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Octobre 2000
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Conseil Municipal
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15 - IV - Question d'actualité de M. Christophe CARESCHE et des membres du groupe socialiste et apparentés à M. le Maire de Paris sur les conditions d'utilisation de certaines institutions municipales et para-municipales durant la campagne électorale

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2000


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons à la question d'actualité du groupe socialiste et apparentés à M. le Maire de Paris sur les conditions d'utilisation de certaines institutions municipales et para-municipales durant la campagne électorale.
Je donne la parole à M. Christophe CARESCHE.
M. Christophe CARESCHE. - A quelques mois des élections municipales, je voudrais évoquer, Monsieur le Maire, les conditions dans lesquelles certaines institutions municipales ou para municipales peuvent être sollicitées durant la campagne, au mépris des règles élémentaires de neutralité.
Je le ferai à partir d'un événement particulier, mais mon intervention vaut bien évidemment pour d'autres situations qui pourraient se produire et, bien sûr, pour l'ensemble des candidats. Cet événement particulier, vous êtes sans doute beaucoup ici à l'avoir en tête car il a donné lieu à une importante médiatisation et à de nombreuses photos qui sont parues dans la presse, il s'agit de la visite nocturne d'un candidat à la Mairie de Paris, au S.A.M.U. social.
J'ai, ici, une de ces photos parues dans un hebdomadaire, non pas pour illustrer la politique sociale à Paris ou l'action en faveur des plus démunis, mais pour accompagner un article sur la campagne de ce candidat. Il y a cette photo mai je sais que d'autres photos ont été publiées dans d'autres organes de presse.
Sur cette photo, on voit très distinctement un homme, probablement sans domicile, dont le droit à l'image et la dignité sont allègrement piétinés. Parce que c'est un exclu, son visage peut être montré sans les précautions d'usage. Et cet homme est entouré de la responsable du S.A.M.U. social et de "notre" candidat, qui, fait intrigant, a revêtu une veste du S.A.M.U. social. Serait-il devenu lui-même un de ces bénévoles qui, avec abnégation, viennent en aide, la nuit, aux plus démunis ?
Cette photo non seulement témoigne d'une exploitation sans vergogne de la misère et de la détresse, en bafouant la dignité et les droits de la personne photographiée, mais elle engage le crédit d'une institution à laquelle nous sommes tous, ici, très attachés, dans une véritable opération de communication politique.
Qu'une personnalité politique souhaite se présenter aux élections municipales à Paris et, n'ayant qu'une expérience limitée des problèmes parisiens, s'informe, ne me choque pas.
Qu'une visite soit organisée en présence de photographes et avec une mise en scène digne des meilleurs conseils en communication me paraît éminemment contestable et je regrette que les responsables du S.A.M.U. social se soient prêtés à cette opération.
Il n'est pas acceptable que cette institution qui, je le rappelle, est fondée sur le bénévolat, et j'imagine, la diversité politique, soit enrôlée par un candidat peu scrupuleux.
Monsieur le Maire, il vous revient, il nous revient de veiller durant les mois à venir à ce que les institutions parisiennes ne soient pas dévoyées par les entreprises électorales, d'où qu'elles viennent. Cette campagne sera, nous le savons, tendue, voire acharnée. Certains sont prêts à tout...
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - C'est vous qui le dites.
M. Christophe CARESCHE. - ...en tout cas à beaucoup pour promouvoir leur cause. Nous n'accepterons pas, pour ce qui nous concerne, l'utilisation partisane d'institutions, à commencer par la Mairie de Paris, qui appartiennent à tous les Parisiens.
Merci.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, communiste et du Mouvement des citoyens).
M. Jacques BRAVO. - Très bien, très bien !
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à M. Vincent REINA pour répondre à M. CARESCHE.
M. Vincent REINA, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur CARESCHE, sur un plan général, toute réunion politique dans un équipement municipal relève d'une occupation exceptionnelle du site concerné et doit donc faire l'objet d'une autorisation. Dans un double souci de libre expression démocratique et, bien évidemment, d'égalité entre l'ensemble des candidats, ces autorisations sont normalement accordées, sauf si l'instruction des demandes fait apparaître que des contraintes techniques ou d'utilisation du site ne permettent pas d'accueillir la manifestation proposée.
En ce qui concerne les visites d'équipements, rien n'interdit bien évidemment aux élus de se faire présenter les activités des différentes institutions municipales par un public de nature associative.
Il serait, en revanche, tout à fait regrettable que certaines institutions - et cela vaut pour le S.A.M.U. social - se prêtent à des opérations de promotion de tel ou tel à l'approche d'échéances électorales !
Il convient par conséquent de rappeler solennellement ce principe et de dénoncer tout usage peu républicain qui lui serait contraire.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Merci, Monsieur REINA.
M. Jean-Pierre PIERRE-BLOCH a demandé la parole, est-ce pour fait personnel ?
M. Jean-Pierre PIERRE-BLOCH, adjoint. - Oui, Monsieur le Maire, je rejoins M. CARESCHE, je suis totalement choqué par le fait que l'on découvre la pauvreté au moment de campagnes municipales !
Je sais que cela ne fait pas plaisir dans cette salle, mais je dirais à ce candidat aux municipales d'aller dans certaines rues du 18e où la pauvreté est à portée de la main au lieu d'aller faire du cirque avec des journalistes et le S.A.M.U. social !
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - M. REINA demande la parole.
M. Vincent REINA, adjoint. - Pour qu'il n'y ait aucune contestation possible, nous allons bien évidemment intervenir auprès du S.A.M.U. social pour nous étonner de ce qui s'est passé.
M. Georges SARRE, président du groupe du Mouvement des citoyens, maire du 11e arrondissement. - Monsieur le Maire, je voudrais à mon tour lancer une pierre. Quand je suis allé avec M. EMMANUELLI faire un tour dans Paris la nuit à deux reprises successives, je n'ai pas invité la Presse !