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Decembre 2008
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Conseil Municipal
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2008, DU 216 - Approbation de la mise en compatibilité du Plan Local d'Urbanisme de Paris avec le projet d'extension Est du tramway des Maréchaux (T3) de la Porte d'Ivry à la Porte de la Chapelle (12e, 13e, 18e, 19e et 20e). 2008, DVD 258 - Réalisation de la ligne de l'extension du tramway T3 de la Porte d'Ivry à la Porte de La Chapelle (12e, 13e, 18e, 19e et 20e). - Avis sur le projet de travaux du système de transport relevant de la maîtrise d'ouvrage STIF concourant à l'opération. 2008, DVD 257 - Réalisation de la ligne de l'extension du tramway T3 de la Porte d'Ivry à la Porte de La Chapelle (12e, 13e, 18e, 19e et 20e). - Déclaration de projet relative aux travaux relevant de la maîtrise d'ouvrage de la Ville de Paris concourant à l'opération. Vœu déposé par Mmes CALANDRA et BACHE relatif à l'extension su tramway T3. Vœu déposé par le groupe U.M.P.P.A. relatif à l'extension du tramway T3 jusqu'à la porte Maillot. Vœu déposé par le groupe "Les Verts" relatif à la coupure du tramway à la porte de Vincennes. Vœu déposé par le groupe Centre et Indépendants relatif à la création des pôles d'échanges modaux sur le parcours du tramway. Vœu déposé par le groupe Centre et Indépendants relatif à la création de voies pénétrantes aux entrées de Paris. Vœu déposé par l'Exécutif.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2008


 

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente, au nom de la 8e Commission. - Nous débutons le débat organisé sur l'extension du tramway T3 qui regroupe plusieurs projets de délibération : le DU 216, DVD 258 et DVD 257. Et nous avons un débat organisé qui a été prévu en conférence d'organisation avec les présidents de groupe.

Mais permettez-moi de vous dire quelques mots avant d'entamer ce débat.

Tout d'abord, quelques mots que je prononcerai avec une forme d'émotion parce que c'est un projet emblématique pour notre Municipalité et aussi une forme de gourmandise, puisque nous savons combien ce projet de tramway et son extension est attendu et combien nous y travaillons d'arrache-pied. Je vais y revenir.

Notre Municipalité s'est attachée depuis 2001 à développer et à diversifier des modes de déplacement. Ce choix s'est traduit par une intervention volontariste sur le développement de l'offre de bus Mobilien, l'amélioration de la fréquence des horaires dans le métro parisien, la création de nouveaux dispositifs innovants à travers Vélib?, Voguéo mais aussi bientôt, nous l'espérons, Autolib?. Et nous voulons que tous les Parisiens et les Franciliens puissent mieux se déplacer, librement, de manière écologique et en toute sécurité.

Le tramway s'inscrit dans cette dynamique et plus de 25 millions de voyageurs ont emprunté le T3 Sud depuis sa mise en service en décembre 2006 entre le pont de Garigliano et la porte d?Ivry : 100.000 personnes l'utilisent chaque jour.

C'est cette réussite, bien sûr, par définition imparfaite, conjuguée aux attentes exprimées par les usagers, qui nous conduit aujourd'hui à prolonger et à renforcer ce service en offrant de très nombreuses connexions entre le tramway, 2 lignes de R.E.R., 11 lignes de métro, 39 lignes de bus dont 21 en banlieue. Nous construisons réellement un précieux instrument de désenclavement urbain.

Ce projet qui est soumis correspond à l'esprit de ce que l?équipe municipale a accompli depuis 2001. Il a été conçu dans une dynamique de concertation avec les Parisiens mais aussi avec les habitants des communes riveraines, à travers de très nombreuses réunions publiques, des cahiers de propositions qui ont été étudiées avec beaucoup d'attention, bien sûr, par Annick LEPETIT - je vais y revenir - mais aussi avec Pierre MANSAT. Je pense en particulier aux revendications, aux inquiétudes qui se sont exprimées sur la correspondance, notamment à la Porte de Vincennes. Cette correspondance, vous le savez, procède d'une demande de la R.A.T.P. ; elle est techniquement inévitable, si on veut garantir la qualité de service d'un bout à l'autre de la ligne. Et nous veillerons à ce qu'elle se fasse dans de bonnes conditions, notamment pour la sécurité des piétons et le respect des vélos.

Donc, nous abordons aujourd'hui cette deuxième étape décisive d'un grand projet pour notre métropole.

Je voudrais, bien sûr, au nom du Maire de Paris, remercier la Région qui contribue fortement à cet investissement, dans un esprit constructif et ouvert.

Je regrette, bien sûr, l'absence de l'intervention financière de l'Etat et nous avions cru qu'après le Grenelle de l'environnement, le Gouvernement soutiendrait à nouveau des projets de tramway dans les grandes agglomérations. Mais quand les paroles se traduiront-elles enfin en acte ? Nous ne le savons pas.

Il est l'indispensable prolongement du tramway de la Porte de la Chapelle jusqu'à la Porte d'Asnières, qui appelle un engagement clair de l'Etat quant à son financement, engagement qui, je l'espère, pourra voir le jour, notamment si le projet de T.G.I. à Batignolles avançait, ce que nous aimerions particulièrement.

En attendant, mes chers collègues, nous tentons de rester fidèle à la mission qui est la nôtre, c'est-à-dire à la fois de faire évoluer le visage de notre cité, d'améliorer la vie de ses habitants et de nous inscrire dans la dimension désormais qui est celle des décisions que nous prenons, à savoir la dimension métropolitaine, puisque ce tramway est un tramway à dimension métropolitaine.

Je voudrais, au nom du Maire de Paris, en mon nom, au nom de tous les collègues ici qui participent à nos travaux, dire à Annick LEPETIT notre gratitude pour la compétence et l'exigence avec lesquelles elle fait avancer ce dossier. Lui dire que nous sommes avec elle, à ses côtés, et que ce projet ambitieux et emblématique qu?elle porte en notre nom est, et nous l'espérons bien sûr, un projet qui verra le jour, dans les conditions aussi bonnes qui sont celles qui ont permis au tramway Sud de pouvoir fonctionner, de bien fonctionner, d'apporter ce service extrêmement utile aux Parisiens et aux Franciliens.

Donc, pour toute l'énergie que dépense Annick LEPETIT, pour ce bien commun qui nous réunira, je l'espère, sur l'ensemble des bancs de cette Assemblée, je voudrais la remercier et l'encourager très chaleureusement.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

Dans l'ordre des groupes?

Vous voulez déjà... ?

Je veux bien, Monsieur le Président.

M. Yves POZZO di BORGO. - Simplement, nous avons reçu un v?u, le n° 66 bis, il n'y a pas longtemps, il n'y a même pas une demi-heure?

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - Non !

M. Yves POZZO di BORGO. - Non, combien ?

A 13 heures 15.

C'est quand même un v?u important, qui mérite qu'on le travaille, que l'on y réfléchisse. Sérieusement, je ne trouve pas que ce soit très correct de la part de l'Exécutif de nous envoyer ce v?u aussi brutalement, sans que l'opposition notamment ait le temps de le travailler.

Deuxièmement, vous nous indiquez aussi que ce v?u doit être intégré dans les interventions déjà prêtes. Je trouve que tout cela n'est pas très correct.

Je me demande si soit vous retirez le v?u et on revient, soit vous laissez...

Attendez, Madame HIDALGO, ce ne sont pas des méthodes de travail...

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Poursuivez, Monsieur POZZO di BORGO.

M. Yves POZZO di BORGO. - Attendez, Madame HIDALGO ! Je suis désolé. Vous n?avez pas à le faire !

Dans ces cas-là, on peut se retirer, vous laisser travailler tout seuls et vous aurez un Conseil de Paris avec vos amis de la majorité et nous, nous serons là, nous préférons aller jouer aux cartes ou faire autre chose que de ne pas pouvoir participer à ce genre de chose.

Ce n?est pas acceptable, votre réaction de dire : "Non, ce n'est pas possible." !

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Je n'ai pas encore réagi !

M. Yves POZZO di BORGO. - Non, mais j?ai vu votre réaction. Elle n?est pas acceptable.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Je n'ai pas encore réagi, Monsieur POZZO di BORGO !

M. Yves POZZO di BORGO. - Je vous dis simplement que l'on a besoin de travailler sur un v?u?

Madame HIDALGO, on a besoin de travailler sur un v?u aussi important et vous ne nous laissez pas le temps de le travailler. Je trouve que ce n'est pas correct.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Monsieur POZZO di BORGO, puisque vous anticipez sur une réponse que je n?ai pas faite et qui ne va pas dans ce sens-là, non, on ne va pas le retirer !

En revanche, je vous laisserai vous exprimer en dehors du débat organisé.

On va faire les choses correctement pour que vous puissiez vous exprimer sur ce v?u, mais on ne va pas le retirer et vous aurez le temps de vous exprimer sur ce sujet.

Dans l'ordre du tourniquet, c'est Ian BROSSAT qui démarre : je lui donne donc la parole.

M. Ian BROSSAT. - Le tramway, vous l?avez dit, rencontre un vrai succès depuis sa première mise en oeuvre en décembre. Le tramway, c?est 25 millions de voyageurs au cours de la seule première année d?exploitation ; c?est 100.000 voyageurs par jour en semaine ; ce n'est pas plus de cinq minutes d'intervalle entre deux rames aux heures de pointe.

Je passe sur les enquêtes de satisfaction, sur la baisse des accidents ou sur d'autres avantages, bref, il est loin le temps où à droite, on nous expliquait que le tramway allait à l'encontre de l'histoire.

Mais en dépit des efforts que nous déployons, la situation des transports en commun à Paris et dans son agglomération continue de nuire au bien-être et à la qualité de vie de nombreux usagers. Le projet de prolongation de la ligne de tramway participe de notre engagement en matière de transport : il s?agit d?ici 2012 de prolonger cette ligne jusqu'à la porte de la Chapelle.

Je souligne d'emblée que ce projet de tramway est porté à 100 % par Paris et la Région Ile-de-France, en collaboration avec le S.T.I.F. et la R.A.T.P. Une fois encore, ce sont les Parisiennes et les Parisiens qui mettront la main à la poche étant donné que l?Etat se désengage, comme d'habitude, au mépris du calvaire quotidien de ces dizaines de milliers de Franciliens, de provinciaux ou de touristes, qui visitent notre ville tous les jours.

Ce désengagement a d'ailleurs des conséquences concrètes puisque nous savons bien que c'est lui qui menace aujourd'hui le prolongement à court terme du tramway jusqu?à la porte d?Asnières, sur la nécessité duquel tout le monde s'accorde pourtant.

Dans le projet que nous votons aujourd'hui, la longueur du tracé de la ligne jusqu'à la porte de la Chapelle conduit la R.A.T.P. à envisager une rupture de charge, c'est-à-dire un tracé en deux arcs distincts qui assureront chacun le transport sur une partie de la ligne. Cette rupture de charge, qui sera localisée au niveau de la porte de Vincennes, permettra de réduire les perturbations sur la ligne, d'assurer une meilleure régularité des trams ou encore de renforcer l'offre sur l'un des arcs en cas d'événement spécifique. Le principe de cette rupture de charge apporte de nombreux avantages et nous n'y reviendrons pas.

Cela dit, la localisation et l'aménagement de cette rupture de charge font débat.

L'hypothèse proposée d'une rupture aménagée à l'appui de quais face à face séparés par une traversée rencontre des réticences et suscite des inquiétudes. Nous prenons acte que cette hypothèse s'appuie sur une prévision d'affluence à l'interconnexion à venir entre le tram et le métro. Nous prenons acte également que le changement de tramway à tramway ne sera pas idéal puisqu?il faudra traverser la chaussée, ce que la configuration axiale permettait d'éviter. C'est pourquoi la traversée de la chaussée doit être conçue et sécurisée pour l'ensemble des usagers et des voyageurs, qu'ils soient valides ou porteurs de handicap. Nous insistons sur cette recommandation faite par la commission d'enquête.

La solution des quais face à face permet de ne pas encercler Paris dans un nouveau tracé : elle prévoit de ne pas barrer la route à la circulation automobile entre Paris et ses voisins. De fait, ce projet de tramway porte une dimension métropolitaine sur laquelle nous devons nous appuyer, et dans cette mesure, nous souhaitons préserver la possibilité d'un prolongement place de la Nation.

Nous le savons, cette prolongation contribuerait fortement à améliorer l'offre de transport puisqu?elle ajouterait au projet une interconnexion avec la station de R.E.R.

Alors, dans ce contexte, il nous semble que l'enquête publique organisée cet été doit nous amener à prendre au sérieux les inquiétudes qui se sont exprimées, notamment les réserves émises par la commission d'enquête en ce qui concerne les choix techniques proposés par la R.A.T.P.

