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Juillet 1999
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Conseil Général
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8 - 1999, ASES 61 G - Subvention à l'association "Médecins du monde" (18e) pour son centre de substitution par la méthadone "Espace Parmentier", 62 bis, avenue Parmentier (11e). - Montant : 250.000 F

Débat/ Conseil général/ Juillet 1999


M. Philippe LAFAY, président. - Nous passons au projet de délibération ASES 61 G accordant une subvention à l'association "Médecins du monde" pour son centre de substitution par la méthadone "Espace Parmentier".
La parole est à Mme TAFFIN.
Mme Benoîte TAFFIN, au lieu et place de M. Alain DUMAIT. - "Médecins du monde" a en effet en charge l'espace Parmentier où les drogués sont accueillis et se voient offrir un traitement de substitution sous méthadone.
Ce traitement a concerné 175 personnes en 1997.
En 1999, le budget prévisionnel du centre est de l'ordre de 4 millions de francs, ce qui représente un peu plus de 20.000 F par personne suivie.
Sans porter de jugement sur cette option thérapeutique, il faut constater qu'elle est tout à fait dispendieuse et selon nous, hors des moyens des contribuables parisiens.
Merci.
M. Philippe LAFAY, président, au nom de la 5e Commission. - Cette action s'inscrit dans les objectifs de la convention Etat-Ville du 19 mars 1996 qui sont de favoriser la stabilisation-réinsertion sociale des toxicomanes en situation de marginalisation.
Il est apparu que le suivi d'un traitement de substitution sous surveillance médicale dans un centre avec délivrance quotidienne de méthadone était l'un des moyens les plus efficaces d'y parvenir en ce qui concerne les injecteurs de drogue les plus désinsérés.
En effet, les patients pris en charge dans ces centres bénéficiant de l'accès aux soins et d'un accompagnement socio-éducatif, parviennent progressivement à une stabilisation et peuvent construire un projet d'insertion avec l'appui de l'équipe médico-sociale.
Le Département de Paris ne prend aucune part dans le financement des soins médicaux qui relèvent de l'Etat. En revanche, il prend partiellement en charge l'accompagnement social des patients.
L'accompagnement social permet tout d'abord de résoudre les problèmes les plus urgents des patients en matière de couverture sociale, d'accès aux ressources et d'hébergement. Dans ces trois domaines, l'association "Médecins du monde" qui dispose de 100 places méthadone a obtenu des résultats très positifs en 1997 et 1998.
En 1997, sur 175 malades suivis, 27 ont pu accéder aux allocations du R.M.I., 18 à l'allocation "Adultes handicapés", 3 ont obtenu des allocations chômage.
Une couverture sociale a été initiée ou rétablie pour 14 personnes. En matière d'hébergement, un partenariat a été développé avec les C.H.R.S. et les assistantes sociales des C.A.F. pour obtenir des places en hôtel social.
L'insertion professionnelle des toxicomanes est une oeuvre difficile de longue haleine en raison de la situation actuelle du marché de l'emploi et surtout du manque de confiance en la capacité des personnes déqualifiées et fragilisées.
En 1997, grâce aux efforts de l'association, 3 personnes ont pu obtenir un C.E.S., 2 un emploi.
Pour les personnes les plus fragiles, l'association met en place une redynamisation avec un travail socio-éducatif des ateliers.
La création de nouvelles places méthadone pour Paris est une compétence exclusive de l'Etat. Les capacités actuelles paraissent insuffisantes par rapport au nombre d'héroïnomanes évalué à Paris à 40.000 environ. Si l'Etat décidait en conséquence de créer de nouvelles places, le Département étudierait la possibilité de favoriser le volet social de ces équipes comme il le fait actuellement pour 5 centres de méthadone.
Il convient de préciser que cette forme d'action ne concerne désormais que les usagers de drogue les plus désinsérés. En effet, les usagers de drogue les plus autonomes peuvent désormais être suivis en médecine de ville depuis que les pouvoirs publics ont autorisé la prescription d'un autre produit de substitution, le subutex.
Enfin, de nouvelles formes de consommation de drogues associant plusieurs substances psycho-actives - crack, benzodiazépine, alcool - sont en progression et nécessitent d'autres modalités de prise en charge.
Je vous remercie.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 61 G.
Quels sont ceux qui sont pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (1999, ASES 61 G).