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Fevrier 1996
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7 - Communication de M. le Maire de Paris relative à la politique du sport à Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Février 1996




M. LE MAIRE DE PARIS.- Mes chers collègues, le sport est porteur de valeurs positives : valeur éducative, valeur d'exemplarité, valeur d'équilibre et d'insertion sociale, valeur de convivialité. Parce qu'il est porteur de ces valeurs et de bien d'autres, il est, il doit être fédérateur et mobilisateur pour les Parisiens. Il se doit aussi d'être le vecteur d'une image valorisante pour notre Capitale.
480.000 licenciés, mes chers collègues, soit plus d'un Parisien sur cinq- j'insiste sur ce point, plus d'un Parisien sur 5- et des milliers d'autres pratiquent le sport dans nos équipements et à tous niveaux. Des dizaines de milliers de supporters encouragent chaque semaine nos équipes, les plus grandes comme le "Paris-Saint-Germain", comme les plus modestes dans nos quartiers. Les Parisiens enfin ont la possibilité chaque année d'assister à des dizaines de compétitions internationales du plus haut niveau dans pratiquement toutes les disciplines. La coupe du monde de football qui se déroulera en France en 1998 sera suivie sans doute par plus de 1,5 milliard de téléspectateurs et fera de Paris pendant quelques semaines la capitale mondiale du sport.
Elément de rassemblement de nos concitoyens, la politique sportive constitue donc à la fois l'un des éléments clés de notre équilibre social et l'un des atouts du rayonnement national et international de Paris. Ces dernières années, la Municipalité s'est précisément efforcée, avec succès, de concilier les impératifs du sport de masse et les exigences du sport de haut niveau.
Cette réussite tient incontestablement tout d'abord à un effort très soutenu, mené depuis trois mandatures, pour rattraper le retard qui se manifestait en ce domaine. Chacun peut apprécier les progrès réalisés depuis 18 ans, aussi bien pour les équipements sportifs que pour le développement du sport de haut niveau comme pour celui des pratiques sportives des Parisiens. Je vais détailler brièvement ce bilan car il constitue le socle de notre action future.
Mais au-delà, je vous propose de fixer les grands principes de la politique municipale à mener dans les années à venir.
Il faut tout d'abord poursuivre dans la voie que nous avons tracée tout en adaptant notre politique municipale à l'évolution du monde sportif et aux attentes nouvelles des Parisiens.
Il faut parallèlement faire de la politique du sport l'un des éléments de réponse aux grands enjeux urbains des années à venir, qu'il s'agisse d'insertion des jeunes, de prévention de la délinquance ou d'aménagement des rythmes scolaires.
Les réalisations de ces dernières années constituent la base sur laquelle toutes les ambitions pour l'avenir pourront se construire. On peut, de manière certes très succincte, résumer ainsi le bilan des dernières mandatures : un réseau d'équipements à la fois digne d'une capitale et proche de ses habitants, une politique sportive mise au service du plus grand nombre.
Une ville de l'importance de Paris doit pouvoir disposer d'un maillage d'équipements d'importance variée pour répondre à des attentes très diverses.
Il doit permettre l'accueil des manifestations de haut niveau et de grande affluence organisées par les fédérations sportives. Le Palais omnisports de Bercy et le stade Sébastien-Charléty sont venus s'ajouter, à l'occasion de chacune des deux dernières mandatures, à la liste des grandes réalisations dont la Capitale a besoin pour les compétitions de très grande qualité et de prestige. Le stade Sébastien-Charléty, achevé en 1994, doit encore trouver son rythme de croisière mais il s'est déjà imposé comme le haut lieu de l'athlétisme français, en même temps que pour le rugby. Bercy, vous pouvez le voir dans la presse chaque jour, connaît un énorme succès. A titre d'exemple, et pour la seule année 1995, le Palais omnisports a accueilli 325.000 spectateurs pour 52 manifestations sportives.
Ce réseau d'équipements doit aussi permettre la compétition nationale et internationale et l'entraînement des clubs et des sportifs de haut niveau. Le stade nautique Georges-Vallerey, le gymnase Carpentier, le stade Pierre-de-Coubertin, sont des lieux symboliques de la tradition sportive parisienne. Leur rénovation menée entre 1988 et 1990 permet à la fois une programmation de très haut niveau et l'entraînement des sections sportives des meilleurs clubs de Paris. On pourrait ajouter à cette liste, mais on ne peut pas bien entendu tout citer, le complexe sportif Louis-Lumière, que chacun connaît, totalement adapté à l'accueil du sport des handicapés.
De quelle utilité seraient cependant de tels équipements s'ils n'étaient relayés par un réseau d'équipements de moindre taille, permettant la pratique sportive quotidienne des clubs, des scolaires et des individuels dans chaque quartier de Paris. En cela, les chiffres parlent d'eux-mêmes. Le nombre d'équipements parisiens a augmenté de 60 % entre 1977 et 1995. Chaque année des mandatures précédentes a vu la construction ou la réhabilitation en profondeur d'au minimum un ou deux gymnases, de plusieurs terrains d'éducation physique et salles spécialisées. Ainsi 90 équipements de nature diverse ont été ouverts. En cela, notre politique en matière de sport a contribué aux orientations de réaménagement urbain que notre Assemblée s'était fixée, à la fois pour une plus grande proximité des équipements municipaux mais aussi pour le rééquilibrage de l'Est parisien.
Toutefois l'existence d'un réseau si dense d'équipements ne prend tout son sens que si la Ville s'applique à obtenir leur utilisation optimale, en veillant à l'animation sportive de la Capitale et à une pratique du plus grand nombre de ses habitants.
Là encore, la volonté de trouver un équilibre entre le sport de haut niveau et le sport de masse a pu se concrétiser. Ainsi, les subventions sont attribuées quasiment à parité entre les clubs de haut niveau et les associations sportives. A cela s'ajoute l'important effort de 32,7 millions de francs consacré à notre équipe de football du "Paris-Saint-Germain".
Rappelons les grands axes mis en oeuvre les années passées pour favoriser le développement des pratiques sportives et l'accès de tous au sport.
Un encouragement par les aides financières tout d'abord : parmi les 2.000 associations sportives fréquentant les équipements sportifs municipaux, 618 associations et 53 comités sportifs ont bénéficié d'une subvention de fonctionnement pour un montant de 9,3 millions de francs. Il s'agit, il faut le souligner, d'une aide qui n'est nullement figée puisque la grande majorité de ces subventions font l'objet d'une évaluation par rapport à un objectif clairement défini et ont pour but de favoriser les projets innovants, en faveur des jeunes notamment. A cela s'ajoutent des subventions pour le fonctionnement des organismes qui constituent le relais indispensable de la vie sportive municipale, et notamment les Offices municipaux des sports implantés dans chaque arrondissement.
En deuxième lieu, la Ville a mis en place un dispositif très complet visant à favoriser la pratique du sport dès le plus jeune âge. Indispensable au développement harmonieux de nos enfants, l'éducation physique et sportive bénéficie de conditions (j'insiste sur ce point ) privilégiées.
Dans le cadre scolaire primaire tout d'abord, par l'intervention des 450 professeurs de la Ville de Paris qui sont des professionnels qualifiés au service des jeunes Parisiens. Un exemple illustre bien l'efficacité de ce système unique en France : aujourd'hui, non seulement la Ville remplit ses obligations légales dans le domaine de l'éducation de la natation, mais elle a pu aller au-delà en initiant les élèves plus jeunes, pour lesquels cet enseignement n'est pas obligatoire.
Dans le cadre extrascolaire ensuite, par la mise en place de structures sportives fonctionnant après la classe, le mercredi et pendant les petites et grandes vacances. Ce dispositif, fortement apprécié des familles, concerne chaque année plusieurs dizaines de milliers de jeunes Parisiens.
Cette politique en faveur d'une pratique du plus grand nombre, choix délibéré et permanent de la Municipalité, ne pourrait produire tous ses effets sans une valorisation de l'image de la Ville et l'attrait indéniable qu'exercent les champions sur nos concitoyens. C'est en cela qu'une aide au sport de haut niveau n'est pas opposée, mais bien complémentaire à celle consacrée au développement du sport pour tous.
A ce titre, Paris soutient des clubs aussi prestigieux que le "P.S.G. omnisports", le "Racing club de France", le "Stade français", le "Paris université club" ou le "Club athlétique des sports généraux". Elle soutient également de grands clubs comme le "Paris football club" qui évolue en National 1 et a un important rôle formateur en tant que structure omnisports de 2.500 adhérents. Elle soutient bien entendu l'équipe du "Paris-Saint-Germain". Sur ce point, on ne peut que se féliciter de notre persévérance car c'est grâce au partenariat que la Ville a su développer avec "Canal Plus" que le "P.S.G." a pu connaître les succès qui sont les siens, contribuant ainsi fortement au renom sportif de la Capitale. Je me réjouis d'avoir constaté sur ce point en particulier un accord unanime de notre Assemblée. Je me réjouis d'ailleurs très vivement qu'un engagement tout récent, approuvé par notre Assemblée et que je viens de signer avec tous les partenaires, permette à ce club d'évoluer au Parc-des-Princes jusqu'en l'an 2000, engagement qu'il sera bien entendu possible de prolonger dans l'avenir.
Les résultats positifs dans tous ces domaines de la politique sportive municipale ne conduisent pas à remettre en cause les orientations prises jusqu'alors. Il nous faut donc poursuivre donc la voie tracée avec un constant souci d'amélioration et d'adaptation à l'évolution de la pratique sportive.
En matière d'équipement, les efforts des années passées permettent d'envisager une stabilisation de nos investissements. Toutefois, outre l'entretien et la rénovation de l'existant, opérations pour lesquelles la Ville a consacré plus de 100 millions de francs en 1995, nous devons compléter le réseau de nos installations sportives ; en ce domaine, quelques axes prioritaires se dégagent.
Il convient tout d'abord de renforcer encore davantage la proximité de nos équipements avec la population. Ponctuellement, des besoins d'équipements destinés à la pratique des clubs et des scolaires se font sentir. Nous veillerons en fonction de nos contraintes financières, à les satisfaire. Cela est particulièrement vrai dans les nouvelles zones aménagées dont l'équilibre social repose sur la présence d'équipements sportifs, de détente, de loisirs et plus généralement d'ailleurs d'équipements publics. Dans le même esprit, les expériences menées pour la création d'équipements standardisés, d'un coût plus modeste mais de qualité, devront être poursuivis.
Mais, au-delà de ces opérations dont le but est de rapprocher les équipements des Parisiens, nous devons adapter ou remodeler également certains de nos grands centres sportifs qui ne l'ont pas encore été et qui ont vieilli.
Parmi nos équipements les plus connus, le Parc-des-Princes mérite une attention particulière. Son réaménagement, pour accueillir dans des conditions parfaites les 6 matchs de la coupe du monde qui s'y joueront, dont la finale pour la troisième place, est déjà entamé et se poursuivra jusqu'à la fin 1997.
Ces travaux de mise en conformité et d'amélioration exigent, vous le savez, un effort important de la Ville qui s'est engagée à hauteur de 31 millions de francs, l'Etat prenant à sa charge 14 millions de francs. Il s'agit d'un investissement à la hauteur de l'importance de l'événement. Mais, au-delà, le Parc devra être adapté à ce qu'est aujourd'hui la vie d'un grand club européen, faite de spectacles sportifs, mais aussi de convivialité, d'accueil, d'insertion dans l'environnement du quartier. Nous y travaillons avec nos partenaires.
La politique engagée ces dernières années devra également être poursuivie et renforcée dans le domaine de nos relations avec le mouvement sportif. La démarche partenariale, qui a toujours été la nôtre, doit être encore et toujours développée. Le sport apparaît en effet de plus en plus, au-delà de l'accomplissement physique, comme un facteur d'éducation, d'apprentissage du respect par les jeunes des valeurs personnelles et collectives, et plus généralement comme un facteur de cohésion sociale.
Le mouvement sportif est confronté à ces responsabilités nouvelles et, pour répondre à ces missions, doit bénéficier d'un soutien actif des collectivités locales. Bien entendu, le contexte budgétaire ne permet pas de multiplier les aides financières. En revanche, le développement des contrats d'objectifs, établis en concertation avec les associations sportives, doit permettre de donner un souffle nouveau à l'action que mouvements sportif et Municipalité mènent ensemble.
Cette démarche partenariale et de concertation doit ainsi nous guider pour l'aide aux clubs de haut niveau. Là encore, les contraintes d'ordre financier et juridique sont très fortes. L'évolution du sport de haut niveau, devenu de plus en plus professionnel, fait peser des charges financières difficilement supportables par les clubs seuls. Mais la Ville, de son côté, se doit d'agir dans le respect des impératifs légaux qui tendent à limiter les aides que les collectivités publiques peuvent accorder aux clubs. C'est dans ce cadre très strict que nos relations nouvelles doivent être fondées.
Nous poursuivons enfin nos relations avec les grandes fédérations sportives, notamment pour les aider à maintenir leur siège à Paris. Déjà la Fédération française de natation, la Fédération française d'athlétisme, la Fédération handisport ont bénéficié de l'aide de la Ville pour leurs installations. Enfin, l'Institut national du judo, porte de Châtillon, sera pour cette discipline riche de très grands champions français, un instrument de travail et de développement formidable, et verra ses travaux commencer dans les prochaines semaines.
Nous devons ainsi, au cours de cette mandature, faire du sport l'un des éléments de réponse aux grand enjeux urbains des années à venir. La politique d'insertion des jeunes et de prévention de la délinquance, l'aménagement des rythmes scolaires des enfants, la prise en compte de pratiques et d'exigences de loisirs nouveaux des Parisiens sont autant de données auxquelles le sport doit apporter sa contribution.
J'aborderai surtout l'aspect de la prévention de la délinquance et de l'aménagement des rythmes scolaires, vus sous l'angle sportif, car ils sont l'objet de débats actuels de notre société.
Le sport reste un modèle de référence chez les enfants et chez les jeunes. Il véhicule des valeurs fortes, telles que la santé, la sociabilité, le goût de l'effort, le respect de l'autre. C'est pour cette raison que la Ville a déjà mis en place un dispositif de prévention par le sport.
Parallèlement, certaines de ces opérations ont été inscrites dans le contrat Ville et des actions conjointes ont été menées avec la Préfecture de police.
Je tiens, Monsieur le Préfet, à souligner la réussite des opérations de prévention d'été que nous menons en commun et dont ont bénéficié l'an passé 16.000 jeunes Parisiens.
Mais la Ville doit aller encore plus loin. Toute la difficulté tient à la permanence et à la pérennité des actions entreprises, qui ne portent leurs fruits que dans la durée. Cela peut s'obtenir tout d'abord par une souplesse plus grande dans la mise à disposition des équipements existants pour la pratique informelle des jeunes. Il ne s'agit pas bien entendu de remettre en cause la priorité des scolaires et des clubs sportifs dans l'utilisation des équipements. Il ne s'agit pas non plus d'y laisser faire n'importe quoi, n'importe quand, mais par une gestion optimale des créneaux horaires et une animation adaptée de permettre à chacun d'y trouver sa place.
Toutefois dans ce domaine de la prévention, les actions menées en concertation avec le milieu associatif me paraissent fondamentales. La pratique du sport ne peut produire tous ses effets en matière d'insertion des jeunes que si un encadrement léger, par le biais d'animations sportives, est susceptible d'assurer la diffusion du message sportif. Pour cela, les associations présentes sur le terrain, qui sont et seront soutenues activement par la Ville, sont indispensables. J'ajoute que les conséquences en termes d'emplois d'animateurs sportifs ne sont pas négligeables. C'est pourquoi la Ville étudiera, au cas par cas, selon les qualités des projets proposés, la possibilité de s'associer à des créations d'emplois dans le cadre des mesures prises par l'Etat pour la politique de la ville.
Le sport se trouve enfin au coeur du projet de réaménagement des rythmes scolaires, car il devient un des éléments des activités d'après-midi des enfants. Comme vous le savez, la Ville a décidé de s'associer, pour quelques sites-pilotes, à cette expérimentation. Elle peut s'appuyer sur des animations sportives municipales déjà mises en place dans le cadre scolaire et extrascolaire. Toutefois, la spécificité de l'échelle parisienne, qui n'a rien à voir avec n'importe quelle autre commune de France et l'importance des modifications dans le rythme de vie des enfants et des parents que cette réforme pourrait entraîner, nous incitent à avancer avec une très grande rigueur dans un souci réaffirmé de concertation et de dialogue avec tous les acteurs.
Mes chers collègues, l'importance et l'actualité des points évoqués au cours de cette communication, de même que l'attachement des Parisiens à leur pratique sportive ou à leur équipe de haut niveau, démontrent que le sport doit rester au coeur de notre politique municipale et de nos préoccupations.
La politique sportive de ces six années à venir comprend bien entendu sa part d'engagement et d'investissements en matière d'équipements sportifs, mais dans ce domaine, la Ville a désormais comblé beaucoup de ses lacunes, et c'est davantage sur une politique d'entretien, d'adaptation, de modernisation et d'amélioration de l'existant qu'il nous faut insister, tout en maintenant l'ambition, et c'est essentiel à mes yeux, de conserver à Paris son rang de capitale sportive.
Nous devons être présents à ce qui sera le très grand rendez-vous sportif de cette fin de siècle, la Coupe du monde de football. Paris s'associera bien entendu aux cérémonies culturelles et sportives qui marqueront cet événement. Déjà, j'ai voulu que le centre de presse qui accueillera le plus grand nombre de journalistes sportifs jamais rassemblés soit à Paris intra-muros : il sera installé au Parc des expositions de la porte de Versailles. Je tiens également à ce que pour la mise en vente des billets, 30 % de ceux qui concerneront les matchs joués au Parc soient réservés aux Parisiens. La Coupe du monde concerne la France toute entière, mais comme toujours, Paris doit en être le coeur.
D'autres enjeux considérables sont devant nous, qu'il s'agisse de la définition de nos relations nouvelles avec les clubs de haut niveau, du partenariat renforcé avec les associations sportives, des évolutions de société dans lequel le sport est partie prenante. Par bien des aspects, cela rend notre tâche plus complexe, et cela donnera sans doute au sport dans la ville une importance que l'on n'attendait pas. C'est pourquoi, sans arrière-pensée ni idée préconçue, nous devons poursuivre notre action pour faire de Paris, sur la base de notre acquis, une très grande ville sportive au service de tous.

