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Octobre 2005
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Conseil Général
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2005, DASES 205 G - Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer une convention annuelle fixant les conditions d’attribution d’une subvention d’un montant de 10.000 euros à l’association “Oeuvre de secours aux enfants” située 117, rue du Faubourg du Temple (10e) pour emmener les aînés parisiens atteints de la maladie d’Alzheimer en séjours thérapeutiques.

Débat/ Conseil général/ Octobre 2005


 

M. Christian SAUTTER, président. - Nous arrivons à l?examen du projet de délibération DASES 205 G sur lequel M. PAGÈS veut interroger Mme HOFFMAN-RISPAL. Il s?agit d?une subvention de 10.000 euros à l?association ??uvre de secours aux enfants? pour emmener leurs aînés parisiens atteints de la maladie d?Alzheimer en séjours thérapeutiques.

Alors, sur ce beau projet, la parole est donnée à M. PAGÈS.

M. Olivier PAGÈS. - Merci, Monsieur le Président.

Je voudrais, à l?occasion de ce projet de délibération, poser la question de la prise en compte du droit des personnes âgées, quelle que soit leur autonomie physique et psychique, leur niveau de revenu, à bénéficier de vacances, moment à part qui permet de vivre des expériences différentes.

L?association ?L??uvre de secours aux enfants? s?est posé cette question pour les personnes âgées qu?elle suit en proposant trois fois par an des séjours d?un mois dans le Calvados. Nous la soutenons.

Cette association a mis l?accent essentiellement sur la fonction thérapeutique. Ce n?est cependant pas la seule vocation qui puisse être donnée aux propositions de séjours qui peuvent être faites aux Parisiens âgés. Ils doivent aussi permettre de rompre l?isolement social dont beaucoup sont victimes d?une part, et garantir à ceux et à celles qui sont en perte d?autonomie le droit aux vacances d?autre part.

Deux axes devraient donc être davantage pris en compte par la Ville qui doit pouvoir jouer un rôle moteur : le développement d?une offre plus abondante de voyages adaptés aux Parisiens en perte d?autonomie, c?est que préconisait très justement la mission d?évaluation des conséquences de la canicule à Paris ; le développement de séjours plus diversifiés mettant davantage l?accent sur le lien social.

Sur le premier point, on ne peut que constater que la Ville, à travers l?offre des séjours du Centre d?action sociale de la Ville de Paris, ne fait pas complètement figure d?exemple aujourd?hui. En effet, si le C.A.S.-V.P. propose un large panel de voyages aux Parisiens âgés, ceux-ci ne concernent dans les faits que les personnes âgées valides, à l?exception de deux formules de séjours mis en place depuis 2004 qui s?adressent, en partie ou totalement, aux Parisiens handicapés. Les personnes âgées d?un niveau de perte d?autonomie supérieure aux GIR5-6 sont exclues de l?offre actuelle.

Le C.A.S.-V.P. n?est pas, il est vrai, en capacité aujourd?hui, tant au niveau structurel qu?au niveau financier, d?assurer une offre de qualité en direction de ce public. Il faudrait envisager de lui allouer des moyens supplémentaires en termes de personnel et de financement.

Pour le deuxième point, organiser des vacances en groupe pour les personnes âgées est une bonne chose, car cela favorise les liens entre les personnes âgées. Les accompagnateurs étant souvent plus jeunes, un lien intergénérationnel peut également se créer.

Mais on pourrait aller encore plus loin, être plus novateur en mettant en place des séjours intergénérationnels pensés différemment qui ne mettent pas uniquement en jeu la solidarité des plus jeunes en direction des plus âgés. Le concept en est simple : permettre à des enfants et des anciens de partir ensemble pendant quelques jours à la découverte d?un lieu, d?une histoire, d?une culture et de s?enrichir mutuellement de ces expériences.

Différentes formules sont à trouver ou à développer. Par exemple, des séjours linguistiques et culturels à l?intention des collégiens, lycéens et des retraités faisant l?apprentissage d?une même langue étrangère.

Autre exemple, on peut imaginer que des séjours dans leurs pays d?origine soient proposés à des migrants âgés accompagnés par des enfants ou adolescents ne connaissant pas le pays. Cela permettrait à des jeunes de découvrir ce pays autrement.

Tout cela est possible mais il faut une impulsion franche que la Ville pourrait donner.

