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Decembre 2008
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2008, PP 108 - Modification des effectifs budgétaires de la Préfecture de police au titre des années 2008, et 2009. 2008, PP 109 - Budget spécial de la Préfecture de police pour 2009.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2008


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous pouvons maintenant passer au débat sur le budget de la Préfecture de police que je vais très brièvement introduire.

Monsieur le Préfet de police, mes chers collègues, comme chaque année, nous avons porté une attention particulière au budget spécial de la Préfecture de police. Pour la sécurité des Parisiens, nous entendons continuer à travailler en étroite concertation avec l'Etat dans un dialogue ouvert, exigeant et efficace.

Notre participation au budget de la Préfecture de police et à celui de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris a ainsi augmenté de 48 % en sept ans. Nous avons notamment contribué au plan de modernisation de la B.S.P.P. pour qu'elle dispose du matériel le plus performant. Nous avons également participé très activement au plan N.R.B.C. (nucléaire, radiologique, biologique et chimique) avec 54 nouveaux emplois créés à ce titre au budget primitif 2008.

Quant au plan "1.000 caméras" approuvé en octobre par notre Assemblée, nous soutiendrons sa mise en oeuvre à travers certains aménagements de voirie et avec le souci constant du respect des libertés publiques.

En 2009, la participation financière nette de la Ville au budget de la Préfecture de police augmentera de 4 millions d'euros. Nous contribuerons notamment à des investissements sur des travaux particulièrement importants comme la caserne Masséna.

Vous avez souhaité, Monsieur le Préfet, que la Municipalité attribue à la Préfecture des crédits de provisions pour amortissement, et nous avons décidé d'affecter dès maintenant, et pour une première étape, 300.000 euros.

Parce que nous savons qu'une politique de sécurité efficace implique une action en amont, c'est-à-dire une véritable prévention, notre collectivité financera - mais c'est sur le budget général - en 2009, deux nouvelles équipes de correspondants de nuit ; celles-ci s'ajouteront aux six équipes que nous avons créées dans le mandat précédent et qui, dans nos quartiers, assurent à la fois des missions d'accompagnement, de protection et d'insertion.

Nous lancerons également, en lien avec la Préfecture de police, le dispositif des intervenants sociaux qui, dans les commissariats, viendront assister et soutenir les personnes qui ont besoin d'une prise en charge particulière et notamment les victimes.

Mais, Monsieur le Préfet, je me permets de le rappeler avec confiance mais aussi avec netteté, il n'est de partenariat que pleinement réciproque. Il serait par exemple légitime que nous disposions de toutes les informations sur les postes budgétaires auxquels nous contribuons, notamment les agents de protection de Paris.

De même, dans un contexte difficile qui conduit notre collectivité à adopter un budget exigeant, les efforts doivent être les mêmes pour tous, par exemple sur le redéploiement des personnels.

Je dois enfin souligner la perte sèche que représente pour nos finances publiques l'absence de sanctions suffisantes sur certaines infractions de stationnement.

De fait, seuls 7 % des usagers en situation irrégulière sont verbalisés et les recettes perçues par la Ville ont ainsi baissé de moitié en sept ans.

Des éléments de réponse à ces interrogations devraient être connus dès l'an prochain, puisqu'à l'initiative de notre municipalité, la Préfecture de police a bien voulu adopter, pour ses budgets à venir, une démarche semblable à celle de la L.O.L.F.

Dès 2009, des travaux permettront d?analyser le contenu de la dépense, de définir des indicateurs de performance et de déterminer des objectifs précis.

Monsieur le Préfet de police, mes chers collègues, c'est sur l'expression de cette attente que je souhaite conclure mon propos.

J'appelle notre Assemblée à voter ce budget spécial. Je tiens d'ailleurs à remercier Georges SARRE pour la rigueur et la compétence avec lesquelles il travaille sur ce sujet essentiel, et il le fait, je l'en remercie et je le souhaite, en bonne intelligence avec la Préfecture de police.

Je vous assure, Monsieur le Préfet, de la détermination de la Ville à ?uvrer avec énergie pour la sécurité des Parisiennes et des Parisiens.

Merci.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

Je vous donne la parole, Monsieur le Préfet.

M. LE PREFET DE POLICE. - Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Conseillers de Paris.

Ainsi que les débats l'ont montré ce matin, nos discussions budgétaires s'inscrivent dans un contexte économique international qui s'est fortement dégradé depuis l'an dernier. Les répercussions intérieures qui s'ensuivent et les menaces économiques et sociales qui s'accumulent appellent plus que jamais à une réponse publique déterminée, ajustée et coordonnée.

Six mois durant, la présidence française de l'Union Européenne a placé notre Capitale au c?ur de l'action européenne.

Le dynamisme et le caractère souvent décisif des impulsions données par la France ont été remarqués et salués, aussi bien sur notre continent qu'ailleurs dans le monde.

En tant que Capitale, Paris a indubitablement bénéficié de cette voie française dans le concert du monde. Le pavoisement inhabituellement long des bâtiments publiques a symbolisé la multitude des réunions, rencontres et colloques organisés à Paris depuis les deux grands sommets de juillet dernier : le sommet européen et le sommet pour l'Union de la Méditerranée.

Beaucoup, dans cette Assemblée, fortement attachés aux enjeux économiques et climatiques, auront relevé les conclusions audacieuses du Conseil européen de vendredi dernier.

Les manifestations liées à la présidence française ont conforté le rayonnement international de Paris, sans désordre, c'est là où je voulais en venir, et sans qu'elles empiètent outre mesure sur la vie quotidienne des Parisiens.

Les équipes de la Préfecture de police et au premier rang celle de la Direction de l'ordre public et de la circulation et celle de la zone de défense de Paris se sont mobilisées tout au long de ces six mois. Contrairement à ce qu'il était raisonnable de craindre peut-être, aucun incident significatif n'est pour l?heure à déplorer.

Sans qu'il ne soit question de baisser la garde face aux menaces qui pèsent sur notre Ville, nous sommes redevables aux policiers pour la vigilance sans faille dont ils ont fait montre à l'occasion de ces événements qui se sont traduits par deux ou trois organisations de conférences et réunions chaque jour.

Les commentateurs étant plus prompts à souligner les difficultés ou les erreurs, ce dont je ne me plains nullement, puisque c'est la règle du jeu de la liberté démocratique, je tenais à signaler dans ce préalable ce fait, puisque ce qui se passe bien n'est généralement l'objet d'aucun écho.

Il me revient de vous présenter les grandes lignes du projet de budget spécial de la Préfecture de police pour 2009 afin d'éclairer votre consentement.

Les contraintes budgétaires dans lesquelles il s'inscrit sont plus fortes que l'an dernier, nous l'avons parfaitement compris, aussi bien pour l'Etat que pour les collectivités locales.

Au cours de la préparation du projet de délibération qui est soumis aujourd'hui à votre Assemblée, vos équipes, Monsieur le Maire, ont demandé - je reconnais d'ailleurs comme un autre orateur l?a fait que nous avons été reçus avec beaucoup de politesse même si nous n'avons pas eu satisfaction sur tout -, ont donc demandé à la Préfecture de police des efforts particuliers auxquels nous avons consenti.

Ainsi, la progression du budget spécial primitif de la Préfecture de police sera remarquablement modérée, je dirai même exemplaire parmi les budgets publics.

A moins de 689 millions d'euros de crédits inscrits, la croissance budgétaire est en effet inférieure à 1%, après lettre rectificative, tout précisément +0,97 %.

Si l'on retranche les évolutions incontournables de la masse salariale, l'effort de maîtrise que nous ferons est très net.

Comme vous le montrent les documents budgétaires, la section de fonctionnement représente 89 % du budget spécial et la masse salariale couvre elle-même plus de 80 % de ces crédits.

Au total, les frais de personnel consomment donc trois quarts des crédits votés par votre Assemblée. J'ai souvent eu l'occasion, comme Directeur général de la Police nationale de dire que la police était une entreprise de main-d'oeuvre, c'est également le cas lorsqu'on examine ce budget spécial.

Dans la mesure où il serait injuste et de toute façon irrégulier, illégal de pénaliser les agents sous statut des administrations parisiennes et de ne pas les faire bénéficier des mesures de revalorisation dont bénéficient les autres agents publics, l'effort de rationalisation principal portera donc seulement sur le quart des crédits restants.

En cette période délicate, les rares postes d'augmentation significative concernent d'abord des mesures de revalorisation des traitements, en particulier de ceux qui sont les moins élevés dans le cadre de l'application du protocole Jacob, pour 5,5 millions d'euros et l'amélioration indiciaire et indemnitaire dont bénéficient au plan national les militaires de la B.S.P.P. pour 2,5 millions d?euros.

S'agissant des effectifs, la poursuite du plan de création de l'unité de décontamination nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique, N.R.B.C., entraînera, et je vous en remercie, puisque Monsieur le Maire vous avez fait allusion à la tranche 2008, une tranche 2009 de même importance, qui se traduira par la création de 54 emplois à la B.S.P.P. et la mise sur pied d'une quatrième chaîne de décontamination pour 2,4 millions d?euros.

Cet effort, cette année, trouve sa contrepartie quasiment poste pour poste dans l'abattement d'1,5 million d'euros de la masse salariale qui touche les autres catégories d'agents de la Préfecture de police. 52 postes seront donc gagés, répartis au prorata des effectifs des services hors B.S.P.P., puisqu'il serait paradoxal de créer des postes à la B.S.P.P. et d'en gager par ailleurs. Nous répartirons ces postes gagés entre 21 postes d'A.S.P qui se cumulent avec 246 postes déjà gelés ou gagés ces années dernières, 17 emplois de police administrative et 14 emplois d'administration générale.

Nous réfléchissons depuis plusieurs mois à la façon dont nous pourrions gagner en productivité grâce à la numérisation de certaines procédures administratives car nous avons dans nos services beaucoup de documents papier qui ne correspondent sans doute plus à une gestion modernisée.

Nous avons engagé, à la Direction des transports et de la protection du public, une importante expérimentation de dématérialisation.

Une telle démarche est néanmoins complexe et prendra plusieurs années. Par ailleurs, je remercie votre adjoint chargé des Finances d'avoir accepté d'inscrire la compensation à hauteur d'un million d'euros pour les loyers nouveaux induits par des opérations de réaménagement et de restitution à la Ville de certains immeubles.

En conséquence de la maîtrise des dépenses, j'ai demandé à mes services d'être particulièrement imaginatifs et innovants pour dégager autant que possible des marges de manoeuvre à redéploiement.

Autre dimension qu'il s'agit de souligner : ce projet de budget prend en compte l'avenir du service public en préservant la maîtrise globale par une hausse sensible de l'investissement.

Les autorisations de programme s'élèveront à 112 millions d?euros contre 88 millions d?euros l'an dernier, ce qui traduit la volonté de s'engager sur ces secteurs d'investissement par le budget spécial.

La hausse des crédits de paiement plus modérée passera tout de même de 66,8 millions d?euros à 69,6 millions d?euros, soit +4,2 millions d?euros.

Parmi les opérations immobilières, vous avez, Monsieur le Maire, cité la poursuite de Masséna. J'y ajoute d'autres projets importants, puisque nous allons lancer les travaux du centre opérationnel de la B.S.P.P. à Champerret ; nous allons engager la première tranche du centre unique de formation de la B.S.P.P. à Limeil-Brévannes ; nous allons achever le poste de commandement de Montmartre. Et je remercie aussi tout particulièrement - les échafaudages sont en cours d'installation -, je remercie donc la Ville pour avoir accepté la réfection par tranches annuelles des façades de la caserne de la Cité, qui n'avaient pas été toilettées depuis plus de 40 ans.

En période de ralentissement économique, le rôle contra-cyclique des investissements publics est particulièrement important. Beaucoup ont évoqué le plan de relance, qui a été décidé par le Gouvernement, dans vos débats depuis ce matin, et je souhaite vous indiquer que j'ai proposé, au titre du plan de relance de l'économie, une vingtaine d'opérations immobilières en projet qui intéressent les services de police mais qui n'étaient pas financées à ce jour. Parmi elles, huit seront éligibles à la dotation exceptionnelle du programme "Etat exemplaire" destiné à favoriser la rénovation thermique des bâtiments de l'Etat et leur accessibilité aux personnes handicapées.

Je ne peux, bien sûr, m?engager, m?avancer avec certitude, mais une augmentation de 50 % en 2009 par rapport à 2008 des crédits d'investissement à la disposition du S.G.A.P. de Paris sera décidée dans les prochains jours.

Enfin, Monsieur le Maire, au titre des bonnes nouvelles, je pense que nous aurons l'occasion, au cours du mois de janvier prochain, d'inaugurer le commissariat du 20e arrondissement.

La troisième dimension caractéristique de ce budget spécial à souligner est l'évolution des recettes.

La part des dépenses de fonctionnements incombant à la Ville s'élèvera à 260 millions d?euros, soit 44 % de ce budget spécial, contre 114 millions d?euros pour l'Etat et 160 millions d'euros pour les collectivités de la première couronne parisienne.

Je tiens à souligner cet engagement de l'Etat et à donner deux précisions puisqu'il a beaucoup été question depuis ce matin de l'engagement de l'Etat, pour rassurer ceux qui penseraient que, dans ce secteur, l'Etat se désengage, puisque :

- d'une part, la participation de l'Etat au financement de 25 % des crédits de fonctionnement de la B.S.P.P. ne prend pas en compte les cotisations retraites, qui sont à la charge des S.D.I.S. dans les autres départements. Ce n'est pas rien, cette prise en charge des retraites des militaires de la B.S.P.P., puisque cela représentera 140 millions d'euros, en augmentation de 5 millions d'euros par rapport à l'année dernière.

- d'autre part, il faut également tenir compte du jeu d'écriture budgétaire qui résulte de la création de l'Institut national de police scientifique, qui a permis de basculer 830.000 euros de l'Etat à ce nouvel établissement public, qui ne figurent donc plus dans le budget spécial de la Préfecture de police.

Tout cela pour dire de la façon la plus nette que l'Etat ne s?est pas désengagé dans ce secteur de la sécurité et tout particulièrement du fonctionnement de la B.S.P.P.

Je voudrais maintenant vous faire part, dans un deuxième point, d'un certain nombre de remarques concernant l'exercice par la Préfecture de police de grandes missions, hors police au sens strict, relevant du budget spécial.

Monsieur le Maire, vous m'avez fait part à plusieurs reprises, et vous l'avez indiqué encore il y a quelques instants, que vous souhaitiez que l'on applique les principes de la LOLF dans notre gestion du budget. Je peux vous confirmer, comme je l'avais fait au maire adjoint chargé des Finances? M. SAUTTER nous l'avait d'ailleurs demandé l'année dernière? faire en sorte que nous attaquions 2009 en mettant en ?uvre la LOLF et des procédures d'évaluation.

Mais, sans attendre, il m'est aujourd'hui possible de vous restituer quelques indicateurs de performance par mission afin de justifier l'emploi des crédits qui sont soumis au vote de cette Assemblée.

D'abord, concernant la B.S.P.P., qui représente 54 % du budget de fonctionnement, des travaux d'inspection récents ont montré que le coût par habitant de la B.S.P.P. pour les Parisiens est inférieur de près de moitié au coût des moyens des départements dotés de S.D.I.S. Il me paraît particulièrement important d'avoir ces chiffres à l'esprit. L'inspection a été diligentée pour connaître le coût de la Brigade des Marins Pompiers de Marseille et c'est à cette occasion qu'on a découvert quel était le coût réel de la B.S.P.P.

Je n'ai pas manqué de le signaler aux collègues des départements de la petite couronne, car, pour avoir exercé des responsabilités dans un de ces départements, j'entendais régulièrement dire que l'on pourrait se détacher de la B.S.P.P. et avoir un S.D.I.S. Je crois qu'avant de prendre de telles décisions, il faudrait réfléchir !

Mais, bien sûr, il n'y a pas de miracle ! La densité urbaine et la participation de l'Etat expliquent partiellement cet avantage, mais aussi une sollicitation plus forte des hommes et du matériel.

Avec le recul, nous constatons les effets bénéfiques du plan de modernisation auquel vous avez fait allusion, Monsieur le Maire, qui a été mis en ?uvre à compter de 2001. Avec 750 emplois supplémentaires, les tensions sur les ressources humaines se sont un peu atténuées, malgré la hausse d'activité.

Les mesures en faveur des ressources humaines et de l'amélioration des conditions de logement ont permis de faire diminuer le turn over des sapeurs-pompiers. C'était, je crois, un objectif qui était recherché. Et aujourd'hui, le taux de renouvellement des primo-contrats de 5 ans qui sont passés avec les militaires de la brigade est de 68 %, alors qu'il n'était que de 50 %. C'est un bon signe pour la professionnalisation, la fidélisation des hommes de la Brigade et donc la sécurité des Parisiens.

S'agissant des matériels, le nombre des engins hors d'usage a été divisé par quatre, mais pour éviter qu'il ne remonte, j'ai proposé, à votre demande, lors de la dernière commission de surveillance, qu'un nouveau plan pluriannuel soit préparé au cours du premier semestre 2009. Lorsque nous nous sommes rencontrés dans le cadre de la préparation de ce budget, tant avec vos adjoints qu'avec vous-même, vous m'avez signalé que vous étiez prêts à examiner les conditions financières d'un tel plan. Nous allons donc y travailler.

Enfin, pour terminer avec la B.S.P.P., je vous remercie d'avoir accepté de diffuser sur les supports municipaux une campagne de prévention sur l?abus des numéros d'urgence. Cette problématique, qui intéresse d?ailleurs aussi les services de police et le Samu, nous préoccupe. Il est trop tôt pour tirer des enseignements de cette campagne, mais le général PRIEUR a eu l'occasion de me dire récemment qu'il en a déjà perçu les bienfaits. Nous ferons le bilan dans quelques semaines.

Deuxièmement, je voudrais évoquer les enjeux de circulation, de stationnement et, plus généralement, pour répondre à votre préoccupation, les missions des A.S.P.

Vous vous êtes inquiété, Monsieur le Maire, et vous venez de le faire à nouveau, de l'insuffisance du taux de respect du stationnement payant qui impacte directement les recettes municipales, ainsi que de l'évolution de la verbalisation. Vos services attendent également que les recettes liées aux enlèvements pour stationnement gênant ou dangereux équilibrent à peu près les coûts.

Je suis naturellement tout à fait disposé à travailler avec la Ville pour améliorer la situation, d?une part, quartier par quartier, d'autre part, pour ce qui concerne les emplacements dévolus au stationnement rotatif.

