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Juin 1999
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Conseil Municipal
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64 - 1999, DLH 134 - Autorisation à M. le Maire de Paris de déposer les demandes de permis de démolir visant un ensemble de bâtiments à usage d'habitation situé 1, 5 et 19, cité Traëger, et 40, rue du Nord - 11, cité Traëger (18e)

Débat/ Conseil municipal/ Juin 1999


M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DLH 134 relatif au dépôt de demandes de permis de démolir visant un ensemble de bâtiments cité Traëger.
La parole est à Mme SCHNEITER.
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, le secteur rue Emile-Chaine-rue du Nord-cité Traëger, est particulièrement dégradé. Rue Emile-Chaine, par exemple, un immeuble sur deux a déjà été démoli ; sur les immeubles restants, un sur deux est muré. On a malheureusement laissé pourrir ce pittoresque petit quartier ouvrier, où il faisait bon vivre. Il y avait un urbanisme réellement à taille humaine, où les petits immeubles côtoyaient des maisons et des jardinets.
Aujourd'hui, on se trouve devant un champ de ruines.
Compte tenu de leur état de délabrement, il faudra abattre encore quelques immeubles. C'est lamentable.
Je ne suis pas contre l'extension du collège Marie Curie dans le cadre de cette opération. Mais, je m'étonne que vous en soyez encore à définir le projet d'aménagement. Plus le temps passe, plus les immeubles continuent à se dégrader. C'est toujours la même chanson !
J'espère que la concertation qui, selon vous, est en cours, va rapidement déboucher sur des propositions qui redonneront vie et convivialité à ce quartier, en respectant cet urbanisme de type villageois qui a fait son charme.
Je m'abstiendrai sur ce projet.
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Merci, Madame.
La parole est à M. BLET.
M. Jean-François BLET. - Monsieur le Maire, le 25 septembre 1996, délibérant sur la mise en oeuvre de la Déclaration d'utilité du secteur de la cité Traëger, nous récusions la destruction programmée de l'immeuble du 40, rue du Nord.
En effet, la démolition de cet immeuble, en bon état d'entretien et occupé, n'était absolument pas justifiée par l'extension du collège.
L'adjointe à l'urbanisme, Mme COUDERC, nous avait alors répondu que les services de la Ville réexamineraient ce dossier pour décider, en fonction de l'état des bâtiments, des mesures à prendre.
Trois ans plus tard, vous donnez enfin satisfaction à notre requête. Nous nous en réjouissons.
Trois ans pour vérifier que la démolition de cet immeuble n'était pas nécessaire à la construction de l'école ! Quelle efficacité, quelle rigueur ! Cela fait plus de dix ans que le secteur a été classé en zone de D.P.U.R., plus de dix ans que des centaines de familles ne savent pas si elles ne se trouveront pas du jour au lendemain expulsées, leur patrimoine complètement dévalorisé, s'il ne leur faudra pas tout recommencer, dix ans que la vie de nombreuses familles a insidieusement été précarisée. Mais c'est peut-être le moindre de vos soucis.
Si nous saluons aujourd'hui votre choix de conserver l'immeuble du 40, rue du Nord, nous voulons souligner la violence que provoque la mise en oeuvre d'une D.P.U.R., notamment lorsque aucun projet clair et précis n'est en même temps défini par la Ville. L'absence de lisibilité sur le long terme des projets sur ce secteur a ainsi autorisé la Ville à envisager la démolition d'un immeuble qui, sans notre intervention, aurait été détruit, alors que cela n'était ni souhaitable, ni nécessaire.
Bref, cette histoire révèle, bien sûr, une évolution heureuse des méthodes de travail de la Ville, mais elle en souligne surtout les aberrations, fruits de la mise en oeuvre des D.P.U.R. La mise en place de ces D.P.U.R. sans motivation précise et sans projet détaillé est une atteinte aux droits fondamentaux de la propriété et notamment de la propriété des plus démunis.
Nous ne saurions l'accepter et c'est pourquoi nous vous demandons d'abandonner cette politique de navigation à vue et de renoncer aux D.P.U.R. qui défigurent Paris, agressent son patrimoine, son paysage et ses habitants.
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Merci.
La parole est à M. BULTÉ pour répondre aux intervenants.
M. Michel BULTÉ, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Je rappellerai que ce projet, comme l'a souligné M. BLET, n'est pas un projet récent, il a donné lieu à de nombreuses concertations, de nombreuses rencontres.
Aujourd'hui il est prévu, même si effectivement les diagnostics ont été faits, la conservation d'un certain nombre d'immeubles et, à chaque fois que nous pouvons le faire, nous le faisons bien volontiers, puisque c'est la politique du Maire de privilégier la réhabilitation. En l'occurrence, nous ne pouvons effectivement pas tout sauver.
Le problème est, là encore, le souhait de la population locale de ce secteur, qui désire bien entendu l'extension rapide du collège, qui devient une absolue nécessité dans ce quartier.
D'ailleurs, là encore, je rappellerai à M. BLET qu'après l'ensemble des rencontres que nous avons réalisées sur le terrain avec les associations et les élus de tous bords, ce projet de délibération a obtenu l'unanimité du Conseil du 18e. Telle est la volonté de l'ensemble des habitants de ce secteur qui, je crois, a absolument besoin du déblocage rapide de ces terrains pour la réalisation du collège qui est devenue indispensable.
Merci.
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Merci, Monsieur BULTÉ.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 134.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (1999, DLH 134).
Mme Laure SCHNEITER. - Abstention.
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Vous vous abstenez. C'est noté.