Ces choix n'ont pas toujours été bien accueillis et doivent être réexposés. Un voeu issu du Conseil d'arrondissement du 20e en fait d'ailleurs la demande. La concertation doit être poursuivie, les solutions retenues doivent être expliquées, de même que les hypothèses alternatives qui ont été écartées. Des rendez-vous sont d'ores et déjà programmés en 2009.

Nous souhaitons que le débat se poursuive car son enjeu est capital dans tous les sens du terme. Il nous engage en effet dans une démarche d'ouverture des portes de Paris et d'amélioration des conditions de vie des habitants de ces quartiers populaires. Avec le tramway, nous réorientons la circulation des personnes et des énergies dans la Ville, nous mettons fin à l'exclusion d?une périphérie par un centre, nous réorganisons l'espace public au profit de modes de circulation douce, nous permettons un brassage nouveau et un nouveau souffle dans ces quartiers trop longtemps délaissés.

Le choix que nous engageons est un choix décisif pour Paris.

Pour cette raison, les élus communistes voteront ces projets de délibération.

Mme Anne HIDALGO, adjointe, présidente. - Merci beaucoup, Monsieur BROSSAT.

La parole est à Mme Laurence DOUVIN.

Mme Laurence DOUVIN. - Merci, Madame la Maire.

Je voudrais d?abord exprimer ma très grande surprise de voir que le Maire de Paris ne préside pas ce débat sur cet équipement, qui est un de ses engagements de campagne, qu'il a tellement appelé de ses v?ux, et qui est également un investissement important pour la Ville de Paris.

A l'occasion de ce débat qui s'engage sur cette extension vers la porte de la Chapelle, je voudrais tout d'abord évacuer deux affirmations dont la répétition ne fait pas l'exactitude.

La première d'entre elles : "La droite est depuis toujours et intrinsèquement opposée à l?idée même de tramway". C'est non seulement faux, mais c?est en plus intellectuellement malhonnête. C'est en effet un geste fort de la droite qui, juste après le premier mandat du Maire de Paris, a lancé les études préparatoires pour le tramway en 2001.

Deuxième réfutation : nous avons choisi en toute connaissance de cause de voter pour le principe des études de l'extension du tramway en novembre 2007.

Vous nous dites également que l'Etat s?est désengagé du financement de l?extension du tramway. C'est encore une affirmation qui n'est pas exacte et vous le savez parfaitement mais je vais vous expliquer pourquoi.

La vérité est que l'Etat ne finance que les projets dans lesquels il s'engage lors d'un contrat, comme cela était le cas pour la première phase du tramway jusqu'à la porte d?Ivry, phase vis-à-vis de laquelle l'Etat a assumé tous ses engagements.

Lors de la négociation pour le contrat Etat-Région 20072013, aucune voix ne s'est élevée pour demander son intégration à ce plan, contrairement à 16 autres projets de tramways dont les études avaient été financées au contrat de plan 20002006 et dont les travaux pouvaient commencer parce qu'elles étaient prêtes. Ce n'était pas le cas pour le projet de prolongement du T3.

Par ailleurs, M. Jean-Paul HUCHON n?a pas jugé bon de l'inclure dans son plan de mobilisation pour les transports, que tout le monde s'accorde pourtant à reconnaître très complet, et ce, ni en tant que président de Région Ile-de-France, ni en tant que président du S.T.I.F.

Alors pourquoi ? Peut-être est-ce finalement parce que ce prolongement apparaît comme un projet principalement parisien et que sa dynamique régionale n?est pas évidente pour tous vos partenaires.

Ces deux éléments évoqués, nous pouvons donc entrer dans le débat de manière sereine. Nous sommes favorables, mes chers collègues, à l?extension de ce tramway jusqu'à la porte de la Chapelle parce qu'elle est la continuation du tramway des Maréchaux sud qui ne peut rester sans prolongement et parce qu'ainsi, il est effectué une liaison Sud-Nord qui est un vrai plus pour l?Est de Paris.

Mais si nous nous félicitons de ce prolongement, de nombreux points retiennent encore notre attention. Sur de nombreux aspects, en effet, la copie est à revoir, et voici une liste non exhaustive des aspects de ce projet qu'il nous faut, selon nous, modifier.

Tout d?abord, nous déplorons un décalage entre les discours de bon aloi, en particulier à l'occasion du Grand Paris, je cite : "La domination de Paris sur les autres collectivités, c?est une ère révolue" ou encore, "Il ne faut pas écraser nos partenaires", et la réalité dans les faits.

Une nouvelle fois, Monsieur le Maire, vous avez choisi de ne pas tenir compte des collectivités voisines. Les communes que nous avons interrogées se réjouissent du prolongement du tramway mais elles regrettent de ne pas avoir été associées en amont du projet, au choix du tracé, aux aménagements routiers. Elles regrettent que leurs suggestions n'aient pas été prises en compte. "Nous avons été entendus, mais pas écoutés", nous confiait tristement un maire d'une de ces communes. Une seule et unique réunion a eu lieu avec les communes concernées, et bien tard, alors que tout était fixé ou presque. C'est particulièrement éloquent comme modèle de concertation métropolitaine.

Bien sûr, ce serait peut-être plus facile si la première couronne était toute rose, ce serait plus facile si les socialistes géraient Saint-Maurice, Maisons-Alfort, Charenton, et d'autres encore.

Un des bons exemples de ces mauvais réflexes est le cas de la porte de Charenton. Je vois que cela vous déplaît mais c'est une réalité. En effet, alors que la commune de Charenton avait présenté ses préconisations pour l'aménagement de la porte et la gestion du carrefour, rien n'a été accepté par la Ville de Paris malgré des solutions pragmatiques. A force de ne pas s?occuper de ses partenaires, on finit par s?isoler.

La commission d'enquête publique ne s'y est d?ailleurs pas trompée en appelant notamment à poursuivre les études avec la Ville de Charenton. Dans le même sens, nous apprenons que l'installation du tramway porte de Vincennes va diminuer le volume du trafic automobile de 27 % sur une pénétrante qui est d'importance dans Paris.

Quel cas a été fait du besoin des Franciliens de venir dans la Capitale, quelle concertation avec les habitants des communes qui utilisent cet axe pour y parvenir ? Quelles solutions ont été prévues pour le report du trafic ?

Je suis désolée, mais pour les familles, je ne connais pas encore de tandem avec quatre places pour les amener dans Paris.

Que se passerait-il également boulevard Ney avec la suppression du passage souterrain, et ses effets sur la congestion routière ?

Monsieur BAUPIN, pourrais-je parler, s?il vous plaît ?

Merci, Madame la Maire, de faire respecter le fait que je sois entendue : je vous remercie beaucoup !

Mme Anne HIDALGO, adjointe, présidente. - Je veux bien le faire, mais vous avez vraiment devancé ce que j?allais demander à M. BAUPIN.

Monsieur BAUPIN, veuillez laisser Mme DOUVIN parler, s?il vous plaît.

Mme Laurence DOUVIN. - Merci beaucoup.

On a toujours l'impression que tout est beau, qu'il n'y a jamais aucun effet négatif induit, mais ceci c'est le rêve et non la réalité.

La sécurité semble avoir été considérée comme une option dans ce dossier, pourtant certains aménagements ne sont pas à prendre à la légère, surtout quand sont en jeu des traversées de piétons ou des pistes cyclables.

Ainsi, les basculements d?itinéraires cyclables d'une rive à l'autre du tramway mettent les cyclistes en danger. Il est possible de faire autrement, il faut limiter au maximum ces basculements de la manière la plus stricte qui soit.

Je voudrais m'arrêtait un instant sur la porte de Vincennes, puisque c'en est une bonne illustration.

Madame la Maire, je voudrais dire qu'il faut être beau joueur. Nous reconnaissons que les modifications que vous proposez pour l'aménagement du tramway en latéral vont dans le bon sens et nous nous en félicitons.

Le fait est que l'ancienne solution, dite de quai à quai, posait un réel problème de sécurité compte tenu en plus de la présence de deux lycées voisins. Je ne peux pas penser que vous imaginiez possible de revenir sur ce point qui remettraient d'ailleurs en cause les résultats de l'enquête publique.

Pour autant, pouvons-nous nous satisfaire de l?aménagement proposé ? Est-il vraiment imaginable de faire traverser ainsi un flux important de piétons sur les passages protégés d'une voie qui est à deux fois trois files ? Il s'agit là d'une situation inédite, effectivement difficile à gérer.

Le stationnement n'a pas lui non plus été traité avec toute l'attention qu'il mérite. Au-delà des places qui vont disparaître (20 places sur 120 seront supprimées porte de Vincennes), ce qui nous préoccupe davantage c'est qu'aucune nouvelle place de stationnement n?ait été imaginée en compensation.

Or, si l?on veut favoriser le report modal et avoir un projet qui soit un projet régional, c'est quelque chose d'important, ceci n'a pas été effectivement étudié.

De même, la réponse de la Ville aux recommandations de la commission d?enquête paraît légère par rapport aux enjeux.

Ce n'est pas par exemple l'ouverture d?un site Internet qui va remédier à une situation difficile.

Par certaines des réponses, la Ville donne vraiment l'impression de botter en touche. Les nuisances ne semblent pas avoir été suffisamment prises en compte, le bruit et la pollution doivent pouvoir être anticipés avec précision, notamment les nuisances des riverains et usagers du boulevard périphérique.

D'un point de vue général, nous avons le sentiment d?un projet qui est un peu bâclé. L'extension du tramway s'inscrit pourtant logiquement dans le renforcement des transports publics en Ile-de-France.

Nous la soutiendrons donc et ne souhaitons en aucune manière bloquer le processus, pourtant nous avons la conviction que ce projet est perfectible, mais à cet égard je voudrais, à la suite de ce que disait le Président POZZO di BORGO, indiquer tout de même notre surprise, évoquée par M. Jean-François LAMOUR juste avant la fin de la séance du déjeuner qui indiquait à quel point nous étions étonnés de voir distribuer à 13 heures 15 un amendement fleuve de l'Exécutif alors que le débat était prévu à 14 heures 30, la séance devant être suspendue à 13 heures.

Un certain nombre de mes collègues ignorait jusqu?à tout à l?heure qu'un amendement avait été mis sur table.

Comment voulez-vous qu'un groupe soit ainsi en mesure de prendre une décision réfléchie ? Ce n'est pas possible. D'autre part, lorsqu?on regarde le détail de l'amendement qui nous est proposé, il y a neuf considérants ou plus exactement neuf paragraphes.

Comment voulez-vous que nous étudions ces neuf paragraphes alors que pourtant les difficultés sont connues depuis extrêmement longtemps, nous les avons d'ailleurs évoquées par exemple en 3e Commission longuement et que, si certaines de ces considérations recueillent notre assentiment, ce n'est pas le cas pour d'autres.

Il y a bien entendu un amalgame qu'il n'est pas possible de considérer ainsi.

Je voudrais revenir sur le tramway et les autres modes de déplacement et sur les reports modaux, puisque c'est aussi quelque chose d?extrêmement important.

C'est un enjeu révélateur de la vision que l'on a du projet. Les cyclistes doivent eux aussi être bien traités dans ce dispositif, nous sommes sensibles au fait que de nombreuses stations Vélib? aient été prévues à proximité mais préoccupés par le grand nombre de basculement cycliste.

Nous sommes également très vigilants sur les mesures en faveur de la circulation et il est important de faire en sorte que le chantier ne se transforme pas en enfer quotidien, particulièrement pour les riverains, nous y veillerons.

D?un point de vue plus général, nous proposons dès aujourd'hui d'envisager le prolongement de ce tramway jusqu?à la porte Maillot.

Nous estimons en effet qu?un terminus à la porte de la Chapelle ou à la porte d'Asnières n'est pas pertinent. Il ne se justifie ni d'un point de vue territorial ni sur le plan des transports.

La leçon de la nécessité d'une coupure, mes chers collègues, était bien prévisible. Elle n'avait pourtant pas été prévue lors de la première phase du T3.

Ceci va amener à installer porte de Vincennes et à y défaire des installations toutes récentes d'aménagement. Manifestement, il a manqué d?une réflexion d'ensemble, nous ne voudrions pas que cela se reproduise pour cette deuxième partie ni non plus pour son prolongement possible.

Nous avons ce matin présenté différent v?ux, l'un sur le problème de la ligne 14, l'autre sur l'état du R.E.R. et du métro.

Ne croyez pas que je sois loin du sujet. Mme LEPETIT s?est déclarée chaque fois d'accord sur l'utilité de ces v?ux et a annoncé qu?il leur serait accordé satisfaction s'il faut en croire les assurances du S.T.I.F.

Certes, elle a eu la chance d'avoir des réponses qui ne sont pas publiques, il n'est donc pas étonnant que je fasse mention de ces v?ux et que je sois surprise qu?elle y ait donné ce matin un avis défavorable.

Ceci fait partie du dossier des transports publics et donc de celui du tramway. Il y a également d'autres projets ambitieux appelés à structurer les transports franciliens et nous les encourageons vivement.

