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Septembre 2002
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7 - 2002, SG 47 - Communication de M. le Maire de Paris sur le bilan des activités proposées à Paris durant l'été 2002

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2002


M. LE MAIRE DE PARIS. - Mes chers collègues, nous passons maintenant au premier point de l'ordre du jour prévu, c'est-à-dire le bilan des activités proposées à Paris cet été.
Vous ayant adressé un document assez long, je vais être extrêmement bref. En fait, je crois qu'il est opportun, après quelques mois d'initiatives municipales importantes, de faire le bilan immédiatement d'une manière lucide, critique, pour rassembler nos points de vue, nos analyses et nos suggestions, et préparer en amont les initiatives de l'été 2003.
Je voudrais simplement vous dire, dans ces quelques mots d'introduction, que l'essentiel de nos initiatives de l'été dernier était dédié aux Parisiens qui sont le plus en difficulté. Ce n'est pas toujours ce que les médias montrent le plus, mais peu importe. Il s'agit pour nous, élus municipaux, de savoir si l'essentiel de notre effort va bien à ceux qui en ont le plus besoin : c'est le cas notamment de l'aide alimentaire exceptionnelle que nous avons mis en place pour les plus démunis, puisque nous savons tous qu'au mois d'août beaucoup d'associations ferment et qu'un certain nombre de services d'aide aux exclus sont en service réduit. Il s'agissait donc d'augmenter les moyens mis à la disposition des exclus l'été de manière à ce que cette période ne soit pas pour eux une période de désengagement.
Je me suis rendu moi-même avec Mylène STAMBOULI là où les services de la Ville, justement, amélioraient leur offre, non seulement quantitative mais qualitative puisque nous avons développé la distribution de produits frais de meilleure qualité.
J'ajoute que beaucoup d'initiatives qui ont été prises par la Ville, dans le domaine culturel - je pense par exemple à ce que nous faisons avec le Forum des images, Cinéma au clair de lune - ont eu un très grand succès et ont là aussi bénéficié à tous ceux qui ne quittent pas Paris l'été. N'oubliez pas qu'il y a quand même des centaines de milliers de Parisiens qui ne prennent pas de vacances (j'ai beaucoup de témoignages dans le nombre de courriers que je reçois) je pense aux seniors qui restent l'été à Paris ou à ceux qui pour des raisons financières ou simplement parce qu'ils s'absentent de Paris à d'autres moments, passent leur été dans la Capitale. Ce sont d'abord eux qui ont profité de nos initiatives.
J'ajoute aussi, Monsieur le Préfet de police, que nous sommes particulièrement heureux d'avoir accru l'effort de la Ville dans l'opération "Ville-Vie-Vacances", qui consiste à aider à la réinsertion et à offrir une chance à un certain nombre de jeunes de s'occuper pendant les vacances et de s'occuper en ayant une autre vision de la vie en commun.
Les résultats de cette opération me paraissent être suffisamment encourageants pour que nous continuions à la développer.
Enfin, je dirai un mot de "Paris-plage" : au-delà du bruit médiatique, au-delà du plaisir partagé - après tout il n'y a pas du tout de raison de s'en plaindre -, au-delà même de l'impact de l'opération de communication qui n'a pas coûté grand-chose et qui a permis à Paris d'avoir une visibilité internationale assez considérable. Ce qui tend à démontrer qu'en ce qui concerne l'efficacité des investissements en matière de communication ; il vaut mieux concevoir de bons produits dont on parle sans avoir à faire de publicité que dépenser beaucoup d'argent pour faire de la publicité. Je voudrais revenir sur ce que nous tirons de cette opération et sur les moyens de l'améliorer l'an prochain.
Il est vrai que les résultats, en matière de visibilité d'image de Paris, sont bons, mais ce n'est pas cela qui m'importait le plus au départ. Au départ, il s'agissait, tirant les leçons de l'expérience de l'an dernier qui n'avait pas été si négative que cela - 66 % des Parisiens en 2001 avaient été plutôt contents que l'on ferme les berges de la Seine -, de faire de ces voies un lieu plus séduisant, plus convivial et plus animé, avec des activités diverses. Nous avons ainsi permis à des Parisiens et à des habitants de banlieue, qui ne partent pas en vacances, de profiter largement de ces quatre semaines sur les bords de la Seine.
Deuxièmement, et je ne m'en plains pas, des Parisiens les plus divers socialement, culturellement, générationnellement ont eu plaisir à se rencontrer, à se retrouver dans un lieu assez exceptionnel. J'ai le souvenir, m'étant promené un jour, de personnes assises dans des chaises longues sous les arbres regardant l'île Saint-Louis et me disant : mais c'est magnifique ! Et puis ajoutant tout aussitôt : mais c'est à nous.
Ce sont des réactions qui me paraissent sympathiques et qui doivent nous inspirer pour la suite des événements. De la même manière, je ne résiste pas au plaisir de vous faire part d'une remarque que m'a faite une dame âgée qui m'écrit et qui me dit : Je n'ai pas voté pour vous. Il se passe des choses à Paris et je ne sais pas encore ce que je pense de tout cela, mais "Paris-plage" était formidable pour une personne âgée comme moi. J'ai pu sourire et être avec d'autres.
Elle ajoute : Il y a une critique que je n'aime pas beaucoup, c'est sur le coût de l'opération. Cette dame me dit : Après tout, c'est notre argent à nous les contribuables. Est-il possible d'utiliser l'argent des contribuables pour nous faire plaisir ? J'ai trouvé cela plein de bon sens, c'est pour cela que je vous le répète.
J'ajoute, mais n'y voyez aucun caractère polémique...
(Mouvements divers dans l'hémicycle).
... que quand je m'aperçois, travaillant sur le budget actuel de 2003, que le coût de cette opération est encore très inférieur aux économies que nous allons décider sur le fonctionnement de l'Hôtel de Ville, sur le train de vie de l'Hôtel de Ville, qui seront reconduites, voire amplifiées en 2003, je préfère que cet argent soit utilisé pour faire plaisir à 2.300.000 personnes parmi lesquelles beaucoup de Parisiens, d'habitants de banlieue et de touristes. Pour l'an prochain, nous devons améliorer la qualité de l'offre. Car si les 20 terrains de boules n'ont pas désempli, si le terrain de beach volley a eu aussi un certain succès, je crois que nous pouvons renforcer l'offre sportive et culturelle et améliorer aussi la qualité de l'espace proposé aux Parisiens.
En revanche, j'ai vu que tel ou tel, pardonnez-moi j'improvise mon intervention, commençait à me dire : peut-être que l'an prochain il ne faudra pas rouvrir pour le Tour de France. Ne rêvez pas. L'an prochain c'est le centenaire du Tour de France. Je doute, et nous y travaillerons avec le Préfet de police en amont, que nous ne soyons pas contraints, une nouvelle fois, de rouvrir pendant 24 heures les voies sur berges. Il va falloir faire preuve d'imagination pour que tous nos équipements permettent aussi que ce grand événement puisse s'organiser à Paris dans l'ordre. Sur "Paris-plage", donc prendre ces succès et corriger pour faire en sorte que l'édition 2003 donne encore plus de satisfaction.
Quant à la réflexion entamée et sur laquelle Denis BAUPIN s'est exprimé, de la destination, à terme, des voies sur berge, c'est une réflexion légitime. Je pense que M. le Préfet de police a raison de nous dire qu'à très court terme, la fermeture totale des voies sur berge n'est pas à l'ordre du jour.
Mais que nous nous en préoccupions et que ce soit un objectif, en tout cas que, moi, je propose à l'ensemble des élus de travailler et de réfléchir au cadre d'une réduction de la circulation à Paris de manière à essayer de rendre dans quelques années, je ne dis pas combien, cet espace aux Parisiens 12 mois par an, c'est une perspective intéressante. Encore faut-il que nous sachions tous, où que nous soyons, qu'il nous reste beaucoup de travail à réaliser pour que cela devienne une réalité.
Travaillons et nous verrons si c'est dans cinq ans, 10 ans ou dans 7 ans.
Il y a eu des retombées utiles en matière de tourisme. Ce n'est pas l'adjoint au Tourisme qui me contredira, beaucoup d'initiatives et de guides, pour l'été 2003, vont intégrer "Paris-plage".
Je tiens à féliciter ce qui a été fait en matière d'ambassadeurs du tourisme. Paris reste la première destination touristique, même si c'est une position qu'elle doit conquérir chaque fois. Disons les choses franchement, parfois les Parisiens ne sont pas toujours aimables et ne s'adaptent pas suffisamment aux étrangers. Cette expérience des ambassadeurs du tourisme a eu des effets très positifs dont j'ai déjà des retours par l'étranger. Cette excellente initiative sera développée car elle sert l'image de Paris et vous savez qu'en termes de retombées économiques, ça ne peut être que positif pour la Ville.
Je conclus en vous invitant, mes chers collègues, à ce que l'on aborde donc cette question tranquillement, de manière critique. Je ne propose pas un débat d'auto satisfaction, mais plutôt un débat lucide où l'on dit que l'on aurait pu faire mieux, pour justement tenter de faire beaucoup mieux en 2003 que nous ne l'avons fait en 2002.
C'est le moment de l'élaborer à froid. Etant entendu que, dans les mois qui viennent, avec plusieurs adjoints, j'ai l'intention de mener un travail sur l'été 2003 et je suis très disposé non seulement aujourd'hui mais aussi dans les semaines qui viennent à recevoir des suggestions sur ce que nous programmerons pour l'été 2003.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement des citoyens et "Les Verts").
Je donne maintenant la parole à M. SARRE.
M. Georges SARRE, président du groupe du Mouvement des citoyens, maire du 11e arrondissement. - Monsieur le Maire, chers collègues, les activités proposées par la Ville cet été, comme vous venez de le dire, se divisent en deux catégories. La première concerne les animations destinées aux touristes et aux Parisiens qui ne sont pas en congés. La seconde s'adresse à ceux qu'une difficulté sociale ou matérielle prive de vacances.
Je commencerai par cette dernière. Les jeunes Parisiens, qui ne peuvent pas partir, ont à leur disposition une offre large d'activité qui contribue à la prévention de la délinquance. La palette des séjours et des activités sportives est satisfaisante. Monsieur le Maire, le dispositif "Ville/Vie/Vacances" mérite d'être amélioré. L'effort de la Ville en 2002 est absolument incontestable. Je m'étonne par contre de constater un recul de l'engagement de l'Etat. Je pense en particulier à la difficulté rencontrée pour trouver auprès de la R.A.T.P. les moyens de transport nécessaires pour accompagner les jeunes sur les bases de loisirs. J'ajoute que la disparition des emplois-jeunes va réduire la capacité d'action de nombreuses associations de prévention de la délinquance, ce qui va à l'encontre des priorités affichées de l'action gouvernementale.
La Ville, de son côté, a un effort de communication à faire sur les activités proposées aux jeunes et notamment à ceux des quartiers sensibles. Disons-le, elle est quasi inexistante.
L'action de la Ville en faveur des adultes démunis a été maintenue. Je regrette la fermeture de nombreux bains-douches municipaux du fait de l'absence de personnel pour en assurer le fonctionnement. C'est pourtant un service public municipal qu'il faut maintenir ouvert l'été comme l'hiver. Enfin les activités proposées aux seniors par le Centre d'action sociale de la Ville remportent un succès mérité et je m'en réjouis. Pour améliorer les conditions d'accès des Parisiens aux activités ou services qui leur sont offerts, il faut améliorer la visibilité de l'ensemble. Il faut aller vers une simplification, et peut-être, Monsieur le Maire, confier à une direction administrative unique la coordination des moyens disponibles.
J'en viens maintenant à ces initiatives, qui font de Paris une ville agréable et vivante pendant l'été et particulièrement à "Paris-plage". Son succès est incontestable. Dans la dure compétition entre capitales européennes pour gagner des parts de marché touristiques, Paris a marqué des points d'autant plus essentiels que l'activité touristique a pâti des changements de comportement nés de l'après 11 septembre 2001. J'ai entendu, ici ou là, des propos pour regretter le coût de l'opération, 1.500.000 euros.
Le retour sur investissement est bien supérieur. Les Parisiens comme les touristes, sont satisfaits. C'est l'essentiel. Je ne ferai qu'une seule remarque sur les animations pour enfants de "Paris-plage". La plupart n'étaient faites que pour des enfants de 6 ans et plus. L'été prochain, il faudra satisfaire aussi les plus petits. La Municipalité a su tirer les leçons des difficultés rencontrées l'an passé et la fermeture a été décalée d'une semaine. Surtout un contenu et une mise en valeur originale expliquent le succès de cet événement. Une prochaine édition est en préparation. Je trouve que c'est une bonne entreprise.
A moyen terme, Monsieur le Maire, il faudra être plus ambitieux et inscrire "Paris-plage" dans une perspective plus large. Les politiques conduites jusqu'ici, par les municipalités antérieures, ont trop tourné le dos au fleuve.
Je souhaite que la Municipalité parisienne s'engage dans la réalisation d'un programme à l'échelle de Paris destiné à réanimer les berges, à les rendre plus attractives. C'est pourquoi les élus de notre groupe vous font des propositions. Nous souhaitons la réalisation de 2 grandes plages ou bases de loisirs dont l'une pourrait être implantée à l'Est, quai de Bercy, orientée au sud et la seconde à l'ouest sur le quai qui se trouve au débouché du pont Citroën. Des bassins flottants amarrés le long de ces quais constituant une demi-douzaine de piscines autonomes permettraient, avec les quais transformés en plage, d'accueillir le public dans de bonnes conditions de mai à septembre par exemple.
Voici pour cette mandature des projets dont l'idée est pertinente.
Je propose aussi l'aménagement d'un Musée de plein air sur l'île aux Cygnes. Un projet de cette nature permettrait de dédier cet espace à la culture contemporaine, en particulier à la sculpture. Il permettrait l'organisation d'expositions au cours de la belle saison. Une partie des sculptures présentées sur le quai Saint-Bernard, mal mises en valeur, pourrait être placée sur l'île aux Cygnes.
Nous proposons la création de thermes, quai Saint-Bernard ou d'une piscine couverte. Ceci me paraît souhaitable pour renforcer la fréquentation de la Seine dans ce secteur de Paris au cours de l'automne et de l'hiver. L'installation prévue d'une piscine flottante dont un mémoire est à notre ordre du jour sur les quais situés à proximité de la Bibliothèque nationale de France François-Mitterrand va dans le bon sens et constitue une première étape intéressante mais il faut aller au-delà et définir un programme d'équipement ambitieux et correspondant surtout davantage aux besoins de la Capitale. Les Parisiens pourraient trouver dans ces bases de loisirs de confortables lieux de détente, d'activités sportives voire culturelles.
Voilà, Monsieur le Maire, ce que je souhaitais vous dire dans le temps de parole qui m'était imparti au nom de mon groupe.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes du Mouvement des citoyens, socialiste et radical de gauche, "Les Verts" et communiste).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur SARRE.
Madame FORETTE, vous avez la parole.
Mme Françoise FORETTE. - Monsieur le Maire, avec ce bilan des activités d'été, vous faites un exercice tout à fait classique d'énumération qui était pourtant vivement reproché, à tort à mon avis, à la Municipalité précédente par les élus de l'opposition de l'époque.
En 1997, l'un d'entre eux - il se reconnaîtra - parlait de "document de propagande", un autre élu, l'année suivante, intitule cette énumération "effet d'annonce et de récupération".
Je ne vous ferai pas ce reproche d'auto panégyrique car je le trouve injuste et malvenu car je pense que cet exercice est utile effectivement pour améliorer ce qui devrait être fait en 2003.
