. Yves POZZO-DI-BORGO. - Oui, oui.

M. LE MAIRE DE PARIS. - ? mais c?est pour vraiment dialoguer.

Vous savez que la dernière Conférence métropolitaine s?est tenue chez notre collègue LAFONT?

M. Yves POZZO-DI-BORGO. - Si, si.

M. LE MAIRE DE PARIS. - ? maire de Vincennes?

M. Yves POZZO-DI-BORGO. - Nouveau centre.

M. LE MAIRE DE PARIS. - ? de votre parti.

M. Yves POZZO-DI-BORGO. - Je sais, je sais.

M. LE MAIRE DE PARIS. - ?et nous avons tenu, lui et moi, des propos totalement convergents sur l?avenir institutionnel de Paris métropole. Je le précise pour la qualité de notre dialogue.

M. Yves POZZO-DI-BORGO. - Je suis au courant, Monsieur le Maire. Seulement, si je précise là, c?est qu?il y a?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Il a dit exactement la même chose que moi.

M. Yves POZZO-DI-BORGO. - Je suis au courant, Monsieur le Maire, mais il y a une nécessité? Vous êtes le Maire de Paris, il faut qu?on sente une volonté beaucoup plus forte sur le grand Paris. On ne peut pas se contenter de faire que la concertation, il fallait aller beaucoup plus loin.

M. LE MAIRE DE PARIS. - On entreprend, on a entrepris.

M. Yves POZZO-DI-BORGO. - Alors je sais très bien, Monsieur le Maire, que tout cela dépend du législatif et de l?Etat et de l?Assemblée nationale.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vais vous envoyer l?intervention de M. LAFONT qui n?était pas que de la concertation mais de l?entreprise commune et nous étions parfaitement d?accord.

M. Yves POZZO-DI-BORGO. - Je vous l?accorde. C?est évident en ce qui concerne? Alors je reprends mon argumentation, même si je relirai l?intervention de M. LAFONT que j?ai déjà lue.

C?est évident, en ce qui concerne le logement et les transports, le développement économique et le développement durable, je n?entends pas écarter - c?est ce que je voulais dire- la piste d?une nouvelle structure sous le prétexte fallacieux d?une nouvelle inflation administrative. Et c?est ça, et c?est là-dessus que je souhaiterais que l?ensemble des candidats, ma collègue Françoise de PANAFIEU comme vous-même ou comme les autres?

Je ne suis pas sûr que Mme de PANAFIEU ne soit pas d?accord là-dessus. On en reparlera avec elle.

Je suis désolé mais la position de Nouveau Centre est qu?il y ait une nouvelle structure administrative avec la disparition de certaines. C?est exactement la position de notre collègue de l?U.M.P., Philippe DALLIER, pour l?Observatoire de la décentralisation, et c?est la position que nous défendons puisque nous avons un débat, Monsieur le Maire.

D?ailleurs, si une telle solution n?était pas retenue, nous ne serions pas en capacité de régler les problèmes des Parisiens, en particulier celui du logement.

Monsieur le Maire, vous avez beau financer des logements sociaux - encore 6.000 dont 4.300 préemptés en 2008 - la tendance ne s?inverse pas.

La mixité sociale à Paris recule. Les familles - mes collègues l?ont déjà dit- avec enfants quittent Paris comme l?illustrent les publicités que l?on trouve dans les rames du métro : ?jeune couple parisien cherche logement en banlieue pour fonder famille sur www.immobilier.com?.

Le recours au logement social devrait être une solution transitoire. On ne peut plus tolérer que le taux de mobilité du parc social soit au plus bas. Peut-être, Monsieur le Maire, faudrait il avoir le courage de regarder tous les privilégiés qui occupent encore les logements sociaux.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je m?en occupe.

M. Yves POZZO-DI-BORGO. - Non, par vos amis à vous aussi, Monsieur. Alors j?ai appris par vos amis aussi.

Alors là, M. MANO a de bons amis aussi. Ou alors on en tire les conséquences, par exemple, en vendant ces logements sociaux à leurs occupants à vie. Mon collègue Philippe LAFAY y reviendra. Dans le même temps, il faut renforcer les dispositifs d?aide à l?accession à la propriété.

Dans un contexte de crise aigue, l?impact du prêt ?Paris logement 0%? est bien évidemment insuffisant. Malgré des conditions d?attribution élargies en 2007 et un doublement des crédits à hauteur de 27 millions d?euros pour 2008, seuls quelque 3.000 ménages pourront en bénéficier. C?est toujours mieux que rien, Monsieur MANO.

A ce propos, je m?interroge sur le rapport coûts/bénéfices de cette mesure phare de votre politique du logement. Nous pourrons nous poser la même question à propos du dispositif destiné à inciter les Parisiens...

Au lieu d?empiler les dispositifs, dont certains sont très onéreux, il me semble préférable de travailler à la création d?un parcours résidentiel.