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
Mes chers collègues, le débat est ouvert.
Je donne la parole à M. SARRE pour le Mouvement des citoyens.

M. Georges SARRE.- Monsieur le Maire, mes chers collègues, j'essaierai en 10 minutes d'aller à l'essentiel.
Le sport à Paris est à l'image de la gestion de la Capitale depuis 18 ans. Il y a une double face : d'un côté la vitrine, le spectacle, de l'autre la pratique quotidienne, celle du plus grand nombre, qui fait- je le dis sans fard- figure de parent pauvre.
Permettez-moi d'abord d'étudier, d'observer la vitrine. Des sommes considérables ont été engagées ces dernières années pour la réalisation d'équipements de prestige aux dépens naturellement d'équipements sportifs de proximité.
Comment ne pas évoquer le Palais Omnisports de Paris-Bercy ? Sa réalisation a coûté aux contribuables parisiens 5 fois plus que prévu : 1 milliard de francs contre 200 millions annoncés.
Je ne conteste pas la réussite commerciale du P.O.P.B. ni la réussite architecturale, mais j'observe que celui-ci, construit avec l'argent des seuls contribuables parisiens et confié à la gestion du privé, est aujourd'hui détourné de sa vocation initiale puisque le P.O.P.B. est d'abord une entreprise de spectacle.
Pourtant, on avait présenté cet équipement comme le premier centre sportif de la Capitale. Seulement aujourd'hui, pas un sportif parisien ne peut y exercer sa discipline et, contrairement à ce qui avait été annoncé dans les documents officiels remis à l'époque aux conseillers de Paris, pas une association sportive, pas un club sportif du 12e arrondissement ne peut y intervenir. Bref, le music-hall l'emporte sur le sport.
Nous recensons à Paris, pour 2.175.000 habitants, 38 stades, 33 piscines, 121 gymnases, 76 terrains d'éducation physique, 104 salles de sport.
Ceci représente une piscine pour 60.000 habitants, un gymnase pour 17.000, un terrain d'éducation physique pour 30.000 habitants. Lyon offre à ses 420.000 habitants : 11 piscines, soit une piscine pour 38.000 habitants, c'est-à-dire 30 % de plus que Paris, 106 terrains de sport, soit un pour 4.000 habitants et sept fois plus de gymnases qu'à Paris.
Si nous comparons les ressources réelles de fonctionnement dans le budget de la Ville de Paris et de Lyon, elles sont respectivement de 10.000 et 7.000 F par habitant. A taille comparable par sa population, un arrondissement pris au hasard, le 11e compte 2 piscines et 3 gymnases quand Limoges, pour une population équivalente, dispose pour ses habitants de 4 piscines et 20 gymnases.
Bref, le déséquilibre reste entier et les moyens affectés au sport à Paris ne sont pas à la hauteur des enjeux et de la demande.
Quant à l'aide aux clubs sportifs, la présentation, Monsieur le Maire, je vous le dis cordialement, est volontairement optimiste. C'est l'image même de Paris qui s'en trouve atteinte lorsqu'il s'agit d'envisager l'organisation de grandes manifestations sportives.
Faut-il rappeler que la candidature de Paris pour les Jeux olympiques de 1992 n'a pas été retenue par le Comité olympique ? L'élément essentiel qui a desservi la candidature de la Ville, c'est l'insuffisance des installations sportives. Barcelone lui a été préférée.
Je voudrais, mes chers collègues, m'arrêter maintenant sur le devenir du Parc-des-Princes.
Monsieur le Maire, vous avez inscrit à l'ordre du jour de ce Conseil de Paris le principe de la réalisation de travaux de mise en conformité du stade du Parc-des-Princes, en vue de son homologation pour la Coupe du monde 1998, pour un montant supérieur à 44 millions de francs.
Comment, devant cette inscription budgétaire, ne pas poser la question du double emploi du Parc-des-Princes et du Stade de France ?
Comme vous le savez, la Ville de Paris et le Paris-Saint-Germain se sont engagés récemment pour le maintien du club au Parc-des-Princes jusqu'en l'an 2000. Ainsi, mes chers collègues, nous voilà prochainement avec un stade flambant neuf de 80.000 places, voulu par l'actuel Président de la République, votre prédécesseur, sans aucun locataire.
Le Ministre des Sports actuel, M. Guy DRUT, promet l'installation d'une équipe sportive de haut niveau. Est-il nécessaire de rappeler l'échéance qui est devant nous et, en même temps, les risques d'échec liés à l'existence de deux clubs de première division en région parisienne, le Paris-Saint-Germain et le Matra Racing Club ?
Or, une clause du contrat d'exploitation prévoit que si le consortium des constructeurs ne parvient pas à équilibrer la gestion du Grand Stade, en l'absence d'un club résidant, il pourra le rétrocéder à l'Etat.
Monsieur le Maire, dans ces conditions, qui paierait l'addition ?
Après la valse hésitation sur l'emplacement du Grand Stade, le choix du maintien du Paris-Saint-Germain au Parc-des-Princes, la question de l'avenir du Grand Stade nous placera rapidement en face de difficultés extrêmes, et je crois qu'en bon gestionnaire, personne ne peut accepter cette perspective.
Concrètement, Monsieur le Maire, que va-t-il se passer ? Nous sommes dans le brouillard. Les déclarations les plus irréalistes se multiplient. Les initiatives prises ne débouchent concrètement sur rien, et je ne voudrais pas, Monsieur le Maire, que dans quelques années, nous nous trouvions devant un scandale du type de celui de la Villette...

(Protestations sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
... oui, oui, c'est bien la réalité de la situation aujourd'hui et l'imprévoyance totale qui préside à ce genre de décision.
L'optimisation de l'utilisation des équipements de quartier- c'est mon point central -, notamment de certains équipements liés à des établissements scolaires, est loin d'être effective.
Le nombre des équipements de proximité est par ailleurs nettement insuffisant au regard d'une demande croissante, et vous aviez raison, Monsieur le Maire, tout à l'heure, d'insister en disant que là encore, c'est une question de cohésion sociale.
Mais pour qu'il y ait cohésion sociale, encore faut-il qu'il y ait moyens, et le développement du basket et du football de rue, l'engouement des jeunes pour des nouvelles pratiques sportives qui se situent hors des cadres traditionnels, démontrent l'intérêt sportif et social de favoriser l'implantation au coeur des quartiers de petits équipements d'accès libre et gratuit.
Ces équipements de petite taille desservent une aire très limitée, ont une faible capacité d'accueil. Il faut donc envisager, à l'échelle d'un arrondissement, un réseau d'installations diversifiées afin de réduire les risques liés à la création d'un point de fixation. Je pense en particulier au petit terrain de jeux de l'Orillon, pour lequel beaucoup d'efforts sont faits, mais qui n'a pas une très grande capacité et qui ne peut donc pas répondre à la demande. Cette situation induit de graves nuisances sonores et, bien sûr, le mécontentement des riverains.
Par ailleurs, la gestion de ces équipements de proximité, vous le reconnaissez, ne donne pas entière satisfaction. Les créneaux horaires offerts sont fixés par la Direction de la Jeunesse et des Sports, sans critères objectifs réels d'utilisation. Ainsi, de nombreux centres sportifs fonctionnent-ils en deçà de leur capacité d'utilisation et restent libres de tout occupant à certaines heures.
Cette situation démontre, Monsieur le Maire, la nécessité d'appliquer la loi P.M.L. sans attendre et de confier la gestion des équipements de proximité aux maires d'arrondissement. Les élus d'arrondissement, plus proches de la population, sont mieux à même d'adapter l'offre d'équipements et de services aux clubs sportifs. Ce n'est évidemment pas le cas aujourd'hui.
Enfin, il ne faut pas oublier le coût, souvent excessif, de l'utilisation des installations sportives pour ces associations. Ces coûts mangent une grande part des subventions de fonctionnement versées par la Ville. Il faut se garder de la tentation d'augmenter les coûts de location. Ces coûts ont progressé de 7 % en deux ans, c'est beaucoup trop, surtout pour les petits clubs.
Ces équipements de proximité remplissent, vous le savez bien, une mission de service public. La recherche de la rentabilité ne doit pas être une priorité.
Pour ce qui concerne les aides aux clubs sportifs, je voudrais souligner le décalage considérable entre les subventions versées aux clubs professionnels ou assimilés et aux associations sportives de quartier.
La grande masse des pratiquants sportifs est en réalité peu aidée alors que les grands clubs bénéficient de crédits importants.
Je voudrais, avant de conclure, aborder la question du sport à l'école. Depuis 1992, le Ministère de la Jeunesse et des Sports a investi, en liaison avec des collectivités territoriales volontaires, plus d'un milliard de francs pour des expériences-pilotes d'aménagement du rythme scolaire.
Selon les études disponibles, nous savons que le nombre d'heures de sport par élève et par semaine est pour Paris de 2, alors que les circulaires ministérielles demandent 5 heures de pratique sportive pour les enfants.
La Ville de Paris doit donc se doter des moyens nécessaires pour permettre un meilleur développement du sport à l'école, en renforçant notamment les crédits consacrés aux contrats bleus.
Voilà, Monsieur le Maire, les observations et propositions que je souhaitais exposer devant vous.
L'offre du sport est aujourd'hui multiple. En vingt ans les hommes ont inventé une quarantaine de pratiques nouvelles, skateboard, football, basket de rue, etc. C'est la recherche de l'équilibre entre le sport de haut niveau et le sport pour tous auquel j'invite la Municipalité si Paris entend satisfaire une demande croissante et de plus en plus diversifiée.
Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs du groupe du Mouvement des citoyens).

M. LE MAIRE DE PARIS.- Il y a plusieurs intervenants du groupe "Paris-Libertés", et je rappelle qu'il y a vingt minutes pour le groupe "Paris-Libertés" au total.
Monsieur GABORIAU, vous avez la parole.