En revanche, il convient de classer les éléments de cette énumération en 3 rubriques fort différentes :
1° Ce qui ressort de votre initiative personnelle et dont on peut vous féliciter.
2° Ce qui ressort de la poursuite des activités menées déjà par la précédente Municipalité ; ce sont les plus nombreuses, on peut vous féliciter encore plus de cette continuité car Paris était connu pour la ville qui faisait le plus pour ses citoyens défavorisés et ses touristes pendant les mois d'été.
3° Enfin, malheureusement, les points noirs des insuffisances d'aide aux situations les plus tragiques que la Ville se doit peut-être de traiter avec plus d'efficacité.
A votre actif, Monsieur le Maire, l'opération "Paris-plage". C'est une initiative très sympathique qui a offert des activités estivales à un très nombreux public et a permis un brassage social et générationnel plus que culturel d'ailleurs. Touristes et Parisiens restés citadins souvent par obligation ont manifestement trouvé sur les berges de la Seine une détente et un petit air de vacances.
Vous avez eu raison, Monsieur le Maire, de décaler d'une semaine la fermeture des berges car la circulation n'a pas connu les embouteillages historiques de l'année dernière, source d'une pollution médicalement alarmante et responsable d'une entrave aux déplacements indispensables de citoyens encore au labeur. Ce succès de "Paris-plage" ne doit pas entraîner l'année prochaine son extension dans le temps sans concertation et sans réflexion sur les conséquences d'une telle prolongation sur l'activité de la vie quotidienne de tous les citoyens. Il ne faut faudrait pas que se crée une véritable fracture entre les citoyens qui travaillent souvent durement et qui produisent la richesse de notre Ville et en permettent le partage et ceux qui ont maintenant des loisirs considérables et qui désirent légitimement se distraire. Un équilibre doit être préservé pour ne pas accroître les longues heures de trajet des Parisiens ou des Franciliens qui ne peuvent faire autrement pour des raisons évidentes de rareté ou d'absence de transport en commun près de chez eux que prendre leur voiture pour aller travailler.
Personnellement, je me déplace fréquemment d'un hôpital à un autre et suis obligée de reculer certaines heures de cours car je sais que le temps que je mettais autrefois entre 2 hôpitaux sera doublé en raison de la circulation que j'appelle "la circulation DELANOË".
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour la République et apparentés", "Démocratie libérale et Indépendants", "Ensemble pour Paris" et Union pour la démocratie française).
C'est vrai que la circulation est plus fluide pour les passagers des autobus mais comme le nombre et la fréquence de ces derniers n'ont pas été augmentés ou très peu, ils ne peuvent répondre aux besoins des Parisiens. L'équilibre entre les besoins des uns et des autres doit être respecté.
La majorité des autres activités était déjà en place les années précédant votre mandature sous une forme ou sous une autre. On peut vous féliciter de les continuer et on peut se réjouir des activités offertes aux jeunes Parisiens. Vous vous félicitez à juste titre de la fréquentation des centres de loisirs avec une moyenne de 11.581 enfants par jour avec des pointes à 17 ou 18.000. Ceux-ci existaient déjà et pouvaient accueillir jusqu'à 18.000 enfants dès les premiers jours de juillet comme en témoigne la délibération DASCO 53 de 1998.
Vous soulignez l'intérêt des stages dans les écoles municipales de sport pour les jeunes de 11 à 16 ans vous avez raison, mais des centres d'initiative sportive proposaient déjà aux jeunes de 7 à 17 ans la pratique gratuite des sports les plus variés.
Les programmes "Ville-Vie-Vacances", dont le rôle est majeur dans la prévention ciblée pour les jeunes qui ne peuvent partir en vacances, connaissent avec succès leur neuvième année d'existence. On peut être heureux de la collaboration entre les différents partenaires Ville, Préfecture de Paris, Préfecture de police, Région, R.A.T.P., associations et du doublement des moyens mis à la disposition de la Ville. On peut regretter en revanche que l'Etat se soit dégagé en 1984 du financement des opérations de prévention d'été et en 1991 du financement de l'aide au départ des familles en vacances. Votre futur partenariat avec l'Etat grâce à la collaboration avec le Ministère de la Ville est une excellente nouvelle, de même que l'augmentation de la participation de nombreux jeunes Parisiens aux chantiers de solidarité internationale qui va en résulter, vous l'avez souligné.
Je suis particulièrement sensible aux projets inter génération qui changent radicalement les rapports entre les jeunes et les plus âgés et donnent aux premiers une autre idée de l'avance en âge et du rôle de chacun dans notre société. Elles poursuivent les actions inter générations initiées dès 1994.
Je ne peux pas reprendre toutes les actions, l'opération "Paris-Rallye" remplace le voyage autour de Paris, les séjours "aventure" se poursuivent, bref, une très favorable continuité.
Très belle continuité culturelle aussi tellement importante pour le renom de notre Capitale et le bonheur des Parisiens. Nous connaissons la 13e édition de "Paris - quartier d'été". Les concerts et Festival de jazz se poursuivent, de même les réductions dans les cinémas en particulier d'Art et d'Essai. En revanche à votre actif, Monsieur le Maire, le cinéma au Clair de Lune dans sa deuxième édition est probablement une superbe idée de Christophe GIRARD.
(Mouvements divers dans l'hémicycle).
Ces succès et cette continuité ne doivent pas faire oublier la gestion peut-être - quel terme employer ? - pas assez attentive ou professionnelle des points noirs. Les plus démunis, les personnes en état de précarité, les personnes à risque de sombrer le sont encore plus pendant les mois d'été. La Ville a certes fait des efforts pour maintenir ouverts les Espaces solidarité insertion ainsi que 3.000 places d'hébergement, des efforts aussi pour aider les associations ou services qui fournissent des repas. Mais nous manquons aujourd'hui, Monsieur le Maire, et nous vous la demandons, d'une véritable estimation des besoins. Etant donné la fermeture de nombreuses institutions publiques et privées et la diminution des bénévoles durant l'été, il est indispensable de savoir combien de personnes nécessiteraient un hébergement et une aide alimentaire. L'estimation chiffrée des besoins doit être faite largement en amont, plusieurs mois avant l'été, grâce à une concertation avec les services de l'Etat et les associations ou institutions qui connaissent le nombre de personnes qu'elles servent en cours d'année, personnes qui seront réduites à leurs propres moyens durant les mois de fermeture.
Combien de personnes, souvent dans un état médical effroyable, ont couché dehors par manque de places ? Combien ont repris leur errance, le ventre vide faute d'un nombre de repas servis suffisant. A la fin de l'été, l'estimation loyale des besoins non remplis permettrait de rectifier le tir l'année suivante par la mobilisation autour de la Ville de tous les acteurs potentiels, Etat, Région, associations ad hoc telle "Août secours alimentaire" bien avant les fermetures annoncées. La responsabilité d'une ville ne souffre pas d'amateurisme.
Cette responsabilité est majeure aussi vis-à-vis des personnes âgées fragiles. Jamais les difficultés des personnes vulnérables atteintes de maladies invalidantes et dévastatrices n'ont été aussi dramatiques dans notre cité.
Environ 250.000 personnes de plus de 70 ans vivent à Paris. Un peu plus de 50.000 ont 85 ans et plus. Environ 80 % des 70-84 ans sont totalement autonomes, mais 30 % seulement des plus de 85 ans le restent. On estime le nombre de personnes atteintes de perte d'autonomie importante physique ou psychique à 45 à 50.000 à Paris.
Or le taux d'équipement nécessaire au maintien à domicile (S.S.A.D.) reste désespérément inférieur à Paris à la moyenne nationale (11 versus 15 pour 1.000 personnes de plus de 75 ans). On est, de plus, à l'heure actuelle, limité par le nombre d'infirmières disponibles et le changement de définition de leurs actes. Les difficultés de prise en charge qui sont grandes pendant l'année deviennent inextricables pendant les mois d'été. Il est légitime que les services et surtout les familles qui sont le principal soutien de ces personnes âgées prennent des vacances. Je suis outrée d'entendre chaque année les médias déclarer que les familles déposent les personnes âgées aux urgences pour partir en villégiature. C'est faux. La majorité des hospitalisations en S.A.U. a un support somatique authentique souvent aggravé par l'angoisse de ces mois d'incertitude de prise en charge.
Ce qui manque cruellement, ce sont les structures dites de répit qui permettent une prise en charge chaleureuse adaptée. Les hôpitaux et certaines maisons de retraite avaient coutume de remplir cette fonction. Ils y renoncent en raison de la pénurie de personnel aggravée de façon dramatique par l'application dogmatique des 35 heures. L'hôpital Broca comme tous les hôpitaux gériatriques a dû fermer une unité de 40 lits au moment où le besoin était le plus criant. Les personnels se font insulter par les familles aux abois lorsqu'on leur explique l'impossibilité de prendre leur patient.
On ne dispose à Paris intra-muros que d'environ 13.500 lits dont un tiers médicalisé.
Nous avons dans Paris même le taux le plus faible de maisons de retraite, 32 pour 1.000 habitants de plus de 75 ans versus 92 pour 1.000 en France et le plus faible taux de longs séjours, 9,8 pour 1.000 habitants de plus de 75 ans versus 18,5 pour 1.000 en France.
A ces soucis s'ajoute le dogmatisme de l'application aux hôpitaux de la réforme de la tarification des E.P.H.A.D. qui entraînera, à terme, une diminution de la qualité des soins et dans l'immédiat une augmentation du coût pour les familles qui n'obtiennent pas l'A.P.A. Le coût à l'A.P.-H.P. est passé de 16.000 F à 17.825 F par mois en raison du désengagement de l'assurance maladie au profit du coût de dépendance pris en charge en principe, mais non toujours par l'A.P.A. dont le montant dépend non seulement du taux de dépendance mais aussi des ressources du patient.
Or, dans notre Département, toutes les ressources sont comptabilisées et pas seulement les revenus.
A Paris, 17.762 dossiers d'A.P.A. ont été déposés et, au 31 août, 8.996 seulement avaient pu être traités complètement et acceptés en dépit de la remarquable mobilisation des services.
Imaginez l'angoisse des familles qui ne savent plus prévoir de quoi le lendemain sera fait.
Non, Monsieur le Maire, la situation n'est pas idyllique pour tout le monde à Paris pendant les mois d'été. On aimerait que la vie soit un éternel bastringue. Ce n'est pas le cas. Nous ne pouvons pas nous exonérer de notre responsabilité vis-à-vis des plus fragiles et des plus vieux. C'est une responsabilité première et incessible, en guise de dignité d'élu disait Emmanuel LEVINAS, mais il utilisait ce terme dans un autre sens.
Merci.
(Applaudissements sur les bancs du groupe "Rassemblement pour la République et apparentés").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame.
La parole est à M. Patrick BLOCHE.
M. Patrick BLOCHE. - Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, mes chers collègues, le désir de rendre Paris aux Parisiennes et aux Parisiens qui vous anime, Monsieur le Maire, depuis le début de la mandature, a trouvé cet été une expression à sa dimension. Par la solidarité, par la culture, par le sport, mais aussi par la convivialité et la fête. La réappropriation de la Ville par ses habitants s'est déclinée dans de nombreux lieux et s'est adressée à un très large public. Que l'on songe par exemple à l'opération "Ville-Vie-Vacances", à "Cinéma au clair de lune" et naturellement à "Paris-plage", toutes ces initiatives ont participé à une autre conception de l'espace public et apparaissent comme autant de manières de vivre la Ville autrement.
Vivre la ville autrement, c'est d'abord mieux la vivre et la partager. Vous avez eu raison, Monsieur le Maire, de rappeler que les plus défavorisés sont les premiers pénalisés en période estivale. Parce qu'ils ne peuvent partir en vacances ou parce qu'ils trouvent certaines portes fermées, trop de Parisiens ont alors du mal à trouver leur place dans notre cité. C'est pourquoi, les efforts en matière de solidarité se devaient d'être accrus.
La Ville de Paris a su ainsi mettre en commun les moyens et les compétences de chacun et nouer des partenariats efficaces pour que les services publics, celui de la lutte contre les exclusions comme celui de la santé, restent pleinement opérationnels durant ces mois d'été.
Elle a su également proposer à 34.000 jeunes, habitant principalement des quartiers défavorisés, des activités sportives et culturelles dont le mérite n'a pas tant été de les occuper que de nouer des solidarités nouvelles. Je pense particulièrement aux projets intergénérationnels, menés dans les 10e et 18e arrondissements de Paris, qui ont permis à des générations de mieux se connaître et de partager des savoirs autour de projets communs.
Vivre la ville autrement, c'est aussi lui donner du sens par une politique culturelle ambitieuse.
Cet été, la culture est sortie de ses espaces traditionnels pour aller à la rencontre des Parisiens.
Au-delà des initiatives reconduites et renforcées comme les "lectures d'été" ou encore "Paris quartier d'été", le cinéma a aussi investi les parcs et les jardins. Les différentes projections, gratuites et en plein air, de films sur Paris, dans le cadre de "Cinéma au clair de lune", ont ainsi rencontré un énorme succès et permis de découvrir la Capitale sous un jour nouveau.
Donner du sens à la ville, c'est également changer temporairement l'affectation de certains espaces. Et je pense évidemment aux voies sur berges. Certains de nos collègues de l'opposition nous promettaient le pire. N'en déplaise à ces Cassandre, rien de ce qu'ils annonçaient n'est arrivé. Le décalage d'une semaine par rapport à l'année dernière et la meilleure information des automobilistes ont été, à cet égard, des facteurs déterminants.
Ainsi, pendant près d'un mois, 100.000 personnes ont pu profiter chaque jour des aménagements et des nombreuses activités proposées, sur 3 kilomètres, le long de la Seine. Car, et c'est là la grande force de "Paris-plage", les berges de la Seine se sont transformées en un lieu polyvalent de détente et de convivialité gommant temporairement la séparation arbitraire existant entre les deux rives de Paris.
Un espace de détente estivale sur une voie express pouvait paraître anachronique, mais l'anachronisme n'est-il pas cette autoroute urbaine traversant Paris en son c?ur, et de surcroît sur un site classé au patrimoine mondial de l'humanité ? Que le "Parisien à quatre roues", décrit par Georges Pompidou lors de l'inauguration de cette voie express en 1967 soit de plus en plus partageux d'espace avec celui à deux jambes, telle est plus que jamais notre ambition.
Pouvait-on imaginer, par ailleurs, meilleure promotion de notre Ville que celle qui nous a été proposée, ouverte et offerte à chacun ? "Paris-plage" a permis à la Capitale de dépoussiérer son manteau patrimonial et de ne plus apparaître uniquement comme une ville-musée, mais comme une cité toujours créative. Beaucoup de métropoles y ont d'ailleurs porté un grand intérêt.
La réussite de l'opération confirme enfin combien nos concitoyens souhaitent mieux vivre leur ville. Signe de son succès, de nombreuses propositions ont été avancées pour l'édition 2003 comme par exemple l'extension à la rive gauche.
De là à fermer définitivement les voies sur berges à la circulation automobile, comme l'a évoqué notre collègue Denis BAUPIN, il y a un pas, un grand pas, à franchir qui nécessitera bien d'autres évolutions dont certaines ressembleront à des révolutions. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle nous n'avons pas inscrit un tel objectif dans le contrat de l'actuelle mandature. D'abord parce qu'il ne s'agit pas de priver brutalement Paris des flux touristiques et économiques qui contribuent à son développement. Ensuite, parce que les voies sur berge s'inscrivent aujourd'hui dans le cadre d'un Plan de circulation de dimension régionale et qu'il ne s'agit pas de renouer avec la culture du splendide isolement qui fut trop longtemps la marque de la gouvernance parisienne.
