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Septembre 2002
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39 - 2002, DPA 314 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer un marché de maîtrise d'oeuvre en vue des travaux de restructuration et d'extension à la crèche, 51, rue Berzélius (17e)

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2002


Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, présidente. - Nous passons à l'examen du projet de délibération DPA 314 : autorisation à M. le Maire de Paris de signer un marché de maîtrise d'oeuvre en vue des travaux de restructuration et d'extension à la crèche 51, rue Berzélius (17e).
La parole est à M. BENESSIANO.
M. Hervé BENESSIANO. - Merci, Madame la Maire.
Je profite de ce projet de délibération concernant la crèche et l'extension de la crèche du 51, rue de Berzélius, pour faire deux remarques de fond qui me paraissent très importantes.
D'abord ce projet a été initié à la fin de l'année 99 sous l'ancienne mandature. Le projet consistait à avoir, à la fois une rénovation de crèche et son extension, et par ailleurs la création d'une halte-garderie. La nouvelle Municipalité a jugé bon de ne garder que les deux tiers du projet. Résultat des courses, nous aurons pour cet ensemble de Petite enfance une perte de 28 places pour le 17e arrondissement.
Les projets qui nous sont proposés sont aujourd'hui en train d'aboutir. On a dit à peu près 3 ans, pour créer une crèche, c'est-à-dire ce qui était mis dans les tuyaux de 1999. Nous arrivons à cette performance, que je crois à peu près unique à Paris, qui est de moins 28 places en 18 mois de municipalité de gauche. C'est assez remarquable. C'est pour cela que, lorsque j'entends Mme TROSTIANSKY qui annonçait un objectif de créations à 4.500, cela me laisse rêveur.
Le 17e arrondissement, ce sont 162.500 habitants, c'est-à-dire un petit peu plus de 8 % de la population sur le territoire parisien.
Ma deuxième remarque : quand Mme TROSTIANSKY annonce des chiffres ; elle vient d'en citer quelques-uns comme "l'on va fêter la millième place", elle additionne les projets de la Municipalité TIBÉRI avec ceux de la Municipalité DELANOË. Soit.
Par ailleurs, lorsqu'un effort est fait, elle a une tendance et c'est peut-être un reproche que j'adresserai de façon majeure à la majorité actuelle, celui de porter son effort sur 3 arrondissements, les 18e, 19e et 20e. Mais en aucune façon, véritablement, il existe une politique qui consiste à développer là où sont les besoins, c'est-à-dire sur l'ensemble du territoire parisien y compris à l'Ouest. Véritablement, il y a une ségrégation vis-à-vis de l'Ouest et du Centre parisien. Cela me paraît indiscutable.
Bien entendu, n'ayant que les deux tiers du projet, nous le voterons ; il vaut mieux prendre ça que rien. Mais je le rappelle : 18 mois de Municipalité et moins 28 places pour le 17e. Je défie quiconque, ici, de me dire le contraire. On connaît bien et parfaitement les structures du 17e. Alors aidez-nous parce que nous sommes preneurs à la fois dans l'associatif, mais aussi dans le municipal. Encore faut-il avoir cette volonté politique de ne pas toujours habiller le Nord-est parisien. Vous feriez un effort, vous pourriez peut-être arriver aux 4.500 places.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Démocratie libérale et Indépendants", "Rassemblement pour la République et apparentés", Union pour la démocratie française et "Ensemble pour Paris").
Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, présidente. - L'on trouve les bébés aussi beaux dans le 17e qu'ailleurs. Ne vous inquiétez pas. Il n'y a pas d'ostracisme.
La parole est à Mme TROSTIANKY.
Mme Olga TROSTIANSKY, adjointe, au nom de la 6e Commission. - Je suis ravie d'entendre de nombreux élus s'inquiéter du sort des petits Parisiens. Quand j'entends la véhémence de M. BENESSIANO, c'est la première fois que je l'entends, dans la mandature précédente, je n'entendais pas beaucoup d'intérêt.
Vous montrez de l'intérêt pour l'accueil de la Petite enfance dans le 17e, je trouve que c'est très bien. En avril 2001, on s'est rendu compte d'une inégalité très forte entre les arrondissements. Vous avez cité un certain nombre d'arrondissements, les 18e, 19e, 20e et 10e pour lesquels il est normal que nous portions une certaine priorité. Ce n'est pas là que l'on va construire ou aménager les 4.500 places. Sur les 4.500 places, 300 seront créées dans le 17e, c'est important. Effectivement, le 17e est un arrondissement où il faut faire des choses. Avec Mme de PANAFIEU, nous avons fait le point l'année dernière. Je reste à sa disposition pour continuer à le faire. Nous avons financé la halte-garderie installée dans la mairie du 17e, et nous avançons sur un certain nombre de projets.
