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Octobre 2000
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35 - 2000, ASES 162 - Subvention d'équipement à l'association "Jeunesse Loubavitch" pour la crèche collective, 49-51, rue Petit (19e). - Montant : 3.500.000 F

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2000


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération ASES 162 relatif à l'attribution d'une subvention d'équipement à l'association "Jeunesse loubavitch".
Je donne la parole à Mme SCHNEITER.
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, l'association "Jeunesse Loubavitch" a déjà bénéficié de l'aide de la Ville de Paris pour la construction d'un complexe immobilier à usage scolaire et socioculturel, rue Petit, dans la Z.A.C. "Manin-Jaurès", dans le 19e arrondissement.
La majorité du Conseil de Paris a accordé une première garantie d'emprunt pour 10 millions de francs en 1995 et une seconde pour un montant de 20 millions de francs en 1997.
Mais à l'époque, n'oublions pas que le parti socialiste, notamment au Conseil régional, avait voté contre ces subventions.
Par ailleurs, lors de notre dernier Conseil, une subvention de fonctionnement a déjà été votée. La création d'un ensemble immobilier de cette importance pouvant accueillir 1.500 enfants, ne favorise sans aucun doute ni la cohésion sociale ni l'intégration. Mais surtout la spécificité du Mouvement Loubavitch, sa lecture très stricte de la loi juive, son prosélytisme ne s'intègrent pas dans le contexte du système éducatif de la République, qui doit rester vigilante face aux extrémismes religieux, toutes confessions confondues.
Les positions de cette obédience heurtent jusqu'à la majorité de la communauté juive.
Vous nous demandez encore d'attribuer à cette association une subvention d'équipement de 3,5 millions de francs pour l'aménagement d'une crèche collective, une subvention exceptionnelle de fonctionnement de 875.260 F et la signature d'une convention pour le fonctionnement de cette crèche.
Aujourd'hui, il s'agit d'une crèche ; demain, ce sera une école, après-demain, un collège ou un lycée !
La situation financière de cette association ne justifie pas cette nouvelle demande. En effet, le compte de résultats de 1999 fait apparaître un excédent de près de 10 millions de francs.
Je voterai contre ce projet.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à M. Claude-Gérard MARCUS.
M. Claude-Gérard MARCUS, adjoint. - Madame, vous poursuivez depuis des années (vous et votre collègue, Mme BILLARD) le Mouvement Loubavitch de votre hostilité. Je ne suis pas le porte-parole de ce mouvement, ses thèses ne sont pas les miennes ; cela étant, il s'agit de citoyens français, de religion juive, qui dans le cadre des lois de la République ont droit d'avoir des écoles libres, des crèches privées sous des conditions bien précises. Pour les écoles, il doit y avoir un programme scolaire conforme à l'enseignement public français et les excellents résultats aux examens de leurs élèves montrent que cette obligation est largement appliquée. Dans le domaine de la crèche, les conditions d'hygiène et de sécurité imposées à toutes les crèches publiques leurs sont imposées également.
Je ne vois pas quelle discrimination vous voulez apporter. Je sais bien que l'on fait porter aux Loubavitch, le chapeau - si je puis dire - pour beaucoup de choses. D'ailleurs, ce sont certains de leurs élèves qui ont été attaqués récemment à Paris.
Ne mettez pas votre pierre dans cette Intifada !
Quant à moi, je demande que l'on maintienne le projet tel qu'il est.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à M. BULTÉ pour répondre à Mme SCHNEITER et à M. MARCUS, en lieu et place de Mme HERMANGE.
M. Michel BULTÉ, adjoint, au lieu et place de Mme Marie-Thérèse HERMANGE, adjoint, au nom de la 5e Commission. - Merci, Monsieur le Maire, je rappellerai d'abord que la convention signée avec l'association "Jeunesse Loubavitch" pour le fonctionnement de la crèche située au 49-51, rue Petit, est conforme à la convention-type qui régit les établissements d'accueil de la Petite enfance.
Cette convention-type dispose que l'association signataire s'engage à mettre la crèche à disposition des familles parisiennes sans discrimination d'aucune sorte. Cette obligation s'impose donc à l'association "Jeunesse Loubavitch" comme à toutes les autres associations et l'association "Jeunesse Loubavitch" connaît bien cette clause.
Notre partenaire du Contrat enfance est la Caisse d'allocations familiales ; elle est aussi attentive au respect de l'égalité de traitement des usagers et à l'absence de discrimination.
En ce qui concerne ce projet, Claude-Gérard MARCUS vient de le rappeler, il a été initié dès 1994 ; à cette époque, j'étais d'ailleurs le Maire du 19e arrondissement.
Cet ensemble scolaire situé rue Petit est une remarquable réalisation et j'invite d'ailleurs l'ensemble de mes collègues à le visiter. Il est d'une qualité à la fois d'équipement et d'architecture très intéressante. Il est aujourd'hui dans une phase finale d'aboutissement avec la réalisation de la crèche. Je crois que c'est vraiment une bonne chose.
Je rappelle effectivement, comme le disait mon ami MARCUS, que nous avons appris récemment avec une grande tristesse qu'un grand nombre d'élèves de cette école avait été pris à parti.
Je pense que ce n'est ni le moment ni le jour de voter contre ce projet.
Merci, Monsieur le Maire.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je remercie M. BULTÉ.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 162.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2000, ASES 162).
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, je n'aime pas beaucoup que l'on fasse des amalgames avec des événements qui n'ont rien à voir avec ce que je critique.
Par ailleurs, la violence n'a jamais été ma tasse de thé et je n'aime pas du tout que l'on fasse allusion à une actualité qui n'a rien à voir avec ce dossier !
(Applaudissements).
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Mes chers collègues, la séance du Conseil municipal est suspendue.