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Septembre 2002
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23 - VI - Question d'actualité de M. Pierre CASTAGNOU et des membres du groupe socialiste et radical de gauche à M. le Maire de Paris concernant le devenir des emplois-jeunes de la Ville de Paris

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2002


M. LE MAIRE DE PARIS. - Je donne la parole maintenant à M. CASTAGNOU pour sa question.
M. Pierre CASTAGNOU. - Monsieur le Maire, le dispositif "nouveaux services, nouveaux emplois", créé par le Gouvernement de Lionel JOSPIN en 1997, a permis à 373.000 jeunes de sortir de la spirale du chômage ou d'entrer dans la vie professionnelle en trouvant un premier emploi.
Il a également contribué à satisfaire des besoins émergents, et à développer des métiers nouveaux dans les secteurs non marchands. Mais, alors que le chômage parisien, notamment celui des jeunes, a augmenté hélas depuis 4 mois consécutifs et que, plus que jamais, la priorité devrait être accordée à l'emploi, le nouveau Gouvernement, animé me semble-t-il d'un esprit revanchard, a annoncé la fin des emplois-jeunes, sans concertation et sans proposer de dispositif de remplacement pour les collectivités locales.
Quant aux associations, elles ne peuvent être que perdantes avec la loi "Fillon" relative à l'emploi des jeunes, le contrat jeune qu'elle institue n'étant qu'un piètre ersatz des emplois-jeunes.
La Ville de Paris emploie actuellement plus de 1.000 emplois-jeunes dans les secteurs de la sécurité, de la prévention des incidents, de l'environnement et du cadre de vie, de l'aide à la solidarité.
Sur les 1.400 postes d'emplois-jeunes faisant l'objet d'une convention entre l'Etat et la Ville de Paris, 800 arrivent à échéance d'ici à 2005 et près de 180 en 2003.
A titre d'exemple, le fonctionnement des Maisons du développement économique et de l'emploi, des cyber-emplois ou le déploiement de mesures à la sortie des écoles pourraient être remis en cause.
C'est pourquoi, au nom des élus du groupe socialiste et radical de gauche, je souhaiterais, Monsieur le Maire, connaître les initiatives que vous entendez prendre, notamment au sein de l'Association des Maires de France, pour qu'une solution visant à pérenniser ces emplois correspondant à des besoins collectifs essentiels soit rapidement trouvée par le Gouvernement en concertation avec les élus locaux.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, du Mouvement des citoyens, communiste et "Les Verts").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur SAUTTER, vous avez la parole.
M. Christian SAUTTER, adjoint. - Monsieur le Maire, M. CASTAGNOU pose la question de l'avenir des emplois-jeunes qui est une question grave comme il l'a dit.
Le chômage des jeunes a crû de 35 % à Paris depuis les douze derniers mois et le dispositif des emplois-jeunes est un mode d'insertion professionnelle des jeunes Parisiens qui mériterait d'être conservé.
Comme M. CASTAGNOU l'a dit, le Gouvernement a fait part de sa volonté de remettre en cause ce dispositif sans prévoir aucun dispositif de remplacement pour les collectivités locales.
Je rappellerai que la nouvelle Municipalité a recruté 614 emplois-jeunes supplémentaires, agents locaux de médiation sociale, animateurs des conseils de la jeunesse, coordinateurs des conseils de quartiers, consultants d'accès au droit, médiateurs de tri et beaucoup d'autres projets puisqu'il y en a 38.
Nous sommes face à une véritable difficulté. Certes, pour les emplois-jeunes actuels, nous avons amélioré les conditions de travail, les conditions de rémunération et la protection sociale, certes nous avons, avec Mme AUTAIN et M. DAGNAUD, fait un gros effort pour que les emplois-jeunes actuels bénéficient de toute la formation dont ils ont besoin, mais nous avons 170 emplois-jeunes qui vont être en fin de contrat en 2003 et 260 en 2004. Le fait qu'il n'y ait aucun dispositif de transition est véritablement grave ; grave pour ces jeunes mais grave aussi pour les nombreux services auxquels les emplois-jeunes apportent désormais une contribution décisive.
J'ajoute que la Ville a passé avec l'Etat un Contrat parisien de sécurité le 27 février 2002 qui prévoit le recrutement de 500 agents locaux de médiation sociale supplémentaires. Le Maire a récemment alerté le Gouvernement sur ce sujet en appelant l'Etat au respect de ses engagements.
La question qui est posée pour les collectivités locales est de faire bénéficier celles-ci du même système d'aide triennale dégressive qui est envisagée pour les associations. C'est un point sur lequel là encore le Maire de Paris a écrit au Ministre des Affaires sociales. Et comme vous le suggérez, mais le Maire y avait pensé, nous allons saisir l'Association des Maires de France pour que, collectivement, les collectivités territoriales prennent des initiatives en ce sens.
Je voudrais dire en conclusion que le Gouvernement, qui se dit attaché à la mise en oeuvre harmonieuse de la décentralisation, devrait engager ce dialogue qui devient urgent en raison des problèmes humains et des problèmes de services aux Parisiens qui sont impliqués par cet arrêt brutal du dispositif des emplois-jeunes.
(Applaudissements sur les bancs de la majorité municipale).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
Ce n'est peut-être pas vous qui avez posé la question, mais votre commentaire m'inspire. Je vous fais gagner du temps.