Un bilan précis de l'activité en 2008 des A.S.P. sera fourni en fin d'année à M. SARRE et à Mme LEPETIT, ainsi que des précisions sur leur répartition par mission et par arrondissement d'affectation.

Je souhaiterais toutefois rappeler l'accord passé en 2003 lors du recrutement de 1.000 A.S.P. dans le cadre de la "coproduction de sécurité". Il s'agissait de permettre aux policiers de se dégager de missions de circulation pour se concentrer sur la lutte anti-délinquance et la police de quartier. L'Etat n'a pas failli à cette mission.

Outre la circulation, les missions dévolues aux A.S.P. ont eu tendance à se diversifier : ils participent à la répression des infractions à certaines réglementations municipales, conjointement avec les inspecteurs de sécurité de la Ville, ils tiennent des points-école, ils participent de manière croissante aux opérations "Paris Respire". Enfin, au même titre que les agents de police municipale en province, ils ont vu leurs missions de sécurité routière élargies.

Par ailleurs, si l'effectif budgétaire théorique - et cela me paraît très important pour répondre à votre préoccupation et à celle que j'ai perçue lorsque nous nous sommes rencontrés avec vos collaborateurs -, si l'effectif budgétaire théorique est de 2.284, les gels intervenus au fil des ans depuis 1998 - ce n'est pas tout à fait récent -, en accord avec votre Direction des Finances, s?élèvent à 246 postes, à quoi s'ajoutent des gages pour financer le régime indemnitaire des agents des administrations parisiennes, et au final, les effectifs réellement disponibles à ce jour ne sont plus que de 1.867 emplois.

Afin de compenser les départs intervenus, un concours de 250 emplois est lancé pour début 2009. L'objectif est de rapprocher les effectifs en place autour d?environ 2.000 fonctionnaires, pour peu que la gestion de l'exercice 2009 nous le permette, compte tenu de ce que j'ai indiqué sur les chiffres de l'évolution du budget de rémunération des personnels.

L'affectation intégrale des A.S.P. au sein de la P.U.P. et la remise à niveau de leurs effectifs représentent une occasion de redéfinir leurs priorités, de définir exactement leurs missions, et de se fixer des objectifs d'amélioration du respect du stationnement. C'est en tout cas l'une des priorités que j'ai assignée ces derniers mois aux commissaires d'arrondissement. Les premières indications statistiques vont dans le sens d?une augmentation.

Plus fondamentalement, je ne crois pas que le respect des règles du stationnement se réduise uniquement au nombre de P.V. distribués. Le tarif de la contravention de première classe, qui est de 11 euros, n'a pas évolué depuis 1980, et il n'a plus aucun caractère dissuasif au regard du prix d'une heure de stationnement ou en parking. C?est pourquoi je vous propose de réfléchir conjointement à la possibilité de recourir à la définition d'une durée plus courte de la notion de stationnement abusif, comme cela s'est fait dans certaines villes de France, à Metz par exemple. Cela est tout à fait autorisé par le Code de la route.

Par ailleurs, je tiens à évoquer la remise à niveau récente des effectifs policiers des compagnies de circulation et la perspective de la création d'une sous direction régionale au sein de la D.O.P.C., grâce à l'apport des compagnies autoroutières franciliennes. Nous souhaitons, même si cela peut sembler exagérément ambitieux, améliorer la régulation des encombrements des principaux axes parisiens et régionaux, car certaines difficultés nous paraissent évitables. Sans ce qui a été la politique conduite depuis plusieurs années et que personne ne peut contester, sans encourager l'utilisation des automobiles dans Paris, on peut difficilement accepter qu'il y ait chaque matin entre 200 et 300 kilomètres de bouchons et pratiquement la même chose le soir à partir de 18 heures. C'est la raison pour laquelle il me paraît de bonne méthode, pour éviter des phénomènes de pollution, de reprendre davantage la main sur ces affaires de circulation ce qui implique en la matière comme sans doute on devrait y réfléchir dans d'autres domaines, la nécessité de travailler au-delà du périphérique avec une conception de la plaque urbaine : cela paraît tout à fait évident, en tout cas en ce qui concerne la circulation.

Enfin, troisièmement, je voudrais évoquer dans cette rubrique des polices administratives un certain nombre de domaines prioritaires sur lesquels nous avons avancé.

Il s'agit d'abord de la police de l'habitat indigne, qui a connu une année d'intense activité qui sera poursuivie l'an prochain.

2008 aura marqué l'achèvement du programme de contrôle de sécurité en cinq ans de l'ensemble des quelques 2.500 hôtels et foyers de la Capitale.

Grâce à l'implication du service commun de contrôle et des architectes de sécurité de la Préfecture de police, cette dernière a voulu dépasser les obligations réglementaires et viser l'exhaustivité dans ce domaine.

Beaucoup d'établissements de petite taille restaient à contrôler, 431 pour le seul second semestre, ce qui explique une augmentation paradoxale du volume des établissements sous avis défavorable. Il est bien évident que si nous ne contrôlons pas les établissements, nous risquons assez peu de connaître la réalité des situations. Ce sera terminé et ce bilan sera établi à la fin de l'année.

De la même manière, la police des périls ne faiblit pas, et le nombre de procédures de périls mises en oeuvre aura augmenté de près de 20 % en 2008.

La politique de développement exponentiel du recours aux travaux d'office que j'avais annoncée l'an dernier a été mise en oeuvre malgré les vicissitudes de certains marchés de maîtrise d'ouvrage. 16 procédures sont actuellement en cours contre 5 l'année précédente. Nous utilisons cette procédure, non pas seulement dans les cas de figure évidents lorsqu'il y a immeuble menaçant ruine, mais nous avons décidé de l'utiliser lorsqu'il s'agit simplement d'habitat indigne. Comme nous le subodorions, la crédibilité de la menace a produit ses effets car beaucoup, je crois que c'est une trentaine aujourd'hui, de propriétaires privés, sachant que nous allions réaliser des travaux, les ont engagés eux-mêmes d'office sans attendre le recours à la contrainte. Ce sont des procédures lourdes, mais il est évident qu'il faut continuer.

A cet égard, je salue l'excellence de la collaboration technique avec les services chargés de l'habitat et du logement de la Ville, notamment, ce qui n'est agréable pour personne, lors de l'évacuation d'un certain nombre d'immeubles particulièrement dangereux. Je ne méconnais pas, et je tiens à y insister, la sensibilité de ces opérations, mais je préfère en porter la responsabilité plutôt que de me déplacer la nuit en votre compagnie pour constater des décès tragiques.

Ne pouvant détailler aujourd'hui l'ensemble de nos actions comme je m'y suis engagé à l'instant, je n'évoquerai pas d'autres polices administratives qui sont particulièrement importantes : l'action contre les nuisances, la politique sanitaire, bien sûr, et celle des débits de boisson, de la vente et de la consommation d'alcool sur le domaine public, de la même façon que les polices d'environnement et de l'accueil du public.

Enfin, je voudrais terminer par là où j'avais commencé l'année dernière, en évoquant dans ce point l'évolution de la délinquance à Paris et les modalités de notre coopération au sein du Contrat parisien de sécurité, pour lesquelles, conformément à ce que vous avez signalé dans vos propos liminaires, je vous redis notre entière disponibilité pour travailler de façon partenariale afin de parfaire encore notre action pour la sécurité des Parisiens.

En 2008, la délinquance générale aura continué de régresser à Paris pour la septième année consécutive. A ce jour, sur 11 mois, le recul atteint -3,85 % pour la délinquance générale, ce qui représente 25 % depuis 2001 et, ce qui sans doute parle mieux à l'esprit de nos concitoyens, 75.000 faits de délinquance. A Paris, il y avait environ 300.000 faits.

Une constatation : comme les services de police ne sont pas, sauf pour une toute petite proportion, eux-mêmes générateurs de faits de délinquance, j'ai toujours plaisir à dire que ce qui est plutôt notre indicateur fétiche, c'est le taux d'élucidation. Le taux d'élucidation, dont l'objectif fixé par le Président de la République pour le 1er juillet, est de 40 %, atteindra à la fin de l'année sans doute entre 37 % et 38 %. Je rappelle qu'il a pratiquement doublé puisqu'il était de 16 % en 2001.

Avec 128.000 faits concernant la délinquance des biens, il s'agit encore d'un recul de 10 % cette année. Une partie de ce type de délinquance, celle qui vise une appropriation de biens d'autrui, connaît néanmoins quelques progrès liés aux nouvelles technologies, et nous avons à déplorer une hausse des escroqueries par Internet qui pèse sur la délinquance économique et financière.

C'est un sujet non territorialisé, puisqu'au cours du mois d'octobre, la gendarmerie à elle seule, sur Paris, du fait de la saisine de sa section de recherche, a enregistré 2.000 faits imputés à Paris et qui, pour la plupart, ont été réalisés dans des pays très lointains par utilisation de cartes falsifiées.

En dépit de cette difficulté qui pèse sur ces chiffres, nous nous efforcerons de travailler sur ces escroqueries à partir de l?année prochaine.

De façon plus concrète, pour citer quelques chiffres, depuis 2001, les vols de voitures ont baissé à Paris de 60 %, les vols à main armée et les cambriolages de 50 %. Je tiens à signaler les vols à main armée. Aujourd?hui, nous sommes victimes de la recrudescence d'une catégorie de vols à main armée qui sont des vols à main armée toujours regrettables, bien sûr, mais qui sont des vols à main armée dans les petits commerces, très individualisés, portant sur des petites sommes et nous nous en préoccupons.

Les vols violents autres qu?à main armée ont baissé de 34 %, les destructions volontaires de 38 % et la délinquance dans les transports parisiens a baissé de 36 %.

Enfin, les violences aux personnes sont globalement stables, autour de 31.000 faits. Si ce mouvement est d'ailleurs peu ou prou national et cette tendance durable, elle est confirmée par les travaux conduits par l'O.N.D. et la délinquance parisienne a reculé plus vite que la moyenne nationale, puisque sa part dans la délinquance nationale est passée de 7,67 % à 6,80 au cours des cinq dernières années. S'agissant des violences, Paris représente aujourd?hui 7,77 % des chiffres nationaux contre 10,28 % il y a six ans.

Pourtant, Monsieur le Maire, et on en parle assez fréquemment, il est vrai que la violence reste trop présente, que des agressions ou des rixes commises en réunion dégradent la qualité de vie de nos quartiers ou de nombreux sites parisiens.

Il est vrai que beaucoup de Parisiens continuent à se plaindre de nuisances, de menaces dans leur hall d'immeuble ou au coin de la rue. Les agents du G.P.I.S. eux-mêmes, à l'instar des policiers, sont maintenant assez fréquemment pris à parti. Cette nuit encore, l'un d'eux a été blessé rue de Tanger.

J'ai toujours signalé que nous ne devions pas dissimuler ces phénomènes de violence.

Le 27 novembre, j'ai eu l'occasion de détailler le diagnostic et les propositions d'action de la Préfecture de police lors de l'installation du Conseil parisien de prévention en présence des représentants de ce Conseil.

De manière générale, notre stratégie préventive, dissuasive, et répressive pour les mois et les années à venir doit s'attaquer prioritairement à ces phénomènes de violence, de regroupements en bande et aux trafics et agressions dont ils sont le cortège.

C'est une approche régionale qui guide dorénavant l'action contre les bandes, avec des échanges d'information en temps réel entre les salles d'information, des actions de repérage et de visibilité dans les transports en commun. De la même manière, une action régionale renforcée de lutte contre les vols à main armée dont j'évoquais une certaine recrudescence il y a quelques instants, qui sont commis par des individus très mobiles, souvent en deux-roues à moteurs, est conduite afin de dissuader et d'augmenter les interpellations en flagrant délit.

J'ai déjà évoqué à plusieurs reprises devant vous la mise en ?uvre d'un plan de lutte contre les trafics structurés de stupéfiants dans la durée, notamment au sein et à proximité des grands ensembles sociaux. Les comportements d'appropriation de l'espace collectif sur lesquels ils reposent sont inacceptables. Depuis le début de l?année, 1.712 procédures pour trafic ont été ouvertes et les interpellations policières ont progressé de 20 %. Je l'ai souvent dit, je ne veux pas allonger mon propos, je pense que cette lutte contre la drogue, qui génère une économie souterraine considérable, doit être, là aussi, une des priorités.

En octobre, je vous ai indiqué comment la vidéoprotection serait, entre autres objectifs, mise au service de la lutte contre les violences et de la sécurisation de l'espace public et vous m'avez apporté votre soutien. Vous avez repris dans votre propos votre acquiescement avec une participation financière à certains travaux ; je vous en remercie à nouveau. Je suis, comme vous et comme nous tous, je l'espère, particulièrement sensible à la question des libertés publiques. Je vous rappelle que nous sommes maintenant, puisque nous avons obtenu du Ministère des Finances l'autorisation de travailler sur la base d'un P.P.P., en situation de signer la charte d'éthique, de mettre en place la commission bipartite sur laquelle nous nous sommes engagés l?un et l?autre en désignant un Président.

Nous avons engagé, comme j'en avais pris l'engagement, les réunions d'arrondissement afin de se mettre bien d'accord, tout au moins consulter et prendre les avis sur la localisation des caméras ; le projet est maintenant tout à fait sur les rails.

Depuis l'automne, la Préfecture de police s'efforce, par ailleurs, de moderniser ses méthodes d'évaluation et de détermination de ses objectifs en inscrivant son action de manière territorialisée. Deux fois par mois, je conduis désormais l'évaluation de l'action des services de police dans le cadre de l'arrondissement, en combinant et en confrontant l'action conjuguée des commissariats d'arrondissement, des services territoriaux de police judiciaire, des districts d'ordre public et de circulation. Dans un second temps, nous ouvrons la discussion avec le Maire et ses collaborateurs pour qu'ils puissent exprimer leurs attentes, signaler des points noirs s'il en existe et voir ce que nous devons, de façon précise, améliorer. J?ai fait la semaine dernière, dans le 13e arrondissement, la sixième réunion de ce type et je crois qu'elle est importante pour une prise en compte réelle d'un certain nombre de problématiques qui résultent notamment de nuisances, d'investissements de certains halls d?immeubles et de difficultés qui font l'objet de pétitions ou de protestations.

Tout cela doit, je l?espère, vous convaincre que la Préfecture de police est prête à s?investir toujours davantage, à donner le meilleur d?elle-même et à le faire avec l?ensemble des acteurs compétents au rang desquels la Ville et le Département, car s'il est un point sur lequel l'ordonnance de 1945 n'a jamais varié, c'est bien celui de la compétence partagée dans le domaine de la prévention de la délinquance des mineurs qui confie un rôle essentiel aux éducateurs de rue et aux dispositifs de la justice des mineurs.

L'adoption par le Parlement des lois du 5 mars 2007 nous commande désormais de nous éloigner de discours parfois paradoxaux. Quand je discute de délinquance de rue, j'entends tour à tour parler à propos de mineurs ou jeunes majeurs délinquants, de "bandes", de "dealers", mais aussi "d'enfants en danger" et de "jeunes en détresse". Certains contestent à la police nationale la possibilité de se doter d'outils préventifs et de suivi des violences urbaines et des bandes. En tant que partenaires du Contrat parisien de sécurité, il faut nous parler franchement. Nous n'améliorerons guère la situation si nous ne nous dotons pas des moyens de recentrer plus concrètement nos actions préventives autour des mineurs délinquants.

Je reconnais les efforts consentis par la Ville pour augmenter le nombre de postes d'éducateurs. Mais je ne crois pas que le sujet soit purement quantitatif. La coopération institutionnelle me semble, dans ce domaine, largement perfectible, par exemple s'agissant de la coopération entre la police de quartier et les clubs de prévention.

Et on peut l'améliorer tout en respectant la déontologie de chacun, de même qu?en garantissant aux jeunes qui décident de se remettre dans le droit chemin le droit à l'oubli, comme vient de le décider le Ministre de l'Intérieur.

Monsieur le Maire, je vous remercie d'avoir, au-delà de ce que je viens de dire, qui est sans doute plus nouveau, en matière de lutte contre la délinquance des mineurs, accepté notre proposition, dans le cadre du Contrat parisien de sécurité, de mettre dans les commissariats des intervenants sociaux. De notre côté, l'Etat disposera de postes de psychologue. C'est tout un ensemble qui doit être mis collectivement et de façon partenariale en place pour agir en matière de prévention dans le cadre de la mise en ?uvre de la loi de mars 2007.

Je tenais à le souligner en terminant mon intervention, s'agissant des recrutements des psychologues, le jury s'est réuni la semaine dernière, et je dois dire que nous espérerions autant de succès en matière de candidature pour les concours d'A.S.P. où nous rencontrons les pires difficultés pour recruter, puisque s'agissant du recrutement des 11 psychologues du S.G.A.P. de Paris, nous n'avions pas moins de 635 candidats, ce qui, malheureusement, n'est pas du tout le cas quand on recrute des A.S.P.

Voilà, Monsieur le Maire, ce que je voulais dire sur ce budget spécial, pour, je l'espère, vous convaincre de la bonne utilisation des crédits qui sont votés à hauteur de 44 % par la Ville de Paris et pour vous dire et redire notre détermination à travailler en partenariat pour les progrès en matière de sécurité dans une ville dont on peut considérer qu'elle est, malgré tout, assez bien tenue par la Préfecture de police et par l?ensemble des institutions parmi les capitales européennes.

(Applaudissements).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.

J'aime bien la complémentarité de nos propos. Il faut que j'y ajoute, pour que vous soyez notre interprète, Monsieur le Préfet de police, de la part de tous les élus au Conseil de Paris, notre confiance, notre gratitude vis-à-vis de tous les personnels de la Préfecture de police et de la Brigade des sapeurs-pompiers.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

M. LE PREFET DE POLICE. - Monsieur le Maire, il n'est pas convenable de parler après vous?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Mais si, ne nous gênons pas?

M. LE PREFET DE POLICE. - ? mais comme on a beaucoup parlé des sans-abri et des personnes en difficulté, je précise et Mme TROSTIANSKY avec laquelle nous travaillons le soir, que nous nous honorons aussi à la Préfecture de police, d'avoir depuis 1954, ce qui n'est pas un millésime que j'ai beaucoup à commenter, la B.A.P.S.A., ce qui fait qu'on ne manipule pas seulement la matraque en ce qui concerne les sans-abri.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Mais ce n'est pas une réponse à Mme TROSTIANSKY qui collabore avec vos équipes...

M. LE PREFET DE POLICE. - Oui, tout à fait qui collabore avec nos équipes...

M. LE MAIRE DE PARIS. - Non, mais je me méfie des mauvaises interprétations ; ce n'est pas vous. Nous collaborons aussi dans ce domaine-là.

