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Juin 2010
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Conseil Général
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2010, Vœu déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés relatif aux conditions d'accueil des lits de Soins de longue durée (SLD) sur le site de l'hôpital Rothschild.

Débat/ Conseil général/ Juin 2010


 

M. Christian SAUTTER, président - Nous arrivons à des v?ux qui ne se rapportent à aucun projet de délibération en commençant par le v?u référencé n° 4 G dans le fascicule relatif aux conditions d'accueil des lits de soin de longue durée sur le site de l'hôpital Rothschild, v?u déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés et défendu par Mme Liliane CAPELLE.

C?est M. Jean-Marie LE GUEN qui répondra.

Mme Liliane CAPELLE a la parole.

Mme Liliane CAPELLE. - Les plus anciens d?entre nous ont certainement en mémoire la longue histoire de la transformation de l'hôpital Rothschild. Nous avions déjà dit à l'époque mais n?avions pas été entendus que la suppression rapide des urgences poserait des problèmes, cela a été le cas ensuite, et nous avions un rapport, le rapport PELERIN, qui délimitait un projet d'hôpital de gérontologie qui aurait été peu ou prou mais l?équivalent en plus petit de ce qui se fait à Bretonneau, c'est-à-dire qu'il y avait une filière totale de soins gériatriques hospitalière.

Alors il y a deux accrocs assez forts dans ce qui nous est proposé là, alors que le nouveau Rothschild va ouvrir, c'est que 80 personnes très âgées et très dépendantes, d'unité de long séjour, doivent arriver de l'hôpital Fernand Vidal et doivent arriver sur le bâtiment ancien dit "Picpus", qui n'est absolument pas prêt pour les recevoir. Donc je me demande dans quelles conditions ils vont être reçus si c'est juste un coup de peinture qui sera mis. Par ailleurs, je rappelle justement que dans ce projet de support de filière de soins gériatriques hospitalière ces 80 lits étaient pérennes, je souhaite qu'ils soient pérennes.

Je terminerai, Monsieur le Président, en posant une autre petite question parce que je suis fort inquiète. Le nouveau Rothschild va ouvrir en septembre il y a 10 unités de prévues, 4 seront possibles en fonctionnement compte tenu des personnels qui y seront affectés. On est là dans une espèce de folie furieuse car un hôpital tout neuf qui ne peut pas se remplir, non pas faute de patients mais faute de personnels me semble une grande bêtise.

Je vous remercie.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame Liliane CAPELLE.

Comme je préside la commission de surveillance de l'hôpital Rothschild, je partage votre inquiétude sur l'ouverture du nouveau bâtiment.

M. Jean-Marie LE GUEN va essayer de nous rassurer.

M. Jean-Marie LE GUEN. - Je ne suis pas sûr d?être en état de le faire, Monsieur le Président. Je ne peux qu'approuver le v?u de notre collègue, Liliane CAPELLE, en insistant plus largement d'ailleurs sur la situation de l'hôpital de Rothschild.

Un mot tout de même sur les lits de S.L.D. Vous le savez, les lits de long séjour pour personnes âgées, pour l'essentiel ce sont des personnes âgées, ce qui n?est pas sans poser un certain nombre de problèmes éthiques et sociaux.

La tradition des hôpitaux de Paris au cours du XXe et du XIXe siècle a été d'écarter du Centre de la Capitale la prise en charge des personnes âgées parisiennes. C'est ainsi que la plupart des hôpitaux de S.L.D comme je le dirai maintenant sont situés à la très grande périphérie, dans la troisième couronne et parfois même en dehors de l'Ile-de-France, je pense notamment au département de l?Oise.

Ce n'est pas sans poser des problèmes, vous imaginez bien, pour l'isolement de ces personnes qui n'en ont déjà pas besoin, car en général ce sont des personnes très largement isolées, malades, vieillissantes et plutôt souvent en fin de vie.

Il y a donc un processus qui a été amorcé maintenant depuis un certain nombre d'années de rapatrier dans Paris intramuros un certain nombre de lits en direction des Parisiennes et des Parisiens. Au passage, je signale que nous n?échapperons pas à une véritable révolution dans la prise en charge des personnes âgées dépendantes dans des villes comme la nôtre.

Je pense que ce que nous faisons, quand je dis nous ce n'est pas spécialement la Ville ou le Département, encore que la Ville et le Département ont leur rôle à jouer, mais les pouvoirs publics en général, nous ne sommes pas à la hauteur des enjeux humains, médicaux, économiques du sujet. Nous sommes très pusillanimes les uns et les autres dans cette question.

Puisque lits de S.L.D il y a, il n?est pas anormal que ces lits de S.L.D soient pour partie rapatriés sur Paris, encore faut-il que nous ayons la capacité d?y faire des places.

L'hôpital Rothschild devait en partie servir à cela, puisque l'autre partie était des lits dits de S.S.R., en gros pour des malades qui sortent de l?hôpital et qui sont en phase de réadaptation, avec une vocation à revenir à domicile. Disons les choses : si la médecine fonctionnait bien et si les hôpitaux fonctionnaient bien, on aurait plutôt ce type de parcours que des parcours U.S.L.D. Donc, l'enjeu c'est à terme d'avoir de moins en moins d?U.S.L.D., de plus en plus de lits de S.S.R., de plus en plus de prises en charge à domicile.

Alors, une fois que j'ai dit cela, je constate avec vous que, d'une part?

Je suis un peu long mais le sujet peut-être méritait d'être abordé de cette façon.

M. Christian SAUTTER, président. - Il nous intéressera un jour !

M. Jean-Marie LE GUEN. - Maintenant, comme je vais aller directement à ma conclusion pour rejoindre ce que les uns et les autres ont dit, c'est-à-dire leur très grande inquiétude au regard des problèmes de personnel sur la montée en charge de l'hôpital Rothschild, qui est une sorte de joyau technique et technologique qui pourrait être tout à fait au service des Parisiens, qu'il y a un problème de rocade avec l?hôpital de Fernand Widal, assez légitime? Après, est-ce que ces lits ont vocation à y rester ou pas, à Fernand Widal ? C?est un autre sujet, mais à l'évidence, nous avons toutes les raison d'être particulièrement inquiets devant l'ouverture potentielle de l'hôpital Rothschild et il serait quand même tout à fait paradoxal que l'Assistance publique, ayant dépensé tout à fait légitimement un certain nombre de millions d'euros pour ouvrir une institution parfaitement adaptée au plan social, n'ait pas les moyens humains de recevoir les Parisiennes et les Parisiens qui devraient y être hospitalisés.

Merci.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Monsieur LE GUEN.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés assortie d'un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le voeu est adopté à l'unanimité. (2010, V. 27 G).