En attendant, ne restons pas inactifs - nous ne le sommes pas -, ne pensons pas aux voies sur berges seulement quant arrive l'été et contribuons d'ores et déjà activement tout au long de l'année à l'amélioration du cadre de vie des habitants des arrondissements riverains qui restent les premiers à subir les nuisances de cette autoroute urbaine.
C'est pourquoi, à l'aune de ce bilan estival si prometteur, le groupe socialiste et radical de gauche vous dit, Monsieur le Maire : continuez ! Continuons !
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement des citoyens et "Les Verts").
M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. AZIÈRE.
M. Eric AZIÈRE. - Monsieur le Maire, chers collègues, la rentrée du Conseil de Paris prend des allures de retour de plage, à l'heure où les Parisiennes et les Parisiens ont déjà la tête dans leurs cahiers de texte ou carnets de commande.
Sans précédent depuis des décennies, cette réédition du débat que nous avons déjà eu le 26 juin dernier qui nous interdit d'évoquer les problèmes nombreux liés à la rentrée des classes, ne vise sans doute qu'à récupérer un peu de l'écume de la vague médiatique qui a consacré ce pari en succès. Aujourd'hui vous passez, Monsieur le Maire, de la plage de Paris à la planche de surf.
Pour répondre à votre communication d'aujourd'hui, le bilan des activités estivales à Paris est bon bien qu'insuffisant dans le domaine de l'animation, et il apparaît médiocre et inquiétant dans le domaine de l'activité touristique.
La douzième édition du Festival "Paris quartier", malgré une fréquentation en légère baisse par rapport à 2001, a atteint les objectifs fixés à la création du festival, en 1990, à savoir imposer un nouveau format de festival, combinant petites animations alternatives et grandes manifestations de type plus classique et tout ceci dans un effort de redécouverte des lieux emblématiques de la Capitale.
Pour sa part, la neuvième édition de "Ville-Vie-Vacances" est un succès pour les participants comme pour les animateurs. On peut se réjouir à l'avance pour l'année prochaine de la volonté déterminée de Jean-Louis BORLOO, notre Ministre délégué à la Ville, d'en augmenter très largement l'ampleur par le nombre de bénéficiaires et le nombre de projets.
Le groupe U.D.F. sera d'ailleurs très mobilisé sur cet objectif de progression dans le cadre de "Ville-Vie-Vacances", qui sait transmettre aux jeunes Parisiens qui ne peuvent pas partir en vacances, par des activités culturelles et sportives, un esprit et des valeurs qui font repère.
De leur côté, malgré les difficultés d'admission de trop nombreux jeunes dans les centres de loisirs d'été, le succès de ces derniers ne se dément pas et ce dispositif initié depuis plusieurs années, mérite d'être très soutenu et renforcé l'année prochaine.
Toutes ces activités s'inscrivent dans la continuité des projets mis en ?uvre par l'ancienne Municipalité et qui ont été utilement poursuivis.
Par contre, dans la première édition de "Paris-plage", il n'est question ni de sport, ni de culture, ni de valeur, mais d'une expérience intéressante de réattribution temporaire d'un espace urbain destiné en 1967 à l'automobile par son réaménagement pendant un mois d'été en plage de loisirs.
Paradoxalement, le succès de ce nouveau lieu de promenade n'a pourtant pas eu de retombée directe pour l'activité économique, par exemple pour les bateaux-mouches, les vedettes du Pont Neuf, dont le taux de remplissage est en légère baisse par rapport à 2001, atteignant péniblement les deux tiers. De même, les 73.000 chambres que compte l'hôtellerie parisienne ont connu un taux de remplissage en baisse de 3,5 points par rapport à l'année précédente.
En comparaison de l'année 2001, la saison d'été s'achève avec une réduction de visiteurs de près de 5 %.
Pour ce qui concerne "Cityrama", les excursions sont en retrait par rapport à la saison 2001.
Enfin la fréquentation en hausse en juillet au musée d'Orsay ainsi qu'au musée du Louvre doit être liée à la qualité des expositions proposées car cette progression en épouse le calendrier, et malheureusement le centre Georges-Pompidou et la Tour-Eiffel enregistrent une baisse de fréquentation de 3 % de leurs entrées pour la même période.
Mieux accueillir les 2,5 millions de touristes à Paris n'est pas qu'une activité estivale. Avec 26 millions de visiteurs annuels, ce sont les lieux d'accueil et d'information qui manquent toute l'année et le bon travail des jeunes ambassadeurs de l'accueil devrait être mis à profit et poursuivi tout au long de l'année.
Si grâce à l'événement "Paris-plage", Paris n'est plus seulement la ville-musée qui fait rêver tous les touristes du monde entier, la ville shopping des parfums et de la mode, elle ne doit pas perdre cependant le sens des affaires qui fait du tourisme à Paris une priorité économique que vous semblez pourtant avoir reléguée au rang des accessoires de votre politique d'animation.
Après ce bilan troublant, on peut se demander à qui profite le plus "Paris-plage". Au Maire de Paris ou à Paris et aux Parisiens ?
Pardon de penser qu'en termes de retombées économiques, ce n'est pas la même chose. 15 % des emplois parisiens sont directement liés à l'activité touristique.
Quand le Maire de la première destination touristique au monde rechigne faussement pour des raisons d'emploi du temps de valoriser par sa présence le Mondial de l'automobile, un des sommets...
M. LE MAIRE DE PARIS. - Permettez-moi de vous interrompre, mais dès que j'ai été invité au Mondial de l'automobile, j'ai dit que j'irai, quoi qu'ait pu en dire la presse !
J'ai donc dit que j'irai. Donc au moins vis-à-vis des élus, il ne faudrait pas que cette fausse rumeur soit entretenue. Je vous redis ce que j'ai déjà dit plusieurs fois : s'il vous plaît, tenez compte de ce que je dis et de ce que je fais.
M. Eric AZIÈRE. - Je croyais votre communication plus performante que cela !
M. LE MAIRE DE PARIS. - Non, la communication, pour moi comme pour les autres, c'est toujours éphémère. La seule chose qui compte c'est ce que l'on fait et ce que les citoyens éprouvent des réalisations.
A propos du Mondial, j'ai dit depuis le début quand on m'a invité que j'irai.
M. Eric AZIÈRE. - Il ne faudrait pas en fait se tromper de priorité.
A ce sujet, la pérennité de l'accueil du Mondial de l'automobile à Paris me paraît essentielle.
Il ne faudrait pas non plus se tromper d'affiche entre les intérêts du tourisme d'affaire et les avances sur recettes électorales du film : le fabuleux destin de Bertrand DELANOË.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Franchement, cela rapporte moins !
M. Eric AZIÈRE. - Il ne faudrait pas non plus s'inventer un public entre deux catégories de Parisiens : les classes moyennes et laborieuses dans leur automobile, d'une part, et les bourgeois bohèmes en col blanc dans leur loden culturel !
Le développement infini de l'industrie festive et carnavalesque, qui est une tendance de votre politique, ne doit pas sombrer dans une spirale de dénégation du monde tel qu'il est, tournant le dos aux véritables enjeux économiques de la Capitale.
Il ne doit pas non plus masquer vos véritables projets.
Alors je voudrais aujourd'hui saisir ce débat pour que nous levions une ambiguïté qui aurait sinon tendance à devenir un piège grossier pour l'opposition municipale.
La véritable question posée par "Paris-plage" est celle-ci : avec "Paris-plage", est-on devant une expérimentation sérieuse en vue d'un réaménagement de l'espace urbain, ou dans le domaine de l'animation festivale pour l'été ?
Dans le premier cas, l'honnêteté élémentaire aurait dû être de dire la vérité de ce projet aux Parisiens.
La deuxième question posée est celle-ci : peut-on à Paris dénaturer ou renaturaliser subrepticement un espace urbain stratégique, voué par destination à l'automobile, sans remettre en cause tout un équilibre complexe entre plan de transport, plan de circulation interurbain, activités économiques et cadre de vie ?
La troisième question est enfin la suivante : peut-on le faire sans la moindre concertation avec les Parisiens et avec les autres collectivités impliquées ?
Un événement comme celui-ci peut donner à rêver, mais si le rêve doit devenir réalité, ni l'esprit ni la méthode ne sont corrects.
Dans ce domaine, vos déclarations ainsi que celles de votre adjoint, M. BAUPIN, sur la fermeture définitive des voies sur berges à la circulation, manquent singulièrement de franchise vis-à-vis des Parisiens.
Plus la plage est fausse à Paris, plus Paris est vrai pour les Parisiens partout ailleurs.
Aucune idéologie ne peut déréaliser l'espace parisien avec la force d'un impératif catégorique.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour la République et apparentés", "Démocratie libérale et Indépendants", "Ensemble pour Paris" et Union pour la démocratie française).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je prends acte du contenu très tonique et progressiste de votre déclaration.
La parole à Christophe NAJDOVSKI.
M. Christophe NAJDOVSKI. - Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, chers collègues, l'été 2002 à Paris aura été marqué par l'immense succès de l'opération "Paris-plage" sur les berges de la Seine.
Il est amusant de remarquer que ceux qui jouaient encore une fois les prophètes de malheur en ont été à nouveau pour leurs frais.
De la politique du "sable aux yeux", entendait-on chez le lobby de l'automobile, "des embouteillages monstres en perspective", prédisaient certains médias.
L'information donnée aux automobilistes en amont aura permis la fluidification de la circulation et les statistiques ont montré que les berges pouvaient être fermées sans que cela soit le chaos que certains espéraient peut-être secrètement, tant ils auraient aimé voir l'opération échouer.
Or, en dehors de quelques grincheux, tout le monde - et ce quel que soit son opinion politique - aura reconnu l'intérêt de cette manifestation.
Des millions de visiteurs, dont 600.000 le premier jour, se sont pressés sur des berges débarrassées des véhicules à moteur pour s'y promener, se prélasser sur le sable ou sur les transats, pour y jouer à la pétanque, s'initier à la pratique du roller, suivre des spectacles, etc., et tout cela sans débourser un centime d'euro.
Bref, l'opération "Paris-plage", tout comme l'opération des voies sur berges de 2001, a montré une fois de plus le profond désir des Parisiens, des Franciliens, mais aussi des touristes, à la réappropriation collective de l'espace public au c?ur de la Capitale.
Cet événement a montré qu'une animation gratuite et ouverte à tous de l'espace public pouvait se passer dans d'excellentes conditions. Un espace gratuit et ouvert peut être respecté sans dégradations et ne favorise pas l'insécurité, au contraire. Les Parisiens sont des gens responsables pour peu qu'on leur offre un espace de convivialité.
Monsieur le Maire, l'heure est aujourd'hui au débat prospectif. Nous vous demandons de l'audace, encore de l'audace.
Nous avons fait inscrire au contrat de mandature le principe de la reconquête des voies sur berges au profit des piétons, cyclistes et rollers. Ce principe a été mis en place dès l'été 2001 et a été amplifié cette année avec les animations proposées sur les berges de la Seine.
L'ouverture des voies sur berges doit se prolonger géographiquement et temporellement.
Autrement dit, cette initiative doit prendre de l'ampleur dans le temps, les années qui viennent, avec comme objectif la reconquête complète et définitive des voies sur berges à l'échelle d'une dizaine d'années et à l'échelle de tout Paris : ensemble des berges de la Seine, mais aussi bassin de l'Arsenal, canal Saint-Martin, bassin de la Villette, canal Saint-Denis.
Ce principe est-il utopique ?
Non, car aujourd'hui le "désir de vert" est partagé par un grand nombre de nos concitoyens. Il n'aura échappé à personne que le Président de l'association "La Seine en partage", maire de Montereau et membre de l'U.M.P., estime que l'aménagement d'une promenade continue sur la Seine, de Montereau à Mantes-la-Jolie, est inévitable.
Alors, Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les élus de la majorité municipale et de l'opposition municipale, pourquoi pas à Paris ?
Il faut que l'extension de cette opération sur les berges de la Seine soit l'occasion de créer des synergies autour des voies d'eau parisiennes en offrant des espaces de promenade mais aussi des animations.
Ainsi, pourraient être créées des piscines temporaires et saisonnières sur les canaux. Il faut oser la créativité et l'inventivité.
Une réflexion doit aussi être engagée avec le Port autonome de Paris sur les liaisons piétonnes et les discontinuités existantes. Je prends un exemple : la création d'une liaison piétonne du port Henri IV vers le port de Bercy-amont doit être étudiée avec la future passerelle reliant la Bibliothèque de France au parc de Bercy et la future piscine sur la Seine. C'est toute une extension vers l'amont qui doit être envisagée.
Ainsi, il sera bientôt possible aux Parisiens et au plus illustre d'entre eux, leur Maire, de se baigner sur la Seine, à défaut de pouvoir se baigner dedans.
L'opération "Paris-plage" a le mérite de montrer qu'il est possible de faire que les berges de la Seine soient autre chose qu'une autoroute, comme les crues le montrent également chaque année ou presque. Il faut en finir avec le bitume au bord de l'eau, en finir avec l'organisation de la circulation parisienne qui fait passer une bonne partie de son trafic automobile par son c?ur historique qui, faut-il le rappeler, est antérieur à la civilisation de l'automobile et classé au patrimoine de l'humanité, et enfin créer un espace de respiration et de verdure tout le long du fleuve et des canaux.
Et, puisque la journée "En ville sans ma voiture" s'est déroulée hier et que le centre faisait partie du périmètre de l'opération, je dois rappeler ici que nous avons pris l'engagement dans le contrat de mandature de créer un quartier libéré de la circulation de transit couvrant le centre de Paris, là où passent les voies sur berges.
Vu le très grand succès de la journée sans voiture dans le centre, ce dimanche 22 septembre, nous pensons qu'après Rome et Londres, il serait temps que Paris fasse preuve d'un peu d'audace en la matière. Il ne manque que la volonté politique.
Paris l'été, ce n'est pas seulement, bien sûr, le farniente et la détente, ce sont aussi, hélas, des gens qui souffrent, peut-être plus qu'à l'accoutumée.
Cet été, pour la première fois, un plan alimentaire a été élaboré avec la DDASS pour pallier la baisse traditionnelle des activités des associations du fait des congés bien légitimes des bénévoles.
En matière sociale, cette coordination nouvelle s'est manifestée, pour les familles hébergées en hôtel, par nos relais d'équipes de bénévoles des "Restos du C?ur", par les bénévoles du "C?ur des Haltes", par des partenariats nouveaux entre des lieux d'accueil de jour et des lieux de restauration. Cela a permis d'éviter la situation de crise vécue les années précédentes du fait de la fermeture de nombreux dispositifs.
Il est nécessaire désormais de renouveler ce partenariat chaque été.
Cependant, il est nécessaire aussi d'évoquer également, pour les déplorer - et là, je m'adresse à M. le Préfet de police... mais je vois qu'il est parti - les nombreuses expulsions locatives de familles et de personnes à faibles ressources se retrouvant à la rue sans solution de relogement. Alors que nous avions voté un v?u demandant un moratoire en attendant la mise en ?uvre du 4e Plan pour le logement des personnes défavorisées, nous ne comprenons pas qu'un meilleur partenariat avec la Ville ne permette pas d'éviter ces situations dramatiques dont nous avons été les témoins dans nos permanences d'élus.
