Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Octobre 1999
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

116 - QOC 99-522 Question de MM. Serge BLISKO, Jean-Marie LE GUEN et des membres du groupe socialiste et apparentés à M. le Préfet de police concernant l'évolution de la délinquance dans le 13e arrondissement

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 1999


Libellé de la question :
"Par voie de presse, MM. Serge BLISKO, Jean-Marie LE GUEN et les membres du groupe socialiste et apparentés constatent une augmentation considérable des délits dans le 13e arrondissement, pour les 8 premiers mois de l'année 1999.
Cela est d'autant plus inquiétant que pour l'année 1998, les services de police avaient enregistré une baisse de 11,36 % de ces actes délictueux.
Quelles sont, selon M. le Préfet de police, les causes de cette statistique, qui montre une forte augmentation de la délinquance ?
M. le Préfet de police peut-il donner des éclaircissements sur la manière dont est appliquée la réforme de la Police de proximité, mise en place par le Gouvernement, en particulier dans le 13e arrondissement."
Réponse (M. LE PRÉFET DE POLICE) :
'L'ensemble des crimes et délits constatés dans le 13e arrondissement enregistre une hausse qui se situe à hauteur de 24,50 % pour les huit premiers mois de l'année par rapport à la même période de 1998.
Cette augmentation doit être relativisée pour trois raisons :
- en 1998, le 13e arrondissement avait réalisé la baisse la plus importante de la délinquance parisienne. On assiste donc à un phénomène de compensation qui, sur plusieurs années, maintient le 13e arrondissement à un niveau stable.
- ensuite, il est à noter que cette tendance s'est inversée au mois de septembre dernier. Pour la première fois depuis le début de l'année, une diminution des délits de voie publique a été enregistrée.
- enfin, l'augmentation constatée sur les huit premiers mois concerne essentiellement les atteintes aux personnes, les délits de voie publique et les délits économiques et financiers.
S'agissant des atteintes aux personnes, la tendance à la hausse est principalement liée à l'augmentation des coups et blessures volontaires, qui passent de 165, pour les neuf premiers mois de 1998, à 251 pour la même période de 1999.
Ces chiffres sont néanmoins particulièrement bas et doivent être analysés avec prudence, dans la mesure où l'augmentation de ces faits, qui s'inscrivent le plus souvent dans la sphère des relations personnelles entre individus, peut avoir pour cause, soit une progression réelle du phénomène, soit une plus grande propension des victimes à porter plainte.
Or, les améliorations apportées à l'accueil du public dans les commissariats depuis la mise en oeuvre de la réforme des services actifs de la préfecture de police plaident en faveur de cette dernière explication, dans la mesure où elles facilitent la procédure de dépôt de plainte.
Cette constatation s'impose surtout en matière d'infractions mineures, au nombre desquelles figurent les coups et blessures volontaires.
Quant aux délits de voie publique, deux postes de délinquance sont en augmentation ; il s'agit des vols avec violences et des vols dits à la roulotte ; les premiers passent de 345 à 607 et les seconds de 1.165 à 1.687, pour les neuf premiers mois de 1998 et 1999.
La hausse des vols avec violences s'explique en grande partie par la très forte progression des vols à l'arraché de téléphones portables, qui représentent près du tiers de ces délits.
Pour ce qui concerne les vols dits à la roulotte, c'est-à-dire dans les véhicules automobiles, l'augmentation est très conjoncturelle et va à l'inverse de la tendance générale enregistrée sur Paris. Elle résulte de vols commis dans les parkings des grands ensembles, nombreux dans cet arrondissement.
Les services de police locaux ont été immédiatement sensibilisés à cette situation et des interpellations significatives ont été réalisées. Je citerai l'interpellation en flagrant délit de deux auteurs de ce type de vols, intervenue le 18 août dernier dans les parkings de la voie souterraine de la rue du Javelot.
Ces deux individus ont également été convaincus d'autres faits de même nature commis dans les nuits du 8 au 9 août et du 15 au 16 août.
Tous deux, défavorablement connus sous divers alias, ont fait l'objet d'une comparution immédiate devant les autorités judiciaires et ont été condamnés à deux mois de prison ferme et incarcérés.
J'évoquerai enfin les délits économiques et financiers dont le total passe de 387 en 1998 à 591 en 1999. Une explication simple s'impose en l'espèce : ces délits étaient auparavant traités en partie par le 5e Cabinet de délégations judiciaires et ne faisaient pas l'objet d'une comptabilisation par arrondissement. Or, depuis le 18 avril dernier, les commissariats centraux centralisent désormais l'ensemble de ces délits, qui sont donc ventilés par arrondissement.
Sans nier que ces données statistiques traduisent une augmentation de la délinquance dans le 13e arrondissement, il convient toutefois d'indiquer qu'elles peuvent également s'analyser comme la traduction d'une diminution du chiffre noir de la délinquance.
Les délits sont en effet désormais davantage portés à la connaissance de la police, plus activement découverts par les investigations policières et donc plus complètement recensés.
L'analyse des statistiques de l'arrondissement relatives aux faits élucidés, aux gardes à vue et aux personnes mises en cause, met ainsi en évidence les effets positifs de la réforme.
Dans ces trois domaines, les indicateurs affichent des hausses importantes :
- + 11,07 % pour les faits élucidés ;
- + 21,08 % pour les gardes à vue ;
- + 24,48 % pour les personnes mises en cause.
Ces éléments, ajoutés à la baisse de -5,50 % enregistrée en septembre pour les délits de voie publique, témoignent de l'engagement résolu des services de police sur cet arrondissement pour améliorer la sécurité de ses habitants."