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Juin 2009
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Conseil Municipal
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2009, DPA 120 - Transformation du site des anciennes Pompes Funèbres de Paris sises 104, rue d'Aubervilliers (19e) en bâtiment à vocation culturelle : souscription de divers avenants.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2009


 

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du projet de délibération DPA 120 portant divers avenants sur la transformation du site du 104 de la rue d'Aubervilliers.

Jean-Jacques GIANNESINI s'est inscrit et Christophe GIRARD lui répondra.

M. Jean-Jacques GIANNESINI. - Merci, Monsieur le Maire.

En tant qu'administrateur du 104, nous sommes - en ce qui me concerne, mais les élus aussi - tous soucieux de l'offre culturelle dans nos quartiers et c'est effectivement très important.

Mais visiblement, il y a un problème avec les travaux du 104. En effet, vous nous demandez d'entériner des dépassements de marchés de plus de 10 %, et on peut se poser la question : à quoi servent les procédures des marchés publics ? Il est trop facile de répondre à un appel d'offres à des prix irréalistes pour gagner le marché et ensuite réclamer des dépassements de cette nature.

Alors, on peut se poser la question aussi : y a-t-il un commandant dans le bateau du 104, qui ressemble plutôt aujourd?hui à un bateau ivre financier ?

Parce que les sommes dont il est question sont astronomiques : un million d'euros de dépassement pour l'Atelier de novembre, 600.000 euros de dépassement pour Loison/Bonnardel, alors qu?en parallèle, vous rognez dans les dépenses de fonctionnement des structures de la petite enfance, notamment dans le 19e.

Parce que les retards et l'ampleur des travaux entraînent une majoration d'environ 5 % de l'ensemble des marchés de travaux du projet, parce que 5 des 14 entreprises de travaux ont initié des procédures juridiques en réclamation, arguant toutes du manque de pilotage de la maîtrise d'?uvre, maîtrise d'?uvre qui, grâce à ce projet de délibération, touchera, pour le moment, un million d'euros de dépassement de marché, parce qu'il est convenu que la maîtrise d'?uvre, l'Atelier de novembre et la Ville de Paris négocieront ensuite les frais d?élaboration du permis de construire modificatif et les études sur la signalétique sonore, parce que les dérives globales du projet vous obligent à intégrer à vos avenants une mention indiquant aux entreprises qu'elles peuvent formuler quelques réclamations que ce soit ou intenter quelque recours que ce soit.

Ce faisant, vous êtes, en plus, contraints de procéder à des appels d'offres pour des marchés de conseil juridique pour gérer l'ensemble des litiges.

Je crois qu'il faut, aujourd'hui, revenir à plus de sérieux, de discernement dans la gestion des moyens municipaux, pour arbitrer entre l'indispensable et l'accessoire, surtout en période de crise.

Les élus du groupe U.M.P., s?ils s?inscrivent dans la perspective culturelle du 104, ne souscrivent pas du tout à la gabegie financière qui en découle.

Merci.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. Christophe GIRARD pour vous répondre.

M. Christophe GIRARD, adjoint, au nom de la 9e Commission. - Je dois dire que le papier ne refuse pas l'encre : "gabegie financière", je peux vous rappeler la Gaîté Lyrique, si vous voulez? Vous étiez élu, Monsieur GIANNESINI, donc vous connaissez bien le dossier.

Je crois que franchement? D'ailleurs, je vous encourage à venir à chaque Conseil d'administration?

M. Jean-Jacques GIANNESINI. - A chaque fois, j'y étais.

M. Christophe GIRARD, adjoint, rapporteur. - Non.

? et vous verrez que dans chaque Conseil d?administration, la moindre question financière, la moindre question budgétaire, a été abordée avec le plus grand sérieux. Et d'ailleurs, est présente une représentante du Trésor public et de la régie des finances qui, en effet, surveille les comptes et les comptes sont approuvés régulièrement. Ce ne sont pas des dépassements, mais des ajustements qui étaient totalement prévus et annoncés.

Monsieur GIANNESINI, vous connaissez l'économie de marché ; vous savez bien qu?il n?existe pas un seul chantier qui ne connaisse pas un dépassement.

M. Jean-Jacques GIANNESINI. - 10 % quand même !

M. Christophe GIRARD, adjoint, rapporteur. - Aucun chantier, et vous le savez bien, l'Etat le sait et l'Etat, comme nous, veille, en effet, à ce qu?en période de difficulté, on fasse très attention aux deniers publics.

Je ne vous trouve pas très charitable, vis-à-vis de la DPA, qui a fait un travail remarquable, sérieux, de suivi de ce chantier complexe? Quand on sauve 36.000 mètres carrés d?une éventuelle destruction pour en faire un centre de résidence et d'accueil des artistes, c'est évidemment un chantier difficile. Vous avez dit un "bateau ivre" ; si vous faites référence à la poésie, je prends, mais si vous parlez d'ivresse incontrôlée, je ne vous suis pas, pas plus que de dépassement de vitesse. Je pense que c'est un lieu qui se fait en marchant, je pense qu?on ne détient pas la vérité, que ce lieu a déjà reçu un public considérable, bien au-delà des espérances, mais qu'en effet, il lui faut trouver? Il a été ouvert en octobre dernier ; nous sommes en juin ; il n'est pas scandaleux? Les levées de réserves, cela se fait dans tous les chantiers et ce qui se passe là est tout à fait classique.

Mais vous pouvez décider de communiquer, en effet, dans le 19e, sur une éventuelle gabegie. Je pense que les habitants ou ceux qui fréquentent le lieu ne partageront pas cette opinion. Je préfère vous avoir comme soutien pour que ce lieu bénéficie pleinement et réussisse plutôt que d'être dans un rôle de Cassandre.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

Chacun sait que les habitants du 19e sont très fiers de compter le 104 tout près de chez eux, mais je ne cherchais pas à vous contredire.

Ces précisions étant posées, je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DPA 120.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2009, DPA 120).