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Septembre 2002
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81 - 2002, DAC 84 - Subvention à l'association "Orchestre Bernard Calmel" (17e). - Montant : 15.000 euros

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2002


Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Nous passons au projet de délibération DAC 84 relatif à une subvention à l'association "Orchestre Bernard Calmel" du 17e arrondissement pour un montant de 15.000 euros.
Je donne la parole à Philippe LAFAY qui s'est inscrit, puis à Mme de FRESQUET.
M. Philippe LAFAY. - Merci, Madame la Maire.
Déjà lors de la dernière séance du Conseil de Paris, début juillet, je m'étais exprimé sur les critères d'octroi de subvention à des associations touchant le domaine artistique. C'était pour m'étonner alors d'une forte subvention, plus de 300.000 euros, à l'association "Festival du film de Paris" pour l'organisation du jumelage Paris-Madrid lors de la 17e édition du Festival de Paris. J'avais regretté lors de mon intervention d'abord que ce projet de délibération n'ait pas été présenté au Conseil du 17e arrondissement où l'association a son siège social et que l'on ne nous ait pas communiqué le nombre des spectateurs accueillis.
J'attends, Madame la Maire, sur ces deux points une réponse de votre part tout en sachant que ce dossier, celui du soutien financier au Festival du film de Paris, a fait l'objet d'un début de polémique publique entre la Présidente d'honneur, Mme Isabelle ADJANI, et le Maire de Paris. Je ne participerai pas à cette cabale.
En revanche, concernant la subvention à l'association "Orchestre Bernard Calmel", je trouve que se répète encore la même erreur de la non présentation de ce projet de délibération au Conseil du 17e, mais toutefois avec une importante différence concernant la subvention accordée. Là ce n'est pas une forte subvention qui est allouée mais bien au contraire une diminution drastique de l'aide financière que nous enregistrons, passant d'une demande de 30.490 euros à 15.000 euros. L'association "Orchestre Bernard Calmel", depuis de nombreuses années, a pour vocation de mettre en valeur le répertoire de musique de chambre, du classique au contemporain, mais surtout a développé depuis maintenant plusieurs années, une action pédagogique bénévole destinée à sensibiliser les enfants des écoles de la Ville de Paris en leur proposant sur le lieu même de répétition de l'orchestre à participer à ces manifestations...Je cite le projet de délibération "l'action de cette association est de les faire participer de façon ludique à l'interprétation et à l'élaboration d'un concert classique".
Y aurait-il deux poids et deux mesures ? L'ancienne majorité municipale a toujours soutenu cette association tout particulièrement pour son action socio-éducative. Je souhaite que le maintien de sa subvention antérieure puisse lui permettre de continuer son action et je vous demanderai de plus, Madame la Maire, que vous usiez de votre influence au niveau des dirigeants de l'Opéra de Paris pour que certaines répétitions musicales puissent avoir lieu dans la salle Berthier de l'Opéra comique en présence des enfants de la Ville dans ce local situé dans les Hauts de Malesherbes.
Je vous remercie.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Monsieur LAFAY.
Mme de FRESQUET a la parole.
Mme Elisabeth de FRESQUET. - Madame la Maire, merci.
Madame la Maire, mes chers collègues, l'association de l'Orchestre Bernard Calmel, créée en 1983, remplit des missions complémentaires et exemplaires. La valorisation du répertoire de la musique de chambre classique et contemporaine mais surtout ses actions pédagogiques à destination des enfants des écoles de la Ville de Paris sont reconnues par tous.
Vous le précisez vous-même, en 2001 l'Orchestre a remporté le Grand Prix des Lycéens, la Mairie de Paris d'ailleurs ne s'est pas trompée qui soutient financièrement l'action de cette formation en raison, je cite "De son dynamisme, de son rôle indispensable dans la diffusion et la promotion du répertoire de musique de chambre et l'enseignement de la musique en direction des enfants".
Tout ceci pour souligner la modestie de la subvention que vous accordez à cette association et qui s'élève à 15.000 euros, c'est-à-dire très peu par rapport aux autres recettes et subventions envisagées par l'association de l'Orchestre Bernard Calmel, dont une grande partie de l'activité concerne directement la Ville et ses habitants.
Je m'interroge sur les arbitrages auxquels vous procédez et qui ne semblent pas toujours justifiés. Pourquoi allouer tout juste 15.000 euros à cet orchestre qui en demandait le double, c'est-à-dire de quoi couvrir son déficit lié à une politique tarifaire sans doute trop raisonnable, alors que bon nombre de délibérations dont nous discutons, ne serait-ce qu'aujourd'hui, portent sur des montants plus élevés pour des actions plus incertaines ?
Plus globalement votre politique culturelle depuis le début de la mandature manque singulièrement de visibilité et de ligne directrice. Paris subventionne à tout va, privilégiant l'immédiat et le médiatique au risque de se disperser et de négliger les deux axes fondamentaux autour desquels devrait s'articuler l'action de la Ville capitale, à savoir la promotion des actions de proximité du type de celle de l'Orchestre Bernard Calmel, d'une part et le rayonnement international de Paris.
Certes, l'exercice est difficile, mais c'est vous qui avez placé votre élection sous cette double approche.
Je vous remercie.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Madame de FRESQUET.
Je donne la parole à Christophe GIRARD pour répondre.