M. Pierre GABORIAU, adjoint.- Monsieur le Maire, depuis maintenant près de vingt ans la Ville de Paris mène, sous l'impulsion de sa majorité, une politique en faveur du sport que l'on peut qualifier d'exemplaire, car le sport dans la cité est aujourd'hui encore plus qu'il y a quelques années un facteur de cohésion sociale indispensable, comme peut l'être d'ailleurs à un autre niveau la culture, un facteur de formation et d'éducation et un formidable moyen d'accueillir la jeunesse dans notre société urbaine.
Nous avons su marier pendant trois mandatures deux impératifs apparemment contradictoires, mais finalement très complémentaires. Il nous fallait en effet tout à la fois équiper la Ville d'installations importantes, parfois prestigieuses et, disons-le, coûteuses, mais qui se révèlent indispensables pour accueillir les manifestations de tous ordres qu'une cité comme la nôtre se doit d'honorer.
Nous devions parallèlement créer un maillage étroit d'équipements de proximité qui puissent répondre aux besoins quotidiens sans cesse croissants de nos concitoyens.
Cet objectif, nous l'avons enfin atteint et même dépassé. L'augmentation de plus de 60 % du nombre d'équipements entre 1977 et 1995 est à ce sujet très éloquente, avec une évolution du budget consacré aux rénovations et aux grosses réparations passant de plus de 44 millions en 1987 à plus de 100 millions en 1995.
Paris, ville-capitale, se devait de posséder des structures d'accueil à la hauteur de ses ambitions.
C'est ce que nous avons fait en construisant les deux équipements majeurs des précédentes mandatures que sont le Palais omnisports de Paris-Bercy et le stade Sébastien-Charléty.
Ces sites prestigieux permettent le déroulement de manifestations sportives de très haut niveau, tels l'Open de France ou le Meeting annuel d'athlétisme.
La tenue à Paris en 1994 du congrès du Comité international olympique, qui a marqué la commémoration du centenaire de l'appel lancé par Pierre de Coubertin pour la restauration des jeux olympiques, illustre toute la symbolique de Paris, capitale du sport.
Cette politique de grands équipements culminera avec la livraison du Stade de France en 1998, qui sera édifié sur un terrain offert par la Ville de Paris et contribuera grandement au prestige de la Capitale, avec l'organisation la même année de la Coupe du monde de football.
A ce sujet je tiens à saluer votre décision, Monsieur le Maire, d'organiser six des rencontres de la Coupe du monde au Parc-des-Princes et de saisir l'occasion pour rénover pelouses, éclairages et sièges, rénovation qui profitera par la suite à l'ensemble des spectateurs du Parc-des-Princes.
Je souhaiterais, d'ailleurs, ajouter dans ce domaine qu'il pourrait être utile d'installer au Parc, comme cela se fait dans beaucoup de grands stades américains, des écrans géants de part et d'autre du terrain, afin d'offrir une qualité visuelle semblable à celle qu'on peut avoir à la télévision, avec en particulier une diffusion au ralenti des plus belles actions.
Je suis persuadé que cet aménagement, au demeurant d'un coût raisonnable, serait de nature à attirer au Parc-des-Princes encore plus de spectateurs, en particulier dans les tribunes les plus éloignées du centre du terrain.
La politique ambitieuse que nous menons depuis des années en matière d'infrastructure ne serait rien si nous n'aidions pas également les sportifs de haut niveau en apportant un soutien à des athlètes d'envergure internationale et en finançant les clubs prestigieux dans la préparation de leurs athlètes.
Nous soutenons ainsi 25 hommes et femmes qui se sont brillamment illustrés dans des grandes compétitions internationales, que ce soit les Jeux Olympiques ou des championnats d'Europe ou du monde, en leur permettant de s'entraîner pour les prochaines grandes rencontres sportives tout en finançant leur future insertion professionnelle.
Les exploits réalisés par ces jeunes sportifs sont très légitimement une source de joie et de fierté pour tous les Parisiens.
Cette politique d'aide au sport de haut niveau ne serait pas complète si nous nous contentions de construire de grands équipements et d'aider individuellement les athlètes parisiens. En effet, il est nécessaire, et la Municipalité l'a parfaitement compris, de soutenir financièrement les grands clubs prestigieux de la Capitale qui ont un effet d'entraînement remarquable sur les Parisiens, particulièrement sur les jeunes, en les incitant à plus pratiquer eux-mêmes les sports dont ils applaudissent fréquemment les résultats de nos équipes.
Au premier rang de ces clubs figure le Paris-Saint-Germain, pour lequel nous nous félicitons des bons résultats enregistrés depuis plusieurs années.
La capitale de la France se doit, c'est une évidence, mais il est bon parfois de le rappeler, d'avoir une équipe de haut niveau dans un sport très populaire. L'aide que nous apportons à ce grand club marque notre volonté d'élargir le cadre naturel de notre action sportive en apportant notre soutien à un challenge d'ampleur nationale, voire internationale.
Bien que le groupe "Paris-Libertés" le demande depuis de nombreuses années, sans avoir été très entendu, il nous paraît important de mieux utiliser le capital de sympathie du club et de ses joueurs.
L'initiative de faire parrainer chaque arrondissement par un joueur du P.S.G. me semble aller dans le bon sens, même si ce n'est pas suffisant. L'osmose entre les Parisiens et leur équipe doit être encore renforcée et d'autres initiatives doivent être prises sur ce plan, initiatives que je n'ai malheureusement pas la possibilité de développer ici faute de temps.
Le soutien de la Ville, d'un montant global de plus de 14 millions de francs en 1995, que ce soit en faveur du Racing P.S.G. basket, du P.U.C. volley-ball, du rugby, du Racing Club de France, du Stade Français, du P.F.C., du A.S.G., du hockey sur glace des Français Volants, est naturel. D'autant plus que ces équipes, parmi d'autres, obtiennent de bons résultats aussi bien au niveau national que sur le plan international, et jouent leur rôle d'ambassadeur sportif de la Ville de Paris dans le monde entier, chacune dans leur domaine.
Enfin, le soutien que nous pouvons apporter aux fédérations sportives qui le souhaitent doit être salué. Je pense en particulier à l'accord que la Ville devrait conclure avec la Fédération française du judo, lui permettant ainsi à terme d'installer l'Institut national de judo porte de Châtillon dans le 14e arrondissement.
Paris, capitale du sport de haut niveau et des équipements de prestige. Mais Paris, c'est aussi et surtout un besoin permanent d'équipements de proximité pour une population sportive sans cesse croissante.
Il me semble indispensable, Monsieur le Maire, de poursuivre la réalisation d'équipements de quartier dans lesquels nos concitoyens puissent avoir l'occasion de trouver un espace de détente et de perfectionnement dans leur environnement proche.
J'ai la conviction que la cité doit s'adapter aux besoins de ceux qui y vivent et y travaillent, et j'ai plaisir à noter, Monsieur le Maire, que vos priorités répondent parfaitement à ces objectifs.
Il nous faut, pour se faire, optimiser les rares surfaces libres disponibles et, pourquoi pas, rendre polyvalents les parcs et jardins parisiens qui peuvent se prêter à certaines activités multiples. Un Parisien sur cinq pratique un sport dans le cadre associatif, sans compter l'ensemble de nos concitoyens qui fréquentent des équipements à titre individuel. C'est dire s'il est important que nous augmentions encore le nombre de nos installations, déjà fort nombreuses, grâce aux efforts considérables que nous avons menés tout au long de ces dernières années. J'ai d'ailleurs noté avec satisfaction l'annonce de la réouverture de la piscine Molitor, piscine fermée depuis 6 ans. Non seulement cet établissement fait cruellement défaut en matière de natation pour les individuels comme pour les associations et les scolaires, mais son état d'abandon crée une image déplorable dans ce quartier.
J'ai également noté avec satisfaction le projet sportif Pailleron, qui permettra de combler le manque qui constitue une situation incomprise par nos concitoyens, d'une patinoire à Paris.
Puis-je évoquer également la plaine de Bagatelle, en souhaitant que des mesures soient prises pour que les terrains soient plus protégés et mieux surveillés, mais également que des contacts soient pris avec la R.A.T.P. pour organiser une meilleure desserte de ces terrains. Il est également indispensable que nous accroissions la capacité d'accueil des structures existantes. Nous pourrions, par exemple, développer encore plus les terrains en gazon synthétique, éclairer les installations sportives qui ne le sont pas encore, ce qui permettrait d'augmenter les capacités en temps d'utilisation sans pour autant devoir créer de nouveaux terrains.
Je vous prie, Monsieur le Maire, d'appuyer notre demande de créer un terrain de football à côté de la piscine d'Auteuil sur l'hippodrome, avec l'accord de la Société des courses, afin de retrouver le terrain du Fonds des Princes, abandonné lors de l'extension de Roland-Garros et qui fait cruellement défaut aux jeunes de notre quartier. Il nous semble intéressant, en effet, de profiter du renouvellement de la concession avec la Société des Courses pour obtenir, non seulement ce terrain, mais également un practice de golf et un poney-club ; l'un comme l'autre étant un vrai besoin dans le cadre de la diversité des sports et des installations de proximité.
Puis-je également rappeler, Monsieur le Maire, mon intervention de décembre 1993, sur la nécessaire rénovation du stade Jean-Pierre-Vimille qui, après les problèmes posés pendant de nombreuses années par E.D.F. et récemment encore, par les projets de la porte Maillot, se trouve dans un état de délabrement insupportable. Il est absolument indispensable de rénover l'intégralité de ce terrain, aujourd'hui très peu et mal utilisé.
Il faudrait également profiter des possibilités offertes par la loi de décentralisation qui permet aux associations ou aux individuels d'utiliser sous certaines conditions, les équipements sportifs intégrés dans les établissements scolaires. Il existe, j'en suis convaincu, un gisement fantastique d'équipements non utilisés, même si cela implique, avec l'Education nationale et le Rectorat, une réorganisation du gardiennage, de la surveillance et de la sécurité.
De même, serait-il intéressant d'offrir à des groupe encadrés, la possibilité d'utiliser les stades et gymnases qui sont inutilisés en période de vacances scolaires. Cela éviterait évidemment de donner, très souvent à tort, le sentiment de gâchis que peut parfois créer la vision d'équipements sportifs inoccupés.
Il faut, au contraire, favoriser une gestion rigoureuse de ces terrains qui sont de véritables richesses à attribuer à ceux de nos concitoyens qui peuvent en faire la demande. Nous avons un rôle de régulation sociale à jouer, et vous l'avez parfaitement rappelé, Monsieur le Maire. Les actions de prévention que nous menons depuis quelques années en collaboration avec des associations de quartier, les services de la Préfecture de police, sont, certes, indispensables, mais probablement insuffisantes, eu égard aux problèmes grandissants que nous rencontrons dans des quartiers bien identifiés de la Capitale. Moyens humains et financiers doivent être dégagés rapidement si nous ne voulons pas connaître sur notre territoire des situations analogues à celles qui se multiplient dans certaines villes de banlieue.
Les Parisiens ont la chance de bénéficier d'une politique audacieuse menée depuis de nombreuses années par la Municipalité.
Faut-il rappeler l'existence d'un corps de 400 professeurs municipaux qui interviennent dans toutes les écoles élémentaires et les piscines municipales pour initier les élèves aux activités traditionnelles, mais aussi à des pratiques plus nouvelles, comme le tennis de table ou le tir à l'arc ?
Faut-il rappeler les ateliers bleus sportifs, les centres d'initiation sportive et les centres scolaires sportifs qui favorisent, chacun à leur niveau et à des périodes de l'année particulières, la pratique du sport pour tous ; credo que nous défendons et défendrons encore ?
Faut-il rappeler l'action quotidienne sérieuse, ouverte et adaptée de tous les centres d'animation de la Ville, témoignage de votre volonté, Monsieur le Maire, d'une ouverture permanente sur la vie de quartier ?
Je voudrais vous dire combien votre décision de répondre favorablement au Gouvernement, dans son projet de site-pilote, nous satisfait, mes collègues du groupe "Paris Libertés" et moi-même. Il nous paraît indispensable, face aux problèmes structurels constants que connaît l'enseignement scolaire, de procéder, même sur une échelle modeste, à une expérimentation axée sur une modification des rythmes scolaires, à l'identique de ce qui se passe chez nos amis allemands, par exemple.
Nous sommes, bien sûr, tout à fait conscients des blocages que cela engendrera, qu'il faudra contourner et des problèmes financiers qui se poseront et qu'il faudra dépasser, faute de quoi, rien ne pourra être fait. Mon seul souhait est que les résultats de l'évaluation que vous avez demandée puissent être rendus dans des délais raisonnables, afin de ne pas retarder l'application des mesures qui me paraissent indispensables et que nous menons en coordination avec les pouvoirs publics.
Le groupe "Paris-Libertés" a accordé, de tout temps, la plus grande attention au tissu associatif, relais des préoccupations des Parisiens, à l'action institutionnalisée de la Ville et aux efforts que nous menons dans la Capitale depuis des années. Une politique sportive ne peut pas, bien entendu, se passer de ces acteurs, ô combien indispensables !, que sont les associations. Ce principe, la Municipalité parisienne l'a bien compris, et nous ne ménageons pas nos efforts, puisque nous mettons à leur disposition, avec une redevance à taux modéré, les équipements sportifs municipaux et des locaux financés indirectement par des subventions compensatrices de loyers. Elles sont plus de 2.000 à en bénéficier ; 700 d'entre elles reçoivent une aide financière municipale, dont 150 ont accepté de signer un contrat d'objectifs qui a pour objet de privilégier l'aspect qualitatif de l'action associative. Ce contrat est tout à fait adapté à la situation. Il offre ainsi à la Ville la certitude d'une gestion rigoureuse des fonds publics et assure l'association d'un soutien municipal continu et sans faille dans la recherche de son objectif.
Nous devrons continuer sur cette voie et encourager les associations qui le méritent.
Dois-je rappeler le rôle d'information, de coordination et d'animation que jouent, dans chaque arrondissement, les Offices municipaux des sports, relais de proximité pour les associations, qu'elles soient civiles, scolaires, universitaires ou corporatives.
Continuer sur cette voie ne signifie pas "rester sourd aux évolutions perçues dans les activités sportives des Parisiens". On observe en effet, une pratique individuelle de plus en plus marquée, par exemple dans le domaine du vélo. Ce dernier n'est pas seulement un mode de transport à redécouvrir. Je profite de l'occasion pour rappeler la satisfaction du groupe "Paris-Libertés" quant aux récentes mesures que vous avez annoncées. Le vélo est aussi un loisir pour lequel nous allons nous efforcer de satisfaire ceux de nos concitoyens qui souhaitent le pratiquer en toute tranquillité et en totale sécurité.
Je ne peux que saluer votre décision de rouvrir les voies sur berges aux cyclistes le dimanche dans quelques semaines, en veillant naturellement à ce que les riverains ne soient pas trop gênés dans leurs déplacements, tout en souhaitant que d'autres projets voient le jour prochainement ; je pense, par exemple, aux rues entourant le parc Montsouris, qui pourraient le dimanche constituer un espace réservé aux piétons et aux cyclistes.
Je me réjouis également des mesures annoncées par ma collègue Françoise de PANAFIEU de raccorder, dans les bois de Boulogne et de Vincennes, les tronçons de pistes cyclables déjà existants afin d'en faire des circuits dignes de ce nom.
Notre groupe appuie totalement, faut-il le dire, la politique sportive menée sous votre conduite, Monsieur le Maire, par notre ami Dominique CANE, auquel je tiens à rendre hommage.
Le sport à Paris ne pourrait pas être également ce qu'il est sans la Direction de la Jeunesse et des Sports, que je souhaite remercier et féliciter publiquement devant vous en la personne de son directeur général, Jean-François BÉRAUD. Avec ses 2.143 agents titulaires, d'une compétence et d'un dévouement que beaucoup de grandes métropoles et mégalopoles nous envient, elle est la colonne vertébrale du dispositif sportif municipal.
Pour terminer, je souhaiterais enfin, Monsieur le Maire, vous dire que le groupe "Paris-Libertés" et son président, Jacques DOMINATI, attachent une importance particulière, comme beaucoup d'entre vous d'ailleurs, au travail remarquable des dirigeants bénévoles qui, deux à trois fois par semaine, et parfois plus, entraînent, accompagnent, conseillent, au travers des associations et des clubs sportifs parisiens, les jeunes et moins jeunes afin de les initier à leur propre expérience sportive, redonnant avec beaucoup de coeur et de ténacité ce qu'ils ont eux-mêmes reçu de leurs prédécesseurs.
L'esprit de tolérance, de dépassement de soi, de générosité, de respect de l'autre et beaucoup d'autres vertus et qualités sont le témoignage, au-delà de tout clivage politique, confessionnel ou racial, d'une véritable fraternité de corps et d'esprit dans laquelle les femmes et les hommes d'une même cité se retrouvent pour un même idéal : le sport.
Ce qui est remarquable, mes chers collègues, quand nous parlons de ces bénévoles, très souvent anonymes et malheureusement trop souvent oubliés, c'est qu'ils fédèrent ce qu'il y a de bien ou de bon en chaque être humain et qu'ils parviennent très souvent à unir sous un même maillot ou dans une même discipline sportive, des femmes et des hommes de sensibilités différentes qui ne se seraient peut-être jamais connus et aimés sans cela.
Dans notre société, il est bon et réconfortant de savoir que l'enthousiasme des uns, l'expérience des autres, se confondent très souvent dans un même idéal que seul le sport génère, et c'est pour cela que nous devons impérativement, et indépendamment de nos obligations respectives, aider et encourager toutes les initiatives allant dans ce sens.
Voilà, Monsieur le Maire, mes chers collègues, les quelques réflexions dont je souhaitais vous faire part au nom de mes amis du groupe "Paris-Libertés".
Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Paris-Libertés" et "Rassemblement pour Paris").

M. LE MAIRE DE PARIS.- Merci, mon cher collègue.
La parole est à M. VION pour le groupe communiste.

M. Michel VION.- Monsieur le Maire, mes chers collègues, permettez-moi tout d'abord de faire une remarque.
L'affaire prioritaire de cette séance a été modifiée au dernier moment et les Conseillers de Paris n'ont disposé que de quelques jours pour préparer ce débat. Cela peut se justifier dans les cas d'urgence, mais, Monsieur le Maire, votre communication traite des orientations en matière sportive pour les six années à venir et ne justifie pas ce type de procédure. Soit vous faites peu de cas de votre propre communication et vous jugez que le débat doit rester de pure forme- pourquoi alors en faire une affaire prioritaire ? -, soit vous jugez que les élus n'ont qu'à se faire leur idée en suivant leur impulsion ou des schémas politiques pré-établis.
Ce n'est pas ainsi que nous fonctionnons.
Nous avons pour habitude de consulter le plus largement les individus et les organisations concernés par les dossiers et les projets qui nous sont soumis, et d'en débattre avec eux si cela est nécessaire.
Sur un document de cette nature, la démocratie aurait exigé un délai raisonnable pour que chaque Conseiller puisse se mettre à jour vis-à-vis des opinions, des souhaits, des idées des nombreux intéressés. Cela aurait permis d'enrichir utilement notre débat.
Cela dit, je me réjouis de ce débat sur la politique du sport à Paris.
Nous nous félicitons, par ailleurs, des objectifs annoncés dans cette communication : la convivialité, l'équilibre social, la formation et l'éducation, l'insertion et la prévention de la délinquance.
Ce qui nous gêne dans votre communication, Monsieur le Maire, c'est le fait que les moyens ne semblent pas être à la hauteur des ambitions, et ceci relativement à trois aspects principaux.
Le premier aspect est celui des équipements.
Suite à votre constat de la page 2, où vous indiquez qu'il y a un gymnase pour 17.000 habitants, nous aurions souhaité que vous envisagiez la poursuite de l'effort en ce domaine. Renforcer le réseau d'équipements de quartier par des terrains de jeux, des halles de sport et des piscines, nous semble intéressant, mais insuffisant. L'augmentation du nombre de gymnases est une nécessité et celui de stades également, tant pour les scolaires que pour les autres usagers.
Pour les scolaires, l'activité sportive se trouve trop souvent entravée par la carence en équipements, elle se heurte trop souvent à des contraintes qui peuvent décourager les plus assidus.
L'éloignement des équipements se traduit par d'énormes pertes de temps en déplacements, qui atteignent fréquemment quinze ou vingt minutes.
Il n'est pas rare qu'un même équipement doive être partagé entre une classe du primaire et une autre du secondaire, avec tous les problèmes de cohabitation que cela peut poser.
L'absence de grands terrains sur certains arrondissements limite les possibilités de manifestations sportives locales. Ainsi, la Semaine sportive du 11e arrondissement, qui devait se dérouler à Montreuil, n'a pu avoir lieu dans ces conditions à cause du plan "Vigipirate".
De nouveaux besoins se font jour. Le sport en classe de 6e passe de trois à quatre heures. Huit gymnases seraient ainsi nécessaires pour faire face à cette mesure, par ailleurs bienvenue. De nombreux établissements secondaires ne sont pas équipés : le C.E.S. Pailleron, le lycée Diderot, qui a pourtant ouvert cette année. Il faut que nous fassions face à cette carence.
Pour toutes ces raisons, quelques mots sur la poursuite de la réalisation d'équipements lourds- gymnases et stades de proximité- n'auraient pas été inutiles.
Deuxième volet, l'équilibre entre le sport de masse et le sport de haut niveau.
Le document souligne l'existence d'équipements dédiés au sport de haut niveau, en particulier du Parc-des-Princes. Ce type de lieu a son importance, mais pour répondre aux objectifs de convivialité et d'insertion sociale, la pratique sportive doit être encouragée au même titre que les grands spectacles sportifs. Les équipements de prestige sont nécessaires, mais n'oublions pas que les scolaires n'y ont généralement pas accès ; je pense par exemple au stade Sébastien-Charléty. Dans le même ordre d'idée, il est juste que la Ville aide en effet les grands clubs et les sportifs de haut niveau, et les hautes performances contribuent à développer le désir de pratiquer le sport chez les jeunes, mais il ne faut pas que cela se fasse au détriment de l'activité sportive de masse, qui devrait être la préoccupation prioritaire car elle est le moyen de satisfaire ce désir.
Le développement du sport de masse est nécessaire pour atteindre notre objectif : l'insertion sociale par le sport.
Il est nécessaire également pour assurer l'épanouissement des potentialités sportives des jeunes Parisiens, et donc pour renouveler les grandes équipes.
J'en viens au troisième volet de mes remarques : les rapports de la Ville avec les associations.
D'abord, à propos des subventions. Sur ce point, Monsieur le Maire, nous souhaiterions obtenir quelques précisions.
Une part de ces subventions est investie sur des opérations de prestige ; je pense au P.S.G., à "l'America's Cup", à ce type d'opérations. Quelle est l'importance de cette part ?
D'après les chiffres que vous citez, l'aide municipale semble loin de s'étendre aux 2.000 associations fréquentant les équipements. Cela se justifie-t-il et comment ?
Sous quelles conditions et dans quel délai de nouvelles associations sportives peuvent-elles prétendre à une subvention ? C'est un point important puisque vous prévoyez, et nous en sommes d'accord, que le milieu associatif pourrait participer à l'encadrement des équipements de libre accès.
Ensuite, sur l'accès des associations aux équipements lourds, le contrôle de la fréquentation est un moyen à ne pas négliger pour rationaliser l'utilisation de ces équipements et dégager des créneaux horaires pour les nouvelles associations qui ont bien souvent du mal à en obtenir.
Cependant, la souplesse et la concertation seraient préférables à un système de sanctions. Ne peut-on envisager une remise à plat régulière des grilles d'occupation, et ceci en concertation avec toutes les associations concernées ?
Enfin, concernant la promotion du sport et la démarche associative, un effort reste à faire pour inciter les jeunes sportifs à rejoindre ou à créer des associations. Ils trouveront ainsi un prolongement naturel aux ateliers bleus. Cela nécessite de développer le tissu associatif et de le faire connaître.
Le guide du sport à Paris fournit une information conséquente sur les équipements. Il est cependant un peu léger sur les associations sportives. Il cite à peine 200 fédérations, comités et ligues, oubliant au passage la F.S.G.T. et ses 14.000 adhérents. Notre effort devra être d'autant plus important que la Direction départementale de la Jeunesse et des Sports ferme aujourd'hui. Face à ce nouveau désengagement de l'Etat, la Ville va devoir assurer des missions de contrôle, d'incitation et de formation qui étaient celles de la D.D.J.S. Cela suppose de dégager des moyens. Vous n'en parlez pas.
Pour terminer, je souhaiterais dire quelques mots sur la participation de la Ville au projet sur l'évolution des rythmes scolaires. Comme vous le dites, Monsieur le Maire, tout reste à décider et à négocier. Nous espérons avec vous que cette négociation n'oubliera aucun acteur de la vie scolaire et sportive.
Nous souhaitons que l'étude fasse apparaître clairement les besoins induits par une telle réforme, qu'il s'agisse des besoins en équipements ou des besoins en intervenants, tant au niveau de leur nombre que de leur formation.
Il est essentiel de bien mesurer les moyens nécessaires pour savoir si le système peut être généralisé sans brader pour autant les enseignements sportifs ou autres.
Monsieur le Maire, mes chers collègues, je vous remercie de votre attention.