Monsieur le Maire, voilà un premier bilan que nous pouvons dresser des activités d'été à Paris et je laisserai à mon collègue Alain RIOU le soin de compléter ce bilan sur le thème des activités culturelles proposées cet été à Paris.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Les Verts", socialiste et radical de gauche, communiste et du Mouvement des citoyens).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci de toutes les suggestions.
Je dirai simplement qu'a priori et sous réserve qu'on y retravaille, en termes de dépenses, je préfère les dépenses pour des piscines sur la Seine qui sont utilisées douze mois par an que pour des bassins flottants éphémères. Il faut choisir et, moi, je préfère qu'on mette à la disposition des Parisiens, comme on va d'ailleurs en décider aujourd'hui, des piscines, une pour commencer, sans doute deux dans cette mandature, et ce, 12 mois par an.
Sinon, on dépense de manière moins pertinente.
Quant à la volonté politique, j'espère avoir mal entendu.
La parole est à M. LEGARET.
M. Christophe NAJDOVSKI. - C'était un encouragement...
M. LE MAIRE DE PARIS. - Alors il fallait le formuler autrement.
Il est question de volonté politique et je n'ai pas l'impression d'être en retard sur certains.
M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Monsieur le Maire, soyez indulgent avec notre collègue qui vient de vous qualifier de plus illustre des Parisiens. Excusez du peu...
M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous savez bien qu'il n'y a rien de plus éphémère que ce genre de choses, vous le savez bien, Monsieur LEGARET, vous qui êtes élu, comme moi, de cette ville. Cela passe tellement vite.
M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Un peu moins longtemps que vous.
Je voudrais, à mon tour, rendre hommage - votre modestie légendaire dût-elle en souffrir - à votre sens aigu de l'opportunité.
Aujourd'hui 23 septembre, premier jour de l'automne, vous nous présentez une communication sur les activités estivales. Cela vient à bonne date. Cela ne fait pas oublier le fait que contrairement à toutes les bonnes habitudes, pour la deuxième année c'est vrai, vous ne présentez pas, lors de la séance de septembre, une communication sur la rentrée scolaire.
Cela aurait pourtant là aussi été fort opportun quand on sait qu'un certain nombre de classes sont encore occupées par les parents d'élèves et les enseignants.
La rentrée a connu des difficultés dans un certain nombre d'établissements de Paris. Vous nous direz qu'on en parlera le mois prochain. Je pense qu'une communication, aujourd'hui, serait allée au devant des préoccupations d'un certain nombre de parents et d'enseignants de Paris. Je le regrette pour la deuxième année.
"Paris-plage", on en a bien sûr beaucoup parlé. C'est d'ailleurs un paradoxe et le sujet ne prête pas à sourire.
Nous avons commencé la séance en rappelant les drames des inondations, avec le risque d'une inondation majeure qui n'est pas à écarter à Paris.
Aujourd'hui nous célébrons le souvenir d'une plage sans eau.
Qu'est-ce qu'une plage ?
C'est, sauf erreur de ma part, un peu de sable au bord de l'eau, avec des activités aquatiques. C'est en tout cas, ce qu'en général, l'on considère.
Nous avons eu droit, c'est vrai, à un très bel environnement médiatique, à du sable sur les bords de la Seine, mais pour les activités aquatiques, rien du tout.
Je voudrais rappeler, à ce titre, Monsieur le Maire, qu'au cours des années passées, il y a eu par trois éditions successives, des fêtes de la Seine qui ont, elles aussi, attiré beaucoup de monde. J'ai lu que "Paris-plage" avait attiré 100.000 personnes par jour. C'est un chiffre remarquable. Je l'ai lu dans la presse. Je voudrais vous rappeler - et ce sont là aussi les chiffres cités par la presse - que les fêtes de la Seine avaient attiré jusqu'à 700.000 personnes par jour.
Il y avait des activités sur la Seine... des régates, des présentations de bâteaux, des concours de pêche, bref un certain nombre de choses. Or cette année, rien de tout cela.
Une plage sans eau, une plage tournant le dos à la Seine. Je le regrette. Je regrette aussi, Monsieur le Maire, que depuis le début de votre mandature, vous ne nous ayez jamais parlé de ce grand projet de la Seine, que la coopération avec la Région, avec l'Etat, via le Port autonome se soit en réalité interrompue.
Oui, bien sûr, Monsieur le Maire, je le dis malgré vos gestes de dénégation : je ne connais pas trop mal ces sujets. La semaine dernière, pas plus tard que vendredi, un colloque se tenait au Sénat, organisé par l'association "La Seine en partage", qui rassemble un grand nombre de collectivités territoriales, de toutes couleurs politiques, qui ont des projets sur la Seine.
La Mairie de Paris a décidé de boycotter cette manifestation ce qui en dit long. C'était un colloque consacré à la qualité des eaux de la Seine, notamment en ce qui concerne la revalorisation de la faune aquatique, de la pêche, du traitement des eaux, la mise en valeur des berges, etc. La Mairie de Paris n'est, semble-t-il, pas intéressée par ces sujets.
Alors on nous avait parlé d'une opération à vocation festive et culturelle. On nous a dit que cela avait coûté approximativement 1,5 million d'euros ; chiffre, Monsieur le Maire, manifestement sous-estimé.
Ce chiffre n'intègre pas toutes les prestations qui ont été assurées par les services municipaux. Tout cela n'est bien entendu pas facturé. On sait que cela a mobilisé beaucoup de monde. Je voudrais revenir en quelques instants sur le chiffre de cette opération parce qu'il semble me souvenir qu'à la séance de juillet, nous avions voté sur une délibération concernant un marché.
Vous nous aviez dit, à ce moment-là, que la scénographie avait été confiée à M. Christophe CHAUVELET, et la production déléguée à la S.A.R.L. "Division créative".
En réalité, quand on regarde attentivement cette délibération, qui a bénéficié des conditions de passation particulière des marchés de l'article 30 du Code des marchés publics et du décret du 7 septembre 2001, ce marché ne portait que sur la somme de 600.000 euros, sur lesquels nous avons délibéré lors de la séance de juillet en application de l'article 30 du Code des marchés publics. 600.000 sur 1,5 million, je pense que vous auriez pu logiquement, Monsieur le Maire, pour là aussi mettre en pratique votre sens de la transparence, dont vous vous targuez très abondamment, rendre compte de l'emploi qui a été fait des 900.000 euros restant.
Nous n'avons strictement aucun détail. Nous ne savons pas comment ont été consommés ces crédits. Vous nous avez dit que tout cela coûtait beaucoup moins cher que les économies réalisées sur les réceptions à l'Hôtel de Ville, ce qui ne manque jamais de me surprendre.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Pas seulement.
M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Etant membre de la Commission de la vérification de la Questure, je constate que depuis que vous êtes Maire, les crédits de fêtes et cérémonies, réceptions n'ont cessé d'augmenter d'année en année.
J'aimerais savoir sur quel point on fait des économies. Il faudra qu'un jour vous nous fassiez des révélations sur ce point.
Monsieur le Maire, votre modestie légendaire dût-elle à nouveau en souffrir, vous avez fait preuve à l'occasion de "Paris-plage", d'une grande habileté médiatique. Nous en convenons tous.
Un journal satirique paraissant le mercredi avait relevé les excès d'emphase et les dithyrambes qui vous avaient été adressés à ce sujet.
Après tout, retenons le côté positif de cette affaire. "Paris-plage" est un succès, tant mieux. On nous a dit que c'était une première, ce n'est pas exact. Non seulement j'ai fait référence aux fêtes de la Seine, mais je voudrais rappeler qu'une plage avait été installée il y a trois ans, par les Sablières de la Seine, au bord de la Seine.
Ne cherchons pas à faire des réserves. L'idée est une idée d'ampleur. Elle est tout à fait opportune en période estivale. Il convient de la recommencer. Nous espérons, Monsieur le Maire, que pour les éditions à venir, il y aura d'abord une vraie consultation, transparente, auprès des concepteurs, et auprès des sociétés de production. Nous espérons que tous les membres du Conseil de Paris seront associés, et pourquoi ne pas faire un appel à projet puisque vous avez vous-même mentionné un certain nombre d'imperfections dans la conception de "Paris-plage".
A vrai dire, le volet culturel qui justifiait à lui seul les conditions dérogatoires d'utilisations de l'article 30 du Code des marchés publics, ne semble pas avoir été le plus marquant dans cette édition de "Paris-plage".
Vous avez vous-même reconnu dans la communication qu'on pouvait mieux faire. Je suggère que l'on fasse un vrai appel à projet avec mise en concurrence, et que nous puissions avoir un débat.
J'en terminerai, Monsieur le Maire, en vous racontant que la semaine dernière il m'est arrivé une drôle d'histoire. J'ai rencontré deux touristes américains, le fait est suffisamment rare pour mériter d'être mentionné. Ils m'ont abordé et m'ont demandé : "Please, where is the beach ?"
Je leur ai montré la Seine, en direction de l'aval. Je leur ai expliqué que c'était un peu loin. Je les ai vus partir. Je ne les ai pas revus. J'ai considéré qu'il y avait effectivement une certaine distance entre la manière médiatique de traiter les choses et la réalité. J'ai éprouvé, bien sûr, une pointe de nostalgie. J'ai repensé à la chanson de Brigitte BARDOT "Sur la plage abandonnée". J'ai regardé du haut des quais, mais je n'ai vu ni coquillages ni crustacés. J'ai repensé aussi à Raymond DEVOS qui, vous le savez, a noté que lorsqu'il fait mauvais temps, la mer est démontée. Cette fois-ci, c'est la plage qui est démontée. C'est peut-être un léger progrès. Rendez-vous, Monsieur le Maire, à l'année prochaine.
(Applaudissements sur les bancs du groupe "Ensemble pour Paris").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous avez bien fait de vous concentrer surtout sur la conclusion.
La parole est à Mme GÉGOUT.
Mme Catherine GÉGOUT. - Merci, Monsieur le Maire.
Je dirai seulement quelques mots sur les actions menées cet été pour venir en aide aux plus démunis. Mme MEYNAUD parlera des autres aspects de la communication.
En la matière, l'effort de la Ville est tout à fait indéniable. On voit bien que la misère, dans la Capitale, est un souci permanent de notre Municipalité, et que cela se traduit par des actions concrètes qui sont d'ailleurs tout à fait reconnues par les différents acteurs locaux.
Qu'est-ce qu'il y a eu cet été ? Un grand nombre de colis et de repas supplémentaires, une nette amélioration de la qualité des repas, un temps d'ouverture plus important des Espaces solidarité-insertion qui assurent l'accueil de jour, une augmentation du nombre de lits d'hébergement. Tout cela mérite d'être souligné, encouragé et amplifié.
Je voulais soulever quelques points sur lesquels des améliorations sont possibles, à mon avis.
D'une part les 290.000 colis repas distribués par "Roue de secours alimentaire" montrent l'ampleur des besoins en la matière. Dans l'ensemble, cela s'est d'ailleurs bien passé. Une suggestion : ces distributions se font dans quatre lieux dont trois sont des cryptes en sous-sol. Etant donné les quantités de denrées, le nombre de personnes, il serait important de rechercher, pour l'été prochain, si cette opération est renouvelée, des locaux de plain-pied parce qu'il est difficile pour les bénévoles de faire ce travail dans ces conditions-là.
Concernant les Espaces solidarité-insertion, je l'ai déjà dit à de nombreuses reprises, je crois vraiment que les sans-abri ont des besoins quotidiens et même si certains espaces sont ouverts le week-end, je pense qu'il faudrait que tous les espaces soient ouverts le week-end. C'est un coût supplémentaire mais ce n'est pas immense par rapport à l'utilité sociale que cela présente.
Encore une question : l'arrêt des fournitures des repas par les "Restos du Coeur" faute de locaux ; c'est quelque chose d'extrêmement préoccupant. Je sais que le Maire s'est engagé à rechercher des solutions, mais ce n'est pas facile à résoudre. Je voudrais savoir où cela en est parce que c'était 2.000 repas quotidiens et dans les associations tout le monde a peur que cela ne rouvre pas.
Maintenant, l'été m'amène à l'hiver, malheureusement. Pour l'hiver, je pense que le risque de voir des personnes dans la rue, en proie à la faim, est tout à fait sérieux. La "Mie de Pain" va réduire le nombre de repas servis parce qu'ils ne peuvent pas se permettre de se retrouver dans la situation de l'an dernier.
Les "Restos du Coeur" j'en ai parlé, mais il faudra que leur activité reprenne de façon différente, sinon ils ne pourront pas assurer le même nombre de repas. Devant cette urgence, je crains que l'on ne se trouve devant l'obligation d'augmenter les distributions "au cul du camion" alors qu'il faudrait multiplier des lieux d'accueils où les plus démunis puissent prendre, assis, des repas chauds, des lieux dispersés sur le territoire parisien, assez spacieux pour ne pas entraîner des files d'attente sur le trottoir ; cela entraîne des problèmes à la fois de dignité pour les personnes et de situation difficile à vivre pour le voisinage. La solidarité ne peut pas faire l'impasse sur la dignité. On le sait bien.
Une suggestion, mais peut-être vais-je faire bondir dans la salle : pourquoi Paris ne prendrait-il pas ce qu'il y a eu de positif dans les soupes populaires ? C'est une formule à reprendre dans ces aspects de réponse à un besoin immédiat et de réponse de qualité. Je suis pour la reprise des soupes populaires.
La communication que vous nous avez faite, Monsieur le Maire, insiste aussi, à juste titre, sur l'humilité qui doit être la nôtre face à l'ampleur de ces souffrances. Il est vrai qu'il est impossible de les atténuer de façon significative sans des partenariats très larges avec une volonté politique forte de la part de l'ensemble des institutions concernées. Le problème dépasse bien sûr de très loin le simple champ de responsabilité de notre collectivité.
Les associations font un constat unanime, c'est que l'afflux de personnes en détresse sociale, y compris de familles, est en forte augmentation. Cela s'est senti cet été, cela continue et cela va continuer. Les dispositifs mis en place ne peuvent plus du tout faire face à l'attraction que représente la Capitale.
Il n'y a pas assez de réponse ; il y a un afflux constant : les demandeurs d'asile sont toujours là et d'autres arrivent. Les hôtels sont pleins, les foyers sont surchargés, le Samu social lui-même ne peut pas assurer ces missions et la situation, critique l'an dernier, n'a fait qu'empirer cette année.
Franchement, vous savez tous que je n'exagère pas, je ne fais pas du catastrophisme. Il faudra bien prendre ce problème à bras le corps et le prendre en partenariat étroit entre la Ville, l'Etat, les associations mais aussi la Région et les communes de l'agglomération parisienne. C'est bien dans un schéma régional, en intégrant dans le tissu urbain des structures qui soient compatibles avec ce tissu, aussi bien pour l'hébergement que pour la restauration, que l'on pourra éviter cet afflux focalisé sur quelques points qui ne permettent pas un accueil digne et qui de plus sont insupportables pour le voisinage. C'est bien un problème régional.
Et aussi bien sûr, mais là cela ne vous étonnera pas de ma part, je pense que désengorger les dispositifs d'urgence sociale passe nécessairement par la mise en place, en France, d'une vraie politique d'accueil ; par la reconnaissance aux sans papier du droit de vivre en France et d'y travailler, y compris en attendant le résultat de leurs démarches. Notre vieux continent a besoin de leur compétence, de leur savoir, de leur culture.
Quelle hypocrisie criminelle de maintenir des personnes sans droit, prises au piège de la rue, vivant dans une angoisse permanente, livrées à tous les trafics, à une destruction progressive, physique et psychologique !
