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Septembre 2002
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218 - VII - Questions du groupe socialiste et radical de gauche.QOC 2002-621 Question de M. Gilles ALAYRAC et des membres du groupe socialiste et radical de gauche à M. le Maire de Paris relative aux actions prises pour accentuer l'effort de prévention et d'information concernant les risques liés au virus du Sida et aux maladies sexuellement transmissibles

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2002


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - J'aborde maintenant les questions du groupe socialiste et apparentés et je donne la parole à M. ALAYRAC, question à laquelle il sera répondu par M. LHOSTIS.
M. Gilles ALAYRAC. - Je vous remercie, Monsieur le Maire.
Comment atteindre ceux qui refusent l'usage du préservatif ?
La Ville de Paris a accompli de réels et importants efforts en matière de prévention à travers les deux campagnes qui ont été menées en un an, l'une des deux étant d'ailleurs particulièrement forte.
Ces campagnes présentent, à mon sens, une vraie utilité. L'incitation à se protéger lors des rapports sexuels rappelle le risque qui est encouru et qui peut conduire à la maladie et parfois à la mort.
Mais je n'ose pas imaginer ce que serait la situation sanitaire si les campagnes d'information ne se faisaient plus.
Pour être objectif, il ne faut pas non plus se cacher que la situation au regard des M.S.T. est aujourd'hui réellement préoccupante. Le virus du V.I.H. ne recule pas, depuis deux ans on observe aussi à Paris une recrudescence affolante des cas de syphilis, de plus de 200 % nous dit-on. Cette maladie avait disparu depuis 1990 et il faut rappeler qu'elle est dangereuse et contagieuse. Les comportements dits "à risques", hélas, sont de plus en plus répandus, aussi bien dans les milieux homosexuels qu'hétérosexuels, surtout chez les jeunes gens.
Je crois, Monsieur le Maire, qu'il ne faut pas baisser les bras face à ce relâchement aux conséquences parfois dramatiques.
Je voudrais donc savoir comment la Ville de Paris perçoit ce phénomène des risques liés aux M.S.T. et si elle entend poursuivre l'effort d'information et de prévention qui, je le redis, est à mes yeux indispensable.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
Monsieur LHOSTIS, vous avez la parole.
M. Alain LHOSTIS. - Vous avez tout à fait raison, c'est un grave problème que celui de la recrudescence des maladies sexuellement transmissibles en France et tout particulièrement dans la Capitale.
Vous l'avez également souligné, il s'agit plus particulièrement d'une recrudescence de la syphilis, de la gonococcie, mais aussi d'une persistance et d'une continuation de la progression de l'infection par le V.I.H.
La collaboration avec le Ministère de la Santé et les associations de prévention concernées, que nous finançons, et l'action des propres structures de la Ville et du Département nous permettent de suivre, j'allais dire presque au jour le jour, mais c'est plutôt en l'occurrence au trimestre, l'épidémiologie des maladies sexuellement transmissibles et du Sida à Paris.
Il faut toutefois souligner que ces données sont incomplètes étant donné l'absence de transmission d'une grande partie des déclarations, pourtant obligatoire à partir de décembre 1998, par les DASS, de la sous-déclaration (environ 10 à 20 %) et des délais de transmission de ces déclarations obligatoires (parfois plus d'un an).
Ceci étant, nous constatons cette augmentation exponentielle que vous avez rappelée. En effet, surtout pour la syphilis, les chiffres sont fidèles et exploitables puisque, avec la gonococcie, ce sont deux maladies sexuellement transmissibles qui sont soumises à réglementation et qu'une loi, qui date de 1942 - je n'insisterai pas sur la période... - fait qu'aujourd'hui elles continuent à faire l'objet de déclarations obligatoires.
C'est ce qui nous a permis, avec ce système d'alerte, de constater la recrudescence de la syphilis.
Donc, le Département a mis en place depuis le 15 mai jusqu'à la fin septembre, en collaboration avec la Direction générale de la Santé, la DASS de Paris et l'Institut national de veille sanitaire, une grande campagne anonyme et gratuite d'information, de prévention, de dépistage et de traitement de cette maladie. Son évaluation est en cours et, en fonction de cette évaluation, je pourrai être amené à vous proposer de poursuivre cette action plus particulièrement ciblée.
Dans les centres de la Ville on distribue la documentation, également des préservatifs et, évidemment, ces centres participent aux études épidémiologiques indispensables pour permettre le suivi de l'évolution de ces maladies et de leur prégnance.
D'autre part, je rappelle que la Ville dispose de deux structures originales : une Equipe mobile d'information et de prévention santé, l'E.M.I.P.S., et le Bus Infos Santé. Evidemment, ce sont des équipes qui, justement par leur mobilité, permettent de faire de la prévention et de s'adresser à des publics qui ont ces pratiques dites à risques, qui sont à l'origine de la recrudescence de ces maladies sexuellement transmissibles et de l'infection au V.I.H.
A l'initiative de la Mairie de Paris, un effort tout particulier a été engagé pour améliorer les dispositifs de prévention :
- d'une part, l'augmentation des subventions aux associations qui luttent en particulier contre le Sida - en deux ans les subventions ont augmenté de près de 40 %. Nous sommes partis de 250.000 préservatifs distribués pour arriver à 300.000 en 2002, dont 10 % de préservatifs féminins, et (évidemment, cela vous sera soumis) nous devrions passer à 500.000 en 2003 ;
- d'autre part, l'intensification des campagnes de prévention. Il est bien évident que ces campagnes de prévention, dans notre esprit, sont des campagnes permanentes et, d'ici la fin de l'année, une nouvelle campagne s'appuyant sur l'efficacité de celles qui se sont déjà déroulées va être introduite dans les différents médias.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.