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Fevrier 2004
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137 - 2004, SGRI 15 - Communication de M. le Maire de Paris sur "le projet international de la Ville de Paris"

Débat/ Conseil municipal/ Février 2004


M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous entamons donc l'examen et le d?bat autour de la communication sur la politique de coop?ration internationale de la Ville de Paris. D'abord, je voudrais vous dire que j'aurais aim? que ce d?bat ait lieu plus t?t car on arrive presque ? la mi-mandature, et c'est un sujet que je consid?re comme tr?s important. Seul l'ordre du jour tr?s charg? de nos s?ances nous a emp?ch? de le faire plus t?t.
En m?me temps, je me r?jouis que, pour la premi?re fois, je crois, dans ce Conseil de Paris, nous discutions de la coop?ration internationale de la Ville de Paris. Je n'insiste pas lourdement sur le fait que c'est la premi?re fois, mais je nous encourage ? l'avoir assez r?guli?rement. Je ne veux pas que le mandat se termine sans que nous fassions ? nouveau le point sur la coop?ration internationale parce que je trouve que c'est vraiment un sujet important du point de vue historique, et tr?s important par rapport aux enjeux contemporains.
Comme nous vous avons adress?, avec Pierre SCHAPIRA, une tr?s longue communication avec beaucoup d'annexes, je tenais ? vous mettre en annexe le d?tail des coop?rations, des visites que nous avions re?ues, etc., car je trouve que cette question est extr?mement int?ressante.
Deuxi?mement, je voudrais vous dire que je suis extr?mement frapp? ? travers les visites que je re?ois, pas seulement de maires mais de personnalit?s du monde entier, ou ? travers les visites que nous faisons ? l'?tranger, de l'amour de Paris. Je dis bien l'amour de la Ville de Paris. C'est vraiment extr?mement touchant, c'est li? ? son histoire, aux valeurs que Paris repr?sente dans le monde - libert?, Droits de l'Homme, culture, cr?ativit?, accueil -, et c'est vraiment ?mouvant pour les Parisiens que nous sommes.
Il y a quelque temps, un maire africain me disait : "Bertrand, tu ne te rends pas compte ! M?me dans le d?sert, quand on dit Paris, la Tour Eiffel, des lumi?res s'allument dans les yeux des personnes qui parlent !". Il est vrai que, dans les coins les plus recul?s, il y a une image, parfois tr?s floue, de Paris, et nous n'y sommes pour rien, c'est Paris. Mais c'est une histoire que nous devons sentir, aimer et porter. C'est pourquoi j'ai souhait? que Paris soit dynamique dans ses relations avec le reste du monde.
Tout d'abord, c'est sur des valeurs. J'assume totalement, m?me si les d?bats sont aussi l?gitimes, que Paris s'exprime sur un certain nombre de terrains li?s aux Droits de l'Homme, ? une capacit? d'accueillir et de partager car cet amour de Paris a aussi un revers. Lorsque nous paraissons trop orgueilleux, trop contents d'?tre parisiens, alors peut-?tre y a-t-il un autre volet dans l'image de Paris : c'est une part d'arrogance ou de suffisance. Je nous souhaite vraiment de trouver le ton juste et les actions justes pour que Paris soit bien une ville partag?e et non pas une ville qui roule des m?caniques dans le monde. Je disais les valeurs, et il faut donc assumer le fait que, dans certains moments, la voix de Paris porte.
Alors, comme vous l'avez vu dans ces deux derni?res ann?es, nous avons pris l'initiative, nous nous sommes "mouill?s" pour Ingrid BETANCOURT et je continuerai. Je peux vous dire, ayant parl? avec sa maman et avec le maire de Bogota nouvellement ?lu, qui m'a appel? sur cette question, et que j'ai vu ? San Paolo la semaine derni?re, que nous prendrons d'autres initiatives, avec le maire de Rome, par exemple. Nous ?crirons dans un m?dia notre soutien ? Ingrid BETANCOURT, et j'ai propos? au maire de Bogota de s'associer ? cet appel en faveur d'Ingrid BETANCOURT, ce qu'il a accept?, bien s?r, ainsi que le maire de Rome.
Il n'y a pas de g?ne ? avoir pour nous battre, par exemple, contre la peine de mort, m?me si la France a aboli la peine de mort il y a seulement un peu plus de vingt ans. Nous battre contre la peine de mort, oui, cela fait partie des valeurs de Paris. Il faut le faire en respect des peuples et des Etats auxquels nous nous adressons, mais il n'y a pas de complexe ? avoir. Par exemple, lorsque nous nous sommes battus pour ces deux femmes nig?rianes menac?es de lapidation, non seulement nous avons eu raison mais, en plus, cela a ?t? efficace.
Plus surprenant, on m'avait demand? d'intervenir, ? la fois le Conseil et Pierre, pour des journalistes fran?ais emprisonn?s au Laos. Nous l'avions donc fait parce que c'?tait l? aussi notre devoir. Mais je me m?fie parfois de l'efficacit? de ces interventions. Nous avions ?crit et d?cid?, d'ailleurs, de suspendre notre coop?ration avec Vientiane. Nous avions commenc? un beau projet et nous avions dit que nous l'arr?tions tant que ces journalistes ?taient en prison. Ces journalistes m'ont ?crit lorsqu'ils ont ?t? lib?r?s. Ils m'ont dit quel r?confort cela a ?t? pour eux en prison, et eux sont persuad?s, peut-?tre exag?rent-ils, que notre intervention a ?t? d?cisive dans leur lib?ration. D?s qu'ils ont ?t? lib?r?s, et nous continuons d'ailleurs ? nous battre ? leur demande pour des Laotiens en prison, nous avons repris sous condition notre coop?ration avec Vientiane.
Au chapitre des valeurs, je veux vous dire aussi que je trouve tr?s important que nous ayons cr?? pour la premi?re fois, avec la R?gion et avec l'Etat, la Maison des journalistes ? Paris. Cette maison des journalistes a vocation ? accueillir, avec "Reporters sans fronti?res", les journalistes poursuivis, martyris?s parfois, dans leur pays, tout simplement parce qu'ils veulent pratiquer leur m?tier librement.
Cette ?uvre est positive, je crois. Nous ne devons pas en tirer d'orgueil ou d'autosatisfaction, mais il est vrai que, l'inaugurant avec le pr?sident de la R?gion et Mme VERSINI, j'ai tout de suite dit aux animateurs de cette maison que je souhaitais que nous prenions d?s maintenant des dispositions pour ?tendre sa capacit? d'accueil. En effet, il est bien que Paris soit aussi un lieu de refuge pour des journalistes martyris?s.
De la m?me mani?re, je ne regrette pas d'avoir d?cid? d'adh?rer, ce que la Ville ne faisait pas, au Parlement des ?crivains, pr?sid? par Salman RUSHDIE. Cela consiste, pour ces villes, nous le faisons aussi avec la R?gion Ile-de-France, ? accueillir des ?crivains qui, dans leurs pays, sont pourchass?s tout simplement parce que l'on ne veut pas qu'ils aient de libert? d'expression.
Je pourrais multiplier les exemples d'actions symboliques, mais concr?tes, et je vais continuer d'ailleurs parce que je n'ai pas pr?vu de texte ?crit ayant pr?f?r? vous donner mon sentiment.
Ce que nous faisons actuellement, aussi bien pour les chercheurs que pour les artistes ou pour les ?tudiants ?trangers, a un vrai retentissement et c'est d'ailleurs notre devoir.
Pour les chercheurs, au couvent des R?collets. Cela m'avait beaucoup choqu? que des chercheurs soient invit?s ? Paris et que l'on ne puisse jamais les loger et que beaucoup de chercheurs ?trangers qui voudraient venir un an ou deux ans ? Paris ne viennent pas parce qu'il n'y a pas de possibilit? d'?tre accueilli convenablement.
Avec les universit?s, avec les laboratoires, avec Dani?le POURTAUD et Alain LHOSTIS notamment, pour ce qui le concerne, nous essayons de mettre en place, en particulier au couvent des R?collets, une capacit? d'accueil pour les chercheurs.
Il en va de m?me pour les artistes. Il est vrai que j'ai tendance ? multiplier un peu ces invitations, au fil des voyages, mais ? la Cit? internationale des Arts comme au couvent des R?collets, j'estime que c'est bien quand nous pouvons inviter un artiste en r?sidence, lui donner une bourse. Il y a d'ailleurs souvent r?ciprocit?.
Je voudrais vous en donner un exemple. Lorsque nous ?tions en Isra?l et en Palestine (on a retenu le voyage en Palestine, mais on en a fait au moins autant en Isra?l), j'ai dit au maire de J?rusalem, qui est un juif orthodoxe et avec qui nous avons entam? une coop?ration tout ? fait int?ressante, que Paris serait tr?s heureux d'accueillir un artiste juif de J?rusalem pour le recevoir ? la Cit? internationale des Arts. Je ferai la m?me proposition demain au pr?sident de l'Association des maires palestiniens qui est actuellement le maire de Naplouse et Paris accueillera ? la fois un artiste isra?lien et un artiste palestinien.
Je les inviterai ensuite tous les deux pour un d?jeuner et si leurs disciplines artistiques peuvent se m?ler, je leur proposerai de faire une exposition ? l'H?tel de Ville. Les uns comme les autres, autant le maire de J?rusalem que le maire de Naplouse, m'ont donn? leur accord et m'ont dit que pour eux Paris, c'?tait cela, c'?tait la capacit? de se rencontrer, de partager autour de la culture, autour de l'art.
Ce ne sont pas des gadgets. Tout cela a un sens. Et je nous propose d'?tre dynamiques dans ce domaine.
Ensuite, je tiens ? souligner que nous avons des priorit?s. M?me si Paris est disponible pour toutes les capitales et les grandes villes du monde, nous devons faire des choix. Les choix que nous avons faits d?s le d?but de la mandature sont l'Europe, le bassin m?diterran?en, et en particulier le Maghreb, et la francophonie.
S'agissant de l'Europe, il est vrai que les relations sont famili?res, familiales, avec les maires d'Europe, les maires des capitales de l'Union europ?enne telle qu'elle est aujourd'hui, que ce soit le maire de Rome, de Berlin ou de Lisbonne, au-del? des alternances d'ailleurs. En effet, j'avais nou? de tr?s bonnes relations avec Joao SUAREZ, le maire socialiste de Lisbonne, qui entretenait d?j? de tr?s bonnes relations avec Jean TIBERI.
Il y a maintenant un maire lib?ral qui est venu me voir et nous poursuivons exactement la m?me coop?ration.
Il y a une familiarit? entre les maires d'Europe. Je ne vous parle pas des relations avec le maire de Rome puisque c'est la seule ville avec laquelle Paris est jumel?e, m?me si nous avons des accords d'amiti? et de coop?ration avec un certain nombre d'autres villes.
Il y a donc une grande familiarit? avec les maires de l'Union europ?enne, et de plus en plus. Nous sommes l? aussi actifs. Nous veillons ? ce que ces relations soient ? l'?chelle de la nouvelle Europe, celle du 1er mai 2004, et ? l'?chelle du continent europ?en. Au-del? des vingt-cinq pays qui seront membres de l'Europe au 1er mai 2004, tous les pays du continent europ?en sont nos partenaires.
Nous avons bien s?r des relations extr?mement ?troites, aussi bien avec la mairie de Moscou que celle de Saint-P?tersbourg. Je ne vous donne pas de d?tails, c'est dans la communication, mais cela a de l'allure quand, pour l'anniversaire de Saint-P?tersbourg, nous sommes pr?sents et surtout que nous inaugurons l'exposition de Nicolas de Sta?l au mus?e de l'Ermitage.
Je veux vous confesser une insatisfaction quant ? cette priorit? europ?enne. Elle porte sur la Maison de l'Europe. Il fallait y mettre de l'ordre, il fallait changer les choses, vous le savez bien. Il fallait apurer un peu le pass?.
Toutefois, je souhaite que la nouvelle pr?sidente, Catherine LALUMIERE, et son ?quipe en fassent vraiment une Maison des Europ?ens, en liaison avec l'activit? europ?enne de la France. Je parlerai d'ailleurs de nos relations ? la politique internationale de la France. En lien avec le Parlement europ?en ?galement, il faut en faire un instrument bien plus moderne, contemporain, vivant et tonique, comme une Maison des Europ?ens ? Paris.
A ce propos, je ne parle pas du label Europe et de tout ce que l'on a cr??, mais je pense que c'est tr?s important.
En ce qui concerne le bassin m?diterran?en, j'ai dit quelques mots d'Isra?l et de la Palestine. Il convient de souligner que c'est en harmonie totale avec Dominique de VILLEPIN. En effet, j'ai entendu des ?chos diff?rents sur ce point.
J'ai non seulement affirm? mon soutien ? la d?marche de Yossi BELLIN et Yasser RABO qui est une esp?rance. Non seulement, je l'ai dit, en accord avec Dominique de VILLEPIN, mais je l'ai aussi appel? pour lui dire que dans la mesure o? ils ?taient susceptibles de tenir des r?unions ? la Mairie de Paris, il n'?tait pas question que ce soit une interf?rence ou un brouillage des messages de la France.
Je vous l'ai dit ici, souvenez-vous, quand le Pr?sident de la R?publique fran?aise Jacques CHIRAC a invit?, en visite d'Etat, Bachar EL ASSAD, le Pr?sident syrien, et que certains contestaient le fait que j'applique tout simplement les r?gles, en recevant.
Je vous ai dit que je n'avais pas ?t? ?lu par les Montpelli?rains ou les Bordelais. J'ai ?t? ?lu par les Parisiens pour faire une politique municipale, pour porter le message de Paris. Je n'ai pas mandat d'avoir une politique internationale de la Ville de Paris qui serait contradictoire avec la politique mise en ?uvre par le Gouvernement fran?ais, au nom de sa l?gitimit? d?mocratique.
On peut exprimer des id?es, certes. Quand on a re?u Bachar EL ASSAD, on lui a parl? de l'antis?mitisme, du terrorisme, etc. Lorsque j'ai re?u le Pr?sident POUTINE, je lui ai parl? de la Tch?ch?nie. J'avais re?u auparavant Bernard-Henry LEVY, Alain FINKIELKRAUT, etc.
Quand Anne a re?u le Pr?sident chinois, elle lui a parl? des Droits de l'Homme en Chine et cela ne m'avait pas emp?ch? de recevoir, quelques mois auparavant, avec un enthousiasme que je n'ai pas cach?, le Dala? Lama et de parler de l'identit? tib?taine.
Nous pouvons ? la fois ne pas nous prendre pour ce que nous ne sommes pas. Nous ne sommes pas les d?positaires d'une l?gitimit? nationale pour porter la politique ?trang?re de la France. N?anmoins, nous avons des convictions et ces convictions peuvent ?tre exprim?es dans un respect d?mocratique et dans le souci d'aider et de ne pas perturber.
Je vous confirme donc que tout ce que nous ferions ?ventuellement et Dieu sait que nous avons fait beaucoup... C'est ici le seul endroit o? il y a eu un d?bat, d'ailleurs tonique, mais tr?s amical, entre l'ambassadeur d'Isra?l et la d?l?gu?e de la Palestine.
Il y a aussi une vocation de la Ville de Paris ? accueillir des personnes qui sont parfois en conflit et ? leur permettre de d?battre et de se rencontrer parce que Paris, c'est aussi un message de paix et de rapprochement.
Mais, je vous le dis franchement, mon intention sans avoir ma langue dans ma poche, est de continuer ? rechercher l'harmonie avec le Pr?sident de la R?publique et le Gouvernement fran?ais sur des initiatives qui pourraient avoir des cons?quences internationales.
Je vous pr?cise d'ailleurs - j'en reparlerai ? propos du congr?s qui a lieu au mois de mai - que j'ai invit? le Ministre des Affaires ?trang?res et le Ministre de la Coop?ration ? s'exprimer, ce qui me para?t normal, mais je reviendrai sur ce congr?s dans un instant.
Le Maghreb, c'est notre environnement physique, culturel, politique. Il est vrai que nous avons fait une premi?re tourn?e des capitales du Maghreb fin 2001 ; j'entretiens des relations extr?mement nourries avec les responsables locaux des trois pays du Maghreb. Nous allons continuer, nous retournerons leur rendre visite. Nous avons beaucoup de projets concrets, et nous l'avons d'ailleurs manifest? lorsque Alger a ?t? ?prouv?e par un tremblement de terre. Nous continuons au-del? des catastrophes ou des crises, ? avoir une coop?ration concr?te avec les grandes villes du Maghreb, ce qui me para?t quand m?me la moindre des choses. Je ne vous cache pas aussi que d?s que possible je me rendrai ? Istanbul. Istanbul est une capitale du bassin m?diterran?en. Lorsque j'?tais avec le Premier Ministre RAFFARIN aux Championnats du monde d'athl?tisme, il y avait le Premier ministre turc qui est l'ancien maire d'Istanbul, qui a insist? pour que je vienne ? Istanbul... Apr?s vous dites que je voyage trop mais je suis en retard, tr?s en retard par rapport au nombre de visites que j'ai re?ues de maires du monde entier qui sont venus parfois plusieurs fois et ? qui je n'ai pas rendu leur visite. Par exemple, le Maire de Washington, homme remarquable, qui nous a rendu visite il y a quelques semaines, revient ? Paris au mois de mai. Il m'a dit : "J'aimerais bien que vous veniez ? Washington avant", d'autant qu'il m'invite ? la r?union de l'Association des Maires des Etats-Unis d'Am?rique. Je crois d'ailleurs que le Maire de Washington - mais ne le r?p?tez pas - n'est pas tr?s favorable ? la guerre en Irak. Mais je pense qu'il serait int?ressant que je puisse, bien que la date ne me convienne pas trop, r?pondre ? cette invitation pour aller dialoguer avec les maires des Etats-Unis d'Am?rique parce que ces liens sont aussi tr?s importants.
Maghreb donc, bassin m?diterran?en disais-je, francophonie... La francophonie, c'est majeur. Concernant d'abord, l'Association Internationale des Maires francophones, je vais vous dire ici tr?s clairement que j'assume une grande part de l'h?ritage de l'A.I.M.F. L'A.I.M.F. est une organisation int?ressante. Plus de 110 villes y adh?rent dans le monde entier ; c'est une association qui a entrepris des choses tout ? fait int?ressantes dans le lien francophone, et dans la coop?ration nord-sud. Simplement, nous avons voulu r?former, avec tous les maires d'ailleurs et avec l'?quipe qui est l?, avec les maires africains, avec les maires asiatiques, avec le Maire de Qu?bec. R?former, cela veut dire moderniser nos interventions. C'est vrai que nous avons ajout? la sant?, la lutte contre le Sida, les coop?rations en direction des jeunes et de leur formation. Nous avons accentu? beaucoup ce volet de l'action de l'A.I.M.F.
Deuxi?mement, nous avons une conception de la francophonie o? les valeurs partag?es, la culture, la langue, doivent laisser la place ? l'identit? historique, culturelle, nationale de chacune des composantes de la francophonie. La francophonie, ce n'est pas la culture, les valeurs, la langue fran?aise qui s'imposent dans cet espace, ce sont des valeurs, une culture, oui... un go?t aussi et une langue mais qui se partagent et qui arrivent ? int?grer au sein de l'espace francophone, une notion de diversit? et de respect des identit?s des composantes du monde francophone.
Je le dis parce que le fait de l'avoir exprim? ainsi dans beaucoup d'instances a mis ? l'aise et a permis ? un certain nombre de maires africains notamment - je pense au Maire de Phnom Penh -, de prendre des responsabilit?s et de partager plus.
Je vous signale d'ailleurs que dans ce domaine, pour la premi?re fois, une r?union francophone a eu lieu au Cambodge et c'?tait tr?s important car il y a une attente l? aussi et une demande. C'?tait ? la fois francophonie, culture francophone, culture partag?e et en m?me temps "solidarit?" puisqu'on inaugurait le compl?ment du centre d'urgence de l'h?pital de Phnom Penh financ? par l'A.I.M.F. et comme il y avait encore des manques, nous avons d?cid? de prolonger notre effort.
Francophonie avec aussi pour le Conseil de Paris maintenant un d?bat sur la subvention et sur le fonctionnement de l'A.I.M.F., ce qui est l?gitime. J'ajoute aussi que dans la subvention de la Ville de Paris, nous avons veill? ? ce que d?sormais l'essentiel soit consacr? ? l'investissement pour des projets de coop?ration et beaucoup moins pour le fonctionnement. Mais nous avons encore quelques marges d'?volution et de progr?s l?-dessus.
Je m'aper?ois que voulant vous livrer comme cela spontan?ment un certain nombre de remarques, je suis peut-?tre un peu plus long que je ne l'avais pr?vu. Je vais vous dire encore quelques mots...