Je vais m'arrêter, mais je voulais citer une phrase qu'un accueillant social m'a écrit en envoyant sa signature à l'appel que j'avais lancé en 2001 et auquel se sont associés des grands noms de l'humanitaire : "J'atteste que les conditions de survie des étrangers, dans des situations sans issue, ont atteint un seuil d'inhumanité, d'immoralité indignes des idées prônées par une nation démocratique évoluée". C'était il y a un an et c'était un professionnel du travail social.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs du groupe communiste).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
La parole est à Mme BALDINI.
Mme Véronique BALDINI. - Monsieur le Maire, il est quand même assez surprenant d'établir une délibération sur des activités passées. D'habitude il est d'usage de délibérer sur l'avenir plutôt que sur le passé, sauf bien entendu dans des cas où les perspectives d'avenir ne peuvent remplacer les opérations médiatisées à outrance. Votre projet de délibération est un épisode anecdotique et n'a d'autres objectifs...
M. LE MAIRE DE PARIS. - Pardonnez-moi. Ce n'est pas un projet de délibération, c'est une communication. Il n'y a pas de délibération.
Mme Véronique BALDINI. - Votre communication est un épisode anecdotique et n'a d'autres objectifs que de permettre à votre majorité de s'auto glorifier ainsi que vous, Monsieur le Maire, qui ne cessez de pratiquer l'autosatisfaction à l'intérieur comme à l'extérieur.
Sur le fond, notre avis reste nuancé, car les opérations estivales ont été meilleures qu'en 2001, mais la comparaison est disproportionnée, car elles ont de toute évidence pris en considération les recommandations que l'opposition avait notamment pu faire, comme celle de ne pas fermer, de manière autoritaire, les voies sur berges. Le succès quantitatif, le succès médiatique, le travail d'accompagnement avec les riverains font que "Paris-plage" paraît être une opération qui, sur le plan animation, a atteint ses objectifs.
Paris manque d'animations de quartiers, de rues, d'une animation moderne. Nous ne sommes pas hostiles à la politique qui permet de faire de Paris un endroit festif international. Nous sommes plutôt d'accord avec Ernest Heminguay qui, en son temps, disait que Paris est une fête.
Mais fallait-il faire "Paris-plage" au lieu qui a été choisi ? C'est un autre problème. Nous restons dans l'ignorance la plus totale du coût global, du bilan financier, des marchés passés, des procédures d'appel d'offres de votre opération et nous les attendons.
Nous ne pouvons que déplorer de rester dans cette obscurité d'autant que les conseillers de Paris que nous sommes ont d'abord été élus pour le contrôle de l'utilisation des fonds publics, qu'ils n'ont pas pu dans ce cas exercer.
Nous regrettons aussi que cette opération ait atténué les opérations nécessaires dans d'autres arrondissements sous des formes différentes. Il faut faire de l'animation locale et pas seulement autour de la Mairie. Nous regrettons que les arrondissements n'y soient pas associés. En revanche, la fermeture des voies sur berges et les déclarations de votre adjoint dénaturent par leur outrance, le projet qui était le vôtre.
Si "Paris-plage" doit servir de couverture à des politiques idéologiques en matière de circulation, cela serait un leurre et nous ne saurions l'accepter.
Je peux vous dire à quel point la population a été stupéfaite d'entendre un adjoint à la circulation conclure d'une opération de fermeture de voies sur berges pendant un mois, à leur fermeture définitive. Il a fallu que le Préfet intervienne et dise que les conditions techniques ne pourraient être respectées que s'il avait moitié moins d'automobilistes dans Paris et si les transports publics étaient considérablement augmentés.
En quelque sorte, c'est le Préfet de police qui a dû tenir le discours de raison qui aurait dû être celui de votre adjoint. Nous vous le répétons, Monsieur le Maire, "Paris-plage" ne doit pas être une couverture pour justifier des mesures brutales dont vous avez l'habitude. Vous ne passerez pas vos projets de circulation sans un plan global concerté où tous les usagers (piétons, autos, vélos, rollers) et l'opposition seront associés et où l'on puisse quantifier dans le temps une baisse du trafic.
Il faut en finir avec la politique de gribouille, qui tend à substituer à la réflexion les boutades médiatiques à l'emporte-pièce. Les automobilistes parisiens ne sont pas des imbéciles. Si les voies sur berges sont fermées, ils ont compris qu'ils peuvent passer par les boulevards Saint-Germain et du Montparnasse.
Monsieur le Maire, arrêtez de confondre médiatisation et politique, les Parisiens en voient les limites. Vous mélangez l'animation avec une vision idéologique de la circulation. Vous faites primer le médiatique sur les dossiers, et les Parisiens ne sont pas dupes. Il serait peut-être temps qu'après 2 ans d'exercice, vous sortiez enfin de campagne électorale.
M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à Mme RENSON.
Mme Cécile RENSON. - Monsieur le Maire, chers collègues, nul ne peut échapper à l'importance du bilan des activités proposées à Paris pendant l'été puisque cette communication constitue le sujet princeps de ce jour, en notre Conseil. A première vue, il s'apparente plutôt au catalogue de la Redoute tellement les dispositifs et les initiatives retenus cet été sont multiples et disparates.
Mais que l'on ne s'y trompe pas, tous les sujets ont pour dénominateur commun la satisfaction hyperbolique du Maire de Paris et de son équipe.
Mon attention a été retenue, bien sûr, par "un dispositif particulier pour les femmes ayant recours à une I.V.G., à Paris, en été". La situation des femmes était insupportable avant 2001, dites-vous. Et oui, Bertrand DELANOË est arrivé et les problèmes des femmes disparaissent !
Je vous avais interpellé, lors du Conseil du 25 septembre 2001, sur les difficultés des femmes désirant subir une I.V.G. au mois d'août. Votre première adjointe m'avait répondu en promettant un bilan du dispositif. Je la cite : "si des dysfonctionnements apparaissent, et bien nous saurons en tirer les leçons pour l'année prochaine".
Je ne sais si vous avez enregistré des dysfonctionnements l'an passé, quelles leçons vous en avez tirées, mais je constate que, cet été, la situation a été dramatique à Paris. Le secteur hospitalier n'a pas répondu à sa fonction de service public, les cliniques privées elles-mêmes ont été débordées.
Je conteste formellement les chiffres que vous avancez dans votre rapport.
D'abord le nombre définitif des I.V.G. de l'été, à ce jour, n'est pas connu. Il semblerait qu'il soit bien moindre que celui de l'an dernier.
Ensuite, le chiffre relatif à la capacité d'accueil, qui serait en augmentation de 13,8 % serait celui de 2001, et ce chiffre théorique n'est pas le chiffre réel, bien inférieur à celui que vous annoncez.
Alors, pourquoi un tel dysfonctionnement malgré les directives de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris données dès le mois de mai ? D'abord à cause de la réduction globale des lits et de l'activité hospitalière inhérente aux congés annuels. Même s'il existe une complémentarité parfaite entre des centres partenaires (Broussais et Corantin-Celton), (Lariboisière et Saint-Louis), et bien d'autres, complémentarités qui font que l'on n'enregistre jamais d'extinction d'activité entre 2 centres. Ceux-ci ferment à tour de rôle pendant l'été alors que le nombre de demandes d'I.V.G. augmente, les touristes n'étant pas les dernières à préférer subir cette intervention avant de rentrer dans leur pays d'origine.
Le problème vient ensuite des maternités qui, du fait de leur insuffisance en lits, n'acceptent les I.V.G. que contraintes et forcées, lorsqu'un praticien veut bien intervenir avant ou après son programme opératoire ou quand le délai des 14 semaines impose de procéder en urgence sous anesthésie générale, c'est-à-dire dans les moins bonnes conditions pour la femme.
Non, Monsieur le Maire, la situation n'est pas satisfaisante.
Pourtant, vous avez un personnel trop rare, mais formidable car sur les 22 centres de l'A.P.-H.P., 7 centres d'orthogénie pratiquent 80 % des I.V.G. Dirigés par des spécialistes confirmés, qui respectent les délais de consultation, et qui constituent une équipe avec une conseillère sociale, un anesthésiste et au moins une infirmière, la patiente est entourée et s'apprête à subir un geste, qui n'est jamais anodin.
Voilà ce que je ferais si j'étais Maire de Paris : d'abord je demanderais que les centres d'orthogénie soient adossés aux maternités, c'est-à-dire créer une unité fonctionnelle en jumelant les moyens et les structures lourdes imposées par les règles de sécurité de l'un et de l'autre, mais en laissant à chacun son autonomie.
Ensuite, je privilégierais la complémentarité public/privé, avec un système de coordination qui prendrait en charge la patiente jusqu'à la fin de son séjour hospitalier, ceci pour éviter que, prise de panique comme c'est souvent le cas, elle s'inscrive dans différents établissements, se rende dans celui qui lui convient le mieux et ne se désiste jamais auprès des autres, qui lui réservent une place indûment.
Bien sûr, la Ville de Paris doit informer les femmes en leur expliquant que les grossesses les moins avancées, c'est-à-dire inférieures à 7 semaines, sont interrompues plus facilement par la technique médicamenteuse et en sachant que les grossesses les plus avancées sont le plus souvent le fait de femmes défavorisées, en détresse sociale ou alors se voient chez les très jeunes qui dénient leur grossesse.
Enfin et surtout la Ville de Paris se doit de favoriser la contraception, prévention toujours bien préférable à toute intervention.
Il faudra peut-être se résoudre à ce seul moyen, car la relève des médecins rompus aux I.V.G. n'est plus assurée. Ce n'est pas un hasard si la grande majorité d'entre eux a atteint la cinquantaine car ils ont vécu l'avant et l'après I.V.G., et l'époque où 300 femmes par an mouraient des complications de l'avortement.
C'est mon honneur de médecin, de défendre cette profession et de vouloir améliorer le sort de mes concitoyennes.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour la République et apparentés", "Démocratie libérale et indépendants", "Ensemble pour Paris" et Union pour la démocratie française).
(Mme Anne HIDALGO, première adjointe, remplace M. le Maire de Paris au fauteuil de la présidence).
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Je vous remercie.
La parole est à Mme Colombe BROSSEL.
Mme Colombe BROSSEL. - Madame la Maire, à l'heure du bilan des activités proposées à Paris pendant cet été, il me semble important de revenir sur quelques éléments, notamment les actions en faveur des Parisiennes et Parisiens qui ne sont pas partis en vacances et qui ont pu bénéficier de la solidarité municipale.
S'ils ont pu en bénéficier, c'est grâce à la volonté de l'équipe municipale de faire en sorte que Paris soit une ville ouverte à tous. Une ville de mélanges et d'animations y compris dans sa période d'été où bien trop souvent de nombreuses activités s'arrêtent. Je ne reprendrai pas ce qui a été développé par plusieurs de mes collègues mais un effort particulièrement important a été fait cet été encore en faveur de l'hébergement, de l'aide alimentaire et de l'accès aux soins des Parisiens les plus démunis.
Les 13 Espaces solidarité-insertion sont restés ouverts tous l'été, ces espaces permettant d'offrir des soins médicaux et paramédicaux grâce à l'augmentation de la participation financière de la Ville. C'est plus de 1.500 repas supplémentaires qui ont pu être servis par rapport à l'année dernière, les capacités d'accueil en hébergement d'urgence, bien que trop limitées encore, ont quant à elles augmenté de 10 %.
En matière de santé publique, l'effort de la Ville a été important notamment en ce qui concerne les femmes souhaitant interrompre leur grossesse, même si bien évidemment là encore il reste de nombreuses choses à améliorer. Cependant la coordination des différents centres a permis d'augmenter les capacités d'accueil.
J'en profite pour ouvrir une parenthèse si vous me le permettez, pour rappeler qu'au moment où la Ville de Paris développait la communication en faveur des femmes souhaitant interrompre leur grossesse, le Gouvernement RAFFARIN en matière d'information sexuelle modifiait en catimini la composition du Conseil supérieur à l'information sexuelle. La CADAC, association menant depuis des années des combats importants en faveur du droit des femmes et l'Association des parents gays et lesbiens apprenaient à l'occasion d'un décret paru au Journal officiel qu'elles étaient remplacées par la Fédération nationale des familles de France et la Confédération nationale des associations familiales catholiques.
Je ferme la parenthèse.
La Mairie s'est également engagée en faveur des jeunes Parisiens qui restent à Paris l'été. 255 centres de loisirs étaient ouverts en juillet, 182 en août, accueillant comme cela est précisé dans la communication du Maire, près de 11.500 enfants par jour. Les centres d'initiation sportive ainsi que les écoles municipales des sports qui représentent une vraie amélioration dans le système permettant la pratique sportive ont fait le plein et ont permis de développer cette pratique. Des activités sportives de prévention dans les équipements de quartier type T.E.P. ont été animés par des associations locales. Elles ont permis d'accueillir des jeunes pour des activités gratuites, notamment en fin de journée et en début de soirée, permettant une utilisation au bénéfice de tous les riverains de ces équipements.
Je voudrais profiter de cette intervention pour saluer le travail remarquable de ces associations notamment dans les quartiers de l'Est et du Nord-est parisien, travail qui a réellement été une amélioration de la qualité de vie de tous les habitants de ces quartiers. Enfin, le doublement des moyens mis en ?uvre pour l'opération "Ville-Vie-Vacances", menée en partenariat avec la Préfecture de police, a permis de proposer à 34.000 jeunes des quartiers "politique de la ville" des activités sportives et culturelles, des sorties ou des chantiers humanitaires.
Si le dispositif n'est pas nouveau, ce chiffre est à confronter aux 9.000 places proposées en 2001 et, de l'avis des clubs de prévention, des associations de terrain, des fonctionnaires de police, des élus locaux, etc., ce dispositif a été un véritable succès dans les quartiers.
Pendant ce temps, le gouvernement de M. RAFFARIN préparait une rentrée difficile pour le monde associatif. Il a tout d'abord décidé l'arrêt sans autre forme de procès, des emplois-jeunes, dispositif ô combien important en matière de créations d'emplois et d'offres de nouveaux services par les associations, puis l'ensemble des emplois et des emplois d'insertion ont vu l'aide de l'Etat régresser dans des proportions incroyables.
Ceci concerne autant les contrats "emploi solidarité", les contrats "emploi consolidé" que les emplois à destination des travailleurs handicapés.
Quant à la lutte, ô combien difficile, pour l'insertion des jeunes les plus éloignés de l'emploi, elle subit de plein fouet l'arrêt programmé du dispositif TRACE et contrairement à toutes les affirmations véhémentes de M. Jean-Louis BORLOO, Ministre de la Ville, sur l'importance fondamentale de la politique de la Ville pour le Gouvernement, tous les contrats d'adultes relais sont gelés depuis le 17 juillet, mettant les associations et ceux qui se pensaient futurs salariés voire même ceux qui avaient déjà signé leur contrat de travail dans des situations collectives et personnelles dramatiques.
Dans ce contexte, la Ville de Paris a su démontrer qu'une ville se construit avec tous ses habitants sans exclusion ni ostracisme. Elle a su le démontrer dans une période où ceux qui restent à Paris ont besoin d'une permanence des services publics ; elle a su démontrer en bref que le mot solidarité a pris plus que jamais tout son sens à Paris.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, "Les Verts", communiste et du Mouvement des citoyens).
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci.
La parole est à Mme MARTIANO.
Mme Géraldine MARTIANO. - Madame le Maire, mes chers collègues, "Paris-plage" fut un succès sans aucun doute mais comment aurait-il pu en être autrement ? Installez des baraques foraines sur les Champs, des salles de "muscu" à la Comédie française, organisez un concert rock au Sénat et un bowling à l'Assemblée, vous aurez du monde !
