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Septembre 2010
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Conseil Général
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2010, DASES 295 G - Signature d'une convention avec l'association "Allô Maltraitances des Personnes Agées à Paris - Alma-Paris" pour l'attribution d'une subvention pour le fonctionnement de la plateforme d'écoute au titre de 2010. Montant : 100.000 euros.

Débat/ Conseil général/ Septembre 2010


 

M. Christian SAUTTER, président. - Nous arrivons au dernier projet de délibération ayant donné lieu à inscriptions, le DASES 295 G. Il s'agit d'une convention avec l'association "Allô Maltraitance des Personnes Agées à Paris".

Il s'agit d'une subvention de 100.000 euros pour la plateforme d?écoute au titre de l'année 2010.

Mme Karen TAÏEB va présenter le v?u. Mme CAPELLE répondra et M. ALAYRAC donnera une explication de vote.

Madame TAÏEB, vous avez la parole.

Mme Karen TAÏEB. - Merci, Monsieur le Président.

Il s'agit d'un projet de délibération et pas d'un v?u.

M. Christian SAUTTER, président. - C'est effectivement un projet de délibération. Dont acte !

Mme Karen TAÏEB. - La maltraitance des personnes âgées est un sujet douloureux, révoltant et inacceptable pour une société digne de ce nom.

Je remercie toutes celles et tous ceux qui ont osé un jour révéler cette situation inavouable.

Violence physique, violence psychologique, violence médicamenteuse, violence financière, voilà ce qui existe et qui est révélé aux bénévoles de "Allô Maltraitance des Personnes Agées".

En France, c'est le Professeur HUGUONOT, médecin gériatre à Grenoble, qui a été le premier à médiatiser cette problématique et qui a créé en 1995 l'association "A.L.M.A.".

Le Département de Paris a signé en 2002 une convention avec cette association et l?antenne est opérationnelle depuis 2003.

Le projet de délibération qui nous est donc soumis aujourd'hui a pour objet d'attribuer une subvention de 100.000 euros à "A.L.M.A. Paris" pour l'année 2010.

L?écoute téléphonique "A.L.M.A." est assurée trois demi-journées par semaine mais, depuis 2008, il existe un numéro national d?écoute sur la maltraitance, le 39-77, qui travaille en étroite relation avec "A.L.M.A. Paris".

Il a ainsi été constaté que 70 % des appels concernaient une situation à domicile avec des maltraitances d'ordre psychologique, financière ou physique.

Etre à l'écoute des aînés, de leur souffrance, de leur mal-être et de leur maltraitance parfois permet de repérer, de diagnostiquer la violence subie.

Cela va de l?indélicatesse aux négligences, des traitements dégradants aux pressions financières, sans oublier les démarchages commerciaux abusifs contre lesquels nous nous devons d?être vigilants.

Cela va des violences verbales aux actes de maltraitance physique comme une mauvaise distribution de médicaments, un manque de soins, un enfermement voire un abandon dans un univers insalubre et glauque.

Lorsque je préside chaque mois la Commission A.P.A., il n'est pas rare que les équipes médicosociales nous fassent part d'états des lieux absolument insoutenables.

Lits dévastés par l?urine, encombrement des appartements par des poubelles entassées depuis des mois, odeurs de putréfaction et, dans ce cas, les premières maltraitances sont la solitude et l?isolement.

Cette même solitude qui fut l?une des causes du drame de l'été 2003, une date, qui sans doute a enfin fait prendre conscience de la fragilité des personnes âgées, d'autant plus vulnérables qu'elles sont seules chez elles.

Si la plupart des maisons de retraite parisiennes sont bien dotées, quitte à dépasser l'entendement, certaines résidences en France ont fait l'objet de reportages peu glorieux, lesquels nous ont fait prendre conscience de maltraitances intolérables, comme faire manger à vive allure, enfoncer la fourchette dans la bouche, ne pas changer les couches pendant de longues heures à ces aînés qui auraient justement besoin d'attentions particulières.

À l'hôpital, certains prônent avec raison le respect de l?intimité, comme frapper avant d?entrer dans la chambre, une certaine considération qui se manifesterait par l'explication des actes prodigués ou le repas du soir servi le soir, et non pas au goûter.

Prendre le temps de l'écoute et du dialogue afin de leur redonner un goût à vivre : nombre de malades âgés ont tendance à moins se laver, à se négliger à l'hôpital.

Mais le problème à l'hôpital, comme en maison de retraite d'ailleurs, vient souvent du manque de personnel. Or, avec la suppression massive des emplois prévue à l'A.P.-H.P., le personnel soignant aura encore moins de temps, et la qualité des soins va fatalement diminuer, quels que soient les services, et notre inquiétude est immense.

