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Septembre 2002
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Conseil Municipal
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26 - IX - Question d'actualité de Mme Françoise de PANAFIEU et de M. Philippe GOUJON à M. le Maire de Paris concernant les cinq sapeurs-pompiers décédés

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2002


M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons à la question de Mme de PANAFIEU et de M. Philippe GOUJON concernant les cinq sapeurs-pompiers décédés.
La parole est à Mme de PANAFIEU.
Mme Françoise de PANAFIEU. - Merci, Monsieur le Maire.
Ce matin vous vous êtes adressé aux sapeurs-pompiers de Paris en votre qualité de Maire de notre Capitale et au nom de tous les membres de notre Assemblée municipale. Vous avez dit à ces sapeurs-pompiers présents dans les tribunes notre gratitude, notre émotion, notre admiration, nos remerciements. Ces sentiments que vous avez ressentis visiblement fortement, tous les Parisiens les ont aussi ressentis et au-delà de nous, tous les Français. Ces sentiments ont été dits aussi lorsque le Président de la République, et vous étiez présent, a rendu hommage dans la cour des Invalides à ces sapeurs-pompiers, le 18 septembre dernier, à ces soldats du feu, à ces soldats de la vie, comme il les a appelés et aujourd'hui, donc, une fois encore nous nous inclinons tous par delà nos appartenances politiques comme vous l'avez fait ce matin, Monsieur le Maire.
Je voudrais poser deux questions ou plutôt je préférerais faire deux suggestions au nom de Philippe GOUJON et de moi-même mais, au-delà, au nom de tout notre groupe R.P.R et probablement au nom de toute notre Assemblée.
Dès les premières heures du matin du 15 septembre, de nombreux habitants du 17e arrondissement sont venus rendre hommage au pied du monument aux morts de la caserne Champerret, dont dépendaient ces cinq très jeunes hommes. Ces habitants ont été ensuite relayés toute la journée par des hommes, par des femmes, par des enfants qui sont venus de tous les quartiers de notre Ville et de tous les horizons.
Notre caserne Champerret regroupe l'état-major de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris et un centre de secours. Ce sont au total, vous le savez, 600 sapeurs-pompiers qui exercent leur vocation, grâce à leurs compétences, leur savoir-faire, leur professionnalisme. Cette caserne est devenue une sorte d'université de la protection civile dans le monde ; elle forme aussi des soldats du feu du monde entier.
Ses bâtiments, modèle du nouvel urbanisme des années 30, n'ont pas été ravalés depuis plus de 30 ans. Ceci peut paraître accessoire compte tenu du drame que nous venons de vivre.
Ne croyez-vous pas toutefois que notre Municipalité pourrait réparer cet oubli en les inscrivant en priorité et en procédant à leur illumination de matière pérenne comme nous pouvons le faire pour certains autres de nos bâtiments ? Celui-ci est significatif et symbolique à tant de titres.
Et puis, Monsieur le Maire, c'est la deuxième suggestion, elle concerne la caserne des sapeurs-pompiers du 15e. En effet, vous le savez, jusque dans les années 40-45, il y avait juste aux abords de cette caserne dans le square Violet, 2 sculptures qui ont été fondues lors de la dernière guerre. L'une d'entre elles qui s'appelait "Sauvée" était due à Hector Lemaire, datée de 1888, et rendait hommage, c'était même la seule sculpture à Paris de cette nature, au corps des sapeurs-pompiers. Vous vous souvenez aussi, qu'à l'initiative de Philippe GOUJON, de René GALY-DEJEAN, le Maire, et de Claire de CLERMONT-TONNERRE qui posait la question, nous avions tous adopté à l'unanimité le voeu que cette sculpture retrouve sa place d'une manière ou d'une autre sur le socle dans le 15e, square Violet. Est-ce que vous ne croyez pas qu'il serait aussi bien de rendre ainsi hommage, un hommage justifié à ces femmes et à ces hommes et au-delà de l'aspect strictement patrimonial, de rappeler que ces casernes abritent des héros, ce que le 14 septembre nous a rappelé encore de manière tragique.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour la République et apparentés", "Démocratie libérale et Indépendants", "Ensemble pour Paris" et Union pour la démocratie française).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame.
Je vais donner moi-même un certain nombre d'éléments ; au préalable Mme CHRISTIENNE va vous répondre au moins sur une partie de votre question ; elle nous avait été annoncée simplement sur une partie.
Mme Odette CHRISTIENNE, adjointe. - Sur les aspects concernant la mémoire, vous faites état d'un v?u qui sera suivi ; il est à l'étude, il y a une commission ad hoc ; je parle bien de la statue dite "sauvée". Cela suit son cours, je tiens à le dire.
En ce qui concerne l'hommage aux pompiers, nous avons entendu l'hommage de M. le Maire ce matin et nous reprenons tous la totalité de son contenu. L'on ne peut bien entendu qu'être d'accord sur le principe d'une initiative qui vise à pérenniser la mémoire des pompiers. Nous pouvons penser à une plaque commémorative sur les lieux du drame mais sans doute faut-il réfléchir à d'autres réponses possibles. Personnellement, j'accueillerai toutes les suggestions dont il sera débattu ultérieurement dans une commission ad hoc.
M. LE MAIRE DE PARIS. - D'abord en ce qui concerne la statue qui était square Violet, je demande qu'on me fasse des propositions dans un délai raisonnable, de manière à pouvoir remettre cette statue et donc Odette CHRISTIENNE, c'est à vous assez rapidement de me faire une proposition qui sera débattue avec les élus du 15e toujours en consultation avec le Général DEBARNOTet le Colonel DECOURTIS, c'est-à-dire les dirigeants de la Brigade.