La parole est à Mme Karen TAÏEB.

Mme Karen TAÏEB. - Monsieur le Maire, Monsieur le Préfet de police, mes chers collègues.

Les élus du M.R.C. l'ont toujours dit : la sécurité, c'est l'affaire de tous. En faisant progresser cette année encore de 1,38 % la participation de la Ville au budget spécial de la Préfecture de police, la Municipalité montre sa volonté de partenariat, une volonté responsable et républicaine.

A Paris, le statut original de la Préfecture de police rend ce partenariat encore plus nécessaire qu'ailleurs. Et la Ville fait le maximum pour donner à la Préfecture de police les moyens d'assumer au mieux ses missions municipales. Elle aide également indirectement la Préfecture de police dans ses missions de police nationale car la participation de la Ville au budget spécial va bien au delà du strict minimum obligatoire, ce qui soulage certains services de la Préfecture de police. Il s'agit d'un partenariat ouvert et constructif dans le cadre des contrats de sécurité parisiens et d'arrondissement.

Le dossier des A.S.P. est emblématique de cette politique. En soulageant la Préfecture de police de nombreuses missions de circulation, et même en contribuant à une politique de prévention en plus des missions de verbalisation du stationnement et des incivilités, les A.S.P. contribuent à permettre à la Préfecture de police de maintenir à Paris mieux qu'ailleurs une certaine forme de police de proximité.

C'est notre conception républicaine de l'intérêt général et nous nous en félicitons. En revanche, nous ne pouvons pas ne pas souligner que l'Etat, lui, n'est pas aussi soucieux du budget spécial de la Préfecture de police puisque sa participation en 2009 progressera deux fois moins vite que celle de la Ville, alors qu'elle est déjà deux fois inférieure en valeur absolue.

Nous sommes tout aussi inquiets pour le budget général de la Préfecture de police car, dans le cadre de la R.G.P.P. (Révision générale des politiques publiques), le Gouvernement a clairement en ligne de mire 10.000 postes de policiers et gendarmes en France. Combien à Paris ? C'est la question.

Nous l'avons dit, lors du débat sur le plan des "1.000 caméras" et je le répète ici, nous ne pourrons en aucun cas accepter la diminution des effectifs policiers dans la Capitale. De même, si avec Georges SARRE, le groupe M.R.C. soutient le principe d'une métropolisation de la Préfecture de police, projet pour lequel nous vous savons très engagé, Monsieur le Préfet, en sorte d'unifier et de rationaliser l'action policière métropolitaine, en particulier contre la délinquance, ce projet devra se traduire par une harmonisation par le haut de la présence policière dans la métropole et non par une harmonisation par le bas.

Monsieur le Maire, avec votre adjoint, vous avez su ne pas lier les rapports entre la Ville et la Préfecture aux aléas politiques. Le choix du partenariat est maintenu, quel que soit le gouvernement en place. Le Conseil de Paris n'a jamais lésiné sur l'effort budgétaire à consentir à la Préfecture de police, qu'il s'agisse du plan de modernisation de la Brigade des sapeurs-pompiers ou des A.S.P.

Je tiens à souligner par ailleurs l'effort que fait la Ville en matière de prévention, avec cette année deux nouvelles équipes de correspondants de nuit, en matière de soutien aux clubs et aux équipes de prévention spécialisées, en matière d'aide aux familles défavorisées ou de surveillance de points école dont nous formons le v?u qu'ils puissent bénéficier de vacataires plus nombreux en 2009 pour tenir l'engagement de surveiller 268 nouveaux points avant 2014.

N'oublions pas non plus les 60.000 logements sociaux relevant de l'action du G.P.I.S., subventionnés pour plus de moitié par la Ville et dont nous souhaitons que partout ils puissent être protégés en coordination avec la police nationale. Il existe des zones où cette protection et cette coordination sont insuffisantes, je pense notamment aux agressions récurrentes des agents du G.P.I.S. dans le quartier Saint-Blaise ces dernières semaines.

Pour conclure, je voudrais rappeler notre satisfaction devant un partenariat exigeant, étroit et loyal entre la Municipalité et la Préfecture de police, partenariat réciproque comme vous l'avez souligné, Monsieur le Maire.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.

Madame BERTRAND, vous avez la parole.

Mme Geneviève BERTRAND. - Monsieur le Maire, Monsieur le Préfet de police.

Pour l'année 2009, le projet du budget spécial de la Préfecture de police de Paris s'élève globalement, sections de fonctionnement et d'investissement regroupées, à 687 millions d'euros.

La section de fonctionnement, qui s'élève à 614 millions d?euros, augmente de 0,61 % par rapport à 2008 en raison de la revalorisation des dépenses de personnels (effectifs de police et militaires de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris), des loyers et de la mise en ?uvre de la troisième phase de l'unité spécialisée dans la lutte contre les risques nucléaires, radiologiques, bactériologiques et chimiques, dite N.R.B.C., qui prévoit le recrutement de 54 militaires à la B.S.P.P. et la mise en ?uvre d'une quatrième chaîne de décontamination.

Dans ce contexte, la participation de la Ville de Paris aux dépenses de fonctionnement atteint près de 270 millions d'euros, soit 44 %, en hausse de 1,38 %. L'augmentation de l'Etat est de 0,62 % à 114 millions d'euros qui assument 19 % du total, et la part des collectivités de la première couronne parisienne est de 22 % à 160 millions d?euros.

Dans la section de fonctionnement, vous l'avez dit Monsieur le Préfet, qui représente 89 % du budget spécial, la masse salariale couvre près de 80 % de ces crédits, soient 3/4 des crédits votés par le Conseil de Paris. Cela illustre à quel point le service public de la Préfecture de police est celui d'hommes et de femmes au service de la sécurité et de la tranquillité des personnes et des biens, dans des conditions parfois éprouvantes, quelquefois même au péril de leur propre vie.

Avant d'en venir aux problématiques de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris, je veux évoquer la place et les missions de la Préfecture de police, singularité française que seule Paris, certes capitale, connaît.

Je remarque tout d'abord que le rapport de présentation budgétaire 2009 fait le deuil d'un concept qui avait été clé de 2001 à 2007 pour illustrer les relations entre Mairie de Paris et préfecture de police. Le terme "coproduction" a coulé corps et biens pour se voir substituer celui, beaucoup moins flamboyant, de "partenariat étroit".

Alors, je vais évoquer ce qui fâche, comme disait autrefois M. BARIANI, dans une constance attendue des demandes centristes depuis des décennies. Comme tous les élus parisiens, je respecte les prérogatives de l'Etat républicain dans la Capitale. Mais depuis deux siècles, tout a changé: les infractions, les trafics, les violences. Mais surtout, les élus prennent la mesure de leurs responsabilités de terrain. Or, quel est le droit ? Les inusables arrêtés de Messidor an VIII sont toujours d'application.

Oui, nous réclamons, Monsieur le Maire, Monsieur le Préfet, la création d'une police municipale à Paris. Et cela n'est nullement affaire d'idéologie mais bien de pragmatisme, et même de réalisme.

Paris vit dans une permanente ambiguïté et les citoyens ignorent les frontières des responsabilités. Je sais bien, pour reprendre la formule du Cardinal de Retz, que l'on ne sort jamais de l'ambiguïté qu'à son détriment. Pourtant, je pense que l'existence d'une police municipale aurait toute sa justification aux côtés et en complémentarité avec la police nationale.

La répartition des pouvoirs s'imagine bien : au maire de la capitale, les pouvoirs de proximité actuellement éparpillés entre la D.P.P., les A.S.P., la police des parcs et jardins et d'autres encore ; au Préfet de police, les missions régaliennes dans un périmètre étendu à la métropole entière, comme cela se passe pour le S.R.P.T., la police des transports, lorsque l'on sait que 47 % seulement des auteurs d'infractions commises en 2008 à Paris sont des résidents parisiens.

A l'heure du big bang territorial, où tant de cerveaux sont mobilisés pour repenser la région capitale, je ne vois pas pourquoi le premier magistrat de la ville serait un nain policier, comme l'on dit de l'Europe, géant économique, qu'elle est un nain politique.

Autre anomalie à Paris qui découle de la première, la très faible association des maires d'arrondissement dans le champ de la police. Il faut toutefois souligner le progrès réalisé avec la création en 2003 des conseils de sécurité et de prévention de la délinquance d'arrondissement, les fameux C.S.P.D., installés à ce jour dans 17 des 20 arrondissements.

Le partenariat qui s?y pratique est un modèle qui associe les maires d'arrondissement, les Commissaires de police et le Parquet qui échangent des informations et élaborent des actions ciblées.

La mobilisation de tous les acteurs, chefs d'établissement scolaire, commerçants, gérants et propriétaires de bar ou de restaurant, doit permettre de mieux faire face aux trois priorités ciblées par le Parquet de Paris que sont les violences faites aux femmes, la lutte contre les stupéfiants qui explosent auprès des jeunes et les phénomènes de violence en bande dans certains quartiers de Paris.

Qui dit partenariat dit proximité. Aussi, Monsieur le Préfet, votre décision de supprimer les six antennes administratives de police actuellement ouvertes le samedi matin pour ne garder ouvert que le 12, quai de Gesvres nous étonne.

Nous soutiendrons le v?u déposé par M. SARRE dans l'attente de plus amples explications.

Quand les personnels de police sont proches, ils sont mieux connus, mieux valorisés et mieux respectés.

Le Parquet l?a compris qui, au partenariat, ajoute la territorialisation, en confiant à un parquetier un groupe de quatre arrondissements pour veiller à la qualité de l'accueil aux victimes, avec l'aide d'un psychologue et d'un avocat gratuits et veiller à la prévention situationnelle, c'est-à-dire par exemple les centres commerciaux et les endroits plus dangereux.

S?y ajoute la vidéo protection pour plus de sécurité, dont nous soutenons le principe à la double condition d'une association des élus locaux au choix des implantations et du respect des libertés individuelles et de la vie privée, notamment à l'intérieur des immeubles.

Pour la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris, l'estime des Parisiens et des habitants de la petite Couronne est à la hauteur des services inestimables qu'ils rendent, jusqu'au débordement des appels au 18 ou au 112 européen que la campagne d'information actuelle entend limiter. La baisse des appels serait déjà de l'ordre de 6 %. Il était temps d'agir, car de 437.000 interventions en 2006, 460.000 en 2007, celles-ci devraient approcher les 500.000 en 2008.

Le corps militaire qui atteint à ce jour plus de 8.000 hommes et quelques femmes connaît encore, en raison d?un travail éprouvant, un taux d'attrition très élevé, de 18 %, avec le phénomène de départ dans les six premiers mois, soit tout de même environ 1.500 départs par an, aux causes multiples mais aux conséquences professionnelles et morales lourdes.

Le 9 décembre dernier, la Commission consultative de gestion de la B.S.P.P. a bien noté que le plan de modernisation de la brigade de 2002-2007 avait été intégralement réalisé, tant pour les recrutements, +750 personnes, que les investissements (96 % de consommation des crédits votés en 2008, 100 % annoncés en 2009 pour l'amélioration des casernes et la construction de Centres de secours contre 52 % seulement en 1999).

Le dynamisme de cette bonne gestion retrouvée doit être souligné avec les grandes opérations emblématiques qui ont déjà été citées, le lancement des travaux du nouveau centre opérationnel de la B.S.P.P. à la caserne de Champerret, la première tranche du centre de formation de la B.S.P.P. à Limeil-Brévannes, l'achèvement du poste de commandement de Montmartre et la restructuration de la caserne Masséna, la plus grande caserne de pompiers d'Europe.

Pour les matériels, en revanche, en dépit des investissements en véhicules, le Général PRIEUR, Commandant de la brigade, ne cache pas ses inquiétudes devant l'explosion prévisible des coûts.

Les engins hybrides, ces camions équipés à la fois pour la lutte contre l'incendie et pour le secours aux victimes vont voir leur coût passer de 180.000 euros l'unité à 250.000 euros, eux qui sont si bien adaptés aux capacités d'hébergement exiguës des casernes intra muros. D?ores et déjà, à la prochaine échéance, un nouveau plan de modernisation LOLFisé se profile en raison de l'obsolescence rapide des matériels et de l'évolution de l'agglomération.

Monsieur le Maire, Monsieur le Préfet de police, c'est avec gratitude et confiance envers l'ensemble des personnels, policiers et pompiers de Paris, que le groupe Centre et indépendants votera le budget 2009 de la Préfecture de police.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes Centre et Indépendants et U.M.P.P.A.).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Chère Madame, il est vrai qu'il y a des caractéristiques très originales dans l'organisation de Paris, mais regardez : la brigade des sapeurs-pompiers est une unité militaire, nous sommes une collectivité locale et nous la finançons.

Je ne regrette pas.

C'est un peu compliqué. Cela passe par un budget civil, celui de la Préfecture de police, et c'est une collectivité locale qui contribue au financement d?une unité militaire.

Quoi qu?il en soit, cela fonctionne bien, je n'ai donc pas envie de le modifier.

Il y a parfois des caractéristiques compliquées qui peuvent donner des résultats assez positifs. C'est en tout cas mon sentiment et c'est mon expérience.

La parole est à M. ALAYRAC.

M. Gilles ALAYRAC. - Monsieur le Maire, Monsieur le Préfet, mes chers collègues.

Je vais également essayer de démontrer que cela ne fonctionne pas si mal que cela.

Le budget 2009 qui nous est présenté s'inscrit en effet dans la continuité de ce qui avait été initié sous la précédente mandature, ce dont nous devons d?ailleurs nous réjouir.

Le soutien de notre municipalité envers la Préfecture se pérennise, vous l?avez dit Monsieur le Maire, de façon conséquente, pragmatique et incontestable.

Conséquente d?abord parce que nous contribuons 2,5 fois plus que l'Etat au fonctionnement du budget de la Préfecture de police. Parce qu?aussi l'engagement de notre collectivité dans le budget de fonctionnement augmente encore de +1,38 % quand la part de financement de l'Etat, elle, augmente de 0,62 %.

C'est donc une progression dans le prolongement du travail, je le répète, mené sous l?ancienne mandature qui avait vu une augmentation de 43 % de la subvention de la Ville au budget spécial de la Préfecture de police.

Selon moi, il faut garder ces chiffres à l'esprit. Quelque chose me dit que tout à l?heure, sur d'autres bancs, ils vont être critiqués et que notre effort, lui, le sera.

Il est important de souligner qu?en dépit du contexte budgétaire que nous connaissons, amplifié par le désengagement financier de l'Etat, notre majorité maintient le cap et assume pleinement ses responsabilités comme partenaire.

Un budget pragmatique, car la Ville a pensé son financement sur la base de ce qui apparaît aujourd'hui comme prioritaire et colle au plus près des besoins des Parisiens : l'administration générale de la Préfecture de police, le dispositif A.S.P. et la brigade des sapeurs-pompiers qu'évoquera mon collègue M. PENINOU.

Je note avec intérêt que notre contribution à la section d'investissement va permettre d'importantes opérations immobilières, de nature à améliorer le cadre de vie des fonctionnaires, puisque vont être réaménagés ou restructurés un certain nombres de sites : Massillon, quai de Gesvres, Cabanis, etc.

C'est un budget de concrétisation d'un partenariat et d'échanges qui doit nous permettre de continuer à mener à bien la mission qui nous lie, à savoir la sécurité des habitants de Paris et de ses visiteurs.

L'effort financier de la Ville demeure déterminant et je veux croire qu'il permet aux fonctionnaires de la Préfecture de police de travailler dans de meilleures conditions.

N?oublions pas nos contributions essentielles en ce qui concerne les A.S.P. dont parlera Sylvie WIEVIORKA.

Nous nous félicitons que les infractions constatées à Paris aient diminuées entre 2001 et 2008 de 46 % et nous exprimons notre gratitude aux fonctionnaires de police.

Depuis mars 2008 et notre reconduction aux responsabilités, notre majorité a pour sa part pris des initiatives fortes et visibles dans l'effort engagé en matière de sécurité.

Comment peut-elle encore au quotidien contribuer à améliorer la sécurité des Parisiens aux côtés de l'Etat ?

Je voudrais citer l'exemple de la sécurité routière. Il s'agit d'un sujet majeur où il existe encore des marges de progression.

Comment ne pas évoquer la question des cyclistes qui, en particulier, grâce à l'arrivée de Vélib?, ont vu leur nombre de pratiquants réaliser un bond exponentiel ?

Rouler dans Paris n'est pas aisé, n'est pas toujours sûr, surtout quand il n?existe pas ou peu de pistes cyclables, comme par exemple dans le 15e arrondissement.

Les accidents de la route sont encore trop nombreux. Sur les dix premiers mois de l'année, 556 cyclistes ont été victimes d'accident, et sur ces accidents hélas cinq ont été mortels.

Cinq morts, c?est dramatique, mais c?est aussi un chiffre relativement faible en comparaison du nombre de cyclistes.

La Ville de Paris a mis en place des actions de prévention très ciblées. Et je dois dire que le travail de nos collègues adjoints au transport et à la sécurité est continu et prometteur.

Il faut améliorer aussi la sécurité des piétons et, pour cela, travailler sur les périmètres des écoles mais aussi sur des points sensibles, comme les abords des résidences de personnes âgées. Je crois qu'il sera nécessaire de réaliser un plan global piétons qui se consacre à une meilleure lisibilité de l'espace public.

Je sais que M. SARRE y travaille actuellement et il peut compter sur le soutien de notre groupe pour l'aider sur ce dossier.

Mes chers collègues, vous avez vu la récente campagne d'affichage lancée par la Mairie de Paris qui s?intitule "Changeons de conduite, changeons Paris". C'est une campagne choc, avec des images dures, celles de piétons et de cyclistes couchés sur la chaussée et avec des slogans qui font réagir.

Cette initiative de la Ville est bienvenue, car destinée à tous les usagers de la voie publique et elle doit permettre de maintenir la pression face à l'insécurité routière qui demeure un fléau. Les chiffres des 10 premiers mois de l'année sont préoccupants : 1.660 piétons victimes d'accidents - ils sont les plus touchés -, 556 cyclistes, 4.272 deux-roues, 1.416 accidents d'automobile.

Des sites accidentogènes font l'objet de travaux de voirie dans l'optique de les sécuriser davantage. De la même manière, des mairies d'arrondissement organisent des cours de "remise en selle" pour les cyclistes, afin de sensibiliser au maximum et permettre de former des citoyens et cyclistes responsables et aptes à une bonne pratique des deux-roues.

Il faut aussi évoquer la sécurité dans les transports.