(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste et du Mouvement des citoyens).

M. LE MAIRE DE PARIS.- Merci.
Monsieur BLOCHE, vous avez la parole pour le groupe socialiste.

M. Patrick BLOCHE.- Monsieur le Maire, mes chers collègues, en prenant connaissance de votre communication, nous avons été frappés par le contraste existant entre la précision du bilan que vous dressez de votre gestion durant ces 18 dernières années et l'absence d'indications sur les moyens que vous comptez mobiliser pour réaliser les objectifs que vous vous fixez pour l'actuelle mandature. A un mois de l'examen du budget pour 1996, nous devons nous contenter d'orientations générales qui prennent parfois l'aspect d'un catalogue de bonnes intentions. Vous n'avez pas souhaité lever le voile sur vos choix budgétaires et surtout vous évitez toute programmation pour les 5 ans à venir. C'est dommage pour l'intérêt même du débat d'aujourd'hui.
Notre réserve est d'autant plus grande qu'en 1995, le budget municipal de la Direction de la Jeunesse et des Sports n'avait connu une hausse que de 1,5 % par rapport à l'année précédente, les dépenses de fonctionnement n'augmentant d'ailleurs que de 0,8 %. Il n'est pas inutile de rappeler pour mémoire que le budget global de la D.J.S. ne représente que 3,5 % du budget général de la Ville.
Mais mon propos s'inscrira avant tout dans les perspectives que peut nous offrir l'actuelle mandature.
Je souhaiterais ainsi, au nom du groupe socialiste, exprimer trois préoccupations principales :
- le souci de la proximité pour favoriser les pratiques sportives des Parisiens ;
- les actions en direction des jeunes, notamment dans les quartiers en difficulté ;
- la nécessaire clarification de la contribution de la Ville au sport de haut niveau.
480.000 licenciés, 2.000 associations : les Parisiens aiment le sport et leurs pratiques doivent pouvoir être en harmonie avec leurs modes de vie. C'est dire toute l'importance et l'utilité sociale des équipements de quartier.
Vous évoquez, quant à leur implantation ces dernières années, un rééquilibrage vers l'Est que nous jugeons insuffisant et qui nous invite à vous dire : Encore un effort, Monsieur le Maire !... Nous espérons ainsi que les nécessaires travaux d'adaptation du Parc-des-Princes à la Coupe du monde de 1998 ne constitueront pas un frein financier à la création d'équipements dans les quartiers.
Mais c'est sur l'accès à ces équipements de proximité et sur leur fréquentation que je souhaiterais surtout insister. Vous admettez- enfin ! - leur mauvaise utilisation. Vous considérez même- et je vous cite - qu'il s'agit d'un "enjeu considérable". Nous pensions de ce fait assister à une remise en cause fondamentale du dispositif d'attribution des créneaux horaires actuellement en vigueur et dont est responsable une Direction de la Jeunesse et des Sports au pouvoir sans partage.
A partir du moment où vous sollicitez l'engagement de tous, comment pouvez-vous ainsi ignorer le rôle que devraient normalement jouer les 20 mairies d'arrondissement en étroite relation avec les Offices municipaux des sports et les représentants du mouvement associatif.
Il ne s'agit pas pour moi de développer outre mesure notre revendication, déjà évoquée lors de nos débats sur les inventaires et les états spéciaux des arrondissements, d'une gestion effective des gymnases, terrains d'éducation physique et autres salles de sport. Néanmoins, nous ne pouvons accepter votre refus de la logique décentralisatrice et démocratique de la loi "Paris-Marseille-Lyon".
Cette loi, par son article 15, répond depuis 13 ans au souci d'efficacité qui vous anime aujourd'hui. Mieux qu'une lointaine D.J.S., nous sommes présents sur le terrain pour constater de visu la bonne ou la mauvaise utilisation des équipements sportifs de nos quartiers.
Par quelles arguties juridiques pouvez-vous encore refuser la mise en place, dans chacun des 20 arrondissements, d'une commission mixte composée d'un nombre égal de représentants du Maire d'arrondissement et du Maire de Paris désignés par les conseillers élus ?
Le groupe socialiste souhaiterait une réponse claire de votre part sur ce point.
Evoquer une meilleure fréquentation des équipements conduit naturellement à souligner le rôle essentiel joué par le milieu associatif. De fait, comment ne pas s'étonner de la faiblesse du montant global des subventions annuelles de fonctionnement attribuées aux associations sportives : 18 millions de francs en 1995, soit 2,3 % du budget municipal de la D.J.S. ou autrement dit 0,08 % du budget général de la Ville.
Aussi, les associations rencontrent-elles en général des difficultés à financer l'encadrement de leurs sportifs, notamment lorsqu'il s'agit de jeunes. Le nombre- plus important que dans d'autres domaines - des bénévoles ne saurait dissimuler cette situation. A cet égard, les contrats d'objectifs que vous souhaitez généraliser permettront sans doute un emploi plus rationnel de l'argent public. En quoi pourront-ils compenser la stagnation que vous annoncez déjà des subventions aux associations ?
Cette question des moyens financiers que vous évitez d'aborder directement se pose tout particulièrement pour les actions menées en direction des enfants et des jeunes. La gratuité sur laquelle vous insistez des Centres d'initiation sportive dont les activités s'adressent aux 8-16 ans s'accompagne malheureusement d'une certaine confidentialité qui fait que trop peu de jeunes sont informés des possibilités qui leur sont offertes. Les C.I.S. fonctionnent en raison de leur public relativement restreint. Qu'en serait-il s'ils connaissaient un véritable succès populaire ?
Par ailleurs, vous considérez- à juste titre - que le sport doit être un élément de la réponse à donner aux enjeux sociaux et urbains d'aujourd'hui.
Vous utilisez même une jolie formule pour évoquer (je vous cite) "la pratique informelle parfois très expansive des jeunes inorganisés". Lorsque vous dites souhaiter développer de petits équipements en libre accès dans les espaces disponibles pour faire face aux phénomènes d'occupation spontanée, vous envisagez d'assurer un encadrement léger avec l'aide du milieu associatif. Aussi, je regrette de ne pas connaître l'effort budgétaire que vous comptez fournir afin de mettre en oeuvre ce dispositif.
Cela d'autant plus que vous faites appel à l'esprit de la convention sur la politique de la ville, signée en mars 1995. Il est d'ailleurs surprenant que vous n'évoquiez, au détour d'une phrase, que l'esprit de ce contrat entre l'Etat et la Ville alors que vous avez vous-même officiellement lancé- il y a un mois - la démarche de Développement social urbain et que le sport est une des actions thématiques qui doivent intervenir prioritairement sur les quartiers retenus.
Dans le cadre de ces D.S.U., comment comptez-vous concrètement répondre aux objectifs qui ont été fixés dans les domaines de l'information des jeunes, du développement des actions d'animation (notamment pendant les périodes de vacances scolaires), d'aide aux pratiques sportives, du soutien aux projets sportifs qui privilégient l'initiative et l'expression des jeunes et contribuent à leur insertion dans la Ville ?
Là aussi des réponses de votre part s'imposent.
Je souhaiterais enfin aborder le sport de haut niveau qui est un élément important d'une politique sportive municipale, surtout lorsqu'il s'agit de la Capitale.
Nous avons comme vous le souci de l'image internationale de Paris, même si la pression médiatique vous conduit à entretenir une certaine confusion entre le soutien au sport de haut niveau et la contribution apportée au sport-spectacle.
Si Paris se veut être la capitale du sport, elle se doit de soutenir réellement les clubs qui jouent un rôle majeur dans la détection et la formation des futurs athlètes. Par ailleurs, la décision récente prise par l'Etat de fermer la Direction départementale de la Jeunesse et des Sports de Paris ne saurait, en ce domaine, nous rassurer.
Mais parlons, puisque vous nous y invitez, du "P.S.G.", du Parc-des-Princes et du Stade de France. Lors de la dernière séance du Conseil de Paris, vous nous avez proposé- de manière anticipée - de prolonger jusqu'à l'an 2000 les liens contractuels entre la Ville et le P.S.G. Cet empressement ne nous avait pas échappé, ni surtout le fait que le maintien de la présence du club au Parc-des-Princes en était le motif essentiel. Vous ayant apporté notre soutien pour éviter un éventuel transfert du P.S.G. au Stade de France, nous sommes d'autant plus fondés à vous poser quelques questions. En effet, a été récemment publié le décret du 24 janvier 1996 mettant en oeuvre les dispositifs prévus par l'article 19-3 de la loi du 16 juillet 1984 que vos amis ont modifiée en 1994. La conséquence en est la réduction progressive (de 25 % aujourd'hui à 10 % en 1998-1999 en ce qui concerne le P.S.G.) du pourcentage maximal de subventions des collectivités territoriales dans l'ensemble des recettes d'un groupement sportif, jusqu'à leur extinction complète le 31 décembre 1999.
Lors de la séance des questions à l'Assemblée nationale, mardi dernier, le Maire d'Auxerre a témoigné d'une certaine inquiétude à laquelle le Ministre de la Jeunesse et des Sports a répondu- c'est classique ! - par la création d'un groupe de travail...
Je suppose, Monsieur le Maire, que vous avez une idée précise des conséquences financières du décret du 24 janvier dernier sur les liens unissant le P.S.G. à la Ville.
Au-delà du devenir de la subvention actuelle de la Ville qui s'élève à 33 millions de francs, nous vous interrogeons donc sur la poursuite de l'utilisation du Parc-des-Princes par le P.S.G. à partir de l'an 2000. Faut-il rappeler, en effet, que notre stade parisien voit déjà partir pour le Stade de France les Fédérations de rugby et de football, soit un manque à gagner important. C'est donc sur la pérennité de la gestion du Parc-des-Princes et les éventuelles conséquences sur le budget de la Ville que nous aimerions avoir d'indispensables précisions.
Je profite d'ailleurs de cette évocation des relations entre le P.S.G. et la Ville pour vous demander de veiller tout particulièrement à ce que le P.S.G. joue pleinement son rôle de club parrain des clubs de football parisiens.
Deux dernières questions, enfin, liées à ce qui précède : quelles initiatives comptez-vous prendre concrètement pour associer les Parisiens, et notamment les jeunes, à la Coupe du monde de 1998 ? Avez-vous le projet précis de création d'un grand club omnisports parisien comme le laisse entendre votre communication ?
En guise de conclusion, je me permettrai d'évoquer une récente enquête du "CREDOC" qui estime que les "pratiques sportives informelles ont le vent en poupe". Elles touchent près du quart des jeunes de 14 à 17 ans et 40 % des 18-65 ans. Cette étude considère que "ces évolutions dans les pratiques sportives et les attentes vis-à-vis du sport reflètent les tendances de fond de la société observées depuis le début des années 1990. Les Français se préoccupent moins de compétition et d'apparence et davantage de convivialité et de valeur d'usage" !
Je pense que nous sommes confrontés à un bel enjeu concernant les changements de nos modes de vie, particulièrement sensibles à Paris. Il rejoint, dans une certaine mesure, celui sur les rythmes scolaires que vous effleurez dans votre communication. Dans l'attente de la déclinaison parisienne de ce débat national, songeons au jour où les enfants ne seront plus initiés au sport à l'issue d'une longue journée scolaire (comme c'est le cas actuellement dans les ateliers bleus). Songeons également au jour où les Parisiens pourront combiner harmonieusement aménagement de leur temps de travail et libre pratique sportive.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, du Mouvement des citoyens et communiste).

M. LE MAIRE DE PARIS.- La parole est à M. GOUJON.

M. Philippe GOUJON, adjoint.- Ainsi que vient de le souligner Jean TIBÉRI, la pratique du sport quand on est jeune est une magnifique préparation à la vie, un facteur d'épanouissement, de maîtrise de soi, de volonté, d'effort, de solidarité.
L'intégration de ces valeurs dans le comportement sportif est un vecteur particulièrement important d'une prévention efficace des conduites à risques pour certains jeunes.
Se comporter sur un stade selon une éthique sportive peut et doit conduire à une attitude semblable dans ses relations avec les autres dans la vie en société.
Cette idée, qui a constamment guidé notre réflexion, inspire l'action de la Municipalité depuis des années.
Le Maire de Paris vient d'évoquer dans le détail l'ensemble de cette politique.
Dans le domaine de la prévention, la seule énumération de nos actions liées au sport est éloquente.
Il est en ainsi :
- de l'implantation et du fonctionnement des 20 Centres d'initiation sportive gratuits, complétés par 15 centres de perfectionnement ;
- de l'ouverture des équipements sportifs sur les sites sensibles après les horaires normaux, c'est-à-dire en fin de semaine, en soirée et pendant les vacances, accompagnée d'un encadrement compétent et le plus souvent possible issu du quartier. C'est une préoccupation qui a été évoquée par plusieurs de nos collègues ;
- du développement des équipements sportifs dits de proximité, essentiellement les terrains d'éducation physique et les terrain de basket de rue ;
- du soutien croissant au milieu associatif, soutien multiforme, évidemment financier, mais également technique, administratif et relationnel ;
- du développement de l'approche sportive dans nos propres structures municipales de prévention, les "Antennes Jeunes Information", par exemple, qui sont implantées au coeur des grands ensembles immobiliers sensibles ;
- de la mise en place récente d'animations spécifiques sur des sites de proximité considérés comme très prioritaires. Cinq directions de la Ville y participent et se sont assurées de la collaboration des services de la Préfecture de police pour y développer des méthodes de prévention souples, adaptées à la personnalité des usagers et à la configuration des lieux afin d'y réduire les nuisances et de réguler leur occupation et leur utilisation.
Expérimentées dans le 11e arrondissement sur le terrain de sport de l'Orillon, le 18e au square Léon et le 20e au square Léon-Frapié, elles vont également faire l'objet d'une extension très prochaine à 4 autres sites du 11e, du 13e et du 19e.
Toutes ces initiatives traduisent le souci, comme l'a rappelé Jean TIBÉRI, d'une adaptation constante à l'évolution des demandes des jeunes qui, depuis quelques années, tendent vers une extension des pratiques sportives plus ou moins formelles, spontanées, libres.
Nous les prenons en considération. Je pourrai en citer des exemples nombreux. L'extension des opérations "Ville-Vie-Vacances" à l'ensemble des congés scolaires en est un, par la multiplicité des actions sportives menées au sein de toutes les directions concernées.
Leur succès, notamment en termes de prévention des conduites à risques, a conduit à les inscrire dans le Contrat de Ville récemment signé avec l'Etat.
Dans ce cadre, seront également privilégiés le renforcement de l'information des jeunes sur les dispositifs existants, l'accès aux équipements municipaux, le soutien aux animations locales et aux clubs qui réalisent des actions d'insertion, l'aide à tous les projets qui privilégient l'initiative et l'expression des jeunes, contribuant ainsi à leur insertion.
Cette adaptation des structures sportives de la Ville, de leurs règles d'organisation et de fonctionnement n'est pas simple. Elle suppose en premier lieu une grande souplesse de la part des directions concernées et un état d'esprit de leurs responsables résolument orienté vers les jeunes et leurs besoins. Et je sais que c'est cet état d'esprit qui anime Dominique CANE, l'adjoint compétent auquel je tiens à rendre hommage pour son action efficace et déterminée dans ce domaine.

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
En retour, cette adaptation nécessite l'acceptation par les jeunes de règles minimales, tant il est avéré qu'à des droits nouveaux doivent correspondre aussi des devoirs.
Le Maire de Paris a souligné, à juste titre, les graves problèmes auxquels nous devons faire face dans un certain nombre d'installations sportives.
Ces lieux ne doivent en aucun cas devenir des zones de délinquance.
Un groupe de travail relatif aux violences commises dans les établissements scolaires ou sportifs, ou à leurs abords, se réunit tous les deux mois à la Préfecture de police, regroupant les services de la Mairie, du Parquet, du Rectorat, de la Sécurité publique et de la Police judiciaire. Il évalue très concrètement la situation dans chaque arrondissement, rapproche les différents intervenants et adopte, selon une méthode partenariale, des orientations et des mesures concrètes.
C'est l'approche également suivie par la Commission "Jeunes en difficulté d'insertion", émanation du Conseil parisien de Sécurité et de Prévention de la Délinquance.
L'encadrement, qu'il soit ou non léger et souple, est une nécessité.
Le concours de tous à cette fin et un partenariat développé, notamment avec la Préfecture de police, sont indispensables. Je tiens à lui rendre hommage ainsi que je tiens à saluer la création de la nouvelle Unité Prévention de la Sécurité publique de la Préfecture de police.
Il faut amplifier et prolonger encore cette action, notamment par une sensibilisation et une présence accrues des îlotiers sur ces sites.
C'était d'ailleurs la proposition n° 1 du Plan départemental de sécurité signé en 1994 : développer un îlotage spécifique aux abords des équipements sportifs.
Ainsi, tous ensemble, en marquant concrètement notre volonté d'assurer un fonctionnement harmonieux de pratiques sportives, institutionnelles, organisées ou libres, nous permettrons cette adaptation du sport aux aspirations des jeunes Parisiens et améliorerons par là-même l'efficacité de nos dispositifs de prévention.
Les valeurs que les jeunes partagent sur un stade, ce langage commun qu'ils acquièrent dans l'effort, et très souvent le dépassement de soi- dont ils ne pensaient pas même être capables pour nombre d'entre eux- le respect des règles, le lien social qui se renoue et dépasse les relations ludiques, la création enfin de ces espaces d'expression, leur permettent de se retrouver eux-mêmes, de se reconstruire parfois.
L'importance que la Mairie de Paris accorde depuis très longtemps à une politique sportive ambitieuse est ainsi pleinement justifiée, et l'impulsion nouvelle donnée aujourd'hui par son Maire ne peut que mobiliser toutes les énergies et recueillir un soutien unanime du Conseil de Paris.