Il y a d'abord quelque chose qui me frappe et que j'ai honn?tement d?couvert dans cette fonction de Maire, c'est la grande proximit? des interrogations et des pr?occupations des maires du monde entier. Qu'ils soient en Europe, en Asie, en Afrique ou en Am?rique du nord ou du sud, de quoi se parlent les maires entre eux ? Ils se parlent d'habitat insalubre et de quartiers en difficult?s. Ils se parlent de l'exclusion dans la ville et de la recherche du lien dans la civilisation urbaine. Ils se parlent de transport et de lutte contre la pollution, ils se parlent de d?veloppement durable, ils se parlent de d?veloppement ?conomique, ils se parlent de culture et ils se parlent de d?mocratie locale. Il n'y a pas une ville o? nous ne parlons pas de d?mocratie locale ; en Afrique d'ailleurs, ils sont en avance sur nous ? travers un certain nombre de conseils, de sages, de quartiers, et il y a partout un enjeu de la d?mocratie urbaine qui se pose, chacun avec sa culture, mais il est passionnant de pouvoir partager nos exp?riences.
Deuxi?me chose qui me frappe, c'est que les villes sont vraiment un instrument de la coop?ration nord-sud. Coop?ration nord-sud bilat?rale, coop?ration nord-sud ? travers l'A.I.M.F., parfois coop?ration de plusieurs villes avec des villes du sud. Par exemple, c'est avec Rome que nous nous occupons de la r?habilitation d'un quartier de P?kin, et il y a d'autres coop?rations que nous faisons ? plusieurs. Il y a cette recherche de r?seau.
Autre chose qui me frappe beaucoup : dans la mondialisation, dans l'esp?ce de contexte o? les citoyens semblent perdre des rep?res et ne plus trop savoir sur quoi ils ont r?ellement un pouvoir de d?cision, la d?mocratie des cit?s est un ?l?ment plut?t positif de la mondialisation car de partage de la d?mocratie locale ? travers les relations entre les maires. C'est donc quelque chose que nous devons avoir en t?te et que nous devons d?velopper.
Ensuite, il y a quelque chose qui me frappe ? ce stade, et on verra si le congr?s de mai change quelque chose ? cela : je ne vois jamais de concurrence entre les maires par rapport ? d'autres champs de la politique, on pourrait ?tre en comp?tition pour des postes, des trucs et des machins. Pour le moment je n'en ai pas vu, et d'ailleurs m?me pour le congr?s de mai, dont vous savez qu'il va organiser la fusion entre l'association existante IULA, de culture plut?t anglo-saxonne lib?rale et l'association FSCU de culture plut?t europ?enne, Am?rique latine, notamment Pierre MAUROY et Bernard STASI ont ?t? des animateurs, donc elles vont fusionner...
A Paris, et je constate qu'il y a vraiment une complicit? des maires au-del? de leur diff?rence politique, et que cette complicit? des maires est vraiment quelque chose qui peut ?tre un atout pour travailler ensemble et pour donner un autre message aussi de la mondialisation. De ce point de vue-l?, je veux aussi pr?ciser que dans les projets de coop?ration, ce que maintenant on nous demande le plus, ce sont vraiment les ?changes de savoir-faire. Et les ?changes de savoir-faire sont dans les deux sens. Il est vrai qu'on pense souvent que ce sont dans les villes d?velopp?es qu'il faut aller transmettre des savoirs. Oui. Et d'ailleurs, je souhaite que l'?cole des ing?nieurs de la Ville de Paris soient de plus en plus en situation - je le dis, Monsieur le Secr?taire g?n?ral adjoint, pour transmission ; je l'ai d'ailleurs d?j? dit - d'?tre un institut de formation pour les fonctionnaires municipaux des villes avec lesquelles nous coop?rons parce que la demande est permanente. Donc organisons-le. De toute fa?on, on d?pense beaucoup d'argent pour accueillir des fonctionnaires municipaux de villes et de pays en d?veloppement. Organisons donc encore mieux cette excellente ?cole des ing?nieurs de la Ville pour qu'il y ait un volet formation des fonctionnaires municipaux de nos villes partenaires. Voil?.
Je voudrais vous dire encore beaucoup de choses, mais Pierre SCHAPIRA en dira aussi en r?ponse ? vos questions. Je ne suis pas satisfait de ce que nous faisons, je suis heureux d'une dynamique. Je suis heureux d'une dynamique, je suis heureux d'un climat, et je suis heureux que les maires se sentent bien ensemble.
Je vais vous donner un exemple. Nous ?tions la semaine derni?re en Am?rique Latine, et nous sommes all?s ? San Paolo dont c'?tait le 450e anniversaire, et puis ? Rio. Vous n'ignorez pas, ou si vous l'ignorez je vous le dis, qu'il peut y avoir une forme de comp?tition entre la maire extr?mement dynamique de San Paolo, l'excellente Martha SUPLICI, et le maire tout ? fait performant de Rio qui appartient ? un autre parti politique, Cesar MAIA. Il se trouve que j'avais re?u les deux, que je les connais bien tous les deux. Et vraiment, le travail avec Martha SUPLICI, et le travail avec Cesar MAIA ont ?t? vraiment - il y en a des t?moins ici - de bonne qualit?, dynamique, avec des coop?rations concr?tes. A part que le quartier que le maire de Rio veut qu'on am?nage avec lui, pourrait comporter des tours, c'est un d?bat qui n'est pas un d?bat parisien. Mais par exemple ? un moment donn?, on n'en avait pas parl? avant, les journalistes - ils ?taient tr?s nombreux d'ailleurs, c'est la preuve que Paris existe, quelques-uns ?taient avec moi - mais en Am?rique Latine, la rencontre des maires avec le Maire de Paris cela a fait la une de tous les journaux et de tous les m?dias. Et je ne le met pas au cr?dit du Maire de Paris.
Oui, mes chers amis, ce que je disais n'?tait pas pol?mique, mais ne me conduisez pas ? l'?tre. Car, puisque vous me le dites, gentiment - je ne vais pas c?der ? votre provocation, cher Michel BULT? - non, dans combien de villes et non des moindres, c'est la premi?re fois qu'un Maire de Paris vient en tant que Maire de Paris ? Et dans combien de villes, y compris - vous serez surpris - un de mes pr?d?cesseurs avait d'excellents rapports avec le Maire de New York, Edward KOCH. Amis personnels oui, mais il n'y a jamais eu de coop?ration entre New York et Paris. Et il y a s?rement moins de relations affectives entre BLOOMBERG et moi, qu'il n'y en avait entre Edward KOCH et ce Maire de Paris, mais je peux vous dire qu'il y a l'accord de coop?ration et qu'il y a du travail.
Donc lorsqu'il y a ces relations qui se nouent, je pense que c'est bon pour Paris, je pense que c'est bon pour la dynamique ?conomique de Paris, et pour son rayonnement culturel et pour le tourisme. J'entends d'ailleurs parler ? l'?tranger de ce que nous avons fait avec l'Office du Tourisme et Jean-Bernard BROS, les ambassadeurs du tourisme. L'image du sourire des Parisiens et de leur capacit? d'accueil et d'?tre aimable avec les visiteurs s'am?liore un peu, mais l? soyons prudents, ce n'est pas encore gagn?.
Alors o? en ?tais-je ? Oui, je voudrais vous dire que cette politique internationale, je souhaite la conduire avec ?videmment Pierre SCHAPIRA, que je remercie vraiment tr?s chaleureusement parce que la dynamique de Paris sur le plan international doit beaucoup ? Pierre SCHAPIRA, au go?t, au talent qu'il a pour cr?er des contacts, pour inspirer confiance et pour faire sortir des projets concrets. Mais je souhaite aussi que ce soit partag? par tous les groupes.
Vous savez que j'ai ?t? 24 ans dans l'opposition et 8 ans pr?sident de groupe. On ne m'a jamais convi? au moindre d?placement du Maire. Jamais. L?, moi, j'essaie... Vous ne savez pas de quoi vous parlez !
J'essaie d'?tre relativement ?conome sur les d?placements. Par exemple lorsqu'en quelques jours on a fait Qu?bec, Toronto, Montr?al, j'?tais accompagn? seulement de deux collaborateurs. Il n'y avait m?me pas Pierre SCHAPIRA. En revanche, chaque fois qu'un voyage me para?t avoir une dimension un peu plus large, j'associe les groupes. Chaque fois ? tour de r?le, un groupe de la majorit?, un groupe de l'opposition. J'ai ?t? ainsi heureux que lorsqu'on est all? au Maghreb, il y ait une repr?sentante du groupe U.M.P. Mais aussi quand on ?tait au Maghreb, il y avait des repr?sentants "Verts". Lorsque nous sommes all?s ? Dakar, c'?tait aussi un Vert, et je pense que c'?tait l'U.D.F. Mme BERTRAND. Lorsque nous sommes all?s ? Phnom Penh, je crois qu'il y avait le groupe communiste et quelqu'un de l'U... Ah, il y avait Jeanne. Pardon ! Je suis d?sol?. Je ne sais plus. Et l?, r?cemment en Am?rique Latine, parce que cela avait un certain int?r?t quand m?me et que nous visitions quatre villes, j'avais propos? au pr?sident du groupe socialiste - il ?tait temps que je pense au groupe sociale - et au groupe UMP - c'?tait Mme MAC? de L?PINAY -. Je les remercie tous, parce que dans ces voyages je peux vous dire que tous les ?lus que je viens de citer - il y avait Sylvain GAREL, Jacques DAGUENET, Mme BERTRAND, V?ronique BALDINI, etc., etc. -, c'est vraiment Paris. C'est Paris qui s'exprime, c'est Paris qui travaille et c'est Paris qui partage. Je veux donc les remercier tous de la qualit? humaine, politique, d?mocratique de ces d?l?gations plurielles que je ne multiplie pas, mais qui me paraissent utiles dans certaines circonstances lorsque le voyage justifie que nous nous y mettions ? plusieurs.
Je termine, mes chers coll?gues, par deux remarques. La premi?re, c'est que je pense que cette politique internationale est utile pour l'?conomie parisienne, pour le tourisme ? Paris, pour le rayonnement culturel de Paris. J'ajoute aussi que cela pourrait ?tre utile pour les Jeux Olympiques. Nous sommes candidat, et la d?cision sera prise le 6 juillet 2005. Plus Paris est ouvert, plus Paris partage y compris avec les villes concurrentes... Oui, c'est cela que je voulais dire tout ? l'heure : lorsque le maire de Rio et moi nous avons ?t? surpris par les questions des journalistes - et il y en avait beaucoup ! - sur la candidature, on s'est pris comme cela par le bras et on a d?cid? que de toute fa?on on ?tait en concurrence amicale, qu'on s'inviterait l'un l'autre chez celui qui gagnerait. Mais en m?me temps qu'il y avait beaucoup de simplicit? et de naturel dans cette comp?tition alors bien l?gitime, je pense qu'il n'?tait pas inutile que Paris soit dans de bonnes relations avec Rio pour la suite du processus qui conduira ? la d?cision de 2005. Et donc, tout cela fait dans le respect des r?gles ?thiques du Comit? international olympique. Plus Paris a une image partageuse et une coop?ration fraternelle sans arrogance, sur un pied d'?galit?, et plus cela cr?e un climat sympathique pour la candidature de Paris aux J.O.
Dernier point : le congr?s du 2 au 5 mai prochain, je vous ai dit tout ? l'heure que c'?tait donc la fusion de ces deux organisations. Je souhaite vraiment que nous r?ussissions ce congr?s. Paris accueille les villes du monde pour porter les enjeux de la civilisation urbaine, de la difficult? ? g?rer les villes, de la solidarit?, et de la d?mocratie locale et de la d?mocratie de proximit? dans l'enjeu de la mondialisation. Je nous sugg?re de travailler beaucoup, et l? aussi je remercie Pierre SCHAPIRA, pour faire de ce congr?s un moment d'accueil. Je demande ? tous les ?lus du Conseil de Paris de se mobiliser, d'?tre pr?sents, d'?tre avec nos coll?gues. Je nous sugg?re d'?tre vraiment en action, en organisation, en chaleur humaine, en bain culturel aussi pour que Paris soit un ?crin pour cette r?union des maires du monde entier. Et, ? cette occasion, je veux dire que j'assume compl?tement - en plus l'id?e vient de moi -, le fait d'avoir propos? aux entreprises qui ont pour clientes les villes d'?tre pr?sentes de pr?senter leurs produits et de payer le congr?s. Etant entendu que l'on ne fera que ce que l'on veut.
Quand j'en parle ? mes coll?gues d'Afrique, de gauche de droite, d'Am?rique, ils trouvent tr?s bien qu'il y ait ce Salon du monde urbain en m?me temps que le Congr?s, car cela les int?resse de voir un certain nombre de choses dans de nombreux de domaines en marge de ce congr?s.
Honn?tement, pour que Pierre ne soit pas seul, sachez que l'id?e est de moi, que je l'assume et que j'assigne m?me un objectif ? Pierre SCHAPIRA : je voudrais que cette contribution des entreprises paye totalement le congr?s. Comme je souhaite que Paris re?oive tr?s bien ces 2.000, 2.500 maires du monde entier, il faut beaucoup de sous. Eh bien, que les entreprises payent. Je ne leur donnerai rien en ?change sur le d?roulement m?me du congr?s, mais elles auront des clients sur place qui pourront aller voir ce qu'elles sont capables de fournir.
Dans ce congr?s, que je souhaite r?ussi, je voudrais vous repr?ciser que c'est volontairement que j'ai d?cid? dans les jours qui pr?c?dent de tenir une r?union, une assembl?e g?n?rale des maires francophones. Pourquoi ? D'abord, parce que je veux pousser les maires de l'association que je pr?side ? ?tre tr?s pr?sents dans le congr?s des maires du monde. Les maires francophones ne doivent pas ?tre absents et s'isoler dans la francophonie.
Deuxi?mement, parce que cela m'int?resse aussi que les francophones s'?tant r?unis avant aient l'id?e d'?tre pr?sents avec tous les autres, mais aussi en tant que francophones.
Troisi?mement, en marge de ce congr?s des maires du monde, j'essaie d'organiser une rencontre des maires des capitales des pays de la nouvelle Europe, la nouvelle Europe n?e le 1er mai, 25 pays. Si le 2 ou 3 mai il y avait une rencontre des maires des capitales de la nouvelle Europe, des 25 pays, je pense que cela aurait de l'allure comme avait de l'allure la r?union que j'avais souhait?e des maires des capitales de la zone euro, que nous avions organis?e je pense en janvier 2002 et qui avait ?t?, je crois, une r?ussite.
Mes chers coll?gues, j'ai ?t? extr?mement long. Vous savez, il n'y a que 2 postes d'adjoint que je voudrais exercer dans cette mairie quand je ne serai plus maire - quand il y aura un maire et s'il veut me prendre comme adjoint, si j'en ai encore envie -, c'est le maire adjoint ? la culture ou le maire adjoint aux relations internationales. Je pose des jalons, on ne sait jamais.
Les m?tiers d'art, ce n'est pas mal aussi, Madame COHEN-SOLAL.
M. Laurent DOMINATI. - On ne vous prendra pas, Monsieur le Maire.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous ne me prendrez pas ? Eh bien, je serai dans l'opposition. Comptez sur moi pour faire mon travail. Mais ce ne sera peut-?tre pas demain, on ne sais pas quand ce sera.
Pardonnez-moi d'avoir ?t? vraiment trop long. C'est simplement pour vous dire mon investissement, notre investissement et l'importance que j'y accorde, y compris pour les Parisiens.
Les Parisiens sont dans l'Histoire des citoyens qui ont conscience du monde, qui ont une conscience des valeurs universelles et qui aiment ce qui vient de l'autre. Et je crois que nous servons les Parisiens, nous sommes en harmonie culturelle avec eux en ayant une politique tr?s dynamique, municipale, qui soit une politique d'ouverture et de partage avec les autres.
Je vous remercie.
La parole est d'abord ? Patrick BLOCHE.
M. Patrick BLOCHE. - Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, mes chers coll?gues, en 2001 la nouvelle ?quipe municipale s'est trouv?e face ? un d?fi de taille : Paris Ville lumi?re, capitale mondiale du tourisme mais Paris Ville mus?e, souffrait de son manque de dynamisme culturel et ?conomique et, tout autant, de son absence d'ambition dans le domaine international.
Or comment ne pas percevoir l'importance croissante des relations qui s'?tablissent entre collectivit?s territoriales et, tout particuli?rement, entre les m?tropoles du monde dans un univers globalis? o? la r?gulation traditionnelle des Etats marque le pas et sans que s'y substitue, si cela se produit un jour, celle des organisations internationales ou des nouveaux espaces d'int?gration continentaux.
Est-ce d'ailleurs si surprenant, tant se concentrent dans les plus grandes villes les principaux d?fis plan?taires ? relever et, par l? m?me, les grands enjeux de civilisation du XXIe si?cle.
Face ? ces probl?matiques ? la fois sociales, urbaines et d?mographiques notre Ville est attendue. Elle est attendue parce que, dans son histoire, Paris a constamment eu l'ambition de porter un message universel, mais aussi parce que nous pouvons tous t?moigner que le d?sir de Paris reste toujours aussi vif, le d?sir de Paris qui n'est apr?s tout que le pr?lude ? l'amour de Paris que vous ?voquiez ? l'instant, Monsieur le Maire. Comment ne pas mesurer ce d?sir lorsqu'on constate ainsi l'?cho international, presque insens?, que rencontre aujourd'hui "Paris plage".
R?veiller la Belle endormie qu'?tait Paris, redonner du sens ? l'action de Paris Ville capitale, tel ?tait donc le double d?fi que se devait de relever la municipalit? dans l'?laboration d'un projet international pour Paris.
La communication que vous nous avez propos?e, Monsieur le Maire, nous invite ? d?battre des fondements et des priorit?s de ce projet mis en ?uvre depuis le d?but de la mandature, avec l'attention chaleureuse que lui porte votre adjoint Pierre SCHAPIRA.
Il convient d'ailleurs de souligner qu'un tel d?bat est in?dit au sein du Conseil de Paris, ce qui t?moigne de votre volont?, Monsieur le Maire, de faire de la politique internationale de Paris non pas un domaine r?serv? mais un domaine partag?.
Vous avez l'ambition de redonner ? Paris toute son influence sur la sc?ne internationale ? travers une dynamique renouvel?e d'initiatives et de dialogues, ce que l'on retrouve dans toutes les dimensions du projet que vous nous avez pr?sent?.
Ce projet repose d'abord sur des valeurs : la d?mocratie de proximit?, le respect des droits de l'homme et les diff?rences culturelles, car il n'est pas inutile de le rappeler, tout particuli?rement en ce moment, il n'y a pas d'identit? sans alt?rit?. Ce projet se doit donc de diffuser ces valeurs sur la sc?ne internationale en affirmant, dans le respect des comp?tences qui sont les siennes, l'identit? de Paris, Ville engag?e, solidaire et responsable.
Paris Ville engag?e, ce sont de multiples initiatives au sein desquelles les v?ux que notre Assembl?e vote trouvent naturellement leur place ; ce sont des gestes forts qui n'ont rien de symboliques, ce sont des discours de v?rit? sur le respect des droits de l'homme partout dans le monde qu'ont d? entendre MM. EL-ASSAD et POUTINE, et tout r?cemment M. HU JINTAO.
Les ?lus du groupe socialiste et radical de gauche ont ainsi ?t? particuli?rement sensibles, Monsieur le Maire, au fait que vous ayez ?t? la seule personnalit? nationale, en France, ? recevoir publiquement le Dala? Lama en octobre dernier ou encore, que Ingrid BETANCOURT ait ?t? faite citoyenne d'honneur de la Ville de Paris.
C'est ?galement l'affirmation de la vocation historique de Paris ? ?tre une ville refuge avec son adh?sion au Parlement international des ?crivains d?s novembre 2002, et l'ouverture il y a peu de la Maison des journalistes.
Paris est aussi une ville solidaire et responsable, r?active face aux catastrophes naturelles avec la mise en place d'un fond d'urgence humanitaire, la derni?re aide attribu?e dans ce cadre devant ?tre vot?e aujourd'hui afin de soulager la d?tresse des victimes du s?isme de Bam.
De la m?me fa?on, la Municipalit? exprime sa volont? de promouvoir un d?veloppement durable et solidaire. Je tiens ici ? souligner l'importance des projets li?s ? la sant? comme la fourniture de m?dicaments ? Buenos Aires, dont nous venons de mesurer l'efficacit?, ou l'effort budg?taire particuli?rement significatif consacr? ? la lutte contre le sida, notamment en Afrique du Sud - je tiens ainsi ? saluer tout particuli?rement l'implication personnelle d'Alain LHOSTIS et de Pierre SCHAPIRA sur ce dossier -, mais aussi par le biais des actions men?es dans le cadre de l'A.I.M.F., que ce soit au Burundi, au Cameroun ou au B?nin.
Par ailleurs, comment ne pas ?voquer l'engagement fort de la Ville en faveur du commerce ?quitable par la mise en place d'un partenariat avec Max Havelaar, et le lancement d'un programme de travail sur les bonnes pratiques des villes en ce domaine, sans oublier les actions de sensibilisation visant ? faire des Parisiens des consommateurs responsables. En ce sens, l'action internationale de Paris appara?t comme une r?ponse citoyenne ? la mondialisation d'o?, d'ailleurs, le soutien d?terminant apport? par notre Ville ? la bonne organisation du Forum social europ?en ? l'automne dernier, ou encore la tenue des Assises du co-d?veloppement.