Paris et plus particulièrement son centre, comme l'indique l'étude réalisée par l'Observatoire national de la délinquance, paru ces derniers jours, regroupent la majorité des agressions à finalité crapuleuse d'Ile-de-France, tandis que les violences dites gratuites augmentent à mesure que l'on s'éloigne du centre.

Certes, la délinquance dans les transports ferrés a baissé dans Paris, mais il demeure des lignes de métro plus exposées que d'autres.

La ligne 4 se distingue par des taux élevés dans toutes les catégories d'infraction. Elle concentre à elle seule près d'un cinquième du total des vols connus dans le métro. Elle est aussi la championne en matière de violences et de menaces.

La ligne 1 la suit de près pour les vols.

La ligne 13 s'illustre en matière de violences.

Il faut aussi prendre en compte que deux tiers des faits de violence ne sont généralement pas signalés à la police.

La création du Service régional de police des transports en 2003 a incontestablement contribué à mieux sécuriser les transports en commun ferrés d'Ile-de-France. Mais je pose la question : ses fonctionnaires de police sont-ils assez nombreux ? On les voit peu dans le métro et dans le R.E.R., dans Paris intra muros en tout cas. 6 plaintes sur 10 pourtant font état d'infractions dans notre ville. De façon générale, la présence humaine des personnels dans le métro et sur les quais des RER devient une rareté préoccupante en termes de sûreté.

La vidéoprotection ne peut pas et ne pourra pas tout. Les caméras, oui ! Mais les agents de la R.A.T.P., de la S.N.C.F. et de la police nationale, il en faut aussi !

Il faudrait, enfin, qu'en matière de pouvoir attribué au Préfet de police pour assurer la sécurité sur l'ensemble du réseau francilien ferré, on dépasse le simple stade de la déclaration d'intention de Mme ALLIOT-MARIE.

Il est nécessaire, Monsieur le Préfet, que l'on vous attribue de façon claire une compétence, une autorité en la matière sur tout le réseau d'Ile-de-France.

Je souhaite rappeler qu?au mois de juillet, notre Conseil avait adopté un v?u de notre groupe qui demandait qu'à l'avenir, à l'occasion des visites de chefs d'Etat, le dispositif de sécurité soit proportionné à l'impératif d'assurer la protection de la personnalité et celle du public.

Nous gardons tous en mémoire le gigantesque dispositif mis en place - M. GOUJON s?en rappelle - pendant deux jours, à l'occasion de la visite du pape ! Nous gardons également en mémoire les stations de métro et de RER fermées au public. Les automobilistes se souviennent des restrictions à la circulation qu'ils ont dû subir pendant deux jours et une nuit.

Nous n'avons pas été entendus sur ce point. Et je veux donc réitérer ma demande : que l'on fasse en sorte que les habitants ne subissent pas des désagréments disproportionnés.

L?année dernière, au cours de la même discussion budgétaire, je déplorais que l'on bloque rues et accès pour la venue du colonel KADHAFI. Je ne peux que réitérer mon indignation quant à ce scénario qui s'est reproduit en septembre dernier.

Enfin, un mot sur le projet de fermeture des antennes de police administrative le samedi matin.

Oui, on se rend à sa mairie d'arrondissement le samedi matin et, pour nous, ces antennes rendent un service aux Parisiens qui ne peuvent se libérer en semaine aux heures de bureau, tout simplement parce qu'ils travaillent.

J'ajoute que demander un passeport par Internet n'est pas forcément à la portée de tout le monde.

Aussi, Monsieur le Préfet, comme l'Exécutif, comme nos collègues Communistes le font à travers leur v?u, les élus Socialistes et Radicaux de gauche vous demandent de surseoir à la fermeture de ces antennes, afin que le service public, auquel nous sommes très attachés, demeure accessible à tous.

Merci.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous voulez dire qu?avant d'ouvrir le dimanche, il faut peut-être laisser le service public ouvert le samedi matin !

La parole est à Mme DUBARRY.

Mme Véronique DUBARRY, adjointe. - Lorsque M. SARRE a présenté le budget de la Préfecture de police en 5e Commission, il a insisté sur deux concepts qui ont depuis été repris par vous, Monsieur le Maire, lors de votre présentation du budget.

Monsieur le Préfet, vous l'avez également évoqué et quasiment chacun des intervenants depuis.

Il s'agit de partenariat et d'intérêt général.

Je vais également reprendre à mon compte ces deux concepts, tant il me paraît, en effet, que ceux-ci devraient présider à nos relations avec la Préfecture de police.

M. SARRE a malheureusement rajouté une petite consigne que je vais être obligée de ne pas respecter. Il a recommandé de s'éloigner des faux débats politiciens. En tout cas, je vais être politique, j?essayerai de ne pas être politicienne.

Quant à M. GOUJON, il m'a d'ores et déjà annoncé tout à l'heure qu'il allait me vociférer après !

Partenariat, intérêt général et citoyens volontaires.

Ce programme, voulu en 2006 par Nicolas SARKOZY, connaît ces derniers temps un regain d?intérêt de la part de la Ministre de l?Intérieur. Il y aurait environ 300 citoyens volontaires en France, une vingtaine à Paris, dans les 1er, 11e et 18e arrondissements. Mais là, je me contente de ce que disent les médias.

En effet, je suis étonnée : ce dispositif ne nous a jamais été présenté par la Préfecture et d'ailleurs, cela n'apparaîtrait pas non plus dans le budget qui nous est présenté aujourd'hui, puisqu'il s'agit de bénévoles.

Ces bénévoles ne disposeraient que de quatre heures de formation et, à l'instar des syndicats de police, nous nous interrogeons sur le c?ur même de ce dispositif.

Etre policier, à mon sens, et cela va peut-être vous surprendre, c'est un métier. Cela correspond à des concours ; cela correspond à un encadrement ; cela correspond à des formations et, in fine, cela correspond, bien évidemment, à un salaire.

Là, rien de tout cela ! Ce que nous voyons surtout, c'est le spectre de la mise en place de milices de quartier. Pourtant, la Préfecture de police ne manque pas de moyens. La partie de son budget consacrée aux personnels est en constante augmentation depuis 2001.

D'ailleurs, justement, partenariat et A.S.P.

Quelques années après la signature de la convention entre la Préfecture et la Ville, on ne connaît toujours pas les affectations de ces A.S.P., on ne sait pas quelles sont leurs missions prioritaires, on ne connaît pas leurs résultats, bien évidemment.

D'ailleurs, on ne connaît pas non plus leur nombre exact. J'ai entendu, Monsieur le Préfet, que vous vous engagiez à les communiquer.

Pourtant, nous l'avons dit à plusieurs reprises : la verbalisation des infractions au Code de la Route, et singulièrement celles au stationnement, est un point important de la politique à mettre en place en matière de prévention, en matière de sécurité routière.

Nous entendons, bien évidemment, le "turn over" de ces personnels, les difficultés à conserver un personnel, dont votre représentant en 5e Commission disait à quel point il était mal payé et à quel point il lui est également difficile de se loger à Paris. Mais tout cela, c'était prévisible, c'était anticipable. Et, en tout cas, un véritable partenaire aurait fait savoir bien avant ses difficultés, ses interrogations sur les missions - c'est même tout à fait normal lorsqu'on est partenaire - et éventuellement aurait proposé bien avant aujourd'hui de remettre à plat tout le dispositif et d'avoir une réflexion poussée sur ce que nous pouvons faire ensemble.

Partenariat, intérêt général et sans-papiers.

Qu'il s'agisse des travailleurs sans papiers, de leurs enfants dans les écoles, de l'état des centres de rétention, la politique menée par la Préfecture de police n'est pas celle que nous voulons pour ces hommes, ces femmes, ces enfants.

La Ville et le Département de Paris subventionnent à juste titre un certain nombre d'associations : Gesti, CIMADE, Emmaüs, France Terre d'Asile, RESF ; toutes associations qui apportent quotidiennement leur soutien juridique, logistique, humain à tous les sans-papiers parisiens.

Où est le partenariat, lorsqu'on empêche le travail de ces associations ? Où est l'intérêt général à harceler les sans-papiers par des opérations de police ciblées ? Où est le partenariat lorsque l'on n'entend pas les demandes pourtant récurrentes des élus de la majorité en matière d'accueil décent dans les centres de rétention, dans les commissariats de police pour les sans papiers, de remise aux normes des centres de rétention ? Etc.

Intérêt général et vidéosurveillance. Je l?ai dit à de nombreuses reprises, la mise en place du Plan de vidéosurveillance et j'insiste : les mots ont du sens -, ne servira en rien les intérêts des Parisiennes et des Parisiens. Ce plan ne répond pas aux besoins qu?ils expriment. Ils disent, et nous l'entendons, puisque de la même façon la Ville va augmenter ses moyens en matière de prévention, ils disent : "Ce que nous voulons, ce sont des humains, c'est du personnel dans la rue, des gens en capacité de nous aider à résoudre les problèmes". C'est ce que nous entendons et c'est ce à quoi nous répondons lorsque nous augmentons les moyens de la prévention, lorsque nous créons des équipes supplémentaires de correspondants de nuit.

Ce dispositif n'aura aucun rôle de prévention, on le sait, cela a déjà été expérimenté. Il ne résoudra pas les problèmes de délinquance, il les déportera au mieux, au pire, il les fera augmenter dans certains quartiers.

Vraiment, ce Plan de déploiement de 1.000 caméras avec en plus le risque que ce plan soit démultiplié - c'est visiblement la volonté de la Ministre de l'Intérieur -, ne nous paraît pas correspondre aux attentes des Parisiennes et des Parisiens.

Intérêt général et communication de la Préfecture de police. Ce que les Parisiens attendent, je l'ai dit, c'est de l'humain. C'est donc des personnels dans les antennes de police le samedi matin, c'est une amélioration des conditions de garde à vue. J'avoue que je suis dubitative, même si j'en suis une lectrice assidue et que j'ai apprécié la nouvelle maquette, j'ai du mal à croire que ce que les Parisiens attendent, c?est une augmentation du budget pour mettre en place un "Liaisons" nouvelle formule qui coûtera 5 euros au lieu de 2 euros.

Ce n'est pas cela que veulent les Parisiennes et les Parisiens, ils veulent pouvoir rencontrer des personnes qui les aident à résoudre leurs problèmes, qui les aident à remplir les documents pour obtenir des pièces d?identité : ils souhaitent un accompagnement au quotidien.

Je terminerai sur la façon dont nous envisageons l'avenir. De nombreuses associations, de nombreuses personnalités, des chercheurs, des philosophes, dénoncent le poison sécuritaire qui s'insinue dans notre société, anesthésiant les libertés publiques lentement mais sûrement.

Il est, je le pense, de notre devoir d'élus, de responsables politiques, de réagir aux créations de fichiers divers et variés et nous l'avons fait ici même ; de dénoncer les idéologies qui font de jeunes en difficulté scolaire de jeunes délinquants ; de refuser la possibilité d'emprisonner des enfants de 12 ans ; de critiquer la logique du chiffre adossée à la politique d'immigration ; de refuser la criminalisation des personnes ayant des problèmes mentaux ou psychiques ; de récuser ceux, ou plutôt celui, qui dit qu'un enfant de trois ans ayant des troubles du comportement sera forcément un délinquant.

(Protestations sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

Tout ceci, vous pourriez m'en faire grief, ne concerne pas Paris, c'est du domaine de la politique nationale. Mais cette politique nationale trouve un écho, se décline au quotidien dans nos quartiers, et c'est la raison pour laquelle, une fois encore, une fois de plus, les élus du groupe "Les Verts" ne voteront pas le budget de la Préfecture de police.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je n'ai donc pas besoin de préciser que vous prononciez cette intervention au nom du groupe "Les Verts".

Mme Véronique DUBARRY, adjointe. - Bien sûr.

M. LE MAIRE DE PARIS. - C'est clair.

La parole est à Mme BIDARD.

Mme Hélène BIDARD. - Je partage en grande partie ce que vient de dire Mme DUBARRY sur la question des sans papiers et de la vidéosurveillance, ce qui me permettra de faire plus court sur ces points.

Année après année, malheureusement, le fossé se creuse toujours plus entre les souhaits du Conseil de Paris en termes de sécurité et de prévention et une politique gouvernementale qui ne sait que surveiller et punir.

Or, nous savons tous ici que l'insécurité et la délinquance reflètent avant tout une misère sociale et économique si savamment entretenue ou ignorée par le Gouvernement que l?on finirait par croire qu?il fait sciemment le choix d'aider ses amis et de laisser les autres au bord de la route.

Sur le bord de la route, justement, le terme est souvent trop faible puisque parfois, malheureusement, c'est dans nos rues que cette misère s'exprime, qu'elle finit là, abandonnée.

Le vote du budget de la Préfecture de police, année après année, est le moment où se cristallise cette rencontre entre une politique de droite inhumaine et la résistance d'une ville de gauche : la nôtre. Un point de rencontre symbolisée par la participation de la Ville à ce budget et qui donne lieu aux commentaires des élus parisiens, le mien comme le vôtre.

Le groupe communiste, dans cet hémicycle, a souvent manifesté son intérêt et son attachement aux missions de la Préfecture de police. Souvent, le groupe communiste a adressé ses questions d'actualité à M. le Préfet. Je me souviens de la grève des travailleurs sans papiers, de l?incendie du centre de rétention de Vincennes, de l'expulsion des habitants de l'immeuble de la MECI, mais aussi des amendes infligées à l'association "Droit Au Logement" lors du Conseil de novembre.

Je me souviens aussi d'un certain nombre de v?ux que le groupe communiste a déposés, insistant sur l'importance de la présence humaine et des missions de prévention dans les quartiers politique de la ville. Je me souviens enfin des débats que nous avons eus sur la vidéosurveillance ou sur les autorisations d'ouverture de nuit pour les établissements festifs de la Capitale. Je partage tout ce qu'a pu dire Véronique DUBARRY.

Car au fond, l'action de la Préfecture de police est au centre d'un dialogue de sourds qui opposent deux conceptions de la ville. D'un côté, celle d'un Gouvernement et d'une Droite à bout d'arguments et volontairement indifférents à la question sociale, qui ne souhaitent pas autre chose qu?une ville taiseuse et intolérante, une ville vidée de ses plus pauvres, de ses exclus, mais aussi des précarisés et même des classes moyennes trop bruyantes.

De l'autre, notre conception de la ville, où tous les habitants trouvent leur place, une ville qui accueille la mixité sociale comme une chance, une ville où la porte des institutions est ouverte au peuple, une ville qui exprime et qui écoute, en un mot, une ville vivante.

La Préfecture de police est une articulation essentielle d'une politique de la ville, d'autant plus à Paris, où le Préfet détient également les pouvoirs de police administrative, ailleurs dévolus au Maire.

A ce sujet, je voudrais vous faire part, comme mes collègues, de mon étonnement et de notre incompréhension s'agissant de la fermeture des antennes de police administrative dans les 5e, 10e, 13e, 15e, 17e et 19e arrondissements le samedi matin. Nous considérons qu?il s?agit là d?une dégradation d'un service public et nous trouvons cela parfaitement immotivé et inacceptable dans ces conditions.

S'agissant des grandes lignes du budget de la Préfecture, le groupe communiste voudrait tout d?abord exprimer sa satisfaction. Nous nous réjouissons de voir que les efforts sont maintenus dans un souci compréhensible de maîtrise des dépenses. Ce budget confirme et avalise l'augmentation de plus de 40 % de la contribution de la Ville pendant la mandature précédente.

Quand la crise sert ailleurs de prétexte au Gouvernement pour rogner sur le budget des ministères essentiels, la Ville de Paris montre que l'idée selon laquelle la Gauche n'est pas volontariste sur les questions de sécurité est une idée fausse. L?idée vraie, en revanche, est que la Droite, dès qu'elle le peut, s?empare des pires prétextes pour abandonner les gens et servir ses amis.

En effet, la sécurité est un droit : le droit de rentrer chez soi tranquillement, quel que soit son quartier et sa rue. Je le dis avec conviction parce que je le sais : ce sont souvent les plus fragiles qui trinquent et l'insécurité est l'une des principales inquiétudes des habitants et des habitantes des quartiers populaires.

Je ne crois pas que l'on soit libre quand on n'est pas en sécurité, quand on a peur et quand on est inquiet.

A l'examen de ce document budgétaire, le groupe communiste se réjouit tout particulièrement que la légère augmentation des dépenses de fonctionnements s'explique en grande partie par la revalorisation des dépenses de personnel. Cette revalorisation nous rappelle que la sécurité est avant tout une affaire de présence humaine, bien plus que de vidéosurveillance, et qu'il n'y a pas de police sans policiers et sans commissariats.

Fonctionnaire de police est un métier difficile qui réclame dans un contexte mal valorisé, de faire preuve d'un grand sens du bien public et de l'intérêt général, tout ce que les machines ou les caméras ne savent pas faire.

C?est pourquoi nous regrettons toujours la fermeture du commissariat de police Raymond Queneau dans le quartier de La Chapelle, c'est pourquoi nous regrettons aussi l'adoption d'un plan 1.000 caméras plus tapageur et utilisé politiquement qu'utile pour la sécurité.

Ce que les Parisiennes et les Parisiens attendent, ce sont des policiers, pas des caméras. Ils attendent des services publics ouverts le samedi, pas des façades bien ravalées.

Je me réjouis de la jolie pierre nettoyée et éclatante de la façade de l?immeuble de la Préfecture, que les travaux aient abouti. Mais à choisir, j'aurais préféré que les antennes de police citées tout à l?heure restent ouvertes le samedi.

Paris est une ville vivante et doit le rester. Les élus communistes défendent souvent cette conception de la ville. Nous aimons vous rappeler, Monsieur le Préfet, que si vous avez fait preuve de bienveillance, et nous vous en remercions, à l'égard de certains établissements de nuit menacés de fermeture administrative, ce chapitre n'est pas clos.

Une ville vit autant la nuit que le jour, le sommeil des uns n'étant pas la mort des autres. De même, une ville vit de tous ses habitants, quels qu'ils soient, les privilégiés comme les fragiles, les jeunes comme les moins jeunes, les hommes comme les femmes, ceux qui ont des papiers comme ceux qui n?en ont pas. Notre préoccupation à l?égard de ces derniers est toujours aussi aiguë.

Vous avez la responsabilité de l'examen des dossiers de ces hommes et de ces femmes qui travaillent dans l?ombre de la ville, dans des conditions parfois pénibles et nous vous rappelons toujours, en ce qui les concerne, à la plus grande bienveillance.

La Préfecture de police, je le disais, est le point de rencontre entre deux politiques qui s'opposent. Il en va bien évidemment de même en ce qui concerne le logement. On peut voir sans mal les efforts sans précédent de la Municipalité en termes de logement social, qui contrastent avec l'indifférence sans précédent du Gouvernement.