Il y a eu du monde sur les berges. Mais la question de la fréquentation n'était pas votre préoccupation réelle. La seule obsession de l'équipe municipale - je dis obsession car chez certains, cela frôle la monomanie - est de faire accepter un jour la fermeture totale et permanente des voies sur berges.
Au passage, je vous rappelle que les voitures ne sont pas des robots autonomes et vides qui s'agitent uniquement pour peiner M. BAUPIN et M. CONTASSOT ! Dans les voitures, il y a des citoyens.
Franchement, sur les voies sur berges, il n'y avait rien d'extraordinaire, que du spectaculaire. Une banale opération camouflage des objectifs réels et l'argent du contribuable à la Seine. Tel Eisenhower faisant construire de faux aéroports dans le sud-est de l'Angleterre pour faire croire à un débarquement dans le Pas de Calais, vous avez bluffé tout le monde, poursuivant un seul but : habituer les Franciliens à la fermeture des berges.
"Paris-plage" est une opération paillettes. C'est vrai, c'était joli quand il faisait beau et original, en un mot épatant. Mais c'est décourageant, le sable, rien n'y pousse et tout s'y efface et cela a coûté aux contribuables, au détriment de dossiers importants.
On en a parlé et on parle encore des palmiers ! Il paraît que l'équipe souhaite en planter sur les alignements de Paris. Pourquoi pas ! Mes origines font que j'apprécie la végétation méditerranéenne. Mais soyons lucides, après les bambous, les palmiers ! Ce cher Ferdinand LOP dont l'ouvrage maître s'intitule "Richesses de la Tunisie" souhaitait prolonger le boulevard Saint-Michel jusqu'à la mer. On y vient doucement ! Plantons des palmiers, mais heureusement que notre Maire n'est pas né en forêt amazonienne !
Sérieusement que sont 80 palmiers quand il faut replanter 75.000 arbres tombés pendant la tempête de décembre 1999 et faire en sorte que les Parisiens puissent se promener, faire du vélo, faire de la musique au bois de Boulogne. Quand cela sera-t-il fait ? C'est, je vous le rappelle en automne qu'on plante les arbres, Monsieur le Maire. Pourquoi pour rendre agréable la ville des Parisiens en été n'ouvrez-vous pas les stades et piscines tard le soir, avec présence de moniteurs à disposition de ceux qui souhaitent courir, nager, jouer au ballon ? Vous toucheriez plus de monde pour de vraies activités dans les arrondissements. Peut-être pourriez-vous nous informer sur l'avenir de Molitor qui est, paraît-il, un de vos soucis permanents et deux de vos amis architectes se sont longuement penchés sur la question. Vous aviez pendant la dernière campagne pris l'engagement de reconstruire Molitor à l'identique. Avant 1989, la piscine d'été était bien agréable, avec ses transats, ses parasols, au moins autant que la plage sans le bain...
"Paris-plage" était un spectacle, plutôt réussi. Les critiques avertis ont apprécié et largement commenté, vous savez organiser les spectacles. "L'action politique est comme le scalpel du chirurgien, elle ne laisse pas de place à l'incertitude". Alors dites-nous, au-delà de cette sympathique attraction qui, je le répète, n'est qu'un prétexte, comment comptez-vous réellement permettre aux Parisiens de profiter au mieux de la Capitale en été ? Ils le valent bien !
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - M. RIOU a la parole pour neuf minutes.
M. Alain RIOU. - Madame la Maire, mes chers collègues, d'une manière générale, Paris, cet été, a pris un visage beaucoup plus vivant, dynamique et sympathique que nombre d'étés précédents.
En matière culturelle tout d'abord, Paris a connu une saison particulièrement réussie. A l'image de l'opération "Paris quartier d'été" qui, mieux soutenue que précédemment par la Ville de Paris, a pris un essor nouveau.
Celle-ci doit être amplifiée quitte à ce que la Ville devienne quasiment un des seuls acteurs financiers de l'opération et cet accroissement des moyens doit bénéficier particulièrement aux quartiers périphériques et populaires parisiens.
De même, l'opération "Paris-plage" fut un véritable succès, notamment grâce aux enseignements tirés de la fermeture précédente des voies sur berges.
Les Verts sont particulièrement satisfaits de voir aboutir partiellement, dès la deuxième année de mandature des Verts et du reste de la gauche à Paris, un projet proposé sous la majorité précédente, il y a maintenant plus de quatre ans, par notre collègue Jean-François BLET, sous les ricanements et les quolibets de la droite et face au silence perplexe d'une partie de la gauche.
Une fois n'est pas coutume, Madame la Maire, Jean-François BLET a été votre précurseur. Je vous encourage vivement sur cette lancée à suivre régulièrement ses avis.
Alors que les oriflammes, le sable, les galets, le gazon, les palmiers et les transats ont surtout intéressé la presse et entraîné un grand succès populaire de curiosité, ce dont les Verts se félicitent particulièrement, il est apparu clairement que la qualité de "Paris-plage" a tenu pour sa plus grande part à l'effort consenti en matière d'animations culturelles auxquelles ont été consacrés 40 % du budget total de l'opération.
Il faut aussi particulièrement se féliciter de l'initiative et de la réussite de l'événement "Cinéma au clair de lune".
Toutefois globalement, en matière d'animations culturelles estivales, malgré de très nets progrès, il reste beaucoup à faire. En effet, même si le rapport devient moins défavorable, nous sommes encore bien loin du foisonnement culturel des étés londoniens ou berlinois.
Sans doute serait-il souhaitable, à l'avenir, que les animations culturelles se multiplient et occupent un plus vaste espace en investissant d'autres quais moins favorisés par leur situation ou leur contexte architectural.
Saisissons cette occasion d'amener la culture dans des quartiers où elle est moins facile d'accès qu'autour du centre historique de Paris. Cette extension pourrait permettre de développer de nouvelles animations s'inspirant de celles ayant connu le plus vif succès. Ainsi à l'image de l'atelier de n?uds marins pourrait-on initier des itinéraires de découverte de la Capitale, de ses métiers d'antan et contemporains, de l'histoire de son peuplement.
Ce "Paris pluriel, un Paris à vivre ensemble" pourrait s'inscrire dans un cadre ludique et festif fait de guinguettes, scènes musicales, stages d'été ouverts à tous et offrant une continuité et une complémentarité à l'opération "Paris-plage" proprement dite. Il s'agit là d'un véritable enjeu culturel mais aussi touristique : celui de faire découvrir les différents visages de Paris en profitant de l'effet "Paris-plage" pour une invitation au voyage culturel.
Enfin, et je crois que je vais faire de la peine à M. AZIÈRE puisque je vais parler de carnaval, il semblerait judicieux, pour clore l'opération, de mettre en ?uvre un événement festif d'envergure à même d'attirer le plus grand nombre de visiteurs et symbolisant la reconquête des berges.
Dans cette optique, une parade carnavalesque sur terre et sur les eaux pourrait avoir les berges, toutes les berges, et la Seine pour théâtre.
L'été parisien pourrait ainsi, à l'instar de Londres et de son carnaval de Nothing Hill, connaître un événement estival de première grandeur. Cette parade carnavalesque participerait au renouvellement de l'image touristique de la Capitale trop longtemps cantonnée au rôle de ville-musée.
Concernant maintenant les actions auprès des jeunes, de notables progrès ont été constatés puisqu'elles se sont multipliées dans un esprit d'égalité, de démocratie et d'accès pour tous aux loisirs.
Si l'effort consenti est sensible, certains élus d'arrondissement ont regretté que ne soient pas encore suffisamment et systématiquement associées les mairies d'arrondissement au choix des projets prioritaires à soutenir, à l'image des opérations "Ville-Vie-Vacances" pour lesquelles l'attribution ou non de subventions ne dépend nullement de l'avis du maire d'arrondissement.
Pour conclure, je dirai : donnons à Paris la présence de la qualité culturelle l'été dans les coins les plus reculés, les plus oubliés voire les plus sacrifiés de la Capitale.
Occupons vraiment les jeunes à Paris comme sur les lieux de vacances plus traditionnels.
Créons durablement un événement à fort contenu culturel et festif à la mesure de son dynamisme et de son rayonnement international.
Insufflons du sens aux projets pour qu'ils soient porteurs de valeurs républicaines de tolérance, de partage et d'équité.
Il nous appartient de rendre la Ville à ses habitants, à ses visiteurs, de la faire connaître et aimer.
Madame la Maire, mes chers collègues, je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs du groupe "Les Verts").
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Monsieur RIOU.
Mme Sophie MEYNAUD a la parole.
Mme Sophie MEYNAUD. - Merci, Madame la Maire.
Chers collègues, je m'attacherai plus particulièrement à "Paris-plage" suite à l'intervention de ma collègue Catherine GÉGOUT.
"Paris-plage", quoi qu'on en dise, a eu un succès indiscutable auprès des Parisiens, de nos voisins, des touristes qui étaient de passage.
Un succès immense dont on peut d'autant plus se féliciter qu'il s'agissait d'un pari vivant, innovant et audacieux.
Pour moi, pour les élus du groupe communiste, le succès de cette opération confirme bien nos positions, nos espoirs, la vision que nous portons, dans le sens d'un meilleur partage de l'espace public, en faveur des habitants de toutes variétés et de toutes origines : notamment cet été pour ceux qui n'avaient pas la chance de partir en vacances.
Quelques observations :
Tout d'abord, le succès de "Paris-plage" constitue la confirmation éclatante de la nécessité de rendre cet espace inscrit au Patrimoine de l'Humanité aux habitants de Paris, des communes voisines, et aux visiteurs qui viennent parfois de très loin.
L'aménagement des berges que nous proposons depuis longtemps fait partie des objectifs majeurs que notre collectivité doit se donner.
Parce que nous rêvons de faire de cet espace magnifique un lieu festif, culturel et ouvert à tous, parce que la Seine et ses berges font partie de notre Histoire et parce qu'il est légitime de les rendre à tous ceux qui veulent en profiter pleinement. Pour tout cela, nous souhaitons inclure l'aménagement des voies sur berges et à terme, leur fermeture à la circulation automobile, dans les grands projets de la Ville à échéance raisonnable mais visible et affirmée.
C'est un projet audacieux, mais qui rendrait à la Seine, son rôle de lien social, culturel, mais aussi économique entre Paris et ses quartiers et au-delà.
Au moment où nous élaborons les futurs plans de déplacement parisien et plan local d'urbanisme, cet objectif pourrait, sans forcément en fixer les échéances, faire partie des projets inclus dans ces documents. Toutefois, je le rappelle, une restriction forte de l'usage de l'automobile dans Paris ne pourra être envisageable que si, parallèlement, nous faisons un effort véritable pour développer les transports en commun et de nouvelles intermodalités à Paris et avec nos voisins.
C'est la raison pour laquelle nous appuierons tous les projets allant dans ce sens comme le projet de tramway sur les Maréchaux le plus loin possible, comme l'augmentation et la diversification de l'offre de transports alternatifs à la voiture.
Néanmoins, j'aimerais clarifier une chose dont nous avons d'ailleurs beaucoup discuté au sein de la Commission de concertation que je préside pour l'élaboration du Plan de déplacement parisien et à laquelle chacun des élus de notre Assemblée est naturellement convié : il ne s'agit pour moi en aucun cas d'interdire aux Parisiens et à nos voisins de posséder une voiture. Cela consoliderait des inégalités à mes yeux insupportables, d'autant plus que la technologie progresse, en faveur du "mieux-être", également dans le domaine de l'automobile.
Non, le défi pour nous, Monsieur le Maire, se traduit aujourd'hui par l'articulation de ces deux éléments : inciter au maximum à l'utilisation des transports en commun et des modes alternatifs à la voiture à Paris et dans sa couronne, tout en offrant la possibilité notamment aux résidents de parquer leur voiture dans la durée, en sécurité et à un prix accessible.
C'est comme cela, je le pense, que nous arriverons à réduire la part du trafic automobile à Paris même si cela se traduira aussi nécessairement par des mesures fortes de rééquilibrage dans le partage des espaces publics. Rendre les voies sur berges à la promenade de tous est une de ces mesures fortes.
Enfin, pour terminer, je souhaite dire de tout mon c?ur que les voies sur berges, la Seine, les opérations comme "Paris-plage" restent des lieux et des moments populaires et mélangés, qui seront toujours plus dans l'avenir par la créativité des Parisiens, des voisins utilisateurs de ces espaces, des lieux et des moments accessibles à tous, gratuitement, et sans discrimination. Je dis cela parce que j'ai la crainte de voir l'aspect commercial, le caractère marchand prendre le dessus et, on ne peut pas se le cacher, les potentialités sont tellement fortes que le risque est réel.
C'est pourquoi, Monsieur le Maire, je souhaite que nous restions extrêmement attentifs à l'universalité de ce lieu qui n'est ni à vendre, ni à louer et les pressions vont être fortes à ce sujet, vous le savez.
"Paris-plage" était symbolique et représente un avenir qui me plaît bien. Travaillons donc à l'embellir encore pour le plaisir de tous.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Les Verts", socialiste et radical de gauche, du Mouvement du citoyen et communiste).
(M. le Maire de Paris reprend place au fauteuil de la présidence).
M. LE MAIRE DE PARIS.- La parole est à Claude DARGENT.
M. Claude DARGENT. - Monsieur le Maire, chers collègues, mon intervention portera sur le bilan de l'opération et sur les perspectives que l'on peut entrevoir.
Il est clair que les élus de droite de cet hémicycle regrettent amèrement leurs réserves lors de la discussion de ce projet au Conseil de Paris en juin dernier. Lors de ce débat et au lieu de saluer cette heureuse initiative de la Municipalité, les intervenants de droite avaient en fait multiplié leurs remarques critiques. Mme KUSTER nous promettait à l'époque "Paris bouchons" et condamnait par avance dans "Le Figaro" la "prise en otage" de milliers de Franciliens sous prétexte qu'ils sont automobilistes. Grâce à la minutieuse préparation de cette opération - il faut rendre hommage aux services et au pilotage politique de cette opération - il n'en a rien été.
Par cette attitude hostile, la droite parisienne montre combien elle a décidément perdu le contact avec les aspirations des Parisiens, et parce que lorsqu'elle est dans l'erreur, elle persiste et signe, je voudrais évoquer ici deux des critiques qu'elle émet encore à l'encontre de cette initiative de la Municipalité.
Premièrement, cette opération ne serait qu'une forme de gadget. C'est quand même une curieuse appréciation pour une initiative qui a rassemblé 2.300.000 personnes. Les Parisiens et les Franciliens qui ont fréquenté "Paris-plage", dont certains parce qu'ils n'avaient pas la possibilité de partir en vacances, apprécieront à son juste titre ce jugement !
Deuxième objection que la droite persiste à formuler : cette initiative aurait coûté bien cher. Alors regardons véritablement les chiffres : 1,5 millions d'euros. Cela représente moins de 75 centimes d'euros par habitant. Au regard d'une dépense aussi modique, les participants avaient la possibilité de fréquenter gratuitement 70 spectacles, une série d'activités sportives, et d'utiliser des équipements qui restent acquis à la Ville et qu'elle pourra réutiliser.
Sans parler des recettes induites liées aux retombées touristiques futures de ce type d'opération.
On voit que le bilan est difficilement contestable, mais je voudrais en passer à l'avenir.
