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Juin 1999
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Conseil Municipal
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119 - QOC 99-285 Question de M. Claude GOASGUEN à M. le Préfet de police à propos des incidents qui ont accompagné le match "Paris-Saint-Germain - Olympique de Marseille" le 4 mai dernier

Débat/ Conseil municipal/ Juin 1999


Libellé de la question :
"Des incidents très graves ont émaillé le match de football "P.S.G. - Olympique de Marseille" du 4 mai dernier.
Les Parisiens, en général, et les habitants du 16e arrondissement, en particulier, ont pu encore une fois contempler l'affligeant spectacle des hordes barbares affrontant les forces de l'ordre. Des projectiles ont été lancés sur le périphérique, ce qui a entraîné sa fermeture. Des voitures ont été endommagées et des bus dévastés.
Au lendemain du match, dans une interview au journal "Le Parisien", M. Jean-François DOMERGUE, directeur général du P.S.G., chargé, entre autres, de la sécurité, a indiqué qu'il lui paraissait "utopique" qu'un match "P.S.G. - Marseille" puisse avoir lieu sans incident, arguant "qu'il est de plus en plus difficile de gérer des matchs d'un tel niveau".
M. Claude GOASGUEN demande à M. le Préfet de police s'il partage ce constat défaitiste ou si, au contraire, il envisage de prendre des mesures pour que de telles violences ne se reproduisent plus."
Réponse (M. LE PRÉFET DE POLICE) :
"Des incidents inadmissibles ont émaillé la rencontre de football entre le Paris-Saint-Germain et l'Olympique de Marseille qui s'est déroulée le 4 mai dernier au Parc-des-Princes.
La Préfecture de police avait pris des dispositions particulièrement importantes pour assurer la sécurité de cette rencontre, notamment en raison des risques d'affrontement entre supporters des deux clubs. Ce sont environ 1.000 policiers et gendarmes mobiles qui ont été déployés pour assurer l'ensemble des missions d'ordre public.
Les forces de l'ordre ont encadré les supporters marseillais en gare de Lyon, à la descente de leur train spécial à 16 h 15, et les ont aussitôt dirigés vers 7 grands autobus de la R.A.T.P., commandés par la S.N.C.F. en prolongement du voyage par voie ferrée. A ce moment, les supporters marseillais n'avaient pas manifesté d'agressivité particulière.
Ce convoi de 7 cars est arrivé sous escorte policière au Parc-des-Princes. Pendant le trajet, des projectiles étaient lancés par les fenêtres, l'un d'entre eux blessant un lieutenant de police, porte d'Auteuil. Il a été constaté alors, après leur descente, que les passagers avaient commis des dégradations très sérieuses dans les autobus.
Les supporters marseillais étaient fouillés à leur descente des autobus, et conduits en groupes fractionnés et sous bonne escorte jusqu'au Parc-des-Princes. Pendant ce temps, les forces de l'ordre intervenaient vigoureusement contre plusieurs centaines de supporters du P.S.G., qui voulaient en découdre avec les visiteurs.
Peu après 19 heures, des supporters marseillais parvenaient à s'introduire sur la pelouse, sans que leur encadrement de stadiers ne s'y opposât, contraignant les forces de l'ordre à une intervention énergique sur le terrain.
A l'issue de la rencontre, il est apparu indispensable de raccompagner sous escorte les marseillais à la gare de Lyon. La seule solution envisageable était de les y conduire au moyen des mêmes autobus de la R.A.T.P., déjà dégradés. Il n'était pas concevable que ces individus, agressifs pour la plupart, soient laissés libres de rejoindre la gare de Lyon par le métro. Un cortège d'autobus, fortement escorté, a donc été à nouveau organisé entre le Parc-des-Princes et la gare de Lyon, par le boulevard périphérique.
Des dégâts importants ont été relevés sur les autobus. Toutefois, en raison de l'extrême agressivité des supporters, les forces de police se sont employées avec succès à isoler complètement ce groupe très nombreux, évitant les contacts non seulement avec les supporters adverses, mais encore avec la population parisienne, contacts dont les conséquences auraient pu être particulièrement dramatiques. Il n'a pas été techniquement possible de procéder à l'interpellation "à chaud" de l'ensemble des marseillais, la responsabilité collective ne pouvant fonder des poursuites. En outre, il était matériellement et juridiquement impossible de placer en garde à vue un nombre d'individus aussi considérable.
Sur l'ensemble de la soirée, la police a procédé à 25 interpellations, et 12 individus ont été déférés au parquet. Ils auront à répondre de leurs actes devant le tribunal correctionnel.
Le dispositif mis en place habituellement au Parc-des-Princes depuis plusieurs années donne satisfaction, empêchant ou réduisant les débordements graves à l'intérieur et hors du stade. Il a, en particulier, produit de bons résultats lors de la dernière coupe du monde.
En raison du saccage des autobus, événement qui ne connaît pas de précédent, et dont l'ampleur n'était pas prévisible, il apparaît nécessaire de renforcer pour l'avenir les mesures de toute nature propres à assurer le transport des supporters à risque dans des conditions de sécurité supérieures.
C'est ainsi que s'est tenue à mon cabinet, le 17 mai, une réunion destinée à tirer les enseignements des incidents survenus lors de ce match. A cette réunion participaient les représentants de la ligue nationale de football, du Paris-Saint-Germain, de la R.A.T.P. et de la S.N.C.F. ainsi que les services de police concernés.
Ainsi, en cas de match à risque, sera défini systématiquement, dans le cadre d'une concertation entre la Préfecture de police, les transporteurs et les clubs, le moyen le plus sûr pour acheminer les groupes de supporters visiteurs jusqu'au stade, et pour assurer leur retour. Les services de police encadreront encore plus étroitement ces groupes dès leur arrivée dans la capitale afin de les empêcher de se livrer à des violences, non seulement contre les personnes, mais encore contre les moyens de transport mis à leur disposition.
Néanmoins, les mesures à caractère policier ne sauraient être indéfiniment accrues, et ne pourront jamais empêcher à elles seules tout débordement.
Il importe en effet que la responsabilité des clubs en la matière soit clairement affirmée.
Les autorités du football, particulièrement sensibilisées à la nécessité de mettre en oeuvre des solutions préventives, ont fait part de leur détermination à obtenir des clubs les plus concernés un engagement accru dans le contrôle et l'encadrement de leurs supporters, notamment à l'occasion de leurs déplacements à l'extérieur.
A cet égard, il est permis de regretter le caractère pour le moins modeste des sanctions infligées le 20 mai dernier par la commission de discipline de la ligue nationale de football à l'encontre des deux clubs organisateurs de la rencontre du 4 mai, condamnés à une amende limitée à 100.000 F."