Au moment où nous examinons ce budget de la Préfecture, nous sommes en pleine trêve hivernale en ce qui concerne les expulsions. Il ne faut pas se méprendre, nous espérons tous que cette trêve ne s'arrête pas, mais l'esprit de Noël a toujours une fin, si j?ose dire. Dans quelques mois, dans quelques semaines, Monsieur le Préfet, vous procéderez à nouveau à l'expulsion de Parisiennes et de Parisiens, alors que la situation sociale et économique de l'année qui s?annonce est évidemment désastreuse et c?est une question de bon sens que d?affirmer que jeter les gens dehors n'est pas une solution à la crise.

Dans nos v?ux pour la nouvelle année, il en serait un pour vous, Monsieur le Préfet : que nous n'ayons plus à vous interpeller en ce qui concerne l'expulsion de Parisiens en difficulté, que les associations, les hommes et les femmes concernés par ces mesures injustes ne puissent que vanter votre bienveillance et votre humanité.

Nous sommes aujourd?hui à la croisée des chemins, la crise rebat les cartes, nous l'avons souvent dit. La crise n'est pas que financière ou économique, elle est aussi sociale et politique. C?est pourquoi nous déplorons toujours plus que la politique gouvernementale, s'enferre dans une apologie du surveiller et du punir, qu?elle s?amuse à évoquer l'enfermement de ceux qui meurent dans la rue ou qu'elle se gargarise de faire des fichiers, toujours plus de fichiers. C'est non seulement de l'indifférence, mais de l'ignorance et, parfois, un mépris pour les libertés publiques. C'est une politique qui fait de la discrimination le premier outil de son contrôle de l?ordre public.

C?est pourquoi si nous apprécions le travail de la Préfecture de police et que nous nous réjouissons des orientations générales de ce budget 2009 de la Préfecture, nous ne pouvons nous taire dans le détail, parce que les détails sont essentiels et ils sont nombreux ; l'actualité nous en offre des exemples tous les jours.

Le diable se niche dans les détails, dit-on, Monsieur le Préfet ; traquez le diable plutôt que les sans-papiers !

Le groupe communiste votera ce budget spécial de la Préfecture de police parce qu?il est raisonnable et qu?il porte de bonnes intentions. Mais nous exprimons néanmoins des réserves, parce que les bonnes intentions sont parfois trompeuses, parce que les priorités ne sont pas celles que l'on croit avec la crise économique et sociale qui frappe les Parisiens et dans le contexte politique détestable qu'entretient la Droite au pouvoir sur l?insécurité, l?immigration, le logement ou la jeunesse.

Vous parliez tout à l?heure, Monsieur le Préfet, de mineurs dans la rue et je veux rendre ici hommage à une association qui s'appelle "Hors la rue", que vous connaissez peut-être, qui se démène pour accueillir des jeunes Roms à Paris et les sortir notamment des dangers d'une prostitution qui se développe, entre autres Gare du Nord ; je tenais à attirer votre attention sur ce point et je pense que le type d'action que mène l'association "Hors la rue" répond au besoin de sécurité qu?expriment les Parisiens. Ces jeunes ont besoin d?être protégés et pas stigmatisés, compris et non pas montrés du doigt.

Pour terminer, Monsieur le Préfet, vous nous avez fait part de certaines de vos priorités ; permettez-moi de mettre l'accent sur d'autres priorités qui pourraient être les vôtres. Nous aurions trouvé très utile d'investir dans la formation de tous les agents, par exemple en ce qui concerne les discriminations, la lutte contre le racisme, la lutte contre l?homophobie et le sexisme et nous pensons que ces formations sont nécessaires.

Il aurait été nécessaire également de voir en ce budget le signe d?une prise en compte des difficultés d'application du droit au logement opposable. En ce mois de décembre, les chiffres les plus optimistes ne font état que de 28 baux signés pour plus de 8.000 demandes.

Il y aurait également beaucoup à faire en ce qui concerne la lutte contre les violences faites aux femmes et il serait grand temps qu'une réflexion spécifique soit lancée au sein de la Préfecture à ce sujet pour un travail quotidien auprès des Parisiennes et des Parisiens.

Nous voterons donc ce budget avec ces ambitions, que j'espère, vous prendrez en compte.

Très brièvement, je voudrais juste savoir, Monsieur le Préfet, si vous pouvez nous répondre au sujet de ces jeunes qui ont manifesté vendredi soir devant l'ambassade de Grèce à l'appel du M.J.S., de l'U.N.E.F., de l?U.N.E.L., de M.J.C.F., etc., des associations bien connues de nos partis.

Je voudrais juste vous rappeler encore une fois qu?il ne faut pas faire d'amalgame entre jeunes et casseurs. Ces jeunes ont été interpellés vendredi soir, certains passent en comparution immédiate aujourd?hui et demain. J'aurais aimé savoir ce qu'il en était, parce qu'apparemment, ces jeunes ont passé ce week-end en prison. Je voulais avoir quelques renseignements à ce sujet.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Tout le monde ne peut pas être réac à 20 ans !

M. Alain DESTREM. - La loi n'était pas là même il y a 20 ans !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je me souviens que je manifestais devant l?ambassade d'Afrique du Sud et qu?on était reçu assez vigoureusement. Je me souviens même de qui était Premier Ministre. C'était dans les années 75?

C'était contre l?Apartheid, je vous signale. A l?époque, Nelson MANDELA était en prison.

(Mouvements divers sur les bancs de l?opposition).

Vous voyez que parfois, on est reconnu beaucoup plus tard.

Je voudrais vous informer - c'est beaucoup plus sérieux, même si tout est sérieux - que la 1ère Commission se réunira à 19 heures 45.

Je donne la parole à M. GOUJON.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

Il est vrai que chacun a sa conception de la sécurité ; la nôtre n'est pas tout à fait celle que j'ai entendue jusqu'à présent.

La politique de sécurité conduite pas votre majorité sous la précédente mandature fut, selon nous, une politique des occasions manquées.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Catastrophique !

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Je n'ai pas dit cela.

Et le début de cette nouvelle mandature annonce déjà une politique des faux espoirs.

En effet, comme les années passées et malgré les restrictions budgétaires, c'est l'Etat qui assumera à Paris l?essentiel de l?effort public en matière de sécurité, aussi bien d'ailleurs en ce qui concerne les budgets, la P.P. étant privilégiée, que les effectifs, ceux-ci n?étant pas réduits, et surtout les idées nouvelles, la Ville étant, pour sa part, bien en deçà de ce que l'on peut légitimement attendre d'elle.

Je voudrais d?abord dénoncer un véritable abus de langage budgétaire, que je n'ai pas encore entendu mais qu?on nous servira peut-être ultérieurement, puisque vous prétendez depuis des années que la participation de la Ville au budget de la Préfecture de police aurait augmenté de 42 % ; vous avez même dit 48 %, ce qui n?est pas le même chiffre?

M. LE MAIRE DE PARIS. - 48 %, je le précise.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Sur le document budgétaire, il est écrit 42 %.

En tout cas, si l'on prend la référence juste, à savoir votre premier budget, l'augmentation n'est plus que de 26,8 % et c'est principalement d?ailleurs?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Pourquoi vous enlevez mon premier budget ?

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - ? la Brigade des sapeurs-pompiers qui en a bénéficié.

Vous pourrez me répondre ; vous me répondrez d?ailleurs, j'en suis sûr.

D?abord, celle-ci - la brigade - n'en a jamais manqué, car le plan de modernisation des casernements, vous le savez, remonte à 20 ans, la mensualisation des soldes forfaitaires ou la professionnalisation des armées date des mandatures précédentes.

Si les pompiers ont effectivement bénéficié d'importants crédits, et cela est évidemment tout à fait justifié, cela, malheureusement, s'est fait au détriment de tous les autres services de la Préfecture de police, dont les moyens n'ont jamais été si chichement mesurés, obligeant même à des redéploiements budgétaires de plus en plus acrobatiques, à une baisse de la qualité des services offerts aux Parisiens par une diminution, sous la mandature précédente, des capacités de financement de la Préfecture hors brigade des sapeurs-pompiers que l?on peut estimer à 15 %.

L'essentiel des mesures de ce budget, on l'a dit, concerne les dépenses de personnel. Il s'agit de l'extension en année pleine, et pas plus, de mesures pérennes déjà actées en décision modificative de 2008.

Cela veut donc dire qu'une fois encore, afin d'alléger votre contribution au budget primitif, vous ne prenez pas en compte des dépenses obligatoires et que vous les reportez à la prochaine décision modificative. Ailleurs, on appellerait cela de la cavalerie.

L'augmentation globale de la section de fonctionnement d'un peu moins de 1 % s'accompagne, il faut le souligner, d'une mesure sans précédent : la réduction des dépenses de rémunération à hauteur de 1,5 million d'euros afin d'accompagner la politique de maîtrise des dépenses de personnel de la Ville de Paris.

Cela signifie, le Préfet l?a dit, moins d?A.S.P. et la fermeture, qu?il faut néanmoins reconsidérer, nous en reparlerons, des antennes de police administrative le samedi.

Je voudrais dénoncer la baisse continue de la part financière de la Ville à la section de fonctionnement chaque année. En 2004, elle était encore de 45,5 %, en 2008 de 43,6 % et quasi stable en 2009 avec 43,9 %. Je rappellerai que la plus forte contribution de la Ville au budget spécial date de 1995 - vous n'étiez pas là -, avec un taux de près de 48 %, soit 4 % de plus que ce que vous verserez pour 2009.

Concernant la section d'investissement, la situation des crédits de paiement s?est en apparence, mais en apparence seulement, légèrement améliorée.

Mais les crédits de paiement devant servir à l'achat de matériels amortissables pour la brigade, par exemple, vont baisser de près de quatre millions. Or, ces matériels concernent notamment les véhicules, pour lesquels le général de la brigade nous a récemment demandé un nouveau plan de modernisation en raison de la hausse spectaculaire de leur coût.

Les crédits de paiement devant servir aux investissements immobiliers destinés aux bâtiments appartenant à la Ville de Paris mis à la disposition de la Préfecture n'augmentent que de 1,5 million. Quand on connaît l'état de la plupart de ces bâtiments, on ne peut que s?interroger sur la faiblesse de cette hausse.

Heureusement, et le Préfet de police l?a rappelé, grâce au plan de relance, une vingtaine d?opérations nouvelles et non prévues verront le jour.

Au total, alors que le budget de la Ville augmente de 2,5 % c'est cela qu'il faut retenir -, le budget spécial augmentera de moins de 1 % et la part de la Ville de 1,5 %.

Alors, c'est l'Etat, évidemment, qui assure la sécurité des Parisiens.

Depuis 2002, on le sait, la naïveté a cédé la place à l'efficacité. En matière de sécurité, seuls les résultats comptent. Les grands discours sont inutiles et surtout inefficaces. Jamais autant de mesures n'avaient été prises en si peu de temps et les résultats sont là, plus que les discours, et je vais vous les citer puisque vous les sollicitez : 13 % de baisse de la délinquance générale en France au lieu des 18 % d'augmentation sous le gouvernement JOSPIN, 30 % de baisse de la délinquance de proximité en France contre 10 % de hausse sous la gauche, le tout malgré une progression de 40 % du nombre des affaires réalisées à l'initiative des services.

La baisse continue de la délinquance entamée en 2002 s?est poursuivie jusqu'en 2008 où elle s'est même accélérée.

L?objectif fixé par le Président de la République dans sa lettre de mission adressée au ministre de l?Intérieur le 30 juillet 2007 d?une baisse supplémentaire de la délinquance générale de 5 % en deux ans semble tout à fait atteignable, avec une baisse déjà de 4,1 % par rapport à l?année de référence.

Cette même lettre fixait un autre objectif, encore plus ambitieux : faire baisser de 10 % la délinquance de proximité. Les résultats ont été dépassés avec une chute spectaculaire de 11,7 %.

La Préfecture de police, je tiens à le souligner, a été le moteur de cette réussite avec une baisse de plus de 12 % grâce notamment à la multiplication des opérations de sécurisation dans les quartiers.

Le troisième objectif fixé par le Président de la République concernait le taux d'élucidation pour le porter à 40 %, et après avoir atteint un minimum de 25 % en 2001 et même de 16 % à Paris, ce taux est progressivement remonté pour atteindre 37,7 % aujourd'hui.

Il est vrai que les moyens nouveaux ouverts par les lois d'orientation et de programmation sur la sécurité ont incontestablement permis d'améliorer ce taux, au même titre que l'accent mis sur l'investigation judiciaire, laquelle avait été sacrifiée, il faut s?en souvenir au nom de la théorie fumeuse du policier généraliste idéalisé au colloque de Villepinte.

Si au niveau national les résultats sont bons, ils sont encore bien meilleurs à Paris comme vient de le rappeler le Préfet.

Il faut rendre hommage et vous l?avez fait, Monsieur le Maire, au travail réalisé au quotidien par tous les fonctionnaires de la Préfecture et de la Brigade, même si certains arrondissements connaissent des situations particulièrement difficiles, comme le 19e arrondissement, mon collègue Jean-Jacques GIANNESINI a été le premier à le dénoncer, contrairement à vous, Monsieur le Maire, qui avez semblé le découvrir dans une réunion récemment.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Bien sûr que non.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - On ne sait toujours pas l?action que vous envisagez pour appuyer les actions de la police.

M. LE MAIRE DE PARIS. - J'y suis allé dans les jours qui suivent, mais sans caméra.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Vous me le direz.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Au fur et à mesure, lorsque vous vous trompez, je vous le dis. Pas à chaque fois tout de même.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Merci de m?avoir interrompu, je pense que cela me sera décompté.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Oui.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Il faut reconnaître qu?en moyenne, sur une année, et je pense que vous le reconnaîtrez aussi, les violences crapuleuses ont chuté de 10 %, résultat sans précédent, seules les violences gratuites continuent d'augmenter, elles relèvent d'ailleurs, chacun le reconnaît, davantage de la détérioration du lien social et familial, en lien avec l'alcoolisme et la consommation de stupéfiants, que d'une problématique strictement policière.

C?est donc, me semble-t-il, davantage l'affaire des services sociaux et des structures d'aide aux victimes et de prévention.

Cette réalité m'avait néanmoins conduit à déposer un v?u, accélérant le plan d'affectation de psychologues dans les commissariats parisiens, je me réjouis que ceci arrive.

Si l?insécurité a reculé dans la Capitale, c?est évidemment parce que l?efficacité de la police n'a cessé de croître depuis que Nicolas SARKOZY, alors Ministre de l'Intérieur, a insufflé une vraie culture du résultat dans tous les services et a attribué de nouveaux moyens à la Préfecture de police.

C'est sous son impulsion que l'organisation des services de police s'est adaptée, permettant à Paris une présence policière renforcée le soir et la nuit, un appui des unités de maintien d'ordre au service de la sécurité publique, une gestion par objectif, une baisse sans précédent de 42 % de la délinquance sur les réseaux ferrés depuis la création du Service régional de la police des transports, renforcé récemment par une centaine de gardiens, je dis cela pour rassurer M. ALAYRAC, une meilleure protection des sites sensibles avec moins de gardes statiques, un développement massif de la police technique et scientifique et de la police d'investigation et une lutte plus efficace contre l'économie souterraine des cités, le travail clandestin et les formes violentes de délinquance, avec notamment les B.A.C. et le G.I.R.

Dans le domaine judiciaire, qui compte également, alors que la loi Guigou du 15 juin 2000, souvenons-nous en, avait conduit à la paralysie de l'action policière, il a fallu toute la détermination de Rachida DATI, Garde des Sceaux, pour donner aux policiers et magistrats des instruments juridiques efficaces contre l'insécurité.

L'adoption des lois instaurant les peines plancher et créant la rétention de sûreté permet de mieux combattre la criminalité et de réduire la récidive. En dépit de l'hostilité des tenants de la culture de l'excuse, les peines plancher plus lourdes pour les récidivistes et notamment, d'après le décompte qui vient d'être fait, en matière de violences conjugales et de délinquance de proximité, s'imposent peu à peu dans les tribunaux, même si c'est moins le cas à Paris qu'ailleurs.

Cette recherche permanente de l'efficacité a conduit le Président de la République à lancer, c?est sans précédent, un plan national de vidéo protection qui verra le triplement du nombre de caméras d'ici fin 2009.

C?est dans le même esprit qu?en réponse aux violences survenues l'an dernier à la Gare du Nord j'avais proposé que tous les services de police et de gendarmerie de ce que l?on pourrait appeler le Grand Paris relèvent d'un commandement unique, celui du Préfet de police, car le pouvoir de coordination dont il dispose actuellement est, selon moi, insuffisant.

On le constate avec les regroupements le soir et le week-end, sur de nombreux sites parisiens comme les Halles dont me parle souvent mon collègue Jean-François LEGARET ou les Champs-Élysées, chez M. François LEBEL. Et chez Brigitte KUSTER !

En dehors même du constat selon lequel bien plus de la moitié des délinquants interpellés à Paris n'y habitent pas, je préconise effectivement une police du Grand Paris intégrant les services de police à l'échelle des plaques urbaines, permettant de surmonter les limites administratives qui les freinent.

Sa création, bien sûr, devra être accompagnée d'une révision de la réforme de la Préfecture de police de 1999 qui deviendra de ce fait inadaptée. Elle l'est déjà un peu d'ailleurs.

Je pense qu?il faudra regrouper des directions pour une meilleure coordination et diminuer le nombre des états-majors. Les secteurs de D.P.U.P. auront-ils encore un sens ? La division des services judiciaires entre D.P.U.P. et P.J. ne perdra-t-elle pas de sa pertinence ? La gestion de l'ordre public ne devra-t-elle pas être attachée à la police urbaine de proximité, surtout avec la création des nouvelles compagnies départementales de sécurisation ?

Quant à la circulation pour laquelle le Préfet de police vient de se voir attribuer une compétence régionale avec l'affectation de personnels supplémentaires, supprimés sous la Gauche, la circulation doit vraiment constituer une priorité, pour la Préfecture de police, sur l?ensemble de la zone du Grand Paris, notamment d'ailleurs pour compenser les effets négatifs et ces énormes embouteillages consécutifs aux mesures prises par la Mairie de Paris.

Au passage, d'ailleurs, il est indispensable, je crois que c'est le constat que font plusieurs de mes collègues, de réviser la convention Ville - Préfecture de police de 2004 qui a diversifié à l'excès les missions des A.S.P. pour les recentrer sur leur c?ur de métier : la verbalisation des infractions au stationnement et la petite circulation de quartier où ils sont aidés encore davantage par les agents vacataires de la Mairie.

