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Fevrier 1996
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Conseil Municipal
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52 - QOC 96-106- Question de M. Jean-Pierre BURRIEZ et des membres du groupe "Paris-Libertés" à M. le Maire de Paris au sujet de l'American center. QOC 96-50- Question de Mme Michèle BLUMENTHAL, MM. Gérard REY, Patrick BLOCHE, Alain RIOU, Mmes Dominique BERTINOTTI, Maryse LE MOEL, MM. Jean-Christophe CAMBADELIS, Bertrand DELANOË et des membres du groupe socialiste et apparentés à M. le Maire de Paris concernant l'American center.

Débat/ Conseil municipal/ Février 1996




M. Gérard LEBAN, adjoint, président.- Je vous propose de regrouper la question 96-106 de M. Jean-Pierre BURRIEZ et des membres du groupe "Paris-Libertés" à la question 96-50, posée par Mme Michèle BLUMENTHAL, MM. Gérard REY, Patrick BLOCHE, Alain RIOU, Mmes Dominique BERTINOTTI, Maryse LE MOEL, MM. Jean-Christophe CAMBADELIS, Bertrand DELANOË et des membres du groupe socialiste et apparentés à M. le Maire de Paris concernant l'American center.
En effet, elles ont toutes les deux trait à l'American center.
La première du groupe "Paris-Libertés" est ainsi libellée :
"Les responsables de cette institution culturelle américaine située dans le 12e arrondissement, ont en effet décidé de fermer ses portes le 12 février dernier.
M. Jean-Pierre BURRIEZ et les membres du groupe "Paris-Libertés" souhaiteraient connaître les mesures envisagées par la Ville de Paris pour que ce bâtiment puisse garder sa vocation culturelle initiale."
La seconde du groupe socialiste est ainsi rédigée :
"Mme Michèle BLUMENTHAL, MM. Gérard REY, Patrick BLOCHE, Alain RIOU, Mmes Dominique BERTINOTTI, Maryse LE MOEL, MM. Jean-Christophe CAMBADELIS, Bertrand DELANOË et les membres du groupe socialiste et apparentés regrettent la cessation d'activités de l'"American center". Cette situation a pour conséquence de priver le 12e arrondissement, et plus largement tout l'Est parisien, d'un centre culturel d'envergure internationale. De plus, elle a pour effet immédiat de générer une vingtaine de licenciements.
Le 12e arrondissement étant faiblement doté en infrastructures culturelles, la vocation culturelle de cet établissement doit donc être préservée.
La Ville de Paris, qui a dejà soutenu ce projet en prêtant 20 millions de francs pour l'acquisition du terrain, doit s'investir comme l'un des acteurs principaux du devenir du centre au travers, par exemple, d'un partenariat Etat, Ville, Région et mécénat.
Quelles sont les intentions de la Municipalité afin que soit préservée la vocation culturelle de ce site ?
Mme Michèle BLUMENTHAL, MM. Gérard REY, Patrick BLOCHE, Alain RIOU, Mmes Dominique BERTINOTTI, Maryse LE MOEL, MM. Jean-Christophe CAMBADELIS, Bertrand DELANOË et les membres du groupe socialiste et apparentés proposent qu'un certain nombre de pistes soient explorées :
- d'une part, que soit étudiée avec des partenaires potentiels l'implantation d'une activité culturelle d'envergure consacrée à la danse, à l'architecture ou à l'image et qui profiterait à l'ensemble des Parisiens tout en conservant la vocation nationale et internationale du centre ;
- d'autre part, partant du constat que les infrastructures culturelles de proximité font cruellement défaut dans ce nouveau quartier de Bercy, Mme Michèle BLUMENTHAL, MM. Gérard REY, Patrick BLOCHE, Alain RIOU, Mmes Dominique BERTINOTTI, Maryse LE MOEL, MM. Jean-Christophe CAMBADELIS, Bertrand DELANOË et les membres du groupe socialiste et apparentés souhaitent que soit étudiées par la Municipalité les possibilités d'intégration, au sein de l'infrastructure du centre, d'équipements culturels de quartier (bibliothèque-médiathèque, voire cinémathèque) et d'un lieu réservé aux associations.
Madame MACÉ de LÉPINAY, vous avez la parole.

Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY, adjoint.- M. BURRIEZ nous pose une question concernant l'American Center et je pense que M. BURRIEZ souhaite connaître les mesures envisagées par la Municipalité concernant l'avenir de ce bâtiment de l'American Center.
Dès l'origine, la Ville a apporté son appui à l'installation de l'American Center dans la Z.A.C. "Bercy".
Ainsi, pour faciliter l'aboutissement du processus qui reposait sur la mise en vente de l'immeuble que cet établissement occupait boulevard Raspail, la Ville a apporté des facilités permettant à l'American Center de bénéficier d'un emplacement provisoire dans la Z.A.C. "Bercy", face à son emplacement futur.
Cette procédure lui a par conséquent permis de libérer rapidement ses locaux du boulevard Raspail et de les vendre dans des conditions lui permettant de financer son nouveau bâtiment et de le faire fonctionner.
Par ailleurs, dans le cadre de l'installation de cet établissement dans la Z.A.C. "Bercy", la Ville a concrétisé son appui par la mise en oeuvre de différentes dispositions favorables, exprimant sa volonté de faciliter dans toute la mesure du possible le lancement de cet équipement original, qui a commencé à fonctionner, dans ses nouveaux locaux, début 1994.
Ainsi, la charge foncière a tenu le plus grand compte de la vocation culturelle du bâtiment et son calendrier de paiement a été établi de manière à ne pas peser sur l'établissement au démarrage des travaux.
L'attention positive que la Ville a portée sur ce projet trouve au demeurant sa traduction dans le fait qu'elle est aujourd'hui l'ultime créancier de l'American Center qui est encore redevable envers elle d'un solde de charge foncière.
Dans ces conditions, la Ville ne peut que regretter fortement l'annonce par l'American Center, dont il convient de noter qu'il s'agit d'un organisme privé, d'arrêter le fonctionnement de ses activités.
Il appartient donc maintenant à l'American Center d'examiner les solutions de réutilisation de ce site et, le cas échéant, de les soumettre à la Ville.
La Ville, pour sa part, n'entend pas s'engager dans une nouvelle contribution permettant un retour à l'équilibre économique de ce projet.
Il convient de rappeler que les activités de l'American Center étaient centrées sur la danse, l'architecture et l'image. Or, dans ces domaines, la Ville de Paris intervient déjà au travers d'organismes municipaux de renommée nationale et internationale :
- la programmation de danse du Théâtre de la Ville lui a valu d'être considéré par la presse comme une des plus grandes scènes de danse contemporaine du monde ;
- le Pavillon de l'Arsenal est un lieu dédié à l'architecture, à l'aménagement urbain, et plus particulièrement aux projets et aux réalisations relatifs au territoire parisien. Il participe pleinement à l'information des Parisiens dans ce domaine ;
- la Vidéothèque de Paris travaille à la constitution et à la diffusion d'un fonds audiovisuel sur Paris. L'importance du fonds et sa richesse font de la Vidéothèque une référence internationale en la matière.
Dans ces trois domaines, les Parisiens disposent donc déjà d'institutions municipales d'une qualité remarquable.
Etant donné l'ampleur des superficies de l'American Center, 12.400 mètres carrés de surface hors oeuvre nette, des moyens financiers considérables devraient être alloués pour faire fonctionner ce lieu.
Par ailleurs, le caractère très contraint du bâtiment et l'aménagement très spécifique de ses espaces intérieurs le rendent difficilement modulable. On ne peut donc pas envisager de réutilisation partielle.
Les gestionnaires de l'American center viennent d'ailleurs de missionner un bureau d'études pour savoir dans quelle mesure une nouvelle valorisation globale du site serait possible. Dans un premier temps, il convient d'attendre le résultat de cette étude pour examiner ce qui peut être envisagé.
Il serait d'ores et déjà souhaitable que les logements qui dépendent de l'"American Center" sur ce site soient en tout état de cause utilisés et valorisés.
Enfin, le Ministère de la Culture qui déplore également la fermeture du Centre a amorcé de son côté, une réflexion pour trouver une utilisation future au bâtiment qui soit à la mesure de sa vocation. La Ville de Paris, si elle est sollicitée, s'associera bien entendu à cette réflexion.

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").

M. Gérard LEBAN, adjoint, président.- Merci, Madame. Merci, Monsieur BURRIEZ.