Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Janvier 2002
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

26 - VIII - Question d'actualité de Mme Véronique DUBARRY et les membres du groupe "Les Verts", à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police concernant les chiffres de la délinquance

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 2002


M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons à la question d'actualité du groupe "Les Verts" à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police concernant les chiffres de la délinquance.
La parole est à Mme Véronique DUBARRY.
Mme Véronique DUBARRY. - Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Préfet de police, chers collègues, les statistiques de la délinquance seront dévoilées dans leur intégralité seulement dans quelques jours au grand public. Cependant, avant même leur parution, nous avons droit à de gros titres dans les journaux et à des exclamations sur les bancs de droite : "très mauvaise année" et "chiffres terrifiants", etc.
Il me semble quant à moi qu'on ferait un peu mieux d'attendre d'avoir la teneur exacte de ces chiffres avant de crier au loup !
D'abord parce que si l'on regarde attentivement certaines courbes, on constate que les chiffres des homicides baissent régulièrement depuis dix ans et cela constitue un état de notre société qu'il faudrait ne pas négliger.
Ensuite, contrairement à M. GOASGUEN, je pense quant à moi que les faits constatés trahissent bien le travail extraordinaire réalisé par la police urbaine de proximité et son implantation réussie dans les quartiers, ce dont nous devrions tous nous féliciter, mais je comprends bien que les bancs de l'opposition soient plus réticents à l'évocation de l'activité accrue de la police et de la justice. On a d'ailleurs pu le constater récemment avec la démission d'un juge !
(Protestations sur les bancs des groupes "Rassemblement pour la République et apparentés", Union pour la démocratie française, "Démocratie libérale et Indépendants" et "Ensemble pour Paris").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous êtes assez discrets sur ce sujet.
Pour interrompre les orateurs, vous ne vous gênez pas !
Je vous le fais remarquer en direct, cela ramène les choses à leur juste proportion. N'est-ce pas, Monsieur GOASGUEN !
Parlez, Madame, et ne vous laissez pas interrompre par l'autre partie de l'hémicycle.
Mme Véronique DUBARRY. - Sur la coproduction d'idées qui a été mentionnée à plusieurs reprise, je me félicite de ce que Christophe CARESCHE annonce pour début février, ce qui sous-entend un travail sérieux puisqu'il aura fallu sept mois de coproduction d'idées, les avenants thématiques au Contrat local de sécurité.
J'attends sans aucune ironie, mais en tout cas avec beaucoup d'impatience, les 20 avenants géographiques que seront les contrats de sécurité d'arrondissement et là, sans vouloir jouer les maîtresses d'école, nous allons beaucoup nous amuser en faisant des différences entre les arrondissements !
(Protestations sur les bancs des groupes "Rassemblement pour la République et apparentés", Union pour la démocratie française, "Démocratie libérale et Indépendants" et "Ensemble pour Paris").
Monsieur le Maire, Monsieur le Préfet de police, j'en viendrai à ma question...
M. LE MAIRE DE PARIS. - Cela vous ennuie de la laisser parler ? Pourquoi aurait-elle moins le droit de parler que M. GOASGUEN d'autant qu'elle parle très calmement et qu'elle ne s'énerve pas !
Mme Véronique DUBARRY. - Je vais peut-être pouvoir poser ma question donc qui s'adresse à M. le Préfet de police et à M. le Maire. J'aimerais que vous nous fournissiez quelques données supplémentaires, puisque ce sont les parents pauvres des statistiques de la délinquance, sur l'insécurité routière dont les Parisiens souffrent tout autant que des vols avec violence.
Je vous remercie, Monsieur le Maire.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Les Verts", socialiste et radical de gauche, communiste et du Mouvement des citoyens).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vous remercie de cette excellente intervention particulièrement pertinente sur le fond.
Je donne la parole à M. le Préfet de police.
M. LE PRÉFET DE POLICE. - Madame la Conseillère, Mesdames et Messieurs, je serai très rapide et ne reviendrai pas sur les chiffres de la délinquance à Paris puisque j'ai fait distribuer à tous les conseillers, il y a quelques jours, un document qui donne ces chiffres pour 2001.
M. Philippe GOUJON. - Partiels !
M. LE PRÉFET DE POLICE. - Ce sera complété, comme d'habitude, par les chiffres par arrondissement.
