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Janvier 2002
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39 - 2002, DVD 25 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer un marché d'assistance à maîtrise d'ouvrage pour l'aide au pilotage et à la conduite du projet concernant la mise en place du tramway entre le pont du Garigliano et la porte d'Ivry (13e, 14e et 15e).2002, DVD 26 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer un marché de maîtrise d'oeuvre études et travaux portant sur le remaniement des bretelles d'accès "Sèvres" et de sortie "Sarrabezolles" du périphérique intérieur (15e) dans le cadre de la mise en place du futur complexe de garage et de maintenance de la ligne de tramway sur les boulevards des Maréchaux en rocade sud de Paris

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 2002


Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Nous passons à l'examen des projets de délibération DVD 25 et DVD 26 sur lesquels, je crois, le même orateur est inscrit : M. GOUJON. Je lui suggère, s'il l'accepte, qu'on les évoque ensemble et qu'une réponse unique lui soit apportée sur ces deux projets de délibération.
Monsieur GOUJON, vous avez la parole.
M. Philippe GOUJON. - Merci, Madame la Maire et, pour que mon intervention ne prête à aucune interprétation ni ambiguïté, je voudrais d'emblée réaffirmer mon soutien, comme celui de l'ensemble des élus du 15e, à l'implantation du tramway dans cet arrondissement et plus précisément en axial sur le boulevard des Maréchaux. Ce choix, opéré d'ailleurs par la précédente Municipalité, je le rappelle, et confirmé par l'actuelle, recueille donc notre accord.
Ayant posé ces principes, nous sommes, je crois, d'autant mieux fondés à émettre des observations et à formuler des propositions.
Sur la forme tout d'abord, je m'étonne que le projet de délibération DVD 25, concernant un marché d'assistance à maîtrise d'ouvrage pour l'aide au pilotage et à la conduite du projet de tramway, ne soit pas venu devant le Conseil d'arrondissement, contrairement au projet DVD 174 d'ailleurs, qui concernait aussi un marché pour l'aménagement des espaces publics, cette fois-ci, et au DVD 26 que nous examinons aujourd'hui.
Sur la forme toujours, le DVD 26 évoque, pour la première fois, l'implantation dans le 15e des garages nécessaires au tramway sans que celle-ci n'ait jamais été soumise à la moindre concertation ni fait l'objet de la moindre information aux élus, malgré d'ailleurs mes questions répétées, notamment, à la séance de notre Conseil d'arrondissement du 3 décembre dernier. Et encore découvre-t-on cette localisation à l'occasion d'un appel d'offres portant sur le remaniement des bretelles d'accès au périphérique intérieur qu'il faut déplacer !
Avouez que, sur ce point au moins, qui n'est pas secondaire selon moi, la concertation aurait pu être meilleure, d'autant plus qu'elle a été inexistante !
Voilà pour la forme en ce qui concerne ces deux projets.
Sur le fond maintenant, je voudrais qu'on m'explique pour quelle raison, alors que la Ville a en charge le pilotage général du projet et est maître d'ouvrage pour les aménagements, elle va, selon le DVD 25, quasiment abandonner, au moins se reposer, pour cette mission essentielle, sur un tiers, alors qu'il me semble que la Mairie ne manque pas d'experts ni de professionnels confirmés à la Direction de la Voirie, qui auraient sans aucun doute pu davantage garantir l'intérêt de la Ville et des arrondissements traversés.
Permettez-moi aussi d'exprimer une préoccupation, profitant de l'attribution de cette mission de pilotage et d'assistance, après la rupture récente et spectaculaire d'une canalisation, avant les fêtes, boulevard Lefebvre, où passera le tramway, pour insister tout particulièrement sur la fragilité du sous-sol dans ce secteur et, donc, sur la nécessaire bonne prise en compte de la surcharge que causera le tramway, et ce afin d'éviter tout risque d'accident ou encore de perturbation sur les réseaux souterrains.
Enfin, au moment où la Région vient de voter des crédits pour lancer l'opération du Trans-Val-de-Seine et où il se confirme que celui-ci longera le périphérique sud, permettant - ce que nous souhaitons d'ailleurs - l'aménagement de la petite ceinture en promenade plantée, il faudra être particulièrement attentif, sinon vigilant, pour assurer une bonne articulation entre les deux réseaux, le alto-séquanais et le Parisien, et leur parfaite mise en cohérence, même si le bien-fondé du prolongement du T.V.S. quasi parallèlement au tramway sur le boulevard des Maréchaux n'est pas évident et même si les nombreuses nuisances qui risquent d'en découler parviennent à être limitées.
Sur le DVD 26, maintenant, qui porte à notre connaissance, comme je le rappelais, pour la première fois l'implantation dans le 15e du complexe d'ateliers et de maintenance des rames du tramway en bordure du périphérique intérieur, pour un coût très important - donc, j'imagine, un complexe très vaste - estimé à plus de 26 millions d'euros (150 millions de francs) -, ce projet soulève plusieurs questions.
