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Septembre 2002
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199 - QOC 2002-558 Question de M. Patrick TRÉMÈGE et des membres du groupe "Démocratie libérale et Indépendants" à M. le Maire de Paris sur l'évolution de la pollution enregistrée par les cinq stations de trafic parisiennes au cours des 24 derniers mois

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2002


Libellé de la question :
"M. Patrick TRÉMÈGE et des membres du groupe "Démocratie libérale et Indépendants" souhaitent que M. le Maire de Paris leur donne des informations précises sur l'évolution de la pollution enregistrée par les cinq stations de trafic parisiennes, et ce au cours de 24 derniers mois."
Réponse (M. Yves CONTASSOT, adjoint) :
"La surveillance de la qualité de l'air est, depuis 1979, assurée par AIRPARIF, organisme agréé pour assurer cette mission en Région Ile-de-France. L'ensemble des stations implantées sur la Région selon des critères conformes aux directives de l'Union européenne, constituent des "réseaux" indépendants de surveillance des diverses expositions des habitants aux niveaux de polluants.
Cinq "stations de trafic" sont implantées à Paris intra-muros. Elles sont respectivement caractéristiques d'une large avenue parisienne (Champs-Elysées), d'une petite rue encaissée (rue Bonaparte), du boulevard périphérique (Porte d'Auteuil), d'un quai de Seine (Célestins) et d'un grand carrefour (place Victor-Basch).
Ces stations ont donné, au cours des années 2000, 2001 et sur les huit premiers mois de 2002, les teneurs moyennes suivantes exprimées en microgrammes par mètre-cube (µg/m3), pour les divers indicateurs des échappements automobiles.

Avenue des Champs-Elysées

Indicateurs Années
  2000 2001 2002
(sur 8mois)
Monoxyde de carbone (CO) 1.400 1.800 1.140
Monoxyde d'azote (NO) 99 82 77
Dioxyde d'azote (NO2) 73 68 66

Rue Bonaparte

Indicateurs Années
  2000 2001 2002
(sur 8mois)
Monoxyde de carbone (CO) 1.200 1.100 1.100
Monoxyde d'azote (NO) 104 94 91
Dioxyde d'azote (NO2) 76 70 69

Boulevard périphérique - Porte d'Auteuil

Indicateurs Années
  2000 2001 2002
(sur 8mois)
Monoxyde de carbone (CO) 1.900 1.800 1.620
Monoxyde d'azote (NO) 263 256 218
Dioxyde d'azote (NO2) 95 92 96
Particules (PM10) 44 44 44
Particules fines (PM2,5) 29 29 29
Benzène (C6H6) - 6,2 -

Quai de Célestins

Indicateurs Années
  2000 2001 2002
(sur 8mois)
Monoxyde de carbone (CO) 1.800 1.800 1.480
Monoxyde d'azote (NO) 157 165 138
Dioxyde d'azote (NO2) 82 78 81

Place Victor-Basch

Indicateurs Années
  2000 2001 2002
(sur 8mois)
Monoxyde de carbone (CO) 3.700 2.500 2.180
Monoxyde d'azote (NO) 224 - 164
Particules (PM10) - - 42
Dioxyde d'azote (NO2) 95 - 84
Benzène (C6H6) 11,8 - -

Ces résultats doivent être comparés aux normes internationalement reconnues, quand elles existent, notamment les valeurs-guides (objectifs de santé publique) des réglementations européennes actuelles et celles encore plus sévères applicables à moyen terme et résumées dans le tableau suivant. Ils sont par ailleurs étroitement liés aux conditions climatiques et varient de manière importante de ce fait.

Rappel des normes "objectifs de santé publique" des directives européennes :

  Valeur-guide "objectif" (en µg/m3)
Indicateurs Actuelle Future : pour 2010
Dioxyde d'azote (NO2) 50 40
Particules (PM10) 40
(applicable en 2005)
20
Benzène (C6H6) 10 5

Il apparaît clairement que, pour la plupart des indicateurs, les teneurs observées en pollution de proximité de trafic, sont encore très supérieures aux objectifs de santé publique, malgré une évolution récente favorable. Les teneurs observées en ces stations caractérisent une exposition longue de certaines catégories professionnelles ou même l'exposition de l'automobiliste lui-même ou de ses passagers. Ce fait ne fait que confirmer les termes du "Plan régional pour la qualité de l'air" (P.R.Q.A.) signé en mai 2000 par le Préfet de Région, portant sur la situation de 1997, et qui montrait déjà à l'époque des dépassements de normes pour le NO2 et le benzène, même en pollution dite "de fond" mesurée loin des sources.
On voit là les conséquences d'un trafic automobile trop important dans Paris, ce qui ne peut que renforcer la volonté municipale de voir baisser à long terme la place de l'automobile particulière dans la ville, justifiant ainsi les programmes en cours : reconquête des voies sur berges avec l'opération "Paris-plage", couloirs de bus protégés, mise en ?uvre du tramway, "quartiers verts", espaces civilisés, aménagement en faveur des piétons, des vélos et des personnes à mobilité réduite."