J'ajoute une deuxième idée dans le droit fil de ce que suggère Mme de PANAFIEU, c'est qu'au-delà de cette statue dans le 15e arrondissement, je pense qu'il faudrait à Paris un lieu de visibilité de notre hommage à la Brigade de sapeurs-pompiers. Car au-delà de la mort de ces cinq jeunes gens - il y a le monument aux morts à la caserne Champerret, il y a un certain nombre de choses qui montrent notre gratitude vis-à-vis des morts - je me demande, en nous y mettant tous et en en parlant à l'état-major de la Brigade de sapeurs-pompiers, s'il n'y aurait pas un monument de Paris qui exprimerait l'hommage, la reconnaissance pour le temps présent, pas seulement pour le temps passé, à la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris.
Ce serait une nouvelle manière d'exprimer un lien dans la cité qui ne parle pas que des morts, mais qui parle de la vie, du quotidien et du courage de ce corps d'élite.
En ce qui concerne le dernier point que vous avez évoqué, la caserne Champerret, vous savez sans doute, Madame de PANAFIEU, que, depuis le budget de l'année dernière, l'équipe municipale a décidé de se lancer dans le plan de modernisation de la Brigade de sapeurs-pompiers et a entraîné l'Etat à venir avec nous depuis un an sur des efforts financiers considérables. Je crois que dans le premier budget c'est 120 millions de francs que nous avons ajoutés pour la Brigade de sapeurs-pompiers - il était temps ! - sur le plan de l'immobilier, des effectifs et même des moyens techniques.
Bien entendu, je vous dis à l'avance qu'avec le Préfet de police nous discutons du budget 2003. Il n'est pas question que le budget soit en dessous des engagements que nous avons pris au début de ce mandat pour la Brigade de sapeurs-pompiers. C'est extrêmement clair, avec ou sans drame du 14 septembre, la Ville de Paris honorera les engagements qu'elle a pris depuis un an pour la Brigade avec des sommes importantes.
Dans ce cadre-là ou dans un cadre différent, c'est à Christophe CARESCHE de me le dire, en matière d'efforts particuliers pour la caserne Champerret, je suis prêt à tout examiner.
C'est vrai que symboliquement vous avez raison, vous connaissez bien, Madame de PANAFIEU, puisque c'est dans le 17e, c'est le c?ur de la Brigade et c'est là qu'un certain nombre d'activités très haut de gamme et en même temps très symboliques de la Brigade se déroulent.
Donc j'entends votre proposition avec vraiment beaucoup d'esprit constructif étant entendu que je souhaite que la priorité que nous avons donnée à la modernisation de la Brigade depuis l'année dernière soit bien notre réponse à ce que nous recevons d'héroïque de la Brigade de sapeurs-pompiers.
Notre premier devoir est de mener à terme ce plan de modernisation sur cinq ans, mais il n'est pas interdit de rajouter, à partir notamment des idées que vous avez exprimées, et je vous remercie beaucoup tous les deux de la question que vous avez posée.
Monsieur GOUJON, vous voulez rajouter un mot ?
M. Philippe GOUJON. - Juste trente secondes, Monsieur le Maire.
Comme il est possible dans notre règlement de reprendre la parole et que nous avons posé la question, Françoise de PANAFIEU et moi, de façon conjointe, ainsi que le groupe auquel nous appartenons, pour dire que, bien sûr, le plan de modernisation qui est en ?uvre depuis l'année dernière fait suite à cet effort inlassable de modernisation et d'accroissement des moyens de la Brigade depuis de très longues années, et notamment depuis le plan de rénovation des bâtiments de la Brigade engagé dans les années 1990 et aussi l'effort très important qui a consisté à professionnaliser la Brigade et à mensualiser les soldes forfaitaires.
Quand, en l'an 2000, le Général de la Brigade nous a présenté son nouveau plan de modernisation qui faisait suite au précédent, c'est tout naturellement que déjà nous avions accepté le principe de ce plan qui est tout à fait positif et mis en ?uvre aujourd'hui.
Je voulais également, puisque vous recherchez un monument pour célébrer à nouveau les vertus de la Brigade, vous dire qu'il avait été envisagé, sous la mandature précédente, je ne sais pas si c'est encore possible, d'après les contacts qui avaient été pris entre le Maire de Paris et le Préfet de police, de réaliser un musée de la Brigade de sapeurs-pompiers rue d'Aubervilliers dans les anciens entrepôts des Pompes funèbres.
D'autres projets ont été envisagés. Je ne sais pas où ils en sont, mais une partie de ces entrepôts pouvait être réservée pour ce musée de la Brigade, qui aurait pu d'ailleurs constituer un musée commun à la Brigade de sapeurs-pompiers et à la Préfecture de police.
M. LE MAIRE DE PARIS. - En ce qui concerne le 104, c'est un peu tard, mais il y a quelques jours, nous en parlions le Général DEBARNOT, Christophe CARESCHE et moi, nous avions l'intention d'en parler avec le maire du 13e car il y a aussi des opportunités dans le 13e arrondissement.
En tout cas, c'est vrai l'Exécutif municipal souhaite réaliser ce musée. Il faut qu'on y travaille dans le cadre de ce que nous évoquions avec le Général DEBARNOT, sous réserve de notre échange de créativité commune avec M. le Maire du 13e arrondissement.
S'il y a d'autres idées, c'est le moment de les apporter.
Chers collègues, nous avons terminé les questions d'actualité.
La séance du Conseil municipal est suspendue.