Même si l'utilité d'un tel projet n'est pas contestable, bien évidemment, il nous est imposé dans le 15e sans concertation, sans la moindre information. D'ailleurs, le projet de délibération qui nous est soumis aujourd'hui l'évoque simplement au détour de l'attribution d'un marché de maîtrise d'ouvrage pour le déplacement des bretelles d'accès au périphérique rendu nécessaire par cette installation.
Or, le secteur d'implantation envisagé n'est pas une zone abandonnée, il longe un terrain appartenant au Ministère de la Défense et sur lequel celui-ci a prévu de longue date la réalisation du nouveau siège de la Gendarmerie nationale.
Chacun sait comment celle-ci est mal installée rue Saint-Dizier et, sans vouloir procéder à un amalgame qui serait déplacé, je crois qu'au moment où la Gendarmerie traverse une crise particulièrement grave, il serait inopportun d'obérer la faisabilité de l'implantation du siège de la Direction générale de la Gendarmerie et des logements pour gendarmes et militaires qui l'accompagnent, conformément d'ailleurs à l'accord donné par la Municipalité précédente et le Maire du 15e, et qui permettrait ainsi de terminer harmonieusement l'urbanisation de ce secteur un peu délaissé en bordure de la Z.A.C. "Citroën".
Alors qu'il ne nous a été soumis jusqu'à présent aucun plan, je voudrais donc que l'on me confirme que les deux projets sont compatibles, que les garages n'empiéteront pas excessivement sur les terrains en question et que les nuisances résultant de leur fonctionnement sont les plus limitées possible et ne perturberont en rien la vie quotidienne des nouveaux résidents comme des autres riverains, car il y a des habitants et il y a aussi la base aérienne 117.
Seconde question, le raccordement de la ligne de tramway aux garages étant prévu par l'avenue de la Porte-de-Sèvres, le tourne-à-droite du boulevard du Général-Martial-Valin vers la porte de Sèvres pourra-t-il se faire, malgré l'existence du bâtiment présent actuellement dans le virage, et cette intersection avec le boulevard Victor, qui est particulièrement chargée comme chacun sait, au plan de la circulation, ne se trouvera-t-elle pas complètement bloquée dans son fonctionnement, paralysant encore d'ailleurs davantage le trafic entre le 16e, le parc des Expositions, Issy-les-Moulineaux, le secteur Balard et la Z.A.C. "Citroën" ?
Enfin, ce secteur particulièrement bien situé dans le 15e n'aurait-il pas mérité finalement, et c'est ce que je voudrais souligner, une autre urbanisation que l'implantation des garages du tramway, d'autant plus que la R.A.T.P. envisagerait - encore qu'on ne sache pas grand-chose sur le sujet - d'étendre ces garages sur une zone encore plus vaste dans cette partie du 15e afin d'y accueillir les tramways de tout Paris, alors qu'il existe, on le sait, autour de Paris, des installations aujourd'hui désaffectées qu'il suffirait tout simplement de réactiver et, notamment, une ancienne gare marchandises S.N.C.F., qui était d'ailleurs prévue à cette fin dès l'origine du projet ?
Voilà, Madame la Maire, quelques questions techniques qui n'ont évidemment pas pour objet d'entraver la réalisation du tramway, projet auquel nous sommes favorables, mais de mieux l'insérer dans son environnement en faveur des habitants du 15e arrondissement, cet arrondissement qui est prêt, bien sûr, à accepter des sacrifices, mais le moins possible.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour la République et apparentés", "Démocratie libérale et Indépendants", "Ensemble pour Paris" et Union pour la démocratie française).
Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Merci.
M. BAUPIN a la parole pour vous répondre.
(M. Christophe CARESCHE, adjoint, remplace Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, au fauteuil de la présidence).
M. Denis BAUPIN, adjoint, au nom de la 3e Commission. - Monsieur GOUJON, beaucoup de questions dans votre intervention, auxquelles je vais essayer de répondre.
D'une part, je ne sais pas pourquoi votre arrondissement n'a pas jugé bon d'examiner le projet de délibération DVD 25 transmis dans les délais à tous les arrondissements.
M. Philippe GOUJON. - Non, non.
M. Denis BAUPIN, adjoint, rapporteur. - Là-dessus je dois vous avouer que je ne sais pas ce qu'il en est, au niveau technique précisément.
En tous cas, si j'en reviens au fond, vous invoquez les services de la Ville qui sont très compétents pour traiter de ces dossiers et c'est une évidence. Il se trouve qu'aujourd'hui les services ont à supporter une lourde charge de travail avec les projets que nous avons sur le tramway, et je voudrais saluer à ce propos toute l'équipe qui travaille sur la mission tramway qui fait un très bon travail. Le projet parisien est le seul tramway de tous ceux qui sont prévus au Contrat de plan Etat-Région qui tienne les délais qui avaient été indiqués. Il est même en avance par rapport aux délais prévus au Contrat de plan Etat-Région parce que la mission tramway de l'Hôtel de Ville, avec la R.A.T.P., travaille particulièrement bien et que nous faisons en sorte que les délais soient tenus. Mais il se trouve que pour faire tout ce travail sur le tramway, mais aussi sur les couloirs de bus, mais aussi sur les espaces civilisés, comme sur les quartiers verts ou sur les pistes cyclables, les services ne peuvent pas toujours tout mener de front et donc il est parfois nécessaire de faire appel à des marchés d'assistance en maîtrise d'ouvrage. C'est le cas de cette délibération.