Alors, puisqu?il faut que je supprime, j?avais encore pour 3 ou 4 pages, je vais choisir la dernière phrase si vous permettez, Monsieur le Maire, puisque je vais essayer de respecter moi aussi la démocratie au sein du Conseil de Paris même si vous n?arrivez pas toujours à la faire respecter.

D?une manière générale, les transports, second volet lourd de l?action municipale, illustrent trois lacunes :

- une échelle non pertinente que relevait également, en octobre dernier, le Conseil scientifique de la Ville de Paris en préconisant de créer un Observatoire intégré des déplacements pour l?ensemble Paris/Ile-de-France,

- une insuffisante évaluation des sommes mobilisées pour la politique des déplacements et des transports (plus de 1,7 milliard d?euros depuis 2001), je vous l?ai déjà dit pour quel résultat,

- une absence de prospective et de vision qui conduit à écarter, sans même les étudier, les infrastructures novatrices.

A ce propos, je réitère mon intérêt pour l?étude d?un maillage souterrain qui permettrait de résoudre simultanément les problèmes de circulation automobile et la captation du C02, notamment pour favoriser la diminution de la pollution.

J?avais d?autres points, Monsieur le Maire, mais j?essaierai de respecter le temps de parole même si j?ai dépassé.

Je voulais vous dire que nous espérons que la réflexion que nous avons aujourd?hui pourra nous faire évoluer.

J?espère que pour le prochain budget, nous pourrons avec mes partenaires de l?U.M.P., lorsque nous serons arrivés à un accord, avoir un autre budget.

Et voilà, Monsieur le Maire, que la campagne commence, puisque je crois qu?elle a déjà commencé aujourd?hui.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur POZZO DI BORGO, et merci surtout de votre contribution à notre travail en commun, au moins dans son organisation.

La parole est à M. Patrick BLOCHE.

M. Patrick BLOCHE. - Merci, Monsieur le Maire.

J?aurais pu utiliser mon temps de parole à répondre point par point à Mme de PANAFIEU. Tant de mensonges, de caricatures, de mises en cause personnelles frisant la diffamation parfois m?en ont découragé.

Et je crois, Madame de PANAFIEU, dans tout le respect que je dois à votre personne qu?un seul adjectif peut qualifier votre intervention : ridicule.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, nous allons donc voter demain le dernier budget de cette mandature. Un budget que vous avez voulu ambitieux, Monsieur le Maire, à l?image de l?action que vous menez depuis bientôt 7 ans pour Paris avec l?équipe municipale que vous animez.

De fait, une double ambition.

D?abord, d?être à la hauteur des attentes des Parisiennes et des Parisiens et de rattraper par-là même le retard que vos prédécesseurs avaient fait prendre à notre Capitale en matière d?équipements, de services et de dynamisme économique et culturel.

Cet objectif nous a cependant jamais fait perdre de vue cette autre ambition essentielle de faire de Paris une collectivité gérée avec exigence au service de ses administrés avec tout le talent, il est vrai, de Christian SAUTTER.

Notre groupe tient à saluer, à ce titre, le souci de transparence en matière de gestion budgétaire dont les huit bleus budgétaires que nous avons reçus sont la meilleure preuve. Ils permettent aux élus d?avoir une connaissance précise de l?ensemble des mesures prévues dans ce budget, dans des domaines aussi essentiels que le logement, la politique de la ville ou la lutte contre le réchauffement climatique, avec la mise en ?uvre du Plan climat.

Exigence et fidélité à vos engagements, comme le montre la stabilité des taux d?imposition durant la durée de la mandature, fait inédit depuis 30 ans ! C?est une contribution majeure en faveur du pouvoir d?achat. Et les Parisiens l?apprécient à sa juste valeur, eux qui voient avec consternation la frénésie de mesures précipitées annoncées par le Gouvernement en la matière, à l?instar du démantèlement des R.T.T. imposé dans la hâte aux administrations publiques.

Le choix que vous avez fait pour les agents de Paris, Monsieur le Maire, est tout autre, et nous nous en félicitons, car le sujet est trop sérieux pour être traité au détour d?une circulaire ; parce qu?il s?agit de respecter la valeur de chaque jour de travail et non de travailler plus pour gagner moins ; parce qu?il s?agit aussi de respecter la valeur du travail de chaque salarié et non seulement de ceux qui ont la possibilité de choisir entre plus de revenu ou plus de temps libre.

D?ailleurs, le Maire de Marseille lui-même, peu suspect de rébellion contre le Président de la République, n?appliquera pas non plus les mesures gouvernementales. Cela en dit long sur le décalage entre ceux qui multiplient les effets d?annonce et ceux qui assument les responsabilités.

Soulignons, par ailleurs, la politique de performance que mène la Municipalité afin d?offrir aux Parisiens le meilleur service au meilleur coût. Cette politique, alliée à un effort significatif d?économies sur le fonctionnement quotidien de la collectivité, ainsi qu?à une valorisation du patrimoine public, caractérise la qualité de gestion de la Municipalité et nous sommes fiers que ses exigences soient tenues.