Je veux d?abord parler de l?extension du R.E.R. Eole vers la Défense puis vers le Mantois, un projet qui permettrait de désengorger le R.E.R. A et la ligne 1 du métro.

Aucun débat ne doit occulter la nécessité d'une rocade autour de Paris, destinée à permettre enfin de relier la banlieue sans passer par Paris, car c'est là une véritable ambition métropolitaine.

Quant à la participation de l'Etat qui est sans arrêt évoquée comme la condition première de tout investissement nouveau, il faudrait peut-être cesser d'en faire une incantation qui ne sert pas à grand-chose sinon à vous faire plaisir.

Il est évident que nous souhaitons aussi l'intervention financière de l'Etat en matière de transport.

Il n?en est pas moins évident, ne vous réjouissez pas trop vite et écoutez donc la suite, que les investissements retenus devront être classés par priorité et hiérarchisés à partir de la publication du projet que doit présenter le Secrétaire d'Etat à l'Aménagement de la Région-Capitale car c?est là qu'il sera possible effectivement d'envisager un plan de financement d'ensemble qui fasse, avec nos voisins, appel à l'ensemble des partenaires et de décider ensuite quelles ressources nouvelles seront sollicitées.

Pour résumer notre pensée, nous sommes favorables à cette extension du tramway mais nous ne pensons pas qu'il s'agisse du grand dessein dont l'Ile-de-France a vraiment besoin ou de l?équipement qui soit le plus à même de soulager véritablement Paris du trafic automobile venant de l'extérieur.

Partant du principe qu'il faut achever ce que l'on a commencé, nous soutiendrons ce projet, et parce qu'il faut agir avec conviction et également avec responsabilité et malgré les réserves que nous avons évoquées, dans l'intérêt des Parisiens, nous voterons en faveur des trois projets de délibération.

Je vous remercie.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, président. - Je donne la parole à Mme Marinette BACHE.

Mme Marinette BACHE. - Madame la Maire, mes chers collègues.

Le tramway est l?une des grandes réalisations de notre précédente mandature et son prolongement est l?un des grands engagements de la mandature qui commence.

Le projet d'extension de la ligne T3 vers l'Est et le Nord de Paris va permettre de desservir cinq arrondissements et 11 communes limitrophes.

La gare R.E.R. E Eole-Evangile dans le 19e arrondissement et le prolongement du tramway Seine-Saint-Denis, Epinay, Villetaneuse jusqu?à la gare Evangile seront en totale adéquation avec ce projet.

Le choix du tramway s'inscrit dans une politique globale des déplacements conforme au Plan de déplacements de Paris, au Plan de déplacements en Ile-de-France ainsi qu'à la loi sur l?air et sur l'utilisation rationnelle de l'énergie, en permettant une redistribution de l'espace public au profit des modes de circulation douce : piétons et vélos et réduit par conséquent la part de l'automobile.

Nous notons avec satisfaction que le premier tronçon de 7,9 kilomètres accueille plus de 100.000 voyageurs chaque jour alors que la ligne P.C. 1 en accueillait seulement 55.000.

Le groupe du M.R.C. est particulièrement sensible aux conséquences bénéfiques qu'aura l'arrivée du tramway T3 pour les habitants des quartiers d'habitat social situés entre le boulevard des Maréchaux et le boulevard périphérique, tronçons délaissés et isolés de la vie parisienne.

L?arrivée du T3 va permettre de désenclaver ces quartiers, de les intégrer à la Ville par des opérations de requalification.

Une requalification qui va bien sûr de pair avec la politique de la Ville d?aide au commerce, de mixité sociale, de réinsertion professionnelle et de lutte contre les établissements insalubres.

Ainsi, l'arrivée du T3 et les nombreuses réalisations qui l'accompagneront changeront l'image de ces quartiers, elles permettront le développement économique de ces zones et l?amélioration des conditions de vie qui, aujourd'hui, sont dans ces zones, assez préoccupantes.

Je pense notamment aux nuisances sonores, aux embouteillages, aux équipements à rénover.

Ce renouvellement urbain est déjà en cours depuis "Paris Rive gauche" jusqu?au vaste secteur de développement de Paris Nord-est ainsi que dans les territoires limitrophes.

Ce projet permettra de manière plus globale d'atténuer la rupture entre Paris et les communes limitrophes induites par le boulevard périphérique et facilitera les trajets en rocade, notamment de banlieue à banlieue. Incontestablement, le tramway améliore et va améliorer la vie des Parisiennes et des Parisiens, mais également faciliter la vie des habitants des banlieues.

Nous nous félicitons donc de constater que son trajet a été étudié de façon à permettre cela : correspondance avec 11 lignes de métro, les RER C, E, le TramY, des lignes "Mobilien" et 39 lignes de bus parisiennes et de banlieue.

Ainsi, nous pourrons répondre aux besoins croissants de transport de surface en rocade, améliorer le maillage des transports collectifs, améliorer la desserte locale dans le secteur Est de Paris qui en a particulièrement besoin et renforcer les liaisons avec les communes limitrophes, améliorer l'accessibilité des transports urbains et des cheminements en même temps que nous réaménageons le paysage urbain et la répartition de l'espace.

Comme pour le premier tronçon du tramway T3 sur les boulevards des Maréchaux Sud, la Ville de Paris et le S.T.I.F. sont co-maîtres d'ouvrage de l'opération.

Après un financement défini dans une convention entre la Ville de Paris, la Région, le S.T.I.F. et la R.A.T.P. Le grand absent, bien sûr, c'est l'Etat, qui vient de rater ainsi l'occasion de démontrer son prétendu attachement au Grand Paris dont ne cesse de nous parler Nicolas SARKOZY. Des paroles, des paroles, bien loin des réalisations concrètes et efficaces pour ancrer "Paris Métropole" dans la réalité.

Pour terminer, je voudrais m'attarder un peu sur la porte de Vincennes. Il a donc été arrêté que la rupture de charge se ferait à cet endroit. Je regrette que l'abandon des autres options n'ait pas été suffisamment expliqué par les services de la R.A.T.P., que ce soit l'adjonction de nouvelles rames pour assurer la fluidité du trafic, que ce soit le choix éventuel d'autres sites pour cette rupture de charge.

Si les raisons pour lesquelles ces autres solutions ont été abandonnées avaient été mieux expliquées, elles auraient certainement évité certaines inquiétudes exprimées dans les réunions publiques.

Il en est de même d?ailleurs pour le refus de positionnement en axial sur le cours de Vincennes.

Il nous faut cependant avancer, car ce sont des milliers d'habitants de l'Est parisien qui attendent le T3.

Et je veux souligner ce point positif : la rupture de charge sur le cours de Vincennes permet de garder la possibilité future d'une interconnexion avec le RER A à la Nation. C?est bien, c?est intelligent, car le tramway est, dans notre esprit, un projet non pas parisiano-parisien, mais d'ambition métropolitaine. Dès maintenant d'ailleurs, il a une correspondance avec la ligne 1 du métro.

J'insisterai cependant, et vous retrouverez ma préoccupation dans le v?u n° 66 présenté au Conseil du 20e arrondissement par les élus socialistes, M.R.C., communistes et radicaux, mais également voté par "Les Verts", sur la nécessité de traiter avec beaucoup d'attention tout ce quartier dont la population a déjà subi les travaux de réfection de la porte et du cours de Vincennes et qui d'ailleurs est aujourd'hui très satisfaite du résultat.

Cependant, cette population est préoccupée par le fait de devoir subir de nouveaux travaux et doit donc, si je peux m'exprimer ainsi, trouver un "retour sur investissement", tant dans l'aménagement du cours de Vincennes que dans celui de l'ensemble du quartier.

Ceci dit, vous l'avez compris, nous voterons l'ensemble des projets de délibération concernant le tramway.

Je vous remercie.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci beaucoup, Madame BACHE.

Je donne la parole à Mme CUIGNACHE-GALLOIS.

Mme Edith CUIGNACHE-GALLOIS. - Merci, Madame la Maire, mes chers collègues.

Vous nous demandez d'approuver l'extension du tramway des Maréchaux Sud pour couvrir l'ensemble de l'Est parisien.

Bien que critique sur l?idéologie qui a gouverné la mise en ?uvre du premier tronçon Sud du T3, nous voterons ce projet de délibération.

Deux raisons essentielles nous amènent à supplanter les réserves et les questions que nous serons amenés à vous poser sur ce projet.

Nous formulerons également des v?ux et espérons que vous les prendrez en considération avec la même ouverture d?esprit que celle dont nous faisons preuve dans ce débat, parce qu'il nous en faut pour dépasser les critiques que nous formulons sur le premier tronçon.

Il nous paraît en effet que la conception de ce premier tronçon a davantage répondu à une idéologie qu?à un vrai souci de proposer une solution efficace à la demande de transport pourtant cruciale pour les Parisiens.

Le T.M.S. a, de fait, créé une nouvelle barrière, gênant les entrées et sorties de Paris pourtant indispensables, sans pour autant offrir une nouvelle offre de transport.

20.000 voyageurs de plus seulement que le P.C. ; de 80.000, on est passé à 100.000 voyageurs par jour pour un coût d'un milliard d'euros. Une belle réalisation, certes, avec de la pelouse au milieu des rails, mais très coûteuse et pas efficace quand on sait que ce sont plus de 10 millions de déplacements qui se font chaque jour dans Paris.

Or, 70 % de la totalité des déplacements sont des déplacements de banlieue à banlieue.

Oui, il faut trouver d'urgence un moyen de désengorger nos lignes internes. Oui, il faut inciter les Parisiens et les Franciliens à prendre les transports en commun. Mais non, la solution n?a pas été trouvée grâce au premier tronçon du tramway qui a été conçu davantage pour répondre à une idéologie calcifiante que pour ouvrir Paris et lui apporter la décongestion et la fluidité dont nous sommes très loin.

Rappelons qu'avec son taux de fréquentation de plus d'un million de voyageurs par jour, la ligne A du RER est la plus dense du monde. Paris dépasse Tokyo sur la ligne A du RER ; c'est un exploit. 20 à 25 %, c'est-à-dire près d'un quart des utilisateurs de la ligne 13, traversent Paris sans s?y arrêter. Sur plusieurs de nos lignes de métro, la charge dépasse les 90 % ; elle atteint même 95 % sur les lignes A et B du RER et sur cette fameuse ligne 13 du métro, ce qui équivaut, en termes d?espace, à 12 personnes dans une voiture de cinq places.

Ces chiffres ne parlent pas ; ils crient au secours !

Or, force est de constater que le tramway n'a pas changé cet état de fait et qu'il n'a pas répondu non plus aux attentes des Parisiens ni des Franciliens, ni à celles de ce qui aurait dû être envisagé dans le cadre d?une vision métropolitaine de notre Capitale.

Et pourtant, nous n'avons plus les moyens de politiques gadgets.

Alors, pourquoi voterons-nous sa prolongation ?

La première raison est que nous sommes animés par un bon sens pratique et que, comme l?a dit notre président, Yves POZZO di BORGO, maintenant que la ligne est commencée, c?est évident, il faut la terminer, d'autant qu'il s'agit de desservir les 12, 13, 18, 19 et 20e arrondissements et des communes limitrophes dans l'ensemble peu favorisées et que dans ces conditions, il nous paraît qu'un effort peut être engagé pour leur offrir une nouvelle desserte et une requalification urbaine dont ils ont bien besoin.

La seconde est que nous constatons avec satisfaction que l'état d'esprit général qui a dirigé ce projet n'est plus le même. D'une politique d?ostracisme et de sectarisme qui dressait les uns contre les autres, souhaitait organiser l?enfer pour les automobilistes sans se soucier des retombées économiques que cela pouvait impliquer, ni du simple respect de la liberté de choix qui doit être préservée, d'une politique de l'interdiction menée par l'ancien maire adjoint aux transports, on assiste avec Mme LEPETIT au passage à une politique qui nous paraît moins sectaire et plus orientée vers l'efficacité.

Le projet qui nous est proposé annonce en effet devoir rendre plus efficace le réseau de transport public francilien et atténuer la coupure entre Paris et la petite couronne. Efficace est un mot qui nous agrée.

On note aussi, même si elle est perfectible, une volonté d?intermodalité permettant des correspondances avec 11 lignes de métro, les RER C et E et 39 lignes de bus au total.

Nous approuvons cette intermodalité, mais nous avons fait un v?u à ce sujet pour que soit bien comprise et inscrite notre détermination à veiller à ce qu'elle soit optimale par sa facilité d'accès.

On relève également une certaine volonté à rendre le tram plus respectueux du partage de l?espace public et donc plus incitatif que prohibitif. Diminuer au passage la part modale de l?automobile est, bien entendu, compris de tous, si elle est compensée par d'autres moyens de transport tout aussi efficaces.

