Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Juin 2009
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

2009, DAC 53 - Signature avec l'association "Théâtre Musical de Paris" (Théâtre du Châtelet) (1er) d'un avenant à la convention annuelle d'objectifs relative à l'attribution d'une subvention de fonctionnement au titre de 2009 et d'une convention relative à une subvention d'équipement. - Montant total : 9.273.000 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2009


 

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DAC 53 relatif à la signature avec l'association "Théâtre Musical de Paris" d'un avenant à la convention annuelle d'objectifs relative à l'attribution d'une subvention de fonctionnement au titre de 2009 et d'une convention relative à une subvention d'équipement d'un montant de 9.273.000 euros.

La parole est à Mme FOURNIER.

Mme Danielle FOURNIER. - Merci.

Il s'agit effectivement d'un avenant à la convention d'objectifs qui attribue une subvention de fonctionnement au Théâtre du Châtelet, ce qui porte le soutien de la Ville à cette institution à la somme de 17.746.000 euros pour cette année.

Cette grande institution culturelle à vocation internationale, parisienne certes aussi, régionale, mais internationale aussi, voit donc son budget maintenu, ce qui est conforme à l'annonce qui a été faite d'une "sanctuarisation", pour reprendre le terme un peu à la mode mais je pense qu?il est clair, du budget de la culture.

Ceci dit, cela ne veut pas dire qu?on aura toujours la reconduction à l?identique chaque année de la subvention. Sinon, évidemment, nos votes seraient un petit peu superflus, un petit peu inutiles.

Je m'interroge donc, comme je l?ai fait lors de la réunion de la commission, sur la pertinence du montant de cette subvention, alors que les évolutions culturelles font que la demande des Parisiens se porte aussi et de plus en plus vers d'autres formes de spectacles et de pratiques artistiques.

Aussi, voici ma question : ne serait-il pas judicieux de demander à l?association gestionnaire d?amplifier sa politique d?ouverture de la salle vers de nouveaux publics et d'envisager des économies d'échelle, à la fois dans sa programmation, et dans son fonctionnement ?

(M. François DAGNAUD, adjoint, remplace M. Pierre SCHAPIRA au fauteuil de la présidence).

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci, Madame.

Pour poursuivre ce débat, la parole est à Mme Geneviève BERTRAND.

Mme Geneviève BERTRAND. - Merci, Monsieur le Maire.

Mme FOURNIER a presque tout dit, sauf la question que je veux ajouter.

Bien entendu, il s?agit d?un budget conséquent, annuel, reconduit à l'identique, que nous nous proposons d'attribuer au Théâtre du Châtelet, Théâtre musical de Paris. Nous constatons que la programmation semble éblouissante, mais au-delà de cette proposition, je veux revenir sur la question que j'ai déjà posée en 9e Commission et qui a trait à l'entretien que M. GIRARD a eu avec la presse, "France soir" le 26 mai dernier.

A la question : quels sont vos projets culturels pour la Capitale ? M. GIRARD répondait : "On met en place la première salle immatérielle du spectacle. Le Châtelet, le Théâtre du Rond-Point et les salles municipales pourront retransmettre leurs spectacles en intégralité sur Internet. Cela donnera envie aux internautes d'aller au théâtre en vrai".

Est-ce que M. GIRARD peut nous apporter quelques développements sur l'intérêt et les risques de cette nouvelle dimension du théâtre à Paris ?

Merci.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci, Madame.

Nous terminons avec M. Hermano SANCHES RUIVO.

M. Hermano SANCHES RUIVO. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, au Conseil de Paris des 2 et 3 février de cette année, nous avons voté la première tranche (un acompte) de la subvention 2009 accordée au Théâtre musical de Paris, Théâtre du Châtelet, d'un montant de 8.773.000 euros.

Maintenant il s'agit avec le présent projet de délibération de fixer le montant global de la subvention 2009 à un peu plus de 17 millions d?euros, et donc de verser ce complément de 8.973.000 euros.

Par ailleurs, il nous est également proposé dans le projet de délibération, et de façon plus calme, d'attribuer à cette structure une subvention d'équipement de 300.000 euros, afin qu'elle puisse renouveler une partie de son matériel technique.

Je laisserai volontiers à Christophe GIRARD le soin de situer l?importance de ce théâtre pour l'art lyrique, la musique symphonique et instrumentale et l?art chorégraphique, ainsi que l?effort fait ces dernières années par sa direction afin de faire découvrir sa programmation à de nouveaux publics.