De même, la Ville bénéficie-t-elle aujourd?hui d?une politique dynamique en matière financière avec une gestion active de trésorerie et une gestion de la dette innovante et sécurisée, distinguée par la notation AAA décernée par plusieurs organismes internationaux indépendants.

Distinction d?autant plus remarquable pour une collectivité qui s?est engagée dans un effort sans précédent d?investissement afin de rattraper des années de pénurie : ce sont près de 1,5 milliard d?investissement annuel à ce jour, soit quasiment deux fois plus que sous la mandature précédente, et ceci, en restant dans le cadre d?un endettement extrêmement modéré par comparaison avec d?autres collectivités.

Tous les moyens ont été mobilisés au service d?une véritable ambition pour Paris et les Parisiens.

Les recettes tirées des droits de mutation, par exemple, qui font tant fantasmer l?opposition, ont servi à financer nombre de priorités municipales, comme l?hébergement d?urgence, la lutte contre l?insalubrité et surtout l?effort sans précédent en faveur du logement social.

En la matière, le groupe socialiste et radical de gauche et ses partenaires de la majorité ne peuvent être que fiers du chemin parcouru. Les crédits du compte foncier logement ont notamment été multipliés par cinq en 6 ans pour rattraper le bilan déplorable des mandatures précédentes, dont les Parisiens payent encore le prix. Car l?opposition municipale a beau jeu de critiquer le nombre de constructions neuves à Paris, alors que la Ville saisit toutes les opportunités foncières qui se présentent, tandis que le Gouvernement réduit ses marges de man?uvre, en étant peu pressé de lui céder les terrains disponibles qu?il possède.

Et malgré ces obstacles, les objectifs progressent, puisque 64 % - je dis bien 64 % - des 6.000 logements sociaux financés en 2007 ont été des constructions neuves. Si la crise du logement prend de l?ampleur depuis 6 ans, c?est bien parce que les gouvernements qui se sont succédé n?ont rien fait pour enrayer la spéculation immobilière.

C?est la raison pour laquelle, d?ailleurs, notre Groupe a été à l?origine d?un v?u sur le plafonnement des loyers du parc privé et je rappelle combien nous avons été en première ligne pour la lutte contre les ventes à la découpe. Les 8.000 logements acquis par la Ville dans ce cadre ont d?ailleurs, et de fait, porté un coup d?arrêt à ces opérations hautement spéculatives.

Cette année encore, votre gestion exigeante, Monsieur le Maire, contraste avec celle du Gouvernement. Dénonçons donc toujours et encore les carences d?un Etat qui, décidément, est un bien mauvais partenaire pour les collectivités locales. Le changement intervenu au printemps dernier n?a rien changé à la manière dont la décentralisation est pervertie depuis déjà plusieurs années dans notre pays. Car, sous couvert d?efficacité, sous prétexte de rapprocher les financements des acteurs, c?est bien sa mission de solidarité que l?Etat abandonne. D?année en année, la facture s?alourdit et c?est aujourd?hui plus de 200 millions d?euros que l?Etat doit aux contribuables parisiens. A titre de comparaison, c?est très précisément le montant qui sera disponible au compte foncier logement de la Ville pour l?année 2008.

Le Gouvernement cherche aujourd?hui toutes les voies possibles pour se désengager et priver les collectivités des ressources nécessaires pour mettre en place les équipements et services dont nos administrés ont besoin : rupture de ses engagements en ralentissant la progression des dotations, qui est aujourd?hui bien en deçà de l?inflation, mais aussi en diminuant sa contribution à de nombreuses politiques publiques, qu?il s?agisse de l?hébergement d?urgence, de certains projets de transport en commun et, bien sûr, de la politique de la ville ; et on a vu avec quelles conséquences.

Cette austérité imposée aux acteurs locaux comme celle qui s?annonce pour les Français, est une grave menace pour la croissance de notre pays. D?autant qu?il ne s?agit pas d?une gestion prudente qui préserverait les générations futures mais d?un laisser-aller clientéliste qui crée de nouvelles injustices.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, à moins de trois mois d?une échéance électorale, les responsables politiques peuvent être parfois tentés de relâcher l?effort. Or, Monsieur le Maire, vous avez refusé ce confort en nous présentant un budget dont l?exigence et l?ambition sont dans la droite ligne de votre bilan. Même en fin de mandature, vous opérez de nouvelles impulsions, comme le Plan climat que nous avons voté tout récemment et qui recevra dès 2008 des moyens significatifs de mise en ?uvre.

Aussi, pour toutes ces raisons, le groupe Socialiste et Radical de gauche est donc extrêmement fier d?apporter son soutien cette année encore à une gestion exemplaire au service des Parisiennes et des Parisiens.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, non seulement du contenu de votre intervention, mais je remarque que seuls Georges SARRE et vous avez été en dessous du temps de parole. Et votre contribution aussi à la bonne tenue de ces débats, et cette convergence, je me plais à la souligner et à vous en remercier, vous aussi, comme je l?ai fait avec Georges SARRE.