Je qualifierais d?hypocrite budgétairement et même d'incompétente la proposition des Verts de récupérer sept millions d?euros sur un budget qui n'est déjà pas très important, sous prétexte qu'il manquerait 300 A.S.P., alors que c?est la Ville elle-même qui a demandé un gel d?effectifs.

Modulons plutôt les amendes, si nous sommes d'accord sur le sujet, en fonction de la durée de stationnement, par exemple comme à Metz, et aidons au recrutement des A.S.P.

Si les services de L'Etat s'adaptent sans cesse dans leur structure comme dans leur méthode, il n?en va malheureusement pas de même pour la Ville de Paris qui persiste dans son désintérêt pour la sécurité des Parisiens. Finalement, vous passez de la politique des faux espoirs à la politique des faux-semblants.

Je rappelais ici l?an dernier, Monsieur le Maire, que non seulement vous n?aviez pas tenu au cours de la précédente mandature vos engagements, bien peu nombreux d?ailleurs, en matière de sécurité mais que vous aviez multiplié les occasions manquées qui auraient permis à la Ville d'accompagner utilement l'action volontariste de l'Etat.

Force est de constater que c'est l'immobilisme qui caractérise encore une fois votre politique, puisqu?au delà du changement de mandature, rien ne change.

Il suffit de lire les rares lignes et surtout les rares crédits consacrés à la sécurité dans le budget de la Ville, quelques dizaines de millions d?euros, en dehors du budget de la Préfecture de police, sur huit milliards d?euros.

On aurait pourtant pu l?espérer, votre récente et apparente conversion à la vidéo protection avait pu susciter de l'espoir. La déception est bien vite au bout du chemin.

Aujourd'hui, plus personne ne peut en douter, la sécurité n'est vraiment pas votre priorité. S'il y a bien une différence, assumons-la, entre la Droite et la Gauche, elle se manifeste avec éclat dans ce domaine.

Je prends deux exemples : la vidéo protection et la lutte contre la toxicomanie.

Depuis 2005, vous vous en souvenez, je n?ai cessé de vous demander de cofinancer un plan d'équipement de la Capitale avec l'Etat, en vain.

Puis, les élections approchant et près de 80 % des Parisiens se déclarant favorables à la vidéo protection, vous avez fait mine de vous convertir. Que va faire la Ville ? Elle va très modestement se contenter de participer au financement peut-être de menus travaux de voirie pour 10 ou 20 % des caméras, dont les images seront exploitées par les services municipaux pour réguler la circulation.

Ce n'est pas de la sécurité dont il s'agit, et encore, rien n'est inscrit au budget primitif.

Si des caméras sont implantées sur la voie publique dans chaque arrondissement, c'est à Nicolas SARKOZY que nous le devons et vous n'avez rien fait pour l?y aider.

Le plan "1.000 caméras à Paris" n?est pourtant qu'une première étape, c?est en tout cas ce que je souhaite et le Ministre de l'Intérieur l'a confirmé à l'Assemblée nationale en me répondant qu'"il était logique qu'un nouveau plan soit en attente", je reprends ses propos.

Considérant les menaces spécifiques auxquelles est soumise la Capitale, il faut très vite aller au au-delà en préparant dès à présent, et c'est là proposition que je fais, une seconde tranche de 1.000 caméras, sans aller bien sûr jusqu'à la situation londonienne avec son million de caméras, mais l'extension de la vidéo protection...

(Protestations sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

Entre 1.000 et un million il y a une petite nuance. Ne caricaturez pas, je ne vous ai pas interrompus, ne vociférez pas comme Mme DUBARRY craignait que je le fasse à son égard.

On voit que vous êtes hostiles à la vidéoprotection, c?est clair.

L?extension de la vidéoprotection permettra d?optimiser les effectifs de voie publique, même si sa mise en ?uvre ne saurait être assortie d?une diminution des policiers affectés à la Préfecture de police.

Là où vous pouvez démontrer que votre conversion est sincère, Monsieur le Maire, c'est simplement en incitant financièrement les bailleurs sociaux à équiper les immeubles sensibles et en implantant des caméras dans les équipements publics municipaux - c'est de votre compétence - où le besoin s'en fait sentir : stades, écoles, jardins, tous lieux d'ailleurs où s'échangent des produits stupéfiants.

D'ailleurs, comment avez-vous accompagné l'action du Préfet de Police qui, dès son installation, a fixé à juste titre comme première priorité la lutte contre le trafic de drogue à tous les niveaux en annonçant une trentaine d'objectifs prioritaires ? Notre collègue Marie-Laure HAREL reviendra sur ce sujet, tout à fait prioritaire à nos yeux, alors même que vos actions de prévention s'essoufflent, qu'aucun moyen nouveau d'importance n'y est consacré. Je regrette d'ailleurs que l'on arrive à la dissolution, et je voudrais bien m'en entretenir avec Mme EL KHOMRI qui n'est pas là malheureusement, des deux seules associations de prévention du 15e arrondissement, "TVAS 15" et "J.C.L.T." qui sont en train de disparaître sur votre décision.

Allez-vous traiter tous les jeunes Parisiens sur un pied d'égalité et engager enfin une vaste politique de prévention et notamment de la toxicomanie à l'échelle de toute la ville ? Car en dehors de la création de deux équipes de correspondants de nuit, utiles bien sûr mais marginales, toujours pas de recrutement supplémentaire d'inspecteur de sécurité, ni d'agents pour le G.P.I.S., comme nous vous le proposons dans deux amendements, par redéploiement d'effectif, je tiens à le souligner.

Dans la même logique, et alors qu'elle n'a toujours pas mis en place un certain nombre de structures qu'elle avait pourtant promis, la Ville refuse d'exploiter les possibilités de la loi sur la prévention de la délinquance, qui autorise désormais les collectivités locales à sécuriser les logements sociaux et pour ce faire, de recruter une centaine d'inspecteurs.

D'ailleurs, vous n'avez pas recruté un inspecteur de plus, depuis que j'en avais doublé les effectifs avec Jean TIBERI avant 2001, alors que vous avez recruté dans le même temps plus de 8.000 fonctionnaires. Il vous faudrait même être un peu imaginatifs et en répondant à un diagnostic partagé par tous, regrouper - voilà une proposition que je vous fais - l'ensemble des agents municipaux chargés de la sécurité en un corps unique, et je le dis à M. SARRE, et les déployer plus efficacement par une sectorisation, leur permettant de résoudre les faits de nature infra pénale actuellement non traités.

Sortez enfin de votre frilosité, Monsieur le Maire, en matière de sécurité, et soyez audacieux pour cette mandature, là où votre politique n'a aujourd'hui aucune visibilité.

Enfin, en ce début de législature, il serait justifié de renouer avec une action municipale forte pour l'amélioration des conditions de vie des policiers dans la Capitale, qui existait avant 2001, en particulier dans le domaine du logement - logement que vous avez érigé par ailleurs en priorité municipale - car sur les 40.000 logements que vous promettez aux Parisiens, combien pour les fonctionnaires de police ?

Le contrat parisien de sécurité de 2000 prévoyait de les reloger en priorité ; c'était une bonne disposition. Dix mille logements d'ailleurs ont été construits à  l'époque en commun par l'Etat et la Ville, mais c'était avant 2001. Pas un logement attribué à la Préfecture de police depuis lors, et je regrette que Mme HIDALGO ait refusé en 8e Commission notre amendement faisant bénéficier les policiers d'une priorité d'attribution ; c'est pourtant un bon moyen de les fidéliser et nous savons que c'est un problème de la Préfecture de police.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe. - Vous racontez n'importe quoi !

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Ainsi, vous refusez tout bonnement de jouer votre rôle en matière de sécurité à Paris, en vous reposant entièrement sur l'Etat, que vous feignez en même temps d'ignorer, et avec lequel vous ne pratiquez aucune synergie pourtant génératrice dans une ville comme Paris de progrès qui seraient spectaculaires.

Non seulement vous n'aidez pas l'Etat à sécuriser les Parisiens, mais encore dans votre propre domaine de compétences, vous ne fixez pas de priorités, vous n'affichez aucune idée ni aucun projet nouveau, oscillant entre le suivisme et les actions retardatrices. C'est un simple constat.

Quant à votre engagement budgétaire, je l'ai dit, hors sapeurs-pompiers, c'est une régression sans équivalent pour le financement des services de la Préfecture de police. Ce n'est pas vraiment ce qu'attendent les Parisiens, dont l'intérêt dans ce domaine, comme dans d'autres, serait que la politique engagée dans le pays s'applique aussi à leur Ville.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Bon, si je ne vous connaissais pas depuis très longtemps, y compris si je n'avais pas le souvenir des budgets de la Préfecture de police qu'au nom de la Municipalité vous nous présentiez, disons que je vous répondrais, mais là, c'est tellement caricatural que ce n'est pas la peine.

Quand M. GOUJON était adjoint à la sécurité, les budgets n'étaient pas du tout de la même qualité ; il n'y avait pas de logement pour les policiers, enfin bref ! Dans tout cela, il nous fait un film !

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Ne vous engagez pas dans ce débat car ce n'est pas quelque chose que vous maîtrisez parfaitement !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Mais écoutez, ce débat? la vie nous le fait mener depuis quinze ou vingt ans !

Allez, Madame WIEVIORKA, vous avez la parole.

Mme Sylvie WIEVIORKA. - Merci, Monsieur le Maire.

Je suis moins expérimentée que les précédents protagonistes dans ce débat, mais j'ai le sentiment que l'on a entendu un certain nombre de conseillers qui jugeaient que nous en faisions trop en matière de sécurité et nous avons entendu longuement également M. GOUJON, qui juge que nous n'en ferons à l'évidence jamais assez !

Pour ma part, j'ai le sentiment que le budget qu'il nous est proposé de voter, s'inscrit dans la continuité d'une volonté affichée, résolue de la Municipalité de coproduire - je n'ai pas bien compris Mme BERTRAND qui disait que ce terme ne se disait plus ; moi, c'est un terme que j'aime bien - de la manière la plus déterminée et efficace possible la sécurité des Parisiennes et des Parisiens à laquelle nous sommes tous attachés.

La coproduction d'une sécurité toujours améliorée requiert que chacun des partenaires concernés, la Ville d'une part, la Préfecture de police de l'autre, assume pleinement ses responsabilités.

J'avais le chiffre de 2.216 agents de surveillance de Paris (A.S.P.), M. le Préfet nous a parlé de 1.867 et peut-être de 2.000 je vois donc que les chiffres ne sont pas évidents à connaître -, et ces agents sont rémunérés par la Ville et mis à disposition de la Préfecture de police. Initialement dédiées à la surveillance du stationnement payant, leurs missions ont été élargies dans le domaine de la circulation, mais aussi à la lutte contre les nuisances, les atteintes à l'environnement et la tranquillité publique.

Dans de nombreux arrondissements, la présence des A.S.P. sur le terrain est jugée insuffisante. Et la Préfecture de police reconnaît bien volontiers que plusieurs centaines de postes, 200, 300 ou peut-être plus, ne sont pas pourvus. Tout doit être évidemment mis en ?uvre pour pourvoir ces postes dans les meilleurs délais ; j'ai sous les yeux une annonce parue ce jour dans "20 minutes", il y en a sans doute d'autres, pour ce recrutement.

Je pense également qu'il serait souhaitable que les élus d'arrondissement aient une vision claire des effectifs et des missions qu'effectuent les A.S.P. sur leurs territoires. Les commissaires principaux des arrondissements, qui ont les A.S.P. sous leur responsabilité directe, ne pourraient-ils pas être incités à plus de transparence à ce sujet ?

Les propos tenus aujourd'hui même par le Préfet vont dans ce sens. Je pense que les élus que nous sommes pourraient ainsi participer activement, non seulement en votant le budget des A.S.P., mais aussi en échangeant avec les responsables au niveau local, donc participer à une meilleure prise en compte des problèmes de sécurité dans nos arrondissements.

Coproduction de sécurité, disais-je. Le Maire de Paris a, quoi qu'en dise M. GOUJON, exprimé clairement son soutien au programme de mise en place de 1.000 caméras de vidéosurveillance sur le territoire de la capitale. Ce dispositif est en cours d'élaboration et les maires d'arrondissement ont ou vont commencer la concertation pour préciser les implantations de ces caméras.

La charte d'éthique, qui vient accompagner ce dispositif, est bienvenue, afin de garantir le strict respect des libertés individuelles. Dans cet état d'esprit, je souhaite rappeler notre opposition à ce que les caméras soient implantées dans des lieux fréquentés par des enfants et des mineurs, telle que les sorties d'école, de collège ou de lycée.

Si, dans ces lieux, la surveillance doit être renforcée, la solution doit être une présence humaine accrue et non des caméras. De même, nous ne souhaitons pas que des caméras soient installées autour des centres de soins pour toxicomanes car elles risquent de dissuader les usagers de ces centres de venir s'y soigner.

Nous nous opposerons systématiquement à l'implantation de caméras de vidéoprotection pour surveiller les halls d'immeuble. La loi du 23 janvier 2006 précise d'ailleurs que les opérations de vidéosurveillance de la voie publique doivent être réalisées de telle sorte qu'elles ne visualisent pas les images de l'intérieur des immeubles d'habitation ni de façon spécifique celles de leurs entrées.

Ce point pourrait utilement s'intégrer à la charte d'éthique de la vidéoprotection à Paris. Là encore, si des problèmes d'insécurité se posent, c'est aux bailleurs ou aux copropriétés de prendre les mesures qui conviennent.

Enfin, et pour que chacun mesure l'engagement de la Municipalité pour l'amélioration de la sécurité et de la convivialité dans la capitale, le Maire de Paris a rappelé que la Ville finance à ce jour, en plus du budget de la Préfecture de police, cent correspondants de nuit chargés de 16 heures à minuit de médiation et d'accompagnement là où la vie en commun est difficile.

Vingt-huit postes supplémentaires sont proposés au budget 2009. Ces correspondants de nuit agissent de manière préventive aux côtés des autres dispositifs plus classiques, tels que les clubs et équipes de prévention, ils participent ainsi à cette coproduction de la sécurité publique qui est notre volonté et notre engagement envers les Parisiens.

Nous sommes, Monsieur le Préfet, des partenaires convaincus mais exigeants. Nous voulons que Paris soit une ville sûre, une ville tranquille mais aussi une ville où chaque citoyen puisse être assuré que sa liberté sera pleinement protégée. Vous pourrez compter sur les élus du groupe socialiste, radical de gauche et apparentés pour défendre avec la même ardeur, et sans les opposer, les exigences de la sécurité et celles de la liberté.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

Madame HAREL, vous avez la parole.

Mme Marie-Laure HAREL. - Monsieur le Maire, je pense ne rien vous apprendre en vous disant que la drogue est aujourd'hui un véritable fléau et spécialement à Paris. Les consommateurs sont de plus en plus jeunes, les drogues de plus en plus dures et les vendeurs de plus en plus nombreux. On désigne même Paris dans la presse comme la plaque tournante de tous les trafics en France.

La santé publique, c'est peut-être l'affaire de l'Etat mais, quand des vies sont en danger, c?est à tous les niveaux qu'on doit se mobiliser.

En tant que jeune, vous comprendrez, j?en suis sûre, Monsieur le Maire, que ce sujet me tient tout particulièrement à c?ur.

Je voudrais vous alerter car il est urgent que la Ville prenne enfin ses responsabilités et s?implique pour de vrai.

De nombreux acteurs ont d'ores et déjà déclaré la guerre aux drogues et aux nuisances qu?elles entraînent. Je pense aux associations dont l?implication sur le terrain force le respect, surtout quand on connaît leur manque de moyens.

Barbès, par exemple,  est le quartier où l?on compte la plus forte densité d'associations de la Capitale et celles-ci se démènent pour que ce secteur puisse conserver sa dignité.

Il faut aussi saluer l?imagination et le dynamisme dont les particuliers font preuve pour préserver leur quartier. Je me souviens qu'il y a quelque temps, un habitant du 18e avait eu l'audace d'organiser un grand dîner convivial pour les riverains en pleine rue Myrha, la moins sûre des environs.

Il y a ensuite les préfectures. Je note que l'actuel Préfet de police de Paris venait à peine de prendre ses fonctions, lorsqu?il a décidé de lancer son grand plan antidrogue et de faire de ce thème l'une de ses priorités. Il a, lui, immédiatement pris conscience de la gravité de la situation.

La Préfecture de police a réussi à entreprendre dans ce cadre un travail admirable, en se fixant des objectifs bien ciblés et en concentrant son action sur les quartiers les plus affectés. Les chiffres cités par le Préfet de police de Paris sont on ne peut plus rassurants.

D'ailleurs, pour parler de l?efficacité de la police ces dernières années, les chiffres sont les meilleurs témoins. Entre 2001 et 2008, le nombre de trafics démantelés et le nombre de procédures judiciaires à l?encontre des trafiquants à Paris ont chacun augmenté de 40 %. Et la police ne se cantonne pas qu?à une action répressive, puisque plus de 150 actions de formation et de prévention ont été réalisées par la Brigade des stupéfiants et la police judiciaire parisienne, afin de sensibiliser les lycéens et les étudiants.

La Préfecture de Paris n'est pas non plus en reste. Son programme d'actions et de prévention contre les addictions "PREVADDICT" qui s'adresse aux écoliers, ou la création il y a deux ans d?un centre de soins spécialisé pour toxicomanes sont des initiatives importantes, parmi encore beaucoup d'autres.

Enfin, soulignons l?engagement de l'Etat. La volonté du Président de la République n'est pas seulement de freiner la hausse des consommations mais bien de les faire reculer de manière significative. Le plan gouvernemental mis sur pied pour 2008-2011 s'articule d'ailleurs autour de deux grands axes : la prévention et le traitement des toxicomanes.

La politique de prévention comporte, par exemple, des campagnes d'information sur les conséquences sanitaires et juridiques des consommations ou des actions de prévention en milieu scolaire et étudiants.

L'autre volet de ce plan s'attache aux soins et prévoit, entre autres, le renforcement des capacités d?hébergement des personnes dépendantes, des formations mieux adaptées pour les professionnels de santé et pour les parents, ou encore une aide à la réinsertion.

Mais ce plan gouvernemental cherche aussi à s?adapter à de nouveaux phénomènes encore assez méconnus, comme le crack, que l?on ne trouve d?ailleurs quasiment qu?à Paris. Des études ont été lancées pour analyser ces nouveaux enjeux encore sous-estimés et pour mieux y répondre, notamment en réfléchissant à de meilleurs outils diagnostics et thérapeutiques.

