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Decembre 2007
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2007, Vœu déposé par le groupe “Les Verts” portant sur l’enquête publique sur le CDG Express. Voeu déposé par le groupe UMP relatif à l’avis du Conseil de Paris sur le projet CDG Express.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2007


 

Mme Danièle HOFFMAN-RISPAL, adjoint, présidente. - Nous examinons à présent les v?ux référencés n° 84 et n° 85 dans le fascicule, déposés respectivement par les groupes ?Les Verts? et U.M.P., relatifs au projet CDG Express, sur lesquels l?Exécutif a déposé le v?u référencé n° 84 bis.

Monsieur NAJDOVSKI, vous avez la parole.

M. Christophe NAJDOVSKI. - Merci, Madame la Maire.

C?est un v?u proposé par mes collègues Denis BAUPIN, Véronique DUBARRY, Charlotte NENNER, ainsi que l?ensemble des élus du groupe ?Les Verts?.

D?après le dossier d?enquête publique, le projet de CDG Express aura pour conséquence la dégradation sévère de l?environnement de deux quartiers parisiens.

Le quartier de la Porte de la Chapelle verra une augmentation considérable des nuisances sonores pour des milliers d?habitants et d?usagers. Encore une fois, les inégalités environnementales vont s?ajouter aux inégalités sociales. Le projet CDG Express renforcera également la coupure urbaine de ce quartier et obérera tout projet de requalification urbaine.

Le quartier de la Gare de l?Est verra sa circulation automobile augmenter de plusieurs milliers de véhicules motorisés en plus chaque jour, car environ un tiers des usagers de CDG Express continueront leur route en taxi ou en voiture particulière.

Cette infrastructure ne répondrait en rien aux lacunes des transports en commun en Ile-de-France ; l?argent investi dans ce projet - c?est 600 millions d?euros, rappelons-le - ne le sera pas dans les transports en commun en banlieue. La priorité absolue, en termes de financement de nouvelle ligne ferroviaire, doit plutôt porter sur le projet de métro de rocade reliant les communes de banlieue - c?est le projet Arc Express ou Métrophérique - tandis que le projet CDG Express fera obstacle à des projets alternatifs d?amélioration de la desserte, car n?importe quel projet pouvant faire concurrence au CDG Express sera interdit.

Le projet de CDG Express est contraire aux principes du S.D.R.I.F. qui vise à évoluer vers une agglomération polycentrique et à développer les transports en commun de banlieue à banlieue.

L?Etat prétend que ce projet ne coûtera rien en argent public. Toutefois, en raison des engagements du S.D.R.I.F. sur la limitation du trafic aérien et de l?augmentation considérable du prix du kérosène prévue dans les années à venir, il semble que les prévisions de trafic du CDG Express soient largement surestimées. Cette infrastructure, qui sera rapidement surdimensionnée, ne pourra pas fonctionner sans argent public. La collectivité devra probablement subventionner cette ligne ferroviaire au détriment d?autres projets.

Le CDG Express, s?il voit le jour, sera un projet élitiste réservé aux usagers aisés (16 euros le ticket) ; les autres continueront à utiliser le RER B. Ce projet instaurera les transports publics à deux vitesses.

D?autres projets alternatifs seraient efficaces, plus rapides dans leur mise en ?uvre et moins coûteux. Il s?agit en particulier de l?amélioration du RER B, réclamée depuis des années, d?une voie réservée aux bus et aux taxis sur l?autoroute A1, ainsi que de lignes de bus Express de haute performance reliant, via les autoroutes franciliennes et le boulevard périphérique, l?aéroport aux pôles touristiques et économiques de l?agglomération parisienne qui sont les destinations privilégiées des usagers de l?avion : Saint Lazare, la Défense, la Plaine-Saint-Denis, Marne-la-Vallée, etc.

Ces solutions seraient à la fois plus aisées à adapter à l?évolution du trafic de l?aéroport, moins onéreuses, plus respectueuses des territoires et plus conformes à l?intérêt général.

L?Etat souhaite passer en force en imposant un projet élitiste, inadapté à l?agglomération parisienne, contraire au S.D.R.I.F., coûteux, surdimensionné et néfaste à l?environnement des 10e et 18e arrondissements.

C?est pourquoi nous proposons le v?u suivant : que le Conseil de Paris émette un avis défavorable au projet de CDG Express, et que cet avis soit notifié dans le registre d?enquête publique.

Je vous remercie.

Mme Danièle HOFFMAN-RISPAL, adjoint, présidente. - Madame DOUVIN, s?il vous plaît, pour le v?u n° 85.

Mme Laurence DOUVIN. - Merci.

Nous savons que la plateforme de Roissy, premier aéroport d?Europe continentale, souffre d?une congestion chronique des autoroutes A1 et A3, puisqu?on estime à 60.000 voitures le nombre de déplacements routiers quotidiens pour se rendre à l?aéroport, ce qui est évidemment considérable et lourd de conséquences sur le plan environnemental.