Les voyages intergénérationnels, pour terminer, Monsieur le Président, pourraient par ailleurs s?articuler de façon complémentaire avec les actions qui peuvent être menées tout au long de l?année. C?est dans ce sens que s?est, par exemple, inscrite la démarche de la Résidence de Bonneuil-sur-Marne où est intégrée une halte-garderie. Dans la continuité des échanges réguliers entre les enfants de la halte-garderie et les personnes âgées de la résidence, elle a organisé un mini-séjour de 2-3 jours réunissant des enfants de la halte-garderie et des résidents désorientés.

J?en ai terminé - j?ai un peu débordé sur le sujet de la délibération - et je vous confirme que le groupe ?Les Verts? votera bien évidemment la subvention à l?association.

Je vous remercie.

M. Christian SAUTTER, président. - Vous êtes pardonné, Monsieur PAGÈS.

Mme HOFFMAN-RISPAL va vous répondre, peut-être pas sur tout le vaste champ que vous avez ouvert.

Mme Danièle HOFFMAN-RISPAL, au nom de la 6e Commission. - Quelques mots, Monsieur le Président. Merci.

Monsieur PAGÈS, vous avez salué le projet de ?L??uvre de secours aux enfants?, de voyages thérapeutiques pour les personnes âgées atteintes de la maladie d?Alzheimer et de leurs proches, et je vous en remercie. C?est vraiment un beau projet, car ce séjour en Normandie permet aux personnes âgées atteintes de troubles neuro-dégénératifs d?être accompagnées dans un autre environnement que le leur, mais par les personnes qui les suivent toute l?année ; ce qui, là aussi, assure du lien social.

Au-delà, il permet surtout aux familles de bénéficier de moments de répit, ce qui est important, en évitant tout sentiment de culpabilité. Et vous savez à quel point je tiens au répit des familles comme élément essentiel du soutien à domicile. Donc, on essaie au fur et à mesure des initiatives de les soutenir, et c?est le cas avec la mise en place des groupes de parole, des voyages, en passant par la multiplication des centres d?accueil de jour.

Je suis vraiment à la disposition du Conseil si, un jour, vous voulez aller voir un accueil de jour de ce type parce que c?est vraiment extraordinaire.

Et puis, vous nous parlez du C.A.S.-V.P. Alors, vous avez demandé déjà il y a quelques mois, Monsieur PAGÈS, à mon cabinet d?ouvrir les perspectives de ce que pourrait faire le C.A.S.-V.P., en termes de voyages intergénération et nous y travaillons.

Mais vous me permettrez quand même de vous donner quelques chiffres sur ce que nous avons fait en 2004 : 2 excursions de 4 jours destinées à des personnes atteintes de troubles psychiques, et 14 excursions ont été proposées à des personnes âgées en perte d?autonomie hébergées dans nos résidences médicalisées. C?est plus facile quand elles sont dans des résidences que quand elles sont à domicile : faut-il les contacter, faut-il pouvoir les trouver.

De plus, le C.A.S.-V.P. propose chaque année aux Parisiennes et aux Parisiens retraités des excursions de 1, 3 à 4 jours ainsi que des voyages d?une semaine en France et en Europe, 141 séjours en 2004, 6.210 personnes. Ces voyages sont destinés aux personnes les plus précarisées et c?est là que nous avons fait un gros effort parce que j?y tenais vraiment. Le C.A.S.-V.P. doit assurer son lien social et ces voyages ont été réservés à 81 % à des personnes qui soit ne paient pas d?impôt, soit paient à hauteur de 351 euros d?imposition par an. Nous assurons dans ce cas-là une fonction sociale en proposant des voyages à ceux qui en ont le plus besoin parce que? Je ne sais pas, Monsieur PAGÈS, si vous faites tous les salons des seniors, il y en a plein maintenant, c?est devenu très à la mode : et les seniors peuvent aussi s?adresser à des voyagistes qui leur proposent des voyages spécialement conçus pour eux. Donc, nous, notre mission et notre rôle, c?est de permettre à celles et à ceux qui n?en ont pas les moyens de partir, c?est ce que nous faisons.

Sur l?intergénération, je suis prête à y travailler, je vous l?ai déjà dit. Cela demande un peu de temps mais? - j?espère un jour répondre favorablement - mais laissez-nous le temps de voir comment c?est faisable, y compris ? parce que, vous savez, les seniors partent souvent en dehors des périodes scolaires, ce qui n?est pas forcément facile dans ce cas-là avec les petits-enfants.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci beaucoup, Madame HOFFMAN-RISPAL, pour cette réponse très complète et très encourageante.

Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 205 G.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2005, DASES 205 G).