La Ville de Paris est donc la grande absente de la lutte contre la drogue. Vous l?avez encore prouvé, puisque vous ne l'avez même pas mentionnée dans votre allocution. Qu?attendons de la Ville de Paris ? Des objectifs, du budget, de l'impulsion, mais surtout une vraie politique en la matière, un plan d'envergure, structuré et solide parce qu'il est temps que la lutte contre la drogue figure enfin parmi ses priorités.

Vous avez demandé à la Préfecture de police plus d'informations. Eh bien, je sollicite de votre part la même chose : plus de visibilité.

On ne sait pas bien ce que fait le Ville dans ce domaine, quels moyens financiers ou humains elle y consacre ou quels résultats elle obtient par son action.

Il faut, en tout cas, sans aucun doute, plus de moyens financiers. Votre adjoint chargé des finances a parlé d?une somme de 100.000 euros. Quand et comment sera-t-elle utilisée ? Mieux vaut ne pas trop poser de questions et on sait, en tout cas, déjà, qu'elle est insuffisante.

L'implication de la Mairie, qui prend rarement d'autres formes que l?octroi de subventions aux associations, est très difficilement chiffrable. Quel est le montant de l?enveloppe qu'elle leur accorde ? Ces sommes sont-elles suffisantes ? Il est impossible de le savoir, puisqu?on mélange tout dans des grands tiroirs qui portent des intitulés vagues, tels que "solidarités" ou "actions préventives".

Ce qu'il est possible de constater, en tout cas, c'est que la Ville de Paris semble ne pas être assez généreuse, car les associations les plus actives finissent presque toujours par être victimes de leur propre succès. Elles disent elles-mêmes crouler littéralement sous les sollicitations.

Il faudrait également plus d'informations sur les objectifs et les actions que la Ville de Paris tente d'entreprendre pour lutter contre la drogue. Cela permettrait, par exemple, de mieux réfléchir tous ensemble à leur optimisation. Si on prend la "mission toxicomanies" de la Ville de Paris, lorsqu'on cherche sur le site Internet de la Mairie, on ne trouve quasiment rien d'autre que le communiqué de presse qui annonçait sa création il y a quelques années. Qu'a-t-elle fait depuis ? Qui y travaille ? Existe-t-elle même toujours ? Il est fort regrettable de ne rien savoir de son activité.

Mais ce que je vous demande aussi, Monsieur le Maire, c'est plus d?efficacité. Subventionner des associations, rédiger des chartes ou contribuer à la réinsertion, c'est un début et juste un début !

Malheureusement, la Ville ne se cantonne qu?à la prévention et l?aborde avec encore trop peu d?ambition, comme l?a souligné lui-même le Préfet de police de Paris. On voudrait pourtant voir Paris sur d?autres fronts. Notre Ville ne participe pas ou à peine à la recherche. Elle ne produit pas d?aide immédiate et adaptée aux Parisiens qui sont aujourd'hui exclus et souffrent à cause de la drogue, qu'il s'agisse de les accompagner ou de les héberger. Quelles grandes idées d'avenir ? Quelle politique prévoit la Ville de Paris pour s?adapter aux mutations de ce phénomène ?

Il n'y a visiblement pas grand-chose à l'horizon.

Votre bilan est tout de même un petit peu triste et en tout cas invisible.

Mais il ne faut toutefois pas perdre espoir, car certains de vos projets promettent d'être concluants. Contrairement à ce que pense Mme DUBARRY, la vidéosurveillance sera très certainement un premier pas pour dissuader les trafiquants.

Monsieur le Maire, lutter contre la drogue, c?est un travail solidaire. Il n'y a pas de considérations partisanes pour un sujet aussi grave. Sans la Municipalité, rien ne peut avancer, car personne d'autre qu'elle ne connaît mieux la spécificité de nos quartiers.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. Mao PENINOU.

M. Mao PENINOU. - Monsieur le Maire, Monsieur le Préfet.

La participation de la Ville et du Département de Paris au fonctionnement de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris pour 2009 s?élèvera à 79,243 millions d'euros, ce qui représente une hausse de 1,70 million. Elle restera ainsi la première contributrice à ce budget devant l'Etat.

Ce budget comprend notamment la continuité du renforcement du dispositif de lutte contre les risques nucléaires, radio-biologiques, bactériologiques et chimiques et un certain nombre de mesures en faveur du personnel. Il comprend aussi la réfection de Port Royal, la restructuration de Montmartre, les ravalements de Champerret et de Bitch et j?insisterai surtout sur la mise en sécurité et la modernisation de Masséna, gigantesque chantier de 45 millions d'euros commencé en juillet dernier.

Ainsi, le budget 2009, ce sont 121 565 mètres carrés qui seront en chantier contre 104.000 en 2008.

Ce service, indispensable aux Parisiens, nous coûte par ailleurs peu cher, puisque son coût de fonctionnement par habitant s'élève à 44 euros contre 74 euros dans les grandes villes.

Le premier plan de modernisation, qui avait été adopté en 2002, vient de s'achever sur un résultat positif, notamment en ce qui concerne le logement du personnel, où l'ensemble des objectifs ont été atteints, et la réduction du temps de travail de près de 15 %, ce qui a conduit à une baisse de 50 % des départs précoces et à une augmentation de 16 points du taux de renouvellement des contrats.

Le bilan est plus mitigé sur le plan matériel, véritablement plombé aujourd'hui par la hausse très forte des coûts du matériel, liée à la fois à l?inflation des normes et au manque de concurrence parmi les fournisseurs. La préparation d'un nouveau plan semble donc indispensable.

Mais je souhaiterais profiter de ce débat budgétaire pour vous parler de ce qu?on a pris l'habitude d'appeler la "crise des secours".

Cette crise des secours, mes chers collègues, se résume en quelques chiffres frappants.

On est passé de 47.000 missions de secours par an en 1985 à 280.000 en 2003.

Puis une nouvelle hausse de plus de 10 % ces trois dernières années. Les conséquences sont qu?en 2007, 41 % des centres de secours étaient en surchauffe, c'est-à-dire plus en capacité de répondre à une éventuelle urgence.

Laisser s'installer cette crise conduirait à compromettre sérieusement les capacités d'intervention de la B.S.P.P. en cas d'urgence et donc la sécurité des Parisiens. C?est le sens de la campagne lancée par la Ville et la Préfecture pour responsabiliser les citoyens, les appeler au civisme concernant les numéros de secours. En effet, un certain nombre d'interventions relèvent purement et simplement de l'abus. Cet appel au civisme nécessaire a rencontré un certain écho, amenant une légère baisse des interventions d'environ 5 % en fin d'année 2008. Il faut continuer dans cette direction mais cela restera insuffisant.

De son côté, la B.S.P.P. a mis en place de nouveaux protocoles de tri des appels, mais l?ensemble de ces éléments ne suffiront pas si l?on ne s?attaque pas aux causes de fond de la crise des secours.

En effet, celles-ci s'apparentent fortement à celle que rencontrent les urgences hospitalières. Elles sont victimes à la fois de la disparition progressive de la médecine de proximité et de son renchérissement, et de la crise sociale réduisant les ressources de nos concitoyens.

Les secours, qu'il s'agisse de la B.S.P.P. ou de police secours, sont les seuls à se déplacer gratuitement à domicile et nombre d?entre nous préfèrent les appeler que de payer cher S.O.S. Médecin.

De ce point de vue, il me semble indispensable de réfléchir et de mettre en place rapidement un plan de remaillage du territoire parisien, par une médecine de proximité, affiliée au secteur 1 et se déplaçant au domicile des patients.

Le service est aussi débordé par le creusement de la crise sociale, notamment les interventions concernant les habitants de la rue, aussi appelés S.D.F., en forte croissance : 11.564 à Paris en 2007 et avec une part sans doute trop faible des opérateurs spécialisés.

De ce point de vue, le plan présenté par Olga TROSTIANSKY, visant à renforcer à la fois l'hébergement et les maraudes, est extrêmement important.

Mais là aussi, il nous faudra sans doute réfléchir plus avant sur un meilleur fonctionnement et répartition du 112.

Voici donc, mes chers collègues, les défis importants auxquels est confrontée la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris. Ces défis nécessitent des choix qui ne sont pas neutres sur la société que nous préparons. Les services de secours, tout comme les services d'urgence, avant d?être la réponse à l'exceptionnel, sont pour la majorité d'entre nous le quotidien, et trop souvent le seul quotidien possible pour les plus démunis.

La solution avancée par certains consistant à réduire la demande par la pénalisation financière des "abus" est la préparation d'une entrée dans les urgences et les secours à deux vitesses : c'est inacceptable.

Il faut aujourd'hui reconstruire des services publics de santé et de secours gratuits et accessibles à tous, et non sanctionner financièrement ce qui est souvent la manifestation de la détresse sociale et de l'exclusion.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci à tous les orateurs. Je donne la parole à Georges SARRE pour répondre, puis au Préfet de police.

M. Georges SARRE, adjoint, rapporteur. - Monsieur le Maire, Monsieur le Préfet de police, chers collègues, Bertrand DELANOË a rappelé son choix politique fait, dès 2001, d'un partenariat constructif avec la Préfecture de police pour faire passer l'intérêt général des Parisiennes et des Parisiens, leur tranquillité et leur sécurité avant les tentations de conflits institutionnels et partisans.

J'ai entendu dire à droite que nous ne participions pas assez largement au budget spécial de la Préfecture de police. M. GOUJON est un connaisseur de ce dossier, mais ses propos ne parviendront pas à faire croire à quiconque que les 270 millions d'euros consentis par notre majorité en 2009 sont moins satisfaisants que les 184 millions d'euros consentis par la Municipalité d'alors à la veille de l'alternance de 2001. On aura beau dire et beau faire : 270 millions d'euros, Monsieur GOUJON, c'est presque une augmentation de moitié par rapport à 184 millions d'euros. Je vous le dis cordialement, Monsieur GOUJON, n'ayez pas une approche aussi politicienne de la sécurité. Je vous rappellerai cette formule historique : ce qui est excessif est insignifiant.

En vérité, chers collègues, avec le budget 2009, nous ne donnons ni trop, ni pas assez, et je serais tenté de vous dire que la vraie question est ailleurs. Quels sont nos objectifs de sécurité et de tranquillité publique ? Quels sont les moyens de nos politiques partenariales ? Quels sont les résultats de ces politiques ? Je voudrais remercier notamment Gilles ALAYRAC, Sylvie WIEVIORKA, Mao PENINOU, Hélène BIDARD et Karen TAÏEB d'avoir abordé le débat sous cet angle. Je remercie également tous ceux qui sont intervenus, même si nous avons des désaccords.

Le Maire de Paris l?a rappelé : quand on contribue au projet de caserne Masséna, au centre de secours d'Ivry-sur-Seine, au centre de formation et de soutien de Limeil-Brévannes, au recrutement de pompiers pour le plan sur les risques nucléaires, radiologiques et chimiques, on sert l'intérêt des Parisiennes et des Parisiens et, chers collègues, cela est vraiment l'enjeu.

Il en va de même des dépenses générales de la Préfecture de police, car il faut bien que la maison tourne, qu?elle marche.

Bertrand DELANOË l?a dit avec un temps d'avance sur les questions posées, et je le répète : ce partenariat est loyal mais il est exigeant.

Revenons sur les A.S.P.

Ce sont des personnels dévoués dont le niveau de rémunération n'est pas très élevé, et qui pourtant travaillent, le plus souvent dehors, même sous la pluie ou quand il fait froid et je voudrais avant d'aller plus loin leur rendre hommage.

Pour avoir reçu depuis mars 2000 leur syndicat à plusieurs reprises, je sais qu'ils ont le sentiment de manquer de reconnaissance et je voudrais leur dire ici la reconnaissance des élus de Paris. Les indicateurs de résultats que nous aurons bientôt permettront, je le crois, de valoriser leur travail.

Comme Mme WIEVIORKA, je souhaite évidemment que l'ensemble des effectifs budgétés soit pourvu en ne perdant pas de vue que sur les 2.284 postes budgétés, 246 postes ont été gelés pour améliorer le régime indemnitaire des A.S.P. et 150 ont été redéployés vers d'autres emplois d'agents d'administration parisienne. Mais nous serons attentifs au résultat du concours de janvier, et notre attention ne s'arrêtera pas en janvier. Au-delà du nombre global, nous devrons en outre savoir combien d'A.S.P. sont affectés dans chaque arrondissement, à quelles tâches et avec quels résultats en termes de statistiques de contraventions au stationnement comme aux incivilités.

Et puisque je parle des incivilités, je voudrais insister sur la montée des attentes et des demandes relatives à la dissuasion, à la verbalisation des nuisances sonores, notamment avec la récente interdiction de fumer dans les lieux publics, qui engendre une fréquentation nocturne et festive nouvelle des trottoirs.

Il nous faut réfléchir, avec la Préfecture de police, à l'utilisation optimale des personnels de ce corps qui, il faut bien le dire, a connu réforme sur réforme depuis sa création et a quelque peu pâti des usages parfois contradictoires que l'on a voulu en faire.

Nous allons donc devoir penser sur la durée, non seulement la gestion des effectifs mais aussi les missions et la modernisation des outils de travail des A.S.P.

Nous devrons mener cette réflexion dans le cadre plus global d'une analyse des besoins et des moyens d'assurer la tranquillité, la civilité, la mobilité dans l'espace public et notamment sur la voie publique. C'est le rôle de la Préfecture de police, c'est aussi celui de la Ville, et il faut penser la bonne complémentarité de nos institutions.

Le Préfet de police et son cabinet me semblent tout à fait ouverts à cette démarche, soucieux comme nous de l'intérêt des Parisiennes et des Parisiens.

C'est avec cet esprit constructif que les services de la Préfecture de police ont accepté d'améliorer la lisibilité du budget spécial dès l'année prochaine, grâce à une présentation, Monsieur le Maire, vous l'avez dit, en mode LOLF.

Le débat budgétaire de l'an prochain renforcera l'approche que j'ai voulu privilégier dans ma réponse d'aujourd'hui : juger des moyens à l'aune des objectifs plutôt que de se borner au raisonnement quantitatif.

Ce premier budget spécial de la Préfecture de police du mandat récemment commencé nous donne les moyens de continuer l'action, et il ne se fait pas au détriment des moyens de la Direction de la Protection et de la Prévention de la Ville, qui bénéficient en fonctionnement et en personnel du moins, d'arbitrages très corrects du Maire de Paris, ce dont je le remercie ici.

Je voudrais d'ailleurs rendre hommage au travail des agents de la D.P.P., tant de la Sous direction protection que de la Sous direction prévention et à leur directeur. Ces agents sont essentiels à la tranquillité publique et à la qualité de l'espace public, tant grâce aux actions verbalisatrices et de surveillance des uns qu?aux missions de médiation des autres.

Tous ensemble, Ville de Paris, Préfecture de police et aussi justice, éducation nationale, associations, nous réussirons et nous réussissons à améliorer la sécurité des Parisiennes et des Parisiens.

Je me réjouis d'ailleurs que ce partenariat soit relancé puisque nous avons enfin pu réunir le Conseil parisien de sécurité, de prévention de la délinquance, d'aide aux victimes, de lutte contre la drogue, les dérives sectaires et les violences faites aux femmes, et qu?un nouveau contrat parisien de sécurité sera signé en janvier, dont la première priorité sera la promotion de la citoyenneté.

Je voudrais dire que tous les dossiers comme celui de la toxicomanie sont traités là aussi au fond en liaison étroite avec la Préfecture de police et je voudrais conseiller à Mme HAREL de lire le Contrat de sécurité de Paris, les contrats d'arrondissement et le futur contrat en janvier.

Ils s'accompagnent aussi des échanges approfondis et des demandes attentives de la Ville qui permettront demain d'améliorer encore notre efficacité et celle de la Préfecture de police dans ses missions.

Un dernier mot sur le v?u que j'ai déposé au nom de l?Exécutif et sur celui du groupe communiste contre la fermeture le samedi matin de six antennes de police administrative.

Ces v?ux parlent d'eux-mêmes, je propose au groupe communiste de retirer le sien pour adopter celui de l'Exécutif amendé par la mention : "vu le v?u déposé par Ian BROSSAT et les élus du groupe communiste".

Nous allons regarder ce dossier de près avec la Préfecture de police pour prendre la décision la plus conforme à l'efficacité et à la qualité du service rendu aux Parisiens.

Pour conclure, nous contribuons avec la Préfecture de police à faire "une ville sure pour des citoyens libres".

Je suis convaincu que l'ambition de tous, affirmée en 1997 dans l'intitulé du colloque de Villepinte nous inspire et nous permettra de réussir.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur SARRE.

Je me permets de faire remarquer aux amis de la 1ère Commission qu'ils m'ont demandé d'annoncer leur réunion à 45. Je ne veux pas vous chasser, nous sommes ravis que vous soyez là.

M. Sylvain GAREL. - Il n'y aura plus personne.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Sans vous le monde est dépeuplé mais on va essayer de s'en remettre.

Merci Georges, je donne maintenant la parole au Préfet de police.

M. LE PRÉFET DE POLICE. - Merci, Monsieur le Maire.

Je m?efforcerai, ce qui est difficile, d'être le plus bref possible comme vous le souhaitez tous.

D'abord, je pense qu'ont été évoquées un certain nombre de questions de principe. Il n'y a pas beaucoup de débat sur les modalités de travail qui doivent être celles qui nous animent, bien que en termes de terminologie, Mme BERTRAND ait été inquiète que l'on ne parle plus de coproduction, peu importe l?expression : partenariat ou coproduction.

Il est depuis des années, mais j'espère que ce sera de plus en plus renforcé, de bonne méthode de travailler sur le plan technique notamment. Je comprends parfaitement qu'il y ait des débats politiques, bien que ces débats dans ce secteur pourraient aboutir à davantage de consensus.

Je crois que c'est le cas puisque, si j'ai bien compris, la plupart des groupes vont voter le budget spécial d?aide à la Préfecture de police.

C'est clair, le partenariat doit être renforcé. Il doit être renforcé également pour répondre à ce que vient de dire M. SARRE parce qu'il y a la partie répressive que nous assumons, chacun fait son métier.

On ne peut pas laisser les malfaiteurs circuler dans la Ville. Néanmoins, sur les problématiques nouvelles de la délinquance que nous avons évoquées et notamment ces affaires de violences et de violences non crapuleuses, c'est-à-dire la plupart du temps intrafamiliales, sur des problèmes qui sont ceux des bandes et des mineurs que j'ai qualifiés, de gens très jeunes qui ne sont pas toujours mineurs, je crois vraiment que la place d'un enfant de 12 ans ou de 14 ou 15 ans n'est pas forcément dans un commissariat.

