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Fevrier 1996
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3 - Intervention de M. Didier BARIANI, adjoint au Maire de Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Février 1996




M. LE MAIRE DE PARIS.- Monsieur BARIANI, souhaitez-vous intervenir ?

M. Didier BARIANI, adjoint.- Monsieur le Maire, je voudrais solliciter un très bref temps de parole au titre de l'article 19 de notre règlement pour fait personnel.
M'en donnez-vous l'autorisation ?

M. LE MAIRE DE PARIS.- Monsieur BARIANI, vous avez la parole.

M. Didier BARIANI, adjoint.- Monsieur le Maire, je ne serais pas revenu sur une affaire dont la presse locale a d'ailleurs suffisamment parlé si, à la dernière séance, ce problème n'avait été évoqué dans cette enceinte.
Il s'agit, pour être clair, de l'affaire de la Caisse des écoles, dans laquelle, avec des termes et une méthode que je considère comme tout à fait insidieux, ma probité et mon honneur avaient été mis en cause dans des conditions, je ne le cache pas, qui m'avaient personnellement touché.
Il s'est avéré, ce dont je ne doutais pas, qu'un rapport de la Direction de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes, blanchit (puisque c'est le terme qui est utilisé) complètement la gestion précédente et qu'il ne reste rien des allégations qui pouvaient laisser suspecter des pratiques douteuses ou même frauduleuses, lorsque j'étais en fonction.
Je n'ai pas le souci de faire ici une tirade. Simplement, je crois avoir transmis mes responsabilités dans des conditions de respect pour ceux qui m'ont battu, et j'attends de la vie publique qu'on me respecte dans ce que j'ai fait, à partir du moment où rien n'est répréhensible.
Je me posais la question de savoir si, dans la vie publique, tout est permis. Que le débat soit âpre, que le débat soit difficile, que nous ayons les uns et les autres des points de vue très différents, rien que de légitime. Est-ce que, pour autant, la mise en cause des personnes, surtout quand il est avéré que c'est plutôt pour essayer de nuire que pour tenter de comprendre, fait partie obligatoirement du débat public ? Je vois d'ailleurs un certain nombre d'affaires évoquées ici... Est-ce que la Ville de Paris, opposition comme majorité, a à gagner avec des mises en cause personnelles qui attentent plus à la dignité des personnes qu'elles ne révèlent des faits douteux ?
Je pense, quant à moi, que la vie publique n'autorise pas tout. On peut naturellement se battre beaucoup sur les différences d'appréciation que l'on a concernant la politique municipale ou tel ou tel point de la vie publique en général, mais, mon Dieu, il y a un registre qui n'est plus exactement celui du combat politique.
Et puis, pour terminer, je voudrais vous dire ceci. Quelle que soit la clarté des conclusions du rapport de la Direction de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes, comme on dit vulgairement : parlez... parlez... diffamez... diffamez... il en restera toujours quelque chose ! Le préjudice demeure, car le doute s'installe dans les esprits.
Je souhaiterais, je ne le cache pas, ayant pour l'opposition le respect que je lui dois étant donné son rôle, qu'il en soit de même pour certains d'entre nous qui n'ont finalement commis d'autre faute que d'être en fonction avant ceux qui, légitimement, par le suffrage universel, ont pris leur place. Ce n'est pas une raison, si l'on conteste leur gestion, pour attenter à leur honneur et à leur dignité, surtout quand rien ne permet de le faire.
Merci, Monsieur le Maire.

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Paris-Libertés" et "Rassemblement pour Paris").

M. LE MAIRE DE PARIS.- Merci, Monsieur BARIANI.
Je vous donne bien volontiers acte de cette précision, qui met un terme à cette fâcheuse affaire. Vous avez rappelé que les choses étaient claires et les résultats de l'enquête ont bien montré que ce que vous nous aviez indiqué était juste. J'avais moi-même dit à l'époque qu'il fallait faire preuve d'une grande prudence avant de lancer des accusations qui mettent en cause la dignité d'une personne.
Je suis heureux que les choses se soient terminées ainsi.