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Juin 1999
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Conseil Municipal
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49 - 1999, ASES 27 - Subvention à l'Association des Marocains en France, Département de Paris (11e). - Montant : 10.000 F

Débat/ Conseil municipal/ Juin 1999


M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération ASES 27 relatif à une subvention à l'association des Marocains en France pour un montant de 10.000 F.
La parole est à M. REVEAU.
M. Jean-Pierre REVEAU. - Monsieur le Maire, ce rapport nous donne l'occasion d'examiner la politique de la ville telle que menée par la Mairie.
Deux observations : tout d'abord, de nombreux projets de délibération soumis à notre séance s'inscrivent en droit ou en fait dans le cadre de cette politique. Cette politique est, en effet, protéiforme : les projets DASCO 32, 33, 34, 35, les projets JS 48, 59, 61, 65, 69,84, les projets ASES 15, 27, et 46 visent à l'intégration par le sport, l'animation, le scolaire... Il en va de même pour plusieurs projets soumis au Conseil général.
Ces projets ont en commun de passer par le canal de subventions associatives pour lesquelles les mêmes observations peuvent être faites que sur le projet AJ99-10 sur lequel je suis intervenu tout à l'heure. On remarquera par ailleurs que le présent projet n'est pas instruit sur le plan administratif puisque le comité de recevabilité n'a pu émettre un avis à son sujet.
L'attribution de subvention qui nous est proposée illustre toute l'ambiguïté, toute la nocivité, toute l'inutilité de la politique de la ville, appellation camouflée de la politique d'immigration.
Ambiguïté puisque, comme le précise votre projet, il s'agit de promouvoir la culture d'origine de ces ressortissants étrangers. J'avais cru comprendre que l'intégration supposait une adhésion sincère et sans retour aux modes de vie et à la société française. C'est ainsi que les Etats-Unis, par exemple, conçoivent l'intégration de non-américains à la nation américaine. Il faut avoir fait preuve d'un désir effectif et prolongé de s'absorber dans la société américaine pour participer pleinement à sa vie publique et obtenir, éventuellement, sa citoyenneté.
Nocivité ensuite, car le maintien de la culture d'origine implique par définition qu'il n'y ait pas de rupture avec cette dernière. Il n'y a pas, dans ces conditions, d'intégration possible et durable dans la communauté nationale française. La conséquence évidente de la politique de la ville est donc de maintenir des communautés étrangères constituées sur le sol français. Et c'est là une dérive dont on mesure tous les jours les conséquences.
Inutilité enfin de la politique de la ville car, soyons clairs, par le biais de toutes ces subventions de prévention, de soutien social, scolaire, sportif... vous achetez ou croyez acheter la paix civile. Or, à la Goutte d'Or hier, comme à Vauvert aujourd'hui, le déversement de crédits dans le tonneau sans fond de la politique d'intégration n'empêche ni les incidents, ni les violences. Il s'agit là d'un échec de toutes les institutions et gouvernements depuis trente ans et qui est particulièrement mis en lumière par la pluralité des financeurs du projet. Echec tragique dont vous porterez la responsabilité devant l'Histoire et le peuple français.
Mme Liliane CAPELLE. - C'est une honte !
M. Jean-Pierre REVEAU. - C'est vous qui devriez avoir honte !
Mme Liliane CAPELLE. - De quoi ?
M. Jean-Pierre REVEAU. - C'est vous qui devriez avoir honte. La Résistance, c'est nous, et vous vous êtes les collaborateurs !
Mme Liliane CAPELLE. - Vous êtes la honte de cette Assemblée !
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - La parole est à M. MARCUS.
M. Claude-Gérard MARCUS, adjoint, au lieu et place de Mme Marie-Thérèse HERMANGE, au nom de la 5e Commission. - Vous ne serez pas surpris, Monsieur REVEAU, je suis en total désaccord parce que la politique de la ville n'est pas celle que vous avez décrite.
La politique de la ville, loin de s'inscrire dans une logique communautariste de développement séparé, consiste au contraire à favoriser résolument les efforts d'intégration des minorités dans la société française.
La communauté parisienne peut se réjouir de voir ce souci relayé par des associations à même de servir de trait d'union entre les cultures, comme c'est le cas de l'Association des Marocains de France, dans le quartier sensible de la Fontaine-au-Roi.
Elle assure ainsi un soutien scolaire et éducatif au profit des enfants scolarisés de 6 à 16 ans en insistant sur l'acquisition et le perfectionnement de la langue française, étape indispensable à une intégration réussie.
De plus, elle mène également une action d'animation culturelle en organisant des sorties de découverte des sites historiques, sportifs et scientifiques de la Ville de Paris.
L'association privilégie ainsi l'apprentissage de l'histoire, élément incontournable pour appréhender un passé qui a souvent été commun et approfondir la culture française.
Il convient également de rappeler que les comités techniques de recevabilité sont des instances de concertation qui réunissent l'ensemble des partenaires financeurs de la politique de la ville. En ce sens, leur proposition de financement n'a aucune valeur administrative.
C'est pourquoi il a été possible de subventionner l'Association des Marocains de France à hauteur de 10.000 F, soit le même montant que le F.A.S. a proposé d'accorder.
Mme Liliane CAPELLE. - Bravo !
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Merci. Après cette intervention dans laquelle je trouve, cher collègue, que vous êtes allé un peu trop loin sur le fond du dossier, je me réjouis de la réponse que M. MARCUS a faite, surtout après l'intervention de notre collègue M. MALBERG tout à l'heure.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 27.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (1999, ASES 27).
Je vous remercie.