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Juin 1999
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Conseil Municipal
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132 - QOC 99-318 Question de M. Didier BARIANI à M. le Préfet de police au sujet des incidents survenus dans le 20e arrondissement

Débat/ Conseil municipal/ Juin 1999


Libellé de la question :
"3 quartiers du 20e arrondissement ont subi, à quelques heures d'intervalle, des manifestations graves de violence dite urbaine.
Vendredi 7 mai, cité Bonnier, 140, rue de Ménilmontant : cet ensemble, classé en D.S.U., a fait l'objet, à l'initiative de M. Didier BARIANI, d'une décision de réhabilitation dont l'objectif était justement de l'ouvrir sur la Ville.
Le financement de la réhabilitation proprement dite, qui a réduit à 354 le nombre de logements de la cité, ceux des travaux de voirie, de l'aménagement des espaces verts, de la restructuration du jardin d'enfants et du club pour personnes âgées, s'élève à 136 millions de francs, témoignage évident de l'engagement municipal.
Incriminer l'urbanisme pour expliquer les tensions, le vandalisme systématique, les actes de délinquance commis par quelques-uns, serait donc inapproprié. De même, ne peut-on se satisfaire d'explications, quelque peu redondantes et commodes concernant les structures d'animation et de prévention mises en place par la Ville de Paris de manière fort conséquente. Les remèdes et financements de la politique de la Ville de Paris ont été appliqués sans défaillance, tant de la part de la Préfecture de Paris que de la Ville de Paris.
A quelque distance de ce site, c'est l'ensemble des Hauts-de-Belleville qui subissait les symptômes de cette pathologie urbaine. Pourtant, là aussi, une opération de requalification a été menée par l'O.P.A.C. de Paris. 2 bandes se sont ainsi affrontées, armées de pittbulls, suscitant d'ailleurs des interrogations sur la réelle efficacité de la loi sur les animaux dangereux, qui attend toujours des décrets d'application. Un jeune animateur de la Ville de Paris a été grièvement blessé.
Voici décrit le cadre de ces graves incidents. Ils font suite, malheureusement, à toute une série d'événements qui ont déjà amené M. Didier BARIANI à intervenir auprès de M. le Préfet de police.
M. Didier BARIANI ne cesse, en effet, depuis quelques années, d'exprimer à M. le Préfet de police sa conviction profonde à propos de l'insécurité dans le 20e arrondissement. Il faut cesser de banaliser, de minorer les tensions qui se multiplient dans ces quartiers, d'expliquer l'inexplicable et l'inacceptable.
Dans cet esprit, M. Didier BARIANI prend pour référence le Premier Ministre, M. Lionel JOSPIN, dans son interview au journal "Le Monde" du jeudi 7 janvier 1999, à propos des violences urbaines. Il souhaitait plus de "fermeté", ajoutant : "tant qu'on admettra des excuses sociologiques et qu'on ne mettra pas en cause la responsabilité individuelle, on ne résoudra pas ces questions".
Il n'est pas dans l'intention de M. Didier BARIANI de mettre en cause les interventions de la Police urbaine de proximité, comme semblent le faire certains articles de presse, mais de demander à M. le Préfet de police de prendre les mesures urgentes que réclame le 20e arrondissement qui est entré dans un cycle de violences de même nature que celui de certaines banlieues. Il ne souhaite pas jouer "les oiseaux de mauvaises augures" mais si rien n'est entrepris fortement, on va au-devant de drames majeurs. Ce ne sera pas faute de l'avoir répété des années durant.
Par ailleurs, M. Didier BARIANI serait reconnaissant à M. le Préfet de police de bien vouloir lui indiquer l'âge des fauteurs arrêtés et la nature des décisions judiciaires qui ont pu être prises."
Réponse (M. LE PRÉFET DE POLICE) :
"Depuis plusieurs mois, les effets conjugués d'une action policière soutenue et de l'importante opération de réhabilitation menée par l'O.P.A.C. dans l'ensemble des hauts de Belleville ont contribué à améliorer la physionomie de celui-ci. Certes un incident s'est produit le 8 mai dernier, au cours duquel un jeune de 22 ans, qui se trouvait en compagnie de deux amis à hauteur du 36, rue Olivier-Métra, a été sérieusement mordu par un chien qui accompagnait un groupe de six autres jeunes, étrangers au quartier.
Les investigations immédiatement entreprises par le service de l'accueil, de la recherche et de l'investigation judiciaires (SARIJ) de l'arrondissement ont permis d'identifier deux de ces jeunes.
Il s'agit de deux mineurs de 15 et 16 ans qui ont été interpellés le 17 mai alors qu'ils venaient de cambrioler un appartement situé rue de la Mare. Formellement reconnus par la victime, ils ont été déférés au Parquet de Paris.
Les travaux entrepris dans la cité Bonnier, sise 140, rue Ménilmontant, ont provoqué une dislocation momentanée des groupes de jeunes fauteurs de troubles ; mais ceux-ci se sont depuis lors reconstitués, développant la même agressivité, comme en témoignent les incidents de ces derniers mois.
La réponse policière y est pourtant forte, s'appuyant essentiellement sur une présence en continu, un îlotage resserré au travers de patrouilles pédestres et motorisées et des opérations de sécurisation répétées.
Je citerai les deux plus récentes, qui sont intervenues les 28 avril et 7 mai, et ont été conduites sous l'autorité du chef du 4e secteur de police urbaine de proximité et du commissaire central du 20e arrondissement.
La première a permis l'interpellation de 23 personnes, dont un mineur.
Si 14 de ces personnes ont été laissées libres après vérification de leur identité, 9 autres ont, en revanche, fait l'objet d'une garde à vue dont 4 au motif d'incendie volontaire et 5 pour des infractions distinctes : port d'arme prohibé et infraction à la législation sur les stupéfiants.
Dans le cadre de la seconde opération, 7 appartements ont été perquisitionnés, et une arme à feu a été saisie ; 18 individus ont été interpellés et placés en garde à vue pour leur implication reconnue dans des incidents survenus la veille, au cours desquels des policiers intervenant en flagrant délit de vol de véhicule dans cette cité avaient été violemment pris à partie.
Quatre des gardés à vue ont été déférés au parquet de Paris. Trois d'entre eux, âgés de 20 à 22 ans, ont été jugés selon la procédure de comparution immédiate et condamnés chacun à des peines de six mois de prison avec sursis et à 3.000 F d'amende ; le quatrième, mineur de 16 ans, a été présenté au juge des enfants.
Ces opérations montrent, au-delà des résultats obtenus, tout l'intérêt de la synergie des différents services placés sous la direction d'une seule autorité locale.
Enfin, il est important de rappeler que, pour ce qui concerne les chiens utilisés à des fins agressives, les services de police interviennent avec célérité et font systématiquement placer l'animal en fourrière dès lors que sa dangerosité est avérée, comme l'atteste l'activité de l'unité cynophile.
Au cours des 4 premiers mois de l'année 1999, cette unité a ainsi procédé à la capture de 50 chiens de type molossoïde sur l'ensemble de la Capitale, la plupart de ces interventions ayant été effectuées dans les arrondissements périphériques du nord et de l'est parisien.
Bien entendu, cette action, sous ces différents aspects, sera poursuivie avec énergie et persévérance."