La lutte contre le dérèglement climatique est l?affaire de tous et mérite de dépasser les clivages et les sectarismes. Or, la politique qui a consisté à créer des embouteillages sans proposer de véritable politique alternative a suscité des antagonismes entre cyclistes et automobilistes, piétons et cyclistes, a fini par créer un enfer pour tous sans pour autant apporter la moindre solution efficace aux besoins des franciliens qui se sont massivement reportés sur l?utilisation des deux-roues motorisés dangereux, sonores, polluants et encombrants pour les trottoirs parisiens, parce que Vélib?, c?est sympathique, mais ce n?est pas magique, surtout quand il pleut et que les trajets sont longs.

De l?ère de la contrainte, de l?agressivité, du sectarisme, il était donc très urgent de sortir pour arriver à plus de raison et plus de soucis pour la liberté du travail et le bien vivre de tous.

Non, nous ne sommes pas encore au paradis, mais force est de reconnaître qu'il y a un progrès.

Un exemple concret : la décision d'installer la rupture de charge du T3 sur le cours de Vincennes et son implantation latérale sont, nous semble-t-il, un exemple d'une solution relativement équilibrée qui prend en considération les exigences liées à la sécurité des piétons et à l?intermodalité, en même temps que celle d'une gestion sensée de la circulation et de l?insertion urbaine. Ces considérations nous paraissent, dans leur ensemble, plus respectueuses des intérêts de tous et primordiales pour préparer l'avenir d'un grand Paris. Envisager ce tramway comme une vraie nouvelle offre de transport, permettant un report modal périphérique, éviter les traverses inutiles de Paris sont les objectifs à atteindre dans les décennies à venir.

Notre second v?u porte sur les voies pénétrantes, parce qu'il n'est pas envisageable d'enfermer Paris derrière son tramway. Nous formulons donc le v?u que soient respectés les axes existants aux portes de Paris, et en particulier les axes d'intérêt régional.

La vie économique et la vie au quotidien ont leur réalité : livreurs, taxis ou résidents doivent pouvoir sans trop d'encombre, qui génère du stress et de la pollution, entrer ou sortir de Paris. Cela relève de la plus élémentaire des libertés et n'empêche en rien l'incitation à prendre les transports en commun.

Renoncer à créer de nouveaux obstacles à la fluidité de la circulation, c'est aussi éviter que ne soient obstruées les voies du tramway et permettre une plus grande productivité de leurs lignes. Le contre exemple de la Porte de Versailles ne doit plus se produire.

De même sommes-nous très interrogatifs sur l'opportunité de combler le tunnel de la Porte de Charenton, et souhaiterions comprendre les raisons de cette décision qui nous échappe.

Sur son coût maintenant, vous aviez annoncé un coût de 612 millions d?euros pour l'extension, mais la réalité est tout autre. Ce projet va en fait se chiffrer à un montant beaucoup plus élevé car encore faut-il y ajouter toutes les dépenses indirectes qui en découlent, et c'est le cas de le dire puisque c'est le coût du détournement des canalisations d'eau et autres réseaux qui vont vertigineusement faire monter la facture. En tout, ce sont plus de 80 millions d'euros qui seront supportés par les budgets annexes de l'assainissement et de l'eau, soit une augmentation du coût de 13 %.

C'est dire que la productivité et la rapidité du déplacement offert devront être à la hauteur de ces investissements. La mise en circulation prévue, évidemment, en 2012 sera aussi l'occasion de dresser un bilan des nouvelles offres de transport. Le grand Paris aura fait ses premiers pas. Il ne pourra se réaliser que si un véritable projet structurant est adopté d'ici là.

Nous attendons avec impatience les propositions de Christian BLANC sur une rocade de métro en grande ceinture qui, nous n'en doutons pas, sera accueillie par l'ensemble des élus parisiens avec une pensée toute métropolitaine, et la largeur d'esprit qu'elle doit susciter. Parce qu'il faut préparer ensemble l'avenir de Paris, et comme l'a lui-même déclaré, Monsieur le Maire, dans un journal du dimanche, des enjeux aussi essentiels que le logement, les transports, le défi environnemental ou la dynamique économique impliquent aujourd'hui de raisonner à une nouvelle échelle.

Nous partageons cette analyse et appelons de nos voeux qu'elle soit suivie d'effet.

Merci, Madame le Maire.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Madame CUIGNACHE-GALLOIS.

Je donne la parole à Mme Michèle BLUMENTHAL.

Mme Michèle BLUMENTHAL, maire du 12e arrondissement. - Merci, Madame la Maire.

Dans le cadre de la politique des déplacements, conforme au plan de déplacements parisien et francilien, la Municipalité parisienne a choisi et réalisé pendant la mandature précédente le tramway sud, reliant le pont Garigliano à la Porte d'Ivry.

A la suite de son succès, plus de 100.000 voyageurs jour, un taux de satisfaction égal à 97 %, la Ville de Paris a choisi de poursuivre l'extension du tramway à l'est et vers le nord. De plus, l'expérience du TMS nous montre que le tramway, tout en favorisant les transports collectifs propres, les circulations douces, diminue l'accidentologie et le trafic routier et a un impact économique avéré pour les commerçants présents sur le parcours après la mise en servive du tramway.

Le vote d'aujourd'hui est donc important pour Paris, les communes limitrophes et le 12e arrondissement. Les objectifs sont ambitieux : favoriser les transports collectifs propres, les circulations douces, diminuer le trafic routier, ses nuisances, mieux partager l'espace public, requalifier l'espace urbain le long des boulevards des maréchaux, atténuer la coupure entre Paris et les communes limitrophes. On ne peut donc que regretter que l'Etat, en complète contradiction avec le Grenelle de l'environnement, et qui avait précédemment financé 16 % du TMS, ne participe pas financièrement à son extension.

La mise en ?uvre du projet d'extension du tramway a débuté dès 2007. Après l'approbation du projet par le S.T.I.F. en octobre 2007, les débats publics organisés en juin 2007, nous sommes entrés dans la phase d'enquête publique qui s'est terminée le 7 juin 2008. La commission d'enquête a remis son rapport le 28 novembre alors qu'il était attendu fin juillet, et ce retard nous a empêchés de communiquer, de consulter les habitants, d'où les réactions que l'on observe parfois depuis la date de la remise du rapport. Ce temps d'explication et de dialogue nous a manqué.

Pendant la phase de l'enquête publique et jusqu'au rendu du rapport, les services de la Ville et les élus ont bien sûr travaillé et fait évoluer le projet en portant et relayant les intérêts de tous. Ceux, bien sûr, des habitants mais aussi ceux des futurs utilisateurs du tramway, comme de tous les autres transports collectifs ou individuels.

L'un des élément qui a posé interrogation, la coupure du nouveau tramway à la Porte de Vincennes, correspond à une demande de la R.A.T.P. exprimée en mai 2007 au moment de l'élaboration du dossier d'enquête publique, validé par le S.T.I.F. en juin 2007 (comité des décideurs) puis en septembre 2007 (commission du suivi avec l'ensemble des élus, y compris des élus de Paris de la précédente mandature.

Cette coupure répond aux problèmes posés par un arc unique correspondant à une ligne de 22 kilomètres avec 42 stations. Cela aurait été alors la ligne la plus longue des réseaux de tramway en France, dans un milieu urbain dense et homogène sur l'ensemble du tracé avec de nombreux carrefours à traverser, entraînant une baisse du service rendu aux usagers: retards, tramways bondés, etc.

Sur la localisation de la coupure, je souhaiterais simplement rappeler que d'autres hypothèses ont été étudiées Porte de France, Porte de Charenton, Porte des Lilas. Mais seule celle de la Porte de Vincennes permet de répondre à l'ensemble des objectifs : correspondance optimale avec un mode lourd qui correspond à un flux voyageurs trois fois supérieur à la correspondance tram-tram, répartition optimisée entre les deux arcs dans la perspective d'un prolongement à la Porte d'Asnières, voire même à la Porte Maillot, et enfin disponibilité des emprises.

Prenant acte de la nécessité de cette coupure, nous avons travaillé pour qu'elle soit la plus satisfaisante possible, en termes d'intermodalité avec les autres modes de transport, de sécurité des établissements scolaires, des cyclistes, des cheminements piétons, en diminuant la largeur de la chaussée, en aménageant la trémie du métro, tout en favorisant le cheminement piéton sur les contre-allées.

Ce travail se poursuivra tout au long de l'approfondissement du projet, et je resterai vigilante.

Les élus du 12e arrondissement ont également travaillé à ce que le parcours du tramway soit le plus satisfaisant possible pour tous dans notre arrondissement. Je suis heureuse, par exemple, d'avoir obtenu la garantie que les quais de tramway se trouveront en vis-à-vis à la station Montempoivre, améliorant ainsi la sécurité au niveau du groupe scolaire Paul Valéry.

Comme nous l'avons dit dans toutes les réunions, nous souhaitons la création d'une station supplémentaire à la Porte de Reuilly, station qui pourrait desservir le quartier Vallée de Fécamp et la pelouse de Reuilly, notamment lors des manifestations importantes qui s'y déroulent.

La station Baron Leroy doit être un accélérateur de l'aménagement du secteur Bercy-Charenton, cependant il est impératif pour la mairie du 12e qu'avec l'extension du tramway T3, la rue Baron Leroy soit prolongée, permettant ainsi de désenclaver le quartier de Bercy ou travaillent plus de 3.000 personnes, mais aussi mieux desservir la gare de Bercy amenée à tripler son trafic, et aussi la commune de Charenton.

Dans le 12e arrondissement, dès que cela a été possible avec le rendu du rapport, nous avons fait le choix de communiquer largement. Aussi le 1er décembre avec Annick LEPETIT et les élus du 20e arrondissement, nous sommes allés à la rencontre des habitants du quartier de la porte de Vincennes, le 4 décembre nous avons organisé une réunion sur le déplacement du marché Poniatowski, déplacement inhérent aux travaux du tramway. Enfin,  le 22 janvier, nous présenterons l'ensemble du projet pour notre arrondissement.

Choisir le tramway, c'est faire le pari de l'avenir, le pari d'une ville qui respire mieux, qui s'embellit, qui partage mieux l'espace public et qui innove.

L'avenir, ce sont d'abord les travaux et nous serons vigilants à ce qu'ils se déroulent de la façon la plus sécurisante et la moins contraignante pour tous.

L'avenir, c'est aussi le prolongement du tramway jusqu'à la Nation, conformément au v?u qui a été voté dans le 12e arrondissement au Conseil de Paris, j'appuierai fortement la demande d'étude de ce prolongement, sachant que l'aménagement actuel de la correspondance Porte de Vincennes le permet.

Merci.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci à vous, Madame BLUMENTHAL.

La parole est à M. Denis BAUPIN.

M. Denis BAUPIN, adjoint. - Merci, Madame la Maire.

Franchement, cet après-midi, on ne va pas cacher notre joie en tant que groupe des "Verts", d'abord parce que le résultat de l'enquête publique, le rapport de la commission d'enquête, est venu valider des mois et des mois de travail, des dizaines et des dizaines de réunions de concertation, menées notamment avec les communes limitrophes. Pendant de très nombreux mois, nous avons travaillé pour préparer cette prolongation du tramway jusqu'à la Porte de la Chapelle, voire même au-delà c'était notre souhait. Je voudrais vraiment remercier l'ensemble des services qui ont travaillé sur ce projet, parce que ce travail été totalement validé par cette enquête publique, à part un point sur lequel je reviendrai dans quelques instants.

C'est donc un grand plaisir de savoir qu'aujourd'hui avec le vote de ce projet de délibération nous allons pouvoir poursuivre le tramway des Maréchaux.

Et quelle joie, quelle validation du projet de tramway des maréchaux que d'entendre aujourd'hui nos collègues de l'opposition municipale se sentir enfin obligés de voter pour le tramway. Quel meilleur hommage au succès du tramway des maréchaux. On sent bien que cela passe mal, c'est-à-dire que les circonvolutions, les discours idéologiques, etc., on en entend encore beaucoup mais aujourd'hui nous ne sommes plus à l'époque où M. COPPÉ faisait campagne pour les régionales en disant que le tramway allait être la muraille qui aller encadrer Paris, nous ne sommes plus à l'époque où Mme de PANAFIEU déclarait que le tramway était à rebours de l'histoire.

Nos collègues ont enfin compris que les Parisiens, que les Franciliens ont besoin de transports collectifs, qu'ils ont besoin de ce tramway des maréchaux et que voter contre ce tramway?

Mme Laurence DOUVIN. - Ce n'est pas possible !

M. Denis BAUPIN, adjoint. - Oui, c?est grâce à ceux qui ont eu le courage, en effet, pendant des années, face à vos récriminations et à tous les obstacles que vous avez cherché à mettre en place, qui ont eu le courage, en effet, de porter ce projet.

Je ne veux surtout pas bouder mon plaisir d'entendre aujourd'hui la droite parisienne comprendre enfin ce que la droite, d?ailleurs, dans beaucoup d'autres villes avait compris depuis longtemps : c'est qu'il y a besoin de transports collectifs et que le tramway, c?est le transport collectif moderne, celui qui permet de reconquérir l'espace, celui qui permet à nos concitoyens qui ont envie de transports collectifs de qualité de ne pas forcément toujours être en sous-sol.