Cette d?marche, que soutient pleinement notre groupe, nous conduit naturellement ? vous interroger, Monsieur le Maire, sur la r?flexion engag?e pour la mise en place d'un p?le de solidarit? internationale, mais ?galement europ?en ? Paris.
Il convient en effet de souligner l'importance pour notre Ville de se mettre au service de l'Europe qui se construit en s'?largissant, de promouvoir des actions qui permettent le d?veloppement d'un dialogue citoyen sur les grands enjeux du processus d'Union europ?enne. Je laisserai ? notre coll?gue Mo?ra GUILMART le soin de d?velopper cette dimension du projet international de Paris.
La diversit? des contacts internationaux que vous avez su nouer par votre implication personnelle, Monsieur le Maire, depuis le d?but de la mandature, inscrit Paris au c?ur des r?seaux d'?changes et d'exp?riences qui se mettent en place entre les villes du monde entier. Cela passe, bien entendu, par la r?activation des liens privil?gi?s de Paris avec certaines capitales dans le cadre d'accords d'amiti? d?j? existants et par l'?tablissement de nouveaux accords de coop?ration avec d'autres capitales comme, par exemple, Moscou ou Prague.
Je tiens ?galement ? souligner le soin particulier apport? aux liens avec les capitales entrant au sein de l'Union europ?enne, ? l'approfondissement des relations d'amiti? avec les capitales du Maghreb ou avec des villes comme Le Caire, Istanbul ou Amman, sans oublier la qualit? des ?changes nou?s avec des grandes m?tropoles d'Afrique du Sud.
Il y a naturellement le vaste r?seau des villes du monde francophone et son vecteur principal, l'Association internationale des Maires francophones que vous pr?sidez, Monsieur le Maire. Depuis trois ans, les modes d'animation de cette association qui regroupe 110 villes ont ?t? profond?ment r?form?s, et c'est une bonne chose : ils sont d?sormais plac?s sous le signe de la rigueur et de la transparence. Aux frais de fonctionnement lourds ont ?t? utilement substitu?s des projets concrets d'aide et de d?veloppement concernant notamment l'?tat civil, la sant? et l'?ducation.
Mais il convient ?galement d'aller au-del? d'une relation seulement bilat?rale entre Paris et les autres villes, d'o? votre volont? de relancer la coop?ration d?centralis?e par la mise en r?seau des pouvoirs locaux. L'objectif est de substituer une logique de coop?ration ? une logique de comp?tition entre les villes, en privil?giant l'?change d'exp?riences. C'est le sens de l'adh?sion de la Ville de Paris ? "Eurocities", mais encore plus l'enjeu majeur que repr?sente la tenue du congr?s fondateur et unificateur en mai 2004 ? Paris de l'organisation mondiale. "Cit?s et gouvernements locaux unis". Par la fusion des deux organisations existantes, il s'agit de faire entendre la voix des villes et des pouvoirs locaux sur la sc?ne internationale, notamment aupr?s de l'O.N.U. Se structurer c'est toujours ?tre plus fort. De la m?me mani?re, partager, c'est naturellement s'enrichir.
En mati?re d'?change d'exp?riences, le fait urbain est clairement affirm? comme l'?l?ment central de l'action internationale de la Ville de Paris. Si l'on se penche sur les projets soutenus ou initi?s depuis 2001, trois domaines d'intervention se distinguent : la gouvernance urbaine, l'am?nagement urbain et le domaine culturel.
En ce qui concerne ce dernier domaine, et pour peu que l'on ne veuille pas limiter l'exception culturelle qui nous rassemble ? une p?tition de principe pour discours officiel, la coop?ration d?centralis?e prend diff?rentes formes : reconstruction de l'institution culturelle (comme ? Alger), valorisation de la francophonie (nous l'avons d?j? ?voqu? ? travers l'A.I.M.F.), partenariat actif de la Ville avec l'A.F.A.A. (l'Association fran?aise d'action artistique), m?me si cet organisme essentiel aux relations culturelles internationales est malheureusement en voie de paup?risation par manque criant de cr?dits d'Etat dont l'actuel Gouvernement porte la responsabilit?.
Dans le domaine de l'am?nagement urbain, les transports, la gestion des eaux et le logement sont les domaines de coop?ration privil?gi?s qui ont conduit des membres de l'Ex?cutif municipal ? rencontrer leurs homologues ?trangers. Vous avez d'ailleurs souhait?, Monsieur le Maire, par souci de transparence, joindre la liste de ces rencontres ? la pr?sente communication, et nous y avons ?t? ?videmment sensibles.
Je peux aussi, ? titre d'illustration, t?moigner de l'int?r?t du colloque sur l'urbanisme qui s'est tenu la semaine derni?re ? Sao Paulo que vous avez ouvert, Monsieur le Maire, et auquel nous repr?sentait Jean-Pierre CAFFET : un bel exemple d'?lu au travail ? des milliers de kilom?tres de Paris. En effet, la plupart des ?changes qui portent sur la mani?re de gouverner les villes dans le contexte de globalisation, qui accro?t la concurrence entre les territoires et rend fongibles les fronti?res entre les sph?res de l'action publique et priv?e, prennent la forme de transfert de savoir-faire entre services techniques, mais aussi entre ?lus. Ainsi, en d?cembre dernier, vous avez rencontr? votre homologue, le maire de Prague, et l'accent des ?changes a ?t? mis naturellement sur la lutte contre les inondations pour laquelle la capitale tch?que a acquis une r?elle expertise lors des crues de l'?t? 2002.
Aussi, je souhaite ici faire au nom des ?lus du groupe socialiste et radical de gauche la proposition d'organiser, si cela est possible, une table ronde sur la fonction d'?lu et la gestion du risque dans l'exercice des fonctions ?lectives lors du congr?s fondateur et unificateur de "Cit?s et gouvernements locaux unis" en mai prochain ? Paris.
Le projet international de Paris se doit, enfin, de contribuer au rayonnement ?conomique de notre Ville, comme vient d'ailleurs de le faire la troisi?me ?dition si r?ussie de "Paris, capitale de la cr?ation" qui doit tant au dynamisme de vos adjoints, Lyne COHEN-SOLAL, Jean-Bernard BROS et Christophe GIRARD. Pluridisciplinaire et prot?iforme, cette initiative refl?te la diversit? de la cr?ation ? Paris en valorisant des cr?ateurs confirm?s comme des jeunes talents, la Ville se transformant ? cette occasion en manifeste de la cr?ation contemporaine.
Paris a de plus en plus vocation ? s'inscrire comme capitale des salons, de la cr?ativit? et ? devenir "the place to be" pour les investisseurs et les jeunes entrepreneurs. En un mot, une ville qui bouge. L'enjeu est bien de faire de Paris la ville des ?changes interculturels, une ville qui sait accueillir 50.000 ?tudiants ?trangers, des chercheurs ou des artistes en r?sidence ? la Cit? internationale des Arts ou au couvent des R?collets, une ville qui sait aussi recevoir des sportifs de haut niveau, comme ce fut le cas lors des championnats du monde d'athl?tisme.
Et s'il est bien un projet qui nous para?t incarner toutes les dimensions que je viens d'?voquer du projet international de Paris, un projet fond? sur des valeurs ancr?es dans une dynamique collective de d?veloppement et sachant r?pondre aux d?sirs de Paris, c'est bien la candidature de notre Ville aux Jeux olympiques de 2012 pour laquelle nous saluons, Monsieur le Maire, votre engagement personnel et passionn?.
Mes chers coll?gues, en inventant d'autres types de coop?ration d?centralis?e, en imaginant ainsi de nouvelles formes de m?diation, en ayant plus que jamais le r?flexe de l'ouverture au monde, en favorisant les synergies solidaires et cr?atrices, Paris apporte ainsi sa contribution ? la mise en place des r?seaux de l'interlocalit?, ces r?seaux qui, en rapprochant ce qui est local pr?s de chez soi ? ce qui est local l?-bas, permettront de contrer cette "juxtaposition d'autismes", pour reprendre la formule de Jacques ATTALI, sans aucun doute l'un des effets les plus d?vastateurs de la mondialisation.
Je vous remercie.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
La parole est ? Mme BERTRAND.
Mme Genevi?ve BERTRAND. - Monsieur le Maire, mes chers coll?gues, comme vous pouvez l'imaginer, c'est avec app?tit et m?me gourmandise que nous attendions ce document faisant ?tat de la politique internationale de la Ville de Paris.
Mais le titre du document nous a surpris. Il ne s'agit pas d'une communication. Il s'agirait du projet et, ? nos yeux, il s'agit plut?t d'un bilan ? mi-mandature. Et j'entends avec d?ception que vous ne nous annoncez qu'un futur autre bilan au cours des trois ann?es ? venir. C'est dommage parce que nous sommes tout ? fait passionn?s par la passion que vous avez mise ? nous exposer vos r?sultats en mati?re de coop?ration d?centralis?e et en mati?re de causes humanitaires et nous ne pouvons que saluer au groupe U.D.F. le dynamisme de la Ville de Paris sur ces deux terrains. En revanche, je m'?tendrai dans mon intervention sur les deux absences qui me paraissent graves dans cette communication et que nous aurions aim? voir plus approfondies : l'?conomique et le social d'une part, la dimension europ?enne de la Capitale d'autre part.
D'abord, je veux saluer le document dans ce qu'il est d'une r?daction particuli?rement soign?e et agr?able et dans la transparence plus qu'achev?e en raison des annexes qui nous donnent des r?sultats, des indications, des informations certes in?dites ? ce jour pour cette Municipalit?.
Il est ?minemment souhaitable qu'une ville capitale de l'importance de Paris, en Europe, dans la francophonie, sur les cinq continents, joue son r?le, tienne sa place, assume ses responsabilit?s historiques, se porte au secours des personnes humili?es, des affam?s ou des bless?s, des personnes inond?es, f?t-ce ? titre symbolique. Et il est naturel que la Mairie de Paris et le peuple de Paris accueillent, re?oivent l'?tranger, dans le respect des limites Etat-commune.
Je ne reprendrai pas le d?tail des actions men?es jusqu'? pr?sent.
Ce document est int?ressant par le recensement du jumelage, des accords de coop?ration et d'amiti?, des subventions d'urgence, des adh?sions aux r?seaux francophones et internationaux, des perspectives trac?es pour l'A.I.M.F. dont je sais personnellement le r?le qu'elle peut jouer dans nos relations avec le reste du monde, dans les perspectives trac?es au mois de mai 2004 avec la fusion de la FMCU et de IULA.
Je partage ?galement, au nom du groupe, l'int?r?t que vous manifestez ? voir coop?rer des entreprises dans cette d?marche, mais j'y reviendrai un peu plus tard.
Ce document est donc int?ressant par ce qu'il dit, mais il est inqui?tant par ce qu'il tait. Deux absences, deux manques intriguent et inqui?tent. En effet, si tout maire est l'ambassadeur de sa ville, tout maire se doit aussi d'?tre le V.R.P. de sa ville.
D'abord, la politique internationale d'une m?gapole ne peut ignorer l'?conomique et le social et dans ce document de 30 pages, j'y ai trouv? 17 lignes. Pour rivaliser avec New York, Tokyo et Londres, Paris, ? la t?te de la R?gion Ile-de-France, doit se lancer dans une course ?conomique de haute lutte. Il faut y attirer des richesses et des hommes, des comp?tences et des entreprises. Pour Paris, la comparaison ne se fait plus avec les m?tropoles r?gionales fran?aises, mais avec les plus grandes villes de la plan?te. Il faut raisonner ? l'?chelle du continent europ?en pour conqu?rir sa place dans le monde.
Paris doit ?tre la t?te de pont pour les investissements ?trangers, la locomotive de l'?conomie fran?aise.
Deux chiffres pour rappeler l'?tat des choses : en 1998, Paris et l'Ile-de-France ?taient la deuxi?me r?gion la plus riche d'Europe, en 2003, elles ont r?trograd? au quatri?me rang. Or, le rayonnement international d'une r?gion capitale, c'est d'abord le tourisme, c'est la culture, c'est le foisonnement intellectuel, c'est la localisation d'activit?s ?conomiques et c'est le r?le des entreprises.
Le tourisme d'abord : le tourisme d'affaires et de d?couverte est consubstantiel au d?veloppement ?conomique ; nous savons que sur 36 millions de visiteurs de Paris et de sa r?gion, 25 millions sont des ?trangers. Au premier semestre 2003, des raisons bien connues de tous ont fait chuter les chiffres, la baisse touristique a ?t? de 7 % dans cette r?gion, c'est-?-dire 500.000 personnes en moins avec des r?percussions pour l'?conomie et l'emploi. Cette fragilit? nous contraint ? l'offensive. Il faut reconqu?rir les touristes am?ricains et japonais qui ont diminu? de 28 % au premier semestre 2003, et accueillir ou faire face ? la hausse des touristes d'Europe de l'Est et du Moyen Orient.
Deuxi?mement, la culture : les strat?gies culturelles sont devenues un ?l?ment majeur de la politique des villes europ?ennes. Elles sont un moyen de d?veloppement ?conomique et un outil de rayonnement international et, ? cet ?gard, nous ne pouvons que reconna?tre que "Nuit blanche" et "Paris plage" sont des trouvailles pour Paris.
Le foisonnement intellectuel concourt ? l'aura internationale. Les universit?s, les enseignements de haut niveau, la recherche, et ? cet ?gard je voudrais signaler l'existence des bourses Blaise Pascal qui sont dans ce domaine une r?ussite internationale, financ?es conjointement par l'Etat et la R?gion.
La localisation d'activit?s ?conomiques, les si?ges d'entreprises ?trang?res arbitrent d?sormais entre les grandes m?tropoles. Les implantations deviennent volatiles au gr? des fiscalit?s et de l'environnement mat?riel et humain, au gr? de la qualit? de la vie dont on sait que c'est devenu un crit?re pr?pond?rant de nos jours.
O? est pass? le discours sur l'attractivit? du territoire c'est-?-dire sa capacit? ? attirer l'investissement productif en particulier l'investissement direct ?tranger ?
Enfin, les meilleurs partenaires de la Ville ne pourraient-ils pas ?tre les entreprises elles-m?mes associ?es ? la reconqu?te de l'emploi par l'attractivit? internationale ?
Il existait dans les temps pass?s un concept "d'entreprise citoyenne". Je ne sais ce qu'il est devenu. En tout cas, il ne para?t pas incongru que des grandes entreprises trouvent leur place dans des activit?s du type congr?s international comme celui pr?vu en mai, et je n'en veux pour exemple que ce que la pr?sidence finlandaise de l'Union europ?enne avait r?alis? en 1999, en associant la firme "Nokia" ? la prise en charge des frais de pr?paration du Conseil europ?en de Helsinki, ce qui ne choquait pas les Finlandais, ce qui ?tonnait les Fran?ais, mais je crois qu'il y a l? une r?volution mentale et mat?rielle ? op?rer.
Par cons?quent sur ce terrain, vous avez notre soutien.
L'ouverture au monde, c'est aussi se doter des outils de la comp?titivit?. J'en veux pour preuve et pour d?monstration l'exemple tout neuf du G.I.P. F.C.I. (G.I.P. France coop?ration internationale) qui est ? cet ?gard tr?s parlant. Il propose la veille permanente des appels d'offres europ?ens et multilat?raux, ceux de la Banque mondiale, ceux de la Banque asiatique de d?veloppement, ceux de la Banque inter-am?ricaine de d?veloppement et bien d'autres. Il favorise la recherche de partenariats publics et priv?s. Il permet le montage de dossiers de soumission aux appels d'offres. Il poss?de bien entendu un site Internet.
Ce G.I.P. vient d'?tre cr?? conjointement par le Minist?re des Affaires ?trang?res, par l'E.N.A., par de grandes administrations et entreprises priv?es. J'avais r?v? de voir la Ville, sous votre impulsion, Monsieur le Maire, se doter d'un instrument de ce genre au sein d'une plate-forme europ?enne pour l'emploi ? Paris, offrant ce service ? tous les Parisiens, lorsqu'on sait que Paris est ? pr?sent ? deux points de ch?mage au-dessus des autres grandes villes europ?ennes.
A la lecture de la communication, la tristesse m'a envahie voyant la place microscopique donn?e ? la dimension europ?enne de Paris car l? ce sont 7 lignes sur 30 pages. C'est bizarre, inqui?tant et m?me incompr?hensible.
A une ?poque critique de la construction europ?enne, voil? ce qu'offre la Ville de Paris ? ses citoyens : certes un label Europe qui a le m?rite d'exister m?me s'il est modeste et un grand centre europ?en abandonn?. Et pourtant, le contexte est inqui?tant. Le G.I.E. Sources d'Europe s'?tiole, il quitte la Grande Arche de La D?fense dans quelques semaines, il se r?duit ? une simple biblioth?que et va passer de 38 personnes ? l'origine ? 17 personnes. La Maison de l'Europe peine ? sortir de son image de club de 400 adh?rents cotisants. Les subventions de l'Union europ?enne se r?duisent ou m?me sont supprim?es aux associations ? vocation europ?enne.
L'abandon du projet, car il s'agit bien d'un abandon, que vous pr?conisiez en 2001, est une brutale r?gression ? l'heure o? l'Europe s'?largit ? dix nouveaux Etats membres. Que ressentons-nous ? Paris de cet ?largissement ? Rien. La menace de concurrence se renforce ? Nous fermons les yeux. La m?connaissance, l'ignorance m?me des nouveaux arrivants est profonde. Nous nous fermons les oreilles. Dans douze semaines, l'Europe centrale sera chez elle, chez nous. Une torpeur g?n?rale des Fran?ais contraste avec l'attente f?brile de ces peuples d'entrer dans l'Europe de l'Ouest.
Avec l'enterrement de l'Espace des Europ?ens ? Paris, ce n'est pas seulement le rang de Paris qui est en jeu, c'est l'appauvrissement et la marginalisation de milliers de Parisiens qui se profilent et ce beau projet, c'est la ville de Berlin qui est en train de le construire en ce moment, en plein centre de la Capitale...
M. LE MAIRE DE PARIS. - Ch?re Madame, je ne veux pas vous interrompre au moment o? vous nous critiquez, mais vous avez largement d?pass? dix minutes. Par cons?quent, je vous le dis.
Mme Genevi?ve BERTRAND. - Je termine, Monsieur le Maire. Dans son centre, la Ville de Berlin va regrouper les repr?sentations du Parlement europ?en et de la Commission europ?enne, avec une source de documentation et d'acc?s aux donn?es europ?ennes et internationales.
Ils ont de la chance, les Berlinois et leurs visiteurs, qui sauront ? qui et o? s'adresser sur la voie de Bruxelles.
Merci, Monsieur le Maire.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame.
La parole est ? Sylvain GAREL.
M. Sylvain GAREL. - Merci, Monsieur le Maire.
Vous venez de dire que gr?ce ? la r?putation internationale de notre ville nous pouvions intervenir efficacement dans les cas de violation des droits de la personne. Les positions qui ont ?t? prises au Conseil de Paris en ce sens depuis bient?t trois ans, pour la grande majorit? ? l'initiative des ?lus "Les Verts", nous satisfont.
Je rappellerai les v?ux d?pos?s en faveur de Safiya HUSSEINI et Amina LAWAL qui ont pour le moment ?chapp? ? la lapidation, d'Ali LMRABET, journaliste marocain aujourd'hui lib?r?, de Leyla ZANA, Grigory PASKO, Zouhair YAYAHOUI.
Nous nous engageons encore dans ce sens lors de ce Conseil, en vous proposant de prendre position, et je ne doute pas un seul instant que cela soit fait, contre les r?centes ex?cutions capitales qui ont eu lieu au Liban.
Nous avons ?galement ?uvr? pour l'?l?vation au rang de citoyens d'honneur d'Ingrid BETANCOURT, de Youri BANDAJEVSKI (malheureusement toujours d?tenus aujourd'hui), de Mumia ABU JAMAL (toujours condamn? ? mort, mais ayant ?chapp? au supplice jusqu'? ce jour).
Au sujet des citoyens d'honneur, nous sommes convenus de mettre en place une proc?dure d'attribution de ce titre. Il ne faut pas tarder car les demandes sont nombreuses et urgentes et nous souhaitons que cette proc?dure soit mise en place dans les mois qui viennent.
Tous ces gestes t?moignent de notre vigilance et de l'attention permanente que nous portons, comme tous les groupes pr?sents ici, ? la d?fense des droits humains fondamentaux.
C'est dans le m?me sens que "Les Verts" ont refus? de participer ? la r?ception d'un certain nombre de personnalit?s, tels que les dictateurs, syrien, Bachar EL-ASSAD, russe, Vladimir POUTINE, ou, derni?rement, chinois, HU JINTAO.
Nous avons tenu par ces gestes et par l'organisation de conf?rences de presse avec des repr?sentants d'associations d?fendant les droits humains, ? montrer notre fermet? et notre d?termination vis-?-vis des autorit?s de certains pays qui ne respectent pas les libert?s fondamentales.
Nous regrettons que ces conf?rences de presse n'aient pu se tenir dans le b?timent de l'H?tel-de-Ville. Nous renouvelons notre demande pour que cela soit possible si, par malheur, un autre dictateur devait ?tre re?u dans ces lieux.