Simplement, je souligne qu'il y a quand même une nette décélération au second semestre, il n'y a qu'à prendre les chiffres : 161.000 crimes et délits au premier semestre, 150.000 au deuxième. La baisse est sensible.
Cela reste un peu plus élevé que l'année précédente, mais il y a diminution de l'augmentation...
(Protestations sur les bancs des groupes "Rassemblement pour la République et apparentés", Union pour la démocratie française, "Démocratie libérale et Indépendants" et "Ensemble pour Paris").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous pourriez avoir la correction d'écouter même si cela ne vous plaît pas ! Ce n'est pas convenable !
M. LE PRÉFET DE POLICE. - J'ai dit qu'il y avait une augmentation moindre au deuxième semestre !
(Protestations sur les bancs des groupes "Rassemblement pour la République et apparentés", Union pour la démocratie française, "Démocratie libérale et Indépendants" et "Ensemble pour Paris").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur GOUJON, vous devriez être un homme d'ordre en écoutant la parole du Préfet de police !
M. LE PRÉFET DE POLICE. - J'ai fermement et la volonté et un bon espoir que les dispositifs que nous mettons en place dans chaque arrondissement - ce ne sont pas les mairies qui peuvent démentir - permettront d'inverser la tendance rapidement.
Ceci étant dit, bien entendu les infractions sont de natures diverses. C'est évidemment les vols à la tire et les vols avec violence qui augmentent le plus, on le sait bien, et c'est aussi des délits qui sont très sensibles pour la population, plus que le hold-up ou le vol à main armée qui, évidemment, sont toujours spectaculaires mais qui, statistiquement, sont plutôt en diminution, du moins à Paris.
J'indique que parmi les critères d'activité de la police, les faits élucidés ont une importance particulière. C'est le pourcentage de crimes et délits dont on arrive à trouver l'auteur et à le présenter à la justice. Cela, c'est le travail de la police. C'est le meilleur indicateur. C'est, par rapport aux délits commis, combien d'auteurs sont trouvés, interpellés et présentés à la justice.
On a déjà parlé de la suite pénale mais, pour l'instant, le travail de la police, c'est bien d'élucider et d'interpeller. Là, je constate une augmentation très sensible et régulière car c'était déjà le cas, les années précédentes. Là, nous avons engrangé 10 % de mieux. J'en tire comme simple conclusion que la police travaille.
Je voudrais dire à Madame que je suis tout à fait d'accord pour que, dans les statistiques complètes qui seront amenées à être distribuées dans quelques semaines, comme chaque année, à tous, conseillères et conseillers de Paris, figure un document sur les accidents de la route.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
La parole est à M. CARESCHE.
M. Christophe CARESCHE, adjoint. - Un mot, Monsieur le Maire, pour vous annoncer que je remettrai un rapport au Premier ministre, dans les jours qui viennent, sur les statistiques de la délinquance. Dans ce rapport, il est préconisé d'intégrer les délits routiers aux chiffres de la délinquance. Je pense donc que c'est une mesure qui vous ira droit au c?ur.
300.000 délits (et non infractions) par an, ce n'est pas rien et je crois qu'effectivement, il s'agit de délinquance, tel est le premier point.
Le deuxième point. Dans le Contrat parisien de sécurité, nous réaffirmons et nous suggérons la création d'un observatoire parisien de la délinquance. Je pense qu'il faut maintenant, mettre en place cet observatoire et je serai très heureux que vous soyez parmi les élus qui travaillent très concrètement dans les mois qui viennent.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Simplement, si je peux me permettre un mot sur les chiffres des conséquences de l'insécurité routière, M. le Préfet de police a dit que ce serait intégré.
M. LE PRÉFET DE POLICE. - A part.
M. LE MAIRE DE PARIS. - J'entends ce qu'a dit M. le Préfet et je me permets de préciser que je suis très préoccupé du nombre de victimes et de morts, chers collègues, parmi les Parisiens, du fait de l'insécurité routière.
Je souhaite donc que, lorsque nous aurons ce débat en février, on mette aussi ce problème au c?ur de notre préoccupation car l'insécurité routière est un grave sujet dont je trouve que notre Assemblée parle trop peu.
Je souhaite donc qu'on entende bien le message qui a été mis en valeur par cette question. En tout cas, moi, j'y tiens beaucoup.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, du Mouvement des citoyens, communiste et "Les Verts").