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").

M. LE MAIRE DE PARIS.- Mme SCHNEITER a la parole.

Mme Laure SCHNEITER.- Monsieur le Maire, en France, aujourd'hui, n'importe quelle commune de 10.000 habitants a son stade, sa piscine, son gymnase et ses terrains de tennis.
Chaque quartier de Paris a bien plus de 10.000 habitants, et vous le dites vous-même, Monsieur le Maire, en 1995, il y a une piscine pour 60.000 habitants, un gymnase pour 17.000 habitants. J'ajouterai : un stade pour 55.000 habitants, un terrain de tennis pour 11.000 habitants.
Il est vrai que nous revenons de loin et que depuis 1977 des efforts ont été faits. Il ne reste pas moins que Paris reste une des capitales européennes la plus sous-équipée en installations sportives.
Je regrette, comme M. SARRE, que la Ville ait privilégié le "sport-spectacle" au détriment du sport pour chaque Parisien avec des installations à proximité de chez lui.
Prenons quelques exemples :
Les nuisances du Parc-des-Princes sont bien connues. Le Maire du 16e, en son temps, sous la pression des habitants, en aurait demandé la démolition. Cela aurait dû vous servir de leçon. Mais vous continuez dans la même voie "Sport-spectacle", avec le stade Roland-Garros considéré comme trop petit, qui a été agrandi sur un espace boisé en principe inconstructible.
Gaspillage financier et écologique avec le Stade Charléty, le vrai, qui avait besoin d'une sérieuse rénovation mais non d'être démoli. Des milliers de jeunes du P.U.C. y sont passés comme les riverains, qui venaient profiter des installations dans un cadre champêtre. Ce site exceptionnel d'activités sportives et de détente a été remplacé par un stade de 20.000 places pour recevoir des compétitions internationales, des parkings, des bureaux.
Se pose déjà le problème de sa rentabilité, comme le souligne le Président du P.U.C. : "Il faudra faire preuve d'imagination pour remplir ces 20.000 places". De l'imagination, Monsieur le Maire, c'est bien le problème de tous les parents qui veulent organiser la pratique sportive de leurs enfants.
Quant au Grand Stade, puisque nous sommes dans une période d'austérité, vous l'avez souligné lors des orientations budgétaires, est-il raisonnable de construire un stade uniquement pour un événement sportif, si important soit-il ?
On voit bien que la Ville n'a proposé ce terrain que parce qu'il s'agit d'une opération de prestige ! L'aurait-elle fait spontanément pour offrir par exemple un grand ensemble sportif à des prix raisonnables aux Parisiens ?
Comment sera rentabilisé le Stade de France après la coupe du monde de football ?
Comme le Palais omnisports de Paris-Bercy, sans doute, en accueillant deux fois plus de spectateurs pour des spectacles variés que pour des compétitions sportives. Pourquoi pas, d'ailleurs ? Mais qu'on ne parle pas d'une "importante politique en faveur du sport à Paris", si tous ces sportifs tentent de s'orienter vers une animation culturelle alors que les enfants de nos écoles font du sport dans les préaux ou ont une demi-heure de transports pour aller à la piscine.
Pour aller jusqu'au bout de cette logique, Monsieur le Maire, je vous demande d'avoir l'honnêteté de distinguer désormais dans votre budget les dépenses relatives au sport de prestige de celles relatives au sport des Parisiens. On pourra ainsi mieux comparer la remise de 4,6 millions de francs faite au P.S.G. aux 3,4 millions de francs de la prévention par le sport.
Il n'y a pas suffisamment d'équipements sportifs. Combien de terrains, grands ou petits, dans Paris auraient pu être classés comme terrains de sport si la Mairie l'avait voulu ?
En fait, ce qui a arrêté la Ville, ce ne sont pas les dépenses mais le manque à gagner d'intérêts privés à se voir déposséder de terrains sur lesquels on préférait spéculer.
Vous pourrez d'ailleurs constater que la réglementation n'est pas respectée par beaucoup de jeunes qui jouent au football sur l'esplanade des Invalides. En dehors des pelouses de la Villette ou de Bercy, il n'y a aucun espace libre où il est permis de jouer au ballon.
Vous dites avoir pu augmenter le nombre d'équipements sportifs en partie grâce aux Z.A.C. Vous avez effectivement "bourré" les terrains des Z.A.C. avec des résultats bien décevants : des gymnases à moitié ou complètement enterrés pour gagner encore de la place. La moindre des choses serait de pouvoir faire du sport à la lumière, de plein-pied avec des terrains sur lesquels on peut sortir à l'air libre dès qu'il fait beau.
Les terrains de sport dans les Z.A.C., quand il y en a, sont tellement près des logements que la plupart des habitants, inévitablement, se plaignent des bruits engendrés, ce qui prouve bien que sur un même terrain on doit choisir entre des fonctions qui ne sont pas contradictoires, soit des habitations, soit des terrains de sport mais pas les deux.
Vous soulignez avec raison l'importance qu'il faut donner au sport pour faciliter l'insertion sociale et aider à prévenir la délinquance. Pour ce faire, vous avez une dernière chance à saisir avec les terrains S.N.C.F., grands ou petits, pour donner enfin à des quartiers entiers les équipements sportifs qui leur font cruellement défaut actuellement.
Vous avez choisi de continuer à fabriquer des Z.A.C. "fourre-tout", qui amèneront plus d'habitants à des endroits où les Parisiens n'ont pas besoin de voisins supplémentaires mais de jardins, d'aires de jeu, de terrains d'aventures, de football, de piscines, d'une ou plusieurs patinoires.
Où ferez-vous tous ces équipements si ce n'est sur ces terrains ?
Enfin, si la Ville se préoccupe beaucoup des grands sportifs, un peu des enfants et des jeunes, il y a tous les autres Parisiens qui n'ont aucune facilité pour faire du sport. Voilà pourquoi le simple fait d'ouvrir des équipements sportifs jusqu'à 22 heures transformerait la qualité de vie de bien des gens.
Et puis, il y a des choses qui ne coûtent presque rien.
Les berges de la Seine ouvertes le dimanche aux cyclistes. C'est une bonne initiative, Monsieur le Maire, et j'espère que vous ne céderez pas aux pressions qui voudraient vous y faire renoncer. Il faut ouvrir ces voies sur toute leur longueur et avec des horaires modulables selon les saisons, de 11 à 16 heures l'hiver, de 10 à 18 heures l'été.
Une autre bonne idée : fermer des routes aux voitures dans les bois de Boulogne et de Vincennes, le dimanche également, pour que les familles puissent s'y promener ou faire du sport en paix.

M. LE MAIRE DE PARIS.- Merci, Madame.
M. BARIANI a la parole.

M. Didier BARIANI, adjoint.- Monsieur le Maire, nul ne doute qu'il faille, à Paris, un club de haut niveau à vocation internationale et c'est pour cela que nos espérances vont au "Paris-Saint-Germain", pensant que les aléas du moment n'empêcheront pas qu'il atteigne les objectifs qu'il s'est fixés.
Je ne voudrais néanmoins pas que soit oublié le deuxième club de Paris, qui est un club de haut niveau et qui a des objectifs sociaux de plus en plus prioritaires et qui développe, dans l'Est de Paris, une action croissante en faveur des jeunes des milieux défavorisés.
Ce club compte 600 jeunes, dont un nombre important est confronté à des problèmes sociaux. Ils sont encadrés par une cinquantaine d'entraîneurs et d'éducateurs dévoués. Il renforce sa participation dans le centre de perfectionnement de football mis en place au Centre d'initiation sportive du stade Louis-Lumière, dans le 20e, par la Direction de la Jeunesse et des Sports de la Ville de Paris, à travers ses éducateurs et ses joueurs qui y jouent un rôle d'animateurs et d'exemples.
Au moment où le chômage, l'ennui, la drogue et la violence touchent une partie de la jeunesse, la mission que s'est assignée le "Paris football club" est de témoigner de la vocation première du football à créer des liens de solidarité, à être une école de dynamisme, de vitalité et d'enthousiasme afin de lutter contre le mal de vivre dans les grands ensembles et les problèmes liés à la toxicomanie et à la délinquance.
Si le sport n'est pas un remède miracle, il permet néanmoins de lutter efficacement contre les difficultés liées à l'ennui, au désoeuvrement dans nos quartiers sensibles.
C'est d'ailleurs de cette réflexion qu'est née "Promosport", une série d'animations sportives organisées par la Mairie de Paris et le "Paris football club" pendant toutes les vacances scolaires, à l'intention de ceux qui n'ont pas toujours la chance de partir en vacances.
Voilà pourquoi le "Paris football club 98" a passé avec la Ville de Paris une convention, au titre de "Promosport", pour la mise en place d'actions de prévention dans l'Est parisien, dans le cadre du contrat de ville.
Je voudrais attirer votre attention, Monsieur le Maire, sur le fait que depuis Noël 1992, près de 1.000 jeunes du 20e pratiquent pendant toutes les vacances scolaires le football, le basket, les arts martiaux, le karaté, la "break dance" pour ne citer que ces disciplines. Ils sont encadrés par les joueurs du "Paris football club 98", des professeurs de sport et des animateurs d'associations de quartier.
Dans un contexte économique et social particulièrement difficile, le "Paris football club" prend en compte ce rôle de club formateur de haut niveau, en utilisant les moyens dont il dispose pour faire prendre conscience à tous des vertus de l'engagement sportif, de sa capacité à forger des tempéraments, à canaliser les énergies et à combattre les intolérances.
Je ne voudrais pas, pour conclure, Monsieur le Maire, qu'on puisse ignorer que si Paris dispose d'un club de vocation internationale, que tout le monde soutient et qui est à la mesure de ce que peut souhaiter et désirer la Ville de Paris en la matière, elle dispose aussi d'un grand club formateur dans l'Est parisien qui joue un rôle complémentaire et pour lequel je souhaiterais qu'il soit plus encore aidé au cours des années qui viennent.

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Paris-Libertés" et "Rassemblement pour Paris").

M. LE MAIRE DE PARIS.- Merci, Monsieur BARIANI.
La parole est à M. BRAVO.

M. Jacques BRAVO.- Monsieur le Maire, je crois qu'à ce stade nous divergeons sur l'appréciation de trois dimensions de l'effort à faire en faveur du sport à Paris : la transparence nécessaire, les moyens à consacrer à cette priorité, à la fois dans leur globalité et dans leur répartition, et enfin la conception même de la pratique sportive moderne en milieu urbain.
Les difficultés que j'ai moi-même rencontrées pour établir des séries de données incontestables illustrent les évidentes défaillances en matière de transparence, notamment financière.
Il m'a été, en effet, difficile, Monsieur le Maire, voire impossible d'analyser la destination des subventions attribuées à ce titre en 1995, en évitant tout double compte ou omission. Ainsi, présentez-vous la répartition des aides financières municipales visant l'encouragement au sport pour un montant de 15,1 millions, en page 7 de votre communication, alors que les documents comptables que j'ai pu étudier indiquent à cette même fin une dotation de 17,9 millions, inscrite à l'article 657 du sous-chapitre concerné. Et il ne m'a pas été possible de reconstituer l'un de ces deux montants par addition de crédits individualisés.
Même s'il ne tenait qu'à la complexité des procédures mises en place par la Ville elle-même, un tel écart de 18,5 % interdit toute discussion sereine et probante sur les parts respectives du financement du sport de haut niveau et des pratiques sportives ouvertes au plus grand nombre.
Autre exemple, Monsieur le Maire, s'agissant des grands clubs subventionnés à Paris, je n'ai pu obtenir, avec difficultés, que deux tableaux manuscrits pour les comptes du "Paris-Saint-Germain F.G." relatifs à l'exercice clos le 30 juin 1993, et une simple note de quatre pages comportant en tout et pour tout 19 chiffres financiers pour la saison 1991-1992 du Paris-Football Club.
Dans l'intérêt général comme pour la qualité de nos débats, nous vous demandons à nouveau et expressément une vraie transparence financière, à la fois sur les critères d'attribution des subventions et sur les comptes de la Ville, et nous sommes prêts à y apporter notre contribution.
S'agissant du financement de la politique du sport à Paris, notre appréciation est que l'effort financier de la Ville est tout à la fois globalement insuffisant, Patrick BLOCHE le disait tout à l'heure, géré de façon trop centralisée et mal réparti.
Cet effort est insuffisant dans votre propre logique, Monsieur le Maire, car les dotations qui devraient traduire cette priorité, que vous réaffirmez sans cesse, ne font l'objet que d'une simple reconduction de budget en budget depuis au moins cinq ans. Toujours le même étiage de 3 % environ du budget global de la Ville. L'alternative est claire : ou bien ces crédits sont simplement reconduits, et ne parlons plus désormais de priorité au sport, ou bien les priorités déclarées par le Maire sont justifiées, ce que nous croyons, et le budget correspondant est assurément insuffisant.
En outre, nous ne pouvons ignorer qu'une partie croissante du champ des activités sportives intéresse le marché et se trouve aujourd'hui pris en charge par l'initiative privée. C'est là un facteur d'exclusion car la masse des pratiquants potentiels ne peut y accéder aisément. La Municipalité ne peut pas se dégager d'une aussi importante responsabilité à l'égard de l'ensemble de la jeunesse parisienne.
Cette insuffisance de l'effort financier global de la Ville est aggravée par des structures et des procédures de décision centralisées à l'excès.
En effet, l'ensemble des vingt Offices municipaux des sports n'est doté que de 1,95 million de francs tout compris cette année, au sein d'un sous-chapitre de 83 millions de francs pour l'animation et l'encouragement aux sports. Cela veut dire que même au temps de votre grand schelem, Monsieur le Maire, vous avez plafonné la part propre des O.M.S. d'arrondissement à moins de 2,4 % des crédits correspondants. Pourquoi imposer une telle centralisation qui compromet ou interdit les initiatives locales ?
Le troisième défaut de comportement de la Ville est qu'au-delà d'un budget globalement insuffisant et trop centralisé, cet effort financier est mal réparti. Contrairement à la logique de la loi P.M.L., la capacité d'initiative des arrondissements est écrasée, sans doute parce que crainte. Nous l'avons déjà signalé : au sein des états spéciaux d'arrondissement, eux-mêmes insuffisamment dotés, les crédits réservés au sport et à la jeunesse ne peuvent être qu'insuffisants eux aussi.
On touche là une difficulté majeure. Malgré l'existence d'infrastructures sportives, les jeunes ont le sentiment de ne pas avoir de lieu pour faire du sport. Or, le sport est une voie essentielle d'intégration. Il faut donc tout faire pour faciliter l'accès aux équipements sportifs. Cette impérieuse nécessité appelle une décentralisation de la gestion des équipements aux mairies d'arrondissement.
Ce même défaut de répartition se retrouve naturellement dans les implantations géographiques. Là encore un rééquilibrage des capacités et des équipements est urgent, car nous savons bien qu'en milieu urbain, la proximité d'une implantation de quartier conditionne la pratique d'une discipline sportive.
J'aborde mon dernier point, Monsieur le Maire. En trois mandatures, soit presque une génération, les pratiques sportives en milieu urbain se sont profondément transformées, en se dégageant progressivement des approches institutionnelles. Certaines fédérations sportives, qui n'ont pas su ou pas pu comprendre le mouvement social, en savent quelque chose.
Ce que les jeunes expriment dans leur révolte, c'est notamment qu'ils n'ont pas accès à ce qu'ils attendent de la cité. La pratique sportive est désormais une pratique moins formelle, plus ouverte dans la cité et dans ses rues, de plus en plus en liberté, et à tous âges il s'agit d'abord de ne pas rester physiquement passif devant le temps qui passe.
Une telle conception des nouvelles pratiques sportives qui entendent ne délaisser aucun recoin de la ville, nécessite une action puissante de notre part. Souplesse indispensable dans la gestion des créneaux horaires, dans les normes d'encadrement. Davantage de flexibilité dans les systèmes de gestion municipale. Décentralisation pour se rapprocher du terrain. Equipements de grande proximité et transports en commun commodes vers les grands parcs. Des éducateurs disponibles pour aider les jeunes à mieux s'assumer individuellement et collectivement. Des pratiques sportives encadrées autrement, avec des créations d'emploi d'utilité sportive. Reconquête d'un environnement plus proche de la nature avec des zones vertes qui contribuent à compenser les agressions du stress urbain.
Bref, il faut repenser la cité pour ce qui concerne les rapports du citoyen à la pratique sportive au quotidien.
Vous y faites allusion, Monsieur le Maire, dans la dernière partie de votre communication. Mais votre réflexion ne comporte aucun engagement sur les réformes, le calendrier, les moyens à mettre en oeuvre.
Or, tout cela aura un coût et ne se fera pas à moyens constants. Si l'on veut vraiment mettre la priorité sur les pratiques sportives du plus grand nombre et non sur les activités de prestige ou de spectacle, il faut bouleverser les méthodes municipales et prendre des engagements ambitieux sur les moyens.
Or, vous n'en dites rien, et c'est pour cela que votre politique du sport à Paris nous apparaît tantôt imprécise, tantôt contestable dans ses fins, et en même temps totalement insuffisante dans ses moyens.
Merci, Monsieur le Maire.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, du Mouvement des citoyens et communiste).