Et nous redisons ?galement que pour assurer la n?cessaire s?curit? de nos h?tes, il n'est pas indispensable de transformer la maison des Parisiens en camp retranch?.
Parall?lement ? l'ensemble de ces prises de position, la Ville de Paris se doit de mener des actions ambitieuses et coh?rentes en mati?re de coop?ration d?centralis?e.
Cette politique internationale se d?cline autour de trois axes : l'?change d'exp?riences de villes ? villes ou par l'insertion de Paris ? des r?seaux mondiaux de villes ; la coop?ration en mati?re de d?veloppement et la sensibilisation et l'information de la population parisienne sur les enjeux du d?veloppement ; enfin, un axe europ?en dont vous parlera ult?rieurement ma coll?gue Anne LE STRAT.
S'agissant du premier point, votre communication t?moigne des efforts de notre Municipalit?. Vous citez un certain nombre d'exemples d'accords de coop?ration, notamment avec des villes europ?ennes par lesquelles les municipalit?s ?changent leurs pratiques et exp?riences sur les domaines les plus divers (culture, urbanisme, transports, espaces verts, int?gration des citoyens ?trangers, lutte contre la toxicomanie).
Ces diff?rents accords se manifestent par des s?minaires, colloques et d?bats sur l'ensemble de ces th?mes, organis?s dans chacune des villes. La participation des ?lus ? ces ?changes et r?flexions justifie pour la plupart les missions qu'ils effectuent dans le cadre de leur mandat. Elle constitue pour les ?lus locaux que nous sommes une source importante d'information et de r?flexion commune indispensable ? l'exercice de leur mandat et peut et doit se faire en dehors m?me de tout accord formel entre les villes.
Cependant, le contenu des accords de coop?ration avec de nombreuses villes est bien souvent tr?s mal connu des ?lus de notre collectivit?, peut-?tre, parfois, mal d?fini. Ces accords ne font en effet l'objet d'aucune d?lib?ration en Conseil de Paris, contrairement, par exemple, aux accords de coop?ration sign?s entre Paris et les communes limitrophes. Pourquoi ne feraient-ils pas l'objet de projets de d?lib?ration, pourquoi ne seraient-ils pas pr?sent?s en d?tail aux ?lus de notre Assembl?e et, enfin, discut?s ?
Un des avantages, en dehors d'une proc?dure qui privil?gierait le d?bat, serait de faire conna?tre ? l'ensemble des ?lus l'existence de ces ?changes dans lesquels notre action pourrait s'ins?rer, mais aussi de faire vivre des accords parfois per?us comme des coquilles vides.
Le second axe que je voudrais aborder concerne le d?veloppement et les actions de Paris en ce domaine. Paris est une ville riche, capitale d'un pays riche. Pour cela, nous pensons que notre Ville a le devoir de consacrer une partie de ses richesses ? ceux qui, dans le monde, sont les plus d?sh?rit?s et les plus d?munis, ? ceux qui n'ont acc?s ? rien ou presque. A ce titre, les actions de coop?ration avec les villes des pays du Sud doivent ?tre une priorit? de notre politique. Cette action doit ?tre une v?ritable coop?ration dans le sens o? il ne s'agit pas de proposer quelques actions ponctuelles pour lesquelles nous apporterions juste un financement ou un savoir-faire, sans ?change ou sans suivi.
S'agissant de la politique actuellement mise en ?uvre par la Ville, dans ce domaine, nous regrettons toujours qu'elle passe majoritairement par l'A.I.M.F. Certes, nous sommes sensibles aux efforts qui ont ?t? fournis ? la fois pour une meilleure transparence de cette association et pour une gestion qui laisse davantage de place au financement des projets de coop?ration. Je rappellerai que la Ville verse ? l'A.I.M.F une subvention de 1,7 million d'euros sur un budget global de 4 millions d'euros pour les actions internationales de la Ville. Sur ce 1,7 million d'euros, 640.000 euros seulement vont au fonds destin? ? financer des projets de coop?ration, le reste ?tant affect? ? son fonctionnement.
Notons donc au passage que, pour le moment, la Ville prend ? sa charge 73 % du budget de fonctionnement de l'A.I.M.F., budget qui reste anormalement ?lev?. Ainsi, nous regrettons que sur l'ensemble du budget de la Ville affect? aux actions internationales, une partie transite par l'A.I.M.F. et que seulement 640.000 euros puissent ?tre destin?s ? des projets.
Mais vous avez dit tout ? l'heure que nous pourrions am?liorer ces choses et nous attendons cela avec impatience.
Concernant maintenant les actions men?es par l'A.I.M.F., je voudrais ?voquer deux points. D'une part, le manque d'information quant ? l'?valuation des projets r?alis?s et ? leurs r?sultats. L'audit de cette association, r?alis? en 2001, pr?conisait que la collectivit? ?labore "des missions ponctuelles de contr?le ou demande ? ses experts d'?tablir des rapports d'ex?cution afin de se forger une opinion objective sur les r?alisations de l'association". Dans l'ensemble des documents dont nous disposons, cet aspect appara?t peu alors m?me qu'il est essentiel pour garantir l'efficacit? des actions men?es et des actions futures.
Dans le cadre d'une implication de plus en plus importante des collectivit?s locales dans la coop?ration, l'activit? de l'A.I.M.F. devrait s'inscrire dans une coordination des politiques de l'ensemble des partenaires parisiens, au premier rang desquels la Ville, et chercher ? diversifier ses financements en s'inscrivant dans des programmes nationaux, europ?ens et internationaux, de sorte que la Ville ne soit plus, de loin, la premi?re contributrice au financement de cette association.
Concernant toujours l'aide au d?veloppement, nous avons aussi souhait? et obtenu, d'une fa?on encore insuffisante de notre point de vue, que Paris participe ? la lutte internationale contre le Sida. Nous ne pouvons pas continuer ? g?rer notre Ville, comme si nous n'?tions pas pleinement conscients de l'ampleur et des cons?quences de ce drame. Si les Etats et les collectivit?s locales des pays riches en font une priorit? politique et budg?taire, nous pouvons encore emp?cher que la pire ?pid?mie qu'ait connue l'humanit? ne d?truise l'Afrique, mais aussi maintenant l'Asie.
Nous pensons ?galement que la Ville doit jouer un r?le dans la sensibilisation des Parisiennes et des Parisiens aux enjeux du d?veloppement : faire conna?tre les drames qui se jouent dans les pays du Sud et le foss? qui se creuse entre le Nord et le Sud, provoquer le d?bat et la solidarit?.
Les Assises du co-d?veloppement ont ?t? un moment durant lequel cette question a v?ritablement ?merg?. Cependant, nous ne devons pas en rester l? et l'entreprise doit se poursuivre en partenariat avec les associations, notamment les associations de solidarit? internationale et les organisations de solidarit? internationale des migrants.
Nous devons aussi intervenir pour faire face aux drames li?s ? la situation internationale comme, par exemple, les inadmissibles conditions de survie impos?es aux exil?s qui, depuis la fermeture de Sangate, sont bloqu?s ? Paris autour de la gare du Nord.
Il est dommage que vous terminiez cette communication qui est de qualit? par une r?f?rence ? la candidature de Paris aux Jeux olympiques de 2012. Je vous informe, si vous ne le saviez pas, que "Les Verts" d'Ile-de-France ont d?cid?, il y a quelques semaines, de ne pas soutenir cette candidature car, pour nous, les Jeux olympiques ne sont pas, comme vous l'affirmez, synonyme de "solidarit?, sens du collectif, go?t de la performance, ?thique", mais de nationalisme, comp?tition, publicit?, fric et dopage...
Pour conclure, je souhaiterais saluer l'effort de transparence qui a ?t? fait depuis le d?but de la mandature sur la politique internationale de la Ville, et ce d'autant que nous avons h?rit? d'une situation bien peu favorable et pour le moins opaque.
Je tiens particuli?rement ? saluer la liste, publi?e en annexe de votre communication, des d?placements effectu?s par vous-m?me, les adjoints et les Conseillers de Paris. Nous aimerions avoir le m?me document pour les mandatures pr?c?dentes.
Je ferai une demande toutefois, la transparence serait encore plus grande si ?tait ajout? ? ce tableau les voyages financ?s par les S.E.M. et l'ensemble des syndicats et des organismes li?s ? la Ville. Je souhaiterais que dans les mois qui viennent nous ayons ce tableau. Ce serait int?ressant.
Pour continuer dans ce sens, nous avons cependant deux autres suggestions ? formuler. D'une part, proposer un budget d?taill? de l'action internationale qui, comme nous l'avons vu, regroupe aussi bien l'organisation de r?ceptions, de colloques, que les missions ? l'?tranger, les actions d'aide d'urgence ou l'appui au d?veloppement... Une ventilation des d?penses pourrait permettre de mieux cerner l'affectation du budget et de r?fl?chir ensemble aux choix que nous voulons faire et ? la part du budget que nous voulons affecter ? tel ou tel axe de notre politique.
D'autre part, communiquer aux ?lus une sorte de rapport d'activit? ou tableau de bord annuel r?pertoriant l'ensemble des actions (projet, co?t, partenaires, suivi, impact...) dans lesquelles la Ville s'est engag?e. Cet outil constituerait un des moyens les plus s?rs pour ?valuer les effets de notre politique.
Ces deux outils de travail nous paraissent indispensables ? la transparence des actions que nous mettons en ?uvre, mais aussi ? une r?flexion commune sur le projet international de Paris.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Les Verts", socialiste et radical de gauche, du Mouvement r?publicain et citoyen et communiste).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur GAREL, vous permettez que je r?agisse tr?s bri?vement.
M. Sylvain GAREL. - Je sais sur quoi !
M. LE MAIRE DE PARIS. - Non, premi?rement, sur les voyages des S.E.M., etc., je vous soutiens fortement... et pour toutes les S.E.M. d'ailleurs. C'est donc tr?s int?ressant et j'entends qu'un courrier soit fait ? tous les pr?sidents de S.E.M. pour que - gentiment- on se rende des comptes les uns aux autres.
Deuxi?mement sur les Jeux Olympiques, une petite taquinerie d'abord : puisque vous voulez absolument vous distinguer dans des ?lections prochaines en juin, je crois que c'est un sujet plus international, les Jeux Olympiques, que les tours ? Paris, mais c'est une taquinerie.
M. Sylvain GAREL. - Mais c'est li? en plus.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Pas du tout justement. Eh bien vous avez tort, Sylvain GAREL, car justement dans le village olympique il n'y aura pas d'immeuble de plus de 37 m?tres, ni dans le dossier que nous pr?senterons en 2005, ni jusqu'en 2012 si nous avons les Jeux en 2012 ; c'est un point sur lequel vous devriez vous sentir bien avec le Comit? international olympique parce que cela fait partie de ses souhaits.
Enfin, je respecte totalement votre point de vue, que je ne partage pas du tout, sur la philosophie du sport. Je vous demanderai d'exprimer ce d?saccord avec habilet?. Je sais que vous en ?tes capable, merci, parce que, quand m?me, on pr?sente un consensus autour de la candidature de Paris, essayez de faire cela en conciliant vos convictions, totalement respectables, et l'int?r?t de votre ville.
La parole est maintenant ? Jean VUILLERMOZ.
M. Jean VUILLERMOZ. - Monsieur le Maire, j'ai eu peur quand vous parliez des ?lections, je croyais que vous parliez des r?gionales !
M. LE MAIRE DE PARIS. - Non !
M. Yves GALLAND. - Vous r?glerez vos probl?mes ailleurs !
M. LE MAIRE DE PARIS. - Allons, Monsieur GALLAND ! Jean VUILLERMOZ a la parole et seulement lui.
M. Jean VUILLERMOZ. - Cette communication est importante et nous vous remercions de l'avoir mise ? l'ordre du jour, c'est une demande que nous faisons, parce que les relations internationales ont d?j? et vont prendre de plus en plus d'importance dans les ann?es avenir. Et Paris, comme vous l'avez dit, doit jouer un r?le important en la mati?re.
Vous avez d'ailleurs soulign? ? juste titre dans votre communication, Monsieur le Maire, que Paris tient une place essentielle dans ce processus du fait de son histoire et de son rayonnement, mais aussi compte tenu du fait que les enjeux nouveaux de l'?volution du monde, enjeux sociaux et de solidarit?, ?conomiques, environnementaux et d?veloppement durable sont de plus en plus d'essence urbaine.
Nous avons eu de nombreuses r?unions sur ce sujet avec Pierre SCHAPIRA, et apr?s un certain nombre de discussions, je dois dire que nous partageons l'essentiel des orientations propos?es. Il ?tait normal d'avoir un certain nombre d'?changes car, sur un sujet aussi important, on peut dire que nous avons trouv?, quand nous sommes arriv?s, un terrain o? il nous a sembl? qu'il y avait beaucoup de choses et de pratiques ? changer.
Les points sur lesquels nous sommes d'accord, et je n'y reviendrai que par quelques phrases, c'est notamment s'appuyer sur des valeurs qui engagent l'ensemble des Parisiennes et des Parisiens, d?finir des priorit?s ? partir de l'Histoire, de cultures et de r?f?rences qui font l'Europe, la M?diterran?e et le monde francophone, donc notre espace de coop?ration particulier, et faire le choix de la coop?ration dans les r?seaux des villes.
Je voudrais ajouter que l'un des enjeux parmi les plus essentiels est aussi de donner aux relations internationales une grande dimension d?mocratique, citoyenne, ce qui veut dire qu'elles ne peuvent plus se limiter, de notre point de vue, aux seuls niveaux institutionnels aussi importants soient-ils.
Cette dimension, vous y faites ?cho dans votre communication quand vous affirmez que Paris a pour objectif de promouvoir les ?changes avec les autres villes et de substituer une logique de coop?ration ? une logique de comp?tition. C'est juste, c'est important, mais c'est une ligne exigeante qui indique qu'une autre mondialisation est ? construire sur fond de condamnation de la mondialisation ultra-lib?rale.
Cette approche a ?t? au c?ur du Forum social europ?en que nous avons soutenu et qui s'est tenu en novembre dernier ? Paris, Saint-Denis et Bobigny. Ce forum r?ussi a accueilli 60.000 d?l?gu?s et toutes et tous sont venus exprimer leur vision d'un autre monde plus solidaire et plus juste dans des domaines aussi essentiels et vari?s que la sant?, l'?ducation, l'emploi, l'eau, l'environnement les services publics, la culture, autant de biens communs qui concernent l'Humanit? tout enti?re.
Il doit y avoir l? mati?re ? r?flexion et ? pratique nouvelle pour notre Collectivit?, les ?lus que nous sommes, en relation avec les citoyens qui sont impliqu?s dans ce mouvement d'id?e. De ce point de vue notre action contre le Sida en Afrique est exemplaire. Nous avons su y mettre des moyens, encore renforc?s dans notre budget 2004, en ?tablissant des rapports de coop?ration ici ? Paris et en Afrique avec ceux et celles qui sur le terrain m?nent un combat difficile. Mais il y a encore beaucoup ? faire pour permettre l'acc?s ? la sant? sur de nombreux continents et dans de nombreux pays dans le monde.
D'autres d?fis nous sollicitent avec insistance car notre monde est profond?ment fractur? par une pauvret? massive. Quelques 1,2 milliard d'individus peinent ? survivre dans une situation d'extr?me d?nuement avec moins de 1 dollar par mois, et 2,8 milliards ont moins de 2 dollars. Dans les pays dits en d?veloppement plus de 800 millions sont analphab?tes, 325 millions d'enfants ne sont pas scolaris?s et pr?s d'un milliard de personnes n'ont pas acc?s ? l'eau potable.
Nous avons conscience que ces injustices ?normes ne sont pas seulement des r?alit?s du sud puisque 130 millions de personnes sont frapp?es par la pauvret? dans les pays de l'OCDE, 4 millions en France, comme vient encore de le rappeler l'Abb? Pierre le week-end dernier.
Rappeler tout cela ne serait qu'un exercice oblig? si l'on ne voyait pas en m?me temps que c'est bien le syst?me lib?ral qui produit, nourrit, accentue ces in?galit?s.
Dans ces conditions, faire comme vous nous y conviez de Paris un espace de coop?ration, un territoire pertinent face ? la mondialisation capitaliste est bien une urgence.
Votre communication le met en ?vidence, les coop?rations d?centralis?es de collectivit? ? collectivit? sont en plein essor. Mais en faire un engagement durable plus dynamique n?cessite d'avancer de nouvelles propositions dans ce domaine pour qu'? l'avenir, les citoyens soient toujours plus impliqu?s, donc acteurs de l'action internationale. Par exemple, et c'est une proposition ? discuter, ne faudrait-il pas soutenir des projets en mati?re de coop?ration des associations, des citoyennes et des citoyens et tout particuli?rement des jeunes de notre ville ?
J'ajouterai qu'en la mati?re nous devrons pouvoir nous appuyer sur les Parisiennes et les Parisiens issus de l'immigration qui doivent occuper une place toute particuli?re dans le processus d'?laboration d'actions engag?es, partag?es et dans leur mise en oeuvre. Sans m?sestimer ce qui existe, nous pensons qu'il faut r?fl?chir ? enrichir nos actions de coop?ration et c'est pourquoi nous proposons de r?fl?chir ? la cr?ation d'une ligne budg?taire sp?cifique en 2005 afin de promouvoir, de soutenir des d?marches, des projets de coop?ration internationale propos?s par les associations.
M. LE MAIRE DE PARIS. - J'?tais en train de dire, pardonnez-moi... n'oubliez pas les Assises du co-d?veloppement quand m?me qui ont ?t? justement le moyen de mettre les associations parisiennes dans le coup de notre coop?ration nord sud.
M. Jean VUILLERMOZ. - Oui, mais nous proposons peut-?tre de faire un peu plus.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Il faut faire mieux et vos conseils sont pr?cieux.
M. Jean VUILLERMOZ. - Au-del? des projets institutionnels, cette prise en compte des projets citoyens est une n?cessit? qui doit clairement appara?tre.
L'enjeu de cette nouvelle coop?ration de proximit? est bien avant tout celui du d?veloppement humain dans toutes ses dimensions, d'une r?ponse citoyenne aux grands d?fis du monde contemporain o? s'entrem?lent dans une riche dynamique le local et le global. En la mati?re, il nous faut aussi avancer, comme cela a ?t? le cas pour la FSE, avec nos voisins. Nous le faisons, par exemple, d?j? pour l'eau, ce bien commun de l'humanit?, nous le faisons avec le d?partement du Val-de-Marne, mais il nous semble qu'il faut sortir de la marchandisation avec la perspective d'une gestion publique chez nous, mais aussi ? l'?chelle de notre plan?te.
Monsieur le Maire, renforcer la coop?ration pour la solidarit?, pour les droits humains, pour le d?veloppement durable est aussi le socle de notre action pour la paix. Solidarit?, d?mocratie et citoyennet?, progr?s humains et paix se conjuguent.
Emerge d'ailleurs de plus en plus clairement l'id?e que les autorit?s locales, au travers de leur politique, peuvent conduire vers de nouveaux droits pour les habitants et les salari?s, vers plus de d?mocratie, et donc plus de paix aussi.
Notre collectivit? a pris des initiatives en faveur de la paix, que ce soit en Irak ou au Proche-Orient o?, franchement, vous avez fait un certain nombre de choses tr?s positives dans le cadre de la reconnaissance des droits des peuples.
Mais Paris, capitale de la France, doit jouer un r?le important pour la paix et pour les libert?s. De ce point de vue, je crois qu'il nous faut continuer. Ce qui veut dire qu'en toutes circonstances il faut valoriser la politique, la n?gociation dans la pr?vention et le r?glement des conflits, dans la recherche d'une stabilit? et d'une s?curit? durable de rapports de confiance.
Cette promotion de la paix par les cit?s du monde devrait ?tre, ? notre sens, l'une des questions qui devrait ?tre trait?e ? l'occasion du Congr?s de l'unification de la F?d?ration Mondiale des Cit?s Unies, F.M.C.U., et de IULA qui doit se tenir ? Paris les 2 et 5 mai prochain. C'est important car cette nouvelle association va avoir ind?niablement plus de moyens pour faire entendre collectivement la voix des citoyens du monde, par exemple aupr?s de l'O.N.U., pour mettre en cause notamment les politiques impos?es par le F.M.I., les plans dits "d'ajustement structurel" et l'endettement des pays du Sud. Mais aussi pour que, face aux enjeux, aux d?fis qui sont pos?s, soient prises en compte les approches, les propositions des collectivit?s, y compris pour la richesse, le multilat?ralisme qu'elles repr?sentent.
Voil?, Monsieur le Maire, les questions que je voulais simplement aborder. Je n'ai ?videmment pas parl? de tout ce que avec quoi nous sommes en accord. Reste une question qui n'a pas encore trouv? de solution ? nos yeux : comment les simples conseillers que nous sommes peuvent conna?tre les choix de toutes ces associations internationales dans lesquelles la Ville de Paris intervient, que ce soit cette nouvelle association qui va r?unir F.M.C.U. et IULA, ou m?me l'A.I.M.F. que vous pr?sidez ? Je crois que nous pourrions avoir un peu plus de d?tails, d'informations; et participer ?ventuellement ? donner notre avis sur ces choix.