Il y a donc besoin du tramway des Maréchaux et de le prolonger le plus loin possible.

Quand j'entends même Mme DOUVIN nous dire qu?il faudrait le prolonger jusqu?à la Porte Maillot, on croit rêver ! On est passé à une autre époque ! On est passé au XXIe siècle ! C?est incroyable !

Evidemment, je ne voudrais pas redire ce que beaucoup de nos collègues ont déjà dit sur ce succès du tramway, notamment je voudrais corriger certains chiffres que j'ai entendus.

C'est plus d'un doublement de la fréquentation, par rapport au bus PC, du tramway des Maréchaux Sud. Si on a bien ces problèmes aujourd'hui de coupure de la ligne en deux, c'est à cause du succès de cette ligne qui montre bien les difficultés que l'on pourrait rencontrer, notamment en matière de régularité du tramway.

Evidemment, c'est connu, nous avons, nous "Les Verts", par rapport au projet tel qu'il était conçu, deux regrets que je vais forcément exprimer ici.

Le premier est que le tramway s'arrête à la Porte de la Chapelle. Nous souhaitons que le tramway aille au-delà et nous aurions souhaité que, dans le projet qui était soumis à l'enquête publique, ce tramway aille jusqu'à la Porte d'Asnières. C'était cohérent avec le Plan de déplacement de Paris, avec le S.D.R.I.F., avec l?enquête publique sur Clichy-Batignolles. Il y a toujours nécessité de faire cette prolongation à la Porte d?Asnières.

Je me réjouis d?ailleurs que, dans le v?u proposé par l'Exécutif, cette question soit remise à l'ordre du jour et qu?il soit demandé au Syndicat des transports d'Ile-de-France d'aller dans la poursuite des études sur cette prolongation, d'autant qu'elles sont déjà très largement avancées, puisque la partie concernant la Ville de Paris est déjà faite, et que l'on puisse engager les procédures juridiques qui permettent d?engager cette prolongation du tramway au-delà de la Porte de la Chapelle jusqu'à la Porte d'Asnières.

Evidemment, se pose la question du financement. De ce point de vue, il est toujours très amusant d'entendre nos collègues de l'U.M.P. faire des circonvolutions pour expliquer que, oui, il faut plein de projets de transports collectifs, déposer des v?ux, etc., mais ne jamais s?interroger sur la façon de les financer et ne jamais émettre le moindre regret, ne serait-ce que le moindre regret, sur le fait que le Grenelle de l'environnement n'ait débouché sur aucun financement. Zéro ! Zéro de chez zéro, sur le financement des transports collectifs en Ile-de-France ! Rien ! Pas un sou !

Donc, on est là dans du discours. On entend dire que Christian BLANC qui, franchement, s'est plutôt exprimé contre la rocade de métro, serait tout d'un coup attendu comme le messie, comme celui qui allait résoudre les problèmes ! Encore faudrait-il qu?à un moment ou à un autre, on nous explique comment on le financera. Soit on le finance par des contributions publiques et uniquement par les contributions publiques, donc l'Etat devra y prendre sa part, soit il faudra trouver d'autres mécaniques de financement. On a déjà, à de nombreuses occasions, fait des propositions sous forme d'écotaxe, sous forme de péage sur les autoroutes ou autres pour financer les transports collectifs, si l'Etat ne veut pas être au rendez-vous. En tout cas, il y a bien un moment où il faudra des financements, y compris pour financer la prolongation à la Porte d'Asnières.

L'autre sujet, évidemment, c'est le fait que ce projet ne permette pas, en tout cas ne prévoit pas pour l'instant la prolongation jusqu'à la place de la Nation.

Je rappelle qu'au moment où a été évoquée, très tardivement d'ailleurs, par le S.T.I.F. et la R.A.T.P. la nécessité d'une interruption de la ligne en deux arcs, on était déjà quasiment à la fin du débat public, il avait été recherché l'endroit le plus pertinent pour le faire et les propositions faites par le S.T.I.F. étaient une interruption à la Porte de Vincennes qui permette la prolongation jusqu'à la Nation. Or, aujourd'hui, cet engagement n'est pas tenu. Le S.T.I.F. n'a pas souhaité permettre une prolongation à la Nation dès cette prolongation du tramway.

Donc, on se retrouve dans cette situation où, sans la cohérence d'aller jusqu'à la Nation, on a un problème d'organisation de l'interruption à la Porte de Vincennes et donc des projets qui tous, ceux qui sont évoqués aujourd'hui, ont des avantages et des inconvénients et qui restent relativement inachevés tant que l'on n'ira pas jusqu'à la Nation.

Au jour d?aujourd'hui, ce que je constate, et je souhaite que l'on se donne la capacité de poursuivre - et c'est le sens du v?u déposé par le groupe "Les Verts" -, que l'on continue à réfléchir sur le bon équilibre, vu l'urgence dans laquelle on a été, pour trouver le bon équilibre entre les différentes solutions et que le critère que l'on privilégie soit celui de la sécurité : la sécurité des piétons, la sécurité des usagers, la sécurité des cyclistes.

Il est vrai que le projet tel qu'il est présenté aujourd'hui comporte la grosse difficulté de proposer que les usagers du tramway qui voudront aller de l'arc sud à l?arc nord, ou inversement, doivent traverser une 2x3 voies. On est d?ailleurs en droit de se demander si, en face d'une départementale qui traverse Vincennes, il faut forcément mettre en place une 2x3 voies, quand on voit, par exemple, qu'au niveau de l'avenue d'Italie - et cela, c?était à l?époque de l'ancienne mandature, celle de M. TIBÉRI -, on avait souhaité mettre l'avenue d'Italie à 2x2 voies en face d'une autoroute et d'une route nationale. Comme quoi c'était possible à l'époque et qu'aujourd'hui, face à une route départementale, on nous dit qu?il faudrait absolument mettre une 2x3 voies. Il est vrai que cette question du dimensionnement du cours de Vincennes est un des invariants ou une des conditions qui rende d'autant plus difficile la sécurité des usagers.

Je me réjouis du travail qui a pu être effectué avec les services de la Ville depuis la réunion publique pour essayer de trouver les meilleures conditions pour faire en sorte que le tramway des Maréchaux, son extension et l'interruption à la Porte de Vincennes puissent être regardés de façon la plus attentive et trouver les meilleures solutions pour l'amélioration de la sécurité des correspondances. Je pense que l'on peut encore progresser, des pistes sont tracées dans le v?u de l'Exécutif, donc c'est un signal très intéressant, notamment la volonté de retourner devant les conseils de quartier pour pouvoir avancer.

Je me réjouis de ce climat d'ouverture et du travail que l'on a pu entamer avec Annick LEPETIT sur cette évolution.

Je souhaite que cela puisse se poursuivre jusqu'au moment où le conseil du S.T.I.F., c'est-à-dire mi-février, devra statuer sur ces améliorations. Peut-être que, par rapport au texte de certaines formulations du v?u, qui ne sont pas complètement claires, je voudrais savoir, quand on dit que l'on souhaite étudier la remise en place des couloirs de bus, est-ce bien la volonté de la Ville de Paris de mettre en place ces couloirs de bus et de taxis sur le cours de Vincennes de façon qu'ils ne soient pas pris dans la circulation globale et qu'il n'y ait pas de régression dans leurs déplacements ?

Lorsqu?on parle des contre-allées et de prévoir le déplacement piétonnier, est-ce que l'aménagement, comme on a pu l'évoquer dans certaines discussions, sera bien un aménagement qui réellement ferait en sorte que, quelque part, on mette les dispositifs du type de ceux que l'on a mis sur le terre-plein Saint-Paul en matière de priorité piétonne ?

Quelles sont les perspectives dans ces aménagements qui permettraient, au moins si c'était la solution proposée aujourd'hui qui serait retenue en matière d'aménagement de la Porte de Vincennes, de réellement aller dans le sens d'une amélioration du dispositif pour les usagers et pour la sécurité ?

Voilà notre état d?esprit. En tout cas, il est toujours extrêmement constructif, évidemment, pour le tramway. Ce que nous souhaitons, c'est que ce projet puisse être réalisé, qu'il soit réalisé dans les meilleures conditions et que notamment sur les deux points que j'ai évoqués et qui restent pour nous des points sur lesquels nous sommes en attente, nous puissions continuer à progresser ensemble.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci beaucoup, Denis BAUPIN.

Madame Anne-Constance ONGHENA, vous avez la parole.

Mme Anne-Constance ONGHENA. - Mesdames et Messieurs les élus, comme vous, très certainement, j?ai lu avec attention le rapport de la commission d?enquête publique, et sa lecture nous amène à deux constats et nous incite à vous poser un certain nombre de questions.

Le premier constat : c'est l'extension du T3 est une équation aujourd'hui avec encore plusieurs inconnues.

La première inconnue, qui a déjà été largement évoquée depuis tout à l'heure : la station Porte de Vincennes où, pour ne pas entraver le trafic automobile, la commission d'enquête a demandé la création de deux stations, de part et d'autre du cours de Vincennes, au lieu d'une seule en rive nord.

Nous avons deux questions à ce niveau de la réflexion : comment allez-vous réussir l?aménagement de deux stations Porte de Vincennes, tout en assurant la compatibilité avec le prolongement de la ligne place de la Nation ? Quand allez-vous engager une réflexion d'ensemble sur la gestion du trafic routier du cours de Vincennes puisqu'il devra accueillir quatre voies ferrées et non plus plus deux, comme le projet d'origine le laissait supposer ?

Deuxième inconnue : les acquisitions foncières. Pour que le projet puisse s'engager, vous devez avoir résolu la question des acquisitions foncières le long du tracé et vous êtes loin d'avoir abouti.

Dans le 19e, les emprises foncières concernées sont situées en bordure de la rue de la Clôture, dont le propriétaire est la S.N.C.F., en bordure de la BH 19 et du boulevard Macdonald, dont le propriétaire est le ministère de la culture, dans les 12e, 13e et 20e, des terrains sont également concernés avec là encore, plusieurs propriétaires avec lesquels négocier.

J'ai interrogé le maire du 19e arrondissement lors du dernier Conseil sur ce point. Sa réponse nous a permis de constater que les acquisitions foncières n'étaient pas sous contrôle, ni en termes de délais, ni en termes d'impacts financiers.

Je vous rappelle que le dossier d'enquête publique rappelle que seuls 4 millions d'euro sont prévus pour l'acquisition de l'ensemble de ces terrains.

Bien évidemment, nous aimerions avoir un état d'avancement précis des négociations en cours et des montants prévisionnels réalistes pour ces investissements.

Troisième inconnue de taille : le franchissement de la Seine.

Babiole ou casse-tête ? L?élargissement du pont National concerne également ses extrémités, les deux ponts qui permettent au trafic routier de franchir le quai Panhard et Levassor, rive gauche, et le quai de Bercy.

Deux questions : où est disponible l'état des lieux précis des contraintes techniques et juridiques pour réaliser cet élargissement ? Seulement 3,2 millions d'euros hors taxes ont été provisionnés pour un tel ouvrage : est-ce bien réaliste ?

Quatrième inconnue, le quai de la Gironde.

L'épingle à cheveux du tracé du T3 entre l?avenue Corentin-Carriou et le quai de la Gironde sera source de ralentissements et de crissements métalliques des roues du tramway. Le rapport ne fournit aucune précision sur les mesures techniques à mettre en ?uvre pour en minimiser les effets.

Et vous, que proposez-vous ?

De plus, j'ai bien noté que M. BAUPIN se réjouissait. Néanmoins, je voudrais lui rappeler qu'il faudra abattre les platanes centenaires du quai pour laisser place au T3 alors qu'un tracé direct de la plateforme sous le pont-rail de la porte de la Villette aurait permis d'éviter ce massacre.

Cinquième inconnue : la mise en perspective du T3 avec les autres projets de transports en commun, notamment dans le cadre de l'aménagement de la Z.A.C. ?Paris Nord-Est?.

Nous sommes perplexes. Comment la Ville se positionne-t-elle par rapport aux recommandations du Conseil régional qui, dans ces travaux, recommande une circulation du tramway sur la Petite ceinture ou encore une interconnexion avec le TramY qui pourrait même circuler sur les mêmes voies sur certains tronçons. Ces propositions sont tout à fait intéressantes. Pourquoi ne vous positionnez-vous pas ?

Comment le projet du Charles De Gaulle Express va-t-il influencer le T3 ? La gare Éole Évangile nous laisse rêveurs, les habitants du 19e la verront-ils un jour ?

Par ailleurs, l'absence d'une véritable interconnexion avec le T3 nous semble difficilement imaginable. Je tiens aussi à vous rappeler que le S.T.I.F., dans son budget 2009, a inscrit un investissement significatif pour renouveler les voies de la gare du RER E à Pantin, voisine à pied du projet de localisation de la gare Éole Évangile.

Enfin, sixième inconnue : trois semaines.