M. LE MAIRE DE PARIS.- Merci, Monsieur BRAVO.
Je donne la parole à M. VIVIEN.

M. Pascal VIVIEN.- Monsieur le Maire, chers collègues, dans la communication sur la politique du sport que vous venez de présenter, vous avez souligné l'importance de cette discipline.
En effet, il importe que quel que soit leur âge, leur niveau, la discipline de leur choix, les Parisiennes et les Parisiens puissent exercer une activité sportive dans les meilleures conditions.
Il est vrai que faire du sport lorsqu'on est jeune est une magnifique préparation à la vie, un vrai facteur d'épanouissement, de maîtrise de soi, du sens de la solidarité, de l'équipe et de promotion sociale. Adulte, le sport devient un moyen de détente et de loisir.
Le bilan que vous avez présenté sur la politique que mène la Ville de Paris est éminemment positif. Grâce à des équipements sportifs de qualité, notre Ville conserve son rôle de capitale sportive.
Entre autres, le succès du Palais Omnisports de Paris-Bercy, et plus récemment la reconstruction du stade Sébastien-Charléty en sont le témoignage.
Je me souviens des critiques que l'opposition municipale adressait lors de la réalisation du Palais Omnisports de Paris-Bercy. J'espérais que son succès, qui est la meilleure réponse que nous pouvons lui apporter, ferait taire ces critiques. Décidément, l'opposition a du mal à se consoler du succès du Palais Omnisports de Paris-Bercy.
De même la construction d'un Institut national du judo dans le 14e arrondissement, à la porte de Châtillon, illustre votre souhait de poursuivre la réalisation d'équipements de qualité dont le rayonnement dépassera largement Paris.
Paris est une ville, et c'est essentiel, où les habitants pratiquent le sport avec enthousiasme et en grand nombre. Le nombre des licenciés, des associations, des clubs en est le meilleur exemple.
Il est réconfortant de voir apparaître une génération qui se reconnaît dans le sport. C'est une chance pour nous tous et une chance pour notre ville.
Il faut donc que nous ayons une approche plus constructive encore du sport, fondée sur la formation, le goût de l'effort, le développement de la responsabilité individuelle et collective.
Monsieur le Maire, nous avons la matière, à nous de trouver la méthode !
Il me semble que la politique d'aménagement des rythmes scolaires permettra de répondre à l'attente des jeunes et de favoriser leur insertion.
Cette réforme des rythmes scolaires permet de consacrer les après-midi aux activités dites de sensibilité : c'est le cas des activités sportives.
Ce débat sur les rythmes scolaires est un véritable sujet de société qui nous concerne tous. Il ne s'agit pas uniquement de délimiter des plages horaires, mais de présenter aux jeunes des activités sportives de qualité et variées.
L'aménagement du temps scolaire, c'est le sport loisir. C'est aussi le sport étude et c'est enfin le sport compétition, mais aussi et surtout l'éveil et l'épanouissement aux sciences de la nature et de la vie. C'est l'accès à la culture, aux outils de la culture. C'est également l'initiation et la sensibilisation aux problèmes posés par le cadre de vie. Cet aménagement de la journée, en créant des plages horaires pour les activités sportives, serait une méthode de plus pour lutter contre l'échec scolaire et faciliter l'intégration de tous. Il me semble que la Ville de Paris doit s'associer à la réflexion engagée par le Ministère de la Jeunesse et des Sports, mais qu'elle doit également participer à la mise en route de cette politique dans la Capitale.
Monsieur le Maire, ce projet que vous venez de tracer pour développer la politique sportive au cours des prochaines années, est ambitieux. A cette occasion, je voudrais remercier Dominique CANE, votre Adjoint, ainsi que la Direction de la Jeunesse et des Sports pour le travail qu'ils ont accompli et qu'il accompliront.
Pour mener à bien cette politique, vous aurez le soutien entier du groupe "Rassemblement pour Paris".

M. LE MAIRE DE PARIS.- Merci.
Madame SCHERER, vous avez la parole.

Melle Sylvie SCHERER.- Monsieur le Maire, chers collègues, dès les premières lignes de votre rapport, vous soulignez l'importance du sport dans la ville qui "se doit d'être un des éléments essentiels de convivialité et d'équilibre social". Vous poursuivez en indiquant trois axes fondamentaux de la politique de la Ville.
D'abord, le sport est, depuis toujours, un puissant levier de formation et d'éducation.
Il est un moyen nécessaire d'insertion de la jeunesse.
Enfin, il est le vecteur d'une image positive de la Ville.
Un clivage fort traverse la société française actuelle, que l'on a l'habitude de résumer par la formule de "fracture sociale".
"Réduire la fracture sociale", mot d'ordre agité (ou mobilisé) le temps d'une campagne électoral, aujourd'hui quelque peu enterré et oublié, reste, pour nous, une priorité. Une politique du sport pertinente peut contribuer à réduire la fracture sociale à Paris.
Sans vouloir négliger l'éducation par le sport et compte tenu du peu de temps qui nous est imparti, notre intervention portera plus spécifiquement sur l'insertion par le sport et les mesures préconisées.
Cet aspect, bien qu'affiché comme une priorité au début de votre rapport, semble, à certains égards, minoré et, en tout cas, présenté de manière ambiguë. Minoré puisque cette question n'est pas abordée de manière spécifique au titre I : "Le bilan des 18 années écoulées est éloquent". Le problème de l'insertion par le sport ne date pas d'aujourd'hui et, semble-t-il, du retard a été pris.
Le titre II effleure à peine le sujet de l'insertion. La Ville continue de faire la part belle aux sports de haut niveau, et notamment aux sports "spectacle". Quel sera l'usage, post-Coupe du monde, du Stade de France ? Certes, il est écrit, au titre III, que "la politique de la ville doit être, plus encore qu'hier, un élément majeur de réponse aux enjeux sociaux et urbains aujourd'hui rencontrés". Mais, outre le fait que les dispositions concrètes restent imprécises et non chiffrées, l'esprit qui guide ces mesures n'est pas sans ambiguïté.
Ainsi, les 25 % de jeunes qui pratiquent le sport de manière informelle ont tendance à se transformer, au fil du rapport, en "jeunes hors normes", "inadaptés à la pratique sportive traditionnelle", qu'il est nécessaire de canaliser, non pas pour leur bien, mais uniquement "dans le double souci d'améliorer la sécurité et d'optimiser les équipements sportifs", de limiter la gêne des usagers "intégrés" occasionnée par l'occupation spontanée des terrains. Cette évolution vers plus de liberté et moins d'institutionnalité n'est pas "une attitude de réaction". Elle n'est pas le propre de jeunes désoeuvrés, mais concerne beaucoup de jeunes, notamment parmi les adolescents.
L'insertion des jeunes mal intégrés ne peut se faire sans répondre à leurs besoins et à leurs attentes, en les considérant comme des nuisances potentielles. L'activité sportive, même informelle et non encadrée, peut être un facteur de sociabilisation puissant où l'on redécouvre la solidarité, notamment lors de la pratique de sports d'équipe. C'est aussi pour ces jeunes confrontés à une réalité difficile, à travers le jeu un moyen simple d'évasion. La demande d'activité sportive non institutionnalisée est forte de la part des jeunes en général, et de ceux que vous qualifiez d'inadaptés en particulier.
La Ville de Paris, si elle entend répondre aux nouveaux enjeux urbains et sociaux, se doit d'adopter des mesures adaptées. Celles-ci consistent dans le développement d'équipements sportifs de proximité, des petits terrains d'accès libre qui remportent un grand succès.
Votre rapport l'évoque, mais pour dire que les terrains d'éducations physique- T.E.P.- sont en nombre suffisant et pour stigmatiser les terrains de basket en liberté, dont la réalisation est peu coûteuse, en les présentant comme des lieux de délinquance potentiels. Cela doit faire un certain temps, Monsieur le Maire, que vous n'êtes pas allé jouer au basket sur ces terrains, trop rares, qui ne désemplissent pas, surtout en été, et qui permettent la rencontre de jeunes d'origines sociales différentes. Le message du sportif dont vous parlez- le respect d'autrui et la règle sportive- y est bien plus respecté que dans d'autres sports dits de très haut niveau que la Ville subventionne à grands frais. Les stades de football nous offrent de plus en plus souvent de tristes spectacles, lieux de violence où, sur fond de crise économique, sociale, éthique et politique, l'extrême-droite et ses démonstrations haineuses y sont toujours très bien représentées.
La mise en place de terrains de sport en libre accès : dans votre rapport, c'est une mesure envisagée, mais aussi largement critiquée. C'est pourquoi nous vous demandons de nous préciser votre volonté et les mesures préconisées pour mettre fin au processus de marginalisation de populations qui, si on leur tourne leur dos, si on ne prend pas en compte leurs besoins de manière positive, et non pas seulement pour préserver le bien-être des populations "intégrées" et dans le respect de l'intérêt général, sont vouées au désoeuvrement qui est de plus en plus la marque d'une société inadaptée, parce que sans travail, sans partage et sans perspectives.
Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS.- Vous pratiquez le basket sur ces terrains régulièrement ? Dites-nous les jours, nous irons voir comment se passent les choses.
Monsieur DAGNAUD, vous avez la parole.

M. François DAGNAUD.- Monsieur le Maire, la reconstruction de la piscine et de la patinoire Pailleron figure parmi les grands projets d'équipement sportif que nous annoncez pour cette mandature. Nous nous réjouissons bien évidemment de l'intérêt que vous manifestez pour ce complexe sportif, sur le devenir duquel le Maire du 19e arrondissement vous a alerté à maintes reprises. La piscine, construite en 1934 par l'architecte Polet, est en effet fermée pour des raisons de sécurité depuis l'été 1991, date à laquelle des fissures ont été détectées sous le bassin. La patinoire fermera au printemps prochain si on ne fait rien rapidement. Une intervention de la Ville est donc urgente, mais votre position de principe sur la reconstruction de Pailleron, si elle est la bienvenue, ne répond pas à cette urgence.
Nous ne mettons pas en doute votre bonne volonté ni votre souci de respecter vos engagements d'ici à l'an 2001. Nous craignons cependant que ce projet de reconstruction ne se heurte durablement aux contraintes budgétaires de la Ville. La Ville aura-t-elle, dans les années qui viennent, les moyens d'un projet aussi ambitieux ? Aucune programmation n'est prévue et le coût de la reconstruction avait été estimé à 75 millions de francs en 1995. L'option de la reconstruction, présentée à cette date, reposait sur un montage financier aléatoire intégrant une opération immobilière de 200 logements, rejetée par les riverains, et devenue, depuis, impossible, puisque les terrains réservés à cette opération ne seront plus disponibles avant 10 ans.
Je ne vous cacherai pas non plus nos réserves sur la nature du projet sous-tendu par le choix de la reconstruction, choix fait au détriment de l'option de réhabilitation de la piscine et de rénovation de la patinoire. Le choix de la reconstruction est, en fait, celui d'un équipement de prestige dévolu aux compétitions nationales, voire internationales, en lieu et place de la vocation d'un équipement de proximité qui est celle de l'actuelle patinoire ouverte aux Parisiens de l'Est et du 19e arrondissement.
Sous couvert d'un projet de reconstruction, d'autant plus ambitieux qu'il n'est ni budgété ni programmé et qu'il serait, de toute façon, inadapté aux besoins de la population, n'est-ce pas la fermeture du complexe Pailleron qui risque d'être entérinée ? Et l'exemple de la piscine Molitor n'est pas fait, vous en conviendrez, pour nous rassurer !
C'est une perspective que nous ne pouvons pas accepter et qui serait, n'en doutez pas, portée au débit de votre mandature si elle devait advenir.
Personne ne comprend pourquoi la Ville n'a pas fait avancer le dossier de la piscine Pailleron, alors qu'elle est fermée depuis cinq ans. Personne ne comprendrait que la Ville condamne à brève échéance la patinoire Pailleron, la dernière patinoire à Paris, où est implanté le seul club parisien à proposer un entraînement de danse sur glace et alors même que les sports de glace suscitent un engouement croissant auquel les Parisiens sacrifient volontiers, ainsi que vous le remarquez fort justement dans votre communication.
Je souhaite donc vous saisir une nouvelle fois de la possibilité de rouvrir à court terme et à moindre coût le complexe Pailleron.
Dès 1993, la S.E.M.A.V.I.P., à qui notre Assemblée avait confié une mission d'étude, concluait à la faisabilité technique de la réhabilitation.
En mars 1995, la concertation organisée par la Ville invitait les riverains à donner leur avis sur l'alternative reconstruction-réhabilitation.
C'est donc bien la preuve qu'aucune argumentation technique n'interdit de réhabiliter Pailleron.
Plusieurs autres expertises ont été réalisées depuis, qui concluent également à la possibilité d'une réhabilitation. Je tiens à votre disposition les études et les devis réalisés.
Le coût de la réhabilitation de la piscine est de l'ordre de 9 millions de francs. Le coût de la rénovation de la patinoire, comprenant son isolation thermique et phonique ainsi que la couverture des façades extérieures en briques à l'identique des façades de la piscine, est de moins de 2 millions de francs. L'exploitant est prêt à prendre à sa charge la totalité du coût de la rénovation de la patinoire en contrepartie d'une prolongation de sa concession à long terme. Un autre projet, plus complet, ne dépasse pas les 10 millions de francs.
Voilà, Monsieur le Maire, la solution que vous propose la Mairie du 19e : pour moins de 10 millions de francs, la réouverture rapide d'un complexe Pailleron rénové et réhabilité.
Une fois n'est pas coutume, nous vous invitons à réviser vos ambitions à la baisse. Entre, d'un côté, un projet de prestige, au devenir plus qu'incertain, qui se traduira, dans l'hypothèse la plus optimiste, par la fermeture durant de nombreuses années encore du complexe et, dans l'hypothèse malheureusement la plus probable, par sa fermeture définitive, et de l'autre côté un projet de réhabilitation qui permettra une réouverture à court terme et à moindre coût, l'intérêt des Parisiens, celui de la Ville, voire le simple bon sens, laissent peu de place à de nouveaux atermoiements.

(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste).

M. LE MAIRE DE PARIS.- Merci.
Madame BOUVELOT, vous avez la parole.

Mme Danièle BOUVELOT.- Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, mes chers collègues, capitale culturelle internationale, Paris est aussi capitale sportive internationale. Paris doit donc tenir son rang en ayant une importante politique de soutien pour le sport de haut niveau.
Pour autant, le sport de haut niveau n'est pas soutenu au détriment du sport pour tous. Bien au contraire, car votre objectif prioritaire, Monsieur le Maire, est de permettre à chacun et à chacune, de tout âge et de toute condition sociale, d'accéder à la pratique sportive, de découvrir le sport et ses bienfaits.
Depuis dix-huit ans cette politique a été au coeur des préoccupations des élus municipaux et de l'action municipale en faveur du sport. Que ce soit en termes de réalisation d'équipements adaptés à la pratique de tout niveau, de bonne gestion de l'utilisation de ceux-ci, que ce soit enfin en termes d'aide à ceux qui pratiquent, le bilan des trois mandatures est éloquent : le réseau d'équipements sportifs est aujourd'hui plus dense, plus proche des habitants et plus moderne.
La Municipalité avait, en 1977, un patrimoine, certes, déjà important, mais réparti de manière assez déséquilibrée. En effet, le pourtour parisien était largement favorisé, ainsi que le Sud et l'Ouest de la Capitale. La priorité fut donc donnée, durant ces deux dernières décennies, au renforcement du réseau d'équipements du Nord et de l'Est parisiens ainsi qu'à celui des arrondissements centraux.
Ainsi, le nombre d'équipements a pu être augmenté, comme vous le disiez, Monsieur le Maire, de plus de 60 % depuis 1977.
Quelques chiffres, qui sont critiqués mais que je trouve remarquables, illustrent l'accroissement du patrimoine sportif municipal :
- en 1977, les stades étaient au nombre de 28. Aujourd'hui, ils sont 38, dont 4 plaines de jeux ;
- en 1977, il y avait 16 piscines. En 1995, 33 ;
- en 1977, 84 gymnases pour 121 aujourd'hui ;
- en 1977, 41 terrains d'éducation physique contre 76 à ce jour ;
- en 1977, 50 salles de sport, en 1995, 104 ;
- et pour les courts de tennis, de 47, ils sont passés à 185.
Paris désirant accueillir des manifestations de haut niveau comme des spectacles sportifs, la construction des deux grands équipements déjà nommés a marqué chacune de ces dernières mandatures :
- le P.O.P.B., inauguré en 1984, abrite plus de 150 événements chaque saison ;
- le stade Sébastien-Charléty, inauguré en 1994, s'est vite réaffirmé comme le temple du sport amateur qu'il était avant sa rénovation. Grâce au don du terrain par la Ville, le monde sportif a désormais tout à côté sa maison et la Fédération française d'athlétisme est venue s'y installer.
L'événement sportif de cette fin de siècle sera, sans aucun doute, la Coupe du Monde de Football dans notre pays, et nous nous félicitons, comme vous l'avez dit, Monsieur le Maire, que les Parisiens y soient étroitement associés.
Il ne faut pas oublier que Paris dispose aujourd'hui, avec l'extension du stade Roland-Garros, pour laquelle nous avons accompagné la Fédération française de tennis, d'un lieu digne du Tournoi, compétitif avec Wimbledon et Flushing Meadows.
Le stade Pierre-de-Coubertin, complètement rénové en 1989, est plus que jamais le temple du judo et de l'escrime. Il est aussi le stade du basket, du handball et du volley.
La halle Georges-Carpentier, rénovée en 1988, permet ainsi à Paris de disposer avec Coubertin de deux salles de capacité moyenne, où se déroulent des compétitions nationales et internationales.
La piscine Georges-Vallerey, totalement rénovée, où siège désormais la Fédération française de natation, permet à notre Capitale d'accueillir chaque année les meilleurs nageurs du monde.
Les sport et les loisirs participent à l'insertion des handicapés dans la vie de la Capitale : 18 piscines et bassins-écoles, 30 gymnases, 6 terrains d'éducation physique, 3 complexes de tennis, 5 stades, comportent des dispositifs particuliers à l'intention des personnes handicapées. Toutes les réalisations nouvelles sont en outre accessibles aux handicapés, conformément aux dispositions législatives et réglementaires. Le Centre international handisport de Paris, qui accueille en priorité les sportifs handicapés séjournant dans la Capitale lors des compétitions nationales ou internationales, est construit en bordure du stade Louis-Lumière, lui-même particulièrement bien adapté aux sportifs handicapés. Le bâtiment abrite également la Fédération française handisport.
A ce patrimoine s'ajoutent les plaines de jeux des bois de Vincennes, de Boulogne, d'Orly, ainsi que des parcs interdépartementaux, dont on ne parle peut-être pas assez et qui constituent une réserve importante pour la clientèle sportive parisienne, compte tenu de leur proximité et de leur étendue.
Il apparaît clairement que nous disposons aujourd'hui des moyens nécessaires pour répondre aux différentes demandes des Parisiens.
Il faut donc poursuivre dans la voie que vous avez tracée, Monsieur le Maire, avec un constant souci d'amélioration notamment dans l'entretien des équipements existants, dans le renforcement de notre réseau d'équipements de quartiers et dans le développement des équipements de proximité.
La création d'aires réservées aux patins à roulettes et à la planche à roulettes serait très appréciée des jeunes. Une forte demande s'exprime pour la relance sur Paris de la pratique du patinage sur glace, ainsi que pour la réalisation de piscines nouvelles.
Monsieur le Maire, mes chers collègues, je vous remercie de votre attention.

