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Septembre 2002
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Conseil Municipal
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151 - QOC 2002-611 Question de M. Philippe GOUJON à M. le Maire de Paris relative à la fermeture du "Kinopanorama" situé 60, avenue de La Motte-Picquet (15e)

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2002


Libellé de la question :
"M. Philippe GOUJON appelle l'attention de M. le Maire de Paris sur la fermeture du Kinopanorama, prestigieux cinéma du 15e arrondissement et qui appartient au patrimoine culturel de notre Ville. En effet, depuis le 9 juillet 2002, les habitants de l'arrondissement, et plus particulièrement ceux du quartier "La Motte-Picquet-Dupleix", ainsi que tous les cinéphiles déplorent la vente de cet établissement qui risque d'être transformé en restaurant.
Par conséquent, il souhaiterait s'assurer que toutes les mesures permettant le maintien de cette salle de grande renommée ont été prises, dans le respect de la concertation. La nécessité d'encourager la vie de quartier, les besoins culturels de l'arrondissement, les spécificités du Kinopanorama - un emplacement exceptionnel, l'exclusivité sur certains films, une programmation variée, un haut lieu du cinéma et de son histoire - requièrent, en effet, toute l'attention de la Ville de Paris et la mobilisation de tous ses moyens pour la sauvegarde d'un tel patrimoine.
Enfin, il souhaiterait s'assurer que les projets urbanistiques envisagés sur le site, ainsi que la destination des bâtiments, permettront de garantir la nécessaire tranquillité du quartier souhaitée par les riverains."
Réponse (M. Christophe GIRARD, adjoint) :
"Créé en 1959, le Kinopanorama, est une des rares salles de cinéma parisiennes à disposer d'une salle unique. Célèbre pour son écran large de 17 mètres, ce cinéma n'a cependant pas pu, au fil des ans, entretenir sa particularité en raison de l'évolution à la fois technologique et structurelle des salles parisiennes.
En effet, si les performances sonores de cette salle étaient remarquables à l'origine, la généralisation de la modernisation de nombreuses salles parisiennes a, d'abord, clairement limité son attrait.
Ensuite, et d'un point de vue structurel, l'existence d'une salle "mono-écran" a progressivement contraint à une programmation grand public, ce qui a enlevé toute spécificité au Kinopanorama au regard non seulement des grandes salles récentes qui se trouvent à proximité, mais au regard surtout des multiplexes (grand écran de la place d'Italie et multiplexe de l'Aquaboulevard notamment).
Ainsi, pour ces raisons à la fois technologiques et structurelles, le Kinopanorama, qui a de nouveau vu sa fréquentation baisser en 2001, a connu au cours des dernières années des pertes financières très importantes, qui sont à l'origine, en janvier 2002, de la vente de l'établissement par son propriétaire, "Europalaces S.A.", à la société "Phoenix international industries" (Floride - Etats-Unis).
Dans le cadre de cette vente, une déclaration d'intention d'aliéner (D.I.A.) a été adressée le 18 janvier 2002 à la Direction de l'Aménagement urbain et de la Construction (D.A.U.C.) de la Ville de Paris sur les douze lots concernés (salle de cinéma et annexes). Le 15 février 2002, la Commission d'examen des déclarations d'intention d'aliéner, réunissant les cabinets des adjoints concernés, ainsi que les directions compétentes (D.A.U.C., D.F.A.E., D.L.H.), a émis, sur proposition des services, un avis défavorable à la préemption en raison notamment de l'absence de projet municipal alternatif. Il convient aussi de rappeler que la mairie du 15e arrondissement ne s'est pas prononcée sur cette préemption bien qu'elle ait été saisie d'une demande d'avis le 21 février dernier et ait été relancée à plusieurs reprises.
L'ensemble de ces avis a donc été négatif en raison de l'impossibilité de développer un projet municipal dans la mesure, notamment, où il s'agissait de la vente de la seule salle et non de l'immeuble tout entier. Il importe d'indiquer, à cet égard, qu'un projet de la collectivité parisienne au sein d'une copropriété est susceptible de générer de nombreuses difficultés dans sa mise en ?uvre.
D'autre part, il importe d'indiquer, d'abord, qu'une carence de l'initiative privée n'étant pas démontrable en matière cinématographique (présence du Gaumont Aquaboulevard dans le 15e et d'une quinzaine de salles dans les quartiers du Montparnasse et de Beaugrenelle), une intervention de la Ville de Paris pour pérenniser l'exploitation cinématographique de la salle n'était pas envisageable légalement. Ensuite, il est important de rappeler également que le nombre d'entrées de cette salle ne permettait pas le versement de subventions de fonctionnement permises par la loi Sueur de 1992. Ainsi, la Mairie de Paris a essayé d'explorer l'ensemble des solutions juridiques et financières à sa disposition pour tenter d'éviter la fermeture de cette salle, mais malheureusement, ne disposait pas du pouvoir de s'opposer à cette vente.
Enfin, l'acquéreur projetant de transformer les lieux en restaurant, a fait une demande de permis de démolir ayant reçu à ce jour les avis favorables du Maire de l'arrondissement, de l'architecte des Bâtiments de France et de la Préfecture de police. Une demande de permis de construire est également déposée. Aucune décision n'a encore été prise par la Ville à l'égard de ces dossiers, mais le Maire de Paris veillera à ce qu'ils soient instruits dans le plus strict respect des règles d'occupation du sol et qu'ils garantissent la tranquillité des riverains."