La parole est à Mme de SARNEZ.

Mme Marielle de SARNEZ. - Merci, Monsieur le Maire.

Dans ce débat, nous allons ou nous avons forcément parlé du passé - pour moi, ce sera peu - et de l?avenir - je l?espère davantage.

Je ne me lancerai pas dans une bataille de chiffres et reconnaîtrai volontiers que des efforts ont été faits, des projets lancés, des réalisations effectuées. Heureusement ! Le contraire serait inquiétant.

Certaines de ces réalisations très importantes, je pense par exemple au tramway, venaient de vos prédécesseurs ; il est juste de le reconnaître.

Sur certains de vos projets, les élus du Mouvement Démocrate vous ont soutenu, en ayant à l?esprit ce principe simple qui guide notre action politique : soutenir ce qui va bien, combattre ce qui va dans la mauvaise direction.

Mais, à la vérité, il n?y a qu?une seule question qu?il faille se poser en cette fin de mandat, c?est celle de savoir si les Parisiens vivent mieux à Paris en 2007 qu?en 2001.

Et que nous disent les Parisiens ?

Qu?il est de plus en plus difficile de se loger. Les prix de l?immobilier n?ont cessé d?augmenter pour louer et, a fortiori, pour acheter. Ils n?ont pas le sentiment, loin de là, que la propreté des rues soit améliorée. Il ne considèrent pas, loin s?en faut, que l?on se déplace mieux aujourd?hui qu?hier.

Il faut leur répondre et d?abord changer de perspectives pour que la Politique du logement devienne le principal outil de la solidarité entre les Parisiens.

C?est affaire de volonté politique qui va bien au-delà de la satisfaction des objectif de la loi S.R.U. Atteindre 6.000 logements sociaux par an, c?est bien, encore faut-il que ces financements permettent le rééquilibrage entre l?Est et l?Ouest afin de soulager les secteurs qui ont, jusqu?à présent, fourni le principal de l?effort : les 13e, 19e et 20e arrondissements.

Pour éviter à l?avenir ces situations de ghetto social et urbain, il n?y a pas d?autre choix que celui de la mixité. Il faut introduire une part de 25 % de logements privés et intermédiaires dans les grands ensembles de logements sociaux, avec de l?accession sociale à la propriété. Comme il faut introduire une part de 25 % minimum de logements sociaux et intermédiaires dans les programmes privés.

Mais pour remplir vraiment et rapidement les objectifs de la loi S.R.U., il faudra également peser politiquement, au sens le plus fort du terme, pour que la Ville parvienne enfin à mobiliser toutes les emprises disponibles de Paris, y compris les terrains sous-utilisés du ministère de la Défense dans le 15e arrondissement.

Il me semble que l?on devrait s?interroger sur l?annonce que l?Etat envisage de construire un Pentagone à la française dans Paris intra muros en lieu et place d?un projet qui comportait la construction de nombreux logements. Je suis sûre qu?il existe en banlieue, même proche, d?autres emprises qui permettraient de desserrer quelque peu l?étreinte foncière sur Paris.

Dans ce chapitre du logement, il faudra également penser diversification de l?offre. Il n?est pas normal que les logements intermédiaires ne représentent que 1 % du parc immobilier. Ce n?est pas de 1% dont nous avons besoin, mais d?au moins 10 % et une partie, selon moi, des droits de mutations qui sont évidemment une manne exceptionnelle pour notre Ville, devrait aller à la construction de ces logements sociaux et intermédiaires. Ce serait une juste logique.

Il est tout aussi anormal de constater que les étudiants boursiers éprouvent autant de difficultés à se loger dans une métropole qui revendique par ailleurs la qualification de Ville Universitaire Européenne. Cela impose là encore la mise en oeuvre d?un vrai programme de logements étudiants et non le saupoudrage actuel.

Une Ville humaine, ce n?est pas une Ville dans laquelle on bâtit des tours de logement à la périphérie, dans des quartiers qui cumulent déjà tant de difficultés.

Nous sommes évidemment pour l?audace et la novation en matière d?architecture et d?urbanisme. C?est un signe de modernité et de dynamisme pour une Ville, mais cela peut passer par d?autres projets que les Tours Totem. Il suffit juste d?un peu plus d?imagination.

Je veux enfin évoquer ceux pour qui le logement n?est malheureusement plus qu?un rêve lointain. Cela fait un an que ?les Enfants de Don Quichotte? se battent pour que les promesses verbales et les engagements soient tenus par Paris, et par la Ville et par l?Etat, ce qui n?est malheureusement pas le cas, c?est ce que cette association déclarait hier matin.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Pardonnez moi. Pour Paris elle reconnaît que nous sommes bien au-delà de ce que nous avons pris comme engagement.

Mme Marielle de SARNEZ. - Vous nous répondrez peut-être après.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Pour la qualité du dialogue il faut dire la vérité.