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").

M. LE MAIRE DE PARIS.- Merci, Madame.
Monsieur LECOQ, vous avez la parole.

M. Jean-Pierre LECOQ, maire du 6e arrondissement.- Monsieur le Maire, mes chers collègues, cela a déjà été rappelé à plusieurs reprises ce matin, en vingt ans la politique des équipements sportifs de la Capitale a évolué de façon considérable.
C'est un des domaines d'excellence de l'action municipale qui d'ailleurs recueille un large assentiment de nos concitoyens, et devrait conduire l'opposition à plus de mesure dans ses interventions.
Les orateurs de notre groupe l'ont démontré tout à l'heure, l'équipement sportif de Paris s'est développé de façon magistrale. Qu'il s'agisse de leur nombre, de leur implantation géographique très largement à l'Est, ce qui a permis de renforcer, de diversifier le réseau d'équipements dans ces arrondissements, qu'il s'agisse de la création ou de la rénovation systématique des grands équipements sportifs qui s'est faite parallèlement à la création de nouveaux équipements, tout a été fait pour répondre, conjointement aux demandes des clubs sportifs et des associations, de l'usager naturel, le Parisien qui désire trouver à proximité de son domicile un endroit pour se décontracter et pratiquer le sport qu'il aime.
Cette politique de dissémination des équipements devra être poursuivie. Du fait de leur polyvalence et de la variété des disciplines que l'on peut y pratiquer, un accent particulier pourra être mis sur la création de salles dédiées à la gymnastique, ou aux arts martiaux qui peuvent accueillir des publics variés, allant des plus petits aux plus âgés.
Comme leurs homologues des centres d'animation, ou celles existant dans les conservatoires municipaux, certaines peuvent être consacrées à l'enseignement de la danse ou à des cours de théâtre. Les plus grandes qui s'apparentent alors à de petits gymnases peuvent accueillir des jeux de ballons.
Mais créer ne suffit pas, il faut ensuite gérer au mieux des intérêts de la Ville, c'est-à-dire assurer une utilisation maximale des salles existantes, car le coût des équipements, leurs dépenses de fonctionnement et la volonté de s'assurer du bon emploi de l'argent public, tout ceci conduit les responsables de la Direction de la Jeunesse et des Sports à veiller à une attribution satisfaisante des créneaux horaires.
Les contrats d'objectifs passés avec de nombreuses associations avec lesquelles un contact régulier est établi, les contrôles opérés ont permis d'ores et déjà de renforcer le taux d'utilisation de ces équipements pendant les heures scolaires.
Il faut ensuite, pour les équipements sportifs qui ne sont pas la propriété de la Ville, mais celle de l'Etat, de personnes morales ou d'associations, examiner si une utilisation complémentaire est possible, par exemple en soirée au bénéfice des associations ou des individuels du quartier dans lequel ils sont implantés.
Une convention d'utilisation par laquelle le propriétaire met à disposition de la Ville en contrepartie d'une rémunération, un quota d'heures précis, assure une meilleure utilisation de son équipement et permet à la Ville de compléter son maillage des arrondissements sans avoir à supporter le coût des investissements correspondants.
L'action de la Ville en direction des scolaires est tout à la fois importante et diversifiée. On rappellera en premier lieu la mise à disposition du premier degré du corps des professeurs de la Ville qui décharge les instituteurs de la Capitale de la nécessité de dispenser des cours d'E.P.S., de dessin et de musique.
Le professionnalisme de ces enseignants et leur disponibilité sont appréciés de tous. Aussi, semble-t-il, et notamment en raison de son coût, nécessaire de souligner l'originalité de ce mode d'intervention de notre collectivité.
Les "ateliers bleus sportifs" qui existent depuis maintenant dix ans, sont l'exemple réussi de ce qu'il convient de faire pour initier les plus jeunes au sport tout en les occupant pendant les heures de l'interclasse ou en fin d'après-midi.
Financés par la Ville, avec une participation des parents, ils constituent avec les "ateliers bleus culturels", l'épine dorsale du contrat de ville signé en 1989 par les autorités municipales et rectorales.
La souplesse et l'intérêt de la formule, ses lieux et ses modes d'application ont concouru à la réussite de cette initiative qui a été largement pérennisée depuis son origine.
La rénovation des équipements scolaires du second degré de la Capitale est, comme chacun le sait, largement entamée. L'action très volontariste de la Région d'Ile-de-France en charge des lycées, a rencontré celle du Département, tuteur des collèges, pour mener à bien une restructuration complète d'ensembles immobiliers aussi complexes que vétustes.
Ces opérations ont été souvent l'occasion de reconstruire des équipements sportifs neufs qui, pour des raisons de commodité, ont été logés en sous-sol. Leur coût élevé assumé par la Région et les Départements ne ressort pas au budget de la D.J.S. mais au budget de la Direction des Affaires scolaires. Elles n'en traduisent pas moins une action complémentaire et déterminante de la Ville en direction des jeunes scolaires parisiens.
La mise à disposition de ces équipements, en dehors des heures scolaires, aux associations sportives du quartier, où ils sont implantés, constitue une priorité.
Elle est le garant de leur plein emploi et du bon usage des contributions fiscales des Parisiens et des Franciliens.
Dans l'ensemble de ces domaines d'application, la politique sportive de la Ville a démontré son efficacité et sa cohérence mise en oeuvre avec détermination par Dominique CANE sous l'autorité de M. le Maire de Paris. Elle mérite, mes chers collègues, d'être poursuivie et amplifiée.

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").

M. LE MAIRE DE PARIS.- Merci, Monsieur LECOQ.
Monsieur BOULENGER de HAUTECLOCQUE, vous avez la parole.

M. Jean-Marc BOULENGER de HAUTECLOCQUE.- Monsieur le Maire, mes chers collègues, c'est plus particulièrement sur le thème de la pratique sportive que je voudrais intervenir.
Le sport, disait Jean GIRAUDOUX, est l'art par lequel l'homme se libère de soi-même. Il reste indubitablement l'une des meilleures écoles de la vie, celle qui apprend le goût de l'effort, qui suscite la volonté de repousser ses propres limites.
Le sport, vecteur d'intégration par excellence, est porteur de valeurs essentielles à la vie en société et mérite à ce titre un effort particulier de la part d'une collectivité comme la nôtre.
Reconnaissons-le, la tâche accomplie par la majorité municipale au cours des précédentes mandatures est exemplaire. Paris est véritablement devenue aujourd'hui la ville du sport pour tous.
C'est aussi la ville de tous les sports, du plus traditionnel au plus insolite.
C'est la ville du sport près de chez soi, grâce au développement d'équipements de proximité dans les quartiers.
Il est certain que dans une grande ville, la liberté de pratiquer le sport de son choix réside d'abord dans une bonne information. C'est pourquoi je voudrais saluer ici les performances et la convivialité du service "Allo sports", véritable mine de renseignements sur toutes les pratiques sportives de la Capitale.
Bravo aussi pour le récent guide du sport à Paris, remarquable ouvrage réalisé conjointement par la Direction générale de l'Information et de la Communication et la Direction de la Jeunesse et des Sports. Mais pas plus qu'on a la science infuse, le goût du sport n'est pas toujours inné. D'autre part, il est essentiel que la barrière de l'argent ne constitue pas d'obstacle à l'apprentissage du sport.
De fait, avec la politique sportive menée ces dernières années en direction de nos plus jeunes concitoyens, Paris a mis en place les conditions de l'égalité des chances. J'en veux notamment pour preuve la possibilité pour les jeunes Parisiens âgés de 8 à 16 ans de pratiquer gratuitement dans les 35 centres d'initiation sportive et centres de perfectionnement répartis dans toute la Capitale plus de 40 disciplines, qui vont du football à l'initiation à la moto, en passant par la plongée avec bouteille, le basket ou encore le canoé-kayak et l'apprentissage du parachutisme. Ainsi, chaque jour d'ouverture, ce sont 1.800 à 2.000 enfants qui profitent des enseignements dispensés par des moniteurs spécialisés.
Soulignons aussi l'intérêt que présente l'ouverture de ces centres pendant les petites et les grandes vacances pour les familles les plus modestes.
Le sport pour tous à Paris, ce sont aussi les 167 centres scolaires sportifs où 700 animateurs accueillent plus de 10.000 enfants du primaire chaque mercredi. Ce sont encore les 1.443 ateliers bleus sportifs mis en place durant l'année scolaire 1995-1996 dans 274 écoles primaires publiques et privées, pour lesquels la Ville met gratuitement ses équipements à disposition.
Je voudrais relever incidemment que celle-ci a choisi de faire appel aux associations sportives scolaires, mais aussi à leurs homologues civiles, ce qui présente l'intérêt de faciliter le passage du sport scolaire à l'activité des clubs.
Enfin, je crois que cette volonté de donner à tous les jeunes Parisiens le même accès au sport ne saurait mieux être exprimée qu'en rappelant la création par la Ville de ce fameux corps de professeurs d'éducation physique qui dispensent leurs cours dans nos 330 écoles élémentaires publiques en complément de l'enseignement obligatoire.
Je ne reviendrai pas sur la politique de prévention par le sport après l'exposé très fouillé de mon collègue et ami Philippe GOUJON et me contenterai de compléter mon propos en évoquant le travail formidable accompli par les 39 centres d'animation de la Ville où le sport occupe une large place, que ce soit au sein des centres, dans les équipements municipaux ou encore par le biais de séjours extérieurs.
Un mot aussi des bébés nageurs, accueillis dès trois mois dans neuf piscines municipales, des vacances sportives, ces séjours en petits groupes, axés sur des thèmes attractifs, organisés par la Direction de la Jeunesse et des Sports à l'intention des 14-17 ans, ou encore des bourses de l'aventure au sein desquelles le sport occupe une place importante.
Permettez-moi d'insister sur la complémentarité de ces différents dispositifs, grâce auxquels chaque jeune Parisien est libre de trouver un cadre propice et adapté à son épanouissement sportif.
Quant aux adultes, je note qu'ils ont désormais à leur disposition pas moins de 1.950 associations bénéficiant des équipements municipaux pour pratiquer la discipline de leur choix.
Un mot aussi des séances sport nature du dimanche matin, ouvertes gratuitement à tous, encadrées par des animateurs spécialisés, qui sont proposées dans onze lieux de verdure de la Capitale.
Je voudrais rappeler l'existence du centre "Voile pour tous" du parc de Choisy-le-Roi qui propose des initiations gratuites à la voile, au canoé-kayak et à la planche à voile et celle de la base nautique de la Villette où les plus de 16 ans peuvent également découvrir gratuitement le canoé-kayak.
Sait-on aussi que 24 centres sportifs municipaux ouvrent leurs pistes d'athlétisme aux individuels moyennant un ticket d'abonnement de 16 F par mois ?
Le sport pour tous à Paris, c'est encore la carte "Paris-Tennis" qui permet aux individuels de réserver par minitel leur court dans l'un des 46 centres.
Je pense également aux 6 parcs interdépartementaux qui offrent aux Parisiens une grande variété de pratiques sportives à proximité immédiate de la Capitale.
Enfin, je voudrais rappeler que les Parisiens de tous âges peuvent bénéficier d'une initiation gratuite au yoga dans 18 centres sportifs.
S'il est un autre domaine dans lequel notre ville a montré ces dernières années sa volonté d'ouvrir la pratique du sport à tous, c'est celui du handisport et du sport adapté. Depuis 1989, le budget alloué aux associations intervenant dans ce secteur est passé de 64.900 F à 464.800 F, soit 700 % d'augmentation. Des efforts considérables ont été accomplis pour rendre accessibles les équipements sportifs aux personnes à mobilité réduite. Aujourd'hui, 18 piscines et bassins-écoles, 30 gymnases, 6 terrains d'éducation physique, 3 complexes de tennis et 5 stades comportent des dispositifs particuliers à l'intention des personnes handicapées. Bien entendu, toutes les réalisations nouvelles leur sont accessibles.
Par ailleurs, cette politique générale d'accueil des usagers handicapés est désormais systématiquement mise en oeuvre lors des réhabilitations d'équipements anciens.
Enfin, je voudrais souligner que les personnes âgées, en sus des activités ouvertes à tous, bénéficient de prestations spécifiques telles que la gratuité des piscines municipales pour les titulaires des cartes "Emeraude", "Améthyste" et "Blanche" ou l'Université d'été, organisée conjointement par la Direction de la Jeunesse et des Sports et le Centre d'action sociale, qui propose des cours de remise en forme.
Je ne voudrais pas oublier d'évoquer les clubs sportifs du Centre d'action sociale ouverts librement sans aucune condition de ressources aux plus de 60 ans.
Vous nous proposez aujourd'hui, Monsieur le Maire, de poursuivre sur cette voie dans un souci de constante amélioration, et je tiens à vous dire que nous vous soutenons pleinement.
Parmi les nombreux points de votre communication, j'ai relevé avec intérêt la volonté de mieux contrôler la fréquentation des équipements. Je m'en félicite pour avoir été à plusieurs reprises informé de dysfonctionnements pour l'utilisation de certains créneaux dans différents équipements. Améliorer l'accueil dans les équipements participe également de la nécessaire adaptation à l'évolution de la demande du public.
Votre souci d'accroître la convivialité des sites sportifs me semble tout aussi important. Les mentalités évoluent, les besoins également, et ce qui était hier considéré accessoire est aujourd'hui devenu indispensable.
Dans le même ordre d'idée, la prise en compte de la pratique sportive des personnes âgées est un autre élément d'importance que j'ai souhaité relever. Renforcer le réseau des équipements de quartier et développer les équipements de proximité est incontestablement une nécessité.
J'ai noté avec satisfaction votre décision d'associer les Parisiens, et notamment les jeunes, à la Coupe du monde de football en leur réservant près d'un tiers des places. Mais le point auquel j'ai été le plus sensible, c'est votre décision d'associer la Ville de Paris au projet de sites-pilotes pour le réaménagement des rythmes scolaires. Certes nous en sommes encore au stade de l'expérimentation, mais je suis heureux de constater que notre ville va entreprendre une réflexion en profondeur qui lui permettra, le cas échéant, d'être prête à mettre en place les dispositifs nécessaires dans les meilleurs délais.
Merci, Monsieur le Maire.

