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Septembre 2002
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Conseil Municipal
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3 - Hommage aux sapeurs-pompiers décédés

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2002


M. LE MAIRE DE PARIS. - Mes chers collègues, c'est un drame atroce qui, dans la soirée du 14 septembre, à Neuilly, a emporté 5 jeunes pompiers de la caserne Champerret.
(Les Conseillers se lèvent).
Aujourd'hui, nous nous faisons l'interprète de l'émotion profonde qu'éprouvent les Parisiennes et les Parisiens.
Chacun retiendra que Thomas GABREAU, Mathieu IRIGOIN, Romuald MOTTIN, Gwenaël PILORGE et Benoît LARMINIER sont restés fidèles jusqu'à l'ultime à la devise des sapeurs-pompiers de Paris : "Sauver ou périr".
Cette tragédie nous bouleverse.
Au nom du Conseil de Paris, je veux exprimer notre douleur, notre solidarité et saluer avec un profond respect la mémoire de ces soldats du feu qui avaient fait le choix de consacrer leur vie à sauver celle des autres.
Nos pensées se tournent vers leurs familles et vers leurs proches, dont nous partageons le sentiment d'injustice face à la brutalité de cette issue.
Beaucoup, et j'en fais partie, ont salué l'héroïsme de ces jeunes gens victimes de leur devoir.
Mais cette bravoure se vérifie lors de chaque intervention, de chaque déplacement. Or, cette coexistence de tous les instants avec le danger ne remet jamais en cause leur engagement et leur générosité.
C'est sans doute ce qui donne à leur rôle sa dimension exceptionnellement estimable.
Je veux donc, en notre nom à toutes et à tous, rendre également un hommage chaleureux à la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris, qui paie un tribut particulièrement lourd à la mission essentielle qu'elle assume au quotidien avec courage, abnégation, efficacité.
Peut-on mesurer le choc et même la souffrance qu'éprouvent tous les membres de cette Brigade, une douleur sourde et digne, qu'aucun mot ne peut traduire, qu'aucun soutien ne peut apaiser ?
Leurs amis, leurs frères fauchés en pleine jeunesse laissent un vide insupportable qui inspire la tristesse et le recueillement.
Mais chez ces hommes d'exception, l'émotion légitime n'affaiblit jamais l'action.
Dans les heures qui ont suivi l'annonce de cette tragédie, nous avons pensé à tous leurs collègues meurtris mais néanmoins présents tout de suite sur le terrain pour sauver d'autres vies, prévenir d'autres drames.
Cette épreuve doit rendre plus solide et plus fort encore le lien qui unit depuis toujours la Ville de Paris et la Brigade des sapeurs-pompiers. C'est donc aussi un message de sincère gratitude et de profonde amitié que nous adressons aujourd'hui au nom de Paris à la Brigade de sapeurs-pompiers.
(L'Assemblée, debout, observe une minute de silence).
Je vais donner la parole quelques instants à M. le Préfet de police.
M. LE PRÉFET DE POLICE. - Monsieur le Maire, Mesdames, Messieurs les Conseillers, je tiens en mon nom personnel et au nom du Général de BARNEAUX, commandant la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris, à vous remercier pour l'hommage solennel que vous venez de rendre aux 5 sapeurs-pompiers, morts au feu, le samedi 14 septembre.
Cet hommage est l'illustration de l'attachement et de la reconnaissance de votre Conseil, et à travers lui, de toutes les Parisiennes et tous les Parisiens à leurs sapeurs-pompiers.
Sachez, Monsieur le Maire, que les 7.500 sapeurs-pompiers de la Brigade ont été sensible dans leur épreuve à une présence chaleureuse qui n'est manifestée au quotidien, et notamment lors de la remise par vous-même de la médaille de vermeil de la Ville de Paris, aux 5 victimes de cet incendie, ainsi que par les milliers de gestes de sympathie manifestés par la population.
Que toute cette sympathie, cette reconnaissance et cette compassion entourent les familles de ces 5 jeunes hommes, victimes de leur devoir.
Comme l'a rappelé le Président de la République lors de l'hommage solennel rendu dans la cour d'honneur des Invalides : que ce sacrifice et toutes ces souffrances ne soient pas vains et qu'ils servent de modèle à tous ceux, nombreux parmi les jeunes, qui veulent servir.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur le Préfet.
Je vais vous proposer, mes chers collègues, après ces deux moments d'hommage et d'émotion intense, que nous suspendions notre séance quelques instants, avant de passer à notre ordre du jour.
Je veux saluer encore avec beaucoup d'affection Cécile Rol-Tanguy, ses enfants, ses petits-enfants, les compagnons de Rol-Tanguy. Les circonstances du calendrier font que c'est aussi au nom de valeurs, et de valeurs qui font l'identité de Paris, que je veux adresser au Colonel de GOURBIS, Commandant en second de la Brigade de sapeurs-pompiers, et ceux qui l'accompagnent ce matin, au nom de tous les sapeurs-pompiers, notre témoignage d'affection.
Chers collègues, nous allons interrompre pendant quelques instants nos travaux.