Vous l'avez rappelé : compte tenu de son succès, cette initiative sera renouvelée l'année prochaine. Les Parisiens veulent se rapprocher de leur fleuve. Certes, ils ne peuvent pas encore s'y baigner, comme un Maire de Paris l'avait pourtant promis il y a quelques années, mais nous entendons en revanche réaliser deux piscines flottantes sur la Seine pour tenter de remédier au grave retard dont souffre Paris pour cette catégorie d'équipements comme pour d'autres par rapport aux métropoles françaises et étrangères.
Au-delà, on a parfois évoqué la fermeture définitive de ces voies sur berges au trafic automobile. Je voudrais souligner que c'est là une tout autre question. Mon sentiment est que l'accès permanent des Parisiens aux bords de Seine est à terme inéluctable. Mais cela va prendre beaucoup de temps, un temps qui excèdera clairement cette mandature.
Une réflexion est engagée sur l'ensemble des voies d'eau parisiennes et leur environnement immédiat, mais les voies sur berges remplissent aujourd'hui une fonction dans Paris. Leur fermeture dans les conditions actuelles de trafic, non pas dans la période ralentie de l'été mais durant l'année, causerait des reports de circulation sur d'autres axes, notamment sur les quais hauts et sur le boulevard Saint-Germain. Or, il faut le souligner, il serait parfaitement contradictoire de vouloir améliorer la qualité de vie des Parisiens en leur offrant un accès au fleuve, mais de dégrader du même coup celle de nos concitoyens qui résident le long de ces itinéraires alternatifs.
Cette fermeture des voies sur berges supposerait donc au préalable une diminution considérable de la circulation dans Paris ; notons qu'elle est en marche : 3 % de baisse de la circulation automobile en un an, c'est considérable, cela montre que la politique d'amélioration des transports en commun que conduit l'actuelle Municipalité produit des effets assez rapides ; mais cette baisse de 3 %, bien que notable, est sans commune mesure avec ce qui est nécessaire pour rendre de manière permanente les berges de la Seine aux Parisiens. Il faut donc poursuivre l'effort déjà engagé d'amélioration des transports collectifs et ce n'est qu'ensuite que des dispositions plus durables pourront être prises pour que cet axe aujourd'hui dévolu exclusivement à la circulation automobile cesse de constituer une barrière infranchissable entre les Parisiens et leur fleuve.
Pour finir, je voudrais dire que l'on a quelque difficulté à comprendre la position de la droite parisienne à l'heure où le Président de la République se réclame du développement durable à Johannesburg car c'est bien ces modes de transports alternatifs liés à l'impératif de développement durable qu'il s'agit d'encourager à Paris et l'opération "Paris-plage" y a bien sa place.
Le groupe socialiste et radical de gauche est favorable à cet objectif de développement durable et depuis bien plus longtemps ; mais il entend l'appliquer avec pragmatisme. En cela, il reste fidèle à son aspiration fondamentale qui est d'allier projet politique volontariste et souci permanent des préoccupations des Parisiens.
Nos concitoyens savent qu'ils peuvent pleinement compter sur leurs élus socialistes et radicaux de gauche pour concilier ces deux objectifs.
M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à Mme MAZETIER.
Melle Sandrine MAZETIER, adjointe. - Monsieur le Maire, les socialistes parisiens sont particulièrement satisfaits de l'expérience urbaine et humaine que constitue "Paris-plage". La diversité des publics, la reconquête par le plus grand nombre de la Seine et d'un site classé patrimoine de l'humanité par l'UNESCO, vous l'avez souligné vous-même dans votre propos liminaire, "Paris-plage" a aboli ces frontières imaginaires et impalpables qui réservent des lieux, des parcours aux uns et relèguent les autres au-delà du limes du centre historique de la Capitale.
Toute l'année, on peut admirer le paysage de l'île Saint-Louis et pourtant, comme vous l'évoquiez dans votre anecdote, beaucoup de Parisiens ont découvert ces sites grâce à "Paris-plage" et les ont désormais inscrits dans leur géographie intime.
C'est sans conteste un des plus grands exploits de "Paris-plage" que d'avoir permis ce travail inconscient en ouvrant les voies sur berges durant quatre semaines, c'est-à-dire bien plus que l'espace d'un carnaval et de son éphémère renversement des ordres et des valeurs qui n'ont d'effet que d'exutoire à des tensions, comme je le rappellerai à la fois à M. AZIÈRE et à M. RIOU. "Paris-plage" n'était pas un spectacle, Madame MARTIANO, c'est une révolution souterraine et profonde et je crois que de ce bouleversement durable de la géographie intime de chaque Parisien il faut tirer deux enseignements majeurs :
Le premier, c'est qu'il n'y a pas de fatalité à la ghettoïsation et à la gentryfication des quartiers de Paris. On peut inventer des lieux, prendre des initiatives qui permettent le brassage, la rencontre et l'échange.
Le deuxième enseignement, c'est qu'il est également possible de lutter contre la spécialisation des espaces urbains, qu'elle soit voulue ou subie. Loin des utopies urbaines, des dogmes les plus monolithiques, "Paris-plage" inaugure une nouvelle ère pour la Ville, celle où un même espace peut changer de fonction, de manière réversible, en fonction des saisons et surtout en fonction des besoins des Parisiens et de Paris. "Paris-plage" dépasse les alternatives simplistes qui nous sont proposées pour les voies sur berges comme pour d'autres espaces urbains.
Non, Monsieur AZIÈRE, nous sommes loin d'un impératif catégorique. Non, Monsieur NAJDOVSKI, il ne faut pas qu'un espace soit ou ne soit pas naturel, automobile, réservé. Oui, après KANT, il y a eu HEGEL, on sait désormais qu'on peut dépasser, subsumer les contradictions si l'on approfondit les idées et les concepts pour s'intéresser à la vie.
Alors, sans ?illères, sans catéchisme et sans dogmatisme, les socialistes parisiens vous disent, avec leur Président de groupe : continuons, continuons, continuons !
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, "Les Verts" et du Mouvement des citoyens).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Très bien. Et en plus, vous avez été brève, vous avez respecté votre temps de parole, c'est formidable.
Avant de donner la parole aux adjoints - auxquels je précise, puisqu'ils vont être quatre, qu'ils vont devoir être brefs - je donne la parole pour quelques instants à M. le Préfet de police.
M. LE PRÉFET DE POLICE. - Merci, Monsieur le Maire.
Je voudrais simplement répondre très, très brièvement à quelques questions ou points qui ont été évoqués par des Conseillers au cours de ce débat.
M. Georges SARRE a regretté - je le cite - le désengagement de l'Etat dans l'opération "Ville-Vie-Vacances".
Je précise que je ne peux pas accepter les termes "désengagement de l'Etat" alors que la Préfecture de police a complètement confirmé son engagement dans cette opération, puisque nous y mettons 100 policiers en permanence, ce qui veut dire 200 policiers, dont beaucoup de la Compagnie de gymnastique, et qu'il y a donc une participation maintenue et confirmée de l'Etat.
Par ailleurs, la participation financière de la Préfecture de Paris est également confirmée.
Il y a, certes, un désengagement, que je regrette, de la R.A.T.P. ; je suis d'ailleurs intervenu et je continuerai à le faire auprès de la nouvelle Présidente de cette entreprise nationale, car effectivement je regrette que la R.A.T.P. se soit désengagée de cette opération.
Quoi qu'il en soit, je me félicite comme vous, Monsieur le Maire, du succès de cette opération, puisque la fréquentation a augmenté de 12 % cette année, et non seulement ce succès nous encourage à continuer, mais nous étudions actuellement avec les services de la Ville la possibilité d'ouvrir cette opération pour les petites vacances.
Je voulais répondre également à M. Christophe NAJDOVSKI qui a regretté, dit-il, qu'au cours de l'été le nombre d'expulsions locatives ait augmenté.
S'il est vrai que c'est au cours de l'été que se font le plus d'expulsions locatives - pour la bonne raison que l'on prend justement en compte la période la moins gênante pour les familles pour procéder aux expulsions - je voudrais lui dire que si l'on prend le nombre d'expulsions entre le 16 mars et le 1er septembre, il y a eu à Paris 777 expulsions, alors qu'au cours de l'année 2001, certes jusqu'au 15 octobre, il y avait eu 951 expulsions. Il y a donc plutôt une stabilité, mais en tout cas pas d'augmentation des expulsions. Je dois dire d'ailleurs que je remercie aussi bien la Ville de Paris que la Préfecture de Paris, qui essayent d'apporter dans chaque cas particulier, mais avec énormément de soin - Monsieur l'Adjoint, je le confirme - le maximum de réponses en termes de relogement et également hélas, quelquefois, en termes simplement d'hébergement. Mais je crois que tout le monde fait son possible.
Je voudrais enfin simplement - cela n'a pas été relevé - évoquer le succès de l'opération "Tranquillité vacances", qui consiste à surveiller les appartements de ceux qui partent de Paris pour prévenir les cambriolages. 5.700 familles ont bénéficié cette année de cette opération, parce qu'elles l'avaient demandé dans leur commissariat, et je dois dire que c'est un tiers de plus que l'an dernier. Aucun cambriolage n'est intervenu dans les 5.700 logements surveillés, alors qu'au cours de l'été le nombre des cambriolages à Paris baissait de 12 % par rapport à l'année précédente.
J'en ai terminé, Monsieur le Maire.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur le Préfet.
Je passe maintenant aux adjoints, qui répondront brièvement. De toute façon, c'est une séance de "brain storming", donc tout cela va nous servir pour construire les prochaines éditions des différentes activités que nous avons pendant l'été.
Mme STIEVENARD a la parole.
Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, rapporteur. - Monsieur le Maire, chers collègues, je tiens à remercier l'ensemble des orateurs car certaines suggestions et critiques nous inspireront, en effet, pour l'été prochain.
"Paris-plage", c'est important, mais ce n'est pas tout et je remercie les intervenants d'avoir salué la diversité d'activités et de prestations offertes aux Parisiens qui restent à Paris l'été par choix ou par nécessité, Parisiens de tous âges et de toutes conditions, notamment les plus isolés : je pense aux personnes âgées (qui ont été évoquées), aux personnes démunies et aux jeunes en difficulté.
S'agissant des personnes démunies, un effort indéniable a été réalisé. C'est le dispositif exceptionnel "Plan alimentaire été", qui a été concerté avec les services de la D.D.A.S.S., mais aussi l'ensemble des associations et tous les acteurs concernés bien en amont, sous l'égide de Mme STAMBOULI, et qui a permis d'offrir un nombre de repas beaucoup plus significatif que les années antérieures de la part des associations subventionnées par le Département, de la part de "C?ur de Paris" et, par exemple, du centre Baudricourt, géré par le Centre d'action sociale, qui a distribué 44.000 repas cet été.
Mme GÉGOUT a dit : faut-il réfléchir à réinstaller des soupes populaires ? Et puis, elle a évoqué les problèmes des "Restos du C?ur".
Je voudrais dire que pour les "Restos du C?ur", nous ne sommes pas restés inertes, nous avions trouvé le lieu rue Rambuteau, disponible au moins jusqu'à la fin de cette année, nous avions fait une proposition d'un restaurant CROUS dans le 14e arrondissement qui n'a pas été retenue par les "Restos". Nous avons d'autres pistes de proposition pour offrir aux "Restos du C?ur" la gestion de places assises, car nous sommes conscients des limites des distributions aux camions qui ne permettent aucun suivi social et peuvent générer des tensions ou des violences et qui pour le respect de la dignité humaine ne sont pas satisfaisantes.
Nous avons deux pistes et nous espérons pouvoir ouvrir prochainement deux restaurants sociaux qui permettront un accueil de qualité et respectueux de la dignité et des individus.
En matière d'aide alimentaire, entre 2001 et 2002 nous aurons pratiquement doublé l'effort.
Nous avons maintenu ouverts les 13 centres d'accueil de jour pendant l'été. Nous allons conventionner de nouveaux lieux d'accueil de jour prochainement dans le 15e, dans le 12e et à la Porte de Pantin.
Nous avons maintenu également ouverts, à nos frais, les deux centres d'hébergement, Fonck et Curial, qui sont là encore gérés par le Centre d'action sociale.
Bien évidemment, nous tirerons les enseignements de tout cela avec l'ensemble des acteurs concernés pour améliorer encore le dispositif l'an prochain.
Je dirai la même chose concernant "Ville-Vie-Vacances", mais je n'y insiste pas davantage. Chacun a souligné l'effort considérable qui a été fait pour à la fois permettre aux jeunes de ne pas se trouver en déshérence à Paris l'été, pour renforcer les liens sociaux et familiaux et les activités intergénérationnelles.
Cela s'est traduit concrètement par une augmentation très significative des places ouvertes pour les 7 à 21 ans.
Nous avions offert plus de 30.000 places contre moins de 10.000 en 2001, avec la volonté de proposer des actions innovantes, comme les chantiers internationaux. Cela a été souligné.
Je remercie aussi les maires d'arrondissement qui se sont impliqués dans la définition de ce programme. Nous avons mis l'accent également sur une meilleure mixité afin que les filles soient concernées au même titre que les garçons, ce qui n'était pas toujours le cas dans le passé.
Il y a encore des choses à améliorer en direction des jeunes par rapport à l'ouverture des centres d'animation pendant l'été. Concernant les activités en direction des seniors : un grand nombre de spectacles ont été offerts, de sorties à Paris, et en France ainsi qu'en Europe.
L'université permanente connaît un énorme succès et les actions inter-générations sont nombreuses.
Mme FORETTE a soulevé des points qui sont tout à fait réels quant aux difficultés de certaines familles dans la prise en charge des personnes âgées pendant l'été.
Si elle se réfère à la communication qui a eu lieu ici même en mars dernier de la part de Mme HOFFMAN-RISPAL, elle saura combien nous souhaitons nous attacher à développer les centres de répit, l'accueil de jour et les appartements thérapeutiques. Je lui dirai qu'on ne peut pas rattraper 20 ans de retard en 18 mois, mais nous sommes très mobilisés pour que les seniors aient toute leur place à Paris en développant le maintien à domicile et en permettant l'hébergement.
Actuellement, il est vrai qu'il manque des places indéniablement sur Paris.
Dernier point soulevé par Mme RENSON et Mme BROSSEL, la prise en charge des femmes ayant recours à l'I.V.G. pendant l'été.
Mme RENSON a posé une question orale à laquelle il sera répondu demain. Bien évidemment, des difficultés persistent. Nous savons que la situation n'est pas satisfaisante. Cependant, nous avons enregistré l'amélioration du fonctionnement de la cellule de régulation entre les différents centres I.V.G., c'est-à-dire une mutualisation des informations et des places disponibles, ce qui a quand même permis un progrès cette année, particulièrement au mois de juillet.
Il est vrai que le mois d'août est certainement le plus critique et c'est un défi qui reste à relever. Il y a eu pratiquement un doublement du nombre des I.V.G. pendant la période d'août au cours des 5 dernières années mais c'est l'ensemble des acteurs publics au premier rang desquels l'A.P.-H.P. et les cliniques privées, qui doivent ensemble, par la concertation, améliorer cette situation.
J'espère que des moyens supplémentaires seront alloués à l'A.P.-H.P., au budget modificatif par les tutelles pour prendre en compte notamment cette demande et naturellement bien d'autres.
Merci encore à tous ceux qui nous ont fait des suggestions dont nous nous inspirerons l'an prochain.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, du Mouvement des citoyens, communiste et "Les Verts").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.
La parole est à M. Christophe GIRARD.
M. Christophe GIRARD, adjoint, rapporteur. - Chers collègues, je ne reviendrai pas longuement sur "Paris-plage" et son succès populaire incontestable.