Voilà la réponse technique sur cette question.
Sur le second point, je suis surpris de votre surprise, Monsieur GOUJON, parce que notre Conseil de Paris a d'ores et déjà adopté le schéma de principe du tramway sur les boulevards des Maréchaux et dans ce schéma de principe étaient prévus les ateliers et garages, rue du Général-Lucotte. Je n'imagine pas le Conseil de Paris ou le Conseil d'administration de la R.A.T.P., encore moins le Conseil d'administration du Syndicat des Transports d'Ile-de-France, adoptant un schéma de principe pour un projet de tramway comme celui-là sans prévoir à l'avance où se situeraient les ateliers et le garage parce que dans ces conditions on aurait finalement fait un vote pour rien. Sans garage et sans atelier, un tramway ne peut évidemment pas vivre.
Je tiens à vous rassurer, ce projet est élaboré en concertation avec le Ministère de la Défense de façon à étudier de façon très précise la réaffectation des terrains. Cela nous permet d'ores et déjà d'étudier de façon très précise la création d'une voie nouvelle qui permettrait de relier le boulevard Martial-Valin, face à la rue Hémingway, d'une part et la rue Henri-Varlan, en passant le boulevard périphérique, de créer une voie nouvelle d'accès au sein de cet espace. Donc on a aujourd'hui quelque chose qui est en cours d'élaboration, qui est un projet d'urbanisme, de requalification du quartier.
Je tiens à vous rassurer sur le fait qu'il n'est absolument pas prévu d'expansion des garages au-delà de ce qui est prévu pour la partie sud du tramway, ne serait-ce que parce que dans le cadre de la prolongation du tramway sur la partie est, si tous les garages se trouvaient dans cette partie ouest du 15e arrondissement, les trajets qui seraient nécessaires aux véhicules pour rejoindre les garages et ateliers seraient bien trop longs. Donc évidemment une extension du tramway au-delà de ce qui est prévu aujourd'hui au Contrat de plan Etat-Région nécessitera de nouveaux ateliers et de nouveaux garages complémentaires sur une autre partie du parcours.
Bien sûr, personne ne souhaite, lorsqu'on met en place un tramway, accueillir la partie des ateliers et du garage. C'est évidemment la partie la moins noble, la moins intéressante du projet, mais il faut bien trouver des sites et les sites ne sont pas si nombreux sur cette partie du sud de Paris. Alors je ne voudrais pas que nous nous retrouvions face à un réflexe NIMBY (not in my bockyard : pas dans mon jardin). Je veux bien du tramway, mais pas de ses conséquences négatives chez moi...
M. Jacques TOUBON. - Demandez à M. BLISKO, il va le prendre dans le 13e, tellement il est partisan du tramway !
M. Denis BAUPIN, adjoint, rapporteur. - Si vous permettez, je vais essayer de terminer. Je disais que l'on veut bien le projet mais que l'on ne voudrait pas ses conséquences, en se réveillant aujourd'hui sur ces ateliers et ce garage. En tous cas c'est le trajet, tel qu'il a été présenté, à la R.A.T.P., au Conseil de Paris et au Conseil d'administration du S.T.I.F. qui a été validé par ces instances, et qui est donc à l'étude. Il sera de toute façon soumis à l'enquête d'utilité publique.
Voilà les éléments que je souhaitais apporter en précisant sur deux questions annexes que vous avez évoquées, premièrement que la question des réseaux souterrains fait évidemment partie de nos préoccupations importantes. Dès que l'on met en place un projet aussi long qu'un tramway, il faut dévier les réseaux souterrains de façon à ce que, pour y accéder après la construction du tramway, on ne soit pas obligé d'arrêter la circulation du tramway. Donc de fait il y aura déviation des réseaux souterrains. Ceci pour vous rassurer par rapport à ces réseaux.
Deuxièmement évidemment, et c'est la partie la plus agréable et la plus intéressante, la plus politiquement sensible en matière de transports, nous travaillons la jonction entre le tramway des Maréchaux et le tramway Val-de-Seine, à la porte de Versailles. Elle fait l'objet d'une étude attentive et elle va permettre que la porte de Versailles soit très bien desservie à l'avenir, avec 3 lignes de transports lourds au lieu d'une seule aujourd'hui.
M. Jacques TOUBON. - Voilà, Monsieur le Maire, M. BAUPIN vient de dire toutes les raisons pour lesquelles avec un certain nombre de nos amis j'ai voté contre au S.T.I.F. et ici.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 25.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2002, DVD 25).
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 26.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Qui s'abstient ?
Le projet de délibération est adopté. (2002, DVD 26).