Merci.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Oui, merci de toutes vos suggestions. Quand m?me, depuis le d?but, Pierre SCHAPIRA a propos? ? chacun des six groupes d'avoir un correspondant qui suit avec lui la politique internationale de la Ville, car je souhaite que cela se passe de la mani?re la plus consensuelle possible.
C'est pour moi aussi l'occasion aussi de dire ? quel point la D?l?gation g?n?rale aux relations internationales est une d?l?gation disponible et attentive aux ?lus. Je veux d'ailleurs les f?liciter, son directeur, Patrick MAISONNAVE, et toute l'?quipe de Pierre SCHAPIRA et de la d?l?gation parce que je crois vraiment qu'ils font beaucoup de travail de qualit? et c'est tr?s utile ? la collectivit? parisienne.
Je donne la parole ? V?ronique BALDINI.
Mme V?ronique BALDINI. - Monsieur le Maire, mes chers coll?gues, nous vous remercions d'avoir enfin mis ? l'ordre du jour d'une s?ance une communication sur les relations internationales.
En effet, cela fait plusieurs mois que vous nous promettez un tel d?bat qui marque, si j'ai bien compris...
M. LE MAIRE DE PARIS. - Non, cela fait 26 ans qu'on attend. Il n'y en avait pas eu pendant 24 ans, ch?re V?ronique BALDINI.
Mme V?ronique BALDINI. - Moi, pas ! Depuis 2001 simplement.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Oui, c'est vrai, mais je vous signale qu'il n'y en a jamais eu au Conseil de Paris.
Mme V?ronique BALDINI. - Je ne sais pas. En tout cas, j'ai l'impression que ce d?bat marque l'An I des relations internationales effectivement, si j'ai bien compris votre autosatisfaction dans la pr?sentation liminaire que vous nous avez faite.
La politique internationale d'une ville comme Paris, la capitale de la France, qui veut jouer un r?le moteur dans l'Europe et dans le monde se doit d'?tre ambitieuse. Elle n'est en rien comparable ? d'autres cit?s fran?aises. Elle doit faire na?tre un souffle et cr?er une dynamique. Une politique ambitieuse doit avoir un double objectif : aider d'autres villes moins favoris?es ? se d?velopper, mais ?galement ?tre utile aux entreprises parisiennes, au tissu ?conomique local, en cr?ant des relations privil?gi?es, en attirant des entreprises ?trang?res qui offriront des emplois aux Parisiens.
Nous sommes d??us car nous ne sentons pas du tout ce souci dans la politique que vous avez men?e jusqu'? pr?sent. Lorsque l'on regarde de pr?s les annexes de la communication, vos d?placements sont majoritairement consacr?s ? des colloques, des rencontres avec des personnalit?s, des inaugurations d'expositions, des "nuits blanches", enfin beaucoup de mondanit?s, beaucoup de "people".
M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous avez ?t? vous-m?me t?moin des mondanit?s pendant plusieurs jours dans les 3 pays du Maghreb.
Mme V?ronique BALDINI. - Je voudrais pouvoir terminer, Monsieur le Maire.
M. LE MAIRE DE PARIS. - J'ai le droit ? la pens?e, le droit ? l'expression aussi.
Mme V?ronique BALDINI. - On peut ?mettre quelques critiques, Monsieur le Maire.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous n'?mettez pas quelques doutes, vous dites des choses alors que vous avez constat? l'inverse, Madame BALDINI.
Mme V?ronique BALDINI. - Vous n'avez pas, dans le domaine de la coop?ration d?centralis?e, d?termin? des priorit?s g?ographiques et cibl? des types d'intervention. Nous aurions pu d?cider ensemble de choisir quelques pays sur les continents, sans oublier l'Europe, sur lesquels nous serions intervenus de mani?re tr?s significative, pas seulement financi?rement, sur une p?riode pr?cise assortie d'un plan d'action, relay? sur place par des ONG.
C'est ? cette condition que la Ville de Paris aurait ?t? tr?s claire. Ces actions pouvaient ?tre de nature tr?s diff?rente : creuser des puits, r?organiser les services d'?tat civil, lutter contre le sida ou aider ? la mise en ?uvre, dans les principales villes du Maroc par exemple, de la nouvelle loi communale relative au transfert de comp?tences.
Au contraire de cela votre politique est dispers?e, brouillonne et totalement illisible. D'autant plus que chaque S.E.M., chaque ?tablissement public parisien, voire chaque direction de l'administration parisienne m?ne de son c?t? des actions internationales en envoyant souvent des missions d'experts. Vous n'avez pas su vous imposer dans ce domaine, ni ? l'interne ni ? l'externe.
Alors, il est vrai qu'il y a quelques d?placements au cours desquels on promet une aide par-ci, une aide par-l?, mais encore une fois sans lisibilit? ni retour pour le Parisien ; on en reste au niveau du saupoudrage.
En plus, il y a ?galement votre arme absolue dans d'autres domaines, mais ? laquelle les relations internationales n'?chappent pas, ce sont les subventions aux associations. Elles peuvent ?tre utiles aux personnes qui les re?oivent, mais cela ne peut ?tre en aucun cas ?tre int?gr? dans une politique audacieuse et dynamique de coop?ration internationale.
Comme j'y faisais allusion pr?c?demment, vous n'avez jamais coupl? vos d?placement officiels, ? des missions ?conomiques. Ainsi, lorsque vous vous rendez ? Budapest, au Br?sil, en Afrique du Sud, ou que sais-je, pourquoi ne faites-vous pas b?n?ficier de vos rencontres avec des personnalit?s les entrepreneurs parisiens ? Cela pourrait ?tre appliqu? ? chacun des d?placements de vos adjoints, qui emm?neraient des entreprises ou des institutions en fonction du secteur concern?.
Pourquoi n'utilisez-vous pas le statut institutionnel de la Ville de Paris pour agr?ger l'ensemble des partenaires parisiens susceptibles de d?velopper des accords de coop?ration internationale ? Je pense en particulier ? la Chambre de commerce, ? la Chambre des m?tiers, ? l'A.P.-H.P., ? quelques grandes entreprises comme A.D.P. ou la R.A.T.P. qui pourraient ?tre int?ress?es ? la mise en commun de projets de d?veloppement ou d'?changes de savoir-faire technique dans le cadre de programmes internationaux.
Ce d?placement et cette synergie nouvelle seraient r?ellement utiles et cesseraient de nous faire croire que la politique de relations internationales que vous d?veloppez sert uniquement ? valoriser votre image pour des campagnes ?lectorales ? venir.
En mati?re europ?enne la situation ne trouve pas plus gr?ce ? nos yeux. Paris est absent de l'Europe, Paris est absent des grands enjeux comme de ces programmes institutionnels. Paris ne dispose m?me pas d'un bureau de repr?sentation aupr?s de la communaut? ? Bruxelles et pourtant, je crois savoir que l'ADEIF, association qui rassemble la R?gion Ile-de-France et plusieurs d?partements franciliens, vous a fait des propositions au d?but de votre mandature. Ce refus incompr?hensible, cette frilosit? incroyable ne facilitent pas l'acc?s ? l'information, d'autant que vous n'avez pas mis en place de solution alternative.
Donc pas ou peu de participation dans le cadre de la politique r?gionale de l'Europe ? des programmes ? d?velopper en commun avec d'autres capitales, comme Berlin ou Londres.
Est-ce un hasard si nous avons, au cours de cette s?ance, deux dossiers de ce genre ? Mais nous sommes tr?s en retard et j'en veux pour preuve la politique active men?e par une grande ville fran?aise de la M?diterran?e.
Savez-vous, Monsieur le Maire, que cette ville poss?de un vrai service Europe rattach? au maire avec cinq personnes ? temps complet, qui rep?rent des appels ? projet ?manant de la Commission europ?enne, en informent les directions concern?es, les aident ? r?pondre, et peuvent ainsi d?velopper des projets de coop?ration d?centralis?e avec l'Europe.
Savez-vous, Monsieur le Maire, que toute leur politique dans ce domaine est financ?e entre 50 et 80 % par l'Union europ?enne ?
Mais l'Europe ce n'est pas que cela, d'autres domaines sont ouverts : la politique des d?chets, le sport. 2004 est l'ann?e du sport en Europe. La Ville de Paris a-t-elle d?pos? un dossier ? L'environnement, le d?veloppement durable. En juin 2004, se tient ? Alborg, la Conf?rence des villes durables. La Ville de Paris est-elle inscrite ? M?me chose en mati?re de tourisme, domaine o? l'Europe d?veloppe des programmes auxquels Paris pourrait pr?tendre.
Vous voyez que les th?mes ne manquent pas, et certains comme la propret?, gagneraient peut-?tre ? ?tre trait?s en collaboration avec des capitales europ?ennes confront?es ? ces probl?mes.
Il ne faut pas ?tre frileux, il faut accepter d'apprendre de l'exp?rience des autres. Il faut, Monsieur le Maire, marquer une vraie volont? politique. Il faut motiver ces services, cr?er une cellule sp?cialement d?di?e ? cette t?che, mettre en place de vrais outils pour faire vivre cette Europe au quotidien. L'Europe ? Paris, ce n'est pas faire tomber des t?tes ? la Maison de l'Europe parce qu'elles ne sont pas du bon c?t?, l'Europe vaut vraiment mieux que des querelles politiciennes d'arri?re-garde.
De ce point de vue, Monsieur le Maire, vous qui aimez ?tre dans le "move", dans la tendance, c'est de toute ?vidence rat?.
Pour conclure, nous restons en mati?re de relations internationales ? la mode des ann?es 1960, 1970, r?ceptions, jumelages, ?changes de groupes folkloriques. C'est dommage pour l'image de Paris, Capitale de la France, et c'est dommage pour l'?conomie parisienne et pour les Parisiens.
Merci.
(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la d?mocratie fran?aise).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Madame BALDINI, Pierre SCHAPIRA vous r?pondra, et toutes les critiques sont les bienvenues.
Si je comprends bien, nous avons tort, il fallait garder l'ancienne dynamique de la Maison de l'Europe. Et moi, je nous reproche de ne pas avoir impuls? assez de nouvelles dynamiques. Voil?.
Deuxi?mement, Madame BALDINI, je suis pr?t ? comparer les projets de coop?ration concr?te et leurs r?sultats de l'ancienne mandature et de la... des anciennes mandatures et de l'actuelle, puisque vous avez parl? des ann?es 1960, 1970.
Ensuite, merci de nous avoir propos? de d?velopper les programmes de coop?ration en mati?re d'?tat civil et de sida, car vous avez la liste en annexe que vous n'avez pas regard?e. Vous voulez parler de quoi ? Du Centre de lutte contre le sida ? Ouagadougou ? De tout ce qui n'?tait pas fait en mati?re de sida, c'est moi qui l'ai ajout? ? l'A.I.M.F., et j'ai m?me pris comme conseil pour l'A.I.M.F. l'association des Elus locaux contre le Sida qui est anim? par M. Jean-Luc ROMERO. Cela n'existait pas avant. Il a fallu que je vienne, moi, pour lui demander de nous aider, parce qu'avant ce n'?tait pas fait.
Enfin, ch?re V?ronique BALDINI, vous ?tes excellente car vous nous dites : "Associez donc les entreprises. Par exemple la R.A.T.P.". Et lorsque je suis all? ? Tunis, il y avait le pr?sident de la R.A.T.P., Jean-Paul BAILLY, qui avec nous, en marge de ce voyage mais il ?tait avec nous, a sign? le protocole d'accord pour la liaison et le travail en commun entre la Soci?t? des transports de Tunis et la R.A.T.P. Jean-Paul BAILLY enthousiaste. On s'est ?paul?s les uns les autres, mais il n'y avait pas que Jean-Paul BAILLY. Il y avait aussi V?ronique BALDINI ; cela n'a pas pu lui ?chapper, elle ?tait l? et elle a tout fait avec nous.
Donc, merci de nous donner des conseils que vous puisez dans les exp?riences que nous avons v?cues ensemble.
La parole est ? M. Georges SARRE.
M. Jean-Fran?ois LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Avant, la R.A.T.P. n'avait rien fait ? l'?tranger ?
M. LE MAIRE DE PARIS. - Mais arr?tez !
M. Jean-Fran?ois LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Et la modestie ?
M. LE MAIRE DE PARIS. - Ecoutez, Monsieur LEGARET, il n'est pas interdit de faire preuve de bonne foi.
M. Jean-Fran?ois LEGARET, maire du 1er arrondissement. - On vous attend l?-dessus.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur SARRE ?
M. Georges SARRE, pr?sident du groupe du Mouvement r?publicain et citoyen, maire du 11e arrondissement. - Oui, je suis l?, Monsieur le Maire.
Paris n'est, chacun le sait, pas une ville ordinaire. Paris n'est pas non plus une capitale ordinaire. Notre municipalit? a relev? le d?fi de mener une politique d'envergure sur le plan international. Force est de constater que le bilan et le projet qui nous sont pr?sent?s aujourd'hui r?pondent ? une ambition et s'inscrivent, eux, pleinement dans la tradition d'?change et d'ouverture internationale de notre Ville.
Il y a en effet maintes raisons d'?tre satisfaits. L'ambition francophone est l?. Je constate que les ?changes avec la ville de Qu?bec sont effectifs. Il y a en effet beaucoup ? faire pour que les exp?riences des rives de Seine ou du bord du Saint-Laurent puissent ?tre partag?es. La signature d'un accord de coop?ration est une opportunit? d'approfondir les liens avec la belle province dont on doit se f?liciter tant ici qu'au pied du Ch?teau Frontenac.
La r?orientation de l'action de l'Association internationale des Maires francophones est une excellente chose dans le domaine de l'?tat civil, de la sant?, de l'?ducation, de la lutte contre le sida. L'association sera un catalyseur plus qu'utile des volont?s de travail en commun.
F?licitons-nous aussi d'une ambition m?diterran?enne affirm?e : Alger, Rabat, Tunis, Le Caire, Istanbul ou Amman. Autant de capitales avec lesquelles il nous sera donn? de travailler de concert sur des projets concrets. L'espace m?diterran?en doit se construire, et la multiplication des liens entre capitales de cette r?gion du monde est un fait tr?s prometteur pour l'avenir. Les projets de coop?ration avec Tel-Aviv et J?rusalem ainsi qu'avec les maires palestiniens sont une preuve de la contribution de Paris ? la recherche indispensable de la paix.
Les relations de notre ville avec les capitales d'Extr?me-Orient s'approfondissent. Ainsi en est-il de celles nous unissons ? Phnom Penh ou Vientiane. Nous n'oublions pas que ces pays furent ?troitement associ?s ? la France et qu'un lien ?troit de solidarit? doit s'?tablir entre nous. Moscou n'est pas ignor?e, et la coop?ration avec la capitale russe semble se d?velopper de mani?re heureuse tant sur le plan de l'urbanisme que sur le plan culturel. La lutte contre les inondations sera l'un des th?mes d'une coop?ration naissante avec Prague. Mais il faut ?galement engager des relations avec les neuf autres capitales des pays rejoignant l'Union europ?enne. Je ne citerai que Varsovie ou Budapest parmi elles. Ajoutons que nous ne saurions ignorer Bucarest ou Sofia.
Le prestige de Paris est immense ? l'Est de notre continent, sachons en prendre conscience et soyons de ce fait ? la hauteur de la r?putation de notre ville. Paris ?uvre donc en ?tant fid?le ? elle-m?me et ? son pass? et ? ?tre ? la hauteur des enjeux et de l'Histoire.
Paris, comme je le disais voici quelques instants, n'est pas une ville ordinaire. Sur ce continent, il y a beaucoup ? faire et le projet de notre ville en tient compte.
Ces derniers mois ont vu un de nos voisins, l'Allemagne, et notre pays se rapprocher. La France, l'Allemagne, voil? deux grands pays qui ont beaucoup ? se dire et beaucoup ? faire ensemble. L'axe de la paix de l'hiver 2003 fut porteur d'espoir pour le monde entier, ne l'oublions pas. Et je pense que Berlin aussi n'est pas une ville ni une capitale ordinaire. Coup?e en deux longtemps, meurtrie ? tous ?gards, Berlin est m?tamorphos?e au fil des derni?res ann?es. Elle est devenue le symbole d'une Allemagne enfin r?unifi?e et d?mocratique. Si nos pays ont ? construire des liens solides entre eux, nos capitales ne doivent-elles pas donner l'exemple ? Pour ma part je pense que oui. L'apprentissage de l'allemand recule en France en m?me temps que celui du fran?ais recule en Allemagne. Culturellement, intellectuellement, c'est une r?gression que je qualifie de "consternante". Politiquement, ce serait une faute que de ne pas r?agir efficacement et pratiquement. Berlin et Paris doivent ?changer. C'est chose faite en mati?re d'urbanisme, mais allons plus loin, bousculons les habitudes. Je propose d'organiser une semaine berlinoise ? Paris qui correspondrait ? une semaine parisienne ? Berlin. N'oublions pas qu'avant les ann?es noires puis la guerre froide, il y eut deux phares culturels sur notre continent, Paris et Berlin. Soulignons l'extr?me modernit? du Berlin des ann?es 20, cin?matographiquement autant qu'intellectuellement, Berlin fut ? la pointe de l'avant-gardisme. Nul besoin de rappeler l'importance du cin?ma expressionniste, de Robert Wiene ? Fritz Lang, ou la valeur de l'?uvre litt?raire de Brecht pour appr?cier Berlin ? sa juste valeur.
Et aujourd'hui, Berlin compte d'innombrables chantiers, la dynamique est partout. Cette capitale ?volue, se m?tamorphose de mois en mois. Artistes, intellectuels, ?lus, chefs d'entreprise, associations, toutes et tous pourraient se retrouver lors de ces semaines et ainsi montrer la voie ? ceux qui souhaitent jeter des ponts solides entre la France et l'Allemagne.
Associer les ?tablissements scolaires ? cette d?couverte de Berlin et de l'Allemagne serait encore le meilleur moyen d'encourager l'apprentissage de la langue de Goethe. Oui, disons-le clairement, nos capitales doivent se montrer pionni?res en mati?re d'?changes bilat?raux entre France et Allemagne. A l'heure o? nous avons le plus besoin l'un de l'autre, nos peuples semblent paradoxalement s'ignorer. Il nous incombe ? nous, ?lus de ces deux capitales au pass? si riche, de montrer la voie et de commencer ? b?tir des liens concrets qui, demain, porteront des fruits ? la mesure de nos esp?rances. Ainsi Paris sera-t-elle pleinement fid?le ? sa mission historique. En tout cas, je salue les efforts faits depuis trois ans, et je ne doute pas qu'ils continueront.
Je vous remercie.
(Mme Anne HIDALGO, premi?re adjointe, remplace M. le Maire de Paris au fauteuil de la pr?sidence.)
Mme Anne HIDALGO, premi?re adjointe, pr?sidente. - Merci beaucoup, Monsieur SARRE.
La parole est ? Mme Mo?ra GUILMART.
Mme Mo?ra GUILMART. - Oui, Madame la Maire.
Mon intervention se focalisera sur la dimension europ?enne du Projet international pour Paris. Je voulais commencer cette intervention en mettant en exergue divers projets europ?ens de la Ville ainsi que le travail concret et de grande valeur de la D.G.R.I. mais, apr?s les diff?rentes interventions, je vais aborder directement le c?ur de mon intervention.
En effet, dans le contexte actuel de relative d?fiance vis-?-vis de l'Europe, qui favorise les replis identitaires et nationaux, et alors que nous allons voter pour l'?lection des d?put?s europ?ens au printemps prochain, il est de notre responsabilit? de montrer que l'Europe n'est pas qu'un drapeau, n'est pas qu'un logo. L'Europe, c'est aussi un r?seau de villes, de femmes et d'hommes qui apprennent ? travailler et ? vivre ensemble. Votre ambition, Monsieur le Maire, Madame la Maire, est bien de donner toute sa place ? la Ville de Paris au sein de ce r?seau des capitales et des villes europ?ennes.
Afin de valoriser toutes ces op?rations, cet investissement europ?en, il faut un lieu. L'Europe doit ?tre accessible aux citoyens, au sens propre comme au sens figur?. Le c?ur de mon intervention, vous l'avez compris, Madame la Maire, est bien de r?affirmer l'attachement des ?lus du groupe socialiste et radical de gauche ? l'existence d'un centre europ?en ? Paris. Rendre visible l'Europe dans toute sa dimension symbolique, c'est aussi affirmer l'identit? europ?enne de Paris.
S'il y a quelques instants, Mme BERTRAND a bross? un tableau un peu sombre de ce projet de la Maison de l'Europe, je voudrais y apporter un aspect un peu plus lumineux et dynamique. En effet, j'en suis d'accord, Paris ne dispose pas ? l'heure actuelle d'un espace qui soit v?ritablement ? la hauteur de ses ambitions europ?ennes. Il me semble que la Maison de l'Europe, dans la perspective de la red?finition de ses activit?s et sous l'?gide de sa nouvelle pr?sidente, Catherine LALUMI?RE, a naturellement vocation ? ?tre un partenaire et un relais privil?gi?. La Maison de l'Europe, principalement subventionn?e par la Ville, ne manque pas d'atouts, mais je veux vraiment souligner qu'elle doit d'abord vaincre ses faiblesses largement h?rit?es du pass?, ce que divers intervenants ont l'air d'avoir un peu oubli?.