Mme Marielle de SARNEZ. - Pour la qualité du dialogue je crois que c?est très bien de s?écouter et de se répondre ensuite.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Ne faites pas dire à une association estimable ce qu?elle n?a pas dit.

Mme Marielle de SARNEZ. - Ne vous sentez pas accusé. Je constate que cette question n?est pas réglée à Paris, c?est du fait de l?Etat, du Gouvernement, de la Ministre en charge du logement et aussi un peu de la responsabilité de la Ville.

Une Ville humaine, ce sera une ville qui financera des logements relais pour les exclus et les sans abri, ce sera une Ville qui créera, dans chaque arrondissement, des résidences d?accueil à vocation sociale ou très sociale.

Les Parisiens rencontrent d?importants problèmes de déplacement dans la capitale. Pour eux, il y a du bon et même du très bon avec le tramway et Vélib? mais aussi du mauvais avec les embouteillages et surtout la saturation extrême de certaines lignes de métro.

C?est le temps de la grande révolution du transport en commun dans les prochains mandats. Les investissements lourds devront être consacrés à l?amélioration de l?offre, de la qualité, de la fréquence et de la sécurité des transports en commun : métro, R.E.R., tramway, Transilien.

Quant aux voitures présentes dans Paris, elles doivent faire l?objet d?une politique puissamment incitative à la voiture propre : stationnement gratuit pour les véhicules propres des particuliers, encouragement de l?utilisation de véhicules propres et non bruyants, accès interdit aux camions les plus polluants développement des technologies propres.

Pour être efficace, cette politique des transports devra bien sûr être conçue au niveau de l?agglomération.

C?est un sujet intercommunal par excellence. Nous devrons désormais penser Paris comme le centre d?un ensemble plus large. Cela passera par la couverture du périphérique, la requalification des quartiers qui l?environnent et la création de nouveaux quartiers situés à la jonction de Paris et de sa banlieue immédiate.

Une Ville humaine c?est aussi une Ville entreprenante et dynamique. Je veux évoquer la situation du commerce et de l?artisanat qui sont pour nous autant de liens précieux qui unissent les Parisiens et rendent la Ville agréable.

Je renouvelle ma proposition de tenue d?un Grenelle du Commerce et de l?Artisanat dès 2008 autour duquel nous devrons engager en concertation avec tous un grand plan de relance du commerce de proximité à Paris.

Ce sont aujourd?hui des rues entières qui sont désertées par les commerçants qui ne trouvent pas de repreneur, faute de politique de formation suffisante, faute de fiscalité suffisamment attractive, faute de publication des décrets de la loi Dutreil et faute à la toute-puissance, largement encouragée par les pouvoirs publiques, des grandes surfaces.

Les P.M.E. et les T.P.E. doivent être défendues, aujourd?hui 12 % du budget de la Ville est consacré au dynamisme de Paris mais dans ce chapitre se trouvent la culture, le sport, la jeunesse et l?emploi. Il reste peu ou pas assez pour les entreprises et le petit commerce.

Je voudrais parler maintenant de solidarité sociale, je devrais même dire de solidarité humaine.

32.000 bébés naissent chaque année à Paris avec 77 % de parents dont les deux sont actifs, l?accueil de ces enfants est une question très importante. Sur ce chapitre, ne nous racontons pas d?histoire, la construction de nouvelles places de crèche, nécessaire, ne permettra pas de répondre à toutes les demandes et surtout à la diversité horaire de ces demandes.

Il faudra proposer d?autres choix aux Parisiens : crèches, micro crèches, garde à domicile. De vrais choix fondés sur une aide ou un soutien équivalent afin de permettre aux parents d?arbitrer librement.

A l?autre bout de la chaîne de vie, des dizaines de milliers de Parisiens sont confrontés à la maladie et à la solitude. Le vieillissement annoncé de la population va placer la Ville face à un défi considérable. Sommes-nous préparés vraiment ? Honnêtement je ne le crois pas.

Je crois au contraire que l?investissement que nous devons consentir pour nos aînés est devant nous, investissement financier mais également et surtout humain afin de rompre la spirale infernale de la dépendance et de la solitude grandissante.

L?accès des handicapés à l?école, à l?emploi, aux équipements, aux services publics et aux transports relève de la même exigence. Là encore il nous reste un long chemin à parcourir.

Une Ville humaine, et ce sera ma conclusion, c?est aussi et enfin une nouvelle méthode de gouvernement.

C?est une Ville dans laquelle les élus apprennent à se parler autrement que par invectives, accusations, dénigrement.

Le temps ne devrait plus être aux querelles de clan, l?urgence et l?immensité des chantiers qui nous attendent doivent nous faire prendre conscience, à chacun de nous, qu?après le temps de l?élection devra venir celui de la construction.

