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Mars 1999
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Conseil Général
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6 - 1999, DAEE 10 G - Subvention à l'association " Accueil social, familial et orientation des sans-emploi du 16e " (16e). - Montant : 90.000 F

Débat/ Conseil général/ Mars 1999


M. CHÉRIOUX, président. - Nous passons au projet de délibération DAEE 10 G accordant une subvention à l'association " Accueil social, familial et orientation des sans-emploi du 16e ".
Mme BILLARD a la parole.
Mme Martine BILLARD, élue " Les Verts ". - Merci, Monsieur le Président.
J'ai fait une petite étude des subventions à cette association depuis 1996, et notamment des textes qui, à chaque fois, nous ont été remis.
Délibération du 24 juin 1996 : " Depuis sa création, l'association a reçu plus de 3.000 personnes ". " En 1995, cette action bénévole a permis le placement de 200 personnes environ ".
Délibération du 7 juillet 1997 : L'association reçoit " plus de 1.000 personnes par an. Parmi celles-ci, en 1996, 20 % ont trouvé un emploi ".
Cela ferait donc 200 personnes qui ont trouvé un emploi. Pour l'instant, c'est cohérent avec le texte précédent.
Délibération du 7 juillet 1998 : " En 1997, 2.200 personnes ont ainsi été reçues (soit 22 % de plus qu'en 1996) ". Bizarre, puisqu'en 1996 il était annoncé 1.000 personnes. Si les chiffres sont vrais, cela devrait faire plus du double de personnes reçues.
" Ainsi, les diverses actions proposées par l'association au cours de l'année 1997 ont permis à 45 % de demandeurs d'emplois d'avoir accès à une formation ou à un contrat de travail durable ou non ".
Puisque selon le texte 2.200 personnes ont été reçues, les 45 % représentent 990 personnes placées en 1997, dont 600 ont trouvé un emploi selon la suite du texte.
Or, que nous dit la délibération qui nous est présentée aujourd'hui : " Ainsi, depuis sa création, l'association a reçu plus de 3.000 personnes ".
C'est bizarre, puisque c'était déjà le cas en 1996. Cela laisserait supposer qu'elle n'ait reçu personne en trois ans ! A priori, c'est le contraire : " En 1998, l'association a reçu 1.613 personnes dont 570 nouveaux cas " Passons sur la terminologie utilisée pour identifier les chômeurs réduits à des " cas " !
Puisque l'an dernier on nous annonçait 2.200 personnes reçues, cela signifie que le nombre de personnes reçues a baissé de plus de 25 %. Pourtant, il nous est dit : " Le nombre de personnes accueillies à la permanence et suivies dans leur démarche professionnelle n'a cessé d'augmenter ". Qui croire ? Quel texte croire ?
" Cette action a permis de placer plus de 20 % de demandeurs d'emplois alors qu'ils n'étaient que 15 % l'année précédente ". 20 % ferait environ 330 personnes qui ont trouvé un emploi alors que l'an dernier 600 personnes sont censées avoir trouvé un emploi, soit 27 % des personnes accueillies. Encore une contradiction !
Je vous ai peut-être abreuvé de chiffres, mais je voulais démontrer les incohérences d'une année sur l'autre. Soit les chiffres sont fantaisistes et la réalité est autre, soit la réalité n'est pas vraiment ce qui est décrit dans les textes.
La question que je pose : pourquoi ce manque de sérieux ? Est-ce par négligence ou pour toute autre raison comme l'utilisation du " copier-coller " très pratique en informatique ?
L'association fonctionne effectivement avec des bénévoles, dans des locaux de la Mairie du 16e arrondissement. Mais, pour y être reçu, il faut montrer patte blanche puisque la première information demandée aux personnes qui s'y rendent c'est de montrer leur carte d'identité.
Bizarre : pourquoi des bénévoles d'une association chargée d'aider des chômeurs doivent-ils voir les cartes d'identité et en relever les données ?
Il faut aussi prouver qu'on habite le 16e arrondissement, car cette association est réservée aux chômeurs du 16e arrondissement.
Cette association obtient donc des locaux gratuits et entre 80 et 100.000 F de subvention annuelle, selon les années.
On ne peut que s'étonner de la sollicitude de la Ville de Paris pour cette association quand on voit le refus obstiné de la Ville de fournir des locaux à toutes les autres associations de chômeurs, et notamment à la Maison des chômeurs et précaires de Paris. Le 17 novembre 1997, à propos de ma demande pour cette dernière association, Mme CATALA me répondait :
" Le dossier concernant cette association est effectivement arrivé à la Direction de l'Activité économique et de l'Emploi. Il est en cours d'instruction. Elle connaîtra dans quelques semaines la réponse qui sera faite à cette demande de subvention ".
C'était il y a un an et demi ; j'attends toujours la réponse.
La Maison des chômeurs et précaires de Paris va être victime d'une expulsion dans les jours à venir.
Si les aides étaient proportionnelles au nombre de chômeurs, la Maison des chômeurs et précaires de Paris, en plus de locaux, devrait donc recevoir plus de 1.400.000 F de subvention. Je n'oserai pas vous demander autant, mais au moins réglez les problèmes de locaux de la Maison des chômeurs et précaires de Paris. Les chômeurs du 16e arrondissement ont droit aux locaux et aux subventions !
M. CHÉRIOUX, président. - La parole est à Mme CATALA.
Mme Nicole CATALA, vice-président, au nom de la 7e Commission. - Merci, Monsieur le Président.
Je constate que Mme BILLARD parle avec passion d'un sujet qui me paraît effectivement important : celui de l'accueil et l'accompagnement des demandeurs d'emploi dans une période souvent difficile, nous le savons bien, de leur existence.
L'association " Accueil social, familial et orientation des sans emploi du 16e " est une association qui est bien connue puisqu'elle fonctionne depuis plusieurs années à la satisfaction générale des habitants de l'arrondissement.
Je vous ferai parvenir un tableau plus précis des flux comparés des personnes qui rendent visite à cette association et des personnes qui, grâce à elle, accèdent à un emploi ou à une formation.
Il est possible qu'il y ait effectivement certains flottements dans les chiffres que vous évoquez. Je n'ai pas ici les moyens de vous donner les précisions nécessaires, mais en tout cas si la Ville estime nécessaire d'aider cette association, c'est que nous n'avons pas créé, dans le 16e arrondissement, et nous n'envisageons pas de le faire pour le moment, une Maison du développement économique et de l'emploi. Il est donc souhaitable, dans les arrondissements qui n'en sont pas pourvus, d'aider un peu plus les associations qui s'occupent de ce type de situation.
Pour ce qui est de la Maison des chômeurs et précaires de Paris, je ne sais pas où en est actuellement l'instruction du dossier, et je vous donnerai également là-dessus des informations plus précises aussi rapidement que possible.
M. CHÉRIOUX, président. - Je vous remercie.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAEE 10 G.
Que ceux qui sont favorables à son adoption veuillent bien le manifester en levant la main !
Epreuve contraire ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (1999, DAEE 10 G).