Cr??e en 1956, cette association a longuement souffert de son image fossilis?e, la Maison de l'Europe ?tant per?ue comme un milieu ferm? sur lui-m?me, r?serv? ? l'organisation de cocktails mondains et d'?changes diplomatiques restreints. Ce temps est r?volu. La nouvelle ?quipe dont il faut saluer le dynamisme, notamment celui de son secr?taire g?n?ral M. OTTAWAY, a mis en place dans le cadre d'un partenariat renouvel? avec la Ville un programme dynamique en y associant notamment les grandes associations, fondations ? vocation europ?enne, et des repr?sentants ?lus de tous les groupes politiques du Conseil de Paris. Grande nouveaut?, il faut le souligner.
Catherine LALUMI?RE, auditionn?e r?cemment par la 9?me Commission, et je tiens ? remercier tout particuli?rement Pierre SCHAPIRA de son initiative, a ainsi clairement affirm? ses ambitions pour la Maison de l'Europe et, notamment, celle de constituer un milieu ouvert d'information et de rencontres, sur l'Europe bien entendu, ou d'encourager la mobilit? universitaire et professionnelle. Or, de mon point de vue, ces priorit?s m?riteraient un nouvel effort financier, ne serait-ce que pour permettre le recrutement d'un collaborateur ou d'une collaboratrice charg? du d?veloppement des activit?s de la Maison de l'Europe et de la mise en place d'un site Internet. En effet, seule la Maison de l'Europe de Paris ne dispose pas de site Internet. Cela laisse songeur.
Je souhaiterais ? cet ?gard faire quelques suggestions dont le co?t ne semble pas ?norme, mais allant dans le sens de faire de la Maison de l'Europe un lieu dynamique et une vraie maison pour les Europ?ens. En premier lieu, ne serait-il pas possible, par exemple, d'?tudier la possibilit? de faire de la Maison de l'Europe un partenaire incontournable de la Ville, mais ?galement de la R?gion et de l'Etat ? La Maison de l'Europe ne pourrait-elle pas se faire le relais de manifestations, comme celle organis?e en mai 2003, de la R?gion Ile-de-France ? la Cit? universitaire de Paris pour les ?tudiants et lyc?ens sur les possibilit?s d'?tudier en Europe ?
Vous n'?tes pas sans savoir, et cela a ?t? ?voqu? tout ? l'heure, que le bail de "Sources d'Europe" arrive ? ?ch?ance au printemps prochain. Pour le moment, des locaux provisoires ont ?t? trouv?s, mais ils ne permettent pas l'accueil du public dans de bonnes conditions. Pourquoi ne pas saisir cette opportunit? pour proposer le projet d'un "Toit pour l'Europe", consistant ? faire du hall d'accueil de la Maison de l'Europe un v?ritable espace d'accueil pour le public : un espace librairie, un relais d'information qui pourrait ?tre coupl?, pourquoi pas...
Mme Anne HIDALGO, premi?re adjointe, pr?sidente. - Madame GUILMART, je vais vous demander de conclure.
Mme Mo?ra GUILMART. - J'en ai pour une petite minute. Avec un cybercaf? europ?en. Ne pourrait-on pas envisager, par exemple, dans le contexte de l'action de sensibilisation ? l'?largissement qui doit se d?rouler du 28 avril au 13 mai 2004, de pr?senter ces fameux panneaux de photographies des dix capitales europ?ennes qui vont adh?rer, en parall?le ? la Maison de l'Europe ?
D'autre part, dans le cadre du congr?s F.M.C.U.-I.U.L.A., on pourrait associer la Capitale et la Maison de l'Europe de fa?on ? ce que les maires de ces villes puissent se retrouver l?.
Mme Anne HIDALGO, premi?re adjointe, pr?sidente. - Madame GUILMART ?
Mme Mo?ra GUILMART. - Je ne voudrais pas passer sous silence le projet de la "Maison de l'Europe hors les murs" tel qu'il a ?t? sugg?r? par J?r?me COUMET en 9e Commission, qui permettrait ? l'ensemble des maires d'arrondissement volontaires, d'organiser, sous l'?gide de la Maison de l'Europe, des d?bats sur les enjeux du processus d'int?gration.
Et l?, je conclus : ces suggestions sont sans doute modestes, mais elles permettront de cr?er l'?lan et, permettez-moi de placer l'action de l'Europe sous le patronage d'Herm?s, dieu des ?changes et des commerces, mais aussi des r?seaux, des carrefours et des communications.
Je vous en remercie.
Mme Anne HIDALGO, premi?re adjointe, pr?sidente. - Merci, Madame GUILMART.
Madame LE STRAT, vous avez la parole.
Mme Anne LE STRAT. - Merci, Madame la Maire.
Mes chers coll?gues, Monsieur le Maire, vous souligniez ? juste titre dans votre communication les faits produits par la seule ?vocation du nom de notre Capitale hors de ses fronti?res. Paris, dont l'histoire sociale, culturelle et politique raisonne jusque dans des territoires tr?s ?loign?s de notre g?ographie nationale continue de susciter l'attention, l'imagination, voire l'admiration. Cela nous conf?re l?gitimit? et force dans nos interventions et nos actions, mais cela nous donne aussi des obligations ? la hauteur des attentes que Paris peut inspirer.
Les axes autour desquels vous d?finissez l'action internationale de la Ville refl?tent l'importance grandissante des collectivit?s locales sur le terrain de la coop?ration et de la politique internationale. Elle repr?sente un ?chelon d?sormais indispensable, sans doute plus op?rant dans certains cas que la coop?ration institutionnelle, nationale ou internationale.
Outils efficaces au service du d?veloppement, au partage des connaissances et des exp?riences, les collectivit?s locales et les diff?rents acteurs municipaux - je pense notamment aux S.E.M. - poss?dent les capacit?s techniques, juridiques et ?conomiques pour contribuer ? tisser la trame d'un nouveau partenariat entre les continents.
Je voudrais faire une petite incise sur le fait qu'il me semble, en effet, tr?s important qu'il y ait une transparence concernant ?galement les diff?rentes actions que les S.E.M. m?nent ; nous travaillons, en l'occurrence la S.A.G.E.P., en tr?s bonnes relations avec les services de la Ville et nous avons beaucoup de projets de coop?ration en commun.
Parce que les enjeux contemporains et futurs seront essentiellement des enjeux urbains, les villes, notre ville, sont amen?es ? jouer un r?le de plus en plus important. Le congr?s d'unification qui se tiendra ? Paris en mai prochain entre les deux principales associations mondiales des villes, F.M.C.U. et I.U.L.A., t?moigne ainsi de la vitalit? des villes et de leur aspiration ? ?tre des acteurs majeurs ? l'?chelle internationale.
Cette connaissance de la place des pouvoirs locaux dans le monde d'aujourd'hui et de demain doit nous conduire ? penser une politique internationale ambitieuse, renouvel?e, cr?ative et j'oserais m?me dire exemplaire. Cela passe par une implication la plus large possible des diff?rents acteurs, par un accent mis sur l'?change des savoirs et des comp?tences, par la valorisation des projets de d?veloppement destin?s aux populations les plus d?munies.
Impliquer, cela signifie d'abord impliquer les citoyens parisiens. Ce n'est pas seulement r?pondre ? notre devoir de rendre des comptes de nos choix politiques, c'est aussi et surtout sensibiliser les habitants d'ici aux enjeux internationaux et ? la n?cessit? de b?tir un monde multipolaire. Il s'agit de convaincre nos concitoyens que ce qui se passe hors du territoire parisien peut avoir et a des r?percussions ? notre ?chelle locale, et que la politique internationale ne se limite pas ? un balai diplomatique entre grands de ce monde.
Ainsi, les ?v?nements internationaux qui se d?roulent ? Paris, et plus largement la question internationale, devraient faire l'objet plus souvent de d?bats publics avec un accent mis en direction du public scolaire.
Mais impliquer, cela signifie aussi impliquer les populations directement concern?es dans la conception et la mise en ?uvre des projets de coop?ration. L'aide au d?veloppement ne doit plus ?tre synonyme d'aide financi?re ? la r?alisation de projets de d?veloppement mal adapt?s aux besoins des habitants, aux dur?es de vie limit?es car non accompagn?s d'aide ? la formation et ? la gestion dans le temps du projet.
Trop souvent par le pass?, l'accent a ?t? mis sur des actions facilement identifiables, communicables mais ? l'efficacit? limit?e.
Lors des Assises du co-d?veloppement qui se sont tenues ? l'H?tel-de-Ville en avril dernier, la n?cessit? d'un v?ritable co-d?veloppement permettant d'associer les populations ici et l?-bas, a d'ailleurs ?t? bien mis en ?vidence.
Je voudrais souligner ? ce propos que cet objectif devrait se retrouver dans les projets conduits par l'A.I.M.F., outil le plus important de la coop?ration d?centralis?e de la Ville, ce qui n'est pas toujours le cas.
Nous avons de nombreuses fois en cette Assembl?e ?voqu? les dysfonctionnements de cette association. Sylvain GAREL en a longuement parl?, je n'y reviens pas.
Plus g?n?ralement, la Ville de Paris doit favoriser l'appui ? l'?laboration de projets locaux, la mise ? disposition de nombreux savoir-faire, la formation ? la gestion locale. Vous avez ?voqu? aussi, Monsieur le Maire, la dimension europ?enne de Paris, de m?me que votre insatisfaction quant au bilan de la Maison de l'Europe. Nous ne pouvons que vous suivre sur ce sujet. A plusieurs reprises, j'ai attir? l'attention de notre Assembl?e sur l'incapacit? de la Maison de l'Europe ? engager une politique ambitieuse autour de l'Europe et de ses enjeux. Certes, les changements que vous avez impuls?s au sein de cette institution, notamment par le nouvellement de son Conseil d'administration, vont dans le bon sens. Nous avons ?galement entendu avec beaucoup d'attention l'?tat des lieux et les propositions pr?sent?es par Catherine LALUMIERE, nouvelle pr?sidente de cette institution. Elle a notamment ?voqu? la situation financi?re d?plorable malgr? une subvention annuelle de plus de 170.000 euros vers?e par la Ville, l'absence de personnel suffisamment qualifi?, la charge d'un local trop co?teux et inadapt?.
Promouvoir les politiques de l'union, les faire conna?tre et les rendre plus accessibles aux citoyens parisiens, servir d'outil de connaissance et de conseil en faveur des individus et des associations pour les aider ? r?aliser leur projet europ?en et s'ins?rer plus largement dans les diff?rents programmes europ?ens, tels sont quelques axes d'action que la Maison de l'Europe doit se donner pour devenir v?ritablement une Maison des Europ?ens.
Pour conclure, vous avez rappel? avec passion les valeurs que doit porter Paris dans sa politique internationale. Paris est, en effet, tr?s regard?e, tr?s attendue. Cela nous donne de lourdes responsabilit?s. L'?change, le partage des exp?riences et des savoirs et pas seulement de mani?re unilat?rale, comme vous l'avez fort bien dit, doivent nous guider dans notre politique internationale pour b?tir le monde de demain, non bas? sur la comp?tition et l'in?galit? mais sur la g?n?rosit? et la solidarit?.
Mme Anne HIDALGO, premi?re adjointe, pr?sidente. - Merci, Madame LE STRAT.
La parole est ? M. DOMINATI.
M. Laurent DOMINATI. - Madame le Maire, projet international de la Ville de Paris, quel beau titre, mais quel projet ? Comme d'habitude, on a le sentiment avec le Maire de Paris que quand il s'agit d'avoir une communication sur un sujet politique, la communication est l'essentiel de cette politique. Et on cherche en vain dans votre propos, dans votre expos?, de v?ritables axes, de v?ritables d?finitions d'une politique internationale. En quelque sorte, dans votre sujet, c'est le fond qui manque le plus. V?ronique BALDINI a parfaitement raison, ce n'?tait m?me pas un vrai r?cit de voyage, c'?tait plut?t un compte rendu de r?union et de relations publiques. Tr?s bien. Cela ne fait pas une politique internationale, cher Pierre SCHAPIRA ! Mais il est vrai que ce n'est pas facile parce que la politique internationale de la Ville, c'est ? la fois ce qu'il y a de plus facile, mais de plus d?licat, car si on est aid?, et tous les orateurs l'ont dit, par le prestige, par le nom de Paris qui vous portent, il s'agit aussi de ne pas s'enfermer dans une image traditionnelle et d'avoir un certain tact, une certaine d?licatesse, une certaine humilit?. C'est peut-?tre d'ailleurs ce qui manque.
Le prestige et le nom de Paris doivent servir la promotion de Paris pour l'avenir, et c'est une autre difficult? que de ne pas s'enfermer dans une image traditionnelle.
Bien s?r, il y a, d?s que l'on ?voque le nom de Paris ? l'?tranger, le rayonnement culturel, et l? encore vous avez fait un certain nombre de choses. Le Maire disait qu'il r?vait d'?tre adjoint, charg? des relations culturelles ou internationales ; c'est vrai qu'en mati?re culturelle - Bertrand DELANO? s'en est d'ailleurs vant?- il y a eu beaucoup d'?chos ? l'?tranger sur la "Nuit blanche" et sur d'autres animations culturelles, d'autres ?v?nements qui ont ?t? cr??s depuis cette mandature. Pourtant, il s'agit l? d'animations culturelles et ce qui est peut-?tre plus important pour la tradition culturelle de Paris, c'est ce qui pourrait se passer dans le domaine de la cr?ation. Paris doit rester un centre cr?ateur, un centre intellectuel. C'est cela la tradition parisienne, ce n'est pas simplement l'animation ; la participation, c'est continuer ? faire de Paris une ville dans laquelle on innove, on invente, on accueille les artistes, les cr?ateurs.
Cela existe ; nous avions lanc? nous-m?mes l'Association fran?aise d'action artistique (A.F.A.A.) et d'ailleurs, quand je lis la liste des accords, c'est ce qui marche bien. Je vous remercie, je vous f?licite de continuer ? agir dans le cadre que nous vous avions trac?. Bravo, vous n'avez pas d?truit l'A.F.A.A., c'est une bonne nouvelle et effectivement cela marche bien !
Nous avons aussi dans le pass? cr?? la Cit? internationale des arts pour accueillir de jeunes artistes. Tr?s bien. Cela continue ? marcher. On pourrait d'ailleurs renforcer ce p?le.
Nous avons ?galement, c'?tait la pr?c?dente mandature, refait le couvent des R?collets, que vous avez inaugur?. Tr?s bien. C'?tait nos initiatives. C'est le pass? ! Je suis s?r que vous pouvez faire plus et mieux ! Vous ne cessez pas de le dire ! Alors n'h?sitez pas dans le domaine du rayonnement culturel de la Ville de Paris, investissez, proposez, ayez des id?es, ne vous endormez pas sur les lauriers du pass?.
J'ajoute que vous avez dans le rayonnement de la Ville de Paris d'autres capacit?s, par exemple, le sport. Et l? je viens tout de suite au secours du Maire de Paris, nous soutenons, nous, les Jeux olympiques. Si "Les Verts" vous font d?faut, nous sommes l?, nous, et vous pouvez compter sur notre appui le plus total ainsi que sur celui de la R?gion et de l'Etat et j'ai bien compris que Bertrand DELANO? demandait aux "Verts" de se taire. J'esp?re qu'ils le feront pour l'int?r?t de Paris. Je demanderai d'ailleurs au Maire de mettre le service diplomatique de la Ville de Paris car il y a une Direction g?n?rale des Relations internationales qui avait ?t? cr??e par le premier Maire de Paris, qui avait une tradition d'excellence et qui l'a encore ; s'il s'agit d'un v?ritable service diplomatique parisien, c'est le moment de lui donner toute sa puissance pour servir la Ville de Paris et les Parisiens pour la candidature de Paris aux Jeux olympiques, comme cela avait ?t? fait dans le pass?.
J'ajouterai, mais c'est une suggestion qu'il serait temps - puisque le Maire a dit qu'il fallait faire participer les Parisiens - de commencer ? faire participer les Parisiens au projet de "Paris olympique", parce que, ce qui est le plus important, c'est de montrer que c'est un projet support? par tous les Parisiens (si "Les Verts" veulent bien se taire), par tous les Parisiens, par la population parisienne, et pas seulement par les institutions.
Mme Anne HIDALGO, premi?re adjointe, pr?sidente. - Ecoutez M. DOMINATI !
M. Laurent DOMINATI. - Parce que la gauche discute entre elle sur ce sujet qui l'emb?te un peu.
Je voudrais d'ailleurs vous faire une petite remarque, parce qu'il y a peut-?tre du sabotage l?-dessus : quand il y avait la candidature de Marseille pour la Coupe de l'America, une d?l?gation suisse est arriv?e - dit-on, est-ce vrai, je ne sais pas -, un jour de gr?ve des ?boueurs. Ils sont partis et la candidature de Marseille ?tait ? l'eau. Evidemment, quand ils ont vu Marseille avec la gr?ve des ?boueurs ils sont vite repartis.
Lorsque l'on arrive ? Paris, la m?me d?l?gation suisse dirait-elle : "Ah ! Comme c'est propre !" Madame le Maire, je vous dis qu'il y a peut-?tre l? un sabotage de la part des "Verts" et de l'adjoint ? la propret?.
Mme Anne HIDALGO, premi?re adjointe, pr?sidente. - Vous voyez des complots partout, Monsieur DOMINATI.
M. Laurent DOMINATI. - Non, j'?coute ce qui se dit ; j'ai bien entendu le groupe "Les Verts" et j'ai bien entendu le Maire dire qu'il n'?tait pas satisfait de la propret? ? Paris.
L'image de Paris, c'est aussi l'accueil des ?trangers et la tenue d'une ville. Eh bien, il est une indication qui doit vous alerter, l'U.D.F. l'a d?j? dit auparavant, c'est le tourisme. L'attrait d'une ville se mesure au nombre de touristes. Moins 500.000 visiteurs par an, cela prouve qu'il y a une attractivit? parisienne qui est en plein d?clin. Et peut-?tre aussi parce que l'image d'une ville, c'est l'image qu'on en a quand on y arrive et l'id?e que l'on se fait de savoir si cette ville est bien g?r?e et bien tenue.
Nous n'avons pas la m?me appr?ciation sur ce crit?re. Nous ne pensons pas, quand on arrive ? Paris, quand on voit la propret? et les transports, l'image de la Ville, que c'est une ville bien tenue. Cela aussi participe de l'image que l'on se donne. Je pense que, l?, vous n'?tes pas tout ? fait ? la hauteur.
Ensuite, en dehors de son rayonnement culturel, sportif, de grand cit? internationale, Paris est surtout - vous l'oubliez sans arr?t -, une grande capitale ?conomique, c'est une capitale ?conomique mondiale. C'est le c?ur de la premi?re m?tropole europ?enne. Et vous devriez - V?ronique BALDINI l'a d?j? dit mais j'insiste - promouvoir le savoir-faire des entreprises parisiennes. L'innovation, la cr?ation, les services.
Si vous ne m'?coutez pas, ?coutez au moins Michel CHARZAT. Lui avait bien compris par exemple que si le tourisme est de l'emploi, Paris, capitale financi?re internationale aussi, c'est plus de 100.000 emplois. Et vous auriez ?t? bien inspir? de soutenir le Gouvernement lorsque, justement, il a pris des mesures pour renforcer le r?le de capitale internationale, plut?t, Monsieur VUILLERMOZ, que de vous appesantir sur la mondialisation ultra lib?rale.
Allons dans le sens de la cr?ation d'emplois. Ne vous enfermez pas dans un post-n?omarxisme du Forum social europ?en ! Au contraire, suivez vos coll?gues, ?coutez-les. M. CHARZAT avait fait un excellent rapport, M. RAFFARIN l'applique. Il est dommage que M. DELANO? n'y ai pr?t? aucune attention car, l?, nous sommes dans la mati?re de la cr?ation d'emplois, du d?veloppement ?conomique de Paris.
Nous sommes tr?s inquiets sur l'an?mie parisienne. Nous avons le sentiment, du point de vue ?conomique, que Paris s'enferme en raison d'une politique de transport qui est extr?mement n?gative du point de vue commercial. En raison d'une politique immobili?re qui est une politique de p?nurie, Paris ?touffe, Paris r?tr?cit, Paris n'est plus une ville dynamique du point de vue international ; d'autres orateurs l'ont dit avant moi, ils ont cit? Berlin. On ne va pas citer Shangha?, mais on peut parler de Londres qui construit une tour, m?me si je ne suis pas forc?ment pour les tours dans le p?rim?tre parisien. New York reconstruit le World Trade Center. Et le Maire de Paris dit : "Moi, pour construire une cr?che, il me faut 6 ans". Est-ce l'image v?ritablement d'une capitale dynamique et d'une ville industrielle qui affronte l'avenir et qui se pose des questions d'avenir ? Je crois effectivement que si Paris conserve un attrait certain, cet attrait est entrain de d?cliner.