Je tenais néanmoins à intervenir sur ce projet de délibération et faire quelques petites remarques. Le budget global de cette structure culturelle et artistique étant évalué à plus de 26 millions d'euros, il est vrai que la subvention annuelle que nous attribuons au Théâtre du Châtelet, à savoir un peu plus de 17 millions, représente une somme très importante ; c'est la structure bénéficiant en effet de l'aide la plus importante de notre Ville.

Or, on entend souvent dire dans cet hémicycle, par certains, que notre aide à cette institution est trop importante. Elle se ferait au détriment des petites structures, qui ont des grandes difficultés à survivre, notamment dans cette période caractérisée par le désengagement de l'Etat et par son manque de vision en termes de politique culturelle, laissant la précarité envahir les institutions et le quotidien des acteurs culturels de notre pays.

D'autres nous reprochent, ceux qui justement sont au pouvoir actuellement à l?échelle nationale et qui n'assument pas leur responsabilité, de ne pas faire un effort suffisant pour ces grandes institutions, et que le soutien de notre Ville n'ait pas évolué ces dernières années.

Vraisemblablement l'action municipale se situe entre ces deux positions bien tranchées. Le soutien de notre Municipalité à la culture, ces dernières années, est incontestable. Le budget de la culture a doublé. De nouveaux équipements ont été créés, et pas des moindres, je vous en épargnerai d?ailleurs la liste. Le soutien aux associations et aux acteurs du monde culturel a été puissant et sans faille. Que ce soit les grandes structures ou les grands événements d'un côté, ou les petites associations ayant des activités de proximité d'un autre côté, et surtout dans les quartiers les plus démunis, toutes et tous ont bénéficié d'un soutien important de notre Municipalité.

Pour répondre à ceux qui disent que la Municipalité ne fait pas assez, je dirai que la reconduite de cette subvention au Théâtre du Châtelet sans augmentation, signifie que nous poursuivons notre engagement à l'égard du travail réalisé. Mais il s'agit là aussi d'un signal qui est adressé à toutes les grandes institutions afin qu'elles prennent toute leur part dans l'effort d'économie et de responsabilité que la période actuelle nous impose.

A ceux qui craignent l'abandon des petites structures de proximité, il me semble que nous avons globalement reconduit depuis le début de cette mandature les aides nécessaires au bon déroulement de leur travail. Je n'ai pas l'impression que l'on nous reproche dans les quartiers un abandon de ces acteurs essentiels de la vie culturelle de notre Ville. Un effort est également demandé à toutes les structures.

Tout cela pour dire, en concluant, que les discours tendant à opposer les grands qui seraient incontournables, dans une logique de rayonnement de la ville, aux petits sans lesquels une culture de proximité pour les plus démunis ne pourrait se mettre en place, n'ont pas de sens à mon avis.

Notre Ville a besoin des uns et des autres, et j'estime que la part que nous consacrons dans le budget municipal à la culture, qui a doublé par ailleurs depuis 2001, est suffisamment importante et nous permet, même dans la phase actuelle, de satisfaire les besoins des grandes structures comme le Théâtre du Châtelet, et des petites structures associatives dans les quartiers, leur permettant de faire vivre la culture au quotidien à Paris et pour les Parisiens.

Je vous invite donc, chers collègues, à voter sans polémique cette subvention pour cette importante institution culturelle parisienne, qui est le Théâtre du Châtelet.

Je vous remercie.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Pour répondre aux trois intervenants, la parole est à Christophe GIRARD.

M. Christophe GIRARD, adjoint, au nom de la 9e Commission. - Merci beaucoup.

Je trouve que les propos de M. SANCHES RUIVO sont ceux d'un très bon adjoint à la Culture.

Pour répondre d'abord à Mme FOURNIER puis à Mme BERTRAND, depuis l'arrivée de Jean-Luc CHOPLIN en juillet 2006, le public s'est diversifié et démocratisé. Grâce à une programmation à la fois populaire et éclectique, plus de 300.000 visiteurs assistent chaque année à une des représentations proposées, permettant un renouvellement important des publics. En effet, 70 % de celui-ci assiste pour la première fois à une représentation. Ce sont 220 en 2008 contre moins de 200 en 2003.

Jean-Luc CHOPLIN, le directeur, propose une programmation exigeante et diversifiée. Le taux de fréquentation annuel est de 80 %.