Sur le plan économique, nous savons que les temps de parcours du mode routier, qui sont aléatoires, et les insuffisances chroniques du RER B contribuent à déclasser la place de Paris en tant que métropole internationale vis-à-vis de ses concurrentes, dont la plupart, il faut bien le dire, comptent des liaisons rapides, fiables et confortables par rail avec leur aéroport. L?absence d?une telle liaison est vivement critiquée par les investisseurs internationaux et ne peut que contribuer à pénaliser l?économie de Paris.

Il apparaît donc important de diminuer significativement la part routière pour des considérations environnementales et économiques.

Pour ces motifs, la réalisation d?un projet de liaison ferroviaire entre Paris et l?aéroport de Roissy, qui soit principalement dédié aux passagers aériens, ne peut que s?imposer pour assurer le rayonnement de Paris.

Toutefois, ce projet, soumis à enquête publique, suscite un certain nombre de réserves qu?il convient de mentionner pour arriver à un projet véritablement partagé et qui optimise les intérêts de chacun et l?intérêt général.

Voici ces réserves que nous souhaitons soumettre au vote d?un v?u du Conseil de Paris :

- l?amélioration de la ligne B est un préalable indispensable pour éviter la création d?un réseau à deux niveaux ;

- la tarification et les conditions d?exploitation du RER B pour les trajets en lien avec Roissy doivent pouvoir être déterminées en toute indépendance par rapport au projet CDG Express ;

- le projet CDG Express doit pouvoir proposer des tarifs réduits pour les usagers fréquents et pour les salariés de la plateforme notamment ;

- les infrastructures réalisées, quand on pense à l?avenir, doivent permettre à la liaison aéroportuaire de pouvoir à terme s?insérer dans le tunnel du RER E (Eole), afin de desservir les quartiers d?affaires de Paris, dans un souci de conforter la position de l?Ile-de-France dans la compétition avec les autres métropoles internationales ;

- la réalisation de la liaison piétonne mécanisée entre la Gare du Nord et la Gare de l?Est doit être entreprise - on sait que c?est une nécessité -, afin d?être ouverte au plus tard à la mise en service de CDG Express ;

- ce projet ne doit nullement obérer les capacités de la gare de fret ferroviaire de ?la Chapelle Charbons? ;

- le raccordement utilisé par le projet CDG Express entre le faisceau ferroviaire de la Gare du Nord et celui de la Gare de l?Est doit faire l?objet d?un enfouissement, au minimum dans le secteur de la Porte de la Chapelle, afin de préserver la quiétude des riverains et de faciliter la réalisation ultérieure d?un projet urbain ambitieux qui vise notamment à effacer la coupure entre Paris et Saint-Denis.

Je voudrais également dire, sur le v?u présenté par l?Exécutif, que nous y sommes favorables mais nous estimons que le Maire n?a pas besoin d?un v?u du Conseil de Paris pour transmettre au président du débat public la teneur de notre délibération et du v?u du mois de décembre 2006.

Néanmoins, nous sommes favorables au principe du v?u s?il est vraiment nécessaire.

Je vous remercie.

Mme Danièle HOFFMAN-RISPAL, adjoint, présidente. - Pour répondre, la parole est à M. BAUPIN.

M. Denis BAUPIN, adjoint, au nom de la 3e Commission. - Merci, Madame la Maire.

J?ai du mal à suivre le raisonnement de Mme DOUVIN qui propose un voeu mais qui se demande si le v?u est vraiment nécessaire. Oui, nous pensons qu?il est pertinent...

Mme Laurence DOUVIN. - Ce n?est pas cela.

M. Denis BAUPIN, adjoint, rapporteur. - D?accord, un voeu serait nécessaire si c?est le vôtre et il serait moins nécessaire si c?est le nôtre ! C?est un peu compliqué à suivre sur la forme du raisonnement. J?ai beaucoup de mal à vous comprendre?

Mme Danièle HOFFMAN-RISPAL, adjointe, présidente. - Laissez M. BAUPIN s?exprimer, s?il vous plaît !

M. Denis BAUPIN, adjoint, rapporteur. - C?est dire à quel point nos modes de raisonnement ne sont pas exactement les mêmes, de la même façon en effet que celui qui vous conduit, Madame DOUVIN, à lister une série impressionnante de critiques sur le projet ?CDG Express?, et à nous dire que finalement il faut être pour !

Franchement, pour avoir suivi moi-même ce dossier à de nombreuses reprises depuis plusieurs années, évidemment toutes ces remarques que vous faites et qui sont particulièrement pertinentes sur les critiques que vous apportez à ce projet, je les ai faites, refaites et re-refaites aux services de l?Etat, et évidemment ils m?ont expliqué que s?ils intégraient l?ensemble de ces propositions, le projet tombait à l?eau. Ils n?étaient plus capables de trouver un investisseur privé qui soit prêt à faire le projet dans ces conditions.

