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Octobre 2000
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129 - QOC 2000-574 Question de Mme Martine BILLARD, élue "Les Verts", à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police sur l'installation de feux tricolores à commandes manuelles

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2000


Libellé de la question :
"La circulation rue de Rivoli et dans les rues adjacentes autour de l'Hôtel-de-Ville (4e) est particulièrement dense. En conséquence, la traversée des différentes rues par les piétons se révèle souvent difficile, voire dangereuse.
C'est notamment le cas lorsque ces traversées ne sont équipées que d'incitation au respect de la priorité accordée aux piétons, comme au carrefour des rues de la Coutellerie et de Rivoli, rue de Rivoli à hauteur du n° 76, au carrefour des rues de Lobau et de Rivoli.
Pour le premier carrefour indiqué, les automobilistes arrivent de la rue de Rivoli ou de la rue du Renard à grande vitesse, considérant qu'ils ont la priorité, et ne portent aucune attention à la signalisation-piétons.
C'est pourquoi Mme Martine BILLARD demande à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police de bien vouloir prévoir l'installation de feux tricolores à commandes manuelles afin de sécuriser ces traversées."
Réponse (M. Bernard PLASAIT, adjoint) :
"Il est demandé l'équipement en signalisation tricolore sur appel de deux passages protégés sur la rue de Rivoli, le premier au carrefour Rivoli/Coutellerie, le second au carrefour Rivoli/Lobau.
Or, sur des carrefours très fréquentés par les piétons, un bouton-poussoir pour permettre l'appel par l'usager n'apporterait aucune plus-value, car des piétons s'engagent à chaque cycle. Le bouton-poussoir n'est justifié que sur des sites peu fréquentés.
En outre, la rue de Rivoli est un axe du réseau principal géré par "SURF 2000", système centralisé de régulation des feux. Ce système permet en particulier de réduire la durée des cycles de feux et d'augmenter le temps dévolu aux piétons aux périodes de forte affluence piétonnière, c'est-à-dire la semaine entre 12 heures et 14 heures et le week-end.
Dans le cas présent, il s'agit de passages protégés situés en sortie de carrefour, qui ne sont pas équipés de feux de sortie. Pour ces deux carrefours, l'équipement de feux de sortie a été étudié mais n'a pu être mis en oeuvre.
En effet, les feux de sortie ne pourraient être implantés au niveau des passages protégés actuels. Compte tenu de l'importance du trafic automobile constaté, il serait impossible aux heures de pointe d'assurer la coordination en fin de vert entre le feu d'entrée et le feu de sortie du carrefour. Ceci conduirait à un blocage fréquent des carrefours.
Une solution consisterait à déplacer les passages protégés en aval par rapport au sens de circulation pour augmenter la capacité de stockage. Mais dans ces conditions, l'expérience montre que les piétons dont on allonge le parcours de manière significative, ne respectent plus la réglementation. Le résultat irait donc à l'encontre de l'objectif recherché.
Aujourd'hui, la configuration des carrefours assure une bonne visibilité mutuelle entre automobilistes et piétons. Les traversées peuvent donc se faire en toute sécurité, même si les conditions de confort peuvent apparaître peu satisfaisantes. Par ailleurs, les traversées au droit des lignes d'arrêt de feux offrent aux piétons des traversées dans des conditions de sécurité et de confort optimales. De plus, au carrefour rue du Renard-rue de Rivoli, la traversée de la rue de Rivoli est également assurée par un passage souterrain dont les accès sont communs avec ceux de la station de métro Hôtel-de-Ville. Enfin, la traversée de la rue de la Coutellerie, dont l'exploitation du passage protégé a été récemment modifiée pour améliorer la co-visibilité des usagers, peut également s'effectuer par un passage souterrain pour piétons spécialement réalisé dans le but de traiter le conflit avec les différents mouvements à effectuer au carrefour Rivoli/Renard/Coutellerie."
Réponse (M. LE PRÉFET DE POLICE) :
"S'agissant du carrefour des rues de la Coutellerie et de Rivoli, les piétons traversent, actuellement, la rue de la Coutellerie, au moment où les feux tricolores sont au rouge fixe, rue du Renard. La présence de ce passage, réservé aux piétons, est signalée aux automobilistes par un panneau lumineux clignotant, doté d'un pictogramme piétons, destiné à attirer leur attention.
Toutefois, il s'avère que les conducteurs en provenance de la rue de Rivoli virent souvent à droite sans respecter la priorité de traversée dont bénéficient les piétons.
Cette man?uvre s'avère dangereuse si ce virage n'est pas négocié à allure modérée.
Même si aucun accident n'a été recensé sur cette intersection depuis l'année 1997, l'installation d'une signalisation lumineuse tricolore, rue de la Coutellerie, ne peut que rencontrer mon agrément, compte tenu du risque réel encouru par les piétons pour leur sécurité.
Pour ce qui est de la traversée de la rue de Rivoli, qui correspond à la même intersection, il apparaît que le passage pour piétons, aménagé au droit du n° 76, est équipé d'un panneau similaire à celui de la rue de la Coutellerie. La traversée de la chaussée à cet endroit s'avère, cependant, moins périlleuse.
La mise en place d'une signalisation ne semble pas devoir s'y imposer, en raison de la proximité du carrefour formé par les rues de Rivoli et du Renard, lui-même équipé d'une signalisation lumineuse.
Une telle installation, rue de Rivoli où le trafic connaît souvent des ralentissements, conduirait, en effet, à provoquer des retenues dans l'écoulement de la circulation et à créer des encombrements. Ce dispositif est d'autant moins justifié qu'aucun accident corporel n'a été recensé à cet endroit au cours des trois dernières années.
En ce qui concerne enfin l'intersection formée par les rues de Lobau et de Rivoli, il s'avère que celle-ci est équipée d'une signalisation tricolore sécurisée.
Les feux de signalisation équipant cet axe important de circulation, que constitue la rue de Rivoli, sont coordonnés, et la mise à disposition, au profit des piétons, d'un dispositif à commande manuelle ne contribuerait pas à augmenter la sécurité des piétons et aurait pour effet de générer de fortes perturbations au plan de la circulation générale.
Je précise, enfin, qu'à l'occasion de votre intervention, j'ai donné des instructions aux services de police pour qu'ils s'attachent, au cours de leurs surveillances, à faire respecter strictement la priorité due aux piétons, régulièrement engagés sur la chaussée."