Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Janvier 2002
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

17 - I - Question d'actualité de M. Didier BARIANI, au nom du groupe Union pour la Démocratie française, à M. le Préfet de police sur la hausse de la délinquance

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 2002


M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous prenons la première question d'actualité, celle de M. Didier BARIANI.
Vous avez la parole, Monsieur BARIANI.
M. Didier BARIANI. - Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Préfet de police, forte hausse de la délinquance à Paris, selon les termes mêmes de M. le Procureur de la République. Et puis très mauvais chiffres pour le Gouvernement : l'augmentation nationale se situant à 7,7 %. Mauvais résultats, disons-le franchement, pour la Préfecture de police et le Parquet de Paris, qui est responsable pour l'essentiel de la politique pénale dans la Capitale.
Alors il conviendrait désormais de se demander très clairement si la police de proximité ne serait pas un échec. Vider ainsi de ses effectifs, de ses moyens le Service de police judiciaire a contribué tout naturellement à démobiliser le meilleur outil, parce que le mieux formé, contre la délinquance.
Je n'ajouterai pas de commentaires tout à fait fondés par ailleurs sur les conséquences de l'application de la loi Guigou.
Mais à Paris, particularisme local, les personnels de police se forment et ne restent pas. Sectoriser la Capitale, comme vous venez de le décider, ne peut avoir d'effet si cela ne s'accompagne pas d'un véritable et efficace programme de fidélisation des personnels et si on ne cesse de confier à des adjoints de sécurité, peu formés, des missions de terrain.
L'U.D.F. réclame depuis fort longtemps la création d'une police municipale sous la dénomination de "force municipale de sécurité et de prévention", qui déchargerait la police nationale de ses tâches administratives. Le contraire est mis en ?uvre puisque les personnels recrutés par la Ville sont placés sous l'autorité du Préfet de police.
Aussi - et j'en termine - permettez-moi, Monsieur le Préfet, de vous demander si vous allez alerter le Gouvernement sur les errements de sa politique, l'inviter à en tirer les conséquences, à adapter le dispositif de sécurité à la réalité de la délinquance, de ses auteurs et de ses territoires.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur BARIANI.
Je crois que vous avez respecté le temps c'est très bien.
(Applaudissements sur les bancs des groupes Union pour la démocratie française, "Rassemblement pour la République et apparentés", "Ensemble pour Paris" et "Démocratie libérale et Indépendants).
... Oui. Je laisse le temps des applaudissements.
La parole est à M. le Préfet de police et si M. CARESCHE veut s'exprimer, il le dira, mais il peut attendre une autre question.
Monsieur le Préfet, vous avez la parole.
M. LE PRÉFET DE POLICE. - Monsieur le Conseiller, Mesdames Messieurs, j'ai adressé une note à tous les Conseillers de Paris pour leur donner les statistiques définitives de la délinquance pour 2001. Je rappelle que celle-ci, avec 311.000 faits signalés a progressé de 5,39 % à Paris. Je précise que la petite différence qu'il y a avec le chiffre donné quelques jours plus tôt par le Procureur n'en est pas une, parce que, simplement à la date où s'exprimait le Procureur, les statistiques n'étaient pas arrêtées et il avait fait une extrapolation à partir des 11 premiers mois. Mais c'est bien le chiffre que je vous indique qui est le chiffre définitif.
M. Didier BARIANI se demande si la mise en place de la police de quartier n'est pas un échec. Il est évidemment trop tôt pour dresser le bilan d'une opération qui est simplement en train de se mettre en place.
Paris a été découpée en 209 quartiers, et ceci d'ailleurs en concertation étroite avec tous les maires d'arrondissement. Donc 209 quartiers où doivent intervenir des groupes de policiers fidélisés, aux heures où l'attend le plus la population, l'après-midi et le soir et 7 jours sur 7. Ce n'est que depuis ce mois de janvier qu'environ 140 de ces équipes de quartier sur 209, sont en place, avec 800 gardiens de la paix supplémentaires et j'entends achever la mise en place de ce dispositif dans le délai d'un an que nous avions annoncé en mai 2001 ici même, c'est-à-dire en mai 2002.