Dans les services de gériatrie, il sera difficile d?aboutir à cette "bientraitance" envers les personnes âgées vers laquelle nous aimerions tendre, un mot que l'on entend de plus en plus pour ces générations qui méritent surtout respect et attention et qui nous renvoient l'image de ce que nous serons tous ici un jour.

Merci.

(Applaudissements sur les bancs de la majorité).

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame TAÏEB.

Mme Liliane CAPELLE vous répond.

Mme Liliane CAPELLE, au nom de la 6e Commission. Je vais répondre sur un sujet évidemment difficile puisque beaucoup trop d'adultes vulnérables, comme les personnes âgées, mais je voudrais aussi ajouter les personnes en situation de handicap, sont encore victimes de maltraitances, qu'elles soient psychologiques, financières, physiques, ou qu'il s'agisse de négligences.

Depuis 1994, l'association "A.L.M.A., allô maltraitance personnes âgées", a pour vocation de prévenir et de lutter contre la maltraitance des personnes âgées et des personnes handicapées. Pour ce faire, "A.L.M.A." anime un réseau de conseil, d?écoute et de traitement des signalements de maltraitance en lien avec le numéro national d?écoute, le 39-77, comme vient de l'indiquer ma collègue Karen TAÏEB.

Chaque antenne départementale d?"A.L.M.A." regroupe trois types d'intervenants : les écoutants bénévoles, qui assurent le recueil des plaintes, les référents professionnels de l'action gérontologique, qui décident des suites à donner, et un comité technique de pilotage constitué par un panel de professionnels des secteurs sanitaire, social et juridique.

Depuis plusieurs années, la collectivité parisienne renforce ses actions d?information et de sensibilisation de la population pour prévenir la maltraitance et multiplie ses contrôles dans les E.H.P.A.D.

D'ailleurs, à ce sujet, vous savez que tous les ans, des prix de la bientraitance sont donnés. Je voulais juste rajouter, concernant les E.H.P.A.D. gérés par le Centre d'action sociale de la Ville de Paris, que le taux d'emploi au lit du malade est plus élevé que dans les établissements privés, même si cela est parfois encore insuffisant, mais que nous allons encore avoir besoin de nous mobiliser très fortement puisque l?A.R.S. nous demande de restituer des emplois. Il va donc falloir être très ferme sur les prix, si je puis dire.

Pour cela, la collectivité parisienne a donc décidé d'augmenter le temps d?écoute téléphonique, comme vous l'avez dit, de trois à cinq demi-journées par semaine, en accroissant ses moyens financiers qui progresseront de 86.600 euros en 2009 à 100.000 euros en 2010.

L'engagement de la collectivité parisienne est donc majeur au regard des moyens que l'État met à disposition des centres d?"AL.M.A." puisque pour Paris, l'État n'a versé que 3.000 euros pour l'année en cours sur? 100.000 euros.

Les mesures de la Secrétaire d'État chargée des aînées, présentées en décembre dernier, sont bien pâles au regard de notre investissement, puisque parmi celles-ci, un module spécifique sur la maltraitance dans chaque formation destinée aux accompagnants professionnels, ainsi que la mise en place avant chaque recrutement d'un processus d'aptitude psychologique, installation de courtes formations pour les aidants familiaux, mise en place par l'Agence nationale de l'évaluation des critères d'évaluation des E.H.P.A.D. et cotation de ceux-ci en fonction de critères structurels de maltraitance.

C'est un sujet extrêmement délicat, extrêmement douloureux, extrêmement sensible, et soyez assurés de notre attention complète à veiller à ce que les personnes âgées ou les personnes en situation de handicap soient bien traitées.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame CAPELLE, pour cette réponse très sensible et très complète.

Je donne la parole à M. Gilles ALAYRAC qui, j?espère, ne va pas en casser son fauteuil, pour une explication de vote.

M. Gilles ALAYRAC. - Merci, Monsieur le Président.

D'abord, l'intérêt que nous, élus parisiens devons à cette association "A.L.M.A. Paris", qui tient d'abord à la nécessité que nous avons d'avoir à Paris une structure répondant à un réel besoin. Or, elle est la seule aujourd'hui sur le marché, si je puis dire, pour répondre à des actes extrêmement graves pouvant aller de l'indélicatesse aux démarchages commerciaux abusifs, en passant bien sûr par les violences physiques.

En tant que Conseillers généraux, il y a donc là une nécessité d'accompagner les associations qui font ce travail.

Deuxième raison, quand on regarde les sources de financement de cette association - Mme CAPELLE l?a dit -, à plus de 90 %, c'est le Département de Paris, et je trouve qu'il n'est pas normal que nous ne trouvions pas de trace de financement de l?ACSE, du F.I.P.D. ou de la justice, par exemple. Il y a là une anomalie qui méritait, me semble-t-il, d'être dénoncée, ce que je tenais à faire.

Merci.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Monsieur ALAYRAC.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 295 G.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2010, DASES 295 G).

La séance est suspendue.