Je voudrais simplement aujourd'hui remercier les services de la Ville, en particulier ceux de la Direction des Affaires culturelles pour le formidable travail accompli dans chaque secteur : théâtre, danse, musique, arts plastiques, avec des spectacles de marionnettes, de danse, murs de graffitis, musique classique et techno.
Croyez-moi, tant les enfants que les mamies étaient ravis.
J'ajouterai - et je pense que ni M. le Préfet, ni Christophe CARESCHE ne me contrediront - que l'insouciance et la joie partagées dans "Paris-plage" peuvent avoir une incidence positive sur les rapports humains et la courtoisie dans Paris.
Je suis certain que cette incidence sera forte dans les rapports humains.
D'autres opérations ont eu lieu cet été avec le soutien de la Ville de Paris. "Paris quartiers d'été" qui, depuis cette année, s'intitule l'été parisien.
Cela nous rappelle le rôle précurseur qu'a joué "Paris quartiers d'été" pour ranimer les activités estivales à Paris. Cette année, grâce à un soutien plus important de la Ville, cette association a pu amplifier son activité dans un plus grand nombre d'arrondissements, jusque chez nos voisins, villes limitrophes.
Une autre opération intitulée "En compagnie d'été" que vous connaissez peu, puisqu'elle est une expérience nouvelle, est un test que nous avons fait dans le 14e arrondissement au théâtre 14 "Jean-Marie Serrault" qui a permis d'ouvrir en juin et en juillet des théâtres habituellement fermés en les mettant à la disposition de compagnies indépendantes.
Ce sont des troupes qui, en toute liberté, en accord avec la direction du théâtre, occupent les lieux pendant cette période avec des spectacles, des ateliers, des événements, un accueil différent et une offre complémentaire à celle proposée au public habituel et surtout à un public qui, en temps ordinaire, ne se rend pas au théâtre.
Après un bilan qui sera fait prochainement, cette opération devrait être reconduite et amplifiée. Je signale que le théâtre 13 également, a mené des activités cet été et je l'en remercie.
L'opération "Cinéma au clair de lune", elle, avec 18 projections pour 45.000 spectateurs, a permis de retrouver, dans des conditions exceptionnelles, des ?uvres d'hier et d'aujourd'hui.
Je vous rappelle que 6.000 personnes ont assisté à Montmartre à la projection du "Fabuleux destin d'Amélie Poulain". Le cinéma c'était aussi cet été 220.000 spectateurs pour l'opération "moins de 26 ans" "3 euros et 3 jours" ou bien "trois euros pour tous publics".
J'ajouterai, pour la fête de la musique, que l'année prochaine, nous pensons proposer qu'elle soit mieux orientée vers les musiques "amateur" et également mieux partagées, organisées avec nos arrondissements. Je salue là le travail des adjoints à la culture de chaque arrondissement.
Bien d'autres initiatives ont lieu à Paris grâce au réseau associatif très fourni en juillet et août, et de plus en plus l'été parisien est riche de propositions que ce soit pour les Parisiens ou pour les touristes car il y a une vraie demande.
Vous le savez, il est important que nous répondions de façon constructive et créative pour permettre à tous de profiter de cette période particulière, de ce rapport au temps suspendu pour que chacun trouve comment vivre mieux dans sa ville.
Pour conclure, nous vous distribuerons dans la journée le plan R.A.T.P. et le programme de "Nuit blanche", opération, je vous le rappelle, votée à l'unanimité du Conseil de Paris.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, du Mouvement des citoyens, communiste et "Les Verts").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
La parole est à M. Jean-Bernard BROS.
M. Jean-Bernard BROS, adjoint, rapporteur. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, globalement la saison d'été que nous venons de passer a été relativement satisfaisante, car moins d'un an après les attentats du 11 septembre on s'attendait à bien pire.
A cet égard, dès le lendemain de ces événements dramatiques, le tourisme parisien a chuté de 30 à 40 %. La baisse inévitable de fréquentation de touristes américains et japonais par rapport à l'été dernier, en raison de la crainte de l'avion, a été compensée par une présence plus importante des européens, en particulier des Britanniques et des Italiens. Le taux d'occupation des hôtels cet été s'élevait à environ 75 %, soit un taux légèrement inférieur à celui de l'été 2001. Certains musées comme le Louvre ont vu leur fréquentation augmenter de façon substantielle, + 10 %.
Il faut rappeler que l'été n'est pas une saison haute du tourisme parisien, contrairement aux destinations balnéaires ou de montagne ; les deux saisons hautes sont le printemps, de Pâques à fin juin, et l'automne, de la rentrée à la Toussaint, car il y a une combinaison du tourisme d'affaires et du tourisme de villégiature, chacun représentant 50 % du tourisme parisien.
Si l'été a été relativement satisfaisant c'est aussi grâce aux initiatives de la Ville de Paris qui n'est pas restée les bras croisés. En effet, nous étions confrontés à l'idée reçue d'un Paris, ville morte en été mais aussi à une image déficiente en termes d'accueil. Il fallait donc agir sur les deux aspects avec l'animation festive et conviviale, et l'amélioration de la qualité d'accueil.
"Paris-plage" a été un succès populaire très important, que ce soit pour les Parisiens ou les touristes qui ont unanimement apprécié cette initiative car elle a apporté une dimension très conviviale à la Capitale. Les retombées médiatiques de cette initiative ont été considérables. L'impact sur l'image de la Capitale est déterminant : Paris a montré qu'elle était capable d'innover, de surprendre, de proposer des moments d'échanges et de rencontres, et pas seulement des musées ou des monuments. Ce qui s'est passé est déterminant ; cela contribue à rajeunir l'image de la Capitale à l'étranger, à la rendre plus conviviale, et à développer une fréquentation touristique estivale nouvelle, avec à la clef des retombées économiques supplémentaires pour Paris.
Les "Ambassadeurs de l'accueil" est une initiative que j'ai proposée au Maire de Paris dès 2001 : une équipe avait alors accueilli les visiteurs sur le parvis de Notre-Dame ; cette année, ce n'était pas moins de 170 jeunes, dont de nombreux enfants de salariés de la Ville de Paris que nous avions sollicités, recrutés en vacation pendant deux mois, qui ont contribué à l'amélioration de la qualité de l'accueil des visiteurs à Paris.
Ils étaient situés sur les principaux axes et places de la Capitale, dans les gares et les stations de métro, pour renseigner et orienter les visiteurs. Cette opération a été réalisée en partenariat avec la R.A.T.P. et l'Office de tourisme et des congrès. Pas moins de 80.000 personnes ont été renseignées et guidées, notamment à "Paris-plage" et sur le parvis de l'Hôtel-de-Ville. Nous avons eu des échos unanimes, en particulier de la presse qui a salué cette initiative visant à mieux accueillir les touristes. Cette opération sera reconduite et, je l'espère, amplifiée en 2003.
Mes équipes préparent activement la rentrée touristique, avec notamment la préparation de la prochaine campagne de promotion "Christmas Shopping" pour les fêtes de la fin d'année et "Paris Capitale de la mode" pour le mois de janvier 2003.
Les subventions de la Ville de Paris à l'O.T.C.P. s'élèvent à plus de 7 millions d'euros auxquels viendront s'ajouter, en 2003, la somme de 200.000 euros supplémentaires pour le soutien au tourisme d'affaires, où la place de Paris subit une très vive concurrence.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous n'annoncez pas ce qui n'est pas encore décidé dans le budget 2003. Ce sont des demandes intéressantes sur lesquelles nous travaillons. Si tout le monde fait comme cela, il sera difficile de boucler le budget.
M. Jean-Bernard BROS, adjoint, rapporteur. - Pardonnez-moi, je pensais que cela passerait et que personne ne le remarquerait.
(Rires dans l'hémicycle).
Nous préparons également l'ouverture de points d'information dans les gares et les aéroports, suite à ma rencontre récente avec M. Pierre CHASSIGNEUX, Président des A.D.P.
J'ai décidé, enfin, d'accompagner la mise en place du label "tourisme et handicap" par l'octroi d'une subvention spécifique pour l'amélioration des conditions d'accès des sites touristiques parisiens aux personnes handicapées.
Enfin, nous suivons de près les travaux du Comité de développement économique durable de Paris (CODEV) qui se penche sur le sujet du tourisme actuellement et doit remettre des préconisations en novembre prochain. Je ne manquerais pas d'étudier de près les recommandations qui nous seront formulées.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
Pour conclure ce débat au nom de l'Exécutif, la parole est à M. Denis BAUPIN.
M. Denis BAUPIN, adjoint, rapporteur. - Merci, Monsieur le Maire.
Je voudrais commencer par remercier tous nos collègues, sur tous les bancs de cette Assemblée, pour les commentaires flatteurs qu'ils ont faits sur l'opération "Paris-plage" et sur son succès.
Il est vrai que, de la part de ceux qui, quelques mois auparavant, nous disaient que l'on allait prendre les automobilistes en otages, que ce serait "Paris bouchon" contre "Paris-plage", le changement de ton est notable. J'en suis même arrivé à me demander, en entendant certains de nos collègues de l'U.M.P., si nos maisons de plage, les "maisons bleues" n'avaient pas donné quelques idées à certains, montrant ainsi à quel point "Paris-plage" pouvait être porteur d'image positive.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Mauvaise comparaison. "Paris-plage" durera plus longtemps que le projet "maison bleue".
(Rires dans l'hémicycle).
M. Denis BAUPIN, adjoint, rapporteur. - J'ai bien entendu toutes les suggestions qui nous ont été faites pour améliorer ce projet, et beaucoup d'idées intéressantes ont été proposées qui concernent la Petite enfance, la meilleure utilisation du fleuve... Toutes ces idées nous permettrons d'améliorer l'opération l'an prochain.
Car il est clair que l'an prochain nous souhaitons poursuivre "Paris-plage". L'aspiration de nos concitoyens, qu'ils soient Parisiens ou Franciliens, à retrouver des lieux de paix au c?ur de la Capitale a été largement démontré. Et, comme l'a rappelé Sophie MEYNAUD, un site comme celui-là, classé au patrimoine de l'humanité par l'UNESCO, a vocation, au moins pendant la période estivale, à pouvoir accueillir des manifestations de grande ampleur, permettant vraiment de retrouver des espaces de nature et de grande qualité.
Quelques mots sur les questions budgétaires puisqu'elles ont été abordées par M. LEGARET. Si une délibération est passée au précédent Conseil de Paris sur les animations artistiques et spectacles, c'est simplement parce qu'il était nécessaire de passer un marché. Pour toutes les autres activités, qu'il s'agisse de l'information aux automobilistes, les itinéraires conseillés, les portails, les tunnels, les cabines de plage, etc., la sécurité, la conception et la régie générale, nous n'avions pas besoin de marché. C'est pourquoi, même si ce budget excède les 600.000 euros, nous n'avons pas eu besoin de passer de délibération au précédent Conseil.
M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Faites-le !
M. LE MAIRE DE PARIS. - C'est ce qu'il est en train de faire, et si vous voulez des détails écrits, on vous les donnera.
M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Je vous demande de le faire !
M. Denis BAUPIN, adjoint, rapporteur. - Monsieur LEGARET, il y a des questions qui ont été posées à ce Conseil, questions orales auxquelles vous trouverez les réponses détaillées dans le B.M.O.
L'avenir des berges de la Seine : ce fut l'objet de beaucoup d'interventions ce matin. A cet égard, je voudrais vous lire la lettre qui m'a été adressée par M. JEGO, Président de "La Seine en partage", député-maire U.M.P. : "Cet été restera dans l'histoire de la Seine comme celui au cours duquel la preuve aura été apportée, de manière éclatante, qu'il est possible d'imaginer autre chose pour notre fleuve. Là même où depuis plus de 40 ans le tout automobile n'avait cessé de prévaloir. C'est dans cet esprit que nous sommes intéressés par les perspectives évoquées par la Municipalité parisienne visant à rendre pérenne l'accès des voies sur berges aux seuls piétons".
Sans doute M. Yves JEGO fait-il partie de ces Ayatollahs "Verts" que certains décrivent à longueur de presse. D'ailleurs, permettez-moi, à propos de ce terme, de le comparer à celui qui avait été utilisé quelques mois auparavant par M. SÉGUIN qui avait déclaré que les élus "Verts" lançaient des fatwas contre les automobilistes.
Je m'étonne de constater que dès que l'on aborde le sujet de l'automobile, certains se sentent obligés de recourir à un registre religieux. Nous apportons vis-à-vis de ces questions, un regard beaucoup plus pragmatique. C'est tout simplement le souci du respect de l'environnement. Quelques semaines après Johannesburg, notre préoccupation reste totale de faire en sorte qu'en diminuant la place de la voiture en ville, nous diminuions la pollution.
Parlons sereinement de l'avenir des voies sur berges. Parce que c'est le sens de l'histoire, notre conviction est que nos concitoyens auront envie de récupérer des espaces tels que les voies sur berges pour en faire des lieux sur lesquels se balader en toute tranquillité. Cela se fera en totale concertation non seulement avec les Parisiens, mais avec nos voisins. J'aimerais rassurer ceux qui se sont inquiétés, notamment Patrick BLOCHE, qui craignait que la fermeture de la voie expresse constitue un isolement. La discussion a commencé, et va se poursuivre avec nos voisins sur ces questions ainsi qu'avec la Préfecture de police puisque ce site est de la compétence du Préfet de police.
De ce point de vue, aucun désaccord entre nous sur le fait que la fermeture des voies sur berges à la circulation automobile, dans les semaines ou les mois qui viennent, n'aurait pas de sens.
La fermeture des voies sur berges, si elle devait intervenir un jour, ne pourrait être que la cerise sur le gâteau, après une diminution forte de la circulation automobile.
Entre temps, Monsieur LEGARET, nous poursuivons évidemment le travail avec nos collègues du Port autonome. Contrairement à ce que vous avez indiqué, plusieurs projets sont en cours de discussion avec le Port autonome comme le transport régulier de personnes sur la Seine, le développement de navettes fluviales pour les touristes ou encore le transport de marchandises. Notre regard sur la Seine ne se limite pas simplement aux opérations estivales. Sur ces questions de déplacement, nous estimons que la Seine peut être un élément essentiel pour la Capitale.
Enfin, pour répondre à Mme FORETTE, il est essentiel, si nous voulons réussir ce plan, que les déplacements en transport en commun augmentent et que l'offre en transport en commun soit accentuée dans la Capitale. Je suis pleinement disponible, pour aller avec vous, rencontrer aussi bien M. de ROBIEN que Mme IDRAC afin que l'offre de bus s'améliore dans la Capitale.
(Applaudissements dans l'hémicycle).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vais rendre hommage à la R.A.T.P., qui a fait beaucoup pour accompagner cette volonté politique nouvelle de la Municipalité parisienne.
On peut espérer qu'il en sera de même dans les temps qui viennent, avec le même dynamisme et le même esprit de coopération. Je veux bien souligner que les 4 adjoints qui viennent de s'exprimer, expriment bien mon point de vue, notamment sur la dernière question qui semble donner lieu à beaucoup de créativité.
Je suis tout à fait en accord avec la position de Denis BAUPIN telle qu'il vient de l'exprimer. Et telle que je l'avais exprimée tout à l'heure, à savoir je pense que c'est une perspective très intéressante sur laquelle nous devons travailler. Il faut mêler la volonté politique, la détermination et le pragmatisme car la volonté politique sans le réalisme ne conduit à rien.
Les deux réunis conduisent au modeste chemin que nous avons parcouru ces derniers mois en la matière.