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Decembre 2010
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Conseil Général
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2010, DASES 567 G - Signature d’une convention avec l’association “Forum Français pour la Sécurité Urbaine” (FFSU) pour l’attribution d’une subvention en vue de coordonner et de valoriser les actions visant la prévention de l’engagement des jeunes dans les trafics. Montant : 35.000 euros.

Débat/ Conseil général/ Décembre 2010


 

M. Christian SAUTTER, président. - Nous passons à l?examen du projet de délibération DASES 567 G relatif à la signature d?une convention avec l?association ?Forum Français pour la Sécurité Urbaine?, pour l?attribution d?une subvention de 35.000 euros pour coordonner et valoriser les actions visant à la prévention de l?engagement des jeunes dans les trafics.

Madame CHRISTIENNE, vous avez la parole.

Mme Odette CHRISTIENNE. - Merci, Monsieur le Président.

Chers collègues, au-delà des catastrophes naturelles, nous sommes tous préoccupés par la montée des autres risques et les menaces encourues par les populations des milieux urbains. Communes et Départements tentent de participer sinon à une éradication difficilement possible de certains de ces risques, au moins à la réduction de quelques fléaux qui, avec la mondialisation et le développement des communications se propagent à grande vitesse.

Ainsi, en est-il du trafic et de la consommation des drogues et, si notre volonté est d?agir dans l?intérêt des Franciliens, et des jeunes surtout, dans les secteurs géographiques qui circonscrivent des populations vulnérables, nous ne devons cependant pas oublier qu?en la matière, la lutte première dépasse le cadre local.

Il faut tout de même parler des sources du fléau. Certes, les cartels de la drogue semblent loin, à la frontière des Etats-Unis. Comme le dit Mme CLINTON, 25 à 29 milliards de dollars sont générés par l?exploitation de la drogue et les dégâts sont à la mesure de l?importance du système mis en place. Le système est structuré loin de Paris et de sa banlieue mais les ramifications se développent. Les chefs mexicains se retrouvent en Espagne.

Par ailleurs, nous savons aussi que 80 % des substances illicites - il faut, au-delà de la drogue, parler aussi de la contrebande, des trafics d?armes et d?êtres humains - entrent en Europe par des voies connues et la route des Balkans. 120 tonnes d?héroïne consommées en région parisienne ; 100 passeront par cette voie.

Selon le criminologue M. Xavier RAUFER, on peut observer une diffusion croissante de cocaïne dans le sud de l?Europe.

D?après Europol, la quantité de cocaïne importée dans l?Union européenne serait passée de 50 à 300 tonnes en l?espace de six ans, de 2003 à 2009. Nous en voyons les conséquences. D?ailleurs, tout est bon, même le progrès scientifique, pour favoriser la dépendance. Le cannabis a été scientifiquement modifié. Grâce à la manipulation génétique, le taux de toxines THC (Tétra Hydro Cannabitol) est passé de 3 à 4 % dans la plante à l?état naturel à 20 % une fois modifiée et cultivée.

Les conséquences sont graves pour nos sociétés ainsi que pour les toxicomanes dépendants : escroqueries, braquages, absentéisme au travail, naissance d?enfants mal formés suite à la consommation de crack. La liste est longue et, de fait, on doit traiter des problèmes conjoints de délinquance criminelle et de santé publique.

Si ces problèmes sont globaux, s?ils dépassent les responsabilités départementales, la nécessité d?agir par anticipation est d?autant plus importante. L?analyse du terrain montre à l?évidence que, sur les zones géographiques bien ciblées par le ?Forum Français pour la Sécurité Urbaine?, l?objectif de prévention des conduites à risque est une réponse à cette délinquance.

Le projet de délibération est évocateur. Il met en évidence des vulnérabilités sociales et des conflits de culture qui créent des zones facilitant le commerce de la drogue et, au-delà de l?enrichissement des dealers, le fatal développement de la consommation et le basculement possible dans la criminalité. Les techniques modernes d?investigation sociologique (recherche - action) permettent d?ailleurs de donner des débouchés concrets à l?analyse de la situation.