Et cette construction exigera des rassemblements nouveaux, une transparence plus grande, une concertation et une participation de chaque jour pour les citoyens, rien ne serait donc plus juste que de penser Paris comme la capitale d?une démocratie locale nouvelle.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Moi aussi je vous remercie, Madame de SARNEZ, et je trouve notre échange tout à fait utile avec ce qu?il y a de différence, voire même de contradiction. Ce que je nous propose, notamment pour mettre en oeuvre votre demande de transparence, c?est que nous partions des réalités, des vrais chiffres et des vrais enjeux.

Je ne veux pas revenir sur ce sur quoi que je me suis permis tout à l?heure de donner une précision, mais sur tous les sujets, je ne veux pas les évoquer maintenant, pour qu?il y ait des dialogues constructifs et utiles à la démocratie, encore faut-il que nous fassions tous l?effort de présenter les réalités, les faits tels qu?ils sont et après faisons preuve de créativité, vivons nos différences et nos éventuelles convergences.

Ecoutez j?ai l?habitude de défendre mes convictions clairement et toujours par rapport au fond. C?est vrai au sein de la famille progressiste, c?est vrai par rapport à l?opposition, je vais continuer à toujours vivre la démocratie par rapport au fond, aux idées, et les divergences font du bien à la vitalité démocratique.

Je vous remercie.

Je donne la parole à Christian SAUTTER.

M. Christian SAUTTER, adjoint, rapporteur. - Merci, Monsieur le Maire.

Je veux d?abord saluer les sept orateurs de l?opposition ou des oppositions et de la majorité qui se sont exprimés dans ce débat général sur le huitième et dernier budget de la mandature.

Mais c?est aussi, puisque la prochaine mandature commencera au mois d?avril, l?esquisse d?un budget pour la mandature qui s?ouvre.

Je voudrais répondre assez brièvement aux orateurs de la majorité pour réserver l?essentiel de mes propos aux orateurs de l?opposition.

La majorité dans son ensemble a apporté, et continue à le faire, aujourd?hui et demain, un soutien constant et exigeant. Et je veux dire que je suis dans une disposition, comme les fois antérieures, d?écoute et de dialogue pour améliorer, s?il en est besoin, ou préciser ce projet de budget qui vous est soumis aujourd?hui.

J?ai la conviction que ce budget sera, amendé sur tel ou tel point, voté par l?ensemble de la majorité. Cela fera un heureux contraste avec la situation qui avait prévalu, au mois de décembre 2000, où la majorité sortante de l?époque s?était déchirée.

Il y a quatre points sur lesquels je voudrais dire quelques mots.

Tout d?abord, le Plan Climat évoqué notamment par Denis BAUPIN. Le budget qui vous est proposé est effectivement le budget de l?an I du Plan Climat. Les chiffres sont éloquents, même si nous parlerons ensuite, dans le cours du débat, de tel point précis.

De 2007 à 2008, l?effort financier consacré à ce plan climat va passer de 123 à 215 millions d?euros. Le montant de l?investissement va doubler et passer de 73 à 139 millions d?euros, dans le transport, dans le logement, y compris dans le logement social, et le budget de fonctionnement va progresser de près de moitié, passant de 50 à 77 millions d?euros.

Il y a donc peut-être matière à préciser ou à corriger tel détail, mais je crois que ce Plan Climat qui a été voté à l?unanimité - je regrette d?ailleurs que les oratrices et orateurs de l?opposition y aient fait assez peu allusion -, commencera vite et fort en 2008.

Sur le logement social qui a été abordé notamment par Jean VUILLERMOZ et Georges SARRE, quelques chiffres font justice des mensonges qui ont été proférés par ailleurs.

Durant la mandature précédente, ce ne sont que 1.560 logements sociaux qui étaient financés chaque année. Nous nous étions, tous ensemble, engagés sur 3.500 et la réalisation, avec les 30.000 logements, a dépassé cette cible qui était déjà deux fois plus élevée que celle de la mandature précédente.

Et ce budget qui vous est proposé organise un saut qualitatif puisqu?on va passer au financement de 6.000 logements sociaux et le budget correspondant progresse de 28 %. On ne peut pas dire que ce soit un budget d?attente ni un budget timide. L?effort en direction du logement social progresse de 28 %, de 2007 à 2008.

J?ai bien entendu les orateurs de la majorité sur le compte foncier, sur les 200 millions d?euros, sur la volonté de dépenser autant que possible cette somme et de l?orienter davantage, si cela est possible, vers des acquisitions de d?immeubles à destination sociale, à l?Ouest et au Centre.

Troisième thème, ?Paris Métropole?, qui a été évoqué par MM. VUILLERMOZ et SARRE. Je suis frappé qu?on nous ait accusés de manquer de pragmatisme. Le Maire de Paris et son équipe ont poussé une approche pragmatique, dans le cadre de la Conférence métropolitaine, en abordant des thèmes précis, comme le logement, comme les transports, comme le développement économique. L?idée est bien de créer ensemble une communauté de projets plutôt que d?instituer une superstructure supplémentaire qui entraverait les initiatives plus qu?autre chose.

