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Janvier 2002
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116 - QOC 2002-59 Question de M. Jean-Pierre LECOQ et des membres du groupe "Rassemblement pour la République et apparentés" à M. le Maire de Paris concernant le dispositif de prévention des crues de la Seine

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 2002


Libellé de la question :
"Alors que la montée des eaux de la Seine est inquiétante et que la situation de ses affluents est tout aussi alarmante, M. Jean-Pierre LECOQ et les membres du groupe "Rassemblement pour la République et apparentés" souhaiteraient connaître le dispositif de prévention des crues qui a pu être mis en place, en liaison avec les autorités préfectorales.
Ils demandent, par ailleurs, si cette nouvelle alerte, qui intervient dans un contexte marqué par la saturation de l'ensemble des nappes phréatiques, n'est pas de nature à revoir le fonctionnement des barrages et réservoirs qui devraient jouer pleinement leur rôle au lieu d'être utilisés systématiquement comme base de loisirs.
M. Jean-Pierre LECOQ et les membres du groupe "Rassemblement pour la République et apparentés" s'interrogent, en outre, sur le fait de savoir si cette situation ne doit pas conduire l'I.I.B.R.B.S. à construire de nouveaux barrages, notamment sur l'Yonne, dont la régulation semble très insuffisante."
Réponse (Mme Myriam CONSTANTIN, adjointe) :
"L'Institution interdépartementale des barrages réservoirs du bassin de la Seine gère 4 lacs-réservoirs d'une capacité totale d'environ 800 Mm3 avec le double objectif suivant :
- diminuer les effets des crues de la Seine et de ses principaux affluents,
- assurer des niveaux d'étiage pour l'alimentation régulière en eau de la Région parisienne et pour maintenir les équilibres écologiques de ces rivières.
Les modalités d'exploitation de chaque ouvrage résultent de l'application d'un règlement d'eau, arrêté par le Préfet dont dépend le lieu d'implantation de l'ouvrage. Il est cependant pris après consultation des organismes de bassin et à l'issue d'une enquête publique dite "enquête hydraulique" qui porte sur l'ensemble des communes riveraines des rivières influencées par les effets de l'ouvrage, jusqu'à Conflans-Saint-Honorine, c'est-à-dire en amont de la confluence Seine-Oise.
Le fonctionnement des lacs-réservoirs est établi à partir de la connaissance hydrologique acquise depuis plus de cent ans sur le bassin de la Seine. Cette connaissance a permis de définir leur gestion pour une efficacité optimale notamment lors des crues historiques, qui ne peuvent se produire qu'en cas de sols saturés ou gelés et nappes phréatiques à des niveaux élevés.
De ce point de vue l'exploitation des ouvrages est en permanence adaptée aux conditions hydrologiques des rivières dans le respect des règlements d'eau qui s'imposent à l'Institution et qui sont parfaitement adaptés à la gestion des eaux sur le bassin de la Seine.
Ainsi, si la même crue que celle de 1910 survenait sur le bassin, L'I.I.B.R.B.S. estime dans une récente étude que l'impact de ces ouvrages serait de 60 centimètres sur la ligne d'eau à Paris et c'est environ 4milliards d'euros de dommages qui seraient évités.
Les règlements d'eau prévoient un remplissage théorique progressif des lacs-réservoirs pendant l'hiver et le printemps, et leur vidange pendant l'été et l'automne. Les creux disponibles pour l'écrêtement des rues sont ainsi décroissants de décembre à juin, tout en restant statistiquement adaptés aux volumes nécessaires à cet écrêtement.
Les ouvrages sont donc pleins au 1er juillet et vidés à partir de cette date pour le soutien des étages des rivières qui s'effectuent jusqu'à la fin de l'année, époque ou les ouvrages doivent être vidés pour l'écrêtement des crues d'hiver.
Le plein remplissage au 1er juillet est donc compatible avec des activités touristiques, d'autant plus que la majorité de ces activités peut se faire sur des plans d'eau secondaires à la vidange différée.
Il est totalement inexact de vouloir faire croire que les lacs-réservoirs sont utilisés, au détriment des fonctions prioritaires de ces ouvrages, comme bases de loisirs et, en tout état de cause, elles n'interfèrent jamais sur la mission d'écrêtement des crues de l'Institution.
Cette année, compte tenu de la saturation des sols, un sous-remplissage préventif de 40 Mm 3 a été mis en ?uvre. Il a permis une action efficace des lacs réservoirs sur la crue de fin décembre consécutive à l'épisode pluvieux des 28 et 29 décembre, généralisé sur l'ensemble du bassin en amont de Paris.
Il est ainsi relevé pour ces deux journées jusqu'à 45 millimètres de lames d'eau sur le bassin intermédiaire, 50 millimètres sur le bassin amont des lacs Marne, Seine et Aube, et 90 millimètres en amont du lac de Pannecière.
Cette forte pluviométrie, sur des sols saturés et gelés, a entraîné une brusque hausse des débits des rivières, particulièrement sensible sur l'Yonne et la Marne.
L'application des règlements d'eau a conduit à effectuer des prélèvements entraînant un stockage de près de 100 millions de mètre cube entre le 28 décembre et le 4 janvier soit un excédent de prélèvement de près de 70 Mm de mètre cube, volume à rapprocher du sous remplissage du début de gestion 2001-2000.
L'action du Lac-Marne a permis d'abaisser la ligne d'eau de cette rivière en Région parisienne de près de 1 mètre et les quatre ouvrages ont permis d'abaisser la ligne d'eau de la Seine à Paris de plus de 60 centimètres, économisant quatre à cinq jours de fermeture des voies sur berges.
A ce jour, les creux préventifs ont été reconstitués et vont être renforcés pour que les ouvrages soient plus efficaces face à une éventuelle future crue."