Le but du F.F.S.U. est de décrire et de mieux comprendre le processus d?entrée dans les trafics et d?en déduire les leviers pertinents pour la prévention.

Je note d?ailleurs l?organisation prochaine par le F.F.S.U. d?un colloque ?sécurité et prévention, un équilibre à trouver?, qui devrait intéresser tous les élus municipaux chargés de la sécurité ainsi que les correspondants défense qui ont pour mission de sensibiliser les populations et les pouvoirs publics aux questions de sécurité et défense.

Il nous paraît donc opportun de soutenir par une subvention cette association dont l?action est tout à fait remarquable dans l?intérêt des jeunes Franciliens.

Je vous remercie.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame CHRISTIENNE.

M. LE GUEN a la parole.

M. Jean-Marie LE GUEN, au nom de la 6e Commission. - Mme CHRISTIENNE a dressé une vision géopolitique du problème du trafic de la drogue, qu?il me paraît opportun de rappeler, même si cela pose évidemment des questions non résolues au plan national. Mais c?était important.

Elle rappelle aussi, si j?ai bien compris son intervention, l?importance de mettre en place des politiques de prévention. Effectivement, personne ne peut croire une seconde que, tant que nous n?aurons pas géré le problème de la demande, d?une façon ou d?une autre, nous n?aurons pas des problèmes avec le trafic et avec l?offre. Vous avez bien raison, Madame.

Je veux simplement rappeler, à travers quelques mots, les engagements qui sont ceux de la Ville de Paris et, tout d?abord, le travail très important mis en ?uvre par Mao PENINOU pour concilier justement les différents usages de la nuit et, dans ces différents usages de la nuit, faire en sorte que nous ayons des interventions de prévention, et de prévention sanitaire. C?est un travail innovant aujourd?hui au sein de la Capitale mais qui nous permettra, je le crois, d?être plus efficaces justement pour essayer de maîtriser cette demande et, en tout cas, de faire progresser la prévention.

Je rappelle très rapidement que nous allons subventionner très largement une enquête sur la connaissance de la consommation de ces produits par les jeunes Parisiens. C?est 54.000 euros pour les fameuses enquêtes Trend et ESCAPAD. C?est également une enquête pour mieux comprendre l?engagement des jeunes dans le trafic, qui est menée en liaison avec l?Etat et avec le Département de la Seine-Saint-Denis, sur lequel nous intervenons aussi une grande journée - d?ailleurs après-demain, le 16 décembre - d?échange sur le sujet. Enfin, une intervention, en rapport avec ce que je disais, de l?action menée par M. Mao PENINOU sur la problématique des risques en milieu festif, et notamment le programme que nous développons, le programme ?fêtez clair? là-dessus.

Voilà, Madame, les éléments de réponse que je peux vous donner sur les engagements de la Ville, dans le sens que vous souhaitiez, en matière de lutte en faveur de la prévention.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci.

Je donne la parole à M. GAREL, pour une explication de vote, 2 minutes.

M. Sylvain GAREL. - Je voulais remercier Mme Odette CHRISTIENNE parce que c?est vrai que cette délibération ne nous avait pas sauté aux yeux, mais, après son explication, nous n?allons pas la voter, parce que ce discours de guerre à la drogue qui a échouée aussi bien en France, en Colombie, en Afghanistan ou aux Etats-Unis, il y a un discours complètement archaïque et qui n?a aujourd?hui aucune?

(Protestations sur les bancs du groupe socialiste, radical de gauche et apparentés)

Mais si, bien sûr !

Bien sûr que si !

Moi, je l?ai reçu comme ça. En tout cas, nous ne voterons pas cette délibération.

M. Mao PENINOU. - ? (Hors micro - inaudible).

M. Christian SAUTTER, président. - Monsieur PENINOU, on reste paisible !

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 567 G.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2010, DASES 567 G).