Dernier sujet, l?Etat, dont Patrick BLOCHE a parlé avec tant d?éloquence que je n?aurai pas grand-chose à ajouter. Je veux quand même dire qu?il y a un certain mérite collectif à stabiliser les taux d?imposition pendant huit budgets consécutifs, avec un Etat qui se dérobe à ses responsabilités.

Le Maire a rappelé le chiffre de 200 millions d?euros. Je rappelle 106 millions d?euros dus au titre du Revenu Minimum d?Insertion en 2005, 2006 et 2007. Je rappelle aussi près de 50 millions d?euros pour la couverture du périphérique et de petites défausses, mais qui, additionnées, font des défaillances politiques et des manques budgétaires importants : une moindre contribution de la Caisse des allocations familiales pour la petite enfance ; une diminution des emplois aidés ; une réduction du soutien aux associations dans les quartiers politique de la ville. Et on sait que la politique de la ville repose sur des investissements, mais aussi et surtout sur le maintien ou la recréation d?un lien social et les associations y jouent un rôle tout à fait important.

Sur le tramway, le Maire l?a dit, pas un centime pour aller de la porte d?Ivry à la porte de la Chapelle. Nous espérons que l?Etat apportera une contribution pour aller, comme c?est très souhaitable, de la porte de la Chapelle à la Porte d?Asnières.

Puis, Mme de SARNEZ en a parlé, nous attendons les terrains de l?Etat. Je ne commenterai pas sa volonté d?installer le pentagone français en petite ou en grande couronne, mais c?est un fait que l?Etat dispose de terrains, et le Maire en a fait la liste dans son exposé introductif, qui seraient mieux utilisés à construire des logements sociaux, de l?activité, de l?équipement public et des espaces verts.

J?en viens aux orateurs de l?opposition et principalement à Mme de PANAFIEU.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Christian, des oppositions, M. BARIANI y tient et il a raison.

M. Christian SAUTTER, rapporteur. - Des oppositions, je fais amende honorable. Aux orateurs des oppositions. M. BARIANI a souvent raison.

Je voudrais surtout répondre à Mme de PANAFIEU qui a pris de grands airs.

D?abord, elle a voulu nous chanter l?air de la transparence et j?ai trouvé cela un peu pittoresque lorsqu?elle a fait allusion aux attributions de logements sociaux dans sa longue diatribe contre notre politique en matière de logement social.

En ce qui concerne la gestion de la Ville, je ne rappellerai pas les rapports des auditeurs qui jugent effectivement de la seule situation financière. Je rappellerai le rapport de la Chambre régionale des Comptes sur la période 2002-2006.

Et je voudrais, Madame de PANAFIEU, rendre hommage?

Je voulais dire que la Commission des Finances présidée par Jacques BRAVO a travaillé, mois après mois, à obtenir davantage d?informations, à mener davantage de débats techniques et politiques.

Je voulais dire que M. LEGARET nous a précisé, jeudi, qu?il réservait ses propos pour la séance du Conseil de Paris.

Je voulais dire à M. LEGARET, et je le dis à tous les Parisiens qui nous regardent sur Internet, combien je suis triste de ne pas avoir ce débat démocratique avec mon prédécesseur qui est parfois excessif, mais souvent permet de préciser un certain nombre de points.

Je pense, Madame de PANAFIEU, que le fait que vous ayez bâillonné votre groupe n?est pas bon pour la démocratie municipale.

Je voudrais, en deuxième lieu, évoquer l?air de la calomnie pour lequel vous avez, je le reconnais, un certain talent. Je voudrais citer trois sujets.

Tout d?abord, le logement social. Sur le logement social, vous le savez, Madame de PANAFIEU, au mois de février 2001, seulement une centaine d?immeubles insalubres avait été recensée par la majorité dont vous étiez un membre éminent.

Entre février et avril 2001, nous sommes passés de cent immeubles insalubres à 100 immeubles insalubres. Je voudrais dire, et je ne me lasserai pas de le répéter car c?est une tâche extrêmement difficile qui a été engagée avec courage, que 80 % de ces immeubles que nous avons découverts, parce que vous les aviez cachés? Absolument ! 80 % de ces immeubles ont été réhabilités ou sont en voie de réhabilitation.

Je voudrais dire aussi que 19.000 personnes, qui vivaient sous votre autorité, dans des conditions indignes ont été relogées. Et je pense que ceci mérite d?être cité.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

Je voudrais ajouter que sur les ventes à la découpe, Patrick BLOCHE l?a dit, 8.000 logements ont été rachetés. Vous avez cité le logement étudiant, propos incroyable : 125 logements étudiants sous votre mandature, 3.600 sous cette mandature. Je pense que le contraste...

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

M. LE MAIRE DE PARIS. - C?est beaucoup 3.600 !

M. Christian SAUTTER, adjoint, rapporteur. - Je crois qu?il me paraît extrêmement difficile.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Ecoutez, nous l?avons bien financé ! C?est vrai que cela paraît incroyable par rapport aux quelques dizaines qu?il y avait avant.