C'est la raison pour laquelle je me réjouis que nous ayons à nouveau réuni le Contrat parisien de sécurité et que, comme vous l'avez souhaité, Monsieur le Maire, dans les premières semaines de janvier, on puisse compléter le travail et avoir ce contrat.

Ensuite, toujours dans les questions de principe, revient chaque année la proposition d'une police municipale.

Cela me dépasse, je ne suis pas un homme politique, je donne cependant mon avis technique par rapport aux problématiques parisiennes, je ne suis pas certain, au regard de la lutte contre la délinquance, qu'une police municipale serait très efficace.

Les choses se passent plutôt bien.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je suis d'accord.

M. LE PRÉFET DE POLICE. - Quand on regarde les chiffres que vous avez cités, vous êtes très bien informée, Madame BERTRAND, lorsque vous regardez la délinquance à Paris, seuls 47 % des gens interpellés à Paris sont Parisiens.

C'est pour cela d'ailleurs que même sur la notion de police de proximité, il faut aussi réfléchir à la question.

M. LEGARET est parti, je prends l'exemple le plus caricatural, ce n'est pas le cas partout. Dans le premier arrondissement, le nombre de personnes interpellées qui sont de Paris représentent 0,31 %.

Vous pouvez demander aux policiers du 1er arrondissement de connaître tous leurs interlocuteurs, ils ne risquent pas d'arrêter beaucoup de malfaiteurs.

Je caricature, je sais que dans les 18e, 19e et 20e arrondissements, plus de 50 % des personnes interpellées sont de l'arrondissement. Partout ailleurs, en revanche, ce n'est pas le cas.

Dans cette conception, chacun a ses opinions sur le plan politique. Sur le plan technique, je ne pense pas qu'une police municipale serait forcément une excellente chose.

Ensuite, vous avez évoqué, les uns et les autres, le ressort territorial de la Préfecture de police.

Vous l'avez évoqué au regard de la mise en compétence absolue, c'est évidemment intra muros mais ensuite on est dans une situation complètement incompréhensible pour le commun des mortels, puisque la P.J. est régionale, tout comme le renseignement, nous avons également le S.R.P.T.

Chacun reconnaît que le S.R.P.T. mis en place en 2003 par M. SARKOZY alors Ministre de l'Intérieur est un succès.

Je rassure M. ALAYRAC, la compétence du Préfet de police sur le S.R.P.T. est intégrale. Nous avons même apporté un élément supplémentaire au cours de l'année, ce sont les interpellations dans les gares et pas seulement sur les lignes.

L'idée de plaque urbaine a beaucoup avancé.

M. GOUJON y a fait référence et j'en avais moi-même parlé, il y a également tout ce que l'on peut faire en matière de circulation. Il est bien évident que tout ce que l'on peut faire en matière de circulation et donc de sécurité routière doit être fait, comme certains d'entre vous l'ont souhaité, au niveau de la Région.

Je ne cache pas que, pour un certain nombre de problématiques auxquelles nous devons faire face, je pense aux bandes, je pense aux vols à main armée, je pense à la délinquance générale, il faudra réfléchir, comme cela a été suggéré, à davantage d'intégration des forces de police.

Ensuite, après ces questions de principe, ont été évoquées bien sûr un certain nombre de moyens.

Les moyens, ce sont d'abord les moyens financiers et les moyens financiers sont ceux de l'Etat et de la collectivité. Concernant les moyens de l'Etat, je pense dans mon propos de présentation avoir répondu à ceux qui s'inquiètent dans ce domaine d'une baisse des participations de l'Etat puisque je l?ai expliqué, du fait des cotisations sociales des militaires et surtout du fait qu'il y a 830.000 euros maintenant inscrits à l?I.N.P.S., l?Institut de police scientifique et non plus dans le budget, l'Etat a maintenu sa participation.

Je devrais dire, pour la Brigade des sapeurs-pompiers, cela a été évoqué in fine, que la ville de Paris tout comme la petite Couronne n'ont pas à se plaindre de l'Etat puisque c'est la seule zone, avec Marseille, où l'Etat fait beaucoup plus.

Partout ailleurs, ce sont les collectivités locales. C'est pour cela que les S.D.I.S. évidemment coûtent plus cher.

Vous avez ensuite évoqué des questions d?effectifs de l'Etat puisque l'une d'entre vous a évoqué des suppressions de 10.000 postes.

C'est ce qui est écrit dans un tract syndical qui n'est tout de même pas la table de la loi en la matière. S'il y a effectivement, dans le cadre du R.G.P.P., un nombre de policiers et de postes qui seront sur cinq ans supprimés, ce n'est pas à ce niveau, puisque c?est 2.900, et en tout cas Paris n'a pas été touchée.

Je m'efforcerai qu'elle ne le soit pas. Nous avons ainsi touché 805 gardiens de la Paix le premier décembre dernier, ce qui a porté le chiffre des gardiens de la Paix à 16.400, ce qui n?avait jamais été atteint dans l'histoire ; le chiffre de référence, c?est 16.050.

Voilà en ce qui concerne les effectifs.

D'autre part, je crois beaucoup à la mutualisation de ces effectifs et à la façon de travailler qui peut être revue, puisque, comme je l'indiquais dans mon propos liminaire, la délinquance à laquelle on a à faire face n'est pas tout à fait la même qu'il y a cinq ou six ans pour des raisons d?évolution.

Ensuite, vous êtes pratiquement tous préoccupés par les A.S.P.

Mme WIEVIORKA ne comprend pas bien les chiffres, ce qui est tout à fait compréhensible, mais ce qu?a dit M. SARRE est de nature à éclairer les choses ; je le dis à mon tour, de la manière la plus pédagogique qui soit, j'espère : l'effectif budgétaire de base était de 2.284.

Comme, depuis 1998, on a, au fil du temps, gelé des postes d'A.S.P., c'est-à-dire que l'on n'a pas pu en recruter. Puisque vous vous êtes tous préoccupés de leur faible niveau de rémunération, il a été décidé de prendre sur l'enveloppe pour les payer mieux. Cela a été d'abord le régime indemnitaire ; ensuite, comme il y a eu une réforme des A.S.P. il y a deux ans, on a fait des grilles indiciaires plus avantageuses et on a créé 40 postes d'encadrement, de chef de vigie et d'adjoint de chef de vigie.

Quand on fait le calcul de tout ce qui a été réalisé pour mieux ou moins mal les rémunérer, on aboutit à 286 postes gelés auxquels s'ajouteront la dizaine que j'ai signalée tout à l'heure. Quand on a dit cela, cela signifie que l'on n'a plus que 1.867 possibilités de recrutement. On a alors un deuxième problème qui se pose, que j'ai évoqué à travers l'abondance de candidatures pour les psychologues : on a du mal à avoir des candidats. Sur le concours de cette année, où nous avions 150 postes, on n'a pu en recruter que 80, parce que nous n'avions pas eu assez de candidats et ensuite, il faut bien, sans être trop sévère, avoir un niveau minimum.

Voilà la situation ; elle vous sera décrite par le menu en ce qui concerne les effectifs.

Ensuite, il y a les missions. Je comprends parfaitement que les élus ne comprennent plus bien les missions, puisqu?à l'origine, on a dû penser que les A.S.P., c?était surtout pour le stationnement et la circulation et dans le cadre de l'accord de 2004 ; il a été décidé qu'ils fassent un peu de la police que j'appellerai "de proximité" au sens le plus strict du terme.

Une décision a été prise au moment où je n'étais pas là, mais je l'ai assumée et on vient seulement de terminer il y a trois ou quatre mois le transfert de tous les A.S.P. de la D.O.P.C. vers la P.U.P., c'est-à-dire que maintenant, tous les A.S.P. dépendent de la P.U.P. donc leurs missions seront précisées et il sera expliqué à tous les élus que vous êtes ce que l'on fait dans le cadre de la modernisation de leur travail et conformément à ce que souhaite M. le Maire de Paris, nous ferons en sorte qu'ils soient plus efficaces en matière de stationnement payant et en matière de contrôle, notamment de la circulation.

Ensuite, toujours en ce qui concerne les agents, Mme DUBARRY a évoqué les citoyens volontaires en nous disant que nous allions créer des milices. Je crois qu'il faut rester modéré ; le jour où on voudra créer des milices, je pense qu?on n'aura pas recours aux citoyens volontaires et j'espère que dans notre pays, on n'aura jamais cette idée saugrenue.

Il y a une vingtaine de citoyens volontaires qui ont été créés dans le cadre de la loi de mars 2007 ; on vous dira avec précision ce qu'ils sont.

Mme ALLIOT-MARIE se déplace demain à l'école de police de Draveil, pour expliquer ce que sont les citoyens volontaires, parce qu'il faut, bien sûr, que les policiers soient formés? Je crois d'ailleurs qu'ils le sont. L'un ou l?une d'entre vous se préoccupait de leur enseigner les notions de protection des personnes, de discrimination. J'ai été D.G.P.L. pendant dans cinq ans ; en matière de formation, on a beaucoup fait évoluer le contenu des formations pour que les policiers soient sensibilisés à ce type de situation.

Pour en terminer sur les moyens par rapport aux questions posées, il y a, bien sûr, les effectifs que je viens d'évoquer et la transition vers les moyens techniques est facile.

Il est bien évident que nous souhaitons avoir des effectifs, mais dans le domaine de la police comme dans tous les domaines de l'activité humaine, en 2008, il est bien évident qu'il faut avoir recours à des soutiens techniques, technologiques, qui ne sont pas ceux du XIXe ou du XXe siècle. Parmi ces techniques, il y a tous les moyens de police techniques et scientifiques, y compris le recours à des fichiers. En la matière, il y a eu des débats nationaux ; ils sont déclinés à Paris et j?ai pris l?engagement à Paris que tous les fichiers qui n'ont aucun intérêt pour la lutte contre la délinquance et le fonctionnement de la police seront versés aux archives. Je pense par exemple au fichier manuel des Renseignements généraux qui n'est plus renseigné depuis 2000 ; il sera transféré aux archives.

Quant aux autres fichiers, nous les étudierons tous dans le cadre de la commission nationale qui a été présidée par Alain BAUER. Je peux vous rassurer, nous ne souhaitons absolument pas aller au-delà de ce qui est nécessaire pour travailler.

Alors, dans les techniques, vous avez presque tous parlé de la vidéosurveillance.

Monsieur le Maire, on ne va pas reprendre tous nos débats qui sont décrits maintenant sous la nouvelle qualification de vidéoprotection.

A Paris, ce que nous souhaitons faire, mais je l'ai dit, on ne va pas reprendre le débat et je regrette d?ailleurs de ne pas avoir convaincu tout le monde? Je reste mû par quelques velléités pédagogiques et je pense qu'avec 1.226 caméras à Paris, on est loin de ce qui peut se faire en Angleterre, pour une raison simple d'ailleurs : il faut qu'il y ait ce lien auquel vous tenez tant entre les hommes et les caméras, parce qu'il faut que les caméras soient utiles.

J'imagine assez mal aujourd'hui que l'on refuse aux policiers d'avoir des automobiles et qu'on redonne des bicyclettes aux hirondelles, ce qui serait d?ailleurs parfois, pour les patrouilles, plus pratique. La vidéoprotection, pour nous, c?est exactement cela, c'est utiliser un outil. Je peux vous dire, quand certains osent prétendre que cela ne servira à rien, que beaucoup d?identifications qui sont faites dans le métro, par exemple, puisqu?il y 9.500 caméras, donc on a la pratique? Je tiens à disposition la visite du centre de la P.U.P. pour vous convaincre que l'on ne souhaite pas regarder par les trous de serrure. Bien sûr que la loi sera appliquée ; on ne va pas regarder dans les halls d'immeuble et la loi, dans sa version de janvier 2006, sera appliquée.

Voilà ce que je peux vous dire sur la vidéosurveillance qui, en aucune façon, dans notre esprit, ne doit remplacer les hommes.

Alors, ensuite, beaucoup d'entre vous ont parlé, notamment Mme BERTRAND, du choix des implantations de caméras. Il est évident, et je l'ai dit, qu?il y a des consultations au niveau des arrondissements pour que l'on se mette d'accord sur les implantations.

Ensuite, je ne vais pas décliner toutes les actions que vous avez signalées, mais certaines méritent réponse.

En ce qui concerne les vols violents, je crois en avoir beaucoup parlé, il faut absolument que l'on progresse. Si je n'ai pas parlé des violences faites aux femmes et si l'un d'entre vous m'a interrogé sur la mise en place d'un dispositif à Paris, c'est qu'il existe déjà. La police judiciaire parisienne fait référence en matière de lutte contre les violences faites aux femmes au niveau national et un certain nombre de dispositifs ont été présentés dans un colloque à la Sorbonne l'année dernière.

Je ne reviens pas sur tout ce qui concerne la drogue, étant tout à fait déterminé, avec l'appui de tous, à lutter contre ce véritable fléau.

En termes de sécurité routière, je n'en avais pas parlé dans mon propos liminaire ; mais, il est bien évident que nous sommes à la man?uvre.

Vous m'avez souvent interrogé, notamment après la mise en place de Vélib?, sur le fait que nous orienterions notre action par rapport à certains usagers. Les consignes qui ont été données, mais je crois que M. le Maire m'a toujours soutenu dans cette idée, c'est que tous les usagers doivent faire l'objet de mesures, de beaucoup de mesures préventives. On a fait l'opération "carton jaune" : c'était une véritable catastrophe. Pendant une semaine, on délivre des cartons au lieu de mettre des contraventions et on s'aperçoit que tout le monde est indiscipliné. Alors on a poursuivi de façon plus répressive. Mettre des contraventions à des piétons n'est pas dans la tradition française, ni parisienne, mais il y a des piétons qui font n?importe quoi, de la même façon qu'il y a des cyclistes, des deux-roues à moteur. Je pense qu'il faut que l'on travaille ensemble, que l'on coordonne nos actions.

J'ai un peu regretté, pourquoi ne pas le dire, que la communication faite par la Ville se soit déroulée au même moment que la campagne nationale. Cela ne va pas changer la face du monde mais autant mieux se coordonner sur ces affaires et en tout cas, pour l'affaire "Carton jaune", on a vraiment travaillé ensemble.

Ensuite, il y a tout ce qui est lié à la politique d'immigration, et notamment le C.R.A. Je ne souhaite pas ne pas répondre. Vous savez, il faudrait là aussi que l'on informe mieux parce que la France n'est pas un pays fermé. Il faudrait que l'on vous communique le nombre de visas qui sont accordés. Je rencontre les ambassadeurs sur la question des laissez-passer consulaires dans les procédures d'élargissement. Je crois que, quand vous attirez notre attention sur des cas individuels, mes collaborateurs, parce que tout ne me remonte pas, prennent les choses avec humanité.

Quant au C.R.A., j?invite les élus parisiens à le visiter prochainement, puisque le C.R.A. de Vincennes vient de rouvrir. Monsieur le Maire, d?ailleurs, m'a écrit - je répondrai - pour la capacité de ce centre. J'invite donc à visiter ce centre la semaine prochaine. Je regrette parfois que l'on autorise pas davantage la visite de ces centres. Alors, qu'a-t-on comme communication ? Des barbelés. Parce que si on ne rentre pas, on fait le tour du centre, mais il faut visiter le centre de Vincennes pour voir de quelle façon les gens sont accueillis. Vous vous doutez bien que l'on n'a aucune intention que les gens soient mal installés.

Ensuite, il y a la politique de l'accueil à la Préfecture de police avec cette inquiétude sur la fermeture des antennes.

La politique d'accueil à la Préfecture de police - là aussi, j'aurais sans doute dû en parler davantage -, est fondée sur la volonté de bien accueillir les gens. Ainsi, et cela nous a été pratiquement reproché par la Cour des Comptes, pour la délivrance de titres, c'est Paris qui est le recordman en termes de délais et on a beaucoup progressé. On reçoit 1 million de lettres par an, notre site Internet a eu 5 millions de visiteurs l'année dernière. Donc, je pense qu'en matière de politique d'accueil, nous faisons des efforts.

C'est là qu?il y a un malentendu sur ce dossier des fermetures : pourquoi avons-nous envisagé non pas de fermer le samedi mais de changer le lieu d'accueil ? Parce que nous avons refait tous les locaux sur le site de Gesvres (4e). Nous pouvons maintenant y recevoir bien mieux que dans les différentes antennes. Sans doute a-t-on mal expliqué notre affaire mais nous pouvons y accueillir, dans de bonnes conditions d'accès, les personnes qui ont des démarches à effectuer à la place des six antennes antérieures, le site de Gesvres étant au centre des différents réseaux de transport -.

En plus, cela nous permet de récupérer les personnels le lundi et le mardi parce que l'ouverture de beaucoup d'antennes qui reçoivent des personnes en nombre plus limité nous oblige à mettre à disposition des personnels qui, bien évidemment, travaillant le samedi, souhaitent récupérer, et sont de ce fait, absents les lundi et mardi.

Donc, dans cette affaire, on examinera votre v?u, il faut le faire en concertation, il faut donner les explications. Nous n'avons aucune intention de réduire notre capacité d'accueil.

Des questions plus précises ont été posées ; je ne veux pas les éluder, comme le fait que des personnes aient été interpellées après une manifestation.

Je crois qu'à la Préfecture de police, on peut s'honorer d'organiser et de suivre les manifestations. Il y en a presque dix par jour. Dans notre pays, c'est parfaitement légitime puisqu'il y a un droit de manifester.

Mais le droit de manifester devant l'ambassade de Grèce ne donne pas le droit d'aller tirer des fusées de chantier ni de casser des vitrines sur les Champs-Élysées.

S'agissant des personnes qui ont été interpellées, je ne peux pas me substituer à la Justice, mais il y en a une dont on m'a parlé, qui a été interpellée en train de s'apprêter à casser une vitrine. Je ne vois pas en quoi se livrer à ces exactions fait vraiment progresser les choses. C'est à nous de les éviter, mais si jamais les personnes se livrent à ce type d'activité, je crois qu'il revient à la police d'abord, puis à la justice, de faire respecter la loi.

Voilà ce que je voulais vous dire.

Je m'excuse, j'ai peut-être été un peu long mais, en tout cas, nous sommes à votre disposition et tout à fait prêts à un partenariat convaincu et exigeant, puisque c'est la formule qui a été adoptée pour saluer ce budget spécial : la conviction et l'exigence. Cela nous va très bien et il faudrait que tout le monde vote ce budget spécial par l'unanimité à l'égard du soutien à la Préfecture de police.

(Applaudissements).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur le Préfet.

C'est donc demain matin que je proposerai au plus grand nombre possible de conseillers de voter ce budget de la Préfecture de police.

La séance est suspendue.