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Decembre 2010
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Conseil Général
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2010, DASES 141 G - Signature d’un avenant n° 2 à la convention passée avec l’association “Coordination Toxicomanies” (18e) pour soutenir financièrement ses actions de médiation concernant les problèmes liés aux drogues qu’elle coordonne dans le Nord-Est parisien. Montant total : 267.000 euros.

Débat/ Conseil général/ Décembre 2010


 

M. Christian SAUTTER, président. - Nous passons à l?examen du projet de délibération DASES 141 G relatif à la signature d?un avenant n° 2 à une convention passée avec l?association ?Coordination Toxicomanies? (18e), pour soutenir financièrement ses actions de médiation concernant les progrès liés aux drogues qu?elle coordonne dans le Nord-Est parisien. Il s?agit d?un montant de 267.000 euros.

Monsieur DAGNAUD, vous avez la parole.

M. François DAGNAUD. - Chers collègues, vous le savez, depuis le printemps 2009, les points de fixation des territoires du Nord-Est parisien, qu?il s?agisse du quartier des gares, de la porte de la Chapelle, du quartier de Stalingrad et du bassin de la Villette, ont connu une hausse importante de la fréquentation des toxicomanes, qu?il s?agisse d?occupants permanents ou de consommateurs de passage.

L?évacuation par les forces de police, sans accompagnement sanitaire à la hauteur de plusieurs scènes ouvertes, comme le squat de la Briche à Saint-Denis, la fermeture du grand squat de la Commanderie, les bouleversements urbains des portes de Paris et la porosité entre Paris et certaines communes limitrophes ont eu pour conséquence le redéploiement des consommateurs et des dealers intra-muros.

La diffusion du crack et les modes de survie des consommateurs entraînent malheureusement de lourdes difficultés dans le quartier, et pour les habitants d?un territoire qui y sont confrontés en première ligne.

Cela prend diverses formes, à la fois un sentiment d?insécurité légitime, lié à une mendicité agressive, et nous savons qu?un consommateur a besoin en moyenne de 50 euros par jour pour payer sa consommation.

Qu?il s?agisse également des encombrements, des souillures, des amas de poubelles générés par les squats qui posent des problèmes d?hygiène et de propreté très mal vécus par les riverains.

Qu?il s?agisse enfin des halls d?immeubles et des cages d?escalier détournées de leur usage pour devenir des lieux de consommation, de trafic, voire de prostitution.

Pour atténuer les conséquences de la présence du crack sur l?espace public, le travail de dialogue et de médiation réalisé sur le terrain par des associations comme ?Coordination toxicomanie? est donc plus que jamais essentiel. Il a pour finalité - je crois qu?il est important de le rappeler - de favoriser et d?accompagner les sorties de dépendance.

Dans le 19e arrondissement ?Coordination toxicomanie? intervient sur le terrain, va à la rencontre des usagers bien sûr, mais aussi permet un dialogue avec les riverains. L?association mène des actions de médiation avec les commerçants du quartier. Elle rencontre les habitants, les gardiens d?immeuble et elle participe à des réunions publiques, ainsi qu?à la cellule de veille opérationnelle des usagers de drogues de Stalingrad que nous avons souhaité mettre en place.

Ce travail de terrain dans la proximité est pour nous une priorité absolue et une nécessité pour l?amélioration durable de la situation, et je souhaite que l?essentiel des moyens supplémentaires dégagés par cet avenant permette de renforcer très concrètement les interventions de terrain, qui sont celles qui aujourd?hui s?avèrent les plus urgentes.

Je veux évidemment profiter de l?occasion pour saluer et remercier M. Jean-Marie LE GUEN pour son engagement permanent sur ces problématiques extrêmement difficiles et importantes, et pour l?attention bienveillante qu?il réserve aux quartiers qui souffrent de ces situations.

Paris soutient, et continuera de soutenir aussi longtemps que nécessaire, l?action des acteurs de la réduction des risques sur le terrain, comme ?Coordination toxicomanie?, mais il est clair aussi que le Département de Paris ne pourra suppléer à l?ensemble des carences, conséquence d?importants désengagements de l?Etat, et n?aura de cesse de l?interpeller tant qu?il laissera les territoires seuls face à ces questions.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Monsieur DAGNAUD.

Donc, je donne la parole à M. Jean-Marie LE GUEN.

M. Jean-Marie LE GUEN, au nom de la 6e Commission. - Merci beaucoup, Monsieur le Président.

De quoi parlons-nous ? Nous parlons d?un problème de scène ouverte, comme on dit dans le langage de la lutte contre les toxicomanies. C?est-à-dire que nous parlons d?une situation avérée, quotidienne, permanente, qui a lieu dans un des quartiers de Paris, mais on pourrait parler d?autres quartiers où, avec d?autres formes de drogues, nous nous trouvons confrontés à des situations de ce genre.

M. François DAGNAUD a parfaitement décrit la situation telle qu?elle se passe, notamment du côté de la place Stalingrad. Il a parfaitement décrit la détresse des personnes concernées et aussi évidemment les nuisances tout à fait considérables qui sont celles que subissent certaines populations, mes chers collègues, celles qui sont effectivement dans ces quartiers où, d?une façon volontaire ou moins volontaire, on a relégué une partie de la population.

Monsieur le Président, nous allons, d?une façon très paradoxale, finalement voter. Je dis cela au moment où M. LAMOUR s?en va, et où pourtant il est souvent concerné par ce type de sujets. C?est pourquoi j?aurais bien aimé l?interpeller, s?il avait bien accepté de rester quelques instants, mais non, je n?arriverai pas à le retenir?

(Rires).

Pour lui dire tout simplement que je serais intéressé de connaître la position du groupe U.M.P. sur cette délibération, parce que de fait nous allons renforcer l?action de la gestion sur une scène ouverte, avec l?excellente action de la mission de la ?Coordination Toxicomanie?, notamment leurs équipes et son directeur, M. Pierre LEYRIT, en prenant acte du fait qu?il existe des zones de scènes ouvertes, pour lesquelles à la fois la Ville engage des moyens bien au-delà de ce qu?est sa mission, mais aussi l?Etat.

Donc, nous sommes de concert à reconnaître qu?il existe des situations tout à fait problématiques, et pour lesquelles nous allons mettre en place des solutions de médiation. Non pas interdire ou réprimer la toxicomanie en l?occurrence, mais tout simplement gérer un phénomène problématique pour les personnes concernées et pour les populations alentour, sans que ceci, semble-t-il, ne pose de problèmes ni à l?Etat, ni - nous en saurons plus dans quelques instants - au groupe U.M.P.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et ?Europe Ecologie - Les Verts et apparentés?).

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Monsieur LE GUEN, s?il n?y a pas d?explications de vote?

Non, non, il ne faut pas troubler la sérénité de notre Assemblée à cette heure tardive de l?après-midi.

Donc, je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 141 G.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l?unanimité. (2010, DASES 141 G).