M. Christophe GIRARD, adjoint, au nom de la 9e Commission. - Tout d'abord en réponse à M. LAFAY sur le Festival du film de Paris, l'ancien Festival du film de Paris, je serais tenté de dire association privée qui depuis des années recevait un soutien que je qualifierai quasiment de monumental, pour en fait montrer des films qui souvent sortaient en salle 3 jours après, et quelques semaines avant le Festival de Cannes.
Il n'y a pas de cabale entre Isabelle ADJANI et le Maire de Paris, il y a simplement par voie de presse des échanges un petit peu manipulés ici et là par des gens qui ne nous concernent pas puisque Isabelle ADJANI a expliqué qu'elle avait un problème avec Daniel TOSCAN du PLANTIER. Donc nous n'avons rien à voir avec cette polémique.
Simplement, sachez que la subvention importante a été supprimée pour l'année prochaine, car nous avons jugé, le Maire de Paris et nous tous ensemble, après mûre réflexion, après avoir écouté les professionnels qui se plaignaient de cette manifestation disant qu'il ne servait pas la profession, ni le cinéma et ne servait donc pas Paris et qu'il était plus raisonnable de mieux utiliser les fonds publics pour un projet dont nous allons pouvoir débattre dans les semaines à venir puisque la déléguée au cinéma, Régine HATCHONDO, a quasiment terminé ses consultations de professionnels, que ce soient les distributeurs, les cinéastes, les salles indépendantes d'art et d'essai. Je vous rassure, il n'y a pas de polémique entre le Maire de Paris et Isabelle ADJANI, bien au contraire, ils se parlent et ils se voient. C'est le premier point.
Le deuxième point concernant les orchestres, il y a évidemment deux attitudes possibles : soit de considérer que des subventions accordées depuis un certain nombre d'années sont des rentes à vie, c'est-à-dire fixes, sans que l'on se pose jamais de question sur le travail fait par les uns et par les autres, en l'occurrence pour l'Orchestre Bernard Calmel, il n'y a pas de problème de qualité, il y a simplement un problème de répartition de la ligne budgétaire pour les orchestres. Il existe beaucoup de demandes, il existe beaucoup de nouveaux orchestres et il est juste que la Direction des Affaires culturelles, sous mon impulsion, étudie tous ces dossiers et me rende des avis que je crois être assez objectifs.
Je vais vous donner des indications : en 2000 à l'Orchestre Bernard Calmel revenaient 29.000 euros, en 2001 la même somme, en 2002 24.400 euros. Donc il y a eu baisse légère et d'autres subventions à des orchestres de chambre sont accordées en 2002, pour Bernard Thomas, 23.000 euros pour Bernard Calmel. Symphonie du Marais : 7.000 euros, Carpe Diem : 4.500 euros. Tout simplement, il y a une redistribution plus équitable, me semble-t-il, mais je ne pense pas détenir la vérité dans ce domaine, j'ai écouté les experts.
Je ne crois pas que Bernard CALMEL qui a beaucoup de talent, soit blessé, choqué mais nous demandons que les subventions pour les orchestres soient mieux réparties et que ne soient pas simplement soutenus telle ou telle organisation, tel ou tel orchestre. Tout le monde peut le comprendre, il n'y a pas là de clivage politique mais simplement une façon de faire qui est d'être peut-être un peu plus juste et un peu plus ouvert à d'autres propositions.
Mme de FRESQUET avait le sentiment exprimé aujourd'hui en Conseil que la politique culturelle manquait de visibilité. J'ai le sentiment qu'au bout d'un an, cette visibilité prend une forme assez forte. Il va y avoir "Nuit-blanche" où de nombreux artistes du monde entier vont se produire le 5 octobre. Je ne connais pas la réussite que remportera cette manifestation, mais je vous rappelle qu'elle a été votée à l'unanimité du Conseil de Paris.
Les activités culturelles menées pendant "Paris-plage" pour un budget de 600.000 euros sur un budget global de 1.500.000 ont satisfait un grand nombre de Parisiens. Nous avons reçu un grand nombre de lettres. Les familles, les enfants et les anciens ont semble-t-il apprécié à la fois la musique classique, je pense aux Master Class de la Sorbonne, tout comme les marionnettes, la danse ou la techno pour les plus jeunes générations.
En terme de visibilité, l'effort accru apporté à "Paris quartier d'été" a montré combien la culture était présente à Paris l'été. Certes, ce n'est pas une opération purement municipale, mais je crois que le soutien apporté à une organisation qui existe depuis dix ans et qui fait un très bon travail participe à cette visibilité de la culture à Paris.
J'ajouterai ensuite les opérations en soutien au cinéma. Certaines opérations ont été prolongées. Elles existaient préalablement, elles étaient de très bonne qualité pensons-nous également, on les a confortées. Je vous rappelle que l'opération "Cinéma clair de lune" a remporté un succès immense. Pour Amélie Poulain, à Montmartre, plus de 6.000 personnes ont assisté à cette projection.
Je pense qu'il ne faut pas non plus que la culture monopolise à tout prix les médias. Le travail qui est fait pour les crèches, pour les écoles, pour lutter contre l'insécurité, pour la circulation et l'environnement est aussi important. Je me bats certes en effet pour défendre la culture à Paris, mais je comprends que la culture ne puisse pas avoir la quatrième ou la première de couverture en permanence. C'est bien juste comme ça.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Christophe GIRARD, pour ce panorama assez complet de la politique culturelle de la Ville.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 84.
Qui est pour ?
Contre ?
Qui s'abstient ?
Le projet de délibération est adopté. (2002, DAC 84).