Alors il est évidemment beaucoup trop tôt pour tirer un bilan. Je constate simplement que la délinquance s'est beaucoup moins développée au second semestre, plus 3,5 %, qu'au premier semestre, où elle s'élevait de 7,2 %. C'est un signe encourageant, non suffisant bien sûr, mais j'espère bien que le quadrillage de Paris qui sera achevé dans les mois qui viennent, permettra d'inverser la tendance et de faire enfin reculer la délinquance. La présence des policiers à toute heure et tous les jours est de toute façon une condition incontournable pour y parvenir.
J'ajoute que le déploiement de 1.000 policiers de quartier s'est fait en réorganisant les gardes statiques, en utilisant pour la circulation les nouveaux agents de surveillance de Paris financés par la Ville, mais en aucun cas au détriment de la capacité d'investigation.
J'avais dit que ce redéploiement ne concernait pas la police judiciaire. Je vous le confirme, puisqu'en 2001 les effectifs de la police judiciaire ont augmenté de 40 agents. C'est peut-être encore insuffisant mais en 2001 j'ai veillé à ce que les effectifs de la police judiciaire augmentent parallèlement à notre opération police de quartier.
J'ajoute que le travail d'investigation de la police a fortement gagné en efficacité puisque les faits élucidés augmentent de près de 10 % et que les interpellations augmentent de 5 % en 2001.
Enfin, il faut préciser que les adjoints de sécurité qui ne sont qu'au nombre de 800 sur un effectif de 15.000 gardiens de la paix ne constituent qu'un appoint. Leur présence est positive dans la mesure où elle suscite souvent des vocations pour le métier de policier.
Enfin, je tiens à préciser que l'affectation de 800 A.S.P. financés par la Ville à la circulation devrait permettre de doubler les effectifs chargés de la circulation, 1.000 au lieu de 500, tout en me permettant de réaffecter 300 gardiens de la paix dans les quartiers.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur le Préfet.
(Applaudissements).
Nous passons...
M. Didier BARIANI. - Je crois que la procédure permet que j'intervienne.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Oui bien sûr.
M. Didier BARIANI. - Ce sera bref, je ne veux pas abuser de mon temps de parole. Monsieur le Préfet de police, votre franchise est louable, votre désir d'information sympathique mais cela ne vaut pas absolution.
Paris c'est à peu près un peu plus de 3 % de la population nationale, 300.000 délits sur 4 millions recensés, c'est beaucoup plus que le ratio population/délits.
Alors, très honnêtement, au-delà du problème de la police de quartier que vous êtes en voie d'installer, et que l'on ne peut pas naturellement condamner à priori, j'ai posé et je repose clairement, et j'ai peur que le Gouvernement soit autiste en la matière, le problème de l'efficacité et, je le dis, de la pérennité de la police de proximité.
Et deuxièmement, M. le Maire le sait bien, le problème demeure, non pas parce que naturellement ce serait un remède absolu mais parce que ce serait un moyen supplémentaire, d'une véritable police municipale déchargeant la police d'Etat d'un certain nombre de contraintes.
(Applaudissements sur les bancs du groupe "Union pour la Démocratie française").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Ce qui mettrait en péril la pérennité de police de proximité, ce serait un changement de Gouvernement. Un changement de Gouvernement pourrait remettre en cause cette politique qui portera progressivement ses fruits.
Quant à la police municipale, pardonnez-moi, Monsieur BARIANI, c'était au coeur de la campagne municipale et les Parisiens ont voté.
J'ajoute que je serais à la place de l'opposition, je serais plus prudent car j'ai noté que, parmi les importantes nominations faites par le Président de la République sur la sécurité, figure quelqu'un qui vous a précédé qui est violemment hostile à toute police municipale à Paris.
Alors, il faudrait peut-être être cohérent et surtout dire la vérité aux citoyens.