Et c?est bien toute l?esbroufe qu?il y a autour de ce projet que d?essayer de nous faire croire que ce projet puisse être financé par un opérateur privé sans que cela ne coûte rien aux fonds publics, alors que clairement les conditions dans lesquelles ce projet est réalisé comportent un coût. Un coût d?ores et déjà évident de nuisances qui seraient conséquentes à l?ensemble de ces choix qui sont redoutables pour la Ville de Paris, pour l?ensemble des riverains, pour les territoires concernés, pour l?utilisation des voies ferrées, pour l?empêchement que cela pourrait induire pour la mise en place d?autres propositions de desserte de ?Charles-de-Gaulle Express? sans compter que tout cela est basé sur des hypothèses assez farfelues, en ce qui concerne l?évolution du trafic aérien qui laisse croire que le trafic aérien va continuer à exploser à Roissy et que c?est ce qui financerait ce ?CDG Express?.

Nous avons déjà vu avec ?OrlyVal? à quel point des projets pharaoniques comme ceux-là sont réalisés soi-disant sur des coûts privés et après c?est la collectivité qui doit compenser?

Mme Danièle HOFFMAN-RISPAL, adjointe, présidente. - S?il vous plaît, Madame DOUVIN !

M. Denis BAUPIN, adjoint, rapporteur. - Vous n?avez pas le même point de vue, j?ai bien compris et je peux comprendre que vous défendiez le projet du Gouvernement, cela me paraît assez cohérent avec votre position. Permettez-nous d?avoir une position différente, d?avoir le sentiment qu?aujourd?hui la façon dont est évaluée l?évolution du trafic aérien est totalement surréaliste par rapport aux enjeux écologiques globaux, par rapport à l?évolution du prix du pétrole, par rapport aux nuisances que subissent les riverains de Roissy, et donc de considérer que ce projet ?CDG Express? ne pourra pas être économiquement rentable et que c?est un leurre d?essayer de faire croire aux habitants que ce projet sera intégralement financé sur fonds privés.

C?est pour ces raisons que les critiques, que nous avons de part et d?autres de cet hémicycle sur ce projet tel qu?il est réalisé aujourd?hui, sont grosso modo à peu près les mêmes, à quelques exceptions près, mais qu?on aboutit à la conclusion exactement inverse de la vôtre. C?est-à-dire que puisque nous avons autant de critiques à faire sur ce projet, nous souhaitons qu?il soit revu, d?où le v?u n° 84 bis de l?Exécutif.

J?invite donc le groupe ?Les Verts? à retirer le v?u n° 84 au profit du v?u n° 84 bis et éventuellement aussi le groupe U.M.P. à retirer le v?u n° 85 au profit du v?u n° 84 bis.

Mme Danièle HOFFMAN-RISPAL, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur BAUPIN.

L?Exécutif a déposé un voeu n° 84 bis en réponse aux v?ux n os 84 et 85. Sont-ils maintenus ? Monsieur LEGARET, vous avez la parole pour une explication de vote, mais très rapide, s?il vous plaît.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Bien sûr, nous maintenons le v?u n° 85. Je voudrais savoir si M. BAUPIN s?exprime au nom de l?Exécutif ou en son nom personnel, parce que ce qu?il vient de dire est assez ahurissant. Dire qu?il faut mettre un terme au trafic aérien en France et en Ile-de-France, c?est formidable, c?est extraordinairement positif ! Je pense que c?est d?ailleurs comme cela que Paris aura sa place de grande capitale touristique en Europe et dans le monde ! On atteint quand même des sommets d?incohérence et d?irresponsabilité. J?aimerais savoir si M. BAUPIN s?exprime au nom de l?Exécutif et en tant qu?adjoint au Maire de Paris ou s?il divague, comme il lui arrive souvent de le faire.

La deuxième chose, franchement, le v?u n° 84 bis, nous sommes d?accord pour en adopter les considérants, mais le contenu même du v?u souhaitant que le Maire de Paris transmette au Président de la Commission d?enquête les éléments d?information, c?est absolument renversant. Si le Maire de Paris ne l?a pas déjà fait, c?est qu?il y a une lacune. Je pense qu?on pourrait effectivement souhaiter que le Maire de Paris s?empresse de le faire. Mais que le Conseil de Paris s?abaisse à adresser un v?u pour que le Maire de Paris transmette au Président de la Commission d?enquête les éléments qui sont utiles à l?enquête, je dois dire que je n?ai encore jamais vu dans cette assemblée un v?u ainsi libellé. On atteint des sommets ! Je me permettais de le dire.

Je pense que l?Exécutif serait bien inspiré en ne faisant pas figurer, par respect même de la fonction du Maire de Paris, dans ce v?u ce membre de phrase.

Mme Danièle HOFFMAN-RISPAL, adjointe, présidente. - Merci.

Je vous demande s?il est maintenu, Monsieur NAJDOVSKI.

Le v?u n° 84 est retiré.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe U.M.P., assortie d?un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de v?u déposé par l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de v?u est adopté. (2007, V. 358).

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - S?il vous plaît, en un mot, je souhaite et demande expressément que le libellé du v?u n° 84 bis soit publié.

Mme Danièle HOFFMAN-RISPAL, adjointe, présidente. - Tout ce qui se dit dans ce Conseil est publié au B.M.O. Vous le savez pertinemment.

Nous avons encore plusieurs v?ux. Je vais peut-être vous demander, mes chers collègues, d?aller un peu plus rapidement.