Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Juin 2002
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  
Déliberation

Vœu relatif à l'aménagement de la parcelle du 26-30, rue de la Tombe-Issoire et 15-17, villa Saint-Jacques et à la prévention de la carrière classée dite de "Port Mahon".

Déliberation/ Conseil municipal/ Juin 2002 [2002 V. 72]



Délibération affichée à l'Hôtel-de-Ville
et transmise au représentant de l'Etat le 10 juillet 2002.
Reçue par le représentant de l'Etat le 10 juillet 2002.

Le Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil municipal,
Par arrêté du 4 janvier 1994, la carrière dite de "Port Mahon" située au niveau des 26-30, rue de la Tombe-Issoire (14e), a été classée monument historique. Cette carrière du 14e siècle a été laissée dans son état de fin d'exploitation, ce qui en fait un témoignage unique des méthodes d'extraction du calcaire au Moyen Age sous la Capitale. Le terrain, situé au-dessus de la carrière classée, est la propriété de la S.C.I. du Lion de Belfort qui envisage de réaliser une opération immobilière constituée de 71 logements et 83 places de stationnement. Les demandes de permis de construire et de démolir ont été déposées auprès des services de la Ville de Paris le 29 août 2000, suivies d'un modificatif le 4 juillet 2001. La Mairie du 14e arrondissement a rendu à ces 2 occasions des avis défavorables ;
Par un avis de décembre 2001, la Direction régionale des Affaires culturelles a autorisé la consolidation de la carrière par la construction d'un certain nombre de piliers en béton, habillés couleur calcaire, afin d'assurer la stabilité de l'édifice. Les seules réserves portent sur l'établissement d'un référé préventif et le suivi du chantier par un chargé de mission de la D.R.A.C. Aujourd'hui, l'ensemble des avis nécessaires a été obtenu, et rien ne s'oppose juridiquement à la délivrance du permis de construire par la Ville de Paris ;
Selon les plans fournis par le maître d'?uvre, c'est plus d'une cinquantaine de piliers qui vont transpercer la carrière, tandis qu'une partie du réseau inférieur sera même injecté par un coulis de béton. L'authenticité et la préservation de l'état originel et original du site apparaissent menacées. Il faut ajouter que les travaux envisagés entraîneront des vibrations importantes risquant d'endommager profondément la stabilité générale de la carrière ;
De plus, selon de nombreux plans historiques, le terrain est également traversé par les vestiges de l'aqueduc de Lutèce ;
Le sort réservé à ces monuments n'apparaît, à notre avis, pas conciliable avec la protection juridique au titre des monuments historiques dont ils bénéficient ;
Il faut également signaler la présence sur le site d'une ferme du 19e siècle, d'une crypte consacrée et d'un pavillon style troubadour ;
Sur la proposition de M. Pierre CASTAGNOU, Mme Danièle POURTAUD et de M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint, au nom de l'Exécutif,

Emet le v?u :

- Que les différents permis de construire et de démolir en cours d'instruction fassent l'objet d'une attention particulière de la Ville de Paris, compte tenu des particularités du site ;
- Que le Maire de Paris intervienne auprès du Ministre de la Culture afin de garantir la préservation des éléments classés monuments historiques présents sur le site (carrière de Port Mahon, crypte et aqueduc de Lutèce) ;
- Que la Ville de Paris ouvre des discussions avec la S.C.I. du Lion de Belfort en vue de l'acquisition de cette parcelle afin de réaliser un programme exemplaire comprenant la réhabilitation des logements existants, leur conventionnement en P.L.U.S. et la création d'un équipement public.