Quand nous parlons de disparité, elles sont éloquentes. Le 19e arrondissement, le taux de service est de moins 50 %. Il y a des arrondissements comme le 5e, qui sont à plus de 100 % de taux de service. Les haltes-garderies, dans le 19e, le taux d'équipement est de 9 %. Le taux moyen des haltes-garderies à Paris est de 22. Dans l'Ouest parisien, comme vous le dites, certains arrondissements ont des taux d'équipement à 80 %. Les inégalités, ça existe et il faut les corriger.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, du Mouvement des citoyens, communiste et "Les Verts").
Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, présidente. - Une explication de vote sans doute ?
M. Hervé BENESSIANO. - Je suis d'accord encore une fois, pour que l'ensemble de Paris soit traité de manière équitable. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, il n'y en a que pour 3 arrondissements parisiens et on peut le prouver.
J'aimerais qu'à l'avenir, et je le demanderai à Mme TROSTIANSKY, l'on nous fournisse les proportions qui existent entre l'offre et la demande dans les différents arrondissements. Je serais curieux de voir comment se situe cette réponse, entre l'offre et la demande. Tous les arrondissements connaissent leurs chiffres, c'est facile à savoir. J'aimerais les connaître et, à partir de là, pouvoir les comparer. Mme TROSTIANSKY verra, à partir de là, qu'il y a plus de 3 arrondissements dans la Capitale.
Mme Olga TROSTIANSKY, adjointe, rapporteur. - Je dirai à M. BENESSIANO que ces chiffres sont intégrés dans la communication qui a été présentée par Bertrand DELANOË en janvier 2002. Je vais, sans aucun problème et dès demain, lui transmettre une copie de cette communication qui a été présentée au Conseil de Paris avec l'ensemble des chiffres dans chacun des arrondissements. Eventuellement avec lui et Mme de PANAFIEU, s'ils le souhaitent, nous ferons un point particulier sur les projets du 17e arrondissement.
Je suis à votre disposition.
Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, présidente. - Ce n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd, j'espère.
Mme LEPETIT a la parole.
Mme Annick LEPETIT, maire du 18e arrondissement. - Merci, Madame la Maire.
Oui, j'en profite pour dire un mot. Cela fait plusieurs fois, dans cette séance de notre conseil, que j'entends parler, tout à l'heure c'était Mme DUMAS, maintenant c'est M. BENESSIANO, que tous nos votes ainsi que le budget de la Ville passeraient dans les 18e, 19e et 20e arrondissements. Je ne veux pas m'exprimer à la place de mes collègues mais je voudrais juste rétablir une petite information que vous connaissez déjà : vous parlez d'équité ou d'égalité ; je vais simplement parler de discrimination positive. Pourquoi ? Parce que pendant des années, ce sont des arrondissements qui ont été oubliés. Je sais que vous n'aimez pas qu'on vous le rappelle mais c'est la vérité. Donc nous essayons de corriger l'énorme retard qui a été pris et en tant que maire du 18e, je ne peux que saluer très fortement l'effort qui est fait par la Municipalité parisienne.
Enfin, je rappellerai pour le 18e arrondissement, Monsieur BENESSIANO, vous le savez, que nous avons 3 quartiers en politique de la ville, que nous avons malheureusement le record du nombre de chômeurs, malheureusement le record du nombre de bénéficiaires du "R.M.I". Bref, je ne vais pas en rajouter, mais il est tout à fait normal et, en plus nous l'avons annoncé pendant la campagne électorale et au moment où le Maire de Paris a pris ses fonctions, de rétablir dans le Nord-est de Paris une équité comme vous dites et donc le travail de la Municipalité se fait en ce sens.
Si vous trouvez que nous en faisons trop pour ces quartiers parisiens, après tout, tant mieux ! J'espère que les habitants du 18e vous entendent.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, "Les Verts", communiste et du Mouvement des citoyens).
Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, présidente. - Merci.
Je mets aux voix, à main levée le projet de délibération DPA 314.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2002, DPA 314).