Vous pourriez me dire, d'ailleurs certains de vos amis le disent : "Mais ce n'est pas au Maire de Paris de faire la promotion des entreprises priv?es". D'ailleurs, quand on lui parle entreprise, bizarrement il entend R.A.T.P. Il n'y a pas que la R.A.T.P. comme entreprise vous savez, il y a de gens qui travaillent ? Paris ailleurs que dans la R.A.T.P...
Mme Anne HIDALGO, premi?re adjointe, pr?sidente. - Il y a le C.N.D.P. aussi par exemple, merci de votre soutien.
M. Laurent DOMINATI. - ... les entreprises priv?es existent aussi.
Si vous ne voulez pas faire la promotion des entreprises priv?es, du Comit? d'expansion ?conomique, qui maintenant a ?t? ?touff? par M. SAUTTER, vous pourriez au moins faire la promotion des services de la Ville.
La Ville de Paris a une administration d'excellence et une ?cole d'ing?nieur. Nous avions une association qui s'appelait l'A.D.I.T.E.M. Vous l'avez d?nonc?e comme ? votre habitude : rapports, inspections, suspicions, destruction. Vous avez donc d?truit cet organisme qui, lui, agissait pour avoir effectivement des coop?rations efficaces, notamment avec des villes du tiers-monde, et qui vendait de la technologie.
Si vous n'?tes pas int?ress?s par les retomb?es ?conomiques, vous devriez au moins ?tre int?ress?s par l'influence que cela apporte parce que vous exportez l? un savoir-faire fran?ais, un savoir-faire de service public ? la Fran?aise. Et l?, termin? ! Vous avez supprim? ce volet. Si, si ! Vous l'avez supprim?, Pierre SCHAPIRA. Vous l'avez tout ? fait supprim?. C'est bien beau de dire maintenant qu'il faudrait faire quelque chose.
Mme Anne HIDALGO, premi?re adjointe, pr?sidente. - On va vous dire pourquoi on l'a supprim?.
M. Laurent DOMINATI. - Vous avez beaucoup parl?, Madame le Maire, laissez modestement l'opposition, de temps en temps, s'exprimer ; la d?mocratie c'est aussi cela.
(Mouvements divers sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, du Mouvement r?publicain et citoyen, communiste et "Les Verts").
Eh, oui ! Maintenant c'est un peu gentil de dire que l'on va d?velopper l'accueil des ing?nieurs ?trangers dans les ?coles d'ing?nieurs. Il ne fallait pas casser peut-?tre ce qu'il y avait avant. En tout cas, si vous voulez casser, cassez-le comme vous avez cass? un certain nombre d'outils, mais refaites quelque chose.
Le rayonnement de Paris, c'est aussi son influence politique. Alors l? ! Vous vous en donnez ? c?ur joie. Vous avez de grands mots, de grands discours, de grandes envol?es. Moi, je suis beaucoup plus concret. Je pense que sur deux points au moins la Ville de Paris a men? dans le pass?, et elle pourrait le faire encore dans le pr?sent et pour l'avenir, une politique tr?s importante et tr?s pragmatique.
Le premier domaine est celui de la francophonie. Nous avions lanc? des actions tr?s importantes, m?me si le pr?sident du groupe socialiste de l'?poque avait beaucoup critiqu? l'A.I.M.F. Finalement il l'a gard? et il a bien fait. Voil? encore un revirement que nous saluons. Vous continuez notre action dans ce domaine-l?, vous avez raison, mais je pense l? encore que vous pourriez peut-?tre faire mieux. Essayez ! C'est bien ! Nous vous encourageons ? faire plus.
Par exemple, vous avez parl? du sida, c'est tr?s bien. Bertrand DELANO? a demand? ? l'A.I.M.F. de mener une action exemplaire concernant le Sida. Tr?s bien ! Bravo ! Il a d'ailleurs donn? un million d'euro suppl?mentaire pour l'action sur le Sida. Tr?s bien ! Bravo ! Il se trouve d'ailleurs que ce million d'euro il ne l'a pas donn? ? l'A.I.M.F. Pourquoi ? Comment est d?pens? ce million d'euro ? Est-il bien d?pens? ? Passe-t-il par les bonnes structures ? Pourquoi dire "vous devez faire cela", ne pas augmenter les moyens ? l'A.I.M.F. et donner les moyens ailleurs ? Sont-ils d'ailleurs vraiment d?pens?s ?
Il y a l? une confusion qui se retrouve d'ailleurs dans d'autres domaines de votre gestion des affaires internationales, parce qu'on a bien le sentiment qu'il y a des esp?ces de concurrence et des clans divers, Pierre SCHAPIRA, dans la gestion des affaires internationales de la Ville de Paris.
Je reste sur la francophonie. Le Pr?sident de la R?publique, qui a ? c?ur ce sujet, a propos? au Maire de Paris la cr?ation d'une Maison de la francophonie. Bertrand DELANO? a dit : "Oui, tr?s bien, je soutiens". Il l'a dit mais il n'a rien fait. Pourtant, celui qui est charg? de cela est M. GAUTIER que tout le monde conna?t ici honorablement, car il a longtemps travaill? ? la Ville de Paris, et il ne se passe rien. Agissez pour la cr?ation d'une maison de la francophonie.
Il est vrai que, dans ce domaine, vous avez toujours cette esp?ce de complexe qui vous fait croire que la francophonie est une id?e de droite. Je vous rassure, ce n'est pas une id?e de droite. D'ailleurs, le Secr?taire g?n?ral de la francophonie est un de vos anciens coll?gues, Stelio FARANDJIS, qui est un de vos amis, et qui peut vous dire - il est peut-?tre ? la retraite mais il n'y a pas longtemps - que ce n'est pas une question partisane. Ne reniez donc pas cet engagement dans la francophonie. Et l? encore, m?me si "Les Verts" ne veulent pas, nous, nous vous soutiendrons.
Enfin, il y a un deuxi?me domaine dans lequel vous devriez intervenir, beaucoup d'autres l'ont dit auparavant, mais l? vous avez quand m?me un r?le, celui de l'Europe. Vous ?tes en train de dire au bout de 3 ans : "Il y a la Maison de l'Europe, il lui faudrait un nouveau souffle. On a bien chang? de Conseil d'administration et il faudrait cr?er quelque chose". D?cidez-vous ! Si ce n'?tait pas bien, ce n'?tait pas bien. En tout cas, nous, on a soutenu tant que l'on a pu.
Ce n'?tait pas bien, vous avez vir? tout le monde - comme d'habitude d'ailleurs -, mais au moins faites quelque chose. Si la Maison de l'Europe est inadapt?e, cr?ez autre chose. Cela fait 3 ans que vous cherchez un nouveau souffle ! C'est une perfusion qu'il faut maintenant. Cela devient tout ? fait ridicule. A un moment justement o? l'Europe change, o? il y a une nouvelle Europe, o? d'autres capitales europ?ennes rentrent dans l'Europe.
D'ailleurs ? ce propos, il ne faut pas plaisanter. Les liens avec les autres capitales europ?ennes, c'est gentil, c'est sympathique, mais ce n'est pas s?rieux. Ce n'est pas une politique ? long terme. Ce n'est pas du tout une vraie politique de coop?ration. Ce sont des ?changes culturels, pas une v?ritable coop?ration politique, pas une v?ritable coop?ration d'alliance avec un certain nombre de pays europ?ens qui rentrent dans l'Europe et qui produisent une v?ritable r?volution dans l'Europe. Est-ce que vous avez saisi cette dimension-l? ? En tout cas, si vous l'avez saisie, on ne s'en aper?oit pas du tout !
Enfin, vous avez dans le domaine europ?en fait quelque chose. Vous avez eu une id?e, vous avez ?crit le label "Europe". Alors, ?a c'est fabuleux : 150 projets demand?s aux Parisiens. 150 projets, 20 s?lectionn?s, maximum de subventions.
Combien, Monsieur SCHAPIRA ? 15.000 euros, c'est cela ?
Oh la la ! Ont-ils si peu d'id?e, les Parisiens ? Vos charg?s de mission, quatre charg?s de mission aupr?s du Maire qui travaillent sous la coupe du Secr?taire g?n?ral, puisqu'il y a une tutelle du Secr?tariat g?n?ral de la Ville l?-dedans. Je ne veux pas rentrer dans vos histoires, mais tout cela me semble assez confus. N'ont-ils pas d'id?es, ces quatre charg?s de mission charg?s de l'Europe ? N'ont-ils d'ailleurs aucun lien avec Bruxelles, puisque comme l'a dit V?ronique BALDINI, il n'y a aucune repr?sentation de la Ville ni m?me conjointe avec l'Ile-de-France ? Bruxelles. Tout cela me semble extr?mement confus et, en r?alit?, tout simplement parce que vous manquez d'ambition sur l'Europe et sur cette politique internationale.
"Les Verts" cette fois - dans ma bouche c'est exceptionnel - ont raison : dans les accords de coop?ration que vous avez sign?s, il s'agit le plus souvent, Monsieur le Maire, de coquilles vides. J'ai le regret de devoir les approuver dans ce domaine.
Alors, vous allez me dire : "Mais nous avons une activit? diplomatique intense". Et c'est vrai, Monsieur le Maire, qu'on dit, et vous le dites vous-m?me, que vous voyagez beaucoup. Montevideo, Ramallah, est-ce que vraiment c'est l? qu'on vous attend, Monsieur le Maire ? Franchement non. Je vous le dis tr?s clairement : on ne vous attend pas l?, en tout cas pas en tant que Maire de Paris. Et je ne crois pas non plus que quand vous faites citoyen d'honneur M. Abou JAMAL, ce soit v?ritablement ? l'honneur de Paris.
(M. le Maire de Paris reprend place au fauteuil de la pr?sidence).
Je vous le dis tr?s clairement : quand vous allez ? Montevideo en Am?rique Latine, il ressort des images, peut-?tre l?-bas est-ce le Maire de Paris, ici on a le sentiment que c'est un des leaders de la gauche qui va soutenir des gens de gauche.
Puisque vous ?tes l? maintenant personnellement, je vous le dis tr?s directement : un homme d'Etat, quand il est Maire de Paris met sa notori?t? et ses relations au service de Paris. Un Maire de Paris, quand il n'est pas homme d'Etat, a toujours la tentation de mettre le nom et le prestige de Paris au service de ses relations publiques. Ne tombez pas dans ce d?faut car on commence, et je commence, ? vous le reprocher - justement, vous parlez bien - quand CHIRAC ?tait Maire de Paris apr?s avoir ?t? Premier Ministre, effectivement - pardonnez-moi - "?a avait de la gueule", et il servait Paris.
(Mouvements divers sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, du Mouvement r?publicain et citoyen, communiste et "Les Verts").
Et c'est pour cela qu'il a ?t? r??lu ? chaque fois avec deux grands chelems, et que lorsque c'?tait ce temps-l? vous n'envisagiez jamais de reprendre Paris ! Ah oui, vous aviez toujours ce complexe-l?. Vous pouvez raconter ce que vous voulez. H? oui ! Vous avez le complexe de CHIRAC. Vous voulez faire comme lui, mais soyez comme vous ?tes...
(Mouvements divers sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, du Mouvement r?publicain et citoyen, communiste et "Les Verts").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Laissez terminer M. DOMINATI, qui a ?puis? son temps de parole d'ailleurs.
M. Laurent DOMINATI. - ... agissez avec humilit?. Agissez avec humilit?, et alors vous servirez Paris. Et si vous voulez, car je vous entends bien, renouer avec la tradition du message d'esp?rance, pour porter le peuple de Paris...
M. LE MAIRE DE PARIS. - Si vous vouliez bien conclure, parce que vous avez d?j? d?pass? votre temps de parole.
M. Laurent DOMINATI. - Ce message d'esp?rance du peuple de Paris, celui de libert?, cela n'est pas dans des rencontres toujours tr?s partisanes comme le Forum social europ?en, cela n'est pas dans la promotion - je dirai - d'une vision gauchisante ou de gauche. Ce n'est pas comme cela que l'on sert Paris. Le message d'esp?rance du peuple de Paris, c'est un message de libert? et de solidarit?. Vous pourriez le porter avec l'ensemble des Parisiens, encore faudrait-il avoir une grande ambition et une grande ambition d'avenir pour Paris qui d?passerait ce sectarisme que je vous reproche trop souvent. Voil?. Il faudrait pour ?tre excellent en mati?re de politique internationale avoir un projet d'excellence pour la Ville de Paris. Je crois que cela se fera un jour, je crois que Paris sera un jour la capitale la plus moderne des villes du monde. Cela se fera, mais sans vous.
Et puisque vous faites une communication - nous sommes au mois de f?vrier 2004 - eh bien, pour vous rappeler cette humilit? indispensable et pour vous dire que tout n'a pas commenc? avec vous, en f?vrier 2000, il y avait ? Paris un colloque international sur la qualit? de l'air, un sommet mondial sur le cancer et au mois de mars un sommet des maires du monde. Vous voyez, vous l'aviez oubli?. Eh bien c'est dire qu'en mati?re de relations internationales, vous croyez faire beaucoup, mais vous faites en r?alit? tr?s, tr?s peu.
(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la d?mocratie fran?aise).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Donc, Pierre SCHAPIRA va r?pondre ? l'ensemble des intervenants.
Puisque j'ai entendu un peu de votre intervention, Monsieur DOMINATI, je voudrais vous dire qu'? Montevideo o? le maire d'ailleurs est un parfait francophone et o? il y a une grande attente de Paris, o? il n'?tait rien fait jusque-l?, nous avons effectivement engag? un projet de coop?ration culturelle. Et, par ailleurs, nous avons, puisqu'il y a un probl?me ?manant d'enfants abandonn?s dans les rues, d?cid? d'?pauler cette ville avec une association parisienne pour essayer d'aider la municipalit? de Montevideo ? lutter contre ce fl?au.
Deuxi?mement, je voudrais vous dire qu'? Rio, dont le maire n'est pas de gauche, j'ai pu aussi, invit? par le pr?sident de la Banque Santos br?silienne, qui n'est pas ? ma connaissance un homme marqu? politiquement parce qu'il souhaite offrir ? Paris ? l'occasion de l'ann?e du Br?sil une ?uvre - c'est un m?c?ne -, je suis all? ? sa demande rencontrer Oscar NIEMEYER avec Jean GAUTIER d'ailleurs, que j'ai emmen? avec moi parce que je trouvais cela int?ressant.
M. Laurent DOMINATI. - Vous avez bien fait.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous permettez que je vous r?ponde ? Et parce qu'? partir du moment o? le pr?sident de la Banque Santos veut faire un cadeau ? Paris pour l'ann?e du Br?sil, j'ai trouv? que c'?tait vraiment la moindre des choses d'aller avec lui voir Oscar NIEMEYER qui va r?aliser cette ?uvre, qui sera un cadeau ? Paris. Vous voyez, je n'avais pas l'impression que c'?tait un d?placement d'?lu qui avait un manque d'humilit? ou qui avait des pr?tentions.
Je voudrais vous dire que moi, par rapport ? mes pr?d?cesseurs, je prends tout, je prends tout ce qui fait avancer Paris. J'ai cru remarquer que, par rapport ? M. CHIRAC, le type de d?placements qu'il faisait ne ressemblait pas tout ? fait ? ce que je fais. J'ai l'impression, d'apr?s les ?chos que j'en ai, que c'?tait plut?t quand m?me un d?placement de candidat ? la pr?sidence de la R?publique et pas tellement de maire coop?rant de mairie ? mairie. Mais je ne compare pas avec les d?placements qu'a fait mon autre pr?d?cesseur Jean TIB?RI, il a fait ce qu'il jugeait utile.
Quant aux r?unions auxquelles vous faites allusion, l'ann?e 2000 c'est ?a, j'en ai un parfait souvenir. Je sais quel contenu elles avaient et quelles cons?quences elles ont eu. Pas-grand-chose. Voil?. Donc pour le reste, mes voyages... Je ne voyage pas assez, vous savez. Les maires du monde voyagent beaucoup plus. J'ai fait expr?s de vous mettre en annexe mes voyages et les visites re?ues, et vous verrez qu'il y a beaucoup plus de maires qui nous ont rendu visite que de visites que nous avons pu rendre. Pour de nombreuses raisons. Parce qu'il faut ?tre l? pour g?rer au quotidien Paris.
Je vous ai pris tout ? l'heure, je ne sais pas si vous ?tiez l?, l'exemple du maire de Washington qui est venu me voir avec qui nous avons nou? de bonnes relations et qui revient en mai et qui tient absolument ? ce que j'y aille avant. Je ne suis pas s?r d'y arriver, j'essaierai. Certains sont venus plusieurs fois. Le maire de Moscou est venu au moins quatre fois depuis que je suis maire. D'ailleurs, il ?tait venu voir Jean TIB?RI avec qui il s'entendait bien, et moi je n'y suis all? qu'une fois parce que justement j'essaie d'?tre ? ma t?che. Donc voil?, quand on remet tout cela au-del? du volume sonore et dans la r?alit?, on s'aper?oit que th?oriquement ? mon avis il pourrait y avoir une ambiance relativement consensuelle avec des diff?rences, des critiques, des suggestions. Libre ? chacun d'en faire un enjeu pol?mique s'il veut. Il me semble que c'est un peu ce que vous avez fait, mais cela ne me d?range pas tellement.
La parole est ? Pierre SCHAPIRA. Allez, Pierre !
M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, au nom de la 9e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Chers coll?gues, je vous remercie tout d'abord de l'int?r?t que vous avez port? ? cette communication car, malgr? tout, sauf la derni?re intervention et j'y reviendrai ? la fin, cela m'a paru plut?t consensuel et tout ce qui a ?t? apport? par les uns et les autres est de bonne facture et en m?me temps va nous aider ? progresser.
Comme l'a remarqu? Patrick BLOCHE, ce d?bat sur l'international est in?dit. Jamais, bien qu'on l'ait demand? dans la pr?c?dente mandature, n'a eu lieu ce d?bat. Il a lieu aujourd'hui et c'est tant mieux, peut-?tre y en aura-t-il d'autres.
En tous cas, je voudrais dire que, pendant ces trois ans qui se sont ?coul?s, j'ai sans cesse inform? la neuvi?me commission par les auditions, la derni?re en date ?tant celle de Mme LALUMIERE. Par l'audition du Secr?taire permanent de l'A.I.M.F., Secr?taire permanent depuis 1979 ; par l'audition du nouveau Secr?taire g?n?ral de l'A.I.M.F., le maire de Bamako ; etc.
Chaque fois, je vous ai donn? les renseignements n?cessaires. La D?l?gation g?n?rale aux Relations internationales, et je veux, ici, remercier Patrick MAISONNAVE, son d?l?gu? g?n?ral, et mon Directeur de cabinet Daniel GA?TELLI qui sont sans arr?t ? l'?coute de tous les groupes, quels qu'ils soient, et ce d?s le d?but de la mandature. C'?tait dans mon intention, mais aussi ? la demande expresse du Maire de Paris.
Je ne reviendrai pas sur la totalit? des sujets abord?s par le Maire et les diff?rents intervenants, mais je voudrais simplement dire, puisque vous m'avez interrog? sur le p?le de solidarit? international et europ?en, que cela reste un objectif car nous sommes tr?s attach?s ? ce p?le international.
Il y a un probl?me foncier et nous verrons, le moment venu, comment cette initiative pourra se concr?tiser. N?anmoins, sachez que lorsqu'il s'agit du commerce ?quitable, de consommation responsable, la Ville r?pond toujours pr?sente. D'ailleurs, nous avons adh?r? ? Eurocit?s, et j'ai obtenu que Paris y pr?side la commission sur la consommation responsable. Nous sommes all?s ? Porto au mois de novembre avec Mireille FLAM pour exporter un certain nombre de pratiques de la Ville de Paris, notamment en termes de service public.
Il y aura une prochaine r?union, le 9 f?vrier, ? Paris, d'une commission qui va pr?parer une communication europ?enne sur la consommation responsable. Nous le faisons avec des fonds europ?ens et avec le r?seau des Eurocit?s qui est pr?sid? par le Maire de Leipzig jusqu'en 2005.
Afin de pr?parer cette communication, nous avons entrepris avec Kh?didja BOURCART, un important travail avec les associations parisiennes, en particulier avec les organisations de solidarit? internationale de migrants, mais aussi avec celles qui s'efforcent de promouvoir le commerce ?quitable, et r?alis? des manifestations notamment sur les march?s de Paris comme place Baudoyer, dans le 4e arrondissement.
En ce qui concerne l'intervention de Mme BERTRAND, je la remercie ?videmment pour les propos aimables qu'elle a tenu tant ? l'?gard du Maire de Paris qu'au mien, mais, en m?me temps, elle a formul? un certain nombre de critiques en mati?re sociale et ?conomique et europ?enne.
En mati?re europ?enne, il est vrai qu'il existe une insatisfaction ? propos de la Maison de l'Europe. Nous n'avons renvoy? personne.