Les conclusions de l'enquête publique ont été remises au Maire de Paris le 10 novembre. François DAGNAUD nous a confirmé cette information le 17 novembre lors du Conseil du 19e arrondissement. Or, la présidente, Mme Marie-Claire EUSTACHE, a écrit de manière manuscrite sur le rapport qu'il avait été remis le 28 novembre. Pourquoi ? Que s'est-il passé pendant ces trois semaines. La récente nomination de Mme EUSTACHE à la présidence de la commission d'enquête publique pour la modification du P.L.U. a-t-elle un lien avec ce laps de temps pendant lequel nous ne savons pas bien localiser le rapport ?

Deuxième constat, la multitude des inconnues de l'équation aura des incidences financières non maîtrisées à ce jour sur le budget de l'opération.

Il est clair qu'il manque de manière incontestable une gouvernance commune de ce projet avec la région Île-de-France. Quelle est la vision qui sous-tend l'ensemble de ces projets de déplacement ? Dire que ce sont les mêmes familles politiques qui dirigent aujourd'hui à la fois la Ville de Paris et la Région Ile-de-France?

Puisque nous abordons la question financière, cruciale au moment où pour boucler son budget, l'Exécutif municipal a recours à une hausse historique des impôts des Parisiens, comment allez-vous financer les différentes inconnues du prolongement du T3 ?

Dans le dossier d'études préalables, le coût global a été estimé à 820 millions d'euros hors taxes, très rapidement réévalué à 931 millions d'euros hors taxes. Nous dépassons le milliard en TTC. Aujourd'hui, tous les coûts supplémentaires ou les approximations dans le chiffrage initial abondamment soulignés dans le rapport de la commission d?enquête publique laissent à penser aux meilleurs experts de la question que cette somme pourrait doubler, frôlant ainsi les 2 milliards d'euros.

Comment allez-vous payez ? Si les élus du groupe U.M.P.P.A. sont tout à fait favorables au tramway, qui améliore les quartiers qu'il traverse - nous l'avons constaté sur le premier tronçon -, nous nous interrogeons vraiment sur la question financière. Combien les parisiens devront-ils payer pour emprunter le T3 jusqu'à la porte de la Chapelle ?

(M. le Maire de Paris reprend place au fauteuil de la présidence).

Enfin, dernière question, pourquoi déposez-vous sur table à 13 heures 15 un v?u fourre-tout qui compte neuf propositions. Vous faites de ce débat organisé quelque chose d'important et en parallèle, en catimini, vous faites des contre propositions structurantes pour le T3.

Sincèrement, comment imaginez vous que nous avons eu le temps de travailler sur vos propositions ? Votre conception du débat démocratique est décidément tout à fait singulière.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame.

La parole est à Mme Halima JEMNI.

Mme Halima JEMNI. - Les projets de délibération qui nous sont aujourd'hui soumis marquent une étape supplémentaire dans la volonté de la Municipalité de mener une politique de déplacement ambitieuse et vient en confirmer les points forts dont témoigne le succès du tramway actuel.

Prolonger ce dernier est donc un enjeu essentiel, et le groupe socialiste radical de gauche et apparentés se réjouit que l'avis favorable de la commission d'enquête permette cette nouvelle étape qu'est la déclaration de projet.

En effet, l'extension de la porte d?Ivry à celle de la porte de la Chapelle est une opportunité de développement et de transformation unique pour les cinq arrondissements et onze communes limitrophes concernées.

En effet, en finançant seules ce projet d?extension quand l?État ne met pas un centime, la Ville de Paris et la Région sont en totale cohérence avec leurs politiques de solidarité territoriale et à l'heure de leur adhésion au syndicat mixte Paris Métropole.

La première opportunité offerte par ce projet est bien entendu la requalification urbaine que permet l'extension du T3, point commun aux autres arrondissements et à ce titre développé par Michèle BLUMENTHAL, je ne m'y attarderai pas.

Je soulignerai néanmoins l?attente forte des riverains de ces secteurs, installés à une époque où le logement social était relégué à l'est sans aucun accompagnement économique, urbain ou social.

Le long des boulevards des Maréchaux, de "Paris-Rive gauche" jusqu'au vaste secteur de développement "Paris Nord-Est", la transformation urbaine et la valorisation des espaces liés au tramway seront des changements majeurs dans l'environnement et le quotidien des riverains de ces secteurs très densément peuplés, étant délaissés avant 2001, et ils contribueront indéniablement à l'amélioration de leur qualité.

Les deux autres opportunités que je souhaite aborder sont plus spécifiques au tracé du 19e arrondissement.

Il y a d'une part le réaménagement de la porte de Pantin et le centre de maintenance Ladoumègue qui le borde.

Après le réaménagement de la Porte des Lilas dans la précédente mandature, c'est celle de Pantin qui bénéficiera des aménagements liés au T3. Entre la couverture des trémies des Maréchaux, la prise en compte des circulations liées à la Philharmonie de Paris et la refonte complète des circulations douces et routières de cette porte, c'est une nouvelle entrée de ville qui verra le jour.

Quant au centre de maintenance, cette implantation a fait l'objet d'une recommandation portant sur la concertation et les mesures transitoires liées à l'impact des travaux sur les terrains de jeux existants.

J?en profite pour remercier les services de la Ville qui se sont mobilisés pour trouver dans des délais restreints des sites alternatifs et de qualité pour les terrains de grands jeux tout en couvrant des aires de jeu existantes du 19e pour les rendre désormais utilisables toute l'année.

Parallèlement, la mairie du 19e n'a pas attendu cette recommandation pour tenir le mouvement sportif informé, ainsi que la communauté scolaire, des évolutions du dossier.

Le 4 décembre dernier, en présence de Roger MADEC et de Jean VUILLERMOZ, le projet lauréat pour la reconstitution et l'extension des équipements sportifs du stade Jules Ladoumègue a été présenté aux mairies et aux partenaires concernés.

Un comité de suivi est également constitué afin que l'information, la concertation et l'échange accompagnent en permanence ce projet.

Plutôt que d'attiser, comme l'on fait certains élus locaux U.M.P., des peurs et d?essayer de monter le mouvement sportif contre ce projet, il est plus responsable et courageux de leur tenir le discours de vérité sur les difficultés liées à la période transitoire, et de mettre en perspective un équipement qui sera en 2012 entièrement rénové, agrandi, et desservi par un arrêt de T3 au pied de sa nouvelle entrée, et sans doute l'un des plus beaux de tout Paris.

Le dernier point de mon intervention concernera la nouvelle vision urbaine développée autour du T3 dans le Nord-Est parisien et plus précisément encore dans le 19e arrondissement, seul endroit de Paris où le tramway quittera les Maréchaux, le tracé qu'il emprunte raconte et met en perspective les ambitions de Paris en matière de réaménagement urbain et d?intercommunalité.

C'est d'une part le tracé en bordure de Pantin plutôt que du Parc de la Villette pour prendre en compte le réaménagement de cette commune. C'est également et surtout l'immersion au coeur du projet Paris Nord-est du tracé du T3.

Avec un arrêt au pied de la Z.A.C. "Claude Bernard" en cours de réalisation et un passage osé dans la faille à créer au sol des 600 mètres de long de l?entrepôt "MacDonald", le T3 irriguera et sera le moteur de l'attractivité et du développement de Paris Nord-est.

Dans un secteur entièrement repensé et réaménagé, les potentialités de l'interconnexion avec la future gare du R.E.R. Eole-Evangile et le tramY de Seine-Saint-Denis sont à la hauteur de ces 200 hectares en aménagement.

Surtout, ces interconnexions sont l'expression d'un projet qui s'inscrit au-delà de Paris et qui entend mailler des territoires hors de leurs limites administratives.

La surdité de l'Etat face à cette réalité d'un projet qui met en avant l'intérêt général et dépasse les clivages habituels est d?autant plus consternante.

A cet égard, le Grenelle de l?Environnement en est le strict opposé : beaucoup de communication et peu de projets.

Enfin, puisque nous évoquons le désengagement de l'Etat, je tiens à faire part d'un certain nombre d'autres conséquences de ce retrait.

En effet, en lien avec mes collègues du 18e arrondissement, j?interviendrai sur cette extension à la porte d'Asnières qui permettrait d'améliorer la desserte de quartiers denses et actuellement mal reliés aux transports collectifs lourds.

Au-delà, cette extension serait de nature à soulager la ligne 13 du métro grâce à une correspondance porte de Clichy et offrirait de surcroît une correspondance très utile avec la ligne 4.

En sachant que cette extension est fortement attendue par de nombreux Franciliens, qu?en est-il au stade de la déclaration de projet de cette demande au regard de la lecture sectaire et partiale de ce dossier par l'Etat ?

Le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés souhaite qu'une solution soit apportée à ce qui constitue une interrogation légitime des élus et des riverains concernés et conscients que l?extension du tramway constitue un élément majeur du développement du Nord-est parisien, nous approuvons bien entendu ces projets de délibération.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vous remercie.

La parole est à Mme Frédérique CALANDRA.

Mme Frédérique CALANDRA , maire du 20e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

L'extension du tramway T3 est une priorité pour Paris et pour nos arrondissements, c'est donc une chance pour le 20e arrondissement dont je veux me réjouir aujourd'hui avec vous tous.

C'est une chance pour développer des modes de déplacement collectif à la fois efficaces et non polluants en doublant la capacité du bus PC notamment.

A cette occasion, le réseau de bus sera réorganisé par la R.A.T.P. dans nos arrondissements, et le système Vélib? va se développer avec des stations supplémentaires favorisant l'intermodalité.

C'est l'offre de mobilité dans son ensemble qui sera dynamisée mais l'extension du T3 est une opportunité unique pour revaloriser des espaces publics délaissés.

La sécurité routière et plus particulièrement celle des piétons va être considérablement améliorée sur l'ensemble des boulevards des Maréchaux.

Ma collègue du 12e arrondissement l?a dit. J'y insiste. En effet, sur le tronçon sud, l'accidentologie a baissé de 40 %, ce qui est particulièrement spectaculaire.

Sur les boulevards Davout et Mortier, cette amélioration de la sécurité routière est attendue avec impatience par les habitants, notamment parce que nous y trouvons de grands groupes scolaires et la traversée des élèves pose de nombreux problèmes.

Les quartiers périphériques situés entre le boulevard des Maréchaux et le boulevard périphérique vont enfin connaître une restructuration urbaine à la hauteur des difficultés qu'ils rencontrent, tant en termes d'exposition aux pollutions que des difficultés sociales.

Au-delà de la simple infrastructure du tramway, ce sont des espaces verts qui vont être développés ou restructurés, des trottoirs élargis, des pistes cyclables réalisées, des placettes réaménagées, des oeuvres d'art créées.

Au-delà de la seule question des transports, c'est bien d?un projet de restructuration de tout l'espace public destiné à améliorer la qualité de la vie dans ces quartiers et leur vitalité économique dont nous débattons aujourd'hui.

Comme vous l'avez compris, dans le 20e arrondissement, nous attendons avec impatience le tramway. Nous avons cependant quelques inquiétudes, en particulier au sujet des problèmes liés aux conséquences de la coupure du tramway en deux arcs à la porte de Vincennes, c'est la raison pour laquelle notre Conseil d'arrondissement a voté et présenté un v?u.

Lors de la réunion d'information du premier décembre avec les habitants, dans le 12e arrondissement, il a été expliqué les raisons techniques pour lesquelles le choix de la coupure s'est imposé.

Toutefois, j'insiste sur le fait qu'une partie de la population indique ne pas avoir compris pourquoi la porte de Vincennes avait été choisie pour l'implantation de cette coupure alors que d'autres sites avaient été proposés.

Pour ma part, je comprends bien les explications qui nous ont été fournies par le S.T.I.F. et la R.A.T.P., j'avais insisté sur le fait que l'on devait présenter très clairement les raisons pour lesquelles on devait écarter d'autres solutions, je pense que cette pédagogie doit encore être renforcée.

Comme Michèle BLUMENTHAL, je provoquerai des occasions de réunions d'information et d'explication avec la population.

C'est pourquoi nous demandons que, dans le cadre notamment d'une nouvelle réunion publique, soit expliquées les raisons techniques qui, en termes d'explication du tramway, de gestion de l?espace public et de circulation ont poussé au choix de la coupure à la porte de Vincennes plutôt qu'ailleurs.

Il m'a semblé, en effet, la dernière fois, que si la R.A.T.P. avait très bien expliqué pourquoi on devait choisir cette solution, on n'avait pas assez expliqué pourquoi on ne devait pas choisir les autres.

Cette coupure a des effets secondaires sur le quartier de la porte de Vincennes.

En effet, en déplaçant l'arrêt porte de Vincennes du boulevard Davout vers le cours de Vincennes, la distance entre la station porte de Vincennes et la station porte de Montreuil passe de 600 mètres à 730 mètres alors que la moyenne des interdistances entre les stations du T3 est de 570 mètres.