Je souhaite, si vous me le permettez, d'insister sur le fait que le Théâtre du Châtelet a entrepris une importante action en faveur du jeune public. Je le fais d'autant plus volontiers que j'ai Bruno JULLIARD à mes côtés. Ainsi, il propose une école du spectateur à 46 classes de collégiens et de lycéens de l?Académie de Paris, et des ateliers pédagogiques. Plus de 14.000 jeunes Parisiens prennent part chaque année à ces actions de la maternelle à l'université, Monsieur BROSSAT.

Concernant le montant de la subvention, la subvention de fonctionnement de 2009 est identique à celle de 2008 : 17.746.000 euros, plus une subvention d?équipements de 300.000 euros pour le renouvellement du matériel technique du théâtre.

En cette période de difficulté - il y a un rapprochement Communiste et Verts -, en cette période de crise, le maintien de la subvention - et M.R.C. - au Théâtre du Châtelet, qui est la plus importante subvention de la Ville, n'est pas un effort anodin. Je pense que tous ceux qui ont le souci, en effet, de la bonne gestion des deniers publics peuvent en prendre la mesure. Ils témoignent de l'attachement du Maire de Paris, de nous-même, aux grandes institutions culturelles municipales.

En 2000, la subvention attribuée au Châtelet s?élevait à 15.500.000 euros. La subvention a donc augmenté en huit ans de plus de 2.600.000 euros, soit l?équivalent d?une hausse annuelle de plus de 300.000 euros, ce qui ne va pas rassurer évidemment Mme FOURNIER.

Mais, Madame FOURNIER, nous sommes capables à la fois de "sanctuariser", comme vous l'avez dit - c?est un mot que je n?utilise pas beaucoup car elle a une connotation un peu religieuse - un établissement culturel, c'est-à-dire de le protéger, de le maintenir, de l'embellir, de le faire grandir, de le soigner et de le caresser, mais cela ne nous empêche absolument pas d'être proches de la culture de proximité, comme l'on dit maintenant je n'aime pas beaucoup non plus cette expression - mais de lieux plus fragiles émergeant, qui font naître des talents inconnus et les talents de demain.

Pour répondre à Mme BERTRAND, le projet de salle immatérielle du spectacle, nous l'avons déjà testé avec l?ouverture des Trois-Baudets, puisque le soir de l'ouverture des Trois-Baudets, nous avons diffusé en direct un spectacle sur le site des Trois-Baudets, à l'occasion de la réouverture du célèbre cabaret dans le 18e arrondissement.

Pour retransmettre le concert, la Mairie de Paris s'est associée à SFR, afin de bénéficier d'une sécurité sur la qualité de la liaison Internet et à une start-up parisienne chargée de la réalisation et de la création du site, accessible à partir de l?adresse de la Mairie de Paris. Ainsi, des petits sujets ont été diffusés, et il est vrai que notre conviction est que tous ceux qui ne vont pas dans les théâtres, qui ne vont pas dans les salles de concert ou dans les musées, et qui accèdent aux ?uvres en direct sur Internet vont prendre, j?en suis certain, le goût de la salle elle-même pour voir le spectacle réel.

Donc, inversons les choses, prenons Internet à bras-lecorps, faisons-nous d'Internet un ami, puisque c'est la pratique aujourd'hui de toutes les jeunes générations, et faisons en sorte que ceux qui découvrent un spectacle du théâtre du Rond-Point, des Abbesses, du théâtre 14, du Montfort ou un spectacle du théâtre de la Ville ou du Châtelet, une fois qu'ils ont testé, flirté avec ce premier essai sur Internet, quittent leur écran, prennent le chemin du théâtre, le vrai théâtre, et viennent découvrir en effet le moment où le rideau s'ouvre et le vrai spectacle, près d?eux, proches d'eux, se produira.

Je crois que j'ai répondu au mieux aux trois interrogations et remarques, à la fois de M. SANCHES RUIVO, de Mme BERTRAND que je remercie pour son assiduité comme présidente de la Commission des affaires culturelles, et de Mme FOURNIER, avec qui, évidemment, notre débat ne fait que continuer, mais continuera à s'enrichir car je crois qu'elle a raison : il faut à la fois aider la plus grande création, la plus exigeante, mais il ne faut pas le faire au détriment de ce qui est fragile et émergeant.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci de ces précisions.

Applaudissons, bien sûr !

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 53.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2009, DAC 53).