(Protestations sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la d?mocratie fran?aise).
Non, je vais ?tre pr?cis. Toutefois, pour "relancer" la Maison de l'Europe, il fallait attendre que les mandats des administrateurs arrivent ? ?ch?ance. Personne ne voulait partir par anticipation. Un ancien Secr?taire g?n?ral de la Ville de Paris en ?tait membre et ne participait pas aux r?unions. Quand ces mandats sont arriv?s ? terme, nous avons fait, dans le consensus d'ailleurs des propositions pour renouveler le Conseil d'administration de cette association type 1901. J'ai demand?, dans la mesure o? l'on ne pouvait pas avoir de vote au Conseil, pour respecter la loi, ? chacun des groupes de d?signer un repr?sentant candidat au C.A. et j'ai demand? aux grandes fondations europ?ennes et ? un certain nombre d'associations importantes dans le domaine europ?en de participer ?galement ? ce Conseil d'administration.
Il est vrai que la Ville de Paris verse une subvention importante qui est en inad?quation avec le nombre d'adh?rents, mais c'est ? l'association, ? pr?sent, de prendre les choses en main, de faire sa communication et de proposer un certain nombre d'actions permettant d'attirer de nouveaux adh?rents et de faire de la Maison de l'Europe cet espace europ?en que nous souhaitons.
En ce qui concerne "Sources d'Europe", nous n'y sommes pour rien, Madame BERTRAND. Vous le savez tr?s bien. Si l'Etat diminue ses subventions, "Sources d'Europe" est oblig?e de quitter l'Arche de la D?fense. Mon r?ve ?tait que l'on puisse r?unir les deux associations, mais notre difficult? tient a une complexit? juridique li?e aux statuts de la Maison de l'Europe, association loi 1901 et "Sources d'Europe", GIE. Je ne perds pas l'espoir, n?anmoins, de pouvoir travailler, mais c'est maintenant le r?le de Mme LALUMIERE, la Pr?sidente, avec les relations qu'elle peut avoir ? la Commission et au Parlement europ?en, afin de trouver les fonds n?cessaires pour pouvoir faire quelque chose d'important ? la Maison de l'Europe.
Vous dites : "moins d'Europe". Vous exag?rez un peu. Je parlais d'Eurocit?s tout ? l'heure et nous sommes dans toutes les r?unions europ?ennes. Je suis intervenu ? Bruxelles au Comit? des r?gions qui, ce jour-l?, ?tait pr?sid? par Romano PRODI en pr?sence des repr?sentants des vingt-cinq capitales europ?ennes parce qu'il nous demandait notre avis sur le r?le des autorit?s locales dans la Constitution europ?enne. J'ai d?velopp? ? cette occasion notre conception de la d?mocratie participative.
A l'initiative du maire de Barcelone, en pr?sence du Pr?sident de la commission, M. GISCARD d'ESTAING, nous avons travaill? ensemble au r?le des autorit?s locales dans la future Convention europ?enne.
Pour la suite, vous connaissez l'histoire, vous connaissez notre d?ception. Mais ne perdons pas espoir, nous avons un r?le ? jouer.
Quant aux relations ?conomiques, je r?ponds un peu ? tout le monde, jamais les relations n'ont ?t? aussi bonnes entre la Chambre de Commerce et la Ville de Paris. Je puis vous dire qu'avec mon ami, Michel FRANCK, le Pr?sident de la Chambre de Commerce, nous faisons beaucoup de choses ensemble. Quand il va ? Alger ou quand il...
(Protestations sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la d?mocratie fran?aise).
Oui, absolument.
M. Laurent DOMINATI. - Tr?s bien.
M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, rapporteur. - Renseignez-vous !
M. Laurent DOMINATI. - Mais on se renseigne !
M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, rapporteur. - Il est venu ? l'H?tel-de-Ville, invit? par le Maire avec un certain nombre d'entreprises. Et nous menons en commun des actions de coop?ration et recherchons des synergies.
(Brouhaha).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Ce n'est pas sympa ! C'est une r?ponse ? votre demande que les milieux ?conomiques soient associ?s ? la politique internationale de la Ville. Pierre est en train de vous d?montrer que nous le faisons.
Je suis d'accord pour qu'on le fasse plus, d'ailleurs.
Tout ? l'heure, vous avez dit que je limitais ma culture de l'entreprise ? la R.A.T.P. Tout d'abord, c'est tr?s important, la R.A.T.P., mais je vous signale en outre que j'ai une culture de l'entreprise qui vaut bien la v?tre, Monsieur DOMINATI, et de l'entreprise priv?e.
M. Laurent DOMINATI. - Ah bon ? Vous ?tes s?r ?
(Rires sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la d?mocratie fran?aise).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Non seulement j'en suis s?r, mais avec un meilleur bilan.
M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, rapporteur. - Etant le seul ici ? travailler encore dans le priv?...
(Protestations sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la d?mocratie fran?aise).
Etant quasiment le seul de profession lib?rale de l'Assembl?e ... Il y en a quelques-uns encore, mais, enfin,...
Je continue. Nous avons des ?changes de coop?ration internationale avec la Chambre de Commerce. Chaque fois qu'ils re?oivent, dans leurs locaux, des d?cideurs ?conomiques, des responsables de ville ou des responsables internationaux, nous sommes convi?s et nous nouons des relations.
Quand nous allons dans les capitales ?trang?res, il faut savoir que nous sommes aussi des facilitateurs entre les grandes entreprises fran?aises et les collectivit?s territoriales. En effet, vous le savez, les gouverneurs, les maires, les autorit?s locales, sont des d?cideurs. Quand un grand distributeur a besoin de nous pour avoir des contacts avec une mairie, il ne s'en prive pas. Ils le savent tr?s bien. Nous en avons eu l'exp?rience en Am?rique du Sud et presque quotidiennement.
Sur les milieux ?conomiques, soyez certains que nous faisons notre effort. Je ne veux pas dire que nous sommes des VRP, mais nous d?fendons vraiment les entreprises parisiennes ? l'?tranger.
D'ailleurs, je dois ajouter qu'? chaque d?placement ? l'?tranger dans les mairies des Capitales, le Maire de Paris rencontre la communaut? fran?aise et l'on remarque ? chaque fois tous les dirigeants d'entreprises fran?aises qui sont ? l'?tranger, tr?s heureux de pouvoir nous rencontrer et parler avec un responsable politique et le Maire de Paris.
Sachez qu'? Montevideo, destination peu visit?e, il y avait 150 Fran?ais de l'?tranger : la Soci?t? g?n?rale, Renault, Carrefour... Bref, ils avaient enfin un interlocuteur fran?ais qui venait leur parler. Je trouve que c'est une bonne m?thode et c'est bon pour l'?conomie fran?aise, puisque ce sont des grands groupes fran?ais, mais aussi parisienne.
Monsieur GAREL, oui, je suis effectivement enti?rement d'accord avec vous sur les Droits de l'Homme et je souhaite rationaliser, comme vous le disiez, la commission pour la nomination des citoyens d'honneur. C'est un peu compliqu?, je vous l'ai dit. J'y travaille avec Christophe CARESCHE, mais il est vrai que l'on ne peut plus avoir en s?ance, ou trois jours avant, une demande pour ?lever tel ou tel au titre de citoyen d'honneur de la Ville de Paris. Je souhaite, et je l'ai dit, que nous ayons une commission plurielle avec des personnalit?s qualifi?es ext?rieures, une esp?ce de jury qui puisse effectivement donner son avis. Je suis heureux que vous nous souteniez et j'esp?re que nous y arriverons.
En ce qui concerne l'A.I.M.F., je crois que beaucoup de choses ont ?t? dites : les ?changes d'exp?riences, les r?seaux de villes, la coop?ration d?centralis?e. L'A.I.M.F. a baiss? consid?rablement ses d?penses de fonctionnement. Mais, en m?me temps, sachez que la Ville n'est pas le premier contributeur, c'est l'Etat via l'Education Nationale et via les Affaires ?trang?res. Nous faisons effectivement le n?cessaire.
En ce qui concerne l'A.I.M.F., depuis que nous sommes arriv?s aux responsabilit?s, nous avons demand? qu'une commission des projets soit cr??e. Ce n'?tait pas le cas avant. Il faut savoir que l'A.I.M.F. r?pond ? la demande des villes. Rien n'est impos?. La commission filtre les projets qui sont ?tudi?s ensuite au bureau de l'A.I.M.F. et s?lectionn?s.
Mais l? o? je suis en total accord avec vous, c'est dans la demande qu'un suivi soit fait dans l'ex?cution. Vous savez comment cela se passe : la Ville qui demande un projet paye 20 % ; on fait travailler les entreprises locales ; il y a l'expertise de la Ville de Paris et l'A.I.M.F. r?gle le solde de 80 % une fois les travaux effectu?s.
Mais, malgr? tout, il peut aussi y avoir ensuite des risques. On l'a vu d'ailleurs dans une ville du S?n?gal o? ce qu'avait d?cid? l'A.I.M.F., une "maison des femmes" ? la demande de la municipalit?, s'est transform?e en bureau d'une mairie. Vous ?tiez d'ailleurs l?, Monsieur GAREL, pour le constater. Il est vrai qu'il faut maintenant ?tre beaucoup plus rigoureux et faire une expertise de ce qui a ?t? entrepris.
Sur le Sida, je n'y reviens pas parce que nous sommes tous d'accord l?-dessus. Je dirai simplement que l'A.I.M.F. travaille sur le Sida. Mais le million pour le Sida est affect?. Nous ?tudions les projets avec Alain LHOSTIS dans une petite commission de travail, et nous travaillons ? chaque fois avec des O.N.G. : nous n'avons pas laiss? un million d'euros dans la nature. Nous travaillons avec des O.N.G., le Secours populaire, le Secours catholique, M?decins du monde ou ?videmment le tr?s bon op?rateur qu'est la Croix-Rouge. Et ainsi, nous savons o? va l'argent. En fait, il y a des difficult?s pour trouver les bons projets et pour les mener ? terme.
Sur les S.E.M., j'ai organis? une r?union des directeurs d'administrations centrales et des directeurs de S.E.M., et j'ai ?crit plusieurs fois pour ?tablir l'?tat exhaustif des coop?rations et coordonner les actions de la Ville de Paris. Avec Anne LE STRAT, nous travaillons dans de bonnes conditions. La S.A.G.E.P. a particip? ? un certain nombre de projets notamment ? Vienthane (Laos). Je crois que les S.E.M. qui pratiquent la coop?ration internationale doivent nous dire les choses tr?s clairement et que nous y travaillons v?ritablement ensemble.
J'ajoute, mais nous avons tout de m?me chang? les m?thodes, que les directions aussi ont leur propre action internationale. Nous faisons maintenant tr?s attention. En tous les cas, elles travaillent maintenant en ?troite collaboration avec la D.G.R.I. Heureusement d'ailleurs parce que, lorsque nous sommes arriv?s, tr?s honn?tement, c'?tait loin d'?tre le cas. Il a fallu se d?barrasser d'un certain nombre d'associations ! Je n'en dirai pas plus. Paris-Tokyo, Paris International, etc. Nous avons dissous l'A.D.I.T.E.M. dont les actions ont ?t? reprises par la D.G.R.I., et c'est tant mieux ! La D.G.R.I. y travaille avec des experts de la Ville.
Monsieur DOMINATI, ne m'obligez pas ? parler ici de l'A.D.I.T.E.M., ce serait trop long et trop compliqu?. On s'arr?te l? sur l'A.D.I.T.E.M.
M. Laurent DOMINATI. - Vous faites comme vous voulez parce que vous avez le pouvoir !
M. LE MAIRE DE PARIS. - Il a le pouvoir de parler et, sur l'A.D.I.T.E.M., nous vous renvoyons le conseil de tout ? l'heure, la modestie.
M. Laurent DOMINATI. - Mais dites-le, vous jetez sans cesse la suspicion !
M. LE MAIRE DE PARIS. - Mais non, Monsieur DOMINATI. Vous connaissez toutes ces choses et vous savez tr?s bien que, ? bien des endroits que vous connaissez parfaitement, des choses sont tout ? fait contestables. C'est le moins que l'on puisse dire. Vous les connaissez bien, Monsieur DOMINATI.
M. Laurent DOMINATI. - Non, je ne les connais pas bien. Mais non, dites-le ! Vous mettez la suspicion, vous ?vacuez la chose et au revoir !
M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous ?tes un agitateur !
M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, rapporteur. - Je r?ponds ? M. DOMINATI et ? Mme BALDINI en tant qu'adjoint ? la francophonie que je ne peux pas admettre d'entendre parler de la diplomatie "people". Employez un autre terme. Mais en tous les cas, Madame BALDINI, je trouve votre jugement s?v?re, injuste et, en plus, vous reprenez un certain nombre de th?mes et de propositions d'actions que nous avons ?nonc?s, notamment concernant le Sida. En terme de coop?ration internationale : vous r?p?tez exactement les m?mes choses alors que vous en avez, tout de m?me, ?t? le t?moin attentif pendant les trois ou quatre jours que nous avons v?cus ensemble au Maghreb, avec un grand plaisir d'ailleurs !
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vous en prie, ne rentrez pas dans les d?tails !
M. Laurent DOMINATI. - C'est parce que vous invitez !
M. LE MAIRE DE PARIS. - Ne perdez pas trop de temps, laissez M. SCHAPIRA s'exprimer tranquillement.
M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, rapporteur. - Je dis simplement que la critique est libre. Je suis d'accord pour ?tre critiqu?, mais pas sur des contre v?rit?s. J'accepte tout, sauf les contre v?rit?s, d'autant que j'informe r?guli?rement la 9e Commission, dont fait partie V?ronique BALDINI. J'envoie les documents n?cessaires ? tous les membres, y compris les suppl?ants de la 9e Commission. L?-dessus, je n'ai pas de le?on ? recevoir concernant la transparence. Tout est clair ! Vous ?tes d'ailleurs la seule ? avoir fait ces critiques, comme si les autres ne les avaient pas vues ! Vous seule avez point? quelque chose qui, finalement, n'existe pas.
Je r?ponds maintenant ? Jean VUILLERMOZ sur ses propositions. Je ne peux que m'associer ? ce qu'il a dit. Je regrette une seule chose. Vous parlez tous du F.S.E., du Forum social europ?en auquel nous avons particip?, mais un ?v?nement tout aussi important a eu lieu et pour lequel nous ?tions partie prenante : le FAL, le Forum des autorit?s locales. Plus de dix adjoints au Maire de la Ville de Paris ont particip? aux ateliers et plus de 800 personnes ?taient pr?sentes dans ce forum qui a dur? deux jours. Et l?, on a vu les coop?rations s'exprimer, les savoir-faire, mais oui ! Quand on travaille avec la ville de Cordoue, avec la ville de Rome, avec la ville de Venise, cela me fait plaisir. Je trouve que c'est bien pour les Parisiens de savoir tout cela. Lorsque l'on fait les assises du co-d?veloppement, ce que soulignait tr?s justement Jean VUILLERMOZ, ? Paris, o? il y a plus de 450 participants avec le maire de Bamako venu s'exprimer, je trouve qu'on fait participer les Parisiens ? la vie internationale.
Quant au label Paris-Europe, Monsieur DOMINATI, regardez vos dossiers ! Ce n'est pas 15.000 euros, c'est 150.000 euros qui sont vers?s au Label Paris Europe ! Alors connaissez vos dossiers !
Monsieur VUILLERMOZ, sur le local et le global, je suis ?videmment d'accord avec vous puisqu'en plus, nous travaillons avec une association qui est bas?e ? Rome, le "Glocal Forum" et qui participera au congr?s de mai 2004.
Sur le r?glement des conflits, de r?le des maires et des autorit?s locales, oui, bien s?r ! Tant pour les conflits internes ? une ville que pour les conflits frontaliers, les autorit?s locales ont un r?le ? jouer et d'ailleurs cela a ?t? l'objet du colloque organis? par l'A.I.M.F. ? Dakar o? les maires ont d?battu sur ces probl?mes dans la ville ou les r?gions. C'?tait le cas pour Ouagadougou et Bamako, apr?s ce qui s'est pass? en C?te d'Ivoire, le retour des Burkinabais et des Maliens qui cr?ent des zones de conflits. Les autorit?s locales ont besoin d'?changer entre elles sur ces questions.
J'approuve tout ? fait ce que disait Georges SARRE notamment sur la coop?ration que nous avons eue et le travail qui a commenc? ? se d?velopper au Proche-Orient avec Tel-Aviv, J?rusalem et Naplouse. Je pense que c'est une bonne m?thode ; d'ailleurs, avec J?rusalem, dont parlait le Maire tout ? l'heure, sur l'aide aux plus d?munis, cette ville dispose d'une association qui a une r?putation mondiale que le maire avait fond?e avant son ?lection. Nous avons demand? un certain nombre de documents pour pouvoir travailler. Cette association exerce d'ailleurs aussi bien dans les territoires palestiniens qu'en Isra?l. J'estime que la coop?ration progresse bien, mais en ce qui concerne la paix, nous r?unissons ?videmment chaque fois que possible les maires de ces villes-l? et les autorit?s locales pour faire mieux conna?tre notre r?le et celui des uns et des autres. Cela dit, ils se connaissent bien puisque quand on r?unit l'Association des maires isra?liens ou l'Association des maires palestiniens, quand on est dans des r?unions internationales, ils sont toujours ? la m?me table, ils savent tr?s bien de quoi ils parlent, ils se connaissent parfaitement bien.
Pour revenir sur ce que demandait Georges SARRE au sujet de Berlin, je suis d'accord, si les moyens de Berlin, ville en difficult?s financi?res, le permettent. J'en parlerai avec Christophe GIRARD le moment venu, pour une semaine culturelle crois?e Paris-Berlin. Il y a d?j? les semaines de l'architecture ; il existe un ?change concernant des expositions mais si l'on pouvait institutionnaliser cela, ce serait pas mal.
Pour r?pondre rapidement ? Mme GUILMART, le point essentiel que vous avez ?voqu? porte sur la Maison de l'Europe, le fait que des mairies d'arrondissement pourraient, en partenariat avec la Maison de l'Europe, faire conna?tre l'Europe et soient des bases de l'Europe dans Paris, je trouve que cette id?e est extr?mement pertinente et que Mme LALUMIERE devrait la reprendre de vol?e ; nous l'aiderons en tous les cas dans ces choix. C'est vrai que la Maison de l'Europe est dans une situation difficile mais c'est ? elle, maintenant, de se relever.
Quant ? l'intervention de Mme LE STRAT, je n'ai pas grand-chose ? dire. Je suis tout simplement d'accord avec vous. Sur les S.E.M., il faudra que nous ayons un travail plus important et, c'est vrai, la chose importante pour la Ville de Paris, l? o? elle est demand?e, c'est sur tous les th?mes ?voqu?s par le Maire, mais il y a aussi la formation des fonctionnaires. Nous avons l'Ecole des Ing?nieurs de la Ville, mais nous avons aussi les directions, nous avons les mairies et un certain nombre de fonctionnaires de villes du Sud, parce que c'est l? que cela se passe, qui viennent ? Paris mais nous avons aussi des formateurs qui vont dans les villes du sud pour former sur place des fonctionnaires municipaux ; c'est le r?le d'une ville comme Paris, et je crois que nous commen?ons ? r?ussir.
Voil?, mes chers coll?gues, j'ai r?pondu bri?vement ? vos interventions parce que le Maire s'est exprim? de fa?on compl?te. Nous avons une communaut? de vues ? l'int?rieur de l'Assembl?e. Le fait que le congr?s F.M.C.U.-I.U.L.A. se tienne ? Paris est quelque chose de tr?s important. J'esp?re que vous y participerez tous. Vous avez le programme, il vous a ?t? distribu?. Vous prendrez votre place dans ce congr?s et je crois que la voix des villes, la diplomatie des villes, la diplomatie de proximit?, sont l'avenir des relations internationales des villes ? travers le monde.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, du Mouvement r?publicain et citoyen, communiste et "Les Verts").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Pierre SCHAPIRA, non seulement de cette intervention, du suivi r?gulier, mais surtout de l'impulsion, du dynamisme, de la cr?ativit? qui ont ?t? donn?s ? cette d?l?gation. J'ajoute que je demande vraiment ? tous les groupes d'apporter tout au long du d?roulement du mandat des suggestions, des critiques, des propositions. Je crois ? la dynamique et je crois ? l'efficacit? d'une politique de coop?ration internationale des pouvoirs locaux. Il me semble que ce que nous faisons est plut?t appr?ci? par nos partenaires. C'est vrai, Pierre SCHAPIRA, que plus on informera et plus on pourra mettre les Parisiens dans le coup de cette coop?ration internationale, mieux ce sera parce que cela les int?resse ; ils ont d'abord le droit de savoir et en plus je crois que cela les int?resse d'?tre associ?s ? ce c?t? international et ouvert de la Capitale.
Pour le reste, je nous souhaite ? tous de continuer ? travailler autant dans ce dossier comme nous avons tent? tr?s modestement, Pierre, moi-m?me et pas mal d'autres, de le faire. On peut faire beaucoup mieux, d'accord, on va donc faire beaucoup mieux.Retour au d?but de la page