Les riverains et les commerçants de ce secteur s'inquiètent à juste titre des conditions de desserte en transport en commun de ce secteur, socialement et économiquement en difficulté.

C?est pourquoi nous insistons sur la demande de création d'une station supplémentaire du T3 sur le boulevard Davout au niveau de la rue Lagny. Le choix a été fait pour assurer la régularité et la vitesse commerciale du tramway, il serait difficilement compréhensible pour les habitants de ce quartier qu'une contrepartie ne soit pas prévue.

De plus, cette station supplémentaire pourrait constituer un levier économique pour ce secteur en plein renouvellement urbain qui pourrait accueillir de nombreux emplois, logements et équipements dans les années à venir, notamment sur l?îlot Davout - Lagny en G.P.R.U. Porte de Montreuil et sur le site actuellement occupé par l?annexe du collège Lucie Faure qui sera libéré dans le cadre du projet de réorganisation du centre bus de Lagny.

Ce quartier, aujourd'hui en difficulté, concerné par le G.P.R.U. de la Porte de Vincennes, sera impacté fortement par les difficultés liées aux travaux du tramway.

Dans le même temps, il connaît toujours un fort déficit d'équipement. Nous espérons donc, et pardonnez-moi d?insister, mais mon rôle est également de porter la parole des habitants de ce quartier, nous espérons que des équipements seront créés dans ce quartier longtemps délaissé, ainsi une bibliothèque et la restructuration des squares Cristino Garcia et de la Porte que je souhaite voir réaménager.

Nous sommes également très concernés par les choix d?aménagement du cours de Vincennes ou niveau de la coupure du tramway en deux arcs.

Le choix d'insertion des terminus des deux arcs de part et d'autre du cours de Vincennes et au plus près des accès de la ligne 1 du métro permet à la fois de maintenir la symétrie du cours, d'aménager de façon équilibrée les deux côtés et d'assurer une bonne correspondance entre le T3 et la ligne 1 du métro.

Toutefois, nous souhaitons indiquer plusieurs inquiétudes. Les usagers du tramway souhaitant passer d'un arc à l'autre devront traverser le cours de Vincennes. Or, cet axe majeur est très circulé et présente aujourd?hui un bilan peu flatteur en termes de sécurité routière.

La Préfecture de police a pris l'engagement d'installer des radars, le passage piéton sera bien identifié, les barrières canaliseront les piétons pour éviter les traversées en dehors du passage.

Il faut certainement aller plus loin afin de ralentir la vitesse de circulation automobile au niveau des stations de tramway et raccourcir la traversée en passant par exemple de trois voies automobiles à deux voies dans chaque sens.

Je me réjouis que cette proposition soit reprise dans le voeu de l'Exécutif. L'aménagement du passage souterrain sous le cours de Vincennes doit devenir réellement attractif pour les usagers du T3.

C?est pourquoi nous demandons que son accessibilité aux personnes à mobilité réduite soit assurée. Dans le même ordre d'idée, l'aménagement de la voie de retournement devant le lycée Ravel constitue naturellement un objet d'inquiétude.

La concertation et la pédagogie devraient nous permettre de rassurer les parents d'élèves sur l'absence de dangerosité de cette installation. La perspective d'un prolongement du tramway à la Nation est également un paramètre important dans les choix d'aménagement de cette coupure.

Enfin, l'insertion urbaine de cette coupure, la qualité des cheminements des piétons et des cyclistes, la qualité de plantations et le remplacement des arbres qui seront abattus retiennent également toute l'attention des habitants et de mon Conseil d'arrondissement.

Comme je l'ai déjà dit, les inquiétudes concernant cette coupure Porte de Vincennes demeurent fortes. Afin d'éviter que ces difficultés n'entachent ce fantastique projet de l'extension du T3, il nous est nécessaire de trouver des réponses aux préoccupations des habitants de ce quartier.

C'est tout le sens du v?u que nous avons adopté en Conseil d'arrondissement et que je suis prête à retirer car je considère que l'essentiel a été repris dans le v?u de l'Exécutif qui, selon moi, constitue un travail très positif.

Je voulais conclure pour m'étonner de l'intervention de la Conseillère de l'opposition, je n'ai pas retenu votre nom, que je viens d'entendre, d'une part sur le fait que ce v?u soit tombé si tard.

Je ne sais pas pour vous, mais nous nous n'avons pas l'habitude de travailler de façon caporaliste, évidemment je comprends que cela vous échappe mais il se trouve que la démocratie fait qu'il y a de nombreux échanges entre les groupes et qu'on cherche des compromis positifs. Ce v?u fait partie de ces choses. Cela nécessite un certain travail d'élaboration. C?est pourquoi cela prend du temps, ce n'est pas forcément facile pour la Maire d'arrondissement que je suis mais c?est comme cela que cela fonctionne.

D'autre part, je tombe de ma chaise lorsque je vous entends parler du coût que l'extension du tramway va constituer pour les Parisiens.

Si coût il y a, si difficulté il y a, c'est bien de votre côté. Posez la question à MM. SARKOZY et BLANC.

Enfin, vous vous étonnez que la Région Ile-de-France et la Ville de Paris, toutes deux dirigées par la Gauche, ne soient pas forcément d'accord sur tout.

Ce sont des sujets extrêmement complexes qui impliquent de nombreuses collectivités, de nombreux habitants.

Nous ne sommes ni bonapartistes ni caporalistes. Chez nous, les décisions ne se prennent pas à l'Elysée. Il se trouve que les décisions se débattent, il y a parfois des contradictions qui traversent les groupes.

Il n'y a pas chez nous un génie, un "Deus ex machina" qui a réponse à tout et dans nos partis, effectivement, nous débattons des choses. Je suis fort heureuse d'être adhérente de l'un de ces partis, vous devez considérablement vous ennuyer.

Débattre très longuement pour que finalement les décisions soient toujours prises par le même, je n?aimerais pas cela personnellement.

Chacun ses goûts, en attendant voilà comment cela fonctionne chez nous, c'est beaucoup plus fatigant, cela prend beaucoup plus de temps mais in fine c'est beaucoup plus satisfaisant et nous nous en réjouissons.

Je remercie le Maire de Paris avec lequel j'ai parfois, en tant que Maire d?arrondissement des rapports pas toujours faciles, d'être, lui, un vrai démocrate.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Frédérique CALANDRA est une élue expérimentée et libre qui pratique cette liberté dont je ne veux pas dire de quelle philosophie elle relève.

La Région et la Ville me paraissent particulièrement d'accord sur le dossier du tramway. J'aurais rêvé que l'Etat soit d'accord avec nous, comme sur le premier tronçon, cela nous aurait coûté un peu moins cher. Pour le reste, cela va très bien avec la maire du 20e.

L'Exécutif va répondre. Ne faites pas des romans même si vous avez besoin d'être complets, je le comprends. D'une part Annick LEPETIT puis sans doute Pierre MANSAT.

Je donne la parole à Mme Annick LEPETIT.

Mme Annick LEPETIT, adjointe, au nom de la 3e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.

Le tramway est un succès, je ne reviendrai pas sur tous les avantages et les services qu'il rend aux Parisiens, aux Franciliens pour leur mobilité quotidienne.

Ce projet, porté par le Maire de Paris et les élus de la précédente mandature, est une véritable réussite et je suis heureuse d?apporter mon soutien et mon engagement pour faire en sorte que le tramway desserve les quartiers des 13e, 12e, 20e, 19e, 18e et, j'espère, 17e arrondissements, car comment imaginer, par exemple, la venue d'un T.G.I. qui ne serait pas desservi par le tramway.

Il ne faut pas oublier non plus les nouveaux quartiers que nous allons faire sortir de terre grâce au travail excellent d'Anne HIDALGO et de l'équipe municipale du 18e arrondissement. Ces logements nouveaux, desservis par la future gare Evangile et le tramway sont la preuve de la cohérence de notre action municipale.

Comme le Maire de Paris l?a si souvent souligné, il s'agit aussi d'une opération d'amélioration des quartiers traversés par le tramway.

Les espaces publics seront réaménagés pour plus de qualité en faveur des piétons, des cyclistes, avec des places de livraison adaptées, des arbres et des espaces paysagers ; je voulais rassurer là quelques-uns des élus qui sont intervenus, notamment sur les arbres.

Il est vrai que le T.M.S. est une réussite. Ce n'était pourtant pas gagné ; souvenez-vous des débats passionnés. Comme l'a souligné Ian BROSSAT, l'absence de soutien des élus U.M.P. ici, dans notre Assemblée, mais aussi dans nos arrondissements, s'entendait, j'ai presque envie de dire, à l'époque.

Non, le tramway ne va pas à l'encontre de l'histoire et si l'histoire, nous l'avons commencée sans vous, j'espère, je souhaite, que nous allons la poursuivre tous ensemble dans l'intérêt de nos concitoyens.

Le Gouvernement se désengage du financement des transports publics, malgré le Grenelle de l'Environnement, comme l?a dit très bien Denis BAUPIN, mais nous poursuivrons nos efforts avec tous les élus qui souhaitent soutenir ce projet ambitieux. J'espère que nous réussirons à vous convaincre, Madame DOUVIN, que la meilleure façon de passer des paroles aux actes sera de financer les projets de transport public dans l'intérêt des Parisiens et, bien évidemment, des Franciliens.

Il faut poursuivre et réaliser la ville de demain, une ville plus durable, avec des transports moins polluants, avec des logements plus accessibles.

Je rappelle que l'Etat a financé les tramway de Strasbourg pour 36 %, de Marseille à hauteur de 27 %, de Saint-Etienne à hauteur de 67 % ; pour le T.M.S., l'Etat a participé à hauteur de 16 %, mais rien, aujourd'hui, pour le prolongement, comme cela a été dit par différents...

M. LE MAIRE DE PARIS. - Ce n'est pas compté dans les 300 millions.

Mme Annick LEPETIT, adjointe, rapporteure. - Tout à fait.

Cela a d?ailleurs été dit et redit par les précédents orateurs et je cite notamment Marinette BACHE.

Je compte, bien sûr, sur tous les Députés, dans le cadre du Grenelle 2, notamment les Parisiens et les Franciliens, pour défendre les projets de transport collectif et, en particulier, le prolongement du T3 à l'Est et au Nord de Paris.

Je vous rappelle que notre ville capte plus de 10 millions de déplacements par jour. Je ne crois pas que pour le développement de notre économie, il soit bon de se désengager du financement des transports publics urbains.

Je rappelle, parce que, tout à l?heure, Mme DOUVIN faisait allusion au Président de la Région, Président du S.T.I.F., que Jean-Paul HUCHON a bien mis le T3 dans la carte du plan de mobilisation de près de 18 milliards d?euros.

J'ajoute aussi que vous avez demandé, Madame DOUVIN, et vous avez rappelé vos v?ux de ce matin, beaucoup de projets de transports publics, de transports en commun et qu'il faut bien, vous l'avez demandé, nous le faisons depuis quelques années maintenant, les financer, comme l?a rappelé d?ailleurs Denis BAUPIN tout à l'heure.

A propos du financement du tramway, je voudrais dire à Mme CUIGNACHE-GALLOIS et à Mme ONGHENA que le coût prévisionnel du projet dans sa totalité est de 820 millions d?euros.

Nous sommes, bien sûr, au stade des études et, bien entendu, ces coûts peuvent varier. Je vous signale qu?il n?a pas bougé depuis le lancement de l'enquête publique, c'est-à-dire depuis 2007. Nous savons que les coûts vont évoluer, mais en tout cas, il n'y aura pas le doublement ou le triplement comme cela a été souligné ici.

Vous aviez parlé de 615 millions d'euros, Madame ONGHENA. 615 millions d?euros, c'est effectivement ce que nous mettons pour le système de transport et c'est la Région et la Ville qui les portent ; la Ville à hauteur de 410 millions d?euros et la Région à hauteur de 205 millions d?euros.

Je tenais à rappeler également qu'il y a le coût des 22 rames supplémentaires ; c'est un coût de 67 millions d?euros. Aujourd'hui, la R.A.T.P. s'est proposée de les financer pour partie, à 50 %.

Voilà quelques détails concernant le financement du tramway qui, j'espère, rassurera, mais nous aidera aussi à sans cesse nous mobiliser pour avoir d'autres financements.

Je ne méconnais pas les difficultés que nous allons rencontrer, car il faut conjuguer à la fois les contraintes techniques et les attentes de nos concitoyens. Je souhaite rappeler ici rapidement les différentes étapes que nous avons franchies depuis que nous avons décidé de prolonger le tramway : un débat public en 2006, le vote au Conseil d'administration du S.T.I.F. en octobre 2007, sur le projet tel qu'il a été présenté dans le dossier d'enquête publique et, enfin, l'avis favorable de la commission d'enquête rendu le 28 novembre 2008.

Avis favorable assorti de trois réserves portant d'une part sur l'assurance par le S.T.I.F. et la R.A.T.P. de garantir la régularité du tramway et de deux autres réserves portant l?une sur l?aménagement des stations du tramway et l'autre sur les voiries sur le cours de Vincennes.

