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Octobre 1999
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Conseil Municipal
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68 - 1999, CABRI 12 - Subvention à l'Association francophone d'amitié et de liaison (9e). - Montant : 70.000 F

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 1999


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération CABRI 12 relatif à l'attribution d'une subvention à l'Association francophone d'amitié et de liaison.
Je donne la parole à M. GÉNY.
M. Pierre GÉNY. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, l'A.F.A.L. fédère depuis des années les associations qui ?uvrent dans le domaine de la francophonie. Elle publie un bulletin trimestriel qui est le trait d'union entre ceux qui, selon l'heureuse appellation de Maurice Druon, ont le français en partage.
Aussi ne puis-je qu'être pleinement d'accord avec l'aide que notre Municipalité va lui allouer, en application de ce projet de délibération.
Mais au-delà, je voudrais tirer un signal d'alarme car le souffle de la francophonie, un des éléments majeurs du rayonnement de notre pays dans le monde, est en train de s'épuiser.
La faute principale en revient à l'Etat, énième charge d'un ministre délégué de l'actuel Gouvernement, la francophonie n'est aujourd'hui à l'évidence, et je le déplore, que le parent pauvre de notre politique étrangère. N'est-ce d'ailleurs pas un Premier ministre de la République française qui, en voyage officiel au Canada, a prononcé en anglais un discours dans la capitale fédérale d'un pays officiellement bilingue ?
Pour cette raison, mais pas seulement pour elle, car nos concitoyens font majoritairement preuve d'une grande indifférence dans cette question, j'aimerais que notre Municipalité, celle de la capitale de la francophonie mondiale, envisage très sérieusement de tenir un rôle de tête de file plaçant son action pour la francophonie au c?ur de notre action à l'international.
Je crois que nous nous placerions ici dans le mouvement initié par Jacques CHIRAC lorsqu'il créa l'Association internationale des maires francophones.
A l'heure où le deuxième pays francophone du monde, l'Algérie, qui n'appartient pas aux instances de la francophonie institutionnelle, affirme par la voix de son Président la place du Français dans son pays, je pense que notre Capitale ne peut rester sourde à ces déclarations du fait des échanges de populations et des liens historiques que nous avons avec ce pays et avec sa capitale.
Pour terminer, je ne sais ce qui sera réalisé par notre ville à l'occasion de l'an 2000 en faveur de la francophonie, mais je suis persuadé que cette opportunité est à saisir et que le monde, qui a notre langue en partage, a les yeux tournés vers notre Capitale et attend un signal fort.
Saurons-nous répondre à l'espoir de nos co-locuteurs francophones ?
Je pense que l'unanimité de nos collègues devrait se prononcer dans ce sens. Merci.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à M. GABORIAU pour répondre à M. GÉNY.
M. Pierre GABORIAU, adjoint, au lieu et place de M. Michel ROUSSIN, adjoint, au nom de la 7e Commission. - Longtemps présidée par M. Xavier DENIAU et aujourd'hui par M. Jacques GODFRAIN, ancien Ministre de la Coopération, l'A.F.A.L. fédère l'ensemble des associations francophones.
Je vous en rappelle les principales actions :
- coordination des 136 associations membres et soutien logistique, notamment pour l'envoi de livres et matériels pédagogiques ;
- édition d'un répertoire annuel et d'une revue trimestrielle "Liaisons" ;
- organisation, à l'occasion de la Semaine mondiale de la Francophonie, d'un jumelage entre trois classes parisiennes de première et des élèves de même niveau originaires de Bulgarie, Irlande et Sénégal. La Ville était partenaire de cette opération qui sera reconduite en mars 2000.
Telles sont les activités de l'A.F.A.L., qui bénéficie d'un soutien de la Ville depuis 1994. La subvention accordée était de 130.000 F à cette date. Elle a été réduite à 70.000 F, malgré des demandes réitérées de réévaluation. Cette association est la seule à être subventionnée régulièrement sur la ligne francophonie.
L'A.F.A.L. bénéficie parallèlement d'un soutien conséquent du Ministère des Affaires étrangères (près de 400.000 F).
Pour mémoire, plus de 150 demandes de subventions de fonctionnement en faveur d'associations diverses ont été rejetées depuis 1996.
Je vous demande, Monsieur le Maire, de bien vouloir faire voter favorablement ce projet de délibération.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération CABRI 12.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (1999, CABRI 12).