M. LE MAIRE DE PARIS.- La parole est à M. CANE.

M. Dominique CANE, adjoint.- Monsieur le Maire, chers collègues, je vous remercie vivement, Monsieur le Maire, pour cette intervention sur la politique sportive municipale. Elle permet à notre Assemblé, et à travers elle à tous les Parisiens, de constater les efforts faits par la Municipalité depuis de nombreuses années pour répondre aux besoins sans cesse plus forts de pratiquer le sport et de vibrer pour lui.
Vos propos nous offrent également de véritables perspectives pour cette mandature. Il s'agit d'objectifs à la fois ambitieux et réalistes.
Ambitieux parce qu'ils confirment notre souci de renforcer Paris dans son rôle de capitale sportive, et parce qu'ils placent le sport au coeur des préoccupations urbaines.
Réalistes car ces perspectives sont à notre portée sur le plan de nos responsabilités bien sûr, mais aussi parce qu'elles savent prendre en compte les besoins de l'ensemble des catégories de la population sportive. Je pense notamment à tous ces sportifs parisiens anonymes et amateurs qui trouvent dans l'activité physique un élément indispensable à leur équilibre personnel et auquel nous devons être particulièrement attentifs. Car le sport n'est pas ce que l'on entend ou lit sur l'argent, la triche, le dopage et que certains justifient trop facilement. Ce sont d'abord des milliers de Parisiens qui ont le souci de se dépasser, de se confronter à eux-mêmes et aux autres.
C'est aussi et surtout au travers de cette pratique quotidienne que se perpétuent les valeurs fondamentales du sport basé sur l'effort, la performance, l'esprit d'équipe et d'entraide.
C'est en ayant ces quelques données à l'esprit que nous devons conjuguer nos efforts pour un Paris encore plus sportif. Et cela est difficile car, comme c'est le cas dans toutes les grandes agglomérations, nous manquons parfois d'espaces pour construire de nouveaux équipements, en particulier de grands jeux. On attend d'une ville comme Paris qu'elle soit en mesure d'offrir la possibilité de pratiquer quasiment toutes les disciplines sportives du cricket au tir à l'arc, du canoë-kayac à l'escalade en passant par la plongée.
Pour y parvenir, nous avons un socle solide, celui constitué par l'ensemble de nos équipements, nos relations privilégiées avec les milliers d'associations, une longue tradition d'initiation sportive des plus jeunes.
Nous devons poursuivre activement dans cette voie tout en restant à l'écoute des attentes nouvelles, sans complaisance, sans céder aux modes passagères et aux solutions miracles censées résoudre tous les problèmes.
C'est pourquoi la concertation avec le milieu sportif doit être notre souci constant.
A ce propos, je voudrais saluer l'action bénévole de ceux qui oeuvrent pour le sport dans les fédérations, ligues, comités et associations. Je les en remercie chaleureusement : sans eux, le sport à Paris ne serait pas ce qu'il est.
Je voudrais aussi profiter de l'occasion qui m'est donnée pour saluer l'action de la Direction et demander à son Directeur général, Jean-François BÉRAUD et à ses proches collaborateurs de transmettre au nom du Conseil de Paris et en mon nom personnel, aux quelque 2.000 agents qui oeuvrent pour le sport à Paris, toutes mes félicitations pour le travail qu'ils accomplissent.
La concertation, l'écoute et le dialogue doivent aussi prévaloir, et c'est je crois le cas entre la Municipalité parisienne et les élus dans les arrondissements.
C'est dans cet esprit, Mesdames et Messieurs les Conseillers, mes chers collègues, que je répondrai un peu globalement parce que certaines questions étant revenues plusieurs fois, je n'entrerai peut-être pas dans le détail pour chacune. J'essaierai de grouper les réponses de manière à ne pas rallonger le débat. Je vais essayer, maintenant, dans la mesure du possible, de répondre à toutes les questions qui ont été soulevées ici aujourd'hui.
Pour répondre au premier orateur inscrit, M. SARRE, je voudrais, s'agissant du P.O.P.B., avant tout lui rappeler que la moitié, et même un peu plus l'année dernière, des événements accueillis au P.O.P.B. depuis l'ouverture sont à caractère sportif.
Un équipement comme le P.O.P.B. est fait pour accueillir des événements exceptionnels. Nous y voyons régulièrement les "Français Volants"- qui est un club de glace - qui pratique quotidiennement dans cet établissement.
Je voudrais ensuite ajouter que la gestion n'est pas privée, mais celle d'une société d'économie mixte.
Dernièrement, a eu lieu au P.O.P.B. une manifestation d'athlétisme. Je voudrais signaler à M. SARRE que j'y ai vu un très grand nombre de jeunes, ce qui prouve, une fois de plus, que cet équipement attire un certain nombre de jeunes. Pour répondre ensuite à sa question, Paris est une ville où l'on ne peut prendre comme référence l'arrondissement puisque l'on implante les équipements en fonction des espaces disponibles, et que ces équipements sont ouverts à tous les Parisiens. Si chaque arrondissement devait gérer les équipements qui sont situés sur son territoire, ceux du centre, pratiquement du 1er au 11e, n'auraient plus aucune possibilité de pratiquer le football et d'autres sports.
Concernant les Jeux olympiques, je voudrais dire à M. SARRE que ce n'est pas à cause du manque d'équipements que Paris n'a pas été retenue pour les J.O. Vous le savez bien d'ailleurs. Barcelone a été retenue alors qu'elle ne disposait pratiquement d'aucun équipement majeur nécessaire.
Le problème du Stade de France n'est pas celui de la Ville. La Ville considère que le Parc-des-Princes, stade convivial et traditionnel, a vocation à être le coeur d'un club européen de très haut niveau.
Sur les équipements de proximité, le Maire de Paris a rappelé qu'il était attaché à créer des équipements de quartier et à ouvrir les équipements existants à une pratique plus libre tout en évitant, comme le souligne M. SARRE, de mécontenter des riverains.
Notre collègue M. BLOCHE a évoqué les subventions. Hors subvention du P.S.G., pour le haut niveau, les subventions s'élèvent à 14 millions de francs, alors que pour les associations sportives, elles s'élèvent à plus de 28 millions de francs. Donc, vous voyez le double pour les associations sportives par rapport au haut niveau, hors football je le précise bien.
A notre collègue, M. GABORIAU, je voudrais dire que j'ai pris bonne note de ses différentes suggestions relatives au sport de haut niveau, aux pratiques sportives associatives et aux différentes activités sportives de proximité.
Je voudrais lui dire aussi que la volonté municipale clairement exprimée par le Maire de Paris va dans le sens de ses souhaits, par la rénovation poursuivie de nos grands équipements, le développement de notre patrimoine sportif, par l'utilisation de nouveaux matériaux, la généralisation de l'éclairage pour créer de nouvelles plages horaires, la multiplication des conventions d'utilisation des équipements sportifs des établissements scolaires secondaires, le développement de la pratique associative de proximité et des sports en liberté : basket, football, etc., et par le recours à la compétence d'associations sportives volontaires pour encadrer les jeunes et éviter la délinquance.
Comme d'autres de vos collègues, vous vous êtes inquiété de la mise en place de l'expérience des rythmes scolaires.
Dans le cadre de l'action menée par le Gouvernement pour initier des expériences dans le domaine de l'aménagement des rythmes scolaires, le Maire de Paris a souhaité que Paris participe à la mise en place de sites pilotes.
Cette expérimentation permettra de déterminer, avec l'ensemble des partenaires éducatifs : enseignants, parents d'élèves, les conditions de réussite de ces projets et d'en déterminer avec précision le coût et les conséquences.
La concertation sera essentielle entre les services de la Ville, le Ministère de la Jeunesse et des Sports et le Ministère de l'Education nationale pour réaliser ce difficile projet à Paris.
Dans les semaines qui viennent, le Maire de Paris communiquera les arrondissements choisis et les écoles envisagées, après consultation du rectorat et des responsables de ces établissements.
Pour répondre à M. VION sur l'insuffisance du nombre des équipements, et particulièrement les gymnases, et sur la possibilité de création de terrains de grands jeux dans les arrondissements : s'il y a un point sur lequel le bilan des dernières mandatures est excellent, c'est celui des créations d'équipements et du rattrapage du retard qui pouvait effectivement exister en 1977, notamment pour les gymnases.
De plus, il est clair que le partenariat avec l'Education nationale et les Affaires scolaires de la Ville doit être renforcé. C'est ce que nous faisons afin de construire des gymnases cofinancés entre la D.A.S.C.O. et la D.J.S. dans les collèges.
Ainsi, là où des besoins ponctuels se font sentir, il est possible, notamment dans les zones nouvelles aménagées, de construire vite et bien.
En ce qui concerne les terrains de grands jeux, la situation est hélas plus difficile à Paris qu'ailleurs en raison notamment du manque d'espace dans les arrondissements. Nécessairement ils ne peuvent être implantés qu'en périphérie. A ce titre, 10 stades ont été créés depuis 1977, sans oublier nos parcs interdépartementaux en dehors de Paris.
Concernant le stade Sébastien-Charléty, je vous signale que les jeunes y ont accès, notamment les universitaires qui y laissent des créneaux libres.
Les rapports entre la Ville et les associations sportives, il faut le souligner, sont très étroits et très constructifs. Vous les avez abordés, Monsieur le Conseiller, sous deux angles.
Financier d'abord : 600 associations sont subventionnées ainsi que 53 comités sportifs. Il ne serait pas possible de financer 2.000 associations sans faire un saupoudrage inefficace. C'est pourquoi un choix est fait en fonction de la qualité des associations et des projets qu'elles proposent. Au-delà de 10.000 F de subvention, les objectifs sont définis avec les services compétents.
Le délai d'attribution des subventions est de quelques semaines, ce qui est très rapide compte tenu de la précision apportée lors de l'instruction.
Vous soulignez ensuite la nécessité d'optimiser l'attribution des créneaux sportifs. Ceci a déjà été pris en compte par les services et un système informatisé, qui est déjà en place et va encore être modernisé, se charge de cette gestion.
Mais ce système, aussi perfectionné soit-il, repose avant tout sur la concertation avec les associations sportives pour que les créneaux qui leur sont attribués soient occupés au mieux.
Enfin, concernant le guide du sport, nous tiendrons compte de vos suggestions qui sont toujours les bienvenues.
Pour répondre à M. GOUJON en ce qui concerne la prévention et le sport, sans aller jusqu'à dire que le sport peut résoudre tous les problèmes des jeunes et sans vouloir ramener l'image de ces derniers à celle de délinquants potentiels, on ne peut nier les effets bénéfiques que le sport peut avoir sur eux.
Malgré la gratuité des centres d'initiation sportive, malgré toutes les facilités offertes et l'éventail des disciplines proposées, certains ne font pas la démarche d'aller vers le sport. Il faut donc que le sport aille vers eux.
Dans le cadre de sa politique de prévention et d'insertion par le sport, la Mairie de Paris a mis en place un système de libre accès aux installations en dehors des horaires scolaires, et tout particulièrement durant les petites et grandes vacances.
Toutefois, il est nécessaire d'amener les jeunes vers des structures organisées si nous voulons réussir leur intégration. C'est dans cet esprit que de nombreuses opérations sont menées avec les associations de quartier qui organisent de multiples actions de prévention par le basket, et plus généralement par le sport.
Le sport est un vecteur d'intégration que Paris a décidé de ne pas négliger, et nous poursuivrons nos efforts en ce sens, en liaison avec les arrondissements.
M. BLOCHE avait le souci d'une gestion de proximité. Je voudrais signaler que c'est bien le nôtre. Les services de la D.J.S., présents au plus près sur le terrain, ne sont pas éloignés de la population, contrairement à ce que vous indiquez. Votre opinion n'est pas celle des associations.
Vis-à-vis des jeunes, nous comptons sur vous, Monsieur BLOCHE, et sur tous nos collègues présents pour accroître l'information sur les C.I.S. et leur développement.
Quant aux subventions, elles ne diminuent pas pour les associations les plus attachées à la formation et à la pratique de masse.
Enfin, la D.D.J.S., regroupée avec la Direction régionale, conserve sa mission et, j'insiste, ses moyens financiers, attribués aux actions de l'Etat et au bénéfice des associations parisiennes.
Enfin, nous voulons que le P.S.G. et le Parc aient une histoire commune la plus longue possible et nous ferons en sorte que, dans chaque discipline sportive, Paris ait une équipe de haut niveau.
Notre collègue Laure SCHNEITER a parlé du stade Charléty. Ce n'est pas seulement un grand stade. Au cas où elle ne l'aurait jamais visité, je précise que c'est un lieu où l'on trouve aussi une salle de 1.500 places, 8 terrains de tennis, une salle de judo, des squatchs, un terrain de football où plusieurs centaines de Parisiens passent la journée.
Le sport prestige, c'est-à-dire la haute compétition, est en fait nécessaire aussi à la convivialité de nos concitoyens. Les équipements sportifs sont ouverts jusqu'à 22 heures, certaines piscines aussi. La pratique sportive est possible dans plusieurs endroits à des horaires très variés.
Notre collègue Danièle BOUVELOT avait abordé le problème des équipements.
Concernant les parcs interdépartementaux, vous avez tout à fait raison, ma chère collègue, d'évoquer ces parcs qui constituent un réservoir non négligeable d'équipements sportifs pour les Parisiens, notamment lors des beaux jours. Avec une superficie totale de 292 hectares, les parcs interdépartementaux de Puteaux, Antony, Bobigny, La Courneuve, Choisy-le-Roy et le Tremblay élargissent les frontières naturelles de la Capitale et permettent des pratiques sportives, parfois difficiles ou limitées dans Paris intra-muros.
Il serait bon, je crois, comme vous le suggérez, de le faire mieux savoir aux Parisiens. Nous y veillerons, bien entendu, mais je vous engage d'ores et déjà, mes chers collègues, à en assurer l'information, et je me tiens à votre disposition pour vous donner de plus amples détails, si vous le souhaitez.
Je peux toutefois vous indiquer que l'effort financier du Département de Paris sera maintenu sur ces équipements.
Concernant la piscine Molitor, le Maire en a longuement parlé dans sa communication. Je voudrais simplement ajouter que le projet suivra au plus près la structure antérieure du bassin. Le pavillon sud, qui comprend les vitraux art-déco, sera conservé ; le bassin d'été et son entourage de cabines seront reconstruits dans l'aspect d'origine.
Le programme sportif comprend une piscine scolaire de 25 mètres, avec des locaux annexes, attenante au bassin d'origine à vocation ludique.
Le dossier est en cours d'instruction. Cette opération fera l'objet d'une décision définitive dans l'année et sera mise en oeuvre dans le courant de cette mandature.
Pour revenir à un autre point qui avait été soulevé par mon collègue Pierre GABORIAU, et que j'avais omis d'évoquer, je voudrais lui dire que le Maire de Paris avait tout particulièrement pensé à l'utilisation du champ de courses d'Auteuil où ne se déroulent en réalité que 50 courses par an.
Il va de soi que concernant la démarche de Pierre GABORIAU, le Maire de Paris et moi-même appuierons ses demandes de manière à ce que cet équipement puisse éventuellement servir à des installations de football légères.
Concernant la piscine Pailleron, à laquelle ont fait allusion nos collègues Danièle BOUVELOT et François DAGNAUD, je voudrais dire, comme il est indiqué dans la communication, que la reconstruction de cet équipement du 19e arrondissement sera vraisemblablement réalisée pendant la mandature.
Monsieur DAGNAUD, vous avez abordé le problème de Pailleron. Je ne doute pas de votre souci de bien faire, mais je conteste formellement la possibilité technique de rénover cette piscine, car la réhabilitation coûterait 10 millions de francs au minimum, et encore ce serait du travail bâclé !
J'ajoute que la concertation qui a eu lieu dans le 19e arrondissement a permis de dégager une large majorité pour la reconstruction de cet équipement.
Je regrette que vous vous obstiniez à demander une réhabilitation techniquement impossible et d'un coût déraisonnable.
Faut-il faire mal et cher pour faire vite ? Nous préférons poursuivre les études et proposer un équipement pour les habitants du quartier environnant et non pas pour des manifestations institutionnelles, comme vous le dites.
Je ne crois pas avoir répondu à notre ami Jacques BRAVO. Je vois qu'il me fait des signes ! En ce qui concerne la transparence de l'attribution des subventions, je rappelle que dans l'idée de contrat d'objectifs, le qualificatif l'emporte sur le quantitatif.
Mais néanmoins, nous examinerons ensemble ce que vous souhaitez connaître sur les subventions, et je vous répondrai par écrit.
Vous dites que le budget de la Ville est insuffisant. Je vous rappelle que ce budget représente plus du quart du budget du Ministère de la Jeunesse et des Sports. Donc vous voyez que ce n'est pas un budget aussi petit que vous le pensez.
Le rôle des O.M.S. n'est pas d'agir, mais de coordonner l'action du mouvement associatif local.
Quant à l'effort mal réparti, selon vos dires, nous ne saurions oublier que nous sommes responsables et comptables de la gestion de Paris auprès des Parisiens.
Il va de soi que beaucoup de demandes ont été faites, et s'il suffisait d'avoir de l'argent sans en subir les conséquences, nous pourrions évidemment réaliser beaucoup d'équipements. Mais le Maire de Paris est conscient de la situation des Parisiens, donc il évite autant que faire se peut d'augmenter les impôts. C'est le rôle de l'opposition de proposer beaucoup d'équipements, c'est notre rôle à nous de nous en tenir à ce qui est raisonnable.
Pour conclure, mes chers collègues, je voudrais dire que le sport, élément d'équilibre social et d'éducation des jeunes, ne doit pas devenir un enjeu de pouvoir. Il doit être au contraire ce qu'il a toujours été jusqu'à présent dans cette Ville, l'objet d'un dialogue constructif permettant de donner toute sa cohérence à la politique municipale et à l'action collective.
C'est le souhait du Maire de Paris, c'est aussi, je le crois, je l'espère, le vôtre.
Lors des contacts que j'ai pu avoir avec vous, mes chers collègues, et ce quelle que soit votre appartenance politique, je tiens à le souligner, j'ai constaté que pour vous aussi, le sport était un enjeu social important, au-dessus des considérations parfois un peu partisanes.
De rares contre-exemples de divergences ont quelque peu gâté le tableau, si je puis dire. Mais ce sont à mes yeux de simples anicroches, des épiphénomènes, et en aucun cas ils ne sauraient remettre en question la forme d'unanimité qui se dégage autour du sport.
J'émettrai donc un voeu, celui de voir tout au long de cette mandature dans le domaine du sport disparaître les vaines querelles qui, d'une certaine manière, prennent le sport en otage.
Je souhaite au contraire voir régner un état d'esprit constructif. Pour reprendre un terme sportif, ce serait une belle victoire. Celle du sport. Et les gagnants en seraient les Parisiens.
Merci, Monsieur le Maire, merci, mes chers collègues.

(Vifs applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").

M. LE MAIRE DE PARIS.- Je vous remercie.