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Juin 2009
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2009, DPP 25 - Signature d'une convention avec l'Association pour la défense des familles et de l'individu (ADFI) pour l'attribution d'une subvention. Montant : 18.000 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2009


 

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Nous examinons le projet de délibération DPP 25. Il s'agit de la signature d'une convention avec l'Association pour la défense des familles et de l'individu, association très importante, je le souligne, dans la lutte le contre les sectes dans notre pays et avec l'attribution d'une subvention d'un montant de 18.000 euros.

Je donne la parole à M. ALAYRAC.

M. Gilles ALAYRAC. - Merci, Madame la Maire.

Comme tous les ans, j'interviens sur cette question des dérives sectaires, pour dire combien j'approuve le concours financier accordé par notre collectivité aux associations de défense des victimes des mouvements sectaires.

Sur cette question, dans notre pays, on est trop souvent frileux. La complexité du sujet, sa difficulté à l'appréhender, contribue à ce que les pouvoirs publics demeurent encore timorés.

Etre victime des dérives d'un mouvement sectaire, c'est bien connu, cela n'arrive qu'aux autres. Pourtant, il suffit de prendre connaissance, tous les ans, du rapport de la Miviludes, pour constater que tout le monde peut être confronté, un jour ou l'autre, à une emprise sectaire.

Premier exemple, le recours à la psychothérapie qui est devenu une chose banale. Justement, dans ce secteur où les pratiques se multiplient, on observe un dévoiement des méthodes, des méthodes inquiétantes concernant des médecines dites nouvelles prétendant lutter contre les maladies les plus graves ou encore soigner par la méthode de la mémoire retrouvée ou des souvenirs induits. Et là, je dis : attention aux charlatans.

Autre exemple de la déviance sectaire dans des domaines où tout Parisien est concerné, celui de la formation professionnelle. Les sectes se sont attaquées à ce domaine très lucratif, insuffisamment encadré et vecteur de prosélytisme. La formation professionnelle mériterait d'être réformée et les entreprises sont parfois abusées, et les employés qui viennent pour développer leur capacité de communication peuvent tomber, contre leur gré, sous l'emprise de gourous.

Puis, il y a eu les récents témoignages édifiants des victimes de la scientologie devant la justice. Cette multinationale rêve de se voir reconnaître en France le statut cultuel. On constate qu'en guise d'église, on a plutôt affaire à une entreprise occupée à extorquer d'importantes sommes d'argent à ses adeptes.

Je suis donc tout à fait favorable à ce que la Ville de Paris aide financièrement l'Association pour la famille et l'individu, mais aussi le Centre contre les manipulations mentales qui sont les deux associations qui défendent notre société contre des pratiques qui portent atteinte aux libertés et aux droits de l'Homme.

La collectivité parisienne a besoin de leur concours, pour sensibiliser ses agents à des intrusions possibles dans les domaines comme l'école, la culture, les permis de construire, la gestion des salles municipales et, bien entendu, la formation professionnelle. Je serais donc heureux que M. SARRE nous éclaire sur ce que fait la Ville dans ce domaine.

Pour terminer mon propos, je vais dire quelque chose qui sera peut-être un peu moins consensuel, qui peut ne pas faire plaisir à tout le monde, mais il reste des progrès à accomplir dans tout ce qui concerne le fait que la sphère publique devrait conserver sa neutralité et, donc, son impartialité en ne favorisant pas les entreprises qui se revendiquent des religions.

(M. François DAGNAUD, adjoint, remplace Mme Anne HIDALGO au fauteuil de la présidence).

On a pu constater, ces derniers jours, dans la Capitale, des entorses à la laïcité. J'en citerai deux. La location de Bercy aux évangélistes qui se sont offerts une cérémonie religieuse à l'américaine, avec gourous et fidèles en transe. Et je n'oublierai pas non plus de dire mon étonnement en ayant découvert que la Préfecture de police a autorisé un pèlerinage catholique, de nature intégriste, à se regrouper sur une place très en vue, située derrière Les Invalides. Franchement, quel joli cadeau !

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci, Monsieur ALAYRAC.

Pour vous répondre, la parole est à M. le Représentant du Préfet de police et après à M. Georges SARRE.

M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Conseiller, je voulais simplement vous préciser, s'agissant du pèlerinage auquel vous avez fait allusion, que tous les pèlerinages parisiens qui sont d'usage courant - et celui-ci existe depuis 14 ans - sont traités dans le cadre du décret de loi de 1935 qui donne lieu à une simple déclaration et non pas autorisation.

D'autre part, le Ministère de l'Intérieur a reconnu en 2000 cette association. Donc, il n'y a pas de moyens juridiques pour la Préfecture de police d'interdire ce pèlerinage.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Préfet.

La parole est à M. Georges SARRE, pour l'Exécutif.

M. Georges SARRE, adjoint, au nom de la 5e Commission. - Merci.

Monsieur le Maire, chers collègues, la vigilance et la lutte contre les dérives sectaires est une mission qui m'a été confiée récemment. Nous avons considéré que, de même que le Conseil parisien de sécurité et de prévention de la délinquance traite des enjeux de lutte contre les dérives sectaires, de même, cet enjeu pouvait relever de ma délégation sécurité et prévention.

J'ai donc eu à c?ur, dans un premier temps, d'assurer une continuité, en particulier, dans le suivi des associations dont je vous propose le subventionnement aujourd'hui.

C'est un sujet extrêmement complexe que je découvre pour ne rien vous cacher - et que j'entends appréhender avec une détermination qui ne doit pas empêcher le doigté. Je veux donc, d'abord, écouter et comprendre. C'est pourquoi je me suis rendu à l'Assemblée générale de l'Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu en mars dernier, afin de rencontrer Mme Catherine PICARD, sa présidente et ancienne députée à l'origine de la loi de 2001 dite loi "About-Picard", tendant à renforcer la prévention contre les mouvements sectaires déviants.

C'est aussi pour écouter et comprendre que j'assiste à certaines audiences du procès de la scientologie. Je souhaite obtenir rapidement une typologie la plus nette possible du phénomène sectaire à Paris, extraordinairement protéiforme.

Pour cela, je vais rencontrer, dans les prochains jours, tous les acteurs concernés par la prévention et la lutte contre les dérives sectaires, notamment différents experts, à commencer par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires et des députés qui ont concouru à la commission d'enquête sur les sectes.

Ensuite, nous serons en mesure de réactiver le réseau de vigilance municipal, un réseau de veille contre les dérives sectaires qui, sous l'ancienne mandature, se réunissait tous les trois mois et associait l'A.D.F.I., Paris, le Centre contre les manipulations mentales et les référents sectes de la Ville de Paris.

Sachez également que mon équipe a rencontré des responsables de l'A.D.F.I. Paris et qu'une concertation est prévue pour déterminer dans quelle mesure les actions d'information et de sensibilisation de l'A.D.F.I. Paris pourraient être promues et valorisées dans les arrondissements.

Je terminerai en disant que je partage la conviction laïque de Gilles ALAYRAC et les inquiétudes qui sont les siennes concernant certaines manifestations qui ont lieu sur le territoire parisien.

Je voudrais également saluer le travail qui a été effectué sous le précédent mandat par la première adjointe et je ne doute pas que son expérience pourra m'aider.

Je vous remercie, chers collègues.

(Applaudissements sur les bancs des groupes du Mouvement républicain et citoyen, socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DPP 25.

Avis favorable ?

Pas d'opposition ?

Abstention du groupe U.M.P.P.A.

Le projet de délibération est adopté. (2009, DPP 25).