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Juin 1999
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Conseil Municipal
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14 - V - Question d'actualité de M. Didier BARIANI, au nom du groupe "Union pour la Démocratie à Paris", à M. le Préfet de police au sujet de l'insécurité dans le 20e arrondissement

Débat/ Conseil municipal/ Juin 1999


M. Roger ROMANI, adjoint, président. - La question suivante est de M. BARIANI et concerne l'insécurité dans le 20e arrondissemet.
Monsieur BARIANI, vous avez la parole pour deux minutes et demie.
M. Didier BARIANI, adjoint. - Monsieur le Préfet de police, trois quartiers du 20e arrondissement ont subi à quelques heures d'intervalle des manifestations graves de violence dite urbaine.
Il s'agit de la cité Bonnier, 140, Ménilmontant et à quelques distance de ce site, c'est l'ensemble dit des Hauts de Belleville qui subissaient les symptômes de cette pathologie urbaine.
Qu'on ne nous dise pas que la Ville de Paris n'a pas en la matière, sur ces deux groupes, fait tous les efforts de réhabilitation qui étaient nécessaires !
Qu'on ne nous dise pas non plus que la Ville n'a pas fait en la matière et sur ces secteurs, les efforts en personnels et en moyens concernant les structures d'animation et de prévention ! Elles ont été mises en place par la Ville de Paris de manière fort conséquente.
Je ne cesse, Monsieur le Préfet de police, et je voudrais que notre débat soit moins formel que d'habitude, de vous exprimer depuis des années, ma conviction profonde et non pas quelques propos de tribune, à propos de l'insécurité dans le 20e arrondissement. Il faut cesser de banaliser, de minimiser les tensions qui se multiplient dans ses quartiers et d'expliquer l'inexplicable et l'inacceptable.
Je prends pour référence - c'est la meilleure - celle de M. le Premier Ministre, Lionel JOSPIN, dans son interview au journal "Le Monde" du 7 janvier 1999 à propos des violences urbaines. Je le cite ; il souhaitait : "plus de fermeté" et il ajoutait : "tant qu'on admettra des excuses sociologiques et qu'on ne mettra pas en cause la responsabilité individuelle, on ne résoudra pas ces questions".
Je ne mets pas en cause les interventions de la Police urbaine de proximité, mais je vous demande, Monsieur le Préfet de police, une énième fois, de prendre les mesures urgentes que réclame le 20e arrondissement, qui est entré dans le cycle des violences de même nature que celui de certaines banlieues.
Je ne souhaite pas jouer les oiseaux de mauvais augure mais si rien n'est entrepris fortement, on va au devant de drames majeurs. Ce ne sera pas faute, Monsieur le Préfet de Police, de l'avoir répété depuis des années durant.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Union pour la Démocratie à Paris", "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
M. Roger ROMANI, adjoint, président. - Merci. La parole est à M. le Préfet.
M. LE PRÉFET DE POLICE. - Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Conseillers, la lutte contre les violences urbaines dans le 20e arrondissement fait partie des actions prioritaires que s'assigne la Préfecture de police dans la Capitale en particulier sous la forme d'actions particulièrement soutenues de la part de la Direction de la Police urbaine de proximité.
Dans cet arrondissement, la réponse de la Préfecture de police, qui est forte, s'appuie sur une présence en continu, un îlotage resserré au travers de patrouilles à pied et motorisées et des opérations de sécurisation répétées.
A ce titre, je citerai deux opérations récentes intervenues le 28 avril et le 7 mai.
Elles ont été conduites sous l'autorité personnelle du chef du 4e secteur de Police urbaine de proximité et du Commissaire central du 20e arrondissement.
La première opération a permis l'interpellation de vingt trois personnes dont un mineur. Si quatorze de ces personnes étaient laissées libres après vérification de leur identité, neuf autres, en revanche, ont fait l'objet d'une garde à vue, dont quatre au motif d'incendie volontaire et cinq pour des infractions distinctes, port d'armes prohibées, infractions à la législation sur les stupéfiants.
Dans le cadre de la seconde opération, sept appartements ont été perquisitionnés, une arme à feu a été saisie, dix-huit individus ont été interpellés et placés en garde à vue pour implication reconnue dans des incidents survenus la veille au cours desquels des policiers intervenant en flagrant délit de vol de véhicules avaient été violemment pris à partie. Quatre des gardés à vue ont été déférés au Parquet de Paris, trois d'entre eux, âgés de 20 à 22 ans, ont été jugés selon la procédure de comparution immédiate et condamnés chacun à des peines de six mois de prison avec sursis et 3000 francs d'amende. Le quatrième, mineur de 16 ans, a été présenté au juge des enfants.
Ces opérations montrent, au-delà des résultats obtenus, tout l'intérêt de la synergie des différents services placés sous la direction d'une seule autorité locale, qui était la vocation de la réforme des services actifs de la Préfecture de police. En outre pour ce qui concerne les chiens utilisés à des fins agressives, il est important de rappeler que les services de police interviennent avec sévérité et font systématiquement placer l'animal en fourrière dès lors que sa dangerosité est avérée.
Certes, un incident s'est produit le 8 mai dernier au cours duquel un jeune de 22 ans, animateur de la Ville de Paris, qui se trouvait en compagnie de deux amis, à hauteur du 36, rue Olivier-Métra, a été sérieusement mordu par un chien qui accompagnait un groupe de six autres jeunes étrangers au quartier. Les investigations immédiatement entreprises par le Service de l'accueil, de la recherche et de l'investigation judiciaire, le SARIJ, de l'arrondissement ont permis d'identifier rapidement deux de ces jeunes. Il s'agit de deux mineurs de 15 et 16 ans qui ont été interpellés le 17 mai alors qu'ils venaient de cambrioler un appartement situé rue de la Mare. Ils ont été formellement reconnus par la victime et déférés au Parquet de Paris.
Je souligne enfin, s'agissant des chiens molossoïdes utilisés par les jeunes délinquants et en particulier dans ces quartiers, que l'activité de l'Unité cynophile s'est traduite au cours des quatre derniers mois par la capture de cinquante chiens molossoïdes sur l'ensemble de la Capitale, la plupart de ces interventions ayant été effectuées dans les arrondissements périphériques du nord et de l'est parisien.
Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Conseillers, bien entendu, cette action sous ses différents aspects sera poursuivie avec énergie et persévérance, et j'en donne l'assurance au Conseil de Paris.
M. Roger ROMANI, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Préfet de police.