Concernant la première, j'y reviens, Monsieur le Maire, parce qu'il y a des v?ux qui concernent cet aspect des choses, c'est-à-dire la régularité du tramway, les réserves ont été levées par le S.T.I.F. qui a introduit des critères de régularité dans le cadre du contrat négocié entre le S.T.I.F. et la R.A.T.P. Nous devons garantir une qualité de service. Je rappelle que le tramway Sud a une fréquence de cinq minutes maximum, voire quatre minutes aux heures de pointe ; il en sera de même pour l'arc nord, avec une fréquence de cinq minutes.

Cette régularité n'était possible qu'en exploitant le tramway en deux arcs, comme nous l?a confirmé la R.A.T.P.

Souvenez-vous, nous avons eu un débat en mai dernier au Conseil de Paris et nous avons décidé à la suite de plusieurs v?ux, de redemander à la R.A.T.P. et au S.T.I.F. d'expertiser la nécessité de cette correspondance, ainsi que sa localisation.

J'ai tenu une bonne dizaine de réunions techniques et de réunions de travail avec nos partenaires que sont la R.A.T.P., le S.T.I.F. et la Région et, bien sûr, avec les élus locaux concernés.

Toutes les hypothèses ont été étudiées, l'étude de la localisation de stations, que ce soit à la Porte de Charenton, mais il n'y avait pas assez de place pour les deux terminus, à la Porte des Lilas, mais cela donnait un arc Sud beaucoup trop long et des retards trop importants Porte de la Chapelle, mais aussi sur l?avenue de France, dans le 13e, mais sans correspondance possible avec le RER C.

En conclusion, les contraintes techniques nous amènent à réaliser cette correspondance sur le cours de Vincennes avec la ligne 1 de métro et, vous le savez, cette ligne est extrêmement fréquentée par de nombreux usagers.

J'ai aussi à c?ur la sécurité de nos concitoyens.

Nous avons réfléchi à aménager la traversée par deux demi-traversées piétonnes avec un îlot central de trois mètres de large. J'en ai profité pour demander à M. le Préfet de police si nous ne pouvions pas diminuer la vitesse sur cet axe. A ce stade, c?est vrai, la vitesse est limitée à 50 kilomètres/heure, mais je pense que pour améliorer les capacités de cette traversée piétonne, le mieux serait que la vitesse soit limitée à 30 kilomètres/heure. Je ne désespère pas, là non plus, de convaincre M. le Préfet de l'intérêt de limiter la vitesse sur cet axe pour en faire une véritable entrée de ville dans Paris ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, vous le savez tous, les voitures arrivent très rapidement, trop rapidement d?ailleurs, place de la Nation.

En conclusion, nous allons voter aujourd'hui pour un projet apprécié de nos concitoyens.

Je remercie d'ailleurs le groupe socialiste pour le v?u qu'il a déposé hier dans le cadre du débat budgétaire, demandant à l'Etat de financer le projet de tramway et les autres projets de transports publics qui nous tiennent à c?ur.

Je remercie également tous les élus qui sont intervenus. Je sais et j?ai compris que les temps changent et que nous avons bon nombre d?élus aujourd?hui convaincus de voter pour ce tramway.

Sachez que j'ai toujours eu à c?ur de défendre ce mode de transport et de transformation urbaine, hier comme aujourd'hui. Je suis bien sûr fière comme Adjointe au Maire en charge des transports de participer à la mise en oeuvre du prolongement du tramway.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

M. LE MAIRE DE PARIS. - Excellent. Très bien.

La parole est à M. Pierre MANSAT.

M. Pierre MANSAT, adjoint. - Monsieur le Maire, brièvement, puisque Annick LEPETIT a dit l'essentiel.

Quelques remarques : je crois qu'une grande partie des orateurs, et des oratrices d'ailleurs plutôt, ont mit en évidence la dimension métropolitaine du tramway, à partir bien sûr de ce qui s'est passé sur le TMS, mais aussi avec ses enjeux d'interconnexion, soit avec le métro, le R.E.R., les lignes de bus, tout cela a été mis en évidence, mais également comme outil et vecteur du développement de l'ensemble de ces quartiers.

Halima JEMNI l'a raconté avec précision, en ce qui concerne le nord-est, ce sont des quartiers sur lesquels se joue pour une part l'avenir du c?ur de la métropole, pas exclusivement mais pour une part l'avenir du c?ur de la métropole dans les projets pilotés par Anne HIDALGO, que ce soit Masséna, Bercy, Charenton, Porte de Montreuil, Porte d'Aubervilliers ou de la Chapelle. C'est donc une dimension métropolitaine extrêmement forte qui fait rentrer ces quartiers, comme ils l'ont fait dans le sud, dans la ville du XXIe siècle, dans une conception tout à fait différente.

En ce qui concerne nos rapports avec l'ensemble des collectivités, je rassure Madame DOUVIN, la gouvernance sur le projet du tramway est tout à fait excellente, elle est l'?uvre d'ailleurs du syndicat des transports, comme la loi l'indique, qui a réuni à plusieurs reprises le comité de suivi, qui va le réunir une nouvelle fois au début de l'année 2009.

C'est dès mars ou mai 2004, je n'ai plus la date exacte, qu'avec Denis BAUPIN, nous avons proposé à l'ensemble des collectivités concernées, les voisins comme les Conseils généraux, les intercommunalités, de travailler ensemble. Cela doit donner cinq comités des collectivités, de nombreuses réunions par secteur, dix-neuf réunions techniques avec les services des collectivités concernées, des réunions publiques bien sûr dans le cadre de l'enquête publique et des réunions spécifiques.

Vous avez évoqué, Madame, le cas de la ville de Charenton, il n'y aura pas moins de six réunions avec le Maire de Charenton pour travailler sur le sujet qui effectivement posait problème à cette collectivité, où il y avait désaccord de point de vue, et nous avons travaillé avec le S.T.I.F. pour offrir une proposition conforme à l'intérêt des Charentonais, l'intérêt des Parisiens et l'intérêt du projet de tramway.

Je voudrais vous rassurer que du point de vue de la gouvernance, je crois que nous sommes tout à fait dans le travail partenarial et collectif qui est nécessaire pour la réussite du tramway.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur Pierre MANSAT.

Avant de voter les projets de délibération, nous avons des v?ux à voter. Je sais qu'il y a des demandes d'explication de vote.

D'abord, si j'ai bien compris, le voeu n° 66 de Frédérique CALANDRA et de Marinette BACHE et le voeu n° 68 du groupe "Les Verts" sont retirés au profit du n° 66 bis de l'Exécutif.

Est-ce sur ce sujet que vous voulez une explication de vote ? Je vous la donne.

Je vais mettre au vote le n°66 bis de l'Exécutif, je crois que vous avez demandé une explication de vote dessus, peut-être votre groupe aussi. Allez-y.

Madame DOUVIN, vous avez la parole.

Mme Laurence DOUVIN. - Merci, Monsieur le Maire.

C'est effectivement sur le v?u n° 66 bis que nous avons demandé une explication de vote.

Je voudrais d'abord me réjouir de votre retour en fin de débat et répéter à votre intention que mon groupe votera cette extension, puisque nous demandons même le prolongement jusqu'à la Porte Maillot.

En matière de financement, nous avons resitué ce tramway parmi les autres besoins d'infrastructures de transports collectifs en Ile-de-France, afin que ce soit en toute connaissance de cause que nous puissions hiérarchiser les priorités et le financement.

Par rapport au v?u qui nous est présenté, c'est un voeu qui nous est parvenu à 13 heures 15 pour un débat qui reprenait à 14 heures 45. C'est un voeu fourre-tout, un v?u de dernière minute qui ne nous paraît pas clair puisqu'il revient à la fois sur l'aménagement du cours de Vincennes, sur les contre-allées dans le 12e et le 20e arrondissements, sur le nombre de stations, sur une extension ou non vers Nation, et sur la vitesse des voitures sur le cours de Vincennes.

Ce v?u traduit, Monsieur le Maire, soit une impréparation surprenante par rapport à un dossier prévu de longue date, soit l'introduction d'une série de concessions qui seraient destinées à obtenir l'assentiment de toute votre majorité.

Nous ne pouvons donc nous contenter d'une incertitude comme celle-là. Je ne sais pas d'ailleurs non plus quelle mouche a piqué tout à l'heure Mme CALANDRA ni sur quelle planète elle se trouve, mais comme nous sommes cohérents, nous voterons donc pour ce projet, mais nous ne pouvons pas nous prêter en votant ce v?u à établir une sorte de nuage de fumée, par rapport à une enquête publique qui auprès des Parisiens a été tout à fait claire.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - J'ai compris. Ce v?u ne vous plaît pas. Vous avez bien le droit.

Le Centre et Indépendants, qui s'exprime ? Madame ?

Mme Edith CUIGNACHE-GALLOIS. - Monsieur le Maire.

Bien sûr, je partage l'avis de Laurence DOUVIN, et je regrette beaucoup que ce voeu nous arrive si tardivement. Nous prenons très à c?ur notre responsabilité d'élu et nous cherchons à être une opposition constructive et pas une opposition d'obstruction. Mais là, honnêtement, je ne suis pas douée de fulgurance intellectuelle et j'aurai beaucoup de mal en si peu de temps, et sans préparation, à vous donner une réponse sur 9 propositions qui sont effectivement très conséquentes.

Aussi nous ne prendrons pas part au vote sur ce v?u.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Mais ne vous sous-estimez pas quand même parce que ce n'est pas bien.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de v?u référencé n° 66 bis déposé par l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de v?u est adopté. (2008, V. 277).

Madame LEPETIT, par défavorable ou favorable, votre avis sur le v?u référencé n° 67 du groupe U.M.P.P.A. ?

Mme Annick LEPETIT, adjointe, rapporteure. - Défavorable.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe U.M.P.P.A., assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Votre avis sur le v?u référencé n° 69 du groupe Centre et Indépendants ?

Mme Annick LEPETIT, adjointe, rapporteure. - Défavorable.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe Centre et Indépendants, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Votre avis sur le v?u référencé n° 70 du groupe Centre et Indépendants ?

Mme Annick LEPETIT, adjointe, rapporteure. - Défavorable.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe Centre et Indépendants, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

M. CAFFET me demande une explication de vote.

M. Jean-Pierre CAFFET. - Je serai extrêmement rapide, Monsieur le Maire.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vous en prie. Vous avez deux minutes.

M. Jean-Pierre CAFFET. - C'est simplement pour vous indiquer la satisfaction que mon groupe aura de voter ces trois projets de délibération, qui sont tout de même l'aboutissement d'un long travail, dont je veux féliciter l'Exécutif et les services de la Ville de Paris.

Il y a un autre motif de satisfaction que je voulais exprimer dans cet hémicycle, c'est que, si j'ai bien compris, ces trois projets de délibération seront adoptés à l'unanimité. C'est la preuve que les esprits ont changé, par rapport à une époque où on nous expliquait de ce côté de l'hémicycle, et je me souviens que c'étaient les propos de Mme de PANAFIEU, que les projets de tramway témoignaient d'un archaïsme absolument invraisemblable puisque c'était des projets qui dataient du XIXe siècle.

Je me souviens également que dans le cadre du dossier des jeux olympique, les tramways étaient tellement considérés comme superfétatoires et inutiles qu'ils ne méritaient aucun financement de l'Etat. Et puisqu'il est question toujours de ce problème de financement de l'Etat, je ne désespère pas que peut-être nos collègues de l'U.M.P.P.A. nous aident pour trouver des financements de l'Etat, car on ne peut pas demander dans un premier temps l'extension du tramway jusqu'à la porte d'Asnières, puis dans un deuxième temps jusqu'à la Porte Maillot, en éludant totalement le problème du financement, à moins bien évidemment de ne vouloir le faire porter que sur le contribuable parisien.

Oui, sur le contribuable parisien, c'est bien ce que je dis, mon cher collègue.

Par ailleurs, je n'ai pas de conseil à donner à l'U.M.P.P.A. mais nous faire croire que ce projet, que la possibilité d'un financement de l'Etat serait possible dans le cadre des projets que nous présenterons peut-être éventuellement, M. Christian BLANC et ses collaborateurs, j'ai quelques doutes sur la question car bien évidemment je ne connais pas les projets de Christian BLANC, mais enfin ce que j'ai pu en découvrir par des indiscrétions de presse me semble montrer que M. BLANC s'intéresse à beaucoup de parties de l'Ile-de-France mais en tout cas pas à Paris, et pas à sa périphérie proche.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci. Je ne fais pas de commentaires, j?en aurais beaucoup à faire !

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DU 216.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2008, DU 216).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 258.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2008, DVD 258).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 257.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2008, DVD 257).

Ces trois projets de délibération sont adoptés à l'unanimité.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

Bravo, Madame LEPETIT !

Si j?ose ! Je vais oser quand même ! Disons qu?on avait un temps d'avance, avant même que cela ne devienne notre signature.