Mme Françoise de PANAFIEU, maire du 17e arrondissement. - Cela fait 7 ans !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Oui, mais en 7 ans, 3.600 logements étudiants et en six ans moins de 500 ! Nous sommes au-delà de nos engagements. Arrêtez ! Vous nous avez fait la surprise, respectez votre surprise ! Vous ne mettez même pas en oeuvre vos propres surprises ! Allez, Monsieur SAUTTER.

Chut ! On écoute M. SAUTTER ! Il est excellent.

M. Christian SAUTTER, adjoint, rapporteur. - Si je peux continuer, Madame de PANAFIEU à vous répondre, franchement sur le logement étudiant, il n?y a pas photo !

Dernier point sur le personnel, et là encore je trouve que vous avez été trop loin. Ce que vous avez dit du personnel de la Ville et ce que vous avez dit du personnel de la propreté, n?est franchement pas digne. Le Maire de Paris a rendu hommage à tous les personnels, et en particulier au personnel de la propreté. Je pense qu?il y a dans l?administration de cette ville une conscience professionnelle, une qualité de la direction, un engagement des adjoints, qui méritaient un peu plus de respect.

Je voudrais terminer en citant l?air de la réaction que vous avez chanté. Vous avez exalté la liberté et c?est vrai que la liberté du marché a donné de bons résultats durant les années 1990. Le laisser-faire qui a été la pratique de l?époque. 130.000 emplois perdus, l?augmentation des taux de fiscalité de moitié entre 1990 et 1999, une logique urbaine où l?on ne faisait pas ou peu. Lorsque nous sommes arrivés, il n?y avait pas de terrains à aménager. C?est donc facile de nous dire de construire des logements sociaux alors que vous laissiez des friches absolument pas aménagées. Donc vous travailliez, ou plutôt vous ne travailliez pas à l?époque, à une dynamique de ville où il y avait, certains l?on dit, des ghettos de pauvres, d?un côté et des ghettos de riches, de l?autre.

Un dernier point sur lequel je voudrais dire un mot, Madame de PANAFIEU. Le commerce est un sujet important qui prête facilement aux envolées lyriques et surtout mensongères. En la matière, qui a donné à la SEMAEST le pouvoir de préempter des commerces de façon à maintenir la diversité des commerces, et notamment à maintenir des commerces alimentaires ? Qui a étendu le champ de cette société d?économie mixte au quartier des Epinettes-Jonquière dans le 17e arrondissement ? Qui a fait en sorte, et je crois que c?est assez rare, que les effectifs, de commerçants et d?artisans à Paris soient restés stables ?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Plus 64 commerces, c?est assez rare en France !

Tout cela a été mis en ?uvre non seulement avec la Chambre de Commerce et d?Industrie mais aussi avec la Chambre des Métiers que vous oubliez !

M. Christian SAUTTER, adjoint, rapporteur. - Chère Madame de PANAFIEU, vous faites, et c?est votre droit, un usage partisan de la Chambre de Commerce et d?Industrie de Paris, dont les chiffres montrent et dont les bulletins mentionnent le dynamisme retrouvé de l?économie parisienne. Je vous enverrai les photocopies si vous le voulez.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

Je ne voudrais pas non plus trop dépasser les dix minutes, même si je pourrais en dire encore longtemps sur vos propos, mais je voudrais dire qu?il y a un point sur lequel, Madame de PANAFIEU, nous ne sommes pas d?accord. Nous pensons que ce budget doit être exécuté pour le bien des Parisiens. Il est certain que si le scénario catastrophe, que vous avez évoqué dans votre conclusion, se mettait en oeuvre, c?en serait fini du Plan Climat que pourtant vous avez voté, c?en serait fini de la politique du logement social et c?en serait fini du redressement économique de Paris. Les Parisiennes et les Parisiens en souffriraient ; je ne recommande pas votre médecine !

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Christian SAUTTER.

Un simple commentaire supplémentaire à ce stade de notre débat : il y a sept ans, en décembre 2000, la situation était tellement grave que la majorité municipale ne s?est pas assumée ; c?étaient les invectives ?nains de jardin?, etc., Et cette majorité n?a pas pu faire son devoir, celui que lui avait donné le suffrage universel.

Nous travaillerons dans cette séance, nous nous contredirons, c?est normal, mais il faudrait le faire avec respect ; il n?est pas besoin d?y mettre de la haine, il suffit de mettre nos convictions qui sont profondément différentes mais Paris se sera au moins redressée de ce point de vue. Paris aura un budget, il sera exécuté et les électeurs librement feront ce qu?ils veulent et enverront l?équipe qu?ils veulent.

Mais la grande différence, c?est qu?il y a une Assemblée qui siège, qui travaille, qui se contredit, qui fait autre chose que s?insulter et qui surtout élabore et votera un budget. Je tiens à faire valoir cette différence qui, du point de vue de la dignité démocratique comme dirait